Aires protégées

État et tendances
continueaires terrestres protégées – nombre satisfaisant; leur représentation continue de s'améliorer

Sain, s’améliore lentement ou modérément
aires marines protégées – nombre médiocre; progrès réalisés dans l'établissement d'aires à protéger

Altéré, s’améliore lentement ou modérément

CONSTATATION CLÉ 8. La superficie et la représentativité du réseau d'aires protégées ont augmenté ces dernières années. Dans bon nombre d'endroits, la superficie des aires protégées est bien au-delà de la valeur cible de 10 % qui a été fixée par les Nations Unies. Elle se situe en deçà de la valeur cible dans les zones fortement développées et dans les zones océaniques.

Cette constatation clé est divisée en quatre parties :

L'objectif des aires protégées est habituellement de protéger la biodiversité ou les ressources culturelles1. Certaines aires protégées sont gérées exclusivement aux fins de la biodiversité, alors que d'autres permettent la pratique de loisirs, et d'autres encore permettent l'utilisation des ressources sous des régimes de gestion qui ne présentent aucune menace pour la durabilité à long terme du milieu naturel. Les aires protégées sont importantes, because car elles se prêtent à l'évolution des processus écologiques, fournissent des refuges aux espèces en péril et constituent des référentiels de ressources génétiques. Elles sont également des sites de loisir, de renouvellement spirituel et de conservation de lieux comportant une valeur culturelle. Les aires protégées sont un outil de protection de la biodiversité. La gestion durable des terres à l'extérieur des aires protégées est
tout aussi importante.

Monde

Tendances mondiales

Plus de 12 % de la surface terrestre mondiale et 5,9 % des eaux territoriales font partie d'une aire protégée. Les aires protégées ne sont pas réparties uniformément. Cinquante six pour cent des écorégions terrestres mondiales et 18 % des écorégions marines ont atteint le seuil de 10 % d'aires protégées fixé par la Convention sur la diversité biologique3.

 

 

 

 

 

 

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Aires terrestres protégées

Superficie (en millions de km2), de 1885 à mai 2009
Graphe : Aires terrestres protégées. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Remarque : Le point vert représente l'aire protégée totale, y compris les aires protégées dont les dates d'établissement sont inconnues.

Source: Environnement Canada, 20092.

 

 

 

Le réseau des aires terrestres protégées du Canada a augmenté de façon constante depuis 1992 lorsque la Convention sur la diversité biologique des Nations Unies a été ratifiée. En mai 2009, 4826 aires, représentant 9,4 % (939 993 km2) de la surface terrestre, ont été désignées comme étant protégées2. De ce nombre, on compte des parcs très anciens comme le parc national de Banff, qui a été créé en 1885 et qui s'étend sur 6641 km2; des aires d'importance internationale comme le Refuge d'oiseaux du golfe de la Reine-Maud, qui s'étend sur 63 024 km2 de toundra et de marais de l'Arctique; et des aires plus petites représentatives d'écosystèmes uniques et en voie de disparition, comme le parc national de la Pointe Pelée, qui s'étend sur 15 km2 au sud-est de l'Ontario et qui abrite de nombreuses espèces en péril représentatives de la forêt carolinienne. Les aires protégées établies après mai 2009, comme l'agrandissement de la réserve du parc national Nahanni de 4766 km2 à plus de 30 000 km2, ne sont pas comprises dans cette analyse.

La majorité (68 %) des aires protégées au Canada sont gérées principalement aux fins de la conservation des écosystèmes et des caractéristiques naturelles et culturelles. Plus de 1500 aires protégées (31 %) sont administrées aux fins d'utilisation durable par des traditions culturelles établies2.

Photo : Baleines boréales dans la baie Isabella, Nunavut © A.P. Taylor
Baleines boréales dans la baie Isabella, Nunavut

Réserves nationales de faune au Nunavut

Les réserves nationales de faune protègent des habitats importants à l'échelle nationale pour les oiseaux migrateurs, soutiennent des espèces ou des écosystèmes en péril ou procurent un habitat rare ou inhabituel. Les caractéristiques naturelles essentielles sont conservées et les activités considérées comme étant nuisibles pour les espèces ou les habitats sont interdites. Trois nouvelles réserves nationales de faune ont été créées au Nunavut en juin 2010 pour protéger l'habitat essentiel des oiseaux marins, des baleines boréales et d'autres espèces de l'Arctique. Elles seront cogérées par les gouvernements locaux et fédéral, et elles ont été choisies en fonction de la cause à défendre et de la participation des communautés de Qikiqtarjuak et Clyde River9.

Photo : Réserve nationale de faune d' Akpait © Garry DonaldsonLa réserve nationale de faune d'Akpait (774 km2) est une aire importante pour les oiseaux migrateurs. Elle fournit un habitat de reproduction pour une des colonies de Guillemots de Brünnich les plus importantes au Canada, les Mouettes tridactyles, les Goélands bourgmestres et les Guillemots à miroir. Elle abrite aussi des ours blancs, des morses et plusieurs espèces de phoques9.

La réserve nationale de faune de Qaqulluit (398 km2) abrite la plus grande colonie nicheuse de Fulmars boréaux du Canada, soit environ 22 % de la population canadienne totale de cette espèce. Des animaux marins, comme les morses et les phoques annelés, fréquentent également les eaux de cette réserve nationale de faune9. La réserve nationale de faune de Ninginganiq (baie Isabella; 336 km2) protège un habitat d'été essentiel pour la population de l'Arctique de l'Est des baleines boréales, une espèce menacée en voie de disparition9.

Plan d’utilisation des terres de la côte du centre et du nord de la Colombie-Britannique

Photo : Grizzly de la côte Nord © A.S. Wright www.cold-coast.com

En 2007, dans un des efforts coordonnés de planification de l'utilisation des terres les plus importants consignés, la Colombie-Britannique et la plupart des Premières nations du centre et du nord de la côte, ainsi que les dirigeants de l'industrie, de l'environnement et des collectivités, ont convenu d'une approche de gestion unique pour 64 000 km2 de la côte de la Colombie-Britannique10. De vastes régions de forêt pluviale tempérée côtière sont maintenant protégées, dont la plus grande forêt pluviale tempérée encore intacte sur la planète, qui abrite des milliers d'espèces de plantes, d'oiseaux et d'animaux. L'accord de planification de l'utilisation des terres protège plus de 30 % des terres dans 114 aires protégées et comporte également des recommandations sur des règlements d'exploitation forestière à faible incidence qui conserveront 50 % de la répartition naturelle des forêts anciennes à l'extérieur des aires protégées. L'application de cette approche de gestion reconnaît le rôle essentiel joué par les terres à l'extérieur des aires protégées en ce qui a trait à la conservation de la biodiversité. Un cadre de gestion adapté est en place afin de surveiller et d'améliorer la gestion de cette aire de façon continue, ainsi que d'en tirer des leçons.

Aires d'eau douce protégées

Dans l'ensemble, la protection de l'eau douce n'a pas été privilégiée parmi les activités relatives aux aires protégées, à une seule exception : l'aire marine nationale de conservation du lac Supérieur, la plus grande aire protégée d'eau douce au monde, située du côté canadien des Grands Lacs. Environ 10 000 km2 de l'aire correspondent aux lits et aux rives du lac et 60 km2 correspondent aux îles et aux parties continentales2.

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Photo : Otaries de Steller © Environnement Canada
Otaries de Steller

Aires marines protégées

Superficie (en milliers de km2),
Graphe : Aires marines protégées. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source : Environnement Canada, 20092.

Environ 45 280 km2 (0,6 %) des océans du Canada sont protégés2. Même si de nombreuses aires protégées sur les côtes canadiennes comprennent des aires marines, la désignation spécifique d'aire marine protégée est plus récente. Elle inclut certaines aires marines d'importance mondiale telles que la zone de protection marine du Gully, le plus grand canyon sous-marin de l'est de l'Amérique du Nord, située à 200 km au large des côtes de la Nouvelle-Écosse et le mont sous-marin Bowie, un grand volcan sous-marin situé à 180 km à l'ouest d'Haïda Gwaii (Colombie-Britannique).

Réserve d’aire marine de conservation gwaii haanas et site du patrimoine haïda

La réserve d'aire marine de conservation Gwaii Haanas et le site du patrimoine haïda sont la plus récente zone de protection marine du Canada, s'étendant sur 3500 km2 d'eau et de fond marin. Avec la réserve du parc national Gwaii Haanas adjacente, une aire protégée contiguë de 5000 km2, elle s'étend maintenant de la toundra alpine des pics montagneux jusqu'à l'océan profond au-delà de la plate-forme continentale, en passant par la forêt pluviale tempérée. La zone marine se démarque par ses écosystèmes variés et uniques qui comprennent des récifs coralliens en eau profonde, des forêts de varech et des herbiers de zostères marines. Près de 3500 espèces marines vivent dans cette zone, notamment des poissons, mollusques et crustacés ayant une valeur économique importante, des populations d'oiseaux marins en âge de reproduction et des mammifères marins tels que des baleines, des dauphins et des otaries. Cette zone sera cogérée par la nation haïda et le gouvernement fédéral4, 5.

Zone de protection marine du gully

Le Gully, comprenant une aire de 2364 km2, est situé au large des côtes de la Nouvelle-Écosse, près de l'île de Sable. L'importance écologique de cette aire est bien établie, et elle comprend la plus grande diversité connue de corail au Canada atlantique, 14 espèces de mammifères marins, dont la population en voie de disparition du plateau néo-écossais des baleines à bec communes, et une grande variété de poissons, d'oiseaux marins et d'animaux des grandes profondeurs6, 7. Le Gully est géré à l'aide d'un système de classification en zones qui protège les eaux profondes de toutes les activités d'extraction, qui permet certaines activités de pêche dans la tête et les parois du canyon, les canyons d'alimentation et le talus continental, et qui permet les activités dans les bancs de sable adjacents si elles ne perturbent pas l'écosystème au-delà de la variabilité naturelle8.

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Distribution et superficie des aires protégées

Les aires protégées du Canada ne répondent pas à l'objectif de la Convention sur la diversité biologique voulant que 10 % de chacune des régions écologiques mondiales soient protégés. Même si plus de 10 % de certaines écozones+ terrestres sont protégés, d'autres aires, telles que les plaines à forêts mixtes et les Prairies, ont un faible pourcentage de proportion protégée même si elles ont une des plus hautes valeurs sur le plan de la biodiversité au pays. Aucune écozone+ marine n'est protégée à 10 %. L'utilisation des corridors de conservation pour améliorer la valeur de la biodiversité des aires actuellement protégées dans un paysage fragmenté est un outil de conservation plus récent et important.

Carte : Pourcentage d’aires protégées par écozone+. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).

* La proportion de 7 % de l'écozone+ de la taïga du Bouclier (parties est et ouest) est protégée.
Source : Environnement Canada, 20092.

Superficie des aires protégées terrestres

Superficie protégée et nombre d'aires protégées selon la superficie
Graphe : Superficie des aires protégées terrestres. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source : Environnement Canada, 20092.

Les grandes aires protégées sont généralement associées à la plus grande valeur de conservation puisqu'elles ont une plus grande richesse de biodiversité. Moins de 1 % des aires protégées au Canada ont une superficie de plus de 5000 km2, mais ces grandes aires comprennent 59 % de la superficie totale protégée. La proportion de 3 % des aires protégées ayant une superficie de plus de 1000 km2 renferme 82 % de la superficie totale protégée. À certains endroits, les aires protégées limitrophes permettent de créer de grands complexes d'aires protégées, comme le complexe Tatshenshini-Alsek-Kluane-Glacier Bay-Wrangel-St. Elias, qui s'étend sur plus de 98 000 km2 et traverse la Colombie-Britannique, le Yukon et l'Alaska.

Les petites aires protégées jouent également un rôle de protection des espèces rares ou des espèces nécessitant un habitat spécial. Elles peuvent également jouer un rôle de lien entre les plus grandes réserves. La plupart (72 %) des aires protégées au Canada ont une superficie de moins de 10 km2. Collectivement, ces petites aires protégées correspondent à moins de 1 % de la superficie totale protégée.

 

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