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Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ de la Taïga du Bouclier

Thème : Interactions humains-écosystèmes

 

Aires protégées

Constatation clé 8
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
La superficie et la représentativité du réseau d'aires protégées ont augmenté ces dernières années. Dans bon nombre d'endroits, la superficie des aires protégées est bien au-delà de la valeur cible de 10 % qui a été fixée par les Nations Unies. Elle se situe en deçà de la valeur cible dans les zones fortement développées et dans les zones océaniques.

Avant 1992 (signature de la Convention sur la diversité biologique), 1,1 % de la superficie de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier était protégé (À noter qu'il y a 6 060 km2 d'aires protégées dans l'écozone+ du bouclier de la taïga pour lesquelles nous ne connaissons pas l'année d'établissement. Si la totalité de cette superficie était protégée avant 1992, cela signifie que 1,6 % de l'écozone+ était protégée avant cette date.) En mai 2009, la superficie protégée était passée à 7 % (figure10 et figure11) et se répartissait de la manière suivante :

  • 5,2 % (29 aires protégées) dans les catégories I-III de l'UICN. Ces catégories englobent les réserves naturelles, les aires de nature sauvage, et les autres parcs et réserves gérés à des fins de conservation des écosystèmes et des caractéristiques naturelles ou culturellesNB51
  • 0,5 % (trois aires protégées) dans la catégorie V de l'UICN, axée sur l'utilisation durable par le biais de traditions culturelles établiesNB51
  • 1,4 % (cinq aires protégées établies depuis 2005) qui n'est pas classé selon les catégories de l'UICN.
Figure 10. Expansion des aires protégées de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier, 1922-2009.
Données fournies par les autorités fédérales, territoriales et provinciales et mises à jour jusqu'à mai 2009. Seules les aires protégées juridiquement sont incluses. Les catégories d'aires protégées de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) reposent sur des objectifs de gestion primaires (voir le texte pour plus d'information). Il n'y a pas d'aires protégées de la catégorie IV dans l'écozone+. Nota : La catégorie « non classé » (en gris) regroupe les aires protégées pour lesquelles on n'a pas fourni de classement UICN. La dernière bande verticale (« TOTAL ») inclut également les aires protégées pour lesquelles on n'a pas fourni l'année d'établissement.
diagramme
Source : Environnement Canada, 2009NB 52; données du Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC), v. 2009.05, 2009NB 53
Description longue pour Figure 10.

Ce diagramme à barres montre les informations suivantes 

AnnéeCatégories I-III UICN(km2)Catégories V UICN(km2)Non classé (km2)
1922-192616200
1927-198614,39400
1987-198814,42200
1989-199414,81800
1995-199734,14600
199835,07000
1999-200135,15200
200251,06300
2003-200454,33300
2005-200754,354024
200863,036016,501
200969,508018,295
Total69,5126,06018,295

Le Réserve faunique Thelon a été créé en 1927, les parcs provinciaux du lac Numaykoos, de Rivière-Caribou et des lacs Sand en 1995, et lacs-Guillaume-Delisle-et-l'Eau-Claire National Park Reserve (Québec) en 2002.

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Figure 11. Carte indiquant les aires protégées de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier, mai 2009.
Carte
Source : Environnement Canada, 2009NB 52; données du Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC), v. 2009.05, 2009NB 53
Description longue pour Figure 11.

Cette carte montre l'emplacement des aires protégées dans la Taïga du Bouclier est et la Taïga du Bouclier ouest, en date de mai 2009. En général, les aires protégées sont réparties uniformément entre les parties est et ouest de l'écozone+.

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Intendance

Constatation clé 9
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Les activités d'intendance au Canada, qu'il s'agisse du nombre et du type d'initiatives ou des taux de participation, sont à la hausse. L'efficacité d'ensemble de ces activités en ce qui a trait à la préservation et à l'amélioration de la biodiversité et de la santé des écosystèmes n'a pas été entièrement évaluée.

Bon nombre d'Autochtones de la Taïga du Bouclier continuent de tirer leurs moyens de subsistance de leur environnement naturel, en totalité ou en partie, comme le faisaient leurs ancêtres, et ils ont conservé les méthodes d'intendance traditionnelles des terres et de la faune. Les Autochtones de ces territoires entretiennent toujours un grand respect pour le caribou, une valeur fondée sur leur patrimoine spirituel et coutumier54. Des aînés dénés attribuent souvent l'absence de caribous certaines années au manque de respect envers la nature et la faune. Selon eux, c'est par de bonnes pratiques de chasse et de préservation de la viande, entre autres, qu'on affiche le respect appropriéNB 54 NB 55 NB 56.

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Les Cris ont préservé un régime foncier coutumier qui assure la pérennité des ressources essentielle au maintien de l'économie de subsistance locale. Des pointeurs ou « chefs de chasse » agissent comme responsables de territoires de chasse dont ils ont la garde et, à ce titre, surveillent les activités de chasse et de trappage qui s'y déroulentNB 57.

Science et intendance traditionnelle

Une approche traditionnelle dans l'intendance du territoire peut parfois entrer en conflit avec une approche scientifique. Plusieurs aînés autochtones estiment que les techniques modernes de gestion de la faune, notamment en ce qui a trait à la capture et à la manipulation, sont irrespectueuses des animauxNB 58 NB 59 NB 60. Par exemple, 80 % des aînés dénés qui ont pris part à une série d'entrevues ne sont pas d'accord avec la pratique de suivre à la trace les caribous au moyen de colliers émetteursNB 61.

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Conversion des écosystèmes

Thème Interactions humains-écosystèmes

 

La conversion des écosystèmes a été désignée initialement comme une constatation clé récurrente à l'échelle nationale, et des renseignements ont été compilés et évalués par la suite pour l'écozone+ de la Taïga du Bouclier. Dans la version définitive du rapport nationalNB 3, des renseignements liés à la conversion des écosystèmes ont été intégrés à d'autres constatations clés. Ces renseignements sont conservés en tant que constatation clé distincte pour l'écozone+ de la Taïga du Bouclier.

La principale forme de conversion du système naturel dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier est l'inondation des terres dans le nord du Québec à des fins d'aménagement hydroélectrique.

Barrages et réservoirs

La construction des complexes des chutes Churchill au Labrador et de La Grande (baie James) au Québec a provoqué l'inondation de quelque 14 150 km² de terresNB 30, élargissant ainsi les plans d'eau existants et créant de vastes réservoirs. Le complexe La Grande (figure12 ) a créé huit réservoirs, qui ont été remplis de 1979 à 1993, dont la taille varie de 70 à 4 275 km2. Les superficies de lacs naturels convertis en réservoirs, des terres converties en réservoirs et les superficies déboisées (à cause de réservoirs et d'infrastructure) sont montrées à la figure13. Un troisième projet, le complexe Churchill-Nelson au Manitoba, chevauche les écozone+s+ de la Taïga du Bouclier, des Plaines hudsoniennes, et du Bouclier boréal. Par ailleurs, d'autres aménagements hydroélectriques plus petits de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier n'entraînent pas la construction de réservoirs ni le détournement de rivières. La plupart (88 %) des 177 barrages qui se trouvent dans l'écozone+ ont été construits entre 1970 et 1990NB 17.

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Figure 12. Complexe hydroélectrique La Grande
carte
Source: Hayeur, 2001NB 30
Description longue pour Figure 12.

Cette carte montre l'infrastructure hydroélectrique du complexe La Grande. La carte montre les séries de réservoirs, de barrages, de centrales hydroélectriques, de routes et de lignes de transport du complexe, ainsi que l'emplacement des petites agglomérations. D'est en ouest, les réservoirs Caniapiscau, Laforge, La Grande, Robert­Bourassa et Opinaca sont indiqués sur la carte. D'importantes lignes de transport se dirigent vers le sud à partir des centrales Robert­Bourassa et La Grande 3 et 4. La carte en médaillon, dans le coin inférieur droit, montre l'emplacement du complexe La Grande dans le centre du Québec.

 

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Figure 13. Superficie cumulative touchée par l'aménagement hydroélectrique du complexe La Grande, baie James, 1970-2005.

La taille de la superficie totale des terres converties en réservoirs est environ la moitié de celle du lac Winnipeg, ou deux fois celle de l'Île du Prince Édouard. Les superficies déboisées étaient des terres couvertes d'arbres d'une hauteur d'au moins 5 m, et la fermeture du couvert forestier était de 25 % avant que les terres ne soient submergées. Des images Landsat et des photographies aériennes ont été utilisées pour l'analyse.
diagramme linéaire et à barres
Source : Statistiques du SCF sur le déboisement tirées de Leckie et al., 2006;NB 62 données sur la superficie totale des terres et des lacs convertis en réservoirs tirées de Hayeur, 2001NB 30
Description longue pour Figure 13.

Ce diagramme linéaire et à barres montre les informations suivantes :

Superficie (km2, cumulative)
AnnéeSuperficie des terres converties en réservoirsSuperficie des lacs convertis en réservoirsSuperficie déboisée
1970--13
1971--27
1972--40
1973--50
1974--64
1975--78
1976--93
1977--111
1978--758
19792,6302051,613
19803,3705051,636
19813,3705053,448
19823,3705053,943
19834,0705705,079
19849,8461,7575,153
19859,8461,7575,162
19869,8461,7575,171
19879,8461,7575,180
19889,8461,7575,188
19899,8461,7575,207
19909,8461,7575,224
19919,8461,7575,260
19929,8461,7575,301
199310,8092,1525,658
199410,8092,1525,665
199510,8092,1525,673
199610,8092,1525,683
199710,8092,1525,694
199810,8092,1525,733
199910,8092,1525,794
200010,8092,1525,802
200110,8092,1525,809
200210,8092,1525,905
200310,8092,1525,921
200410,8092,1525,947
200510,8092,1525,983

Les projets d'aménagement majeurs prévus dans la partie est de la Taïga du Bouclier comprennent l'aménagement du cours inférieur de Churchill, avec deux réservoirs couvrant ensemble une aire de 300 km2 et les barrages et lignes de transmission connexes32, et la prochaine phase du complexe de la baie James, qui comprendra le détournement de la moitié du débit annuel de la rivière Rupert et la construction d'un réservoir de 600 km2 NB 63.

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Changement écologique dans les réservoirs du complexe La Grande

La création de réservoirs a causé un certain nombre de changements physiques : augmentation rapide de la surface d'eau, du volume d'eau ainsi que du temps de séjour de l'eau; passage de conditions de rivière à des conditions de lac dans les sections inondées des rivières; mélange des eaux provenant de différents bassins versants; changements sur le plan des cycles de crues; changements liés au moment du gel et de la fonte et baisse de la température des eaux de surfaceNB 37.

Les modèles basés sur les données provenant des réservoirs du complexe La Grande indiquent que la création de réservoirs a un effet net qui consiste en une augmentation à long terme des émissions de carbone (CO2 et méthane) dans l'atmosphère, principalement en raison d'un prolongement de la durée pendant laquelle l'eau est stockée (une hausse d'environ deux ans pour le réservoir Robert-Bourassa)NB 64. Ce prolongement de la durée de stockage augmente les émissions provenant de la matière organique présente dans la colonne d'eau. Globalement, on estime que les réservoirs entraînent 4 % des émissions anthropiques de CO2NB 64.

Les principaux résultats d'un programme complet de surveillance écologique de l'eau douce dans les réservoirs du complexe La Grande, qui a été réalisé par Hydro-Québec durant la période 1977-2000NB 30, sont présentés ci-dessous.

Qualité de l'eau

Les changements touchant les caractéristiques chimiques et physiques des réservoirs ont atteint un sommet dans les deux ou trois années suivant le remplissage, mais ces caractéristiques sont tout de même demeurées dans des plages de valeurs propices à la productivité biologique (figure14). Les changements les plus importants sont survenus à la fin de l'hiver, sous la glace, avec la formation de zones d'eau profonde contenant peu d'oxygène. Après 9 à 10 ans, les principaux paramètres étaient revenus aux niveaux mesurés avant la construction, ou ils s'en étaient approchés, dans les réservoirs Opinaca et Robert-Bourassa; cependant, ce cycle, en particulier pour le phosphore et la silice, a été plus long dans le réservoir Caniapiscau.

Figure 14. Variation des paramètres chimiques de l'eau au cours de la première décennie, suivant la mise en eau, en raison de la décomposition de la matière organique submergée dans les réservoirs du complexe La Grande.
Mesures prises dans la zone exposée à la lumière du soleil (environ les 10 premiers mètres) durant la période sans glace.
diagrammes
Source: Hayeur, 2001NB 30
Description longue pour Figure 14.

Cet ensemble de 6 diagrammes linéaires montre la variation des paramètres chimiques de l'eau relativement à la matière organique submergée, au cours de la première décennie suivant la création des réservoirs. Les données proviennent de trois réservoirs (Opinaca, Robert-Bourassa et Caniapiscau), et les mesures ont été prises dans les 10 premiers mètres de profondeur de l'eau pendant la période libre de glace. Tous les paramètres présentent des variations considérables dans les cinq premières années après la mise en eau, mais la plupart d'entre eux reviennent, dès la première décennie, à des valeurs assez semblables aux valeurs observées avant la mise en eau, exception faite du carbone inorganique total, qui a légèrement augmenté dans tous les réservoirs. La plupart des paramètres présentaient des tendances semblables dans les réservoirs Opinaca et Robert­Bourassa, mais les paramètres du réservoir Caniapiscau présentaient des tendances différentes dans certains cas, y compris une plus grande augmentation en phosphore total et en chlorophylle alpha, et des valeurs de silice généralement plus basses.

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Plancton et organismes benthiques

En plus de créer de nouveaux milieux aquatiques, l'inondation a modifié les écosystèmes planctoniques et benthiques – à court terme dans certains cas, mais apparemment de façon permanente dans d'autres.

  • Les concentrations de phytoplancton, établies par la mesure du niveau de chlorophylle alpha (figure14), ont augmenté rapidement après la mise en eau, puis ont diminué et se sont stabilisées à des niveaux comparables aux valeurs naturelles. Les hausses de la productivité primaire sont principalement attribuées à l'augmentation du phosphore.
  • L'abondance et la biomasse du zooplancton ont augmenté dans tous les réservoirs en raison de l'augmentation des nutriments et de la matière organique générés par la décomposition des végétaux submergés (figure15). Le cycle de variation a suivi les changements touchant la qualité de l'eau et le phytoplancton, avec un décalage d'environ un an.
  • Les communautés benthiques ont connu des changements sur le plan des espèces. La diversité a diminué après la mise en eau, en raison de la disparition des espèces moins mobiles et des espèces adaptées aux eaux courantes rapides. Les réservoirs ont été rapidement colonisés par des espèces habitant les lacs.
Figure 15. Variation de la biomasse zooplanctonique : réservoir Robert-Bourassa.
diagramme
Source: Hayeur, 2001NB 30
Description longue pour Figure 15

Ce diagramme linéaire montre la variation de la biomasse zooplanctonique (mg/m3) jusqu'à six ans après la création des réservoirs. La biomasse totale a augmenté pendant la quatrième année, sous l'effet de l'augmentation des cladocères et des calanoïdes. Les cyclopidés, les nauplius et les rotifères sont demeurés à des niveaux relativement constants tout au long de la période.

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PoissonsNB 37

La surveillance des communautés de poissons a été effectuée au cours d'une période de plus de 20 ans à compter de 1977, soit deux ans avant la création du premier réservoir, et jusqu'en 2000; elle comprenait la surveillance de lacs non altérés en tant que sites témoins. De façon générale, on a noté une augmentation du rendement total des pêches suivie d'un retour graduel, après environ une douzaine d'années, à des valeurs comparables à celles mesurées avant la construction. Le rendement total des pêches a chuté rapidement après la mise en eau, et cette baisse a été suivie d'une augmentation rapide quand les nutriments ajoutés durant la période de décomposition des végétaux submergés ont modifié les réseaux trophiques (figure16).

Certains changements ont été observés sur le plan de la composition des espèces. Le grand corégone (Coregonus clupeaformis), la principale espèce présente dans tous les réservoirs, a vu ses effectifs augmenter. Le grand brochet (Esox lucius) s'est aussi multiplié et son nombre a augmenté dans certains réservoirs, tandis que le touladi (Salvelinus namaycush) a connu des difficultés en termes de recrutement, possiblement en raison de l'abaissement de la surface de l'eau durant l'hiver (faibles niveaux d'eau). Dans le réservoir Robert-Bourassa, 17 ans après la mise en eau, il y avait relativement moins de meuniers noirs (Catostomus commersonii) et de dorés et plus de brochets, de corégones et de lottes (Lota lota) (figure17).

Figure 16. Abondance relative des poissons capturés dans le réservoir Robert-Bourassa, 1977-1996.
diagramme
Source: Therrien et al., 2004NB 37
Description Longue pour Figure 16

Ce diagramme à barres de pourcentage empilées montre le changement de l'abondance relative des types de poissons capturés lors de relevés effectués dans le réservoir Robert­Bourassa, de 1977 à 1996. Suivant la mise en eau, il y a eu des changements en ce qui concerne l'abondance relative de toutes les espèces. Parmi les changements les plus notables, on compte l'abondance relative plus faible du meunier noir et du meunier rouge vers 1996 : à la mise en eau en 1979, ces deux espèces représentaient 40 % des prises, mais, vers 1996, elles représentaient moins de 10 %. L'abondance relative du grand corégone, du grand brochet et de la lotte a augmenté après 1983.

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Figure 17. Rendement des pêches dans le réservoir Robert-Bourassa, 1977-1996

Les données sur le rendement des pêches dans le Detcheverry, un lac naturel, sont présentées aux fins de comparaison.
Graph
Source: Therrien et al., 2004NB 37
Description Longue pour Figure Figure 17

Ce diagramme linéaire présente le rendement total en poids (kg/filet par jour) de la pêche dans le réservoir Robert­Bourassa et le lac Detcheverry, entre 1977 et 1995. Le rendement total est demeuré relativement constant pour le lac Detcheverry durant cette période. En revanche, le rendement total a présenté des changements considérables pour le réservoir Robert­Bourassa : une baisse prononcée s'est produite l'année de la mise en eau, suivie d'une augmentation généralement constante jusqu'en 1988, suivie ensuite d'une baisse pour revenir aux niveaux observés avant la mise en eau vers 1992.

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Espèces non indigènes envahissantes

Constatation clé 10
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Les espèces non indigènes envahissantes sont un facteur de stress important en ce qui concerne le fonctionnement, les processus et la structure des écosystèmes des milieux terrestres, des milieux d'eau douce et d'eau marine. Leurs effets se font sentir de plus en plus à mesure que leur nombre augmente et que leur répartition géographique progresse.

Les espèces envahissantes sont encore peu présentes dans la Taïga du Bouclier. L'absence de routes freine la migration de nombreuses espèces et l'extrême rigueur du milieu naturel peut nuire à la survie de certaines espèces. Les espèces associées aux établissements humains, comme le Moineau domestique (Passer domesticus), se rencontrent rarement, mais sont présentes dans la partie occidentale de la Taïga du Bouclier (à Yellowknife). La pénétration des plantes envahissantes non indigènes est généralement tributaire des axes routiers et des autres perturbations anthropiques. Lors d'une étude de 2006 effectuée le long des routes dans la partie ouest de la Taïga du BouclierNB 65, on a répertorié 39 espèces de plantes vasculaires non indigènes, y compris des espèces susceptibles de devenir envahissantes au CanadaNB 66.

Le milieu aquatique de la Taïga du Bouclier pourrait être particulièrement vulnérable aux espèces envahissantes en raison du nombre relativement restreint d'espèces indigènes qu'on y trouve. L'aire de répartition d'espèces de poissons telles que l'achigan à petite bouche (Micropterus dolomieui), espèce prédatrice dont on sait qu'elle modifie les assemblages d'espèces, se déplace vers le nord dans la partie orientale de l'Amérique du Nord, en raison du réchauffement climatiqueNB 67, ce qui augmente le risque d'introduction. L'omble chevalier (Salvelinus alpinus) et la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) ont été introduites près de Yellowknife, aussi récemment qu'en 1990, pour enrichir la pêche sportiveNB 68, mais ces espèces ne se sont pas répanduesNB 69.

Quelques espèces nuisibles non indigènes des forêts ont été introduites dans la partie ouest de l'écozone+NB 70, notamment la tenthrède du mélèze (Pristiphora erichsonii), et deux espèces de mineuses du bouleau : la Scolioneura betuleti et la Profenusa thomsoni. La tenthrède du mélèze s'attaque à des peuplements de mélèzes laricins depuis la fin des années 1960, alors que les deux espèces de mineuses, qui ont d'abord été découvertes dans la partie ouest de la Taïga du Bouclier (1994-2003), sont maintenant communes à proximité des collectivités. On trouve maintenant la tenthrède mineuse de Thomson (Profenusa thomsoni) à Yellowknife jusque dans les peuplements de bouleaux sauvages des environs, surtout le long des routes.

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Contaminants

Constatation clé 11
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Dans l'ensemble, les concentrations d'anciens contaminants dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine ont diminué au cours des 10 à 40 dernières années. Les concentrations de beaucoup de nouveaux contaminants sont en progression dans la faune; les teneurs en mercure sont en train d'augmenter chez certaines espèces sauvages de certaines régions.

La présence de la plupart des contaminants dans cette écozone+ est liée à l'activité humaine. Ils ont été transportés sur de longues distances puis déposés sur la neige ou la végétation. De là, ils s'infiltrent dans la chaîne alimentaire. Certains métaux lourds, comme le cadmium qui, à une concentration donnée, sont considérés des contaminants, existent localement à l'état naturel. Le mercure que l'on trouve dans l'écozone+ provient de trois sources : 1) comme le cadmium, il existe à l'état naturel dans l'environnement; 2) étant une composante des émissions industrielles partout dans le monde, il est transporté dans la région par voie atmosphérique; 3) le mercure présent dans l'environnement atteint des concentrations plus fortes dans les écosystèmes d'eau douce à la suite de la submersion des terres lors de la construction de réservoirs.

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Caribou

Dans le cadre du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord, on exerce depuis une vingtaine d'années une surveillance continue des polluants organiques persistants (POP) et des métaux lourds, notamment au sein de plusieurs hardes de caribous, dont l'aire de répartition comprend l'écozone+NB 71.

Des POP, comme le DDT, les BPC, les dioxines et les furanes, ont été détectés à de très faibles concentrations dans des caribous de la toundra. Ils ne représentent pas une menace tant pour la santé des caribous que pour celle des humains qui mangent du caribou. Comparativement à d'autres hardes, la concentration de cadmium est relativement élevée dans les reins et le foie des caribous Beverley, présents dans la Taïga du Bouclier en hiver et en automne. La source probable est le cadmium provenant des roches sous-jacentes, qui s'accumule dans le lichen que les caribous consomment. On constate que la concentration de mercure dans un certain nombre de hardes en divers points du pays varie avec le temps. Toutefois, les résultats ne sont pas concluants. On poursuit la surveillance de certaines hardes, dans le cadre du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord, en vue de déceler la tendance du mercure provenant de sources industrielles, et de déterminer le taux d'assimilation du mercure dans les chaînes alimentaires terrestres.

Poissons

Les contaminants s'infiltrent également dans le milieu aquatique et se concentrent dans les prédateurs qu'on retrouve au sommet de la chaîne alimentaire, comme certaines espèces de poissons. La concentration de mercure augmente de façon significative dans les lottes de rivière et les touladis pêchés dans le bassin occidental  et dans les lottes de rivière pêchées dans le bras oriental (bras est) du Grand lac des Esclaves. Cette tendance est peu prononcée dans le cas du touladi du bras est (figure18). En comparant ces résultats avec les résultats d'analyses de la concentration du mercure dans les poissons des plus petits lacs de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier, on a constaté que l'augmentation de la concentration du mercure est plus prononcée dans les lacs plus petits et moins profonds que dans le Grand lac des EsclavesNB 72. On n'observe aucune corrélation nette entre l'augmentation de la concentration de mercure dans les poissons du Grand lac des Esclaves et des facteurs climatiques, comme la température moyenne de l'air ou les précipitations. Il est possible que les plus récentes hausses de concentrations de mercure soient dues à l'augmentation des émissions de mercure industrielles mondiales. En Asie par exemple, les activités industrielles émettrices de mercure, comme les centrales au charbon et les aciéries sont de plus en plus nombreuses, une tendance qui devrait se poursuivre au cours des prochaines décenniesNB 73.

Figure 18. Tendances dans les concentrations de mercure, de BPC et de HCH dans les poissons du Grand lac des Esclaves, 1993-2008.
Le bras oriental du Grand lac des Esclaves se trouve dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier. Les échantillons ont été prélevés dans le secteur Lutsel K'e. Le bassin occidental du lac se trouve dans l'écozone+ de la Taïga des plaines. Les échantillons ont été prélevés dans le secteur de la rivière Hay (touladi) et dans l'émissaire de la rivière des Esclaves (lotte de rivière). Les lignes représentent des tendances prononcées (p<0.05). Les concentrations totales de DDT et de BPC n'indiquent pas de tendances significatives.
trois diagrammes de dispersion
Source: Evans, 2009NB 72
Description longue pour Figure 18

Ces trois diagrammes de dispersion combinés avec des graphiques linéaires montrent les informations suivantes :

Mercury (ug/g)
AnnéeTouladi du Hay River (Touladi du basin occidental)Touladi du Lutsel K'e (Touladi du bras oriental)Lotte du Hay River (Lotte du basin occidental)Lotte du Lutsel K'e (Lotte du bras oriental)
1993----
1994----
1995-0.12--
1996--0.08-
1997----
1998----
19990.110.140.110.08
2000-0.260.130.12
20010.200.150.180.12
20020.160.130.160.12
2003----
20040.170.150.180.17
20050.180.190.11-
20060.210.160.16-
20070.210.190.24-
20080.270.190.250.19
Average PCBs (ng/g)
AnnéeTouladi du Hay River (Touladi du basin occidental)Touladi du Lutsel K'e (Touladi du bras oriental)Lotte du Hay River (Lotte du basin occidental)Lotte du Lutsel K'e (Lotte du bras oriental)
1993142575138
1994----
1995-21--
1996--96-
1997----
1998----
1999281411880
2000-17168127
20011126180126
20023783112
2003----
20041729101174
2005155072-
2006171864-
2007726--
2008----
Average HCH (ng/g)
AnnéeTouladi du Hay River (Touladi du basin occidental)Touladi du Lutsel K'e (Touladi du bras oriental)Lotte du Hay River (Lotte du basin occidental)Lotte du Lutsel K'e (Lotte du bras oriental)
199323711
1994----
1995-1--
1996--7-
1997----
1998----
19993153
2000-168
20012267
20020136
2003----
20041113
2005003-
2006002-
200700--
2008----

 

Les concentrations de POP liées à l'activité humaine demeurent inchangées ou diminuent dans les poissons du Grand lac des Esclaves. Les concentrations de BPC et de DDT sont demeurées constantes de 1992 à 2007, alors qu'elles étaient fortement à la baisse dans le cas du HCH dans trois des quatre groupes d'échantillons (figure18). Les changements affectant l'écosystème lacustre ou la structure trophique des poissons du Grand lac des Esclaves pourraient accentuer ou masquer les tendances liées aux contaminants. Par exemple, les contaminants organiques sont plus susceptibles de s'accumuler dans les tissus adipeux, mais on a constaté que le volume de ces tissus a diminué dans le touladi au cours des dernières années, ce qui pourrait être lié à la variation du nombre relatif d'espèces différentes dans le lac, ou à d'autres changements dans l'écosystème lacustreNB 72.

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D'après les conclusions d'une étude sur la lotte de rivière dans le fleuve MackenzieNB 74, la tendance à la hausse des concentrations de mercure et de BPC pourrait être liée à la croissance de la productivité dans le milieu aquatique en raison de changements climatiques. Les contaminants peuvent circuler plus aisément au sein du réseau trophique lorsque la productivité est plus grande. La complexité du tableau pourrait être accrue par des changements du régime des feux de forêt. Kelly et al, 2006NB 75 ont démontré, dans une étude effectuée dans la région de Jasper, en Alberta, que les poissons des lacs dont les bassins versants avaient récemment subi des feux de forêt présentaient des concentrations élevées de mercure, ce qui était attribué aux augmentations de l'apport de mercure dans les lacs et aux augmentations de nutriments qui ont favorisé la productivité et modifié les réseaux trophiques.

Le mercure dans les poissons affectés par les réservoirs

Les végétaux des zones inondées par l'aménagement de nouveaux réservoirs se décomposent, augmentant la charge en mercure, créant des conditions de faibles teneurs en oxygène et augmentant la source de carbone pour les bactéries qui convertissent le mercure inorganique en méthylmercure, substance absorbée ensuite par les organismes aquatiques, y compris le plancton, les insectes et les poissons. Après l'aménagement d'un réservoir, on observe habituellement une augmentation rapide de la concentration de mercure dans la chaîne trophique, puis une lente diminution de la concentration de méthylmercure à mesure que diminuent les végétaux submergés en décompositionNB 76.

Dans la région de la baie James, dans la partie est de la Taïga du Bouclier, la construction du complexe hydroélectrique La Grande a influé sur la concentration de mercure dans les cours d'eau et les terres humides. Depuis la fin des années 1970, on surveille la concentration du mercure dans les poissons présents dans le complexeNB 77. Dans tous les réservoirs du complexe, on observe la même tendance à la hausse de la concentration de mercure suivie d'une baisse dans les poissons (figure19). En général, les concentrations atteignent un pic entre la cinquième et la treizième année suivant l'inondation. Les plus fortes concentrations sont de trois à huit fois supérieures aux concentrations de fond. Les teneurs en mercure diminuent ensuite graduellement, de 10 à 35 ans après l'inondation, pour atteindre celles observées dans les lacs naturels de la région. L'intervalle de temps est étendu, compte tenu des différentes espèces, des différents niveaux trophiques (tableau 3) et des différents réservoirs qui sont étudiés. Le grand brochet, comme prédateur supérieur, est l'espèce qui affiche les concentrations de mercure les plus élevées et chez qui ces concentrations prennent le plus de temps à retourner aux niveaux de fond.

Figure 19. Concentration de mercure chez le grand brochet dans les réservoirs du complexe La Grande, de 0 à 29 ans après la mise en eau.
La classe de taille des poissons est de 700 mm (longueur). Notez que la limite de mercure pour le marché est de 0,5 mg/kg. Dates de mise en eau (début de la période de remplissage) : Robert-Bourassa-1978, La Grande 3 1981, La Grande 1 1993, Caiapiscau 1981, Laforge 2 1983.
Diagramme
Source : Mise à jour d'après Schetagne et al. 2003NB 77 compte tenu de données fournies par Hydro Québec
Description longue pour Figure 19

Des deux diagrammes linéaires montrent l'évolution des concentrations de mercure total dans les grands brochets de cinq réservoirs du complexe La Grande. Les concentrations de mercure dans les réservoirs Robert­Bourassa, La Grande 3 et La Grande 1 (diagramme supérieur) atteignent des sommets entre 10 et 15 ans, ces sommets étant trois ou quatre fois plus élevés que l'intervalle des valeurs moyennes mesurées dans des conditions naturelles pour cette classe de taille. Les concentrations de mercure chez le grand brochet dans les réservoirs Caniapiscau et Laforge 2 (diagramme inférieur) ont atteint un sommet légèrement plus tôt (de 10 à 12 ans après la mise en eau), et ces sommets n'étaient pas aussi élevés que ceux mesurés dans les autres réservoirs. Après l'atteinte de ces sommets, les concentrations ont diminué de façon constante; après 25 ans, les concentrations de mercure dans les réservoirs La Grande 1, Caniapiscau et Laforge 2 s'approchaient des concentrations mesurées avant la mise en eau, et les réservoirs Robert­Bourassa et La Grande 3 présentaient des tendances à la baisse.

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Tableau 3. Augmentation et baisse des concentrations de mercure chez les poissons de niveaux trophiques différents, complexe La Grande
Augmenta-tion du niveau trophiqueEspècesConcentrations maximales de mercureMoment du picRetour aux concentrations de fond
Espèces non piscivores (meunier rouge et grand corégone)0,3-0,7 mg/kg (3 à 6 fois les concentrations de fond)5 à 10 ans après l’inondation10 à 20 ans après l’inondation
Espèces piscivores (doré et touladi)2,4-3,1 mg/kg (4 à 6 fois les concentrations de fond)10 ans après l’inondation20 à 30 ans après l’inondation
Grand brochet (espèce piscivore qui, dans certains réservoirs, se nourrit d’autres poissons piscivores)1,9-4,7 mg/kg (3 à 8 fois les concentrations de fond)10 à 13 ans après l’inondation20 à 35 ans (prévision) après l’inondation

Source: Therrien et Schetagne, 2008, 2009NB 78 NB 79 NB 80

L'augmentation de la concentration de mercure liée à la mise en eau et à l'inondation des terres a eu une incidence sur les cours d'eau et les lacs en aval des réservoirs. Le mercure transporté en aval était principalement dissout dans l'eau ou dans les particules solides en suspension, mais il a aussi été transporté dans le planctonNB 81. Le mercure provenant des sols inondés a été absorbé par le plancton dans les réservoirs, un processus qui a été favorisé par les concentrations élevées de carbone et de nutriments libérés par les végétaux submergés en décompositionNB 82. La principale voie de transfert du mercure chez les poissons en aval a été le zooplancton qui dérivait en provenance des eaux de retenue81. Les grands corégones capturés dans le lac Cambrien, à 275 km en aval du réservoir Caniapiscau, présentaient des concentrations élevées de mercure, mais aucun effet n'a été observé chez les poissons capturés 355 km en aval du réservoir81. Dix ans après la mise en eau, les concentrations de mercure chez les grands corégones du lac Cambrien étaient revenues aux niveaux mesurés avant les travaux d'aménagement.

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Charge en éléments nutritifs et efflorescences algales

Constatation clé 12
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Les apports d'éléments nutritifs aux systèmes d'eau douce et marins, et plus particulièrement dans les paysages urbains ou dominés par l'agriculture, ont entraîné la prolifération d'algues qui peuvent être nuisibles ou nocives. Les apports d'éléments nutritifs sont en hausse dans certaines régions et en baisse dans d'autres.

La principale cause anthropique de l'apport de nutriments dans les systèmes d'eau douce de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier est l'aménagement hydroélectrique, par l'intermédiaire de l'inondation des terres et la construction de réservoirs. Cette question est abordée à la page 28, dans la section Barrages et les réservoirs.

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Changements climatiques

Constatation clé 14
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
L'élévation des températures partout au Canada ainsi que la modification d'autres variables climatiques au cours des 50 dernières années ont eu une incidence directe et indirecte sur la biodiversité dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine.

La couverture et la distribution des données sur les tendances climatiques présentent des lacunes pour cette écozone+. Les températures ont affiché une tendance à la hausse, tandis que les tendances liées aux précipitations étaient variables; la durée d'enneigement a diminué aux trois stations où des mesures ont été prises7. Les répercussions écologiques les plus évidentes sont associées aux changements touchant le pergélisol dans le sud et l'est de l'écozone+, ainsi qu'aux changements sur le plan de l'hydrologie. Certaines indications semblent pointer vers d'autres répercussions; par exemple, il est possible que les caribous soient touchés par l'augmentation de la teneur en glace de la neige (voir page 47).

Les changements climatiques auront des répercussions à grande échelle sur la Taïga du Bouclier, car le climat joue un rôle très important dans la structure et les processus écologiques de la région. Cependant, en raison du peu de surveillance assurée actuellement dans l'écozone+, la plupart des prévisions liées aux répercussions pour la Taïga du Bouclier sont fondées sur des données obtenues ailleurs. La couverture terrestre est composée principalement de forêt boréale et de forêt-toundra. On prévoit que les écosystèmes de la forêt boréale et les régimes de feux changeront à mesure que les tendances climatiques modifieront la végétation ou les combustibles, la foudre et la gravité des feux. Les changements climatiques réduiront probablement la superficie de la forêt boréale et en augmenteront la fragmentationNB 83. De plus, les températures plus élevées pourraient aussi favoriser l'introduction de nouveaux organismes nuisibles et de nouvelles maladies touchant les espèces sauvages.

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Tendances climatiques

Les températures à la hausse et la durée d'enneigement réduite sont les tendances les plus prononcées observées aux stations climatiques de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier (tableau 4).

Tableau 4. Aperçu des tendances climatiques pour le Canada et pour l'écozone+ de la Taïga du Bouclier, 1950-2007
Variable climatiqueTendances depuis 1950Représentativité des tendances
TempératureCanada : les températures annuelles moyennes ont augmenté d'avantage (> 2 oC) dans le nord et le nord-ouest du Canada, tandis que l'augmentation a été moindre (< 1 oC) dans l'est du Canada.
Taïga du Bouclier : les températures annuelles moyennes ont généralement augmenté; Yellowknife et Kuujjuarapik (sur la côte de la baie d'Hudson) ont connu des hausses significatives de > 1,5 oC. Les tendances saisonnières sont présentées à la figure20 .
L'écozone+ de la Taïga du Bouclier est composée de deux régions climatiques distinctes de part et d'autre de la baie d'Hudson, et on y retrouve une faible distribution de stations permettant le calcul d'une moyenne pour l'écozone+. Il y a peu de stations dans la Taïga du Bouclier ouest, tandis que les stations situées à l'est de la baie d'Hudson se trouvent pour la plupart sur la côte. Les tendances sont donc décrites pour certains endroits précis.
PrécipitationsCanada : les précipitations annuelles totales ont généralement augmenté, bien que peu de stations aient affiché une tendance significative.
Taïga du Bouclier : les précipitations annuelles totales ont peu changé à la plupart des stations – Fort Reliance étant l'exception, car on y a mesuré une augmentation significative des précipitations. Les tendances saisonnières étaient assez variables; elles étaient principalement à la hausse, mais des diminutions significatives ont été mesurées durant certaines saisons à deux stations du Labrador (figure21).
L'écozone+ de la Taïga du Bouclier est composée de deux régions climatiques distinctes de part et d'autre de la baie d'Hudson, et on y retrouve une faible distribution de stations permettant le calcul d'une moyenne pour l'écozone+. Il y a peu de stations dans la Taïga du Bouclier ouest, tandis que les stations situées à l'est de la baie d'Hudson se trouvent pour la plupart sur la côte. Les tendances sont donc décrites pour certains endroits précis.
Neige

Canada : la durée de l'enneigement a connu la diminution la plus prononcée au printemps, particulièrement dans les stations situées à l'ouest et au nord.
Taïga du Bouclier : des diminutions significatives de la durée d'enneigement (1950-2006) ont été mesurées au printemps (février-juin) aux trois stations ayant assez de données pour en permettre l'analyse :

  • Yellowknife (11 jours)
  • Kuujjuarapik (13 jours)
  • Kuujjuaq (36 jours)
L'écozone+ de la Taïga du Bouclier est composée de deux régions climatiques distinctes de part et d'autre de la baie d'Hudson, et on y retrouve une faible distribution de stations permettant le calcul d'une moyenne pour l'écozone+. Il y a peu de stations dans la Taïga du Bouclier ouest, tandis que les stations situées à l'est de la baie d'Hudson se trouvent pour la plupart sur la côte. Les tendances sont donc décrites pour certains endroits précis.

Source : Zhang et al., 2011NB 7 et données fournies par les auteurs

Sommaire du tableau

Ce tableau présente les faits saillants d'une analyse de données climatiques canadiennes, lesquelles ont été vérifiées et corrigées compte tenu de sources d'erreurs systématiques; les stations subissant d'importants effets de réchauffement urbain ont été exclues.

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Figure 20. Tendances liées à la température par saison, 1950-2007.
La variation totale sur le plan de la température au cours de la période de 58 ans est indiquée pour les sites où la tendance est statistiquement significative. Définition des saisons – printemps : mars-mai; été : juin-août; automne : septembre-novembre; hiver : décembre-février.
cartes
Source: Zhang et al., 2011NB 7
Description longue pour Figure 20

Cet ensemble de quatre cartes montre le changement de la température annuelle moyenne (oC) pour chaque saison dans certaines villes et petites agglomérations, dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier, entre 1950 et 2007. Plusieurs endroits ont présenté des augmentations significatives de la température annuelle moyenne, les températures hivernales à Yellowknife (Territoires du Nord­Ouest) et à Uranium City (Saskatchewan) ayant augmenté de 4,8o et de 4,7o, respectivement. À Kuujjuarapik (Québec), la température a augmenté de 2,5o pendant l'été et de 1,6o pendant l'automne, et la température en automne à Kuujjuaq (Québec) a augmenté de 1,7o.

 

Figure 21. Variation de la quantité de précipitations, 1950-2007, par saison.
La variation est exprimée en pourcentage de la moyenne calculée pour la période 1961-1990. Définition des saisons – printemps : mars-mai; été : juin-août; automne : septembre-novembre; hiver : décembre février.
cartes
Source: Zhang et al., 2011NB 7
Description longue pour Figure 21

Dans cet ensemble de quatre cartes, la variation est exprimée en pourcentage de la moyenne calculée pour la période 1961-1990 et est présentée pour toutes les saisons. Plusieurs villes ont connu une augmentation considérable des précipitations (> 40 %) pendant une des quatre saisons, y compris Fort Reliance (Territoires du Nord­Ouest) au printemps, à l'automne et en hiver, Uranium City (Saskatchewan) au printemps, Brochet (Manitoba) en hiver et Nitchequon (Québec) au printemps et en hiver. Quelques villes ont connu des augmentations plus modérées (10 à 40 %) pendant l'été (Nain, à Terre-Neuve-et-Labrador, et Kuujjuaq, au Québec) et l'automne (Kuujjuaq et Kuujjuarapik, au Québec). Churchill Falls (hiver) et Hopedale, à Terre­Neuve­et­Labrador, et le site de Yellowknife Hydro (été) ont été les seuls endroits à connaître d'importantes diminutions des précipitations.

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Connaissances des Autochtones en ce qui a trait aux tendances climatiques

Les peuples autochtones reconnaissent les tendances à la hausse des températures, et ils notent que les températures sont plus variables et moins prévisibles que par le passéNB 84. Des différences régionales sont également apparentes et montrent combien les tendances climatiques varient à l'échelle locale. Voici certains changements climatiques observés en ce qui a trait aux vents dans la Taïga du Bouclier :

  • Les vents sont plus forts et changent de direction plus souvent (Lutsel K'eNB 54).
  • Les vents les plus forts se produisent plus tard à l'automne (NunutsiavutNB 85).
  • Du milieu des années 1980 au milieu des années 1990, les vents mesurés en avril et en mai provenaient le plus souvent du nord, entraînant une réduction de la taille des bandes de Bernaches du Canada, ralentissant la fonte printanière et contribuant aux tendances au refroidissement observées durant le printemps et l'été à l'est de la baie d'HudsonNB 86.

Les Autochtones font état d'une diminution des chutes de pluie dans certaines régions (nord de la Saskatchewan, 2006NB 87, Nunutsiavut, 2007NB 85, baie James, 2008NB 88).

Une série de changements similaires liés aux chutes de neige a été signalée dans plusieurs régions de la Taïga du Bouclier est. La neige arrive plus tard dans la saison, et il y en a habituellement moins. Les chutes de neige importantes sont rares et la neige fond plus rapidement, ce qui entraîne une diminution de l'accumulation, peut-être en raison des vents plus importants (Nunutsiavut, 2007NB 85, régions de la baie d'Hudson et de la baie James, 2007-2008NB 88 NB 89).

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Tendances climatiques et habitat du caribou : territoire d'hivernage de la harde de caribous de Bathurst

Le territoire d'hivernage de la harde de caribous de Bathurst est situé dans la Taïga du Bouclier ouest. Le recensement de la harde réalisé en 2009 sur le terrain de mise bas indique un récent déclin marqué de la population (figure27), dont les causes sont inconnues. Une étude des changements écologiques liés aux conditions migratoires des hardes durant l'hiver et avant la période de mise bas a révélé des changements en ce qui a trait à deux importants indicateurs de l'habitat liés au climat.

  1. Le caribou a tendance à traverser rapidement ou à éviter les territoires ayant été récemment brûlés, car ils présentent peu de lichenNB 90 NB 91.La superficie des forêts matures (plus de 50 ans) a diminué de façon significative sur le territoire d'hivernage depuis 1959 en raison de l'augmentation des feux, cette augmentation étant elle-même corrélée positivement à l'augmentation des températures estivales (juin-septembre). L'analyse est fondée sur les données provenant de la base de données sur les grands incendies de forêt, dont il est question dans la section Tendances des feux de forêt à la page 68, ainsi que sur l'analyse de l'imagerie satellitaire et des données climatiques.
  2. Durant l'hiver, le caribou creuse des trous dans la neige pour accéder au lichen. Les conditions de neige défavorables forcent le caribou à utiliser davantage d'énergie pour y parvenir, ce qui entraîne des changements sur le plan de l'état corporel, ou de la survie des faons au printemps suivant ou, dans les cas extrêmes, un état d'inanitionNB 92 NB 93. Il est possible que l'accès au lichen durant l'hiver se soit détérioré pour le caribou de Bathurst, puisque la neige est plus dure qu'avant. La teneur en glace de la neige, estimée à partir de données sur le climat et la neige, a augmenté significativement durant la période 1963-2006. La glace provenait principalement (90 %) des cycles printaniers de gel-dégel, tandis que les épisodes de pluie sur la neige étaient responsables, en moyenne, de 10 % de la teneur en glace. Les chercheurs ont suggéré une valeur seuil pour les impacts majeurs sur le caribou, cette valeur étant une teneur en glace de la neige équivalant à environ 10 mm d'eauNB 94. La figure22 illustre la tendance à la hausse en ce qui a trait au pourcentage d'années durant lesquelles la dureté de la neige a dépassé ce seuil. Les données d'observation indiquant que la neige est de plus en plus « dure » ou que la croûte glacée est plus importante concordent avec le savoir traditionnel autochtone sur le sujet, de même qu'avec les prévisions des modèles de changement climatique mondial.
Figure 22. Tendance du pourcentage d'années associées à une teneur élevée en glace de la neige, territoire d'hivernage de la harde de caribous de Bathurst, 1963-2006.
La teneur en glace de la neige est estimée à partir de données sur le climat et sur l'épaisseur de la neige (d'après une analyse des données visant à déterminer les conditions produisant des couches de glace dans la neige). Les valeurs de la teneur en glace de la neige sont basées sur une moyenne obtenue à partir de quatre stations : Yellowknife, Fort Reliance, Rae Lakes et Uranium City.
diagramme
Source : d'après Chen et al., en préparationNB 95
Description longue pour Figure 22

Ce diagramme à barres montre les informations suivantes :

AnnéePourcentage d'années pour lesquelles l'indice de glace dans la neige était > 10 mm d'équivalent en eau
1963-6914
1970s20
1980s20
1990s30
2000-0643

Cette figure a aussi une photographie de caribous de Bathurst à la fin de l'hiver, Taïga du Bouclier ouest.

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Services écosystémiques

Constatation clé 15
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Le Canada est bien pourvu en milieux naturels qui fournissent des services écosystémiques dont dépend notre qualité de vie. Dans certaines régions où les facteurs de stress ont altéré le fonctionnement des écosystèmes, le coût pour maintenir les écoservices est élevé, et la détérioration de la quantité et de la qualité des services écosystémiques ainsi que de leur accès est évidente.

Par le passé, les services écosystémiques de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier ont assuré la subsistance des peuples autochtones, et la nourriture et les ressources traditionnelles ou prélevées dans la nature demeurent importantes, particulièrement dans les petites et moyennes collectivités (figure23 ). Nombre de résidents non autochtones utilisent aussi abondamment les aliments prélevés dans la nature. Il y a toutefois des variations culturelles et régionales. Par exemple, les bernaches représentent jusqu'à 25 % de la viande sauvage consommée par les Cris de la baie JamesNB 57 NB 96 NB 97, tandis que le caribou de la toundra représente un aliment traditionnel important pour les Dénés et les InnusNB 54 NB 84 NB 98 NB 99. Le poisson est aussi un aliment traditionnel important dans l'ensemble de l'écozone+. Parmi les autres usages traditionnels et contemporains des plantes et des animaux, on compte la fabrication de médicaments etNB 100 et l'artisanatNB 101.

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Figure 23. Proportion de ménages consommant des aliments traditionnels ou prélevés dans la nature, 1999 et 2004, collectivités des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) au sein de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier.
Pourcentage de ménages déclarant que plus de 75 % de leur viande et de leur poisson a été obtenu dans les T.N.-O. Collectivités étudiées : Behchokò (Rae-Edzo), Detah, Gamètì (Rae Lakes), Lutselk'e, Wekweètì, Yellowknife.
diagramme
Source : données du Bureau de la statistique des T.N.-O. et de l'enquête régionale menée en 2002 aux T.N.-O. sur l'emploi et la récolte, lesquelles données ont été présentées dans un rapport du ministère de l'Environnement et des Ressources naturelles du gouvernement des T.N.-O., 2009NB 69
Description longue pour Figure 23

Ce diagramme à barres présente les informations suivantes :

Pour cent des ménages
AnnéeTaille de la collectivité - Grande (Yellowknife)Taille de la collectivité - MoyenneTaille de la collectivité - Petite
19998%56%63%
20045%38%53%

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Changements touchant la disponibilité des aliments traditionnels ou prélevés dans la nature

Il ne suffit pas de maintenir des populations fortes d'espèces ciblées pour assurer un approvisionnement et un accès continus à des aliments traditionnels ou prélevés dans la nature. En effet, les facteurs socio-économiques sont également importants, tout comme un ensemble de caractéristiques écosystémiques. Les exemples ci-dessous illustrent certaines catégories de menaces pour l'approvisionnement continu en biens et services écosystémiques au sein de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier.

Diminution des populations animales

Dans la Taïga du Bouclier ouest, les hardes de caribous de la toundra sont en déclin depuis le milieu des années1990. La harde de Bathurst (qui hiverne dans la Taïga du Bouclier ouest) a diminué de façon particulièrement marquée au cours des dernières années (voir la section Caribou migrateur de la toundra à la page54). Cette situation a entraîné la mise en œuvre de mesures de gestion d'urgence qui ont un effet direct sur la chasse dans l'écozone+.

Changements environnementaux ayant une incidence sur l'accès aux secteurs de chasse et de pêche

Les réseaux de sentiers qui relient les collectivités et les secteurs de récolte dans les régions ne comptant pas de routes permettent l'accès aux secteurs de chasse et de pêche. Les changements climatiques observés dans le Nord québécois ont modifié la période durant laquelle il est possible d'avoir accès de façon sécuritaire à certains milieux locaux et à des ressources alimentaires clés le long de ces réseaux de sentiers traditionnelsNB 102.

Détérioration de la qualité ou de la salubrité des aliments

Les contaminants provenant du transport atmosphérique à grande distance (voir la section Contaminants  à la page36) soulèvent des préoccupations continues quant à la salubrité des aliments dans l'ensemble de l'écozone+. Dans la région de la baie James, les collectivités autochtones ont été touchées par l'augmentation des concentrations de mercure provenant des réservoirs du complexe La Grande (voir la section Le mercure dans les poissons affectés par les réservoirs à la page 39). Le mercure mesuré chez les Cris a atteint des concentrations préoccupantes, puis ces concentrations sont redescendues alors que les concentrations mesurées chez les poissons ont diminué et que les gens ont modifié leurs méthodes de pêche traditionnelles et réduit leur consommation de poissonNB 103. Les avis sur la santé liés aux contaminants ont des répercussions sur l'économie locale, l'alimentation ainsi que le bien-être sur le plan social et psychologique. La crainte de tomber malade à cause d'un aliment traditionnel provoque une anxiété et des répercussions sociales intenses et persistantesNB 104.

Changements touchant la faune

Bien que les populations de bernaches du Canada aient augmenté depuis le milieu des années1990 dans la Taïga du Bouclier estNB 105, le taux de succès de chasse a diminué chez les Cris de la baie JamesNB 106. Les chasseurs disentNB 106 NB 107qu'un certain nombre de changements de comportement chez les bernaches et chez les chasseurs sont la cause de ce problème. Par exemple, les schémas migratoires des bernaches ont changé : les bernaches volent plus haut et la période de migration est plus courte; les bernaches ont aussi changé leur voie migratoire, passant d'avantage à l'intérieur des terres comparativement à ce qu'elles avaient l'habitude de faire. Selon les chasseurs, plusieurs causes expliquent ces phénomènes, notamment des changements liés aux régimes climatiques, le déclin des zostères marines, les répercussions des aménagements hydroélectriques et des changements sur le plan des pratiques de chasse. Par ailleurs, certaines modifications sur le plan des pratiques de chasse sont liées à des changements environnementaux. En effet, la chasse traditionnelle mise beaucoup sur l'utilisation en alternance de nombreux sites de chasse afin de perturber le moins possible les bernaches en migration, mais à certains endroits, les changements environnementaux ont entraîné la diminution du nombre de sites de chasse utilisés (figure24), ce qui réduit le taux de succès de chasse.

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Figure 24. Carte des sites de chasse utilisés pour la chasse printanière aux bernaches, Blackstone Bay, territoire Wemindji, 1979 et 2006.
La réduction du nombre de sites utilisés et leur regroupement autour d'un point central étaient liées à deux causes : 1) des changements environnementaux observés à certains sites ont fait en sorte que ces sites ne représentaient plus un habitat adéquat pour la bernache; 2) certains sites ne pouvaient plus être atteints, car la glace sur la baie était devenue trop mince et non sécuritaire au printemps. Le triangle indique l'emplacement du camp.
carte
Source: Scott, 1983 dans Peloquin, 2007NB 107
Description longue pour Figure 24

Cette image montre une diminution considérable du nombre de sites de chasse utilisés pour la chasse printanière aux bernaches, à Blackstone Bay, en territoire Wemindji. En 1979, treize sites étaient utilisés pour la chasse, alors qu'en 2006, quatre sites seulement étaient utilisés. Deux facteurs principaux expliquent cette diminution : certains sites ne sont plus un habitat propice aux bernaches, et l'amincissement de la glace a rendu certains sites inaccessibles au printemps.

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Quelle est la valeur d'une harde de caribous?

Approche globale pour l'évaluation économique de biens et services écosystémiques

Une étude menée en 2008 pour le Conseil de gestion des caribous de Beverly et de QamanirjuaqNB 108 a examiné la valeur des biens et services culturels fournis par les hardes de Beverly et de Qamanirjuaq. Cette étude a été conçue selon un modèle considérant la valeur de ces services afin d'inclure les éléments suivants :

  • valeurs d'usage direct : principalement la viande, mais aussi les peaux et les bois pour utilisation dans les arts, l'artisanat et les produits culturels;
  • valeurs indirectes;
  • valeur des expériences et d'autres bienfaits non tangibles, comme les plaisirs liés aux loisirs, la famille et les liens et la transmission des modes de vie traditionnels;
  • valeur de l'existence du caribou : en tant que legs pour les générations futures et pour avoir la possibilité de chasser dans l'avenir.

Seules les valeurs d'usage direct peuvent être quantifiées en termes de valeur commerciale (tableau 5 ). La valeur d'usage direct estimée pour la harde de Beverly était de 4,9 millions de dollars en 2005-2006, principalement (4,1 millions de dollars) au titre de la chasse domestique, 76 % des prises réalisées cette année-là ayant été faites par des collectivités autochtones du nord de la Saskatchewan.

Tableau 5. Estimations de la valeur d'usage direct annuelle des hardes de caribous de Beverly et de Qamanirjuaq

Valeur d'usage direct estimée pour les hardes de caribous de Beverly et de Qamanirjuaq (total de 19,9 millions de dollars/année)

Table 5.1 Par administration
Administration$ million/annérPercentage
Nunavut11.859
Manitoba3.820
Saskatchewan3.417
T.N.-O.0.84
Table 5.2 Par type de capture
Type de capture$ million/annérPercentage
Domestique (Autochtone)14.774
Pourvoirie4.121
Entreprise commerciale et agréée1.05
Table 5.3 Par harde
Herde$ million/annérPercentage
Qamanirjuaq1576
Beverly4.824

Valeur calculée pour les captures domestiques et par des résidents (agréés), par des pourvoiries et des entreprises commerciales, d'après la valeur du remplacement de la viande et des peaux (en tenant compte des coûts de la chasse et des différences régionales en termes de coûts, comme pour le transport). Les pourvoiries ont été considérées comme une activité économique, et leur contribution annuelle nette au PIB a été calculée. Les estimations sont basées sur les statistiques de 2005 2006.
données provenant de InterGroup Consultants Ltd, 2008NB 108

Les valeurs indirectes ont été examinées à la lumière d'études précédentes menées dans la région ainsi que de questionnaires et d'entretiens. Les auteurs ont conclu que la chasse au caribou et les activités connexes (comme la préparation et le partage de la viande et les fêtes communautaires) étaient perçues par les personnes vivant dans l'ensemble de l'aire de répartition des deux hardes comme essentielle au maintien et au transfert des connaissances, des habiletés et des normes culturelles. De nombreuses personnes interrogées ont souligné l'importance de la chasse au caribou pour leur identité et pour la revitalisation de leur collectivité.

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Petites industries

Le piégeage d'animaux à fourrure, qui a déjà constitué une partie importante de l'économie de la Taïga du Bouclier, est toujours pratiqué, mais par un nombre relativement faible de résidents (figure25). Malgré le déclin de cette industrie, dû à des changements sur le plan des valeurs sociales et des habitudes de consommation, le piégeage d'animaux à fourrure demeure une source de revenus importante pour plusieurs petites collectivités.

Figure 25 Trappeurs actifs dans la portion des Territoires du Nord-Ouest située dans la Taïga du Bouclier, 2001 2008.
diagramme
Source : base de données de la Récolte de fourrure des Territoires du Nord-Ouest, présentées dans un rapport du ministère de l'Environnement et des Ressources naturelles du gouvernement des T.N.-O.,NB 69
Description longue pour Figure 25

Ce diagramme linéaire montre the following information :

AnnéeNombre de trappeurs
2001165
2002140
2003166
2004180
2005157
2006145
2007151
2008117

 

La récolte du bois à petite échelle est une autre source de consommation modeste des services écosystémiques de la Taïga du Bouclier. La majeure partie du bois est récoltée pour servir de bois de chauffage, ou est récoltée par de petites entreprises locales vendant du bois d'œuvre et du combustible. Le niveau de récolte est trop faible pour avoir des répercussions graves sur la forêt boréale de la Taïga du Bouclier, et il s'agit d'une activité qui contribue de façon importante à l'économie monétaire et non monétaire de nombreuses petites collectivitésNB 69.

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