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Rapport technique thématique no 6. - Tendances des grands incendies de forêts au Canada, 1959-2007

Tendances à l’échelle du pays

La fréquence des incendies est souvent exprimée en termes de pourcentage de la superficie totale brûlée annuellement. Au Canada, la superficie brûlée chaque année, de 1959 à 2007, a été en moyenne de 18 471 km2, soit 0,35 % de la superficie boisée (Tableau 1). La superficie brûlée varie considérablement d'une année à l'autre (Figure 1); en 1963 elle n'était que de 1 524 km2, alors qu'en 1989 elle a atteint 75 377 km2.

Tableau 1. Superficie moyenne brûlée chaque année par les grands incendies, pourcentage des terres forestières qui brûlent chaque année et répartition par écozone+ de la superficie totale brûlée chaque année, au Canada, de 1959 à 2007.
Écozone+ Superficie moyenne brûlée annuellement
(km2)
Proportion de la superficie boisée brûlée annuellement (%)Répartition relative par écozone+ de la superficie totale brûlée annuellement au Canada (%)
CANADA18 4710,43100,0
Bouclier boréal6 4680,4936,9
Boréale de Terre-Neuve1240,130,8
Plaines boréales2 2140,4711,4
Taïga des plaines2 8580,7113,8
Taïga du Bouclier3 7890,7717,7
Plaines hudsoniennes5470,173,3
Taïga de la Cordillère8570,474,5
Cordillère boréale1 2060,387,8
Cordillère montagnarde3160,102,6
Bassin intérieur de l'Ouest540,110,4
Maritime du Pacifique200,020,3
Maritime de l'Atlantique380,020,5

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Figure 1. Superficie brûlée au Canada par les grands incendies, de 1959 à 2007.

Source : Pour la période de 1959 à 1994, les données proviennent de la base de données sur les grands incendies; pour la période de 1995 à 2007, les données sont issues de la télédétection.

Description longue pour la figure 1

Ce graphique à barres indique la superficie brûlée au Canada par les grands incendies de 1959 à 2007. La superficie brûlée chaque année est assez variable d'une année à l'autre, variant d'environ 1 500 km2 en 1963 à une superficie élevée de 75 000 km2 en 1989.

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Les superficies brûlées varient d'une région à l'autre du pays (Figure 2) : elles sont plus importantes dans les écozones+ où la présence humaine est la moins forte et dans celles où les conditions météorologiques sont les plus propices au feu (Stocks et al., 2003; Gillett et al., 2004; Parisien et al., 2006). Les plus touchées sont : l'écozone+ du Bouclier boréal, qui compte pour 37 % de la superficie totale brûlée chaque année au Canada, suivie des écozones+ de la taïga du Bouclier et de la taïga des plaines qui, ensemble, comptent pour 32 % de la superficie totale brûlée (Tableau 1). Il importe de noter que le régime des feux n'est pas uniforme à l'échelle de l'écozone+ du Bouclier boréal et de l'écozone+ de la taïga du Bouclier : il varie grandement d'est en ouest, la fréquence des incendies étant significativement plus élevée dans la partie ouest de chacune des deux écozones+. C'est pourquoi l'est et l'ouest de ces écozones+ sont généralement considérées séparément dans la documentation sur les incendies (Amiro et al., 2001; Stocks et al., 2003; Parisien et al., 2006; Burton et al., 2008; Amiro et al., 2009). Les incendies sont également fréquents dans les écozones+ des plaines boréales et de la Cordillère boréale, les conditions météorologiques caractéristiques de ces zones étant très propices au feu. Ils sont moins fréquents sous les climats côtiers plus humides des écozones+ maritime du Pacifique, maritime de l'Atlantique et boréale de Terre-Neuve. Enfin, les grands incendies de forêts sont rares dans les écozones+ du Bas-Arctique, des Prairies, des plaines à forêts mixtes, en raison du manque de combustible susceptible de s'enflammer ou d'une distribution discontinue du combustible.

Figure 2. Répartition des grands incendies dans tout le Canada, des années 1980 aux années 2000. Chaque couleur représente la superficie brûlée au cours de la décennie correspondante (années 1980, années 1990 et années 2000).

Pour la décennie 2000, les données proviennent uniquement des années 2000 à 2007.
Puisque l'analyse du présent rapport a déjà été effectuée, les tendances à l'égard du total de la superficie brûlée par décennie au Canada ont été calculées en incluant les données jusqu'à l'année 2010. Les résultats se trouvent à la page 96 du rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010 (Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada, 2010).

Description longue pour la figure 2

Cette carte illustre la répartition des grands incendies dans tout le Canada, des années 1980 aux années 2000. Parmi les zones les plus touchées par les incendies, on compte notamment l'écozone+ du Bouclier boréal (37 % de la superficie brûlée au Canada), de la taïga du Bouclier et des plaines de la taïga (qui représentent à elles deux 32 % de la superficie brûlée au Canada). Les régions de l'ouest de l'écozone+ du Bouclier boréal et de la taïga du Bouclier présentent une fréquence bien plus élevée que les régions de l'est. Les incendies sont également fréquents dans l'écozone+ des plaines boréales et de la Cordillère boréale. Les incendies sont moins fréquents dans les climats côtiers plus humides de chaque côté du pays, ainsi que dans les écozones+ de l'Arctique, des Prairies et des plaines de forêts mixtes.

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Au cours des 50 dernières années, la distribution par écozone+ de la superficie totale brûlée annuellement a varié, sauf pour les écozones+ maritime du Pacifique, maritime de l'Atlantique et du bassin intérieur de l'Ouest, où les incendies sont toujours rares (Figure 3). Les tendances correspondent aux moyennes indiquées dans le Tableau 1 . L'écozone+ du Bouclier boréal est toujours la première en importance et suivie par l'écozone+ de la taïga du Bouclier, sauf pour la décennie de 1960 (Figure 3). On peut penser que la faible fréquence enregistrée pour cette écozone+ au cours des années 1960 est attribuable à la faible surveillance exercée dans le nord du pays (Stocks et al., 2003). D'autres tendances, qui ne ressortent pas dans le Tableau 1 , peuvent néanmoins être dégagées, notamment l'accroissement dans le temps de la représentation de l'écozone+ des plaines hudsoniennes. La part de la superficie totale brûlée se trouvant dans l'écozone+ des plaines hudsoniennes est passée de 1,9 % dans les années 1960 à 4,8 % dans les années 2000. Mais ces données peuvent être liées à une surveillance insuffisante pendant cette période. Une autre tendance est la diminution importante de territoire brûlé dans l'écozone+ boréale de Terre-Neuve depuis les années 1960. La valeur élevée pour cette décennie est attribuable aux grands incendies anthropiques survenus en 1961, et qui ne se sont pas reproduits (pour plus de détails, voir la section consacrée à l'écozone+ boréale de Terre-Neuve, à la page 19).

Figure 3. Statistiques par écozone+ de la superficie brûlée au Canada, des années 1960 aux années 2000.

Pour la décennie 2000, les données proviennent uniquement des années 2000 à 2007.

Description longue pour la figure 3

Ce graphique à barres empilées (%) montre les statistiques par écozone+ de la superficie brûlée au Canada, des années 1960 aux années 2000. Au cours des 50 dernières années, la distribution par écozone+ de la superficie totale brûlée annuellement a varié, sauf pour les écozones+ maritime du Pacifique, maritime de l'Atlantique et du bassin intérieur de l'Ouest, où les incendies sont toujours rares. L'écozone+ du Bouclier boréal est toujours la première en importance et suivie par l'écozone+ de la taïga du Bouclier, sauf pour la décennie de 1960.

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La Figure 4 montre les tendances relatives à la superficie brûlée pour les cinq dernières décennies. On constate une augmentation depuis les années 1960 jusqu'aux années 1980, un plateau dans les années 1990, puis une diminution dans les années 2000 (Figure 4). Stocks et al. (2003) attribuent l'augmentation enregistrée jusque dans les années 1980 à une augmentation de la présence humaine dans les forêts et à une amélioration des moyens de surveillance et de détection des incendies. D'autres études montrent que cette augmentation ne peut être attribuée uniquement à l'amélioration des moyens de détection des incendies, mais qu'elle est plutôt liée à une augmentation des températures au cours des 40 dernières années (Podur et al., 2002; Gillett et al., 2004; Skinner et al., 2006; Girardin, 2007). À première vue, cette récente diminution ne semble pas concorder avec l'augmentation qui l'a précédée ni avec les prédictions d'une augmentation continue à mesure que le réchauffement planétaire s'accentue (Weber et Flannigan, 1997; Gillett et al., 2004; Flannigan et al., 2005; Flannigan et al., 2009). Un examen plus approfondi de ces dernières révèle qu'elles ne prédisent une augmentation ni linéaire, ni uniforme à l'échelle du pays. La diminution de la superficie brûlée observée pour les années 2000 pourrait être attribuée en partie à d'autres facteurs climatiques, notamment aux régimes de circulation océanique à grande échelle, comme l'El Niño-oscillation australe (ENSO), l'oscillation décennale du Pacifique (PDO) et l'oscillation multidécennale de l'Atlantique (Flannigan et Wotton, 2001; Skinner et al., 2002; Girardin et al., 2006b). L'augmentation enregistrée pour les années 1970 et les années 1980 correspond à une phase chaude (ou positive) de la PDO. Skinner et al. (2006) ont montré qu'il existe un rapport positif entre les phases chaudes de l'ENSO et de la DPO et des valeurs élevées de l'indice saisonnier de sévérité (ISS) (élément de la Méthode canadienne d'évaluation des dangers d'incendie de forêts (MCEDIF)) dans l'ouest, le nord-ouest et le nord-est du Canada. L'ISS donne une estimation de la difficulté de maîtriser les incendies, d'après l'intensité que ceux-ci peuvent prendre dans les conditions météorologiques données (Van Wagner, 1987; Flannigan et al., 2000). Au milieu des années 1990, la PDO est passée à une phase froide, puis phases chaudes et phases froides se sont ensuite succédées. En étudiant les données historiques, Skinner et al. (2006) ont constaté qu'une phase froide de la PDO s'accompagnait d'étés plus humides et de valeurs moins élevées de l'indice ISS dans l'ouest du Canada. Les fluctuations des grandes circulations atmosphériques pourraient modifier la tendance à la hausse des superficies brûlées que laisse présager le réchauffement planétaire. Il faudrait approfondir les recherches pour pouvoir dire si la diminution récente de la superficie totale brûlée est ou non liée aux circulations atmosphériques à grande échelle (pour plus d'information sur les oscillations climatiques à grande échelle, voir Bonsal et Shabbar, 2011).

Figure 4. Total de la superficie brûlée par les grands incendies au Canada, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

La valeur indiquée pour les années 2000 a été établie pour dix ans au prorata de la moyenne des années 2000 à 2007.
Puisque l'analyse du présent rapport a déjà été effectuée, les tendances à l'égard du total de la superficie brûlée par décennie au Canada ont été calculées en incluant les données jusqu'à l'année 2010. Les résultats se trouvent à la page 96 du rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. La forme de l'histogramme est demeurée la même (Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada, 2010).

Description longue pour la figure 4

Ce graphique à barres montre le total de la superficie brûlée par les grands incendies au Canada par décennie, des années 1960 aux années 2000. Ces superficies représentent environ 87 000 km2 dans les années 1960, 138 000 km2 dans les années 1970, 270 000 km2 dans les années 1980 et les années 1990, et 178 000 km2 dans les années 2000.

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À plus petite échelle, la saisonnalité des incendies est fonction des variations régionales des conditions météorologiques. En règle générale, la saison des feux commence en avril dans le sud du pays et se prolonge jusqu'à la mi-octobre dans les écozones+ des plaines boréales, du Bouclier boréal et de la Cordillère montagnarde (Tableau 2). La saison des feux est à son sommet en juillet. La saison des feux est beaucoup plus courte dans les régions situées plus au nord, notamment dans les écozones+ de la taïga des plaines et de la taïga du Bouclier, et plus courte encore dans les régions où les incendies sont en majorité causés par l'activité humaine, notamment dans les écozones+ maritime de l'Atlantique, maritime du Pacifique et boréale de Terre-Neuve. Selon les statistiques produites par Weber et Flannigan (1997), l'activité humaine est à l'origine d'environ 65 % de l'ensemble des incendies (< 2 km2 et > 2 km2) survenant au Canada. La majorité de ces incendies touchent une superficie inférieure à 2 km2 et ne sont donc pas pris en compte dans la présente analyse. Dans l'ensemble, ils comptent pour seulement 15 % de la superficie totale brûlée (Stocks et al., 2003). Les humains allument des feux dans le cadre d'activités récréatives (camping, etc.) ou industrielles (exploitation forestière, transport ferroviaire, etc.) ou par malveillance (incendies criminels) (Wotton et al., 2003) . Les activités humaines se déroulant généralement non loin d'établissements, un incendie est vite détecté et les services d'incendie peuvent intervenir rapidement pour l'empêcher de se propager. Les incendies déclenchés par l'humain ont un caractère saisonnier : ils se produisent davantage au printemps (Stocks et al., 2003; Kasischke et Turetsky, 2006; Burton et al., 2008) , comme en témoigne le mois de la plus forte activité des feux dans les écozones+ maritime de l'Atlantique et boréale de Terre-Neuve, où le rapport entre les incendies causés par l'humain et ceux causés par la foudre est élevé (Tableau 2). On peut trouver plus de détails sur les tendances et les variations des causes et de la saisonnalité des incendies dans les rapports techniques sur les différentes écozones+.

Tableau 2. Cause, durée et saisonnalité des grands incendies dans chaque écozone+, de 1959 à 1999.
Écozone+ Nbre d'allumages par les humains/nbre 
d'allumages par
la foudre
Durée de la saison active des feux
(jours)
Mois de la plus forte activité de feu
CANADA0,36199Juillet
Bouclier boréal0,26143Juin
Boréale de Terre-Neuve27,035Mai
Plaines boréales1,40158Mai
Taïga des plaines0,1681Juillet
Taïga du Bouclier0,0875Juillet
Plaines hudsoniennes0,1040Juillet
Taïga de la Cordillère0,0544Juillet
Cordillère boréale0,2937Juin
Cordillère montagnarde1,00101Août
Bassin intérieur de l'Ouest3,3845Juillet
Maritime du Pacifique1,8554Juillet
Maritime de l'Atlantique4,0632Mai

La cause des incendies est exprimée par le rapport du nombre de feux allumés par les humains au nombre de feux allumés par la foudre. La saisonnalité est établie d'après la durée des feux (différence moyenne entre les dates de début et de fin des incendies pour chaque année) et le mois de la plus forte activité des feux.
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

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La deuxième cause d'incendies au Canada est la foudre. Selon Stocks et al. (2003), la foudre serait responsable de 85 % de la superficie totale brûlée au Canada de 1959 à 1997. La foudre provoque des incendies surtout dans les régions nordiques, notamment dans les écozones+ de la taïga des plaines, de la taïga du Bouclier, du Bouclier boréal, de la Cordillère boréale et des plaines hudsoniennes (Tableau 2). Dans certaines de ces écozones+, il n'y a aucune ou pratiquement aucune intervention contre les incendies, et permettent aux feux allumés par la foudre de brûler naturellement et de détruire de vastes étendues. Les feux allumés par la foudre surviennent généralement plus tard dans la saison que ceux allumés par l'humain, soit au cours de l'été (Flannigan et Wotton, 2001; Stocks et al., 2003). Ils sont souvent plus sévères et plus intenses que ceux qui surviennent au printemps, en raison du taux plus faible d'humidité des combustibles (Amiro et al., 2001). Amiro et al. (2004) ont calculé les indices d'intensité du front de feu (élément de la MCEDIF donnant une estimation de l'intensité à la tête de l'incendie en fonction des conditions météorologiques). Ils ont obtenu les indices les plus élevés pour l'écorégion des terres boréales de l'Ouest. Ils ont également observé une tendance positive significative des indices pour la taïga du Bouclier, à partir des données de 1959 à 1999.

La sévérité des conditions météorologiques relativement aux incendies, exprimée par l'indice saisonnier de sévérité (ISS), varie grandement à l'échelle du Canada. Parisien et al. (2006) ont calculé l'ISS moyen pour les écozones du Système de classification écologique national (Groupe de travail sur la stratification écologique, 1995) (légèrement différent du système du cadre des écozones+ utilisé pour la présente étude; voir la Préface à la page i) d'après les conditions météorologiques, pour les années 1959 à 1997. Les moyennes sur le long terme se situaient entre 0 et 5, les valeurs supérieures correspondant à un risque plus élevé d'incendies intenses. L'écozone de la Cordillère montagnarde a obtenu la valeur d'ISS la plus élevée (4,7). Venait ensuite l'écozone des plaines boréales (3,7). La partie est de l'écozone de la taïga du Bouclier a obtenu la valeur la plus faible, soit 0,7, comparativement à 2,8 pour la partie ouest. Bien que la Cordillère montagnarde ait le risque d'incendie intense le plus élevé, elle compte pour la part la plus faible de la superficie totale brûlée, ce qui s'explique par son relief montagneux, qui limite la propagation des flammes. Burton et al. (2008) ont également utilisé les valeurs ISS calculées par Parisien et al. (2006) dans une analyse de la sévérité des incendies survenus dans les différentes régions du pays, aspect restreint traité à des échelles plus grandes dans la documentation sur les feux. Ils ont établi, en comparant la productivité primaire nette avant et après l'incendie, que les incendies les plus sévères se produisaient dans l'ouest de la taïga du Bouclier et de la taïga des plaines, tandis que les plaines boréales connaissaient les incendies les moins sévères. L'analyse individuelle de tous les grands incendies survenus au Canada les a menés à la conclusion que la sévérité des incendies est un facteur déterminant de la diversité écologique des forêts, ce qui s'observe dans la mosaïque de zones brûlées et de zones intactes.

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Résumé

Une analyse a été réalisée sur l'état et les tendances des grands incendies de forêts (> 2km2) survenus au Canada, à partir du contenu de la base de données sur les grands incendies (Stocks et al., 2003) et de données de télédétection. Cette analyse ne tient pas compte de tous les incendies qui surviennent chaque année au Canada, mais seulement des grands incendies. Bien que ceux-ci ne comptent que pour 3 % environ du nombre total d'incendies signalés, ils sont responsables de 97 % des superficies brûlées. La superficie de forêt brûlée dans l'ensemble du Canada varie considérablement d'une année à l'autre. Elle a déjà été aussi faible que 1 500 km2 mais a aussi atteint un record de 75 000 km2. La majorité des grands incendies surviennent dans des zones de la forêt boréale et de la taïga, éloignées des autres régions du pays où il n'y a pratiquement aucune intervention pour les éteindre et où règnent souvent des conditions météorologiques très propices au feu. Dans ces régions, la plupart des incendies sont allumés par la foudre, comparativement à ceux allumés par les humains, ce qui explique qu'à l'échelle nationale la saison des feux atteigne son apogée en juillet. Les feux allumés par les humains expliquent la longue durée de la saison des feux, qui commence en avril et dure jusqu'à la mi-octobre.

En dépit des lacunes de la base de données sur les grands incendies pour la période antérieure aux années 1980, la documentation disponible a permis d'établir que l'augmentation des superficies brûlées depuis les années 1960 jusqu'aux années 1990 est liée à une augmentation générale des températures partout au pays (Podur et al., 2002; Gillett et al., 2004; Skinner et al., 2006; Girardin, 2007) . Les données récentes révèlent une diminution des superficies brûlées pour les années 2000 à 2007. Celle-ci peut paraître en contradiction avec les conséquences prévues d'un réchauffement planétaire, mais une recherche documentaire plus approfondie révèle que les effets prévus d'une élévation des températures ne seraient ni linéaires ni uniformes à l'échelle du pays (Weber et Flannigan, 1997; Gillett et al., 2004; Flannigan et al., 2005; Flannigan et al., 2009) . Seules des recherches plus poussées et un ensemble complet de données pour toutes les années de la décennie 2000 permettront de déterminer si les superficies brûlées ont diminué de façon importante Note de bas de page 6 et d'en déterminer les causes.

Vu la grande variation des statistiques annuelles sur les incendies, il faudrait des données sur une plus longue période pour pouvoir dégager les tendances des régimes de feux dans toutes les régions du Canada. Il est donc nécessaire de poursuivre le perfectionnement des méthodes de surveillance et de collecte de données sur les petits incendies de forêts comme sur les grands (< 2km2). Les technologies, comme la télédétection, qui permettent la détection et la surveillance de régions auxquelles l'accès était auparavant limité, comme Le Nord, sont des outils importants pour la collecte de données sur les incendies de forêts. Le mieux serait que les données obtenues au moyen de ces technologies continuent d'être complétées et validées par des données qualitatives et quantitatives fournies par les organismes de lutte contre les incendies de forêts. Enfin, il faut que les méthodes de synthèse et de cartographie des deux types de données soient uniformisées à l'échelle du pays afin qu'on puisse suivre l'évolution du régime des incendies de forêts pour l'ensemble du Canada.

Note de bas de page

Footnote 6

 Une analyse par décennie portant sur l'ensemble complet de données pour toutes les années de la décennie 2000 a été effectuée dans le cadre du rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010 (Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada, 2010). Les résultats confirment cette diminution.

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