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Rapport technique thématique no 6. - Tendances des grands incendies de forêts au Canada, 1959-2007

Méthodologie

Une analyse des caractéristiques à long terme des incendies de forêts a été menée à partir du contenu de la base de données sur les grands incendies et de données obtenues par des méthodes de télédétection. À ce jour, la principale source d'information sur la fréquence des incendies survenus dans le passé est la base de données sur les grands incendies (Stocks et al., 2003), dans laquelle sont documentés tous les incendies ayant brûlé une superficie supérieure à 2 km2, de 1959 à 1999. Bien que les grands incendies ne comptent que pour 3 % environ du nombre total des incendies signalés, ils sont en revanche responsables de 97 % des superficies brûlées. La documentation sur les feux dans la base de données, recueillies par cartographie aérienne et/ou par télédétection, ont été fournies par les provinces, les territoires et Parcs Canada. Une des lacunes de la base de données des grands feux réside dans l'absence de données sur les incendies survenus avant les années 1970 dans les régions du nord (Stocks et al., 2003). Il faut donc faire preuve de prudence en interprétant les résultats de ces années dans les écozones+ nordiques. La mise en orbite de satellites dans les années 1970 a permis de corriger cette lacune. En outre, la cartographie complète des polygones des grands incendies a commencé à se faire seulement dans les années 1980, ce qui rendait impossible l'analyse spatiale des grands incendies survenus avant cette période.

Depuis peu, on a davantage recours à la télédétection pour repérer et cartographier les zones brûlées. Aux fins de cette analyse, la télédétection des zones brûlées a été achevée pour la période de 1995 à 2007, à l'aide de la technique HANDS (synergie de différenciation des points chauds et IVN − indice de végétation normalisé) (Fraser et al., 2000), à partir d'images satellitaires AVHRR (radiomètre perfectionné à très haute résolution) ou SPOT-VGT (Système Probatoire d'Observation Terrestre – VEGETATION) obtenues par le Centre canadien de télédétection. Ces méthodes se sont avérées aussi justes que les méthodes classiques de cartographie des grands feux (Fraser et al., 2000; Fraser et al., 2004). L'opposition aux méthodes fondées sur la télédétection est que les superficies brûlées sont souvent surestimées, le polygone d'incendie pouvant englober de grands îlots épargnés par le feu. De plus, la télédétection ne fournit pas les métadonnées que fournissent les organismes de lutte contre les incendies (provinces, territoires et Parcs Canada), et qui énoncent la cause des incendies. Enfin, comme les cartes des zones brûlées sont établies à la fin de la saison des feux, cette source de données ne donne pas les dates de début ni de fin des incendies.

Afin de tirer le meilleur parti de toutes les données existantes, nous avons utilisé une combinaison de l'information contenue dans la base de données sur les grands incendies et des données issues de la télédétection. Aux fins d'analyse du territoire brûlé, la base de données a été utilisée pour les incendies survenus de 1959 à 1994, et les données de télédétection ont été utilisées pour la période de 1995 à 2007. Une comparaison des polygones d'incendies pour la période de chevauchement (1995-1999) a révélé un écart de 1,7 % entre les résultats obtenus à partir de la base de données et ceux obtenus des données de télédétection.

Pour obtenir la superficie annuelle moyenne de forêt brûlée, nous avons divisé la superficie totale brûlée de 1959 à 2007 par 49 (nombre d'années). Pour obtenir la proportion de la superficie boisée qui est brûlée annuellement, nous avons divisé la superficie boisée par la superficie brûlée annuellement puis multiplié le résultat par 100. Sont inclus dans la superficie boisée toutes les surfaces sur lesquelles se trouvent des combustibles forestiers, à savoir les forêts de conifères et les forêts décidues, les arbustaies, les prairies, les zones préalablement brûlées et les boisés intercalés entre des champs cultivés. Pour le calcul de la superficie boisée, les plans d'eau et autres surfaces exemptes de combustibles (terres cultivées, zones urbaines ou bâties, zones couvertes de neige ou de glace, terres dénudées) ont été soustraits de la superficie totale de l'écozone+. Pour obtenir les superficies des occupations du sol, nous avons calculé la moyenne des données des matrices de couvertures terrestres mises au point par F. Ahern (2011) pour la période de 1985 à 2005. Comme nous ne disposions pas de cartes de couverture terrestre pour les années antérieures à 1985, nous avons supposé que la couverture forestière n'avait pas beaucoup changé entre 1959 et 1985.

Les tendances à long terme quant à la superficie brûlée annuellement ont été établies d'après la somme des superficies brûlées au cours d'une décennie. Pour la décennie 2000, le total a été calculé pour dix ans au prorata de la moyenne des années 2000 à 2007. L'information sur la cause des grands incendies (> 2 km2) et sur la saison au cours de laquelle ils se sont produits a été tirée de la base de données sur les grands incendies pour la période 1959-1999 inclus.