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Rapport technique thématique no 6. - Tendances des grands incendies de forêts au Canada, 1959-2007

Ce rapport est aussi disponible en version PDF. Rapport technique thématique no 6. - Tendances des grands incendies de forêts au Canada, 1959 - 2007 (PDF, 2.5 Mo)

Information sur le document

Tendances des grands incendies de forêts au Canada, de 1959 à 2007

Couverture de la publication : Tendances des grands incendies de forêts au Canada

C.C. Krezek-Hanes Note de bas de page [1], F. Ahern Note de bas de page [2], A. Cantin Note de bas de page [1]et M.D. Flannigan Note de bas de page [1]

Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010
Rapport technique thématique no 6
Publié par les Conseils canadiens des ministres des ressources

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

Tendances des grands incendies de forêts au Canada, de 1959 à 2007.

Publ. aussi en anglais sous le titre :
Trends in large fires in Canada, 1959-2007.
Monographie électronique en version PDF.
ISBN 978-1-100-97613-6
No de cat. : En14-43/6-2011F-PDF

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Ce rapport devrait être cité comme suit :
Krezek-Hanes, C.C., Ahern, F., Cantin, A. et Flannigan, M.D. 2011. Tendances des grands incendies de forêts au Canada, de 1959 à 2007. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 6. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, (Ont.). vi + 56 p.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2011
Also available in English

Note de bas de page

Note de bas de page 1

Service canadien des forêts, Ressources naturelles Canada

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Note de bas de page 2

TerreVista Earth Imaging, Cormac, Ontario

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Préface

Les Conseils canadiens des ministres des ressources ont élaboré un Cadre axé sur les résultats en matière de biodiversité Note de bas de page 1 en 2006 pour mettre l’accent sur les mesures de conservation et de restauration conformément à la Stratégie canadienne de la biodiversitéNote de bas de page 2. Le rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010 Note de bas de page 3 a été le premier rapport rédigé suivant ce cadre. Il permet d’évaluer les progrès réalisés en vue d’atteindre l’objectif du cadre, à savoir des « écosystèmes sains et diversifiés » et obtenir les deux résultats souhaités en matière de conservation : i) des écosystèmes productifs, résilients et diversifiés capables de se rétablir et de s’adapter et ii) la restauration des écosystèmes endommagés.

Les 22 constatations clés récurrentes présentées dans Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010 sont issues de la synthèse et de l’analyse des rapports techniques préparés dans le cadre du présent projet. Plus de 500 experts ont participé à la rédaction et à l’examen de ces documents de base. Le présent document, Tendances des grands incendies de forêts au Canada, de 1959 à 2007, s’inscrit au nombre de plusieurs rapports préparés sur la situation et les tendances de thèmes nationaux intersectoriels. Il a été préparé et révisé par des experts du domaine d’étude et reflète les points de vue des auteurs. Puisque l’analyse de ce rapport a été achevée en 2009, les tendances à l’égard du total de la superficie brûlée par décennie au Canada ont été calculées en incluant les données jusqu’à l’année 2010. Les résultats se trouvent à la page 96 du rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010 (Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada, 2010).

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Remerciements

Nous remercions les réviseurs du présent rapport.

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Système de classification écologique – écozones+

Une version légèrement modifiée des écozones terrestres du Canada, décrite dans le Cadre écologique national pour le Canada Note de bas de page 4, a permis de déterminer les zones représentatives d’écosystèmes pour tous les rapports compris dans le présent projet. Les modifications comprennent : un ajustement des limites terrestres pour tenir compte des améliorations résultant des activités de vérification au sol; la fusion des trois écozones de l’Arctique en une seule écozone; l’utilisation de deux écoprovinces, à savoir le bassin intérieur de l’Ouest et la forêt boréale de Terre-Neuve; l’ajout de neuf zones marines représentatives d’écosystèmes; et l’ajout de l’écozone des Grands Lacs. Ce système de classification modifié est appelé « écozones+ » dans ces rapports afin d’éviter toute confusion avec les « écozones » mieux connues du cadre initial Note de bas de page 5.

Cadre de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes du Canada.

Description longue pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes du Canada.

Cette carte du Canada montre le cadre de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes, appelé « écozones+ ». Cette carte illustre la répartition des 15 écozones+ terrestres, deux grandes écozones+ de lacs et neuf écozones+ marines.

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Introduction

Le feu est un facteur important de perturbation des écosystèmes forestiers du Canada. Chaque année, le feu détruit en moyenne 18 471 km2 de forêt canadienne, 92 % de cette superficie se trouvant en région boréale. Le feu étant depuis très longtemps partie intégrante des écosystèmes forestiers boréaux, de nombreuses espèces d’arbres sont devenues dépendantes de cet élément pour l’accomplissement de diverses fonctions écologiques importantes, dont la régulation des insectes et des maladies, le cycle des éléments nutritifs, influençant la composition et la structure d’âge des espèces, et conservant la diversité et la productivité des habitats (Weber et Flannigan, 1997; McCullough et al., 1998; Volney et Hirsch, 2005; Parker  et al., 2006; Soja  et al., 2007) . Les forêts boréales canadiennes se trouvent principalement dans les écozones+ de la taïga des plaines, de la taïga du Bouclier, de la taïga de la Cordillère, des plaines boréales, du Bouclier boréal, boréale de Terre-Neuve, de la Cordillère boréale et des plaines hudsoniennes. Du point de vue écologique, les feux peuvent être un facteur indispensable dans les processus écosystémiques de ces écozones+ et d’autres.

Il a été établi que les caractéristiques des régimes de feux (fréquence, ampleur, intensité, type, saisonnalité et sévérité) ont une incidence sur l’écologie et la composition des espèces d’arbres (Vaillancourt et al., 2009). Dans les zones où les incendies sont fréquents, les espèces ayant un cycle vital court, comme le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides Michx) (de Groot et al., 2003), sont avantagées. D’autres, comme le sapin baumier (Abies balsamea (L.) Mill.), se rencontrent plutôt dans des zones moins souvent touchées par le feu, comme l’écozone+ maritime de l’Atlantique (Weber et Flannigan, 1997).

L’ampleur des incendies a un effet sur la répartition du paysage en influençant les distances sur lesquelles aura lieu la régénération des espèces. Les zones où, d’ordinaire, les incendies atteignent une grande ampleur, par exemple dans l’écozone+ du Bouclier boréal, abritent généralement des espèces dont les graines peuvent être disséminées sur de grandes distances (par exemple le bouleau (Betula papyrifera Marsh)) (de Groot et al., 2003) ou qui ont un réservoir de graines aérien, comme le pin gris (Pinus banksiana) et l’épinette noire (Picea mariana) (Chabot et al., 2009).

L’intensité est une mesure de la quantité d’énergie dégagée pendant un feu. Elle est fonction de la charge de combustible, du relief du terrain et des conditions météorologiques. Les perturbations survenues antérieurement dans la forêt peuvent également avoir une incidence sur l’intensité d’un incendie. Certaines espèces sont très sensibles à l’intensité du feu, dont le pin rouge (Pinus resinosa Aiton) (Flannigan et Bergeron, 1998) qui, bien qu’il dépende du feu pour se régénérer, celui-ci ouvrant des trouées dans le couvert et réduisant la concurrence, est cependant, limité par les feux de cime intenses qui causent de la mortalité chez l’espèce. Les pins matures peuvent survivre aux feux de surface d’intensité modérée qui leur permet de subsister et agissent comme un régénérateur de graines pour la prochaine génération (Flannigan et Bergeron, 1998). Un autre exemple de répercussion écologique causée par l’intensité est illustré par le pin gris (Pinus banksianaLamb) et le pin tordu latifolié (Pinus contorta Dougl.), dont les graines emmagasinées dans le couvert ont besoin de feux de cime d’intensité modérée qui se produisent au cycle intermédiaire (puisqu’ils commencent à produire des graines vers l’âge de 20 à 25 ans) (Amiro et al., 2004; Burton et al., 2008) pour la dispersion des graines (Weber et Flannigan, 1997; Flannigan et al., 2000; Gauthier et al., 2009) . Chez ces espèces, les graines sont enfermées dans des cônes sérotineux qui ne s’ouvrent que sous l’action d’une chaleur intense pour permettre aux graines de se disperser (Beaufait, 1960; Gauthier et al., 1996).

L’intensité du feu peut également être liée au type d’incendie. Les incendies de forêts sont classés en trois catégories : feux de profondeur, feux de surface et feux de cime (Brown et Davis, 1973). Les feux de profondeur consument la matière organique située sous la litière la plupart du temps par combustion couvante. Les feux de surface brûlent la litière, les débris morts ou vivants du tapis forestier, et/ou la basse végétation à la surface ou près de la surface du sol. Ils sont généralement accompagnés de flammes. Les feux de cime sont des feux de flammes brûlant dans la cime des arbres. Ils restent liés au feu de surface qui lui ont donné naissance ou, ce qui est rare, ils peuvent se propager de façon indépendante du feu de surface, courant au devant de lui de cime en cime. Les feux de cime brûlent avec plus d’intensité que les feux de profondeur ou les feux de surface. La majorité des grands incendies qui surviennent dans les forêts boréales du Canada comportent à la fois des feux de cime continus, des feux de cime intermittents et des feux de surface, formant dans la forêt une mosaïque de feux de différentes intensités. La saison au cours de laquelle survient l’incendie a aussi une incidence écologique, car elle détermine les trajectoires de succession post-incendie et peut déterminer l’intensité du feu et la capacité de régénération de la forêt. Ainsi, les feux de faible intensité se produisant au printemps, avant le débourrement, peut causer de la mortalité chez le peuplier faux-tremble et le bouleau (de Groot et al., 2003). Les incendies survenant avant le débourrement peuvent causer une activité annulaire sur la tige des arbres et inhiber la production de rejets, tandis que ceux qui se produisent après la feuillaison peuvent roussir les feuilles et provoquer le drageonnement chez le tremble (Weber, 1990).

Enfin, la sévérité de l’incendie, qui dépend de la quantité de combustible brûlé et se mesure par la profondeur de brûlage, a une incidence sur la structure et les fonctions post-incendie de l’écosystème. La sévérité de l’incendie a un impact sur les racines, les organes de régénération souterrains et le réservoir de graines des végétaux (McLean, 1969; Greene et al., 2007) . Ainsi, la profondeur de brûlage dans les couches superficielles de matières organiques affecte le taux de recrutement chez l’épinette noire (Picea Mariana (Mill.)) de même que le rétablissement de la végétation après le passage du feu (Landhaeusser et Wein, 1993; Gauthier et al., 1996). Greene et al. (2007) ont observé, dans les cas d’incendies sévères où le feu couve longuement autour des troncs d’arbres, un amincissement de la couche de matières organiques autour des troncs, ce qui favorise la colonisation de ces zones par des espèces à petites graines, comme le tremble.

En raison de l’influence écologique des feux, les forêts canadiennes d’aujourd’hui ont été modelées par la configuration du régime des feux d’origine naturelle au cours des quelques siècles passés (Weber et Flannigan, 1997; Lertzman et al., 2002; Girardin et al., 2006a; Girardin et al., 2006b) . Les données relatives aux incendies survenus il y a plus de 40 ou 50 ans ont été reconstituées à partir de données indirectes obtenues par analyse des gisements de charbon, des cernes de croissance des arbres et des cartes de répartition en fonction de l’âge des forêts régénérées après un incendie. Ces données peuvent être utilisées pour situer le régime des feux actuel dans un plus vaste contexte temporel. Girardin et al. (2006a) ont montré qu’en Ontario (principalement dans l’écozone+ du Bouclier boréal) les décennies 1940-1970 ont connu la plus faible fréquence d’incendies de forêts des deux derniers siècles. Ils ont également montré qu’en dépit de l’augmentation enregistrée dans les années 1980, la fréquence des incendies durant cette décennie était toujours inférieure à celle des années 1920, marquées par une augmentation de l’établissement humain, et nettement inférieure à celle des années 1850, qui correspondent à la fin du Petit Âge glaciaire. Ces résultats concordent avec ceux obtenus par d’autres chercheurs pour le Canada boréal (Girardin et al., 2006b) et pour l’est du Canada (Bergeron et al., 2004; Bergeron et al., 2006; Gauthier et al., 2009) boréal. La fréquence des grands incendies a diminué depuis les années 1850, en particulier dans l’est du Canada. Pour ce qui est des zones à l’extérieur de la forêt boréale, Lertzman et al. (2002) ont montré qu’il y a eu très peu d’incendies dans les forêts pluviales tempérées de la Colombie-Britannique (écozone+ maritime du Pacifique) au cours des 6 000 dernières années, ce qui explique la présence de très gros et vieux spécimens d’essences, comme l’épinette de Sitka (Picea sitchensis Bong. Carr.) et la pruche de l’Ouest (Tsuga heterophylla (Raf.) Sarg.).

Plus récemment, la présence humaine est devenue un facteur important dans le régime des feux, surtout depuis un siècle. Au début du XXe siècle, de grands incendies, attribuables en majorité à l’activité humaine, ont détruit des agglomérations et causé la perte de nombreuses vies humaines (Podur et al., 2002; Flannigan et al., 2009) . Ces catastrophes ont suscité la mise sur pied de programmes de lutte contre les incendies axés sur la détection et la protection. Les méthodes d’extinction, en particulier depuis les années 1970, avec l’apparition des bombardiers à eau (Bergeron et al., 2001) et l’utilisation d’hélicoptères en première ligne d’attaque, se sont avérées très efficaces dans certaines régions, où elles ont permis de réduire les superficies brûlées. En Alberta et en Ontario, les méthodes d’extinction, en particulier celles appliquées en début d’incendie, ont permis de réduire la proportion d’incendies de grande ampleur et, par conséquent, de réduire les superficies brûlées de ces régions de forêt boréale (Cumming, 2005; Martell et Sun, 2008) . Par contre, lors de conditions météorologiques exceptionnelles, les méthodes d’extinction perdent de leur efficacité (Gauthier et al., 2005), et les grands feux se propagent en dépit des interventions. Néanmoins, comme il a été dit précédemment, le feu est un facteur de perturbation nécessaire à la régénération de certaines forêts canadiennes. Afin de trouver l’équilibre entre les bénéfices écologiques positifs et les répercussions socioéconomiques négatives, la lutte contre les incendies de forêts est devenu une question d’équilibre entre le maintien des fonctions écologiques du feu et la protection de la vie humaine et de la propriété (Flannigan et al., 2009).

La fluctuation de la fréquence des incendies d’une année à l’autre dépend d’une combinaison complexe de facteurs qui peut être simplifiée, en quatre catégories : conditions météorologiques et climatiques, combustibles, relief du terrain et activité humaine (Flannigan et Wotton, 2001; Flannigan et al., 2005; Parisien et al., 2006) . Les conditions météorologiques déterminent le degré d’humidité des combustibles et la fréquence des feux allumés par la foudre. Des précipitations rares, des températures élevées et des vents forts sont des conditions particulièrement propices à la propagation du feu. Les conditions météorologiques ont une influence à court terme, à l’échelle de la saison ou sur une période plus courte encore, alors que l’effet du climat sur les conditions atmosphériques peut durer des années, voire des décennies (Flannigan et Wotton, 2001). Le type, la quantité, la structure et le degré d’humidité des combustibles influent sur l’inflammabilité de la forêt. Le relief du terrain a une incidence sur la disponibilité du combustible, la variation de l’humidité des combustibles et la vitesse de propagation des flammes. L’humain peut à la fois déclencher les incendies et lutter contre eux en mettant de l’avant la sensibilisation à la prévention, les politiques sur l’extinction des incendies et les mesures connexes.

Les variations régionales des facteurs déterminant la fréquence des incendies ainsi que les modifications aux facteurs eux-mêmes (par exemple les changements climatiques) ont, avec le temps, modifié le régime des feux à long terme partout au pays. Le présent rapport propose un sommaire national qui fait ressortir les changements et les tendances du régime des feux pour l’ensemble du pays et dégage les particularités du régime des feux des différentes écozones+. Une information plus détaillée, notamment sur les tendances à long terme, y est disponible pour chacune des écozones+.

Note de bas de page

Note de bas de page 1

Environnement Canada. 2006. Un cadre axé sur les résultats en matière de biodiversité pour le Canada. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. 8 p.

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Note de bas de page 2

Groupe de travail fédéral-provincial-territorial sur la biodiversité. 1995. Stratégie canadienne de la biodiversité : réponse du Canada à la Convention sur la diversité écologique. Environnement Canada, Bureau de la Convention sur la biodiversité. Ottawa, ON. 80 p.

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Note de bas de page 3

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada. 2010. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. vi + 148 p.

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Note de bas de page 4

Groupe de travail sur la stratification écologique. 1995. Cadre écologique national pour le Canada. Agriculture et Agroalimentaire Canada, Direction générale de la recherche, Centre de recherches sur les terres et les ressources biologiques et Environnement Canada, Direction générale de l’état de l’environnement, Direction de l’analyse des écozones. Ottawa/Hull, ON. 144 p. Rapport et carte nationale 1/7 500 000.

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Note de bas de page 5

Rankin, R., Austin, M. et Rice, J. 2011. Système de classification écologique pour le Rapport sur l’état et les tendances des écosystèmes. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 1. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON.

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Liste des figures

Figure 1. Superficie brûlée au Canada par les grands incendies, de 1959 à 2007.

Figure 2. Répartition des grands incendies dans tout le Canada, des années 1980 aux années 2000.

Figure 3. Statistiques par écozone+ de la superficie brûlée au Canada, des années 1960 aux années 2000.

Figure 4. Total de la superficie brûlée par les grands incendies au Canada, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

Figure 5. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l’écozone+ du Bouclier boréal, de 1959 à 2007.

Figure 6. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l’écozone+du Bouclier boréal et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Figure 7. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l’écozone+ du Bouclier boréal, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

Figure 8. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l’écozone+ boréale de Terre-Neuve, de 1959 à 2007.

Figure 9. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l’écozone+ boréale de Terre-Neuve, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

Figure 10. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l’écozone+ des plaines boréales, de 1959 à 2007.

Figure 11. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l’écozone+ des plaines boréales et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Figure 12. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l’écozone+ des plaines boréales, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

Figure 13. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l’écozone+ de la taïga des plaines, de 1959 à 2007.

Figure 14. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l’écozone+ de la taïga des plaines, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

Figure 15. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l’écozone+ de la taïga des plaines et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Figure 16.Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l’écozone+ de la taïga du Bouclier, de 1959 à 2007.

Figure 17. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l’écozone+ de la taïga du Bouclier, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

Figure 18. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l’écozone+ de la taïga du Bouclier et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Figure 19.Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l’écozone+ des plaines hudsoniennes, de 1959 à 2007.

Figure 20. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l’écozone+ des plaines hudsoniennes, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

Figure 21. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l’écozone+ des plaines hudsoniennes et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Figure 22. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l’écozone+ de la taïga de la Cordillère, de 1959 à 2007.

Figure 23. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l’écozone+ de la taïga de la Cordillère, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

Figure 24. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l’écozone+ de la taïga de la Cordillère et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Figure 25. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l’écozone+ de la Cordillère boréale, de 1959 à 2007.

Figure 26. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l’écozone+ de la Cordillère boréale, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

Figure 27. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l’écozone+ de la Cordillère boréale et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Figure 28. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l’écozone+ de la Cordillère montagnarde, de 1959 à 2007.

Figure 29. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l’écozone+ de la Cordillère montagnarde, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

Figure 30. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l’écozone+ de la Cordillère montagnarde et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Figure 31. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l’écozone+ du bassin intérieur de l’Ouest, de 1959 à 2007.

Figure 32. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l’écozone+ du bassin intérieur de l’Ouest, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

Figure 33. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l’écozone+ du bassin intérieur de l’Ouest et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Figure 34.Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l’écozone+ maritime du Pacifique, de 1959 à 2007.

Figure 35. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l’écozone+ maritime du Pacifique, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

Figure 36. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, de 1959 à 2007.

Figure 37. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Figure 38. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

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Liste des tableaux

Tableau 1. Superficie moyenne brûlée chaque année par les grands incendies, pourcentage des terres forestières qui brûlent chaque année et répartition par écozone+ de la superficie totale brûlée chaque année, au Canada, de 1959 à 2007.

Tableau 2. Cause, durée et saisonnalité des grands incendies dans chaque écozone+, de 1959 à 1999.

Tableau 3. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés par l’humain, et total de la superficie brûlée par chaque source d’inflammation dans l’écozone+ du Bouclier boréal, par décennie, des années 1960 aux années 1990.

Tableau 4. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés par l’humain, et total de la superficie brûlée par chaque source d’inflammation dans l’écozone+ des plaines boréales, par décennie, des années 1960 aux années 1990.

Tableau 5. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés par l’humain, et total de la superficie brûlée par chaque source d’inflammation dans l’écozone+ de la taïga des plaines, par décennie, des années 1960 aux années 1990.

Tableau 6. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés par l’humain, et total de la superficie brûlée par chaque source d’inflammation dans l’écozone+ de la taïga du Bouclier, par décennie, des années 1960 aux années 1990.

Tableau 7. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés par l’humain dans l’écozone+ des plaines hudsoniennes, par décennie, des années 1960 aux années 1990.

Tableau 8. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés par l’humain dans l’écozone+ de la taïga de la Cordillère, par décennie, des années 1960 aux années 1990.

Tableau 9. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés par l’humain dans l’écozone+ de la Cordillère boréale, par décennie, des années 1960 aux années 1990.

Tableau 10. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés par l’humain dans l’écozone+ de la Cordillère montagnarde, par décennie, des années 1960 aux années 1990.

Tableau 11. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés par l’humain dans l’écozone+ du bassin intérieur de l’Ouest, par décennie, des années 1960 aux années 1990.

Tableau 12. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés par l’humain, et total de la superficie brûlée par chaque source d’inflammation dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, par décennie, des années 1960 aux années 1990.

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Méthodologie

Une analyse des caractéristiques à long terme des incendies de forêts a été menée à partir du contenu de la base de données sur les grands incendies et de données obtenues par des méthodes de télédétection. À ce jour, la principale source d'information sur la fréquence des incendies survenus dans le passé est la base de données sur les grands incendies (Stocks et al., 2003), dans laquelle sont documentés tous les incendies ayant brûlé une superficie supérieure à 2 km2, de 1959 à 1999. Bien que les grands incendies ne comptent que pour 3 % environ du nombre total des incendies signalés, ils sont en revanche responsables de 97 % des superficies brûlées. La documentation sur les feux dans la base de données, recueillies par cartographie aérienne et/ou par télédétection, ont été fournies par les provinces, les territoires et Parcs Canada. Une des lacunes de la base de données des grands feux réside dans l'absence de données sur les incendies survenus avant les années 1970 dans les régions du nord (Stocks et al., 2003). Il faut donc faire preuve de prudence en interprétant les résultats de ces années dans les écozones+ nordiques. La mise en orbite de satellites dans les années 1970 a permis de corriger cette lacune. En outre, la cartographie complète des polygones des grands incendies a commencé à se faire seulement dans les années 1980, ce qui rendait impossible l'analyse spatiale des grands incendies survenus avant cette période.

Depuis peu, on a davantage recours à la télédétection pour repérer et cartographier les zones brûlées. Aux fins de cette analyse, la télédétection des zones brûlées a été achevée pour la période de 1995 à 2007, à l'aide de la technique HANDS (synergie de différenciation des points chauds et IVN − indice de végétation normalisé) (Fraser et al., 2000), à partir d'images satellitaires AVHRR (radiomètre perfectionné à très haute résolution) ou SPOT-VGT (Système Probatoire d'Observation Terrestre – VEGETATION) obtenues par le Centre canadien de télédétection. Ces méthodes se sont avérées aussi justes que les méthodes classiques de cartographie des grands feux (Fraser et al., 2000; Fraser et al., 2004). L'opposition aux méthodes fondées sur la télédétection est que les superficies brûlées sont souvent surestimées, le polygone d'incendie pouvant englober de grands îlots épargnés par le feu. De plus, la télédétection ne fournit pas les métadonnées que fournissent les organismes de lutte contre les incendies (provinces, territoires et Parcs Canada), et qui énoncent la cause des incendies. Enfin, comme les cartes des zones brûlées sont établies à la fin de la saison des feux, cette source de données ne donne pas les dates de début ni de fin des incendies.

Afin de tirer le meilleur parti de toutes les données existantes, nous avons utilisé une combinaison de l'information contenue dans la base de données sur les grands incendies et des données issues de la télédétection. Aux fins d'analyse du territoire brûlé, la base de données a été utilisée pour les incendies survenus de 1959 à 1994, et les données de télédétection ont été utilisées pour la période de 1995 à 2007. Une comparaison des polygones d'incendies pour la période de chevauchement (1995-1999) a révélé un écart de 1,7 % entre les résultats obtenus à partir de la base de données et ceux obtenus des données de télédétection.

Pour obtenir la superficie annuelle moyenne de forêt brûlée, nous avons divisé la superficie totale brûlée de 1959 à 2007 par 49 (nombre d'années). Pour obtenir la proportion de la superficie boisée qui est brûlée annuellement, nous avons divisé la superficie boisée par la superficie brûlée annuellement puis multiplié le résultat par 100. Sont inclus dans la superficie boisée toutes les surfaces sur lesquelles se trouvent des combustibles forestiers, à savoir les forêts de conifères et les forêts décidues, les arbustaies, les prairies, les zones préalablement brûlées et les boisés intercalés entre des champs cultivés. Pour le calcul de la superficie boisée, les plans d'eau et autres surfaces exemptes de combustibles (terres cultivées, zones urbaines ou bâties, zones couvertes de neige ou de glace, terres dénudées) ont été soustraits de la superficie totale de l'écozone+. Pour obtenir les superficies des occupations du sol, nous avons calculé la moyenne des données des matrices de couvertures terrestres mises au point par F. Ahern (2011) pour la période de 1985 à 2005. Comme nous ne disposions pas de cartes de couverture terrestre pour les années antérieures à 1985, nous avons supposé que la couverture forestière n'avait pas beaucoup changé entre 1959 et 1985.

Les tendances à long terme quant à la superficie brûlée annuellement ont été établies d'après la somme des superficies brûlées au cours d'une décennie. Pour la décennie 2000, le total a été calculé pour dix ans au prorata de la moyenne des années 2000 à 2007. L'information sur la cause des grands incendies (> 2 km2) et sur la saison au cours de laquelle ils se sont produits a été tirée de la base de données sur les grands incendies pour la période 1959-1999 inclus.

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Tendances à l’échelle du pays

La fréquence des incendies est souvent exprimée en termes de pourcentage de la superficie totale brûlée annuellement. Au Canada, la superficie brûlée chaque année, de 1959 à 2007, a été en moyenne de 18 471 km2, soit 0,35 % de la superficie boisée (Tableau 1). La superficie brûlée varie considérablement d'une année à l'autre (Figure 1); en 1963 elle n'était que de 1 524 km2, alors qu'en 1989 elle a atteint 75 377 km2.

Tableau 1. Superficie moyenne brûlée chaque année par les grands incendies, pourcentage des terres forestières qui brûlent chaque année et répartition par écozone+ de la superficie totale brûlée chaque année, au Canada, de 1959 à 2007.
Écozone+ Superficie moyenne brûlée annuellement
(km2)
Proportion de la superficie boisée brûlée annuellement (%)Répartition relative par écozone+ de la superficie totale brûlée annuellement au Canada (%)
CANADA18 4710,43100,0
Bouclier boréal6 4680,4936,9
Boréale de Terre-Neuve1240,130,8
Plaines boréales2 2140,4711,4
Taïga des plaines2 8580,7113,8
Taïga du Bouclier3 7890,7717,7
Plaines hudsoniennes5470,173,3
Taïga de la Cordillère8570,474,5
Cordillère boréale1 2060,387,8
Cordillère montagnarde3160,102,6
Bassin intérieur de l'Ouest540,110,4
Maritime du Pacifique200,020,3
Maritime de l'Atlantique380,020,5

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Figure 1. Superficie brûlée au Canada par les grands incendies, de 1959 à 2007.

Source : Pour la période de 1959 à 1994, les données proviennent de la base de données sur les grands incendies; pour la période de 1995 à 2007, les données sont issues de la télédétection.

Description longue pour la figure 1

Ce graphique à barres indique la superficie brûlée au Canada par les grands incendies de 1959 à 2007. La superficie brûlée chaque année est assez variable d'une année à l'autre, variant d'environ 1 500 km2 en 1963 à une superficie élevée de 75 000 km2 en 1989.

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Les superficies brûlées varient d'une région à l'autre du pays (Figure 2) : elles sont plus importantes dans les écozones+ où la présence humaine est la moins forte et dans celles où les conditions météorologiques sont les plus propices au feu (Stocks et al., 2003; Gillett et al., 2004; Parisien et al., 2006). Les plus touchées sont : l'écozone+ du Bouclier boréal, qui compte pour 37 % de la superficie totale brûlée chaque année au Canada, suivie des écozones+ de la taïga du Bouclier et de la taïga des plaines qui, ensemble, comptent pour 32 % de la superficie totale brûlée (Tableau 1). Il importe de noter que le régime des feux n'est pas uniforme à l'échelle de l'écozone+ du Bouclier boréal et de l'écozone+ de la taïga du Bouclier : il varie grandement d'est en ouest, la fréquence des incendies étant significativement plus élevée dans la partie ouest de chacune des deux écozones+. C'est pourquoi l'est et l'ouest de ces écozones+ sont généralement considérées séparément dans la documentation sur les incendies (Amiro et al., 2001; Stocks et al., 2003; Parisien et al., 2006; Burton et al., 2008; Amiro et al., 2009). Les incendies sont également fréquents dans les écozones+ des plaines boréales et de la Cordillère boréale, les conditions météorologiques caractéristiques de ces zones étant très propices au feu. Ils sont moins fréquents sous les climats côtiers plus humides des écozones+ maritime du Pacifique, maritime de l'Atlantique et boréale de Terre-Neuve. Enfin, les grands incendies de forêts sont rares dans les écozones+ du Bas-Arctique, des Prairies, des plaines à forêts mixtes, en raison du manque de combustible susceptible de s'enflammer ou d'une distribution discontinue du combustible.

Figure 2. Répartition des grands incendies dans tout le Canada, des années 1980 aux années 2000. Chaque couleur représente la superficie brûlée au cours de la décennie correspondante (années 1980, années 1990 et années 2000).

Pour la décennie 2000, les données proviennent uniquement des années 2000 à 2007.
Puisque l'analyse du présent rapport a déjà été effectuée, les tendances à l'égard du total de la superficie brûlée par décennie au Canada ont été calculées en incluant les données jusqu'à l'année 2010. Les résultats se trouvent à la page 96 du rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010 (Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada, 2010).

Description longue pour la figure 2

Cette carte illustre la répartition des grands incendies dans tout le Canada, des années 1980 aux années 2000. Parmi les zones les plus touchées par les incendies, on compte notamment l'écozone+ du Bouclier boréal (37 % de la superficie brûlée au Canada), de la taïga du Bouclier et des plaines de la taïga (qui représentent à elles deux 32 % de la superficie brûlée au Canada). Les régions de l'ouest de l'écozone+ du Bouclier boréal et de la taïga du Bouclier présentent une fréquence bien plus élevée que les régions de l'est. Les incendies sont également fréquents dans l'écozone+ des plaines boréales et de la Cordillère boréale. Les incendies sont moins fréquents dans les climats côtiers plus humides de chaque côté du pays, ainsi que dans les écozones+ de l'Arctique, des Prairies et des plaines de forêts mixtes.

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Au cours des 50 dernières années, la distribution par écozone+ de la superficie totale brûlée annuellement a varié, sauf pour les écozones+ maritime du Pacifique, maritime de l'Atlantique et du bassin intérieur de l'Ouest, où les incendies sont toujours rares (Figure 3). Les tendances correspondent aux moyennes indiquées dans le Tableau 1 . L'écozone+ du Bouclier boréal est toujours la première en importance et suivie par l'écozone+ de la taïga du Bouclier, sauf pour la décennie de 1960 (Figure 3). On peut penser que la faible fréquence enregistrée pour cette écozone+ au cours des années 1960 est attribuable à la faible surveillance exercée dans le nord du pays (Stocks et al., 2003). D'autres tendances, qui ne ressortent pas dans le Tableau 1 , peuvent néanmoins être dégagées, notamment l'accroissement dans le temps de la représentation de l'écozone+ des plaines hudsoniennes. La part de la superficie totale brûlée se trouvant dans l'écozone+ des plaines hudsoniennes est passée de 1,9 % dans les années 1960 à 4,8 % dans les années 2000. Mais ces données peuvent être liées à une surveillance insuffisante pendant cette période. Une autre tendance est la diminution importante de territoire brûlé dans l'écozone+ boréale de Terre-Neuve depuis les années 1960. La valeur élevée pour cette décennie est attribuable aux grands incendies anthropiques survenus en 1961, et qui ne se sont pas reproduits (pour plus de détails, voir la section consacrée à l'écozone+ boréale de Terre-Neuve, à la page 19).

Figure 3. Statistiques par écozone+ de la superficie brûlée au Canada, des années 1960 aux années 2000.

Pour la décennie 2000, les données proviennent uniquement des années 2000 à 2007.

Description longue pour la figure 3

Ce graphique à barres empilées (%) montre les statistiques par écozone+ de la superficie brûlée au Canada, des années 1960 aux années 2000. Au cours des 50 dernières années, la distribution par écozone+ de la superficie totale brûlée annuellement a varié, sauf pour les écozones+ maritime du Pacifique, maritime de l'Atlantique et du bassin intérieur de l'Ouest, où les incendies sont toujours rares. L'écozone+ du Bouclier boréal est toujours la première en importance et suivie par l'écozone+ de la taïga du Bouclier, sauf pour la décennie de 1960.

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La Figure 4 montre les tendances relatives à la superficie brûlée pour les cinq dernières décennies. On constate une augmentation depuis les années 1960 jusqu'aux années 1980, un plateau dans les années 1990, puis une diminution dans les années 2000 (Figure 4). Stocks et al. (2003) attribuent l'augmentation enregistrée jusque dans les années 1980 à une augmentation de la présence humaine dans les forêts et à une amélioration des moyens de surveillance et de détection des incendies. D'autres études montrent que cette augmentation ne peut être attribuée uniquement à l'amélioration des moyens de détection des incendies, mais qu'elle est plutôt liée à une augmentation des températures au cours des 40 dernières années (Podur et al., 2002; Gillett et al., 2004; Skinner et al., 2006; Girardin, 2007). À première vue, cette récente diminution ne semble pas concorder avec l'augmentation qui l'a précédée ni avec les prédictions d'une augmentation continue à mesure que le réchauffement planétaire s'accentue (Weber et Flannigan, 1997; Gillett et al., 2004; Flannigan et al., 2005; Flannigan et al., 2009). Un examen plus approfondi de ces dernières révèle qu'elles ne prédisent une augmentation ni linéaire, ni uniforme à l'échelle du pays. La diminution de la superficie brûlée observée pour les années 2000 pourrait être attribuée en partie à d'autres facteurs climatiques, notamment aux régimes de circulation océanique à grande échelle, comme l'El Niño-oscillation australe (ENSO), l'oscillation décennale du Pacifique (PDO) et l'oscillation multidécennale de l'Atlantique (Flannigan et Wotton, 2001; Skinner et al., 2002; Girardin et al., 2006b). L'augmentation enregistrée pour les années 1970 et les années 1980 correspond à une phase chaude (ou positive) de la PDO. Skinner et al. (2006) ont montré qu'il existe un rapport positif entre les phases chaudes de l'ENSO et de la DPO et des valeurs élevées de l'indice saisonnier de sévérité (ISS) (élément de la Méthode canadienne d'évaluation des dangers d'incendie de forêts (MCEDIF)) dans l'ouest, le nord-ouest et le nord-est du Canada. L'ISS donne une estimation de la difficulté de maîtriser les incendies, d'après l'intensité que ceux-ci peuvent prendre dans les conditions météorologiques données (Van Wagner, 1987; Flannigan et al., 2000). Au milieu des années 1990, la PDO est passée à une phase froide, puis phases chaudes et phases froides se sont ensuite succédées. En étudiant les données historiques, Skinner et al. (2006) ont constaté qu'une phase froide de la PDO s'accompagnait d'étés plus humides et de valeurs moins élevées de l'indice ISS dans l'ouest du Canada. Les fluctuations des grandes circulations atmosphériques pourraient modifier la tendance à la hausse des superficies brûlées que laisse présager le réchauffement planétaire. Il faudrait approfondir les recherches pour pouvoir dire si la diminution récente de la superficie totale brûlée est ou non liée aux circulations atmosphériques à grande échelle (pour plus d'information sur les oscillations climatiques à grande échelle, voir Bonsal et Shabbar, 2011).

Figure 4. Total de la superficie brûlée par les grands incendies au Canada, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

La valeur indiquée pour les années 2000 a été établie pour dix ans au prorata de la moyenne des années 2000 à 2007.
Puisque l'analyse du présent rapport a déjà été effectuée, les tendances à l'égard du total de la superficie brûlée par décennie au Canada ont été calculées en incluant les données jusqu'à l'année 2010. Les résultats se trouvent à la page 96 du rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. La forme de l'histogramme est demeurée la même (Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada, 2010).

Description longue pour la figure 4

Ce graphique à barres montre le total de la superficie brûlée par les grands incendies au Canada par décennie, des années 1960 aux années 2000. Ces superficies représentent environ 87 000 km2 dans les années 1960, 138 000 km2 dans les années 1970, 270 000 km2 dans les années 1980 et les années 1990, et 178 000 km2 dans les années 2000.

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À plus petite échelle, la saisonnalité des incendies est fonction des variations régionales des conditions météorologiques. En règle générale, la saison des feux commence en avril dans le sud du pays et se prolonge jusqu'à la mi-octobre dans les écozones+ des plaines boréales, du Bouclier boréal et de la Cordillère montagnarde (Tableau 2). La saison des feux est à son sommet en juillet. La saison des feux est beaucoup plus courte dans les régions situées plus au nord, notamment dans les écozones+ de la taïga des plaines et de la taïga du Bouclier, et plus courte encore dans les régions où les incendies sont en majorité causés par l'activité humaine, notamment dans les écozones+ maritime de l'Atlantique, maritime du Pacifique et boréale de Terre-Neuve. Selon les statistiques produites par Weber et Flannigan (1997), l'activité humaine est à l'origine d'environ 65 % de l'ensemble des incendies (< 2 km2 et > 2 km2) survenant au Canada. La majorité de ces incendies touchent une superficie inférieure à 2 km2 et ne sont donc pas pris en compte dans la présente analyse. Dans l'ensemble, ils comptent pour seulement 15 % de la superficie totale brûlée (Stocks et al., 2003). Les humains allument des feux dans le cadre d'activités récréatives (camping, etc.) ou industrielles (exploitation forestière, transport ferroviaire, etc.) ou par malveillance (incendies criminels) (Wotton et al., 2003) . Les activités humaines se déroulant généralement non loin d'établissements, un incendie est vite détecté et les services d'incendie peuvent intervenir rapidement pour l'empêcher de se propager. Les incendies déclenchés par l'humain ont un caractère saisonnier : ils se produisent davantage au printemps (Stocks et al., 2003; Kasischke et Turetsky, 2006; Burton et al., 2008) , comme en témoigne le mois de la plus forte activité des feux dans les écozones+ maritime de l'Atlantique et boréale de Terre-Neuve, où le rapport entre les incendies causés par l'humain et ceux causés par la foudre est élevé (Tableau 2). On peut trouver plus de détails sur les tendances et les variations des causes et de la saisonnalité des incendies dans les rapports techniques sur les différentes écozones+.

Tableau 2. Cause, durée et saisonnalité des grands incendies dans chaque écozone+, de 1959 à 1999.
Écozone+ Nbre d'allumages par les humains/nbre 
d'allumages par
la foudre
Durée de la saison active des feux
(jours)
Mois de la plus forte activité de feu
CANADA0,36199Juillet
Bouclier boréal0,26143Juin
Boréale de Terre-Neuve27,035Mai
Plaines boréales1,40158Mai
Taïga des plaines0,1681Juillet
Taïga du Bouclier0,0875Juillet
Plaines hudsoniennes0,1040Juillet
Taïga de la Cordillère0,0544Juillet
Cordillère boréale0,2937Juin
Cordillère montagnarde1,00101Août
Bassin intérieur de l'Ouest3,3845Juillet
Maritime du Pacifique1,8554Juillet
Maritime de l'Atlantique4,0632Mai

La cause des incendies est exprimée par le rapport du nombre de feux allumés par les humains au nombre de feux allumés par la foudre. La saisonnalité est établie d'après la durée des feux (différence moyenne entre les dates de début et de fin des incendies pour chaque année) et le mois de la plus forte activité des feux.
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

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La deuxième cause d'incendies au Canada est la foudre. Selon Stocks et al. (2003), la foudre serait responsable de 85 % de la superficie totale brûlée au Canada de 1959 à 1997. La foudre provoque des incendies surtout dans les régions nordiques, notamment dans les écozones+ de la taïga des plaines, de la taïga du Bouclier, du Bouclier boréal, de la Cordillère boréale et des plaines hudsoniennes (Tableau 2). Dans certaines de ces écozones+, il n'y a aucune ou pratiquement aucune intervention contre les incendies, et permettent aux feux allumés par la foudre de brûler naturellement et de détruire de vastes étendues. Les feux allumés par la foudre surviennent généralement plus tard dans la saison que ceux allumés par l'humain, soit au cours de l'été (Flannigan et Wotton, 2001; Stocks et al., 2003). Ils sont souvent plus sévères et plus intenses que ceux qui surviennent au printemps, en raison du taux plus faible d'humidité des combustibles (Amiro et al., 2001). Amiro et al. (2004) ont calculé les indices d'intensité du front de feu (élément de la MCEDIF donnant une estimation de l'intensité à la tête de l'incendie en fonction des conditions météorologiques). Ils ont obtenu les indices les plus élevés pour l'écorégion des terres boréales de l'Ouest. Ils ont également observé une tendance positive significative des indices pour la taïga du Bouclier, à partir des données de 1959 à 1999.

La sévérité des conditions météorologiques relativement aux incendies, exprimée par l'indice saisonnier de sévérité (ISS), varie grandement à l'échelle du Canada. Parisien et al. (2006) ont calculé l'ISS moyen pour les écozones du Système de classification écologique national (Groupe de travail sur la stratification écologique, 1995) (légèrement différent du système du cadre des écozones+ utilisé pour la présente étude; voir la Préface à la page i) d'après les conditions météorologiques, pour les années 1959 à 1997. Les moyennes sur le long terme se situaient entre 0 et 5, les valeurs supérieures correspondant à un risque plus élevé d'incendies intenses. L'écozone de la Cordillère montagnarde a obtenu la valeur d'ISS la plus élevée (4,7). Venait ensuite l'écozone des plaines boréales (3,7). La partie est de l'écozone de la taïga du Bouclier a obtenu la valeur la plus faible, soit 0,7, comparativement à 2,8 pour la partie ouest. Bien que la Cordillère montagnarde ait le risque d'incendie intense le plus élevé, elle compte pour la part la plus faible de la superficie totale brûlée, ce qui s'explique par son relief montagneux, qui limite la propagation des flammes. Burton et al. (2008) ont également utilisé les valeurs ISS calculées par Parisien et al. (2006) dans une analyse de la sévérité des incendies survenus dans les différentes régions du pays, aspect restreint traité à des échelles plus grandes dans la documentation sur les feux. Ils ont établi, en comparant la productivité primaire nette avant et après l'incendie, que les incendies les plus sévères se produisaient dans l'ouest de la taïga du Bouclier et de la taïga des plaines, tandis que les plaines boréales connaissaient les incendies les moins sévères. L'analyse individuelle de tous les grands incendies survenus au Canada les a menés à la conclusion que la sévérité des incendies est un facteur déterminant de la diversité écologique des forêts, ce qui s'observe dans la mosaïque de zones brûlées et de zones intactes.

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Résumé

Une analyse a été réalisée sur l'état et les tendances des grands incendies de forêts (> 2km2) survenus au Canada, à partir du contenu de la base de données sur les grands incendies (Stocks et al., 2003) et de données de télédétection. Cette analyse ne tient pas compte de tous les incendies qui surviennent chaque année au Canada, mais seulement des grands incendies. Bien que ceux-ci ne comptent que pour 3 % environ du nombre total d'incendies signalés, ils sont responsables de 97 % des superficies brûlées. La superficie de forêt brûlée dans l'ensemble du Canada varie considérablement d'une année à l'autre. Elle a déjà été aussi faible que 1 500 km2 mais a aussi atteint un record de 75 000 km2. La majorité des grands incendies surviennent dans des zones de la forêt boréale et de la taïga, éloignées des autres régions du pays où il n'y a pratiquement aucune intervention pour les éteindre et où règnent souvent des conditions météorologiques très propices au feu. Dans ces régions, la plupart des incendies sont allumés par la foudre, comparativement à ceux allumés par les humains, ce qui explique qu'à l'échelle nationale la saison des feux atteigne son apogée en juillet. Les feux allumés par les humains expliquent la longue durée de la saison des feux, qui commence en avril et dure jusqu'à la mi-octobre.

En dépit des lacunes de la base de données sur les grands incendies pour la période antérieure aux années 1980, la documentation disponible a permis d'établir que l'augmentation des superficies brûlées depuis les années 1960 jusqu'aux années 1990 est liée à une augmentation générale des températures partout au pays (Podur et al., 2002; Gillett et al., 2004; Skinner et al., 2006; Girardin, 2007) . Les données récentes révèlent une diminution des superficies brûlées pour les années 2000 à 2007. Celle-ci peut paraître en contradiction avec les conséquences prévues d'un réchauffement planétaire, mais une recherche documentaire plus approfondie révèle que les effets prévus d'une élévation des températures ne seraient ni linéaires ni uniformes à l'échelle du pays (Weber et Flannigan, 1997; Gillett et al., 2004; Flannigan et al., 2005; Flannigan et al., 2009) . Seules des recherches plus poussées et un ensemble complet de données pour toutes les années de la décennie 2000 permettront de déterminer si les superficies brûlées ont diminué de façon importante Note de bas de page 6 et d'en déterminer les causes.

Vu la grande variation des statistiques annuelles sur les incendies, il faudrait des données sur une plus longue période pour pouvoir dégager les tendances des régimes de feux dans toutes les régions du Canada. Il est donc nécessaire de poursuivre le perfectionnement des méthodes de surveillance et de collecte de données sur les petits incendies de forêts comme sur les grands (< 2km2). Les technologies, comme la télédétection, qui permettent la détection et la surveillance de régions auxquelles l'accès était auparavant limité, comme Le Nord, sont des outils importants pour la collecte de données sur les incendies de forêts. Le mieux serait que les données obtenues au moyen de ces technologies continuent d'être complétées et validées par des données qualitatives et quantitatives fournies par les organismes de lutte contre les incendies de forêts. Enfin, il faut que les méthodes de synthèse et de cartographie des deux types de données soient uniformisées à l'échelle du pays afin qu'on puisse suivre l'évolution du régime des incendies de forêts pour l'ensemble du Canada.

Note de bas de page

Footnote 6

 Une analyse par décennie portant sur l'ensemble complet de données pour toutes les années de la décennie 2000 a été effectuée dans le cadre du rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010 (Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada, 2010). Les résultats confirment cette diminution.

Note de bas de page 6 referrer

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Tendances liées aux écozones


Écozone+ du Bouclier boréal

Les incendies dans l'écozone+ du Bouclier boréal sont caractérisés par des feux de cime intenses (Amiro et al., 2004; Beverly et Martell, 2005) dont la gravité est modérée par rapport aux incendies qui se produisent dans les autres écozones+ (Burton et al., 2008). Pour de nombreuses essences boréales, notamment le pin gris (Picea banksiana) et l'épinette noire (Pinus mariana (Mill.) B.S.P.), ce type de feu est indispensable pour la germination des graines. De plus, ces essences ainsi que d'autres essences boréales dépendent d'incendies intenses qui se produisent périodiquement et qui, dans le passé, ont permis le renouvellement des peuplements en brûlant de grandes superficies (Bergeron et al., 2001; de Groot et al., 2003). Même si cette écozone+ se trouve dans une région où la plupart des incendies sont combattus activement, sa part de la superficie totale brûlée au Canada reste toujours la plus élevée. En effet, la superficie brûlée annuellement et à long terme pour cette écozone+ est de 6 467 km2, ce qui représente 37 % de la superficie totale brûlée au Canada (voir le Tableau 1 à la page 6 et la Figure 3 à la page 9 ). Conformément aux tendances observées à l'échelle nationale, il y a une grande variabilité de la superficie brûlée d'une année à l'autre (Figure 5). L'année d'activité de feu la plus exceptionnelle a eu lieu en 1989, lorsque près de 28 000 km2 ont brûlé. En comparaison, au cours des années de faible activité, la superficie brûlée a été inférieure à 1 000 km2 (par exemple en 1982).

Figure 5. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ du Bouclier boréal, de 1959 à 2007.

Source : Pour la période de 1959 à 1994, les données proviennent de la base de données sur les grands incendies; pour la période de 1995 à 2007, les données sont issues de la télédétection.

Description longue pour la figure 5

Ce graphique à barres indique la superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ du Bouclier boréal de 1959 à 2007. La superficie brûlée varie grandement d'une année à l'autre. L'année la plus extrême a été l'année 1989, durant laquelle près de 28 000 km2 ont brûlé, comparativement à des années où les incendies ont été moins importants et la proportion de superficie brûlée a été inférieure à 1 000 km2 (par exemple, 1982).

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La fréquence des incendies dans l'écozone+ du Bouclier boréal, représentée par la proportion de la superficie boisée brûlée chaque année, n'est pas la plus élevée au pays. En effet, avec 0,49 % de sa superficie boisée brûlée, l'écozone+ du Bouclier boréal brûle moins fréquemment que les écozones+ de la taïga des plaines (0,71 %) et de la taïga du Bouclier (0,77 %) (voir le Tableau 1 à la page 6). Cette plus faible proportion de la superficie brûlée pourrait être liée aux niveaux plus élevés de protection contre les incendies que l'on trouve dans l'écozone+ du Bouclier boréal, surtout dans la partie sud, ou encore à la variabilité régionale des conditions météorologiques propices au feu (Girardin et Wotton, 2009). Environ 64 % du Bouclier boréal est protégé grâce aux efforts de suppression des incendies, comparativement à 20 % dans la taïga des plaines et à 2 % dans l'écozone+ de la taïga du Bouclier (Parisien et al., 2006).

Le Bouclier boréal constitue la plus grande des écozones+ et comporte deux régimes de feux distincts. Pour cette raison, la plupart des analyses portant sur les feux divisent l'écozone+ en deux parties : l'est et l'ouest (Stocks et al., 2003; Beverly et Martell, 2005; Flannigan et al., 2005; Kasischke et Turetsky, 2006; Parisien et al., 2006; Burton et al., 2008; Flannigan et al., 2009). La ligne de démarcation se situe juste à l'est du lac Nipigon, dans le nord-ouest de l'Ontario. Stocks et al. (2003) ont calculé séparément la proportion de la superficie brûlée annuellement pour l'ouest et pour l'est du Bouclier boréal en utilisant les données provenant de la base de données sur les grands incendies. Ils ont constaté que la proportion de la superficie boisée brûlée annuellement de l'ouest du Bouclier boréal était semblable à celle des écozones+ de la taïga (de 0,60 à 0,80 %), tandis que la proportion de l'est du Bouclier boréal était considérablement plus faible (de 0,00 à 0,20 %). L'analyse de Stocks et al. (2003) comprenait l'écozone+ boréale de Terre-Neuve, située dans la partie est du Bouclier boréal.

La différence entre les régimes de feux du Bouclier boréal est attribuable aux conditions météorologiques plus propices au feu, telles que de plus longues périodes sèches et de faibles précipitations dans l'ouest du Bouclier boréal (Beverly et Martell, 2005; Girardin et Wotton, 2009), ainsi qu'au nombre plus élevé d'essences de conifères par rapport aux essences à feuilles caduques dans l'est du Bouclier boréal (Parisien et al., 2006; Amiro et al., 2009). Un autre facteur contribuant à la différence entre les régimes de feux est le fait qu'une plus grande proportion de l'est du Bouclier boréal est protégée par des efforts de suppression des incendies, comparativement à la partie ouest de l'écozone+ (70 % et 54 % respectivement), et ce, en raison de la plus forte densité de population que l'on trouve dans l'est de l'Ontario et l'ouest du Québec. Par conséquent, la superficie moyenne brûlée annuellement dans l'est du Bouclier boréal est inférieure à la superficie moyenne brûlée annuellement dans la partie ouest de l'écozone+ (soit 772 km2 par rapport à 5 147 km2) (Parisien et al., 2006). Cette plus faible fréquence des feux dans l'est du Bouclier boréal a entraîné des cycles de feux plus longs qui ont accru la proportion de forêts anciennes inéquiennes, caractérisées par des essences plus tolérantes à l'ombre et moins vulnérables aux incendies, comme le sapin baumier (Abies balsamea (L.) Mill), par rapport à la partie ouest de l'écozone+ (Bergeron et al., 2001; de Groot et al., 2003).

D'après l'information provenant de la base de données sur les grands incendies, entre 1959 et 1999, la durée moyenne de la saison des feux était de 143 jours et les feux se produisaient surtout de mai à août (Figure 6). Bien que des incendies puissent survenir dès le mois de mars et jusqu'en novembre, ils sont rares à ces périodes. Juin est le mois de la plus forte occurrence de feux. Entre les années 1960 et les années 1990, peu de changements se sont produits quant à la saisonnalité de la fréquence des incendies dans cette écozone+ (Figure 6).

Figure 6. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+du Bouclier boréal et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Le pourcentage par mois correspond au pourcentage du nombre total de feux survenus durant le mois.
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Description longue pour la figure 6

Ce graphique à barres indique la proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ du Bouclier boréal et la durée moyenne de la saison active des feux, des années 1960 aux années 1990. La durée moyenne de la saison des feux était de 143 jours et les feux se produisaient surtout de mai à août. Bien que des incendies puissent survenir dès le mois de mars et jusqu'en novembre, ils sont rares à ces périodes. Juin est le mois de la plus forte occurrence de feux. Entre les années 1960 et les années 1990, peu de changements se sont produits quant à la saisonnalité de la fréquence des incendies dans cette écozone+.

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Les tendances à long terme de la superficie brûlée dans le Bouclier boréal suggèrent qu'une augmentation significative de cette superficie a eu lieu entre les années 1960 et les années 1980 (Figure 7). Cette augmentation est due à des facteurs similaires à ceux qui régissent les changements à l'échelle du Canada : soit des températures plus chaudes (Podur et al., 2002; Gillett et al., 2004) et des changements liés aux méthodes de détection et à l'exhaustivité de la surveillance des incendies, en particulier dans les secteurs situés en dehors des zones de protection, comme le nord du Québec et de l'Ontario (Podur et al., 2002; Stocks et al., 2003). Il est peu probable que l'accroissement de l'activité humaine, qui est l'une des raisons attribuées à l'augmentation de la superficie brûlée à l'échelle nationale, soit responsable des changements dans cette écozone+, puisque la superficie brûlée par les feux causés par des humains a diminué entre les années 1960 et les années 1990 (Tableau 3).

Figure 7. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ du Bouclier boréal, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

La valeur indiquée pour les années 2000 a été établie pour dix ans au prorata de la moyenne des années 2000 à 2007.

Description longue pour la figure 7

Ce graphique à barres montre le total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ du Bouclier boréal, par décennie, des années 1960 aux années 2000. Cette superficie représente environ 29 000 km2 dans les années 1960, 48 000 km2 dans les années 1970, 104 000 km2 dans les années 1980, 83 000 km2 dans les années 1990, et 66 000 km2 dans les années 2000.

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Tableau 3. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés par l'humain, et total de la superficie brûlée par chaque source d'inflammation dans l'écozone+ du Bouclier boréal, par décennie, des années 1960 aux années 1990.
DécennieNombre d'incendiesProportion des feux allumés par la foudre (%)Proportion des feux allumés par les humains (%)Superficie totale brûlée à la suite d'allumages par la foudre (km2)Superficie totale brûlée à la suite d'allumages par les humains (km2)
1960673623819 231,99 701,9
1970828712937 198,210 581,5
19801 356851587 392,216 559,5
19901 159891168 120,311 301,2
Total4 01677Tableau 3, Note de bas de page *23Tableau 3, Note de bas de page *211 942,648 144,2

Tableau 3, Note de bas de page

Footnote *

désigne la moyenne et non le total
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Tableau 3, note de bas de page * referrer

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Après les sommets atteints dans les années 1980, une diminution de la superficie brûlée s'est clairement produite pour le reste de la période d'étude (Figure 7). Cette baisse n'est pas aussi marquée que l'augmentation qui s'est produite entre les années 1960 et les années 1980, similaire à l'échelle nationale (voir la Figure 4 à la page 10 ). Toutefois, le moment de cette diminution dans le Bouclier boréal diffère par rapport à la tendance nationale : la diminution de la superficie brûlée commence dans les années 1990 dans le Bouclier boréal, tandis qu'elle commence dans les années 2000 à l'échelle nationale. Une telle baisse, se produisant plus tôt par rapport à la tendance nationale, est également observée pour l'écozone+ des plaines boréales, mais ne l'est pas pour l'écozone+ de la taïga du Bouclier ou pour celle de la taïga des plaines (voir les sections respectives sur ces écozones+), cette dernière suivant les tendances nationales. L'une des principales différences entre ces écozones+ est qu'une plus grande proportion du Bouclier boréal et des plaines boréales est protégée par des efforts de suppression des incendies, comparativement à la taïga des plaines et à la taïga du Bouclier. En outre, les plaines boréales et le Bouclier boréal influencent une plus grande proportion de la superficie des écozones+, comme le démontrent les statistiques relatives au pourcentage de l'utilisation des terres dans Parisien et al. (2006). La baisse de la superficie brûlée entre les années 1980 et les années 1990 pourrait être due aux efforts de suppression des incendies de forêts (Cumming, 2005; Martell et Sun, 2008). La baisse qui s'est poursuivie dans les années 2000 pourrait, quant à elle, être due à une combinaison des oscillations climatiques qui, comme il a été montré, ont une incidence sur les conditions météorologiques propices aux feux dans le Bouclier boréal (Flannigan et Wotton, 2001; Skinner et al., 2002; Girardin et al., 2006a; Girardin et al., 2006b), et d'une meilleure gestion des effets de l'activité humaine.

Comme il a été mentionné précédemment, le nombre de grands incendies causés par les humains a diminué au cours de la période d'étude, passant de 38 % dans les années 1960 à 14 % dans les années 1990 (R2 = 0,95, p = 0,019) (Tableau 3). Il est important de noter que ces données ne comprennent pas les petits feux qui pourraient avoir été allumés par les humains, mais qui ont été éteints avant d'atteindre l'ampleur pour être consignés dans la base de données. Cette diminution concorde avec les constatations de Kasischke et Turetsky (2006), qui affirment que les politiques gouvernementales mises en œuvre à l'échelle du pays dans les années 1970 et les années 1980 ont entraîné une réduction de 50 % des feux allumés par les humains. Les feux causés par les humains, à la fois petits et grands, demeurent la principale cause d'incendies au Canada. Cependant, la superficie brûlée par ces feux est beaucoup moins grande que celle brûlée par les feux allumés par la foudre (Weber et Flannigan, 1997; Wotton et al., 2003). Des années 1960 aux années 1990, les feux allumés par la foudre ont été responsables de 80 % des grands feux de forêts et de la majorité de la superficie brûlée dans l'écozone+ du Bouclier boréal (Tableau 3).

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Écozone+ boréale de Terre-Neuve

Comme dans le cas des autres écozones+ côtières, le feu ne constitue pas une perturbation naturelle d'importance dans l'écozone+ boréale de Terre-Neuve. En moyenne, la superficie brûlée de cette écozone+ est de 123 km2 par année, ce qui est supérieur à celle des écozones+ maritime du Pacifique et maritime de l'Atlantique. La proportion de sa superficie brûlée annuellement est également plus élevée, à 0,13 %, mais la part de cette écozone+ dans la superficie totale brûlée au Canada est inférieure à 1 % (voir le Tableau 1 à la page 6). La part de cette écozone+ à la superficie totale brûlée au Canada a changé au fil du temps (voir la Figure 3 à la page 9 ) et était plus élevée dans les années 1960, c'est-à-dire à 4,7 %. Cette part élevée est due à une année de feux exceptionnelle, en 1961, au cours de laquelle 3 962 km2 ont brûlé. À part cette exception, la superficie brûlée annuellement de cette écozone+ est peu variable. En effet, le plus souvent, pour de nombreuses années tout au long de la période d'étude, aucun grand feu n'a été répertorié dans l'écozone+ boréale de Terre-Neuve (Figure 8).

Figure 8. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ boréale de Terre-Neuve, de 1959 à 2007.

Source : Pour la période de 1959 à 1994, les données proviennent de la base de données sur les grands incendies; pour la période de 1995 à 2007, les données sont issues de la télédétection.

Description longue pour la figure 8

Ce graphique à barres montre la superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ boréale de Terre-Neuve, de 1959 à 2007. La superficie brûlée annuellement varie peu, à l'exception d'une année d'incendies extrêmes, en 1961, où près de 4 000 km2 ont brûlé. On observe plus couramment de nombreuses années tout au long de la période sans grands incendies.

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La durée moyenne de la saison des feux, dans l'écozone+ boréale de Terre-Neuve, est de 35 jours, ce qui est semblable à celle de l'écozone+ maritime de l'Atlantique (voir le Tableau 2 à la page 12). La plus forte activité de feu survient en mai, mais les incendies se produisent le plus couramment entre mai et juillet. De plus, comme dans les écozones+ maritime de l'Atlantique et maritime du Pacifique, la principale cause d'incendies est l'humain, estimée à 96 %. Les feux causés par la foudre sont des événements rares qui n'ont été documentés que quatre fois dans la base de données sur les grands incendies pour l'écozone+ boréale de Terre-Neuve.

Depuis les années 1960, la superficie brûlée a diminué de façon spectaculaire dans cette écozone+ (Figure 9). Cette baisse est probablement due à des politiques gouvernementales efficaces visant à prévenir et à combattre les incendies (Stocks et al., 2003) ainsi qu'à l'année de feux exceptionnelle survenue en 1961. Le doublement de la superficie brûlée entre les années 1970 et les années 1980 pourrait être lié à des températures plus élevées (Podur et al., 2002; Gillett et al., 2004), qui ont provoqué un plus grand nombre d'incendies qui se sont propagés malgré les efforts de suppression. La superficie brûlée a diminué de nouveau dans les années 1990 et est restée faible dans les années 2000 : seuls 12 grands incendies se sont produits entre 2000 et 2007. Ces tendances, semblables à celles des écozones+ maritime de l'Atlantique et maritime du Pacifique, devraient toutefois être évaluées avec prudence, puisqu'elles sont fondées sur un faible nombre de feux, particulièrement dans les dernières décennies.

Figure 9. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ boréale de Terre-Neuve, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

La valeur indiquée pour les années 2000 a été établie pour dix ans au prorata de la moyenne des années 2000 à 2007.

Description longue pour la figure 9

Ce graphique à barres montre le total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ boréale de Terre-Neuve, par décennie, des années 1960 aux années 2000. Cette superficie représente environ 4 100 km2 dans les années 1960, 550 km2 dans les années 1970, 1 200 km2 dans les années 1980, et moins de 50 km2 dans les années 1990 et les années 2000.

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Écozone+ des plaines boréales

Comme pour d'autres zones de la forêt boréale au Canada, le feu constitue une perturbation naturelle importante dans l'écozone+ des plaines boréales. En moyenne, 2 213 km2 brûlent chaque année dans cette écozone+, mais cette superficie varie, selon l'année, entre moins de 200 km2 et plus de 6 000 km2 (Figure 10). L'année de feux la plus exceptionnelle eu lieu en 1981, lorsque 18 760 km2 ont brûlé. À l'échelle nationale, la superficie brûlée dans les plaines boréales constitue une part importante de la superficie totale brûlée au Canada. En effet, avec une superficie brûlée de 11 %, cette écozone+ est la quatrième en importance quant aux superficies brûlées au pays (voir le Tableau 1 à la page 6). Au fil du temps, cette proportion a fluctué. Elle a atteint un sommet dans les années 1960, avec 19 %, et elle a été à son plus bas dans les années 1970, avec 5 % (voir la Figure 3 à la page 9 ). La proportion des combustibles forestiers qui brûlent chaque année dans cette écozone+ (0,47 %) est semblable à celle observée dans deux des écozones+ avoisinantes, celles du Bouclier boréal (0,49 %) et de la taïga de la Cordillère (0,47 %)(voir le Tableau 1 à la page 6). Une proportion d'environ 90 % des plaines boréales est protégée par des efforts de suppression des incendies, comparativement à 0 % dans la taïga de la Cordillère et 62 % dans le Bouclier boréal (Parisien et al., 2006). Bien que la proportion des forêts qui brûle chaque année soit similaire pour ces trois écozones+, la superficie totale brûlée chaque année dans les plaines boréales est beaucoup plus élevée que dans la taïga de la Cordillère et beaucoup plus faible que dans le Bouclier boréal (voir le Tableau 1 à la page 6).

Figure 10. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ des plaines boréales, de 1959 à 2007.

Source : Pour la période de 1959 à 1994, les données proviennent de la base de données sur les grands incendies; pour la période de 1995 à 2007, les données sont issues de la télédétection.

Description longue pour la figure 10

Ce graphique à barres indique la superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ des plaines boréales, de 1959 à 2007. La superficie brûlée varie chaque année de moins de 200  km2 certaines années à plus de 6 000 km2 d'autres années. Les incendies les plus extrêmes ont eu lieu en 1981, lorsque plus de 18 000 km2 ont brûlé.

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De toutes les écozones+ de la forêt boréale, celle des plaines boréales est assujettie au niveau le plus élevé de protection contre les incendies (Parisien et al., 2006), et ce, afin de compenser la forte interaction humaine dans la forêt et les valeurs à risque élevé des zones avoisinantes (Stocks et al., 2003). Par conséquent, le régime des feux dans les plaines boréales est fortement influencé par les humains. En plus des efforts de suppression des incendies, les humains ont également une incidence significative sur le régime des feux en raison des incendies qu'ils allument. Entre les années 1960 et les années 1990, les feux allumés par les humains comptaient pour 57 % du nombre total des grands incendies qui sont survenus dans cette écozone+ (Tableau 4). Au cours de cette période, la proportion d'incendies causés par les humains a diminué de façon importante (R2 = 0,98, p = 0,004), de telle sorte que, dans les années 1990, la foudre était devenue la principale cause d'incendies. Dans l'ensemble, les feux allumés par la foudre ont été responsables d'une plus grande superficie brûlée; 42 % des incendies ont été causés par la foudre, mais ces incendies ont été responsables de 69 % de la superficie brûlée (Tableau 4). Cet écart s'explique par le fait que la plupart des incendies causés par les humains surviennent souvent non loin d'établissements humains, ce qui permet de les détecter et d'intervenir rapidement. Ainsi, le taux de réussite des méthodes d'extinction est souvent plus élevé pour ces incendies, ce qui empêche leur propagation sur une plus grande superficie par rapport aux feux allumés par la foudre, qui peuvent, eux, survenir dans des endroits éloignés (Stocks et al., 2003).

Tableau 4. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés par l'humain, et total de la superficie brûlée par chaque source d'inflammation dans l'écozone+ des plaines boréales, par décennie, des années 1960 aux années 1990.
DécennieNombre d'incendiesProportion des feux allumés par la foudre (%)Proportion des feux allumés par les humains (%)Superficie totale brûlée à la suite d'allumages par la foudre (km2)Superficie totale brûlée à la suite d'allumages par les humains (km2)
196044426744 334,312 560,9
197032140603 846,53 310,7
1980468475335 177,311 773,4
1990380584226 375,23 214,4
Total1 61343Tableau 4, Note de bas de page *57Tableau 4, Note de bas de page *69 733,330 859,5

Tableau 4, Note de bas de page

Footnote *

désigne la moyenne et non le total
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Tableau 4, note de bas de page * referrer

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La saison des feux dans l'écozone+ des plaines boréales dure plus longtemps que dans toutes les autres écozones+ (voir le Tableau 2 à la page 12). Entre 1959 et 1999, la durée moyenne de la saison des feux était de 158 jours (environ 5 mois). La plupart des incendies se produisent d'avril à août, mais ils peuvent survenir jusque dans le mois de décembre (Figure 11). Mai est le mois de la plus grande fréquence des feux (Figure 11). La prédominance des feux de printemps fait en sorte que les incendies sont moins sévères dans cette écozone+ que dans les autres (Burton et al., 2008). D'après les indicateurs portant sur les conditions météorologiques propices au feu, les plaines boréales présentent en fait des conditions météorologiques qui sont très propices au feu. Cette situation n'entraîne cependant pas d'incendies sévères (Amiro et al., 2004; Parisien et al., 2006; Burton et al., 2008). La longue saison des feux est attribuable au fait que des incendies sont allumés par la foudre et par les humains. Les incendies causés par les humains sont plus fréquents en début de saison, tandis que ceux causés par la foudre se produisent le plus souvent tard dans la saison. D'après les 40 années pendant lesquelles les données sont disponibles, seuls des changements mineurs se sont produits quant à la durée de la saison des feux ou à la saisonnalité de la fréquence des incendies.

Figure 11. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ des plaines boréales et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Le pourcentage par mois correspond au pourcentage du nombre total de feux survenus durant le mois.
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Description longue pour la figure 11

Ce graphique à barres indique la proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ des plaines boréales et la durée moyenne de la saison active des feux, des années 1960 aux années 1990. Entre 1959 et 1999, la durée moyenne de la saison des feux était de 158 jours (environ 5 mois). La plupart des incendies se produisent d'avril à août, mais ils peuvent survenir jusque dans le mois de décembre. Mai est le mois de la plus grande fréquence des feux.

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Des tendances peuvent être observées en ce qui concerne la superficie brûlée au cours des 50 dernières années, et bon nombre de ces tendances sont liées aux interactions humaines au sein de l'écozone+. La superficie brûlée dans l'écozone+ des plaines boréales a atteint un sommet dans les années 1980 (Figure 12), après avoir connu une baisse dans les années 1970 par rapport aux années 1960. Une baisse semblable a également eu lieu dans les écozones+ de la Cordillère boréale, de la Cordillère montagnarde, boréale de Terre-Neuve et maritime de l'Atlantique (voir les sections sur ces écozones+), où les effets de l'activité humaine sur les feux de forêts sont importants en raison des efforts de suppression ou des allumages. Ainsi, cette baisse pourrait être attribuable à un changement dans le comportement humain; soit dans les méthodes avancées de lutte contre le feu, soit dans les efforts de prévention accrus. Elle pourrait aussi être attribuable aux méthodes de surveillance et de détection, qui présentaient des lacunes pendant les premières années de la période d'étude (Podur et al., 2002; Stocks et al., 2003). Pour le reste de la période d'étude, la tendance observée dans cette écozone+ est similaire à celle du Bouclier boréal, située à proximité. Le sommet atteint dans les années 1980 a été attribué à une combinaison de facteurs, notamment le réchauffement du climat (Podur et al., 2002; Gillett et al., 2004), l'utilisation accrue de la forêt par les humains et l'amélioration des méthodes de détection (Stocks et al., 2003). Depuis les années 1980, la superficie brûlée a diminué dans les plaines boréales, ce qui est semblable à ce qui a été observé dans le Bouclier boréal. Comme l'indique la section « Écozone+ du Bouclier boréal », cette baisse pourrait être attribuable, en partie, à une meilleure gestion des effets de l'activité humaine et aux changements dans les conditions météorologiques propices au feu (Flannigan et Wotton, 2001; Skinner et al., 2002; Cumming, 2005; Girardin et al., 2006b).

Figure 12. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ des plaines boréales, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

La valeur indiquée pour les années 2000 a été établie pour dix ans au prorata de la moyenne des années 2000 à 2007.

Description longue pour la figure 12

Ce graphique à barres montre le total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ des plaines boréales, par décennie, des années 1960 aux années 2000. Cette superficie représente environ 17 000 km2 dans les années 1960, 7 000 km2 dans les années 1970, 47 000 km2 dans les années 1980, 24 000 km2 dans les années 1990, et 16 000 km2 dans les années 2000.

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Écozone+ de la taïga des plaines

Certains des plus grands incendies du pays se produisent dans l'écozone+ de la taïga des plaines (Parisien et al., 2006; Burton et al., 2008), et ce, en raison d'une accumulation de facteurs, dont les suivants : un climat continental sec (Stocks et al., 2003); la situation géographique éloignée, où peu d'efforts de suppression sont déployés (environ 20 % de la superficie est protégée par de tels efforts) (Parisien et al., 2006) et les types de combustibles qui s'y trouvent, soit principalement des combustibles présents dans la forêt boréale à des charges moyennes relativement élevées qui entraînent des taux de combustion supérieurs (Amiro et al., 2001; Amiro et al., 2009). Ainsi, ces facteurs se traduisent par des incendies relativement sévères qui brûlent sur de grandes superficies. Burton et al. (2008) ont observé que certains des incendies les plus sévères du pays se produisaient dans la taïga des plaines.

En moyenne, 2 858 km2 brûlent chaque année dans cette écozone+, mais cette superficie peut varier grandement d'une année à l'autre (Figure 13). En effet, il y a de nombreuses années où la superficie brûlée a été inférieure à 100 km2, tandis que pour d'autres années, elle a été beaucoup plus élevée, notamment en 1995 où elle a atteint 17 354 km2. Certaines années présentant une faible fréquence des feux, au début de la période d'étude, pourraient s'expliquer par le fait que la surveillance était limitée dans cette écozone+ nordique. Toutefois, cette tendance s'est poursuivie au cours des dernières décennies, ce qui indique qu'il est effectivement possible que seule une très petite superficie ait été brûlée au cours de certaines années (par exemple en 1991, en 1997 et en 2002). Malgré ces années présentant une faible fréquence des feux, la proportion de la superficie boisée brûlée annuellement pour cette écozone+ est de 0,71 %, ce qui est élevé par rapport à d'autres écozones+ (voir le Tableau 1 à la page 6). Il s'agit en fait de la deuxième proportion la plus élevée – seule l'écozone+ de la taïga du Bouclier compte une proportion de superficie boisée brûlée supérieure, avec 0,77 %. À l'échelle nationale, l'écozone+ de la taïga des plaines compte pour 14 % de la superficie brûlée au Canada, ce qui en fait la troisième en importance après les écozones+ du Bouclier boréal et de la taïga du Bouclier. Au fil du temps, la part de la taïga des plaines concernant la superficie totale brûlée au Canada a varié. En effet, à son plus faible, dans les années 2000, elle était de 7,5 % et à son sommet, dans les années 1970, elle était de 21,5 % (voir la Figure 3 à la page 9 ). Aucune tendance n'a été observée pour cette variation. La faible valeur indiquée pour les années 2000 devrait être considérée avec prudence, car elle ne comprend pas les données pour toute la décennie.

Figure 13. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ de la taïga des plaines, de 1959 à 2007.

Source : Pour la période de 1959 à 1994, les données proviennent de la base de données sur les grands incendies; pour la période de 1995 à 2007, les données sont issues de la télédétection.

Description longue pour la figure 13

Ce diagramme à barres montre la superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ de la taïga des plaines, de 1959 à 2007. Il y a une grande variabilité d'une année à l'autre, avec de nombreuses années où la superficie brûlée annuellement est inférieure à 100 km2, tandis que d'autres années, plus de 17 000 km2 ont brûlé.

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La tendance à long terme de la superficie brûlée pour cette écozone+ est semblable aux tendances observées à l'échelle nationale (Figure 14). La superficie brûlée a augmenté à partir des années 1960 et jusque dans les années 1990, puis elle a brutalement chuté dans les années 2000. Puisque l'écozone+ de la taïga des plaines est située dans le nord du Canada, les faibles valeurs obtenues au début de la période d'étude pourraient être attribuables aux techniques de collecte des données, qui se sont améliorées à compter des années 1970 (Stocks et al., 2003). Même si les valeurs indiquées pour les années 2000 devraient être considérées avec prudence, puisqu'elles ne comprennent pas les données pour toute la décennie, davantage de recherche est nécessaire pour faire toute la lumière sur la raison expliquant la récente baisse, qui pourrait, cependant, être liée à des changements concernant les oscillations atmosphériques à grande échelle, comme l'indique la section sur les tendances à l'échelle du pays, à la page 6.

Figure 14. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ de la taïga des plaines, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

La valeur indiquée pour les années 2000 a été établie pour dix ans au prorata de la moyenne des années 2000 à 2007.

Description longue pour la figure 14

Ce graphique à barres montre le total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ de la taïga des plaines, par décennie, des années 1960 aux années 2000. La superficie brûlée représente environ 10 000 km2 dans les années 1960, 30 000 km2 dans les années 1970, 40 000 km2 dans les années 1980, 48 000 km2 dans les années 1990, et 13 000 km2 dans les années 2000.

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Des années 1960 aux années 1990, la durée moyenne de la saison des feux était de 81 jours (environ 4 mois) et elle n'a pas vraiment varié au cours de cette période. La plupart des incendies se produisent de juin à août, mais ils peuvent se produire dès avril et jusqu'en septembre (Figure 15). Bien que la durée moyenne de la fréquence des feux n'ait pas varié, la répartition des incendies pendant la saison des feux a, pour sa part, connu de faibles changements au cours de la période d'étude de 40 ans. La proportion des incendies qui ont eu lieu en avril est passée de 0 % dans les années 1960 à 1,2 % dans les années 1990. La proportion des incendies qui ont eu lieu en mai a, quant à elle, augmenté de façon constante (R2 = 0,93, p = 0,035) (Figure 15). Tous les incendies qui ont eu lieu en avril ont été causés par les humains tandis que les incendies survenus en mai ont été causés par les humains et par la foudre, à parts égales. Davantage de données sont nécessaires pour déterminer si ces petits changements constituent le début d'un phénomène réel, tel que l'allongement de la saison des feux, ou s'ils traduisaient en fait les limites de la base de données sur les grands incendies.

Figure 15. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ de la taïga des plaines et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Le pourcentage par mois correspond au pourcentage du nombre total de feux survenus durant le mois.
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Description longue pour la figure 15

Ce graphique à barres indique la proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ de la taïga des plaines et la durée moyenne de la saison active des feux, des années 1960 aux années 1990. La durée moyenne de la saison des feux était de 81 jours (environ 4 mois) et elle n'a pas vraiment varié au cours de cette période. La plupart des incendies se produisent de juin à août, mais ils peuvent se produire dès avril et jusqu'en septembre.

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La répartition des incendies qui se produisent plus tard dans la saison ne semble pas avoir changé (Figure 15). Ces incendies sont principalement causés par la foudre – en moyenne, 83 % du nombre total des incendies survenus dans la taïga des plaines, des années 1960 aux années 1990, ont été allumés par la foudre (Tableau 5). Le Tableau 5 montre que la proportion d'incendies causés par la foudre a augmenté par rapport au nombre d'incendies causés par les humains. Le nombre d'allumages d'incendies par la foudre ne montre aucune tendance claire qui diffère des augmentations constatées par Kasischke et Turetsky (2006) sur les forêts en Amérique du Nord, et par Stocks et al. (2003) sur les forêts au Canada ces dernières années. La superficie totale brûlée à la suite d'allumages par la foudre a augmenté au cours de la période de 40 ans (Tableau 5). Cette augmentation de la superficie brûlée par des incendies causés par la foudre est tout probablement due à des températures plus élevées au cours de la saison des incendies dans les années 1990 (Podur et al., 2002; Gillett et al., 2004).

Tableau 5. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés par l'humain, et total de la superficie brûlée par chaque source d'inflammation dans l'écozone+ de la taïga des plaines, par décennie, des années 1960 aux années 1990.
DécennieNombre d'incendiesProportion des feux allumés par la foudre (%)Proportion des feux allumés par les humains (%)Superficie totale brûlée à la suite d'allumages par la foudre (km2)Superficie totale brûlée à la suite d'allumages par les humains (km2)
196014958423 455,66 987,9
1970262873527 463,52 199,3
1980326961339 920,4217,8
1990254912254 691,91 282,6
Total 99183Tableau 5, Note de bas de page *17Tableau 5, Note de bas de page *125 531,410 687,6

Tableau 5, Note de bas de page

Footnote *

désigne la moyenne et non le total
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Tableau 5, note de bas de page * referrer

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Écozone+ de la taïga du Bouclier

Le régime des feux dans l'écozone+ de la taïga du Bouclier, similaire à celui de la taïga des plaines, se caractérise par de grands incendies sévères (Stocks et al., 2003; Parisien et al., 2006; Burton et al., 2008). La superficie brûlée annuellement dans la taïga du Bouclier, qui s'établit à 3 789 km2, est supérieure à la superficie brûlée dans la taïga des plaines avoisinante (2 858 km2), mais arrive derrière la superficie brûlée dans le Bouclier boréal, qui est de 6 467 km2. Une telle superficie correspond à une part de 18 % de la superficie totale brûlée au Canada (voir le Tableau 1 à la page 6). La faible part de la taïga du Bouclier dans la superficie brûlée annuellement dans les années 1960 est probablement attribuable aux méthodes de détection limitées de l'époque. En moyenne, à l'échelle de l'écozone+, 0,77 % de la superficie boisée brûle annuellement, ce qui correspond à la plus grande proportion de la superficie boisée brûlée annuellement au Canada (voir le Tableau 1 à la page 6).

Tout comme pour le Bouclier boréal, l'écozone+ de la taïga du Bouclier est généralement divisée en deux parties distinctes pour l'analyse de la documentation sur les incendies (Amiro et al., 2001; Stocks et al., 2003; Parisien et al., 2006; Burton et al., 2008; Amiro et al., 2009). Les deux parties, l'est et l'ouest, correspondent à un régime des feux différent et sont séparées par l'écozone+ des plaines hudsoniennes. La différence entre les régimes s'explique par des climats substantiellement différents. Cette différence existe en dépit d'autres similitudes entre les deux parties, notamment : les types de combustibles comportent principalement des combustibles provenant de conifères (Parisien et al., 2006; Amiro et al., 2009); les causes d'allumage sont surtout causés par la foudre et l'influence de l'activité humaine, et l'extinction des incendies est inexistante ou presque (Parisien et al., 2006). L'ouest de la taïga du Bouclier est caractérisé par des conditions météorologiques plus propices au feu en raison de sa situation continentale, par rapport à la partie est, où le climat est plus frais et plus humide en raison de sa situation côtière (Parisien et al., 2006; Burton et al., 2008). Par conséquent, le régime des feux de l'ouest de la taïga du Bouclier est caractérisé par des incendies plus étendus, plus sévères et plus fréquents que celui de la partie est (Stocks et al., 2003; Amiro et al., 2004; Parisien et al., 2006; Burton et al., 2008). Burton et al., (2008) ont calculé que la proportion de la superficie brûlée annuellement était de 0,83 % dans l'ouest de la taïga du Bouclier et de 0,25 % dans l'est (d'après les données de 1959 à 1999), en utilisant une superficie moyenne brûlée annuellement de 2 632 et de 1 126 km2 respectivement.

Dans l'écozone+ de la taïga du Bouclier, la superficie brûlée varie considérablement d'année en année. Certaines années, au début de la période d'étude, n'indiquent aucun incendie de plus de 2 km2, comparativement aux années exceptionnelles de la fréquence des feux de 1989 et de 1994, au cours desquelles 28 120 km2 et 31 279 km2 ont brûlé respectivement (Figure 16). Les valeurs extrêmement faibles observées dans les années 1960 ne se sont pas reproduites dans le reste de la période d'étude; on peut donc supposer qu'elles sont dues à des problèmes de détection (Podur et al., 2002; Stocks et al., 2003). À long terme, la superficie brûlée a augmenté des années 1960 aux années 1990 (Figure 17). La même tendance a été révélée dans la taïga des plaines. L'augmentation a été attribuée à une combinaison de facteurs, notamment les changements apportés aux méthodes de détection et les températures élevées pendant cette période (Podur et al., 2002; Gillett et al., 2004). La baisse observée depuis les années 1990 est également semblable à celle observée dans la taïga des plaines. L'ampleur de la baisse correspond à l'ampleur des changements observés entre les décennies précédentes; par conséquent, il est possible qu'il s'agisse bel et bien d'une réponse réelle, même si elle n'est fondée que sur sept années de données pour la décennie. La baisse pourrait être liée à des changements concernant les oscillations atmosphériques à grande échelle, comme l'indique la section sur les tendances à l'échelle du pays, à la page 6.

Figure 16. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ de la taïga du Bouclier, de 1959 à 2007.

Source : Pour la période de 1959 à 1994, les données proviennent de la base de données sur les grands incendies; pour la période de 1995 à 2007, les données sont issues de la télédétection.

Description longue pour la figure 16

Ce graphique à barres montre la superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ de la taïga du Bouclier, de 1959 à 2007. La superficie brûlée varie considérablement d'année en année. Certaines années, au début de la période d'étude, n'indiquent aucun incendie de plus de 2 km2, comparativement aux années exceptionnelles de la fréquence des feux de 1989 et de 1994, au cours desquelles 28 120 km2 et 31 279 km2 ont brûlé respectivement.

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Figure 17. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ de la taïga du Bouclier, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

La valeur indiquée pour les années 2000 a été établie pour dix ans au prorata de la moyenne des années 2000 à 2007.

Description longue pour la figure 17

Ce graphique à barres montre le total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ de la taïga du Bouclier, par décennie, des années 1960 aux années 2000. La superficie brûlée représente environ 1 300 km2 dans les années 1960, 1 700  km2 dans les années 1970, 6 500 km2 dans les années 1980, 10 500 km2 dans les années 1990, et 8 400 km2 dans les années 2000.

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La durée moyenne de la saison des feux dans la taïga du Bouclier est relativement courte par rapport à la durée moyenne dans les autres écozones+ boréales (voir le Tableau 2 à la page 12). À long terme, entre 1959 et 1999, la moyenne était de 75 jours, ce qui n'a pas beaucoup changé depuis les années 1970. La plupart des incendies se produisent entre juin et août, et juillet est le mois de la plus forte fréquence des feux (Figure 18). On a observé une augmentation importante de la fréquence des incendies au mois de mai (R2 = 0,99, p = 0,002). En effet, dans les années 1960, aucun feu ne se produisait en mai, tandis que dans les années 1990, 2,4 % des feux survenaient pendant ce mois (Figure 18). Les incendies dans l'est de la taïga du Bouclier se produisent généralement plus tôt que les incendies dans l'ouest de la taïga du Bouclier (Kasischke et Turetsky, 2006); c'est pourquoi la partie est de l'écozone+ pourrait être responsable de cette augmentation du nombre de feux en mai. Il y a également eu une augmentation des incendies à la fin de la saison des feux (août).

Figure 18. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ de la taïga du Bouclier et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Le pourcentage par mois correspond au pourcentage du nombre total de feux survenus durant le mois.
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Description longue pour la figure 18

Ce graphique à barres indique la proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ de la taïga du Bouclier et la durée moyenne de la saison active des feux, des années 1960 aux années 1990. À long terme, entre 1959 et 1999, la moyenne était de 75 jours, ce qui n'a pas beaucoup changé depuis les années 1970. La plupart des incendies se produisent entre juin et août, et juillet est le mois de la plus forte fréquence des feux. On a observé une augmentation importante de la fréquence des incendies au mois de mai.

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Comme dans les autres écozones+ boréales, les feux dans la taïga du Bouclier sont principalement causés par la foudre. En effet, en moyenne, 92 % des grands incendies qui s'y produisent sont causés par la foudre (Tableau 6). Le ratio des incendies causés par les humains par rapport à ceux qui sont causés par la foudre est semblable dans les deux parties de l'écozone+ (Parisien et al., 2006). La proportion d'incendies causés par la foudre (en raison d'une baisse des incendies causés par les humains) et le nombre d'incendies causés par la foudre ont augmenté à partir des années 1960 jusqu'aux années 1990, mais cette augmentation n'est pas significative du point de vue stratégique. Kasischke et Turetsky (2006) ont également constaté une augmentation des allumages par la foudre au fil du temps. La superficie moyenne brûlée par des incendies causés par la foudre a augmenté entre les années 1960 et les années 1990, mais, encore une fois, l'augmentation n'était pas significative.

Tableau 6. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés par l'humain, et total de la superficie brûlée par chaque source d'inflammation dans l'écozone+ de la taïga du Bouclier, par décennie, des années 1960 aux années 1990.
DécennieNombre d'incendiesProportion des feux allumés par la foudre (%)Proportion des feux allumés par les humains (%)Superficie totale brûlée à la suite d'allumages par la foudre (km2)Superficie totale brûlée à la suite d'allumages par les humains (km2)
Total1 71192Tableau 6, Note de bas de page *8Tableau 6, Note de bas de page *150 553,66 842,7
196015188124 739,21 263,6
1970468871332 711,13 627,2
198050995544 744,61 830,1
199058397368 358,6121,8

Tableau 6, Note de bas de page

Footnote *

désigne la moyenne et non le total
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Tableau 6, note de bas de page * referrer

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Écozone+ des plaines hudsoniennes

L'écozone+ des plaines hudsoniennes renferme l'un des plus grands réseaux de milieux humides au monde, qui traversent un paysage plat (Amiro et al., 2001; Parisien et al., 2006). En raison de ce vaste réseau de milieux humides, la distribution des combustibles est discontinue, ce qui fait en sorte que les feux dans les plaines hudsoniennes sont plus petits que ceux qui surviennent dans les écozones+ avoisinantes du Bouclier boréal et de la taïga du Bouclier. La superficie moyenne brûlée annuellement de 547 km2 dans les plaines hudsoniennes ne représente que 3 % de la superficie totale brûlée au Canada, comparativement à 18 % dans la taïga du Bouclier et à 37 % dans le Bouclier boréal (voir le Tableau 1 à la page 6). Au fil du temps, la part des plaines hudsoniennes pour ce qui est de la superficie totale brûlée au Canada s'est accrue, passant de 1,5 % dans les années 1960 à 4,8 % dans les années 1990 (voir la Figure 3 à la page 9 ). En comparaison, à l'échelle de l'écozone+, la proportion de la superficie brûlée est plus grande. En effet, la proportion de la superficie brûlée annuellement dans les plaines hudsoniennes est de 0,17 %, ce qui est beaucoup moins que dans les plaines boréales, où cette proportion est de 0,47 %. La différence pourrait être due au vaste réseau de milieux humides qui, comme il a été montré, résistent mieux aux incendies (Burton et al., 2008). Burton et al. (2008) ont également montré que la sévérité des incendies dans les plaines hudsoniennes était modérée par rapport aux incendies qui se produisent dans les autres écozones+, et que les feux individuels étaient plus homogènes quant à leur sévérité, ce qui est probablement dû à la grande étendue des milieux humides relativement homogènes qui s'y trouvent.

D'une année à l'autre, la superficie brûlée dans les plaines hudsoniennes varie beaucoup (Figure 19). Par exemple, certaines années, particulièrement au début de la période d'étude, aucun feu de plus de 2 km2 n'a été relevé. Des années de faible activité de feu ont également eu lieu plus récemment, notamment en 1993 et en 2004, ce qui indique qu'une faible activité de feu est un phénomène courant dans cette écozone+, et non pas un simple problème lié au fait que la surveillance était limitée au début de la période d'étude. Les années 1989 et 2003 constituent pour leur part des années de feux exceptionnelles au cours desquelles 4 572 km2 et 3 455 km2 ont brûlé respectivement. Les tendances dans les données décennales indiquent une augmentation importante de la superficie brûlée après les années 1970 (Figure 20). En tenant compte de la faible superficie brûlée dans les années 1960 et 1970 ainsi que de la situation géographique éloignée et nordique de cette écozone+, on peut présumer que la fréquence de faibles valeurs de superficie brûlée est due aux méthodes de détection limitées. En grande partie, les incendies qui surviennent dans les plaines hudsoniennes ne sont pas combattus (Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, 2004; Parisien et al., 2006; Burton et al., 2008), et d'autres auteurs ont documenté que, au début des enregistrements dans la base de données sur les grands incendies, la détection était inexistante ou limitée dans les zones où les incendies n'étaient pas combattus, notamment au Québec et en Ontario (Stocks et al., 2003). L'augmentation de la superficie brûlée, entre les années 1980 et les années 1990, pourrait être liée au climat (Podur et al., 2002; Gillett et al., 2004; Girardin, 2007), ce qui correspond aux tendances observées à l'échelle nationale. Enfin, les données montrent une légère baisse au cours de la dernière décennie, même si cette baisse n'est pas aussi marquée que les changements observés entre les autres décennies. Par conséquent, il est difficile de déterminer s'il s'agit d'une tendance réelle ou du résultat du calcul au prorata des données pour les années de la décennie 2000 en fonction des sept premières années seulement.

Figure 19. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ des plaines hudsoniennes, de 1959 à 2007.

Source : Pour la période de 1959 à 1994, les données proviennent de la base de données sur les grands incendies; pour la période de 1995 à 2007, les données sont issues de la télédétection.

Description longue pour la figure 19

Ce graphique à barres montre la superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ des plaines hudsoniennes, de 1959 à 2007. D'une année à l'autre, la superficie brûlée dans les plaines hudsoniennes varie beaucoup. Par exemple, certaines années, particulièrement au début de la période d'étude, aucun feu de plus de 2000 km2 n'a été relevé. Des années de faible activité de feu ont également eu lieu plus récemment, notamment en 1993 et en 2004, ce qui indique qu'une faible activité de feu est un phénomène courant dans cette écozone+, et non pas un simple problème lié au fait que la surveillance était limitée au début de la période d'étude. Les années 1989 et 2003 constituent pour leur part des années de feux exceptionnelles au cours desquelles 4 572 km2 et 3 455 km2 ont brûlé respectivement.

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Figure 20. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ des plaines hudsoniennes, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

La valeur indiquée pour les années 2000 a été établie pour dix ans au prorata de la moyenne des années 2000 à 2007.

Description longue pour la figure 20

Ce graphique à barres montre le total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ des plaines hudsoniennes, par décennie, des années 1960 aux années 2000. La superficie brûlée représente environ 1 300 km2 dans les années 1960, 1 700 km2 dans les années 1970, 6 500 km2 dans les années 1980, 10 500 km2 dans les années 1990, et 8 400 km2 dans les années 2000.

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Comme pour les autres écozones+ nordiques et éloignées, les feux dans les plaines hudsoniennes sont principalement causés par la foudre. Les allumages par la foudre sont responsables, en moyenne, de 89 % des grands incendies qui se produisent (Tableau 7). Cette proportion varie légèrement d'une décennie à l'autre, mais la foudre demeure la principale cause des incendies. La proportion d'incendies causés par la foudre ne semble pas avoir changé, mais le nombre de grands incendies causés par la foudre a quant à lui augmenté. Dans les années 1980, seuls 80 incendies ont été causés par la foudre. Ce chiffre est passé à 143 dans les années 1990, soit presque le double. Davantage de données sont nécessaires pour déterminer s'il s'agit d'une tendance à la hausse significative de la fréquence des feux causés par la foudre.

Tableau 7. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés par l'humain dans l'écozone+ des plaines hudsoniennes, par décennie, des années 1960 aux années 1990.
DécennieNombre d'incendiesProportion des feux allumés par la foudre
(%)
Proportion des feux allumés par les humains
(%)
Total29889Tableau 7, Note de bas de page *11Tableau 7, Note de bas de page *
196012928
1970468020
1980908911
1990150955

Tableau 7, Note de bas de page

Footnote *

désigne la moyenne et non le total
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Tableau 7, note de bas de page * referrer

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Comme la foudre constitue la principale cause d'incendies dans cette écozone+, les incendies se produisent principalement plus tard dans la saison. La plupart des incendies dans les plaines hudsoniennes se produisent entre mai et août, atteignant un sommet en juillet (Figure 21). La durée de la saison des feux est en moyenne de 40 jours, ce qui est plus court que la saison des feux dans les écozones+ avoisinantes de la taïga du Bouclier et du Bouclier boréal (voir le Tableau 2 à la page 12). La durée de la saison des feux est passée de 9 jours dans les années 1960 à 59 jours dans les années 1990. Cette augmentation est significative (R2 = 0,97, p = 0,026), mais les résultats devraient être considérés avec prudence en raison de la forte probabilité d'un manque de données pour les années 1960 et 1970 (Stocks et al., 2003). Enfin, la saisonnalité des incendies semble subir des changements : les incendies se produisent plus tard dans la saison (Figure 21), avec un nombre accru survenant en août, mais cette tendance n'est pas significative sur le plan statistique. Ces changements concordent avec les changements constatés par Kasischke et Turetsky (2006) et avec les prévisions faites par Wotton et Flannigan (1993), selon lesquelles le réchauffement des températures, dû au changement climatique, se traduirait par une extension de la saison des feux plus tard dans l'année dans l'est du Canada.

Figure 21. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ des plaines hudsoniennes et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Le pourcentage par mois correspond au pourcentage du nombre total de feux survenus durant le mois.
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Description longue pour la figure 21

Ce graphique à barres indique la proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ des plaines hudsoniennes et la durée moyenne de la saison active des feux, des années 1960 aux années 1990. Les incendies se produisent principalement plus tard dans la saison; dans les plaines hudsoniennes, la plupart des incendies se produisent entre mai et août, avec un pic en juillet. La durée de la saison des feux est passée de 9 jours dans les années 1960 à 59 jours dans les années 1990.

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Écozone+ de la taïga de la Cordillère

L'écozone+ de la taïga de la Cordillère présente des similitudes avec les autres écozones+ de la taïga quant au type de combustible qui s'y trouve. Malgré ces similitudes, Parisien et al. (2006) ont montré que les incendies dans les régions montagneuses de la taïga de la Cordillère ressemblent davantage aux incendies qui surviennent dans la Cordillère montagnarde et dans la Cordillère boréale qu'à ceux qui surviennent dans les écozones+ de la forêt boréale ou de la taïga. En raison de leur situation continentale, les zones de la Cordillère présentent des conditions plus sèches qui sont propices au feu (Burton et al., 2008), et leur relief montagneux crée une discontinuité du combustible qui limite la propagation du feu (Parisien et al., 2006). Les incendies sont donc plus petits, mais plus sévères et se produisent moins souvent (Amiro et al., 2001; Stocks et al., 2003; Burton et al., 2008).

En moyenne, 857 km2 brûlent dans l'écozone+ de la taïga de la Cordillère chaque année, ce qui représente 4,5 % de la superficie totale brûlée au Canada (voir le Tableau 1 à la page 6). Au fil du temps, cette part de la superficie totale brûlée au Canada a changé. En effet, à son plus faible, elle était de 2,2 % dans les années 1980 et, à son sommet, elle était de 7,4 % dans les années 2000 (voir la Figure 3 à la page 9 ). Sur une base annuelle, la superficie brûlée d'année en année varie beaucoup, comme dans toutes les autres écozones+ (Figure 22). Notamment, au cours de l'année de feux exceptionnelle de 2004, 7 000 km2 ont brûlé, tandis qu'en 1970 et en 1997, aucun gros incendie n'est survenu. En ce qui concerne la proportion de la superficie brûlée par rapport à la superficie boisée totale de l'écozone+, la taïga de la Cordillère surpasse la moyenne nationale, avec 0,47 % de sa superficie boisée brûlée annuellement (voir le Tableau 1 à la page 6). Elle surpasse également de beaucoup la Cordillère montagnarde (0,10 %) et la Cordillère boréale (0,38 %). Cette proportion plus élevée pourrait être liée aux différences dans les efforts de suppression. Les incendies dans la taïga de la Cordillère reflètent un régime des feux naturel, puisque aucune zone n'est protégée par des activités intensives de suppression des incendies; comparativement à la Cordillère montagnarde et à la Cordillère boréale, qui sont protégées à 100 % et à 41 % respectivement (Parisien et al., 2006).

Figure 22. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ de la taïga de la Cordillère, de 1959 à 2007.

Source : Pour la période de 1959 à 1994, les données proviennent de la base de données sur les grands incendies; pour la période de 1995 à 2007, les données sont issues de la télédétection.

Description longue pour la figure 22

Ce diagramme à barres montre la superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ de la taïga de la Cordillère, de 1959 à 2007. La superficie brûlée annuellement varie grandement d'une année à l'autre. Il y a des années où aucun incendie important ne s'est produit (en 1970 et en 1997) et des années où des incendies extrêmes se sont produits, par exemple en 2004, 7 000 km2 ont brûlé.

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À l'échelle décennale, il n'existe pas de tendance constante de la superficie brûlée dans l'écozone+ de la taïga de la Cordillère (Figure 23). L'augmentation observée entre les années 1960 et 1970 est très probablement due à la surveillance limitée dans cette écozone+ nordique, ce qui constitue un problème partout au pays (Podur et al., 2002; Stocks et al., 2003). Le léger recul observé dans les années 1980 n'a pas eu lieu dans les autres écozones+ où les efforts de suppression sont limités ou inexistants (voir les sections sur les écozones+ des plaines hudsoniennes ou de la taïga du Bouclier) et qui montrent toutes des augmentations de leur superficie brûlée attribuables aux conditions climatiques plus chaudes (Podur et al., 2002; Gillett et al., 2004). La superficie brûlée a doublé entre les années 1980 et les années 1990 et est restée élevée, mais elle a diminué légèrement dans les années 2000. L'augmentation observée dans les années 1990 concorde avec ce qui s'est passé dans la Cordillère boréale et la Cordillère montagnarde, ce qui n'est pas le cas pour la baisse observée dans les années 2000. Toutefois, une diminution de la superficie brûlée a été observée dans les écozones+ de la forêt boréale et de la taïga. Ainsi, il est possible que l'écozone+ de la taïga de la Cordillère soit régie par les mêmes tendances climatiques que les autres régions boréales, ou que la baisse soit attribuable au fait que seulement huit années de données sont utilisées pour représenter les années 2000.

Figure 23. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ de la taïga de la Cordillère, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

La valeur indiquée pour les années 2000 a été établie pour dix ans au prorata de la moyenne des années 2000 à 2007.

Description longue pour la figure 23

Ce graphique à barres montre le total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ de la taïga de la Cordillère, par décennie, des années 1960 aux années 2000. La superficie brûlée représente environ 2 500 km2 dans les années 1960, 6 900 km2 dans les années 1970, 6 000 km2 dans les années 1980, 15 000 km2 dans les années 1990, et 13 000 km2 dans les années 2000.

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La durée moyenne de la saison des feux dans l'écozone+ de la taïga de la Cordillère est de 44 jours, ce qui est relativement court (voir le Tableau 2 à la page 12). Des années 1960 aux années 1980, la durée de la saison des feux est restée d'environ 41 jours. Puis, elle a augmenté de 14 jours dans les années 1990 (Figure 24). Davantage de données sont nécessaires pour déterminer si cette augmentation est significative. Dans cette écozone+, la plupart des incendies se produisent généralement en juin et juillet. Il y a eu une augmentation constante du nombre de feux survenant au mois d'août (R2 = 0,91, p = 0,04). En effet, le nombre d'incendies survenus au cours de ce mois a triplé entre les années 1960 et les années 1990 (Figure 24).

Figure 24. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ de la taïga de la Cordillère et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Le pourcentage par mois correspond au pourcentage du nombre total de feux survenus durant le mois.
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Description longue pour la figure 24

Ce graphique à barres indique la proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ de la taïga de la Cordillère et la durée moyenne de la saison active des feux, des années 1960 aux années 1990. Des années 1960 aux années 1980, la durée de la saison des feux est restée d'environ 41 jours. Puis, elle a augmenté de 14 jours dans les années 1990. Davantage de données sont nécessaires pour déterminer si cette augmentation est significative. Dans cette écozone+, la plupart des incendies se produisent généralement en juin et juillet.

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La courte durée pendant laquelle les incendies se produisent et le fait qu'ils surviennent vers la fin de la saison des feux sont dus à la prédominance des allumages par la foudre dans cette écozone+. En effet, dans la taïga de la Cordillère, 95 % des incendies sont causés par la foudre (Tableau 8). Les grands incendies causés par les humains sont rares et semblent diminuer encore plus avec le temps (Tableau 8), même si cette baisse n'a pas été démontrée comme étant significative. Le ratio d'incendies causés par les humains par rapport à ceux qui sont causés par la foudre, dans la taïga de la Cordillère, est le plus faible du pays, soit 0,05 (voir le Tableau 2 à la page 12).

Tableau 8. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés par l'humain dans l'écozone+ de la taïga de la Cordillère, par décennie, des années 1960 aux années 1990.
DécennieNombre d'incendiesProportion des feux allumés par la foudre (%)Proportion des feux allumés par les humains (%)Superficie totale brûlée à la suite d'allumages par la foudre (km2)Superficie totale brûlée à la suite d'allumages par les humains (km2)
Total42895Tableau 8, Note de bas de page *5Tableau 8, Note de bas de page *31 654,71 206,9
1960559372 480,870,4
1970969556 636,5286,1
19801579555 697,5311,3
199013999116 839,9539,0

Tableau 8, Note de bas de page

Footnote *

désigne la moyenne et non le total
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Tableau 8, note de bas de page * referrer

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Écozone+ de la Cordillère boréale

Les régimes de feux dans les écozones+ de la Cordillère se sont révélés être uniques par rapport à ceux que l'on observe dans la forêt boréale (Parisien et al., 2006). La situation continentale des zones de la Cordillère entraîne des conditions plus sèches qui sont propices au feu (Burton et al., 2008) et le relief montagneux crée une discontinuité du combustible qui limite la propagation du feu (Parisien et al., 2006). Parmi les trois écozones+ de la Cordillère, la Cordillère boréale est celle qui présente la plus grande superficie brûlée et les incendies les plus sévères (Stocks et al., 2003; Parisien et al., 2006; Burton et al., 2008). La superficie brûlée annuellement est de 1 206 km2 (voir le Tableau 1 à la page 6) et elle varie chaque année d'aussi peu que 10 km2 (par exemple en 1973 et en 1987) à autant que 11 014 km2 (en 2004), au cours d'années de feux exceptionnelles (Figure 25). La superficie brûlée de cette écozone+ représente, en moyenne, 8 % de la superficie totale brûlée au Canada, ce qui est essentiellement deux fois plus élevé que pour les deux autres écozones+ de la Cordillère (voir le Tableau 1 à la page 6). À l'échelle de l'écozone+, la proportion moyenne de la superficie boisée qui brûle chaque année est de 0,38 %, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne canadienne.

Figure 25. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ de la Cordillère boréale, de 1959 à 2007.

Source : Pour la période de 1959 à 1994, les données proviennent de la base de données sur les grands incendies; pour la période de 1995 à 2007, les données sont issues de la télédétection.

Description longue pour la figure 25

Ce graphique à barres indique la superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ de la Cordillère boréale, de 1959 à 2007. La superficie brûlée varie annuellement, passant de moins de 10 km2 (1973 et 1987) à plus de 11 000 km2 (2004).

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La superficie brûlée au cours des cinq dernières décennies a peu changé, sauf dans les années 1970 (Figure 26). La baisse de la superficie brûlée dans les années 1970 pourrait être attribuable à un changement du comportement humain, concernant les méthodes avancées de lutte contre le feu ou les efforts de prévention accrus. Cette tendance est également apparente dans d'autres écozones+ qui sont protégées par un certain niveau d'efforts de suppression des incendies (comme les écozones+ de la Cordillère montagnarde et des plaines boréales). Selon Parisien et al., (2006), 41 % de la Cordillère boréale est protégée par des activités intensives de suppression des incendies. L'augmentation du taux de réussite des efforts de suppression a été attribuée à l'arrivée des bombardiers à eau dans les années 1970 (Bergeron et al., 2001). Les mauvaises méthodes de détection qui ont mené à des valeurs douteuses pour les années 1960 et 1970, en particulier dans les régions nordiques, pourraient également expliquer la baisse de la superficie brûlée dans les années 1970 (Podur et al., 2002; Stocks et al., 2003). La superficie totale brûlée a augmenté d'environ 9 000 km2 entre les années 1970 et les années 1980, après quoi elle est restée stable dans les années 1990, et a légèrement augmenté à nouveau dans les années 2000 (Figure 26). La forte augmentation relevée entre les années 1970 et les années 1980 n'a toutefois pas été observée dans la taïga de la Cordillère ni dans la Cordillère montagnarde. Cette tendance a également été observée dans certaines écozones+ boréales et été attribuée à une combinaison de facteurs, notamment un climat plus chaud (Podur et al., 2002; Gillett et al., 2004), l'utilisation accrue de la forêt par les humains et l'amélioration des méthodes de détection (Stocks et al., 2003). L'augmentation de la superficie brûlée dans les années 2000 est, quant à elle, évidente dans toutes les écozones+ de l'ouest. Un certain nombre de facteurs pourraient être à l'origine de ces augmentations (voir la section sur l'écozone+ de la Cordillère montagnarde, à la page 41). Les changements dans les oscillations climatiques sont la cause la plus probable de cette augmentation dans la Cordillère boréale (Volney et Hirsch, 2005).

Figure 26. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ de la Cordillère boréale, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

La valeur indiquée pour les années 2000 a été établie pour dix ans au prorata de la moyenne des années 2000 à 2007.

Description longue pour la figure 26

Ce graphique à barres montre le total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ de la Cordillère boréale, par décennie, des années 1960 aux années 2000. Les superficies brûlées représentent environ 12 000 km2 dans les années 1960, 5 000 km2 dans les années 1970, 14 000 km2 dans les années 1980 et les années 1990, et 17 000 km2 dans les années 2000.

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La durée de la saison des feux de cette écozone+ est en moyenne de 37 jours, ce qui est relativement court comparativement à la durée de la saison des feux des écozones+ avoisinantes de la taïga de la Cordillère (44 jours), de la taïga des plaines (81 jours) et de la Cordillère montagnarde (101 jours) (voir le Tableau 2 à la page 12). Le plus souvent, les incendies se produisent entre mai et août, atteignant un sommet en juin ou juillet (Figure 27).Des incendies ont été enregistrés dès le mois d'avril et jusqu'en septembre, mais ces cas sont rares. Aucun changement significatif n'a été observé entre les années 1960 et les années 1990 en ce qui concerne la durée de la saison des feux ou la saisonnalité des incendies dans la Cordillère boréale (Figure 27).

Figure 27. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ de la Cordillère boréale et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Le pourcentage par mois correspond au pourcentage du nombre total de feux survenus durant le mois.
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Description longue pour la figure 27

Ce graphique à barres indique la proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ de la Cordillère boréale et la durée moyenne de la saison active des feux, des années 1960 aux années 1990. La durée de la saison active des feux est relativement courte dans cette écozone; elle dure 37 jours. La plupart des incendies se produisent habituellement entre mai et août, avec une pointe en juin ou en juillet. En de rares cas, des incendies ont été consignés dès le mois d'avril et jusqu'à septembre.

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La majorité des grands incendies (78 % en moyenne) qui surviennent dans la Cordillère boréale sont causés par la foudre (Tableau 9) et l'influence de l'activité humaine est relativement faible. Parisien et al., (2006) ont déterminé que 19 % de la superficie était touchée par l'utilisation des terres par les humains. Cette proportion est similaire à celle de l'ouest du Bouclier boréal et de la taïga des plaines. Entre 1959 et 1999, aucun changement significatif dans le ratio des incendies causés par la foudre et par les humains n'a été observé (Tableau 9). La superficie moyenne brûlée par des incendies causés par les humains a, quant à elle, augmenté au fil des années, mais cette tendance n'est pas significative sur le plan statistique.

Tableau 9. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés par l'humain dans l'écozone+ de la Cordillère boréale, par décennie, des années 1960 aux années 1990.
DécennieNombre d'incendiesProportion des feux allumés par la foudre (%)Proportion des feux allumés par les humains (%)Superficie totale brûlée à la suite d'allumages par la foudre (km2)Superficie totale brûlée à la suite d'allumages par les humains (km2)
Total73878Tableau 9, Note de bas de page *22Tableau 9, Note de bas de page *40 736,35864,5
1960161762410 978,5611,61
197010084165 242,584,0
1980213693110 581,13 630,6
1990264841613 934,31538,4

Tableau 9, Note de bas de page

Footnote *

désigne la moyenne et non le total
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Tableau 9, note de bas de page * referrer

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Écozone+ de la Cordillère montagnarde

De toutes les écozones+, la Cordillère montagnarde est celle qui présente les conditions météorologiques les plus propices au feu. Or, malgré cette forte influence positive du climat, le régime des feux dans cette écozone+ est caractérisé par un grand nombre de petits feux de faible intensité (Stocks et al., 2003; Parisien et al., 2006). La topographie et l'activité humaine ont davantage d'influence sur les incendies dans la Cordillère montagnarde, ce qui contribue à limiter la propagation du feu. La superficie brûlée de cette écozone+ varie de 0 km2 (1993) à environ 2 500 km2 (1961 et 2003) pendant les années de feux exceptionnelles (Figure 28), la moyenne à long terme s'établissant à 316 km2 par année. La part de cette écozone+ dans la superficie totale brûlée au Canada est en moyenne de près de 3,0 % (voir le Tableau 1 à la page 6), et elle a changé au fil des années : à son plus haut, elle était de 5 % (dans les années 1960); à son plus bas, elle était de 0,6 % (dans les années 1980 et 1990) (voir la Figure 3 à la page 9). La proportion de la superficie boisée qui brûle annuellement est également faible, à 0,10 % en moyenne (voir le Tableau 1 à la page 6).

Figure 28. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ de la Cordillère montagnarde,de 1959 à 2007.

Source : Pour la période de 1959 à 1994, les données proviennent de la base de données sur les grands incendies; pour la période de 1995 à 2007, les données sont issues de la télédétection.

Description longue pour la figure 28

Ce graphique à barres montre la superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ de la Cordillère montagnarde, de 1959 à 2007. La superficie brûlée de cette écozone+ varie de 0 km2 (1993) à environ 2 500 km2 (1961 et 2003) pendant les années de feux exceptionnelles, la moyenne à long terme s'établissant à 316 km2 par année.

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La Cordillère montagnarde est la seule écozone+ qui est entièrement protégée par des activités de suppression des incendies (Parisien et al., 2006). Les effets de ces efforts de gestion forestière sont évidents dans la tendance à long terme de la superficie brûlée (Figure 29), qui est fortement influencée par l'activité humaine. Une forte baisse de la superficie brûlée a eu lieu des années 1960 aux années 1970, probablement en raison de la gestion accrue des incendies et à une augmentation des efforts de suppression (Stocks et al., 2003). La superficie brûlée est restée stable au cours des trois décennies qui ont suivi, ce qui diffère par rapport à toutes les autres écozones+. Une fois de plus, cette stabilité est probablement liée à l'efficacité des efforts de suppression des incendies, motivée par les valeurs à risque élevé présentes dans cette écozone+ (Stocks et al., 2003; Parisien et al., 2006). Au cours des années 2000, il y a eu une augmentation spectaculaire de la superficie brûlée (Figure 29). Les années de feux exceptionnelles de 2003, de 2004 et de 2006 ont contribué à cette hausse (Figure 28). Un certain nombre de facteurs pourraient être responsables de cette augmentation, dont les oscillations climatiques comme El Niño en 2002-2003 et une phase chaude de l'oscillation décennale du Pacifique de 2003 à 2005 (Volney et Hirsch, 2005), l'augmentation des charges de combustibles dans la forêt en raison de la suppression à long terme des incendies (Allen, 2001; Parker et al., 2006) et une interaction positive entre les feux de forêts et l'épidémie du dendroctone du pin ponderosa qui a frappé cette écozone+ au cours de la dernière décennie (Jenkins et al., 2008).

Figure 29. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ de la Cordillère montagnarde, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

La valeur indiquée pour les années 2000 a été établie pour dix ans au prorata de la moyenne des années 2000 à 2007.

Description longue pour la figure 29

Ce graphique à barres montre le total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ de la Cordillère montagnarde, par décennie, des années 1960 aux années 2000. La superficie brûlée représente environ 4 000 km2 dans les années 1960, 1 600 km2 dans les années 1970, 1 700 km2 dans les années 1980, 1 600 km2 dans les années 1990, et 7 200 km2 dans les années 2000.

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La saison des feux dans la Cordillère montagnarde s'étend d'avril à novembre et dure en moyenne 101 jours (Figure 30). Les incendies se produisent le plus fréquemment entre juin et août, atteignant un sommet à la fin de l'été, mais ils peuvent survenir jusqu'en novembre. Entre les années 1960 et les années 1990, la durée de la saison active des feux est restée la même, mais la répartition des feux pendant la saison a changé. En effet, depuis les années 1960, la proportion des feux qui se produisent au printemps et à l'automne s'est accrue (Figure 30). La proportion des incendies se produisant au cours du mois de mai est passée de 2,7 % à 17,9 % (R2 = 0,94, p = 0,03) et celle du mois de septembre est passée de 3,2 à 17,9 % (R2 = 0,93, p = 0,03). Ces changements sont conformes aux prévisions de Wotton et Flannigan (1993) selon lesquelles la saison des feux en Colombie-Britannique s'allongerait à la fois au printemps et à l'automne en raison de la hausse des températures à l'échelle planétaire.

Figure 30. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ de la Cordillère montagnarde et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Le pourcentage par mois correspond au pourcentage du nombre total de feux survenus durant le mois.
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Description longue pour la figure 30

Ce graphique à barres indique la proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ de la Cordillère montagnarde et la durée moyenne de la saison active des feux, des années 1960 aux années 1990. La saison des feux dans la Cordillère montagnarde s'étend d'avril à novembre et dure en moyenne 101 jours. Les incendies se produisent le plus fréquemment entre juin et août, atteignant un sommet à la fin de l'été, mais ils peuvent survenir jusqu'en novembre.

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En moyenne, à long terme, les feux ont été causés à parts égales par les humains et par la foudre dans cette écozone+ (Tableau 10), ce qui explique l'augmentation observée au cours des deux saisons. Comme l'indique la section « Tendances à l'échelle du pays », les feux sont essentiellement causés par les humains au printemps, et principalement par la foudre en été (Stocks et al., 2003). En moyenne, entre les années 1960 et les années 1990, la foudre a causé légèrement plus de grands incendies que les humains (52,8 % et 47,2 % respectivement) (Tableau 10). Au fil du temps, ces proportions ont considérablement changé. Au début de la période d'étude, les feux causés par la foudre étaient responsables de 61 % des grands incendies, puis ce pourcentage a chuté à seulement 27 % dans les années 1990 (R2 = 0,95, p = 0,03) (Tableau 10). La superficie brûlée par les feux causés par la foudre a également diminué de manière significative au cours de la période d'étude de 40 ans, soit de plus de 2 000 km2 (Tableau 10). Malgré l'augmentation de la proportion des feux allumés par les humains, une baisse de la superficie brûlée par de tels feux s'est tout de même produite. Cette diminution n'est cependant pas significative. Les deuxsources d'allumage sont responsables d'une superficie brûlée semblable.

Tableau 10. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés parl'humain dans l'écozone+ de la Cordillère montagnarde, par décennie, des années 1960 aux années 1990.
DécennieNombre d'incendiesProportion des feux allumés par la foudre (%)Proportion des feux allumés par les humains (%)Superficie totale brûlée à la suite d'allumages par la foudre (km2)Superficie totale brûlée à la suite d'allumages par les humains (km2)
Total58047Tableau 10, Note de bas de page *53Tableau 10, Note de bas de page *4 417,43 888,9
196022261392 345,52 095,6
197015955451 073,2578,0
19801374555817,0901,0
1990622773181,6314,2

Tableau 10, Note de bas de page

Footnote *

désigne la moyenne et non le total
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Tableau 10, note de bas de page * referrer

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Écozone+ du bassin intérieur de l'Ouest

Les grands feux de forêts ne jouent pas un rôle important dans le régime de perturbation du bassin intérieur de l'Ouest. Comme les classifications écologiques précédentes incluaient cette zone dans l'écozone+ de la Cordillère montagnarde (voir la Préface à la page i ), l'information supplémentaire sur le bassin intérieur de l'Ouest qui se trouve dans la documentation sur les incendies est la même que l'information présentée pour la Cordillère montagnarde. Ainsi, on peut supposer que des conditions similaires s'appliquent. Les conditions météorologiques sont très propices au feu dans cette région (Parisien et al., 2006), mais le nombre de grands incendies qui s'y produisent est encore moindre que dans la Cordillère montagnarde. Les incendies, dans le bassin intérieur de l'Ouest, varient d'une année à l'autre. Certaines années, aucun grand feu n'est relevé, tandis que jusqu'à 800 km2 peuvent brûler au cours des années de feux exceptionnelles (Figure 31). En moyenne, seulement 54 km2 brûlent chaque année. La part de cette zone dans la superficie totale brûlée au Canada est de moins de 1 % (voir le Tableau 1 à la page 6) et elle n'a pas beaucoup varié au cours des 40 dernières années (voir la Figure 3 à la page 9 ). À l'échelle de l'écozone+, la proportion de la superficie boisée qui brûle chaque année est de 0,11 % par année, ce qui est légèrement supérieur à celle de la Cordillère montagnarde.

Figure 31. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ du bassin intérieur de l'Ouest,de 1959 à 2007.

Source : Pour la période de 1959 à 1994, les données proviennent de la base de données sur les grands incendies; pour la période de 1995 à 2007, les données sont issues de la télédétection.

Description longue pour la figure 31

Ce graphique à barres montre la superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ du bassin intérieur de l'Ouest, de 1959 à 2007.  Les incendies, dans le bassin intérieur de l'Ouest, varient d'une année à l'autre. Certaines années, aucun grand feu n'est relevé, tandis que jusqu'à 800 km2 peuvent brûler au cours des années de feux exceptionnelles (2003).

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Jusque dans les années 2000, la superficie brûlée dans le bassin intérieur de l'Ouest était relativement stable (Figure 32). Une légère baisse s'est produite dans les années 1980 (tendance également observée dans l'écozone+ maritime du Pacifique avoisinante). Cette baisse a été attribuée à une réduction du nombre d'incendies en raison d'efforts de sensibilisation à la prévention et d'une lutte intensive contre les incendies (Stocks et al., 2003). Dans les années 1990, cette baisse ne s'est toutefois pas maintenue, et la superficie brûlée a augmenté, atteignant des niveaux similaires à ceux des années 1960 et 1970. Cette augmentation modeste dans les années 1990 pourrait être attribuable à des températures plus élevées (Stocks et al., 2003; Gillett et al., 2004). Le changement le plus important au cours des cinq dernières décennies s'est produit des années 1990 aux années 2000. La superficie brûlée a alors augmenté de plus de 1 000 km2. Cette augmentation a également été observée dans l'écozone+ de la Cordillère montagnarde et les mêmes facteurs pourraient l'expliquer, notamment : les oscillations climatiques positives comme El Niño et la phase chaude de l'oscillation décennale du Pacifique (Volney et Hirsch, 2005), l'augmentation des charges de combustibles dans la forêt en raison de la suppression à long terme des incendies (Allen, 2001; Parker et al., 2006) et l'interaction positive entre les feux de forêts et l'épidémie du dendroctone du pin ponderosa (Jenkins et al., 2008).

Figure 32. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ du bassin intérieur de l'Ouest, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

La valeur indiquée pour les années 2000 a été établie pour dix ans au prorata de la moyenne des années 2000 à 2007.

Description longue pour la figure 32

Ce graphique à barres montre le total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ du bassin intérieur de l'Ouest, par décennie, des années 1960 aux années 2000. La superficie brûlée représente environ 300 km2 dans les années 1960, 400 km2 dans les années 1970, 200 km2 dans les années 1980, 500 km2 dans les années 1990, et plus de 1 500 km2 dans les années 2000.

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Le niveau de suppression des incendies et d'utilisation des terres par les humains est également élevé dans le bassin intérieur de l'Ouest. Des secteurs tels que la vallée de l'Okanagan sont caractérisés par des valeurs à risque élevé pour la protection et une concentration accrue de terres utilisées, et ce, en raison de la densité de la population à cet endroit. Toute la zone est protégée par des activités de suppression des incendies, d'après les données statistiques sur la Cordillère montagnarde (Stocks et al., 2003; Parisien et al., 2006). La durée moyenne de la saison active des feux est beaucoup plus courte dans cette zone – 45 jours – comparativement à 101 jours dans la Cordillère montagnarde (voir le Tableau 2 à la page 12). La plupart des incendies se produisent de juin à août, atteignant un sommet en juillet, mais des feux ont été enregistrés aussi tôt qu'en avril et aussi tard qu'en octobre (Figure 33). Entre 1959 et 1999, aucun changement significatif n'a été observé en ce qui a trait à la durée de la saison des feux ou à la répartition des feux pendant celle-ci. La durée de la saison active des feux a diminué de 27 jours, mais cette baisse n'est pas significative sur le plan statistique et pourrait être liée à une diminution importante du nombre d'incendies qui se sont produits au cours des deux dernières décennies (Figure 33). Davantage de données sont nécessaires pour bien comprendre ces changements.

Figure 33. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ du bassin intérieur de l'Ouest et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

Le pourcentage par mois correspond au pourcentage du nombre total de feux survenus durant le mois.
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Description longue pour la figure 33

Ce graphique à barres indique la proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ du bassin intérieur de l'Ouest et la durée moyenne de la saison active des feux, des années 1960 aux années 1990. La plupart des incendies se produisent de juin à août, atteignant un sommet en juillet, mais des feux ont été enregistrés aussi tôt qu'en avril et aussi tard qu'en octobre. Entre 1959 et 1999, aucun changement significatif n'a été observé en ce qui a trait à la durée de la saison des feux ou à la répartition des feux pendant celle-ci. La durée de la saison active des feux a diminué de 27 jours, mais cette baisse n'est pas significative.

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L'activité humaine constitue la principale cause d'incendies dans le bassin intérieur de l'Ouest (Tableau 11). Cette tendance s'observe des années 1960 aux années 1990. Les incendies provoqués par la foudre sont moins fréquents dans cette zone que dans la Cordillère montagnarde. À cet égard, le bassin intérieur de l'Ouest ressemble plus à l'écozone+ maritime du Pacifique.

Tableau 11. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés parl'humain dans l'écozone+ du bassin intérieur de l'Ouest, par décennie, des années 1960 aux années 1990.
DécennieNombre d'incendiesProportion des feux allumés par la foudre (%)Proportion des feux allumés par les humains (%)Superficie totale brûlée à la suite d'allumages par la foudre (km2)Superficie totale brûlée à la suite d'allumages par les humains (km2)
Total11422Tableau 11, Note de bas de page *78Tableau 11, Note de bas de page *234,2989,1
196038217975,5268,6
197036287254,0346,8
198020257582,3108,5
199020158522,4265,2

Tableau 1, Note de bas de page

Footnote *

désigne la moyenne et non le total
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Tableau 11, note de bas de page * referrer

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Écozone+ maritime du Pacifique

Le feu n'est pas une perturbation naturelle significative dans l'écozone+ maritime du Pacifique (Stocks et al., 2003; Amiro et al., 2009), et ne l'a pas été non plus, même en remontant loin dans le passé (plus de 6 000 ans) (Lertzman et al., 2002). La part de cette écozone+ dans la superficie totale brûlée annuellement au pays n'est que de 0,3 %, ce qui constitue la plus faible part de toutes les écozones+ (voir le Tableau 1 à la page 6). La superficie brûlée à l'échelle de l'écozone+ est également négligeable : en moyenne, annuellement, seulement 0,02 % de la superficie boisée de l'écozone+ est touchée par des incendies. Malgré la présence de certaines essences montagnardes et subalpines le long de la limite orientale, essences qui brûlent facilement dans la Cordillère montagnarde voisine, le feu ne constitue pas une caractéristique dominante de l'écozone+ maritime du Pacifique, dont le climat humide et marin est peu propice au feu.

Les incendies qui se produisent dans l'écozone+ maritime du Pacifique sont principalement causés par les humains (72 %) et sont dus aux activités récréatives et aux pratiques d'exploitation forestière (Pew et Larsen, 2001). En moyenne, la superficie brûlée annuellement est de seulement 20,8 km2 et peut varier de 0 km2 certaines années à 144 km2 (année de feux exceptionnelle de 1961) (Figure 34). De plus, la majorité des incendies qui se produisent dans cette écozone+ sont très petits, soit de 0,1 hectare ou moins (Pew et Larsen, 2001). Ces petits feux ne sont pas inclus dans les données pour la période de 1959 à 1994. Au cours des cinq dernières décennies, certains changements dans la superficie brûlée annuellement se sont produits (Figure 35). Des années 1960 aux années 1980, la superficie brûlée a diminué. Cette diminution est probablement due à une réduction des incendies causés par les humains résultant des efforts de sensibilisation à la prévention et d'une lutte intensive contre les incendies (Stocks et al., 2003). Depuis les années 1980, la superficie brûlée a augmenté de 84 km2, ce qui ne constitue pas une augmentation significative sur plus de 20 ans. À ce stade, les tendances concernant les superficies brûlées à long terme sont purement hypothétiques, car il est difficile de dégager des tendances lorsque l'activité du feu est rare et que la superficie brûlée est si petite.

Figure 34. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ maritime du Pacifique, de 1959 à 2007.

Source : Pour la période de 1959 à 1994, les données proviennent de la base de données sur les grands incendies; pour la période de 1995 à 2007, les données sont issues de la télédétection.

Description longue pour la figure 34

Ce graphique à barres montre la superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ maritime du Pacifique, de 1959 à 2007. En moyenne, la superficie brûlée annuellement est de seulement 20 km2 et peut varier de 0 km2 certaines années à 144 km2 (année de feux exceptionnelle de 1961).

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Figure 35. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ maritime du Pacifique, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

La valeur indiquée pour les années 2000 a été établie pour dix ans au prorata de la moyenne des années 2000 à 2007.

Description longue pour la figure 35

Ce graphique à barres montre le total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ maritime du Pacifique, par décennie, des années 1960 aux années 2000. La superficie brûlée représente environ 370 km2 dans les années 1960, 210 km2 dans les années 1970, 120 km2 dans les années 1980, 150 km2 dans les années 1990, et 180 km2 dans les années 2000.

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Écozone+ maritime de l'Atlantique

Les incendies de forêts ne constituent pas une perturbation naturelle fréquente ou significative sous le climat côtier de l'écozone+ maritime de l'Atlantique. En moyenne, 34 km2 brûlent chaque année dans cette écozone+. La part de cette écozone+ dans la superficie totale brûlée au Canada est de moins de 1 %, et cette valeur ne représente que 0,02 % de la superficie boisée à l'échelle de l'écozone+ (voir le Tableau 1 à la page 6 ). D'une année à l'autre, il y a une certaine variabilité de la superficie brûlée (Figure 36), mais son ampleur est négligeable par rapport aux autres écozones+. Au cours des années de feux exceptionnelles de 1986 et de 1995, 374 et 296 km2 ont brûlé respectivement. Dans cette écozone+, il est fréquent qu'aucun grand incendie ne survienne au cours d'une année.

Figure 36. Superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ maritime de l'Atlantique, de 1959 à 2007.

Source : Pour la période de 1959 à 1994, les données proviennent de la base de données sur les grands incendies; pour la période de 1995 à 2007, les données sont issues de la télédétection.

Description longue pour la figure 36

Ce graphique à barres montre la superficie brûlée annuellement par les grands incendies dans l'écozone+ maritime de l'Atlantique, de 1959 à 2007. D'une année à l'autre, il y a une certaine variabilité de la superficie brûlée, mais son ampleur est négligeable par rapport aux autres écozones+. Au cours des années de feux exceptionnelles de 1986 et de 1995, 374 et 296 km2 ont brûlé respectivement. Dans cette écozone+, il est fréquent qu'aucun grand incendie ne survienne au cours d'une année.

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La saison active des feux dans l'écozone+ maritime de l'Atlantique dure en moyenne 32 jours, et les incendies se produisent le plus souvent de mai à juin, atteignant un sommet en mai (Figure 37). La plus forte activité de feu au début de la saison s'explique par le fait que la principale source d'allumage dans cette écozone+ est l'humain (Tableau 12). Les zones où les feux allumés par les humains prédominent ont tendance à connaître une plus grande fréquence des feux plus tôt dans l'année (Stocks et al., 2003). En moyenne, les humains ont été responsables de 86 % des incendies qui sont survenus dans l'écozone+ maritime de l'Atlantique entre les années 1960 et les années 1990, et ils contribuent à la plus grande part de la superficie brûlée (Tableau 12). Les incendies allumés par la foudre sont relativement rares dans cette écozone+; pendant près de 20 ans, aucun feu n'y a été allumé par la foudre.

Figure 37. Proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ maritime de l'Atlantique et durée moyenne de la saison active des feux (ligne mauve), des années 1960 aux années 1990.

 

Le pourcentage par mois correspond au pourcentage du nombre total de feux survenus durant le mois.
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Description longue pour la figure 37

Ce graphique à barres indique la proportion des grands incendies qui se produisent chaque mois dans l'écozone+ maritime de l'Atlantique et la durée moyenne de la saison active des feux, des années 1960 aux années 1990. La saison active des feux dans l'écozone+ maritime de l'Atlantique dure en moyenne 32 jours, et les incendies se produisent le plus souvent de mai à juin, atteignant un sommet en mai.

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Tableau 12. Proportion du nombre de grands incendies allumés par la foudre comparativement à ceux allumés parl'humain, et total de la superficie brûlée par chaque source d'inflammation dans l'écozone+ maritime de l'Atlantique, par décennie, des années 1960 aux années 1990.
DécennieNombre d'incendiesProportion des feux allumés par la foudre (%)Proportion des feux allumés par les humains (%)Superficie totale brûlée à la suite d'allumages par la foudre (km2)Superficie totale brûlée à la suite d'allumages par les humains (km2)
Total8214Tableau 12, Note de bas de page *86Tableau 12, Note de bas de page *263,81 129,1
196030237748,4356,0
197040100023,1
19802601000514,9
1990223268215,4235,2

Tableau 12, Note de bas de page

Footnote *

désigne la moyenne et non le total
Source : Les données proviennent de la base de données sur les grands incendies.

Tableau 12, note de bas de page * referrer

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Comme pour l'écozone+ maritime du Pacifique, il est difficile d'établir des tendances significatives en ce qui concerne la superficie brûlée à long terme, puisque la fréquence des incendies est si faible. Par exemple, il n'y a eu que quatre incendies dans les années 1970 (Tableau 12). La Figure 38 montre l'évolution de la superficie brûlée au cours des cinq dernières décennies. Il y a eu une forte baisse dans les années 1970, qui pourrait être attribuable aux efforts de prévention et de suppression, mais cela n'explique pas la hausse qui a suivi dans les années 1980 et qui s'est maintenue dans les années 1990. Le déclin relevé dans les années 2000 est semblable à celui qui a été observé à l'échelle nationale, mais une fois de plus, il est difficile d'expliquer la raison derrière ces tendances sans information supplémentaire.

Figure 38. Total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ maritime de l'Atlantique, par décennie, des années 1960 aux années 2000.

La valeur indiquée pour les années 2000 a été établie pour dix ans au prorata de la moyenne des années 2000 à 2007.

Description longue pour la figure 38

Ce graphique à barres montre le total de la superficie brûlée par les grands incendies dans l'écozone+ maritime de l'Atlantique, par décennie, des années 1960 aux années 2000. Les superficies brûlées représentent environ 400 km2 dans les années 1960, 20 km2 dans les années 1970, 500 km2 dans les années 1980 et les années 1990, et plus de 100 km2 dans les années 2000.

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Références

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