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Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ de la Taïga du Bouclier

Conclusion : bien-être humain et biodiversité

La majeure partie de l’écozone+ de la Taïga du Bouclier est un milieu sauvage intact composé d’une vaste étendue de forêt boréale dont la densité diminue progressivement pour se transformer en toundra à sa limite nordique. Séparée en deux par la baie d’Hudson, cette écozone+ traverse plusieurs frontières politiques et englobe une partie ou l’ensemble des territoires traditionnels des Inuits et d’un certain nombre de Premières Nations. Autrefois, les ressources biologiques de la Taïga du Bouclier étaient l’unique moyen de subsistance des humains qui l’habitaient.

Aujourd’hui, ces ressources sont toujours importantes pour les résidents, en particulier pour les peuples autochtones. La biodiversité de la Taïga du Bouclier soutient l’économie non monétaire de la région et fournit des éléments essentiels comme de la nourriture, des vêtements et du combustible. Cette biodiversité sert aussi d’assise culturelle pour les peuples qui vivent sur ce territoire depuis des millénaires. Le nombre grandissant de parcs et d’aires protégées dans l’écozone+ offre des occasions de développement de l’économie monétaire grâce au tourisme et aux services connexes.

La Taïga du Bouclier est également importante pour les personnes à l’extérieur de l’écozone+. En effet, elle constitue la limite méridionale de l’aire de répartition des grandes hardes de caribous migrateurs qui assurent la subsistance de nombreuses personnes et collectivités situées plus au nord. Cette écozone+ correspond aussi à la limite septentrionale de l’habitat de l’orignal, et elle contribue à soutenir une espèce importante pour les personnes et les écosystèmes situés plus au sud. De plus, la Taïga du Bouclier assure la subsistance d’un large éventail d’oiseaux migrateurs durant certaines parties de leur cycle annuel, offrant un milieu relativement peu perturbé pour des espèces qui pourraient être soumises à des pressions ailleurs dans leur aire de répartition.

Les plus grandes menaces pour la biodiversité de l’écozone+ de la Taïga du Bouclier proviennent de l’activité humaine, tant à l’échelle locale qu’à l’échelle mondiale. Les ressources physiques de la Taïga du Bouclier – principalement sa capacité hydroélectrique et ses ressources minières – ont représenté un attrait pour le développement, et d’autres projets sont planifiés dans un futur rapproché. Les aménagements hydroélectriques dans la Taïga du Bouclier ont inondé de grandes superficies de terres et modifié de façon importante les régimes hydrologiques de plusieurs réseaux hydrographiques importants, ce qui a eu des conséquences sur la biodiversité terrestre et aquatique. La mise en valeur des ressources minérales – particulièrement dans la Taïga du Bouclier ouest – est toujours en grande partie en phase d’exploration, mais une découverte importante pourrait entraîner une augmentation rapide de la perturbation linéaire pour la mise en place de corridors de transport et de communication, ce qui augmenterait la fragmentation des grandes étendues de forêt boréale de la Taïga du Bouclier.

Le changement climatique mondial représente l’autre menace importante pour la biodiversité dans la Taïga du Bouclier. Déjà, l’écozone+ affiche certains effets associés au réchauffement, et elle sera vulnérable aux répercussions graves à mesure que cette tendance s’accentuera. L’impact cumulatif des changements climatiques et des activités humaines à l’échelle locale

peut être particulièrement important. Par exemple, dans la partie est de l’écozone+, une décomposition importante du pergélisol a été documentée, de même que la présence accrue d’étangs thermokarstiques.

Le maintien de la biodiversité de la Taïga du Bouclier et du caractère intact de son milieu sauvage représente un élément important pour les personnes qui vivent à l’intérieur et à l’extérieur des frontières de l’écozone+. Ce territoire fait partie du mécanisme naturel complexe propre à la forêt boréale qui constitue l’un des principaux écosystèmes de la Terre et est une composante importante – bien que non entièrement comprise – des systèmes physiques et biologiques mondiaux.