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Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ de la Taïga du Bouclier

Ce rapport est aussi disponible en version PDF. [PDF, 3.69 Mo]

Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010

Rapport sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés no 9
Publié par les Conseils canadiens des ministres des ressources

Information sur le document

Page de couverture

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l'écozone+ de la Taïga du Bouclier. [Ressource électronique]

Publ. aussi en anglais sous le titre :
Taiga Shield Ecozone+ evidence for key findings summary.
Monographie électronique en version PDF.
En14-43/0-9-2014F-PDF
 978-0-660-22057-4

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Photos de la page couverture : Limite de la zone arborée, lac Singing, Territoires du Nord‑Ouest, © C. O'Brien; et palses recouvertes de lichens et d'arbustes entourées d'un étang résultant de la fonte du pergélisol dans une tourbière oligotrophe près du village de Radisson, Québec, Serge Payette.

Ce rapport devrait être cité comme suit :
Secrétariat du RETE. 2014. Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l'écozone+ de la Taïga du Bouclier. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés no 9. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, (Ont.). ix + 93 p. Rapports techniques

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2014
Also available in English

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Préface

Les Conseils canadiens des ministres des ressources ont élaboré un Cadre axé sur les résultats en matière de biodiversitéNB1 en 2006 pour mettre l'accent sur les mesures de conservation et de restauration conformément à la Stratégie canadienne de la biodiversitéNB2. Le rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010NB3 a été le premier rapport rédigé suivant ce cadre. Il présente 22 constatations clés issues de la synthèse et de l'analyse de rapports préparés dans le cadre du présent projet. Ces rapports techniques présentent des renseignements et des analyses sur l'état et les tendances pour de nombreux thèmes nationaux intersectoriels (série de rapports techniques thématiques) et pour les écozones+ terrestres et marines du Canada (série de rapports techniques sur les écozones+). Plus de 500 experts ont participé à l'analyse des données ainsi qu'à la rédaction et à l'examen de ces documents de base. Des rapports sommaires ont également été élaborés pour chaque écozone+ terrestre afin de présenter les éléments probants propres à ces écozones relativement à chacune des 22 constatations clés nationales (série de rapports sommaires sur les éléments probants relativement aux constatations clés). Ensemble, l'intégralité du complément de ces produits constitue le rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes en 2010 (RETE).

Le rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes en 2010 (RETE)
carte
Description Longue pour écozones+ la carte du Canada

Cette carte du Canada montre le cadre de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes, appelé « écozones+ ». Cette carte illustre la répartition des 15 écozones+ terrestres (Maritime de l'Atlantique; Boréale de Terre-Neuve; Taïga du bouclier; Plaines à forêts mixtes; Bouclier boréal; Plaines hudsoniennes; Prairies; Plaines boréales; Cordillère montagnarde; Bassin intérieur de l'Ouest; Maritime du Pacifique; Cordillère boréale; Taïga de la cordillère; Taïga des plaines; Arctique), deux grandes écozones+ de lacs (Grand Lacs; Lac Winnipeg), et neuf écozones+ marines (Estuaire et golfe du Saint-Laurent; Golfe du Maine et plateau néo-écossais; Plateaux de Terre-Neuve et du Labrador; Baie d'Hudson, baie James et bassin Foxe; Archipel Arctique canadien; Mer de Beaufort; Côte nord et détroit d'Hécate; Côte ouest de l'île de Vancouver; Détroit de Georgia).

Ce rapport, Sommaire des éléments probants relativement aux constations clés pour l'écozone+ de la Taïga du Bouclier,présente des éléments probants relativement aux 22 constations clés nationales. Il n'est pas une évaluation exhaustive de tous les renseignements liés à l'écosystème. Le niveau de détails présenté sur chaque constatation clé varie et des enjeux ou des ensembles de données importants peuvent avoir été omis. Comme dans le cas de tous les produits du RETE, les périodes de Note de bas de page utilisées pour l'évaluation des tendances varient – parce que la période permettant de dégager une tendance significative varie selon les divers aspects des écosystèmes et parce que l'évaluation s'appuie sur la meilleure information disponible, qui peut elle-même viser des périodes fort diverses.

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Système de classification écologique – écozones+

Une version légèrement modifiée des écozones terrestres du Canada, décrite dans le Cadre écologique national pour le CanadaNB4, a permis de déterminer les zones représentatives d'écosystèmes pour tous les rapports compris dans le présent projet. Les modifications comprennent : un ajustement des limites terrestres pour tenir compte des améliorations résultant des activités de vérification au sol; la fusion des trois écozones de l'Arctique en une seule écozone; l'utilisation de deux écoprovinces, à savoir le bassin intérieur de l'Ouest et la forêt boréale de Terre-Neuve; l'ajout de neuf zones marines représentatives d'écosystèmes; et l'ajout de l'écozone des Grands Lacs. Ce système de classification modifié est appelé « écozones+ » dans ces rapports afin d'éviter toute confusion avec les « écozones » mieux connues du cadre initialNB5. La limite nord de la partie ouest de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier a été ajustée en fonction de vérifications au sol des limites définies initialement.

Cadre de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes du Canada.
carte
Description longue pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes du Canada.

Cette carte du Canada montre le cadre de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes, appelé « écozones+ ». Cette carte illustre la répartition des 15 écozones+ terrestres (Maritime de l'Atlantique; Boréale de Terre-Neuve; Taïga du bouclier; Plaines à forêts mixtes; Bouclier boréal; Plaines hudsoniennes; Prairies; Plaines boréales; Cordillère montagnarde; Bassin intérieur de l'Ouest; Maritime du Pacifique; Cordillère boréale; Taïga de la cordillère; Taïga des plaines; Arctique), deux grandes écozones+ de lacs (Grand Lacs; Lac Winnipeg), et neuf écozones+ marines (Estuaire et golfe du Saint-Laurent; Golfe du Maine et plateau néo-écossais; Plateaux de Terre-Neuve et du Labrador; Baie d'Hudson, baie James et bassin Foxe; Archipel Arctique canadien; Mer de Beaufort; Côte nord et détroit d'Hécate; Côte ouest de l'île de Vancouver; Détroit de Georgia).

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Remerciements

Ce rapport est basé sur le document préliminaire de l'Évaluation de l'état et des tendances de l'écozone de la Taiga du Bouclier qui a été préparé par Anne Gunn et Joan Eamer. Des examens supplémentaires du présent rapport ont été effectués par des scientifiques et des gestionnaires de ressources des organismes pertinents des gouvernements provinciaux et fédéral, et deux examens d'experts externes ont également été réalisés. De l'information additionnelle au sujet de cet écozone  se trouve dans les documents supplémentaires relatifs à l'écozone+ de la Taïga du Bouclier.

Les contributions à l'Évaluation préliminaire de l'état et des tendances se retrouvent ci-dessous.

Remerciementspour l'Évaluation préliminaire de l'état et des tendances de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier

Auteures principales :
A. Gunn et J. Eamer

Auteures collaboratrices :
D. Cantin et S. Carrière

Auteurs collaborateurs, sections ou sujets précis
Collectivités autochtones de la Taïga du Bouclier : A. Penn
Complexe hydroélectrique La Grande, poissons et mercure (Hydro-Québec) : R. Verdon, R. Schetagne et R. Lussier

Auteurs des rapports techniques thématiques du RETE dont proviennent les renseignements
Oscillations climatiques à grande échelle ayant une incidence sur le Canada, de 1900 à 2008 : B. Bonsal et A. ShabbarNB6
Tendances climatiques au Canada, de 1950 à 2007 : X. Zhang, R. Brown, L. Vincent, W. Skinner, Y. Feng et E. MekisNB7
Tendances des grands incendies de forêts au Canada, de 1959 à 2007 : C.C. Krezek-Hanes, F. Ahern, A. Cantin et M.D. FlanniganNB8
Pathogènes et maladies de la faune au Canada : F.A. LeightonNB9
Tendances relatives à la reproduction des sauvagines au Canada : M. Fast, B. Collins et M. GendronNB10
Tendances relatives aux conditions du pergélisol et à l'écologie dans le nord du Canada : S. SmithNB11
Tendances des populations de caribou des zones septentrionales du Canada : A. Gunn, D. Russell et J. EamerNB12
Tendances de la population boréale du caribou des bois au Canada : C. Callaghan, S. Virc et J. DuffeNB13
Tendances relatives aux oiseaux terrestres au Canada, de 1968 à 2006 : C. Downes, P. Blancher et B. CollinsNB14
Tendances relatives aux oiseaux de rivage canadiens : C. Gratto-Trevor, R.I.G. Morrison, B. Collins, J. Rausch et V. JohnstonNB15
Surveillance à distance de la biodiversité : sélection de tendances mesurées à partir d'observations par satellite du Canada : F. Ahern, J. Frisk, R. Latifovic et D. PouliotNB16
Biodiversité dans les rivières et lacs du Canada : W.A. Monk et D.J. BairdNB17

Examen
effectué par des scientifiques et des gestionnaires de ressources renouvelables et de la faune d'organismes territoriaux et fédéraux concernés dans le cadre d'un processus recommandé par le Comité directeur du RETE. Un examen supplémentaire de sections précises a été effectué par des chercheurs universitaires dans leur champ d'expertise à la demande des auteurs.

Orientation
offerte par le comité directeur du RETE réunissant des représentants d'organismes fédéraux, provinciaux et territoriaux.

Révision, synthèses, contributions techniques, cartes et graphiques et production de rapports
par le Secrétariat du RETE.

Connaissances traditionnelles autochtones
compilées par D.D. Hurlburt à partir de sources accessibles au public.

Figure 1. Carte générale de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier.
Carte
Description longue pour la carte générale de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier.

Cette carte de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier montre l'emplacement des villes/petites agglomérations et des plans d'eau mentionnés dans le rapport. L'écozone+ de la Taïga du Bouclier est séparée par la baie d'Hudson en une partie orientale et occidentale. Dans l'ouest, l'écozone+ s'étend sur presque toute la partie est des Territoires du Nord­Ouest, traverse le nord de la Saskatchewan et se rend jusque dans la partie nord du Manitoba et la partie sud du Nunavut. À l'est de la baie d'Hudson, l'écozone+ s'étend de la baie James, traverse le nord du Québec et le Labrador et se rend jusqu'à la mer du Labrador. Les villes/petites agglomérations indiquées sur la carte sont notamment Wekweti , Yellowknife et Fort Smith (à la limite de l'ecozone+) dans les Territoires du Nord­Ouest, Uranium City en Saskatchewan, Schefferville au Québec et Labrador City à la limite sud de l'écozone+ au Labrador. La ville de Sanikiluaq dans les îles Belcher (baie d'Hudson) est aussi indiquée, même si elle ne fait pas partie de l'écozone. La moitié du Grand lac des Esclaves se trouve dans la Taïga du Bouclier ouest; elle est indiquée sur le côté gauche de la carte. On y voit aussi la rivière La Grande au Québec.

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Note de bas des pages

NB 1

Environnement Canada. 2006. Un cadre axé sur les résultats en matière de biodiversité pour le Canada. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. 8 p.

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NB 2

Groupe de travail fédéral-provincial-territorial sur la biodiversité. 1995. Stratégie canadienne de la biodiversité : réponse du Canada à la Convention sur la diversité écologique. Environnement Canada, Bureau de la Convention sur la biodiversité. Hull, QC. 80 p. Stratégie canadienne de la biodiversité.

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NB 3

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada. 2010. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. vi + 148 p. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010.

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NB 4

Groupe de travail sur la stratification écologique. 1995. Cadre écologique national pour le Canada. Agriculture et Agroalimentaire Canada, Direction générale de la recherche, Centre de recherches sur les terres et les ressources biologiques et Environnement Canada, Direction générale de l'état de l'environnement, Direction de l'analyse des écozones. Ottawa, ON/Hull, QC. 144 p. Rapport et carte nationale 1/7 500 000.

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NB 5

Rankin, R., Austin, M. et Rice, J. 2011. Système de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 1. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. ii + 18 p.

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NB 6

Bonsal, B. et Shabbar, A. 2011. Oscillations climatiques à grande échelle ayant une incidence sur le Canada, de 1900 à 2008. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 4. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. iii + 15 p.

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NB 7

Zhang, X., Brown, R., Vincent, L., Skinner, W., Feng, Y. et Mekis, E. 2011. Tendances climatiques au Canada, de 1950 à 2007. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 5. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. iv + 22 p.

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NB 8

Krezek-Hanes, C.C., Ahern, F., Cantin, A. et Flannigan, M.D. 2011. Tendances des grands incendies de forêts au Canada, de 1959 à 2007. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 6. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. vi + 56 p.

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NB 9

Leighton, F.A. 2011. Pathogènes et maladies de la faune au Canada. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 7. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. v + 59 p.

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NB 10

Fast, M., Collins, B. et Gendron, M. 2011. Tendances des populations reproducrices de sauvagine au Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 8. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. vi + 42 p.

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NB 11

Smith, S. 2011. Tendances relatives aux conditions du pergélisol et à l'écologie dans le Nord du Canada. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 9. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. iii + 23 p.

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NB 12

Gunn, A., Russell, D. et Eamer, J. 2011. Tendances des populations de caribou des zones septentrionales du Canada. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 10. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. v + 78 p.

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NB 13

Callaghan, C., Virc, S. et Duffe, J. 2011. Tendances de la population boréale du caribou des bois au Canada. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 11. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. v + 41 p.

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NB 14

Downes, C., Blancher, P. et Collins, B. 2011. Tendances relatives aux oiseaux terrestres au Canada, de 1968 à 2006. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 12. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. xi + 118 p.

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NB 15

GGratto-Trevor, C., Morrison, R.I.G., Collins, B., Rausch, J. et Johnston, V. 2011. Tendances relatives aux oiseaux de rivage canadiens. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 13. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. iv + 33 p.

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NB 16

Ahern, F., Frisk, J., Latifovic, R. et Pouliot, D. 2011. Surveillance à distance de la biodiversité : sélection de tendances mesurées à partir d'observations par satellite du Canada. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 17. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON.

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NB 17

Monk, W.A. et Baird, D.J. 2011. Biodiversité dans les rivières et lacs du Canada. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 20. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON.

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Généralités sur l’écozone+

La Taïga du Bouclier s'étend de part et d'autre de la baie d'Hudson, des Territoires du Nord-Ouest au Labrador. Cette vaste étendue peu peuplée est couverte de forêts ouvertes, de zones arbustives, de toundras et de terres humides recouvrant le bouclier précambrien. Les aménagements hydroélectriques, en particulier du côté est de la baie d'Hudson, constituent le principal facteur de stress local, malgré qu'il y a aussi des projets d'exploration et d'exploitation minières à l'échelle de l'écozone+. Les changements climatiques touchent l'écozone+ entière. Le tableau 1 donne un aperçu de l'écozone+.

Tableau 1. Aperçu de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier
Superficie1 346 430 km2 (14 % du Canada)
TopographieForêt ouverte où dominent des conifères de petite taille, s'éclaircissant progressivement en zone arbustive et en toundra à mesure que la latitude augmente (figure 2)
Environ 13 % de la superficie est couverte de terres humidesNB18
Climat

Le climat est très différent à l'est et à l'ouest de la baie d'Hudson, l'ouest étant plus froid et plus secNB19:

  • Ouest : Température annuelle moyenne de -8 °C avec 200 à 500 mm de précipitations.
  • Est : Température annuelle moyenne de 0 °C avec 500 à 800 mm de précipitations.
Bassins fluviaux

L'ouest de la baie d'Hudson se jette dans :

  • l'océan Arctique en empruntant le bassin de la rivière Coppermine et le bassin du Mackenzie;
  • la baie d'Hudson en empruntant les rivières Thelon et Dubawnt et d'autres réseaux fluviaux;

L'est de la Baie d'Hudson se jette dans : 

  • les baies James et d'Hudson en empruntant la rivière La Grande et d'autres réseaux fluviaux;
  • la baie d'Ungava;
  • l'océan Atlantique.
Géologiel'écozone+ recouvre le bouclier précambrien; 75 % de sa surface terrestre est couverte de till
La majeure partie de l'écozone+ se situe entre 100 et 600 m au-dessus du niveau de la mer
PergélisolPergélisol continu et discontinu à l'ouest de la baie d'Hudson
Pergélisol sporadique sur la majeure partie de la Taïga du Bouclier à l'est de la baie d'Hudson
PeuplementRégion peu peuplée (42 000 habitants en 2006), comprenant un certain nombre de petites agglomérations (figure 3)
L'agglomération la plus importante est Yellowknife (T.N-O.) (20 000 habitants en 2006)
Les Autochtones forment environ 60 % de la population
ÉconomieLa chasse, la pêche et le commerce de la fourrure constituent une part importante de l'économie salariée et non salariée de bon nombre de petites collectivités
L'exploration et l'exploitation minières, les aménagements hydroélectriques, le transport et la prestation de services gouvernementaux constituent les piliers de l'économie salariée
DéveloppementProjets d'exploration et d'exploitation minière axés sur les métaux communs, l'or et les diamants
Projets hydroélectriques en cours ou envisagés, surtout à l'est de la baie d'Hudson

Territoire : l'écozone+ de la Taïga du Bouclier couvre les régions nordiques de cinq provinces (Terre-Neuve et Labrador, Québec, Manitoba, Saskatchewan et nord-est de l'Alberta) et de deux territoires (le sud du Nunavut et une partie importante des Territoires du Nord-Ouest). Environ 60 % des habitants sont des Autochtones : des nations algonquines sont établies dans la partie est (Cri de la baie James, Cri, Innu, Inuit du Labrador) et athapascanes (Inuit, Déné du Sahtu, Akaitcho, Tlicho) et Métis dans l'ouest. Les structures gouvernementales autochtones et les pouvoirs qu'elles détiennent varient beaucoup d'une région à l'autre, selon le statut des ententes sur les revendications territoriales.

Division est-ouest : l'écozone+ de la Taïga du Bouclier est séparée par la baie d'Hudson en une partie orientale et occidentale. Bien que les deux parties possèdent plusieurs caractéristiques communes, la vaste séparation géographique ainsi que la diversité du climat et l'influence des diverses instances gouvernementales nous amènent souvent à aborder chaque partie séparément.

Figure 2. Couverture terrestre de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier en 2005
Les superficies classées zone urbanisée, zone agriculturelle ou neige/glace/glacier sont négligeables (<0,01 %); il n'y a pas de prairies. Les zones « perturbées » en rouge sont des brûlis récents (zones brûlées).
Carte et Diagramme
Source : Ahern et al., 2011NB16
Description longue pour Figure 2.

Cette figure comprend une carte et un diagramme à barres empilées montrant la classification de la couverture terrestre dans les parties est et ouest de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier. La forêt (44 %) prédomine dans la moitié sud des parties est et ouest de l'écozone+. Les arbustaies (9 %) et les zones brûlées (8 %) sont parsemées à l'intérieur des zones forestières, les zones brûlées étant plus nombreuses dans la partie ouest de l'écozone+. Des terres dénudées ou à végétation basse prédominent (39 %) le long de la limite nord de l'écozone+, particulièrement dans la Taïga du Bouclier est.

Figure 3. Tendances de la population humaine dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier
diagramme
Source : Environnement Canada, 2009NB20
Description longue pour Figure 3.

Ce diagramme à barres montre les informations suivantes :

AnnéeNombre de personnes
197126,165
197627,249
198130,859
198627,804
199134,029
199636,888
200138,116
200641,682

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Note de bas des pages

NB 16

Ahern, F., Frisk, J., Latifovic, R. et Pouliot, D. 2011. Surveillance à distance de la biodiversité : sélection de tendances mesurées à partir d'observations par satellite du Canada. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 17. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON.

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NB 18

Wiken, E., Moore, H. et Latsch, C. 2004. Peatland and wetland protected areas in Canada. Wildlife Habitat Canada Science Report. Habitat Faunique Canada. Ottawa, ON. 18 p.

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NB 19

Peckham, S.D., Ahl, D.E., Serbin, S.P. et Gower, S.T. 2008. Fire-induced changes in green-up and leaf maturity of the Canadian boreal forest. Remote Sensing of Environment112:3594-3603.

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NB 20

Environnement Canada. 2009. Analyse inédite des données de population par écozone+ tirée de la série L'activité humaine et l'environnement de Statistique Canada, de 1971 à 2006. Gouvernement du Canada. Ottawa, ON. Les données sur le profil des collectivités ont servi à faire les adaptations nécessaires par suite de la modification des limites des écozones+.

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Coup d’œil sur les constatations clés à l’échelle nationale et de l’écozone+

Le tableau 2 présente les constatations clés nationales tirées du rapport Biodiversité canadienne: état et tendances des écosystèmes en 2010NB 3 ainsi qu'un résumé des tendances correspondantes dans l'écozone+ de la taïga des plaines. Les numéros de sujet renvoient aux constatations clés nationales tirées du rapport Biodiversité canadienn : état et tendances des écosystèmes en 2010NB 3. Les sujets grisés ont été désignés comme étant des constatations clés au niveau national, mais elles n'étaient pas pertinentes ou n'avaient pas été évaluées pour cette écozone+ et n'apparaissent pas dans le corps du présent document. Les éléments probants des énoncés de ce tableau se trouvent dans le texte qui suit et sont organisées par constatation clé. Voir la préface à la page ii.

Tableau 2. Aperçu des constatations clés

Thème : Biomes
IDSujetsConstatations clés Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ de la Taïga du Bouclier
1ForêtsSur le plan national, la superficie que couvrent les forêts a peu changé depuis 1990; sur le plan régional, la réduction de l'aire des forêts est considérable à certains endroits. La structure de certaines forêts du Canada, y compris la composition des espèces, les classes d'âge et la taille des étendues forestières intactes, a subi des changements sur des périodes de référence plus longues.Bien qu'il y ait certaines preuves de l'expansion des forêts vers le nord et vers le sommet des versants dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier est, la majorité des changements observés touchent la structure et la composition des espèces végétales dans la zone forêt‑toundra.
2PrairiesL'étendue des prairies indigènes n'est plus qu'une fraction de ce qu'elle était à l'origine. Bien qu'à un rythme plus lent, la disparition des prairies se poursuit dans certaines régions. La santé de bon nombre de prairies existantes a également été compromise par divers facteurs de stress.Sujet non pertinent
3Milieux humidesLa perte de milieux humides a été importante dans le sud du Canada; la destruction et la dégradation continuent sous l'influence d'une gamme étendue de facteurs de stress. Certains milieux humides ont été restaurés ou sont en cours de restauration.Aucune information sur la tendance globale. Les étangs sont de plus en plus nombreux dans certaines parties du Québec et du Manitoba en raison de la fonte de tourbières gelées.
4Lacs et cours d'eauAu cours des 40 dernières années, parmi les changements influant sur la biodiversité qui ont été observés dans les lacs et les cours d'eau du Canada, on compte des changements saisonniers des débits, des augmentations de la température des cours d'eau et des lacs, la baisse des niveaux d'eau et la perte et la fragmentation d'habitats.Les changements hydrologiques qui affectent les cours d'eau non aménagés varient sur l'ensemble de l'écozone+. Les cours d'eau de l'ouest de l'écozone+ font partie du bassin du fleuve Mackenzie, lequel a connu globalement une augmentation du débit liée au climat (1970-2000), alors que dans la partie est, la majorité des cours d'eau se déversent dans la baie d'Hudson et la baie James, lesquelles n'ont connu aucun changement net de l'apport total en eau douce (1964-2010). Depuis 1973, la construction de barrages et le détournement de cours d'eau ont entraîné des changements importants dans les modèles d'écoulement saisonniers de plusieurs rivières, en particulier celles qui se déversent dans la baie James.
5Zones côtièresLes écosystèmes côtiers, par exemple les estuaires, les marais salés et les vasières, semblent sains dans les zones côtières moins développées, même s'il y a des exceptions. Dans les zones développées, l'étendue des écosystèmes côtiers diminue, et leur qualité se détériore en raison de la modification de l'habitat, de l'érosion et de l'élévation du niveau de la mer.Les écosystèmes côtiers sont situés le long de la baie James, de la baie d'Hudson, de la baie d'Ungava et de l'océan Atlantique. On a trouvé peu d'information quant à l'état et aux tendances des écosystèmes côtiers aux fins du présent rapport. La région de la baie d'Hudson présente un taux élevé de relèvement isostatique, ce qui signifie que de nouveaux sols et de nouvelles zones de végétation sont en train de se former. Les herbiers à zostères, dont la présence était autrefois importante le long de la côte de la baie James, ont diminué rapidement à la fin des années 1990, quelque peu en voie de rétablissement jusqu'en 2011.
6Zones marinesLes changements observés sur le plan de la biodiversité marine au cours des 50 dernières années sont le résultat d'une combinaison de facteurs physiques et d'activités humaines comme la variabilité océanographique et climatique et la surexploitation. Bien que les populations de certains mammifères marins se soient rétablies à la suite d'une surexploitation par le passé, de nombreuses espèces de pêche commerciale ne se sont toujours pas rétablies.Sujet non pertinent
7La glace dans l'ensemble des biomesLa réduction de l'étendue et de l'épaisseur des glaces marines, le réchauffement et le dégel du pergélisol, l'accélération de la perte de masse des glaciers et le raccourcissement de la durée des glaces lacustres sont observés dans tous les biomes du Canada. Les effets sont visibles à l'heure actuelle dans certaines régions et sont susceptibles de s'étendre; ils touchent à la fois les espèces et les réseaux trophiques.On observe une fonte rapide des tourbières gelées dans les zones de pergélisol sporadique et discontinu du Québec et du Manitoba, et il y a eu un déplacement de 130 km vers le nord de la limite méridionale des caractéristiques des paysages façonnés par le pergélisol au Québec au cours des 50 dernières années environ.

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Thème : Interactions Humains-Écosystèmes
IDSujetsConstatations clés Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ de la Taïga du Bouclier
8Aires protégéesLa superficie et la représentativité du réseau d'aires protégées ont augmenté ces dernières années. Dans bon nombre d'endroits, la superficie des aires protégées est bien au-delà de la valeur cible de 10 % qui a été fixée par les Nations Unies. Elle se situe en deçà de la valeur cible dans les zones fortement développées et dans les zones océaniques.En 2009, une portion de 7 % de l'écozone+ était protégée, dont la quasi‑totalité se trouvait dans des réserves et des parcs provinciaux et territoriaux.
9IntendanceLes activités d'intendance au Canada, qu'il s'agisse du nombre et du type d'initiatives ou des taux de participation, sont à la hausse. L'efficacité d'ensemble de ces activités en ce qui a trait à la préservation et à l'amélioration de la biodiversité et de la santé des écosystèmes n'a pas été entièrement évaluée.Les Autochtones représentent environ 60 % de la population de la Taïga du Bouclier, et nombre d'entre eux suivent des approches traditionnelles en matière d'intendance. Ces approches varient entre les cultures et les régions, mais elles ont en commun des systèmes fondés sur le respect des animaux et la connaissance approfondie du territoire.
-Conversion des écosystèmesNB [a]La conversion des écosystèmes a été désignée initialement comme une constatation clé récurrente à l'échelle nationale, et des renseignements ont été compilés et évalués par la suite pour l'écozone+ de la Taïga du Bouclier. Dans la version définitive du rapport national3, des renseignements liés à la conversion des écosystèmes ont été intégrés à d'autres constatations clés. Ces renseignements sont conservés en tant que constatation clé distincte pour l'écozone+ de la Taïga du Bouclier.La plus importante conversion de terres dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier est due à l'inondation de terres pour des aménagements hydroélectriques dans le Nord québécois. Pour l'aménagement du complexe La Grande, environ 2 000 km2 de zones lacustres et 11 000 km2 de terres ont été convertis en réservoirs depuis les années 1970. Environ 6 000 km2 de forêts ont été perdus en raison de la conversion en réservoirs ou en terres destinées aux infrastructures. Les réservoirs ont subi des changements sur le plan de la composition chimique de l'eau, du plancton et des populations de poissons, et une stabilisation a été observée après environ 10 ans. D'autres conversions de terres sont prévues pour des aménagements hydroélectriques.
10Espèces non indigènes envahissantesLes espèces non indigènes envahissantes sont un facteur de stress important en ce qui concerne le fonctionnement, les processus et la structure des écosystèmes des milieux terrestres, des milieux d'eau douce et d'eau marine. Leurs effets se font sentir de plus en plus à mesure que leur nombre augmente et que leur répartition géographique progresse.L'accès routier limité ainsi que les hivers rigoureux et longs ont jusqu'à maintenant tenu la plupart des espèces envahissantes à l'écart de la Taïga du Bouclier. Quelques espèces d'oiseaux et de végétaux ont été trouvées, principalement à proximité de Yellowknife.
11ContaminantsDans l'ensemble, les concentrations d'anciens contaminants dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine ont diminué au cours des 10 à 40 dernières années. Les concentrations de beaucoup de nouveaux contaminants sont en progression dans la faune; les teneurs en mercure sont en train d'augmenter chez certaines espèces sauvages de certaines régions.Les concentrations d'anciens contaminants dans le Grand lac des Esclaves sont stables ou en baisse, tandis que la concentration de mercure a augmenté (1993-2008). La concentration de mercure dans le poisson a connu une augmentation de l'ordre de 3 à 8 fois après la création des réservoirs du complexe La Grande, atteignant un sommet après 5 à 13 ans avant de revenir aux concentrations de fond de 10 à 35 ans après l'inondation.
12Charge en éléments nutritifs et efflorescences algalesLes apports d'éléments nutritifs aux systèmes d'eau douce et marins, et plus particulièrement dans les paysages urbains ou dominés par l'agriculture, ont entraîné la prolifération d'algues qui peuvent être nuisibles ou nocives. Les apports d'éléments nutritifs sont en hausse dans certaines régions et en baisse dans d'autres.Les principaux apports anthropiques d'éléments nutritifs aux écosystèmes d'eau douce sont attribuables à l'inondation et à la création de réservoirs pour les aménagements hydroélectriques.
13Dépôts acidesLes seuils d'incidence écologique des dépôts acides, notamment ceux des pluies acides, sont dépassés dans certaines régions; les émissions acidifiantes sont en hausse dans diverses parties du pays et la récupération sur le plan biologique ne se déroule pas au même rythme que la réduction des émissions dans d'autres régions.Sujet non considéré comme étant une source de préoccupation pour cette écozone+
14Changements climatiquesL'élévation des températures partout au Canada ainsi que la modification d'autres variables climatiques au cours des 50 dernières années ont eu une incidence directe et indirecte sur la biodiversité dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine.La couverture et la distribution des données sur les tendances climatiques présentent des lacunes pour cette écozone+. Les températures ont affiché une tendance à la hausse, tandis que les tendances liées aux précipitations étaient variables; la durée d'enneigement a diminué aux trois stations où des mesures ont été prises. Les répercussions écologiques les plus évidentes sont associées aux changements touchant le pergélisol dans le sud et l'est de l'écozone+, ainsi qu'aux changements sur le plan de l'hydrologie. Certaines indications semblent pointer vers d'autres répercussions; par exemple, il est possible que les caribous soient touchés par l'augmentation de la teneur en glace de la neige.
15Services écosystémiquesLe Canada est bien pourvu en milieux naturels qui fournissent des services écosystémiques dont dépend notre qualité de vie. Dans certaines régions où les facteurs de stress ont altéré le fonctionnement des écosystèmes, le coût pour maintenir les écoservices est élevé, et la détérioration de la quantité et de la qualité des services écosystémiques ainsi que de leur accès est évidente.Les services offerts sont importants pour les économies monétaire et non monétaire au sein de la Taïga du Bouclier ainsi que pour les cultures, l'alimentation et le bien‑être général. Des cas de détérioration des services fournis ont été associés au déclin marqué de populations de caribous, aux changements environnementaux modifiant l'accès à la pêche et à la chasse, à la contamination du poisson par le mercure et aux changements comportementaux des espèces sauvages.

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Thème : Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques
IDSujetsConstatations clés Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ de la Taïga du Bouclier
-Paysages terrestres et aquatiques intactsNB [a]Les paysages terrestres et aquatiques intacts ont été désignés initialement comme une constatation clé récurrente à l'échelle nationale, et des renseignements ont été compilés et évalués par la suite pour l'écozone+ de la Taïga du Bouclier. Dans la version définitive du rapport national3, des renseignements liés aux paysages terrestres et aquatiques intacts ont été intégrés à d'autres constatations clés. Ces renseignements sont conservés en tant que constatation clé distincte pour l'écozone+ de la Taïga du Bouclier.l'écozone+ de la Taïga du Bouclier est un écosystème en grande partie intact. Compte tenu du taux actuel d'activité humaine, les changements liés à l'habitat sont locaux et se limitent à certains sites. Cependant, leur empreinte cumulative est de plus en plus importante et les préoccupations sont en hausse.
16Paysages agricoles servant d'habitatLe potentiel des paysages agricoles à soutenir la faune au Canada a diminué au cours des 20 dernières années, principalement en raison de l'intensification des activités agricoles et de la perte de couverture terrestre naturelle et semi-naturelle.Sujet non pertinent
17Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulierDe nombreuses espèces d'amphibiens, de poissons, d'oiseaux et de grands mammifères présentent un intérêt économique, culturel ou écologique particulier pour les Canadiens. La population de certaines espèces diminue sur le plan du nombre et de la répartition, tandis que chez d'autres, elle est soit stable ou en pleine santé ou encore en plein redressement.La plupart des hardes migratrices de la toundra sont en déclin, et une harde (Bathurst) a diminué de façon importante au cours des dernières années. Trois populations locales de caribou boréal au Labrador sont en baisse, tandis que d'autres populations de l'écozone+ sont associées à des tendances stables ou inconnues. Certaines espèces de sauvagine sont en déclin dans la Taïga du Bouclier ouest, en particulier les fuligules (diminution de 63 % depuis les années 1970) et le Canard d'Amérique, alors que les tendances sont plus stables dans la partie est de l'écozone+. Un déplacement de l'aire de répartition vers le nord a été observé dans la Taïga du Bouclier ouest pour plusieurs espèces, notamment le cerf de Virginie, le coyote et le bison des bois.
18Productivité primaireLa productivité primaire a augmenté dans plus de 20 % du territoire végétalisé au Canada au cours des 20 dernières années et elle a également augmenté dans certains écosystèmes d'eau douce. L'ampleur et la période de productivité primaire changent dans tout l'écosystème marin.La télédétection indique une augmentation de l'activité végétale, 36 % du territoire présentant une augmentation considérable (période 1986-2006) sur le plan de l'indice de végétation par différence normalisée (IVDN), un indice de productivité primaire.
19Perturbations naturellesLa dynamique des régimes de perturbations naturelles, notamment les incendies et les vagues d'insectes indigènes, est en train de modifier et de refaçonner le paysage. La nature et le degré du changement varient d'un endroit à l'autre.La superficie brûlée a augmenté à partir des années 1960 jusqu'aux années 1990, avant de connaître une baisse (jusqu'à maintenant) dans les années 2000. Les variations décennales de la superficie brûlée peuvent être liées aux marées atmosphériques à grande échelle. Certaines observations semblent indiquer que les saisons des feux sont plus précoces : on a noté une augmentation des feux en mai, ceux‑ci étant passés de zéro dans les années 1960 à 2,4 % des feux dans les années 1990. Peu de renseignements ont été trouvés sur le plan des infestations d'insectes, lesquelles représentent une perturbation forestière moins importante que les feux dans cette écozone+.
20Réseaux trophiquesDes changements profonds dans les relations entre les espèces ont été observés dans des milieux terrestres et dans des milieux d'eau douce et d'eau marine. La diminution ou la disparition d'éléments importants des réseaux trophiques a considérablement altéré certains écosystèmes.Les cycles des populations sont une composante importante de ce système. De nombreuses espèces sont migratrices ou à la limite de leur aire de répartition, ce qui les rend vulnérables aux pressions dans d'autres régions plus perturbées. La surveillance est insuffisante pour déterminer les tendances et pour suivre les effets des changements observés dans un groupe d'espèces sur d'autres composantes de l'écosystème.

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Thème : Interface science-politique
IDSujetsConstatations clés Échelle NationaleConstatations clés : Écozone+ de la Taïga du Bouclier
21Surveillance de la biodiversité, recherche, gestion de l'information et communication des résultatsLes renseignements de surveillance recueillis sur une longue période, normalisés, complets sur le plan spatial et facilement accessibles, complétés par la recherche sur les écosystèmes, fournissent les constatations les plus utiles pour les évaluations de l'état et des tendances par rapport aux politiques. L'absence de ce type d'information dans de nombreux secteurs a gêné l'élaboration de la présente évaluation.Il y a peu d'activités de surveillance sur le terrain ou à long terme des systèmes physiques au sein de la Taïga du Bouclier. La situation de certaines espèces clés (p. ex., caribou de la toundra) est surveillée, mais on en sait peu sur l'état et les tendances liés à la plupart des espèces animales et végétales; on en sait également peu sur la résilience aux facteurs de stress et sur les effets des changements sur de nombreux aspects des écosystèmes. Certaines forces et lacunes sont établies.
22Changements rapides et seuilsLa compréhension grandissante des changements rapides et inattendus, des interactions et des seuils, en particulier en lien avec les changements climatiques, indique le besoin d'une politique qui permet de répondre et de s'adapter rapidement aux indices de changements environnementaux afin de prévenir des pertes de biodiversité majeures et irréversibles.Deux exemples de changement rapide sont présentés : le déclin accéléré d'au moins une population de caribou migrateur de la toundra au cours des dernières années, et la fonte rapide du pergélisol dans les tourbières de la Taïga du Bouclier est.

Note du tableau

Note de bas de page du Tableau[a]

Cette constatation clé n'est pas numérotée, car elle ne correspond pas à une constatation clé provenant du rapport nationalNB 3.

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Note de bas des pages

NB 3

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada. 2010. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. vi + 148 p. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010.

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Thème : Biomes

 

Forêts

Constatation clé 1
Thème Biomes

Constatation clé à l'échelle nationale
Sur le plan national, la superficie que couvrent les forêts a peu changé depuis 1990; sur le plan régional, la réduction de l'aire des forêts est considérable à certains endroits. La structure de certaines forêts du Canada, y compris la composition des espèces, les classes d'âge et la taille des étendues forestières intactes, a subi des changements sur des périodes de référence plus longues.

Zone forêt toundra

La limite nord de la Taïga du Bouclier est définie par la limite des arbres, laquelle n'est pas une ligne nette où se terminent les arbres, mais plutôt une zone de transition allant de peuplements de plus en plus clairsemés jusqu'à la toundra. L'image qui émerge de cette zone de forêt‑toundra, qui ne constitue pas un prolongement uniforme de la limite des arbres, en est une de changement.

Ouest de la Baie d'Hudson

En moyenne, la zone forêt-toundra atteint une largeur de 145 km dans la Taïga du Bouclier ouestNB21. La présence ou l'absence d'arbres à certains endroits dans cette zone de transition dépend du microclimat et de la topographieNB22 ainsi que des conditions climatiques dans le passéNB23. Une analyse de la zone de la limite des arbres pour le Canada, à l'ouest de la baie d'Hudson (y compris la zone de la limite des arbres dans les écozones+ de la Taïga des plaines et de la Taïga de la Cordillère) ne montre aucune augmentation nette des conifères, mais des changements significatifs d'autres types de couverture terrestre (voir l'encadré ci-dessous).

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Est de la baie d'Hudson

Dans la partie québécoise de la Taïga du Bouclier est, les arbres de la zone forêt‑toundra ont poussé plus vite et davantage depuis les années 1970NB24, mais la répartition des arbres n'a pas changé de façon significativeNB25, bien que les épinettes blanches soient depuis peu (au cours des 50 dernières années) présentes le long de la côte est de la baie d'HudsonNB26. Au Labrador, les limites des arbres se sont déplacées au cours des  50 dernières années vers le nord et vers le sommet des versants, mais elles ne se sont pas déplacées vers les terres intérieuresNB27.

La zone forêt toundra à l'ouest de la baie d'Hudson

Figure 4. Changements de végétation dans la zone de la limite des arbres, à l'ouest de la baie d'Hudson, durant la période 1985-2006.
Changemnt moyen sur 22 ans basé sur l'analyse d'images obtenues par satellite au début du printemps et au cours de l'été.
La carte accompagnant le diagramme présente la région analysée; d'après Olthof et PouliotNB28.

diagramme
Source : données de Olthof et Pouliot, 2010NB28
Description longue pour Figure 4.

Ce diagramme montre les informations suivantes :

-Changement moyen en pourcentage
Terrains nus-0.094
Lichens-0.039
Conifères0.005
Plantes herbacées0.124
Arbustes0.150

La carte en médaillon montre la zone étudiée, qui s'étend le long de la zone de la limite des arbres, de la partie nord du Yukon, traverse les Territoires du Nord-Ouest et se rend jusqu'au sud-est du Nunavut et au nord du Manitoba.

Une étude réalisée à l'aide de l'imagerie satellitaire en vue d'examiner les tendances récentes dans la zone de la limite des arbres à l'ouest de la baie d'Hudson a permis d'observer une faible augmentation nette du couvert arboré, mais des changements importants ont été observés sur le plan de la couverture végétale (figure 4)NB28. Le couvert arboré a augmenté dans la moitié septentrionale de la zone, mais cette augmentation a été en grande partie contrebalancée par une diminution du couvert arboré dans la moitié méridionale. Les changements étaient plus prononcés dans la partie ouest de la Taïga du Bouclier, en particulier à l'ouest du delta du Mackenzie, probablement en raison des conditions plus sèches dues à la tendance marquée au réchauffement observée dans ces régionsNB29. Les changements les plus importants qui ont été observés étaient une augmentation du couvert arbustif et, dans la partie nord-ouest de la zone de la limite des arbres, le remplacement du lichen et de la terre nue par de petits végétaux non ligneux (herbacées).

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Milieux humides

Constatation clé 3
Thème Biomes

Constatation clé à l'échelle nationale
La perte de milieux humides a été importante dans le sud du Canada; la destruction et la dégradation continuent sous l'influence d'une gamme étendue de facteurs de stress. Certains milieux humides ont été restaurés ou sont en cours de restauration.

Les terres humides couvrent environ 13 % de la superficie de la Taïga du BouclierNB18. On ne connaît pas la tendance globale mais, dans certaines parties du Québec et du Manitoba, et probablement ailleurs dans la Taïga du Bouclier, on observe une expansion des étangs due à la fonte des tourbières gelées (voir la section Tendances liées au pergélisol à la page 21). Cette expansion est liée aux changements qui affectent les régimes de température et de précipitation. Par ailleurs, les aménagements hydroélectriques dans le nord québécois ont entraîné une certaine réduction des terres humides (voir Conversion des écosystèmes sur la page 28).

La contraction des tourbières oligotrophes (crêtes étroites et basses, des dépressions mouillées ou des mares étant intercalées entre celles-ci) à proximité du plateau lacustre du Québec est un des cas démontrés de changement lié à l'aménagement hydroélectrique à l'est de la baie James. Les terres humides de cette région procurent un habitat aux oiseaux de rivage et aux pygargues à tête blancheNB30. Les projets d'expansion des complexes hydroélectriques de la baie James (Québec)NB31 et de la rivière Churchill (Terre-Neuve-et-Labrador)NB32 devraient se matérialiser au cours des prochaines années, ce qui aura sans doute un impact sur les terres humides de la partie est de la Taïga du Bouclier, d'autant plus que ces projets prévoient la construction de deux grands réservoirs et la dérivation de la moitié du débit de la rivière Rupert.

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Lacs et cours d'eau

Constatation clé 4
Thème Biomes

Constatation clé à l'échelle nationale
Au cours des 40 dernières années, parmi les changements influant sur la biodiversité qui ont été observés dans les lacs et les cours d'eau du Canada, on compte des changements saisonniers des débits, des augmentations de la température des cours d'eau et des lacs, la baisse des niveaux d'eau et la perte et la fragmentation d'habitats.

Les changements hydrologiques qui affectent les cours d'eau non aménagés varient sur l'ensemble de l'écozone+. Les cours d'eau de l'ouest de l'écozone+ font partie du bassin du fleuve Mackenzie, lequel a connu globalement une augmentation du débit liée au climat (1970-2000), alors que dans la partie est, la majorité des cours d'eau se déversent dans la baie d'Hudson et la baie James, lesquelles n'ont connu aucun changement net de l'apport total en eau douce (1964-2010). Depuis 1973, la construction de barrages et le détournement de cours d'eau ont entraîné des changements importants dans les modèles d'écoulement saisonniers de plusieurs rivières, en particulier celles qui se déversent dans la baie James.

Tendances régionales

Les tendances à grande échelle influant sur l'écozone+ de la Taïga du Bouclier sont les suivantes :
Bassin du fleuve Mackenzie – De 1970 à 2000, augmentation du débit hivernal annuel et du débit minimal annuel, et débit de pointe printanier plus hâtif. Légère baisse du débit au début de l'été et tard à l'automne, de même que du débit moyen annuel. Ces tendances correspondent à des hivers et à des printemps plus doux, à une diminution des chutes de neige et à une hausse de la pluviosité printanièreNB33.

Bassin de la baie d'Hudson – Les débits se déversant dans le bassin ont diminué du milieu des années 1960 au milieu des années 1980, cette période étant suivie par une période de débits relativement élevés et une tendance à la hausse (figure 5). Il n'est pas clair dans quelle mesure ces tendances sont liées aux changements climatiques et/ou aux oscillations climatiques décennalesNB34. Bien que le débit total n'ait présenté aucune tendance sur l'ensemble de la période, l'écoulement fluvial a augmenté pendant l'hiver et diminué pendant l'été, de 1964 à 2008. Ce décalage saisonnier est attribué à la forte influence qu'exerce une régularisation des débits de plus en plus grande dans ce bassin : l'eau stockée au printemps et à l'été est libérée pendant l'hiver pour la production d'énergieNB34.

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Figure 5. Débit annuel total des cours d'eau se déversant dans la baie d'Hudson et la baie Jame
Le débit total est estimé d'après les données sur 23 rivières, y compris la rivière La Grande dont le débit est régularisé.

diagramme
Source : Déry et al., 2011NB34; les données de 2009 et 2010 ont été fournies par S.J. Déry
Description longue pour Figure 5.

Ce diagramme linéaire montre les informations suivantes :

AnnéeDébit total (km3)
1964518
1965544
1966605
1967527
1968578
1969601
1970542
1971527
1972493
1973493
1974558
1975529
1976456
1977486
1978515
1979591
1980454
1981410
1982463
1983507
1984490
1985561
1986545
1987488
1988489
1989446
1990473
1991450
1992532
1993498
1994493
1995507
1996525
1997554
1998475
1999530
2000546
2001526
2002548
2003485
2004551
2005635
2006550
2007592
2008616
2008603
2009631
2010498

Tendances dans l'écozone+ – Cours d'eau avec régime d'écoulement naturel

Cette section est fondée sur les analyses à l'échelle du Canada effectuées par Cannon et al. 2011NB35 pour le rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes en 2010.

Dans les parties est et ouest de la Taïga du Bouclier, les registres hydrométriques sont rares et portent souvent sur des périodes trop courtes pour permettre de déceler des tendances. Seulement deux  stations hydrométriques (Camsell River, dans les Territoires du Nord-Ouest, et Seal River, au Manitoba) ont enregistré des données sur les débits et les conditions climatiques (1961-2003) qui sont suffisantes pour nous permettre d'analyser les tendances du cycle annuel35. Dans les deux cas, on observe une augmentation appréciable du débit au cours de l'année, sauf au printemps (la figure 6 montre le débit de la rivière Camsell). Ce changement pourrait être dû à l'augmentation des précipitations combinée à la hausse des températures hivernales et printanières enregistrées près de ces cours d'eau35.

Figure 6. Changement du débit de la rivière Camsell, 1961-1982, comparé à la période 1983-2003.
Analyse comparative de 73 périodes de 5 jours chacune, sur la durée du cycle annuel.

diagramme
Source : Whitfield et al. 2010NB35
Description longue pour Figure 6.

Ce diagramme comparant le débit de la rivière Camsell montre que le débit était plus élevé dans la période plus récente (1983­2003) que dans la période précédente (1961­1982). Plus précisément, le débit est nettement plus élevé pendant la majeure partie de l'année, sauf au printemps (mai et juin). Les données proviennent d'une station hydrométrique sur la rivière Camsell dans les Territoires du Nord­Ouest. L'analyse portait sur 73 périodes de 5 jours chacune, sur la durée du cycle annuel.

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Tendances dans l'écozone+ – Cours d'eau avec régime d'écoulement aménagé

Plusieurs projets d'aménagement hydroélectrique, principalement dans la partie est de l'écozone+, ont modifié le régime d'écoulement des cours d'eau depuis les années 70. Le projet hydroélectrique québécois de La Grande (baie James) a modifié en profondeur un certain nombre de rivières de l'est de la Taïga du Bouclier. La construction du complexe s'est déroulée en deux phases, soit de 1973 à 1985, et de 1987 à 1996. Trois cours d'eau – l'Eastmain, l'Opinaca et la Caniapiscau – ont été détournés vers la rivière La Grande. Conséquemment, le débit moyen annuel à l'embouchure de La Grande a doublé et le débit hivernal moyen a été multiplié par plus de dix30.

Les changements des milieux estuariens, côtiers et marins à cause de l'expansion du panache d'eau douce sous la glace de la rivière La GrandeNB36 (voir Zones côtières à la page 18) constituent une des principales répercussions de ces détournements.

Le rendement des pêches a fluctué après la mise en place des détournements, mais, de façon générale, le rendement s'est stabilité à des niveaux supérieurs aux niveaux observés dans des conditions naturelles ou près de ces niveauxNB37. Généralement, la composition et le taux de croissance des espèces de poissons dans les rivières à débit réduit étaient semblables avant et après que le débit ne soit réduit.  

Voici quelques-uns des changements des populations de poissons dans les rivières où le débit a été modifié :
rivière La Grande : déplacement d'espèces qui ne tolèrent pas l'eau froide – le doré jaune (Sander vitreus) et le cisco ou corégone (Coregonus sp.) – par des espèces qui tolèrent l'eau froide – le ménomini rond (Prosopium cylindraceum) et l'omble de fontaine (Salvelinus fontinalis)37. La température maximale moyenne de l'eau de la rivière pendant l'été a baissé de 16 °C à 8 °C à la suite des aménagements37. rivière Eastmain : le nombre d'esturgeons jaunes (Acipenser fulvescens) a diminué, en lien avec la baisse du débit et la fragmentation de l'habitat causées par les     déversoirs37,NB38 . La pression de la pêche pourrait aussi avoir été un facteur dans ce déclin37. Selon  l'évaluation du COSEPAC en 2005, qui a été confirmée en 2006, la situation de la population d'esturgeons jaunes de la baie James est considérée comme préoccupante38. L'évaluation mentionne des déclins de l'habitat et des déclins possibles de l'abondance, en lien avec les aménagements hydroélectriques existants et projetés.

Les changements touchant les poissons dans les réservoirs sont abordés à la section Barrages et réservoirs (p. 28).

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Zones côtières

Constatation clé 5
Thème Biomes

Constatation clé à l'échelle nationale
Les écosystèmes côtiers, par exemple les estuaires, les marais salés et les vasières, semblent sains dans les zones côtières moins développées, même s'il y a des exceptions. Dans les zones développées, l'étendue des écosystèmes côtiers diminue, et leur qualité se détériore en raison de la modification de l'habitat, de l'érosion et de l'élévation du niveau de la mer.

L'écozone+ de la Taïga du Bouclier est présente des côtes le long de la baie James, de la baie d'Hudson, de la baie d'Ungava et de l'océan Atlantique. On a trouvé peu d'information quant à l'état et aux tendances des écosystèmes côtiers aux fins du présent rapport. La région de la baie James et de la baie d'Hudson présente un taux élevé de relèvement isostatique, ce qui signifie que de nouveaux sols et de nouvelles zones de végétation sont en train de se former. Les herbiers à zostères, dont la présence était autrefois importante le long de la côte de la baie James, ont diminué rapidement à la fin des années 1990, quelque peu en voie de rétablissement jusqu'en 2011NB39.

Une réduction marquée des zostères marines (Zostera marina) le long de la côte de la baie James a été signalée en 1998 par les Cris qui habitent la région; cette réduction a aussi été détectée au cours de la surveillance réalisée par Hydro-QuébecNB40. En 2004, les données de surveillance indiquaient qu'un certain rétablissement était en cours, confirmé par plus de surveillance en 2009 (figure 7)NB41 et 201139.

Avant leur déclin rapide observé en 1998 en termes de densité et de biomasse, les herbiers à zostères étaient parmi les plus importants en Amérique du Nord; ils étaient distribués le long de la côte est de la baie James, occupaient une superficie de 250 km2 et se retrouvaient à des profondeurs de 0,5 à 4 mNB42 (figure 7). Les zostères marines de la baie James servent d'abri pour des petits poissons et des invertébrés, et elles fournissent un habitat et de la nourriture à certaines espèces de sauvagine en migration ou en hivernage (en particulier la Bernache du Canada [Branta canadensis] et la Bernache cravan [Branta bernicla]); de plus, les zostères marines représentent des aires d'alimentation pour la Sterne arctiqueNB43 NB44 NB45. La répartition et la croissance de la zostère marine varient en fonction de la salinitéNB45; une faible salinité ou des températures élevées peuvent rendre les zostères marines vulnérables aux maladiesNB43.

Figure 7. Diminution des zostères marines dans la baie James : exemple des résultats de surveillance pour la biomasse foliaire et la densité des pousses, station de Kakassituq, 1988 2009.
Des échantillons ont été prélevés à plusieurs profondeurs à six sites – cette figure présente les résultats types obtenus à toutes les profondeurs pour cinq des six sites. Le sixième site (la baie Dead Duck, la station située le plus au sud de l'embouchure de la rivière La Grande) n'a mesuré aucun changement.

diagrammes
Source : GENIVAR, 2009NB41
Description longue pour Diminution des zostères marines dans la baie James

Ces trois diagrammes à barres montrent les informations suivantes :

a) 0.5 m
AnnéeBiomasse sèche moyenne (g/m2)Nombre moyen de rameaux (N/m2)
1988194983
19892631,641
1990234836
1991189931
19933821,737
19943541,039
19954561,751
1999737
2000656
200936292
b) 1.0 m
AnnéeBiomasse sèche moyenne (g/m2)Nombre moyen de rameaux (N/m2)
1988472689
1989358880
1990272578
1991294699
1993415887
1994295665
19955591,108
19991843
20001272
2009112429
c) 1.5 m
AnnéeBiomasse sèche moyenne (g/m2)Nombre moyen de rameaux (N/m2)
1988399512
1989387833
1990317516
1991392757
1993361787
1994298617
1995548948
19996375
2000840
2009124409

Les hypothèses émises pour expliquer le déclin comprennent :

  1. une épidémie déclenchée par des températures estivales et hivernales exceptionnellement élevées, ainsi que des changements sur la côte dus au relèvement isostatique et à d'autres changements liés au réchauffement climatiqueNB40;
  2. un taux de croissance et de survie altéré en raison d'une diminution de la salinité des eaux de la baie James découlant des déversements plus fréquents et plus importants d'eau douce en provenance de la rivière La Grande (dus aux détournements, voir la section Barrages et réservoirs Tendances dans l'écozone+ – Cours d'eau avec régime d'écoulement naturel à la page 28)NB45. À partir de 2011, vastes herbiers à zostères sont visibles à plusieurs endroits le long de la Baie James. Par contre, la distribution et l'abondance des zostères marines ne sont toujours pas rétablis comparé aux niveaux pré-déclin, et le rétablissement n'est pas uniforme le long de la côteNB39.

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La glace dans l'ensemble des biomes

Constatation clé 7
Thème Biomes

Constatation clé à l'échelle nationale
La réduction de l'étendue et de l'épaisseur des glaces marines, le réchauffement et le dégel du pergélisol, l'accélération de la perte de masse des glaciers et le raccourcissement de la durée des glaces lacustres sont observés dans tous les biomes du Canada. Les effets sont visibles à l'heure actuelle dans certaines régions et sont susceptibles de s'étendre; ils touchent à la fois les espèces et les réseaux trophiques.

Tendance liée à la glace lacustre

Une analyse réalisée entre 1970 et 2004 et portant sur sept grands lacs situés dans l'écozone+ ou en bordure de celle-ci a montré des tendances variables en ce qui a trait au moment de la prise de la glace et de la débâcle, avec peu de variations statistiquement significativesNB46. Les tendances nationales traduisent une débâcle plus hâtive de la glace des lacs, tandis que les tendances liées au moment de la prise des glaces sont moins constantes (des années 1960 ou 1970 aux années 1990, quand une grande partie de la surveillance de la glace des lacs a été interrompue)NB17.

Tendances liées au pergélisol

Le pergélisol fond rapidement dans la Taïga du Bouclier est, ce qui entraîne un changement sur le plan du paysage, celui-ci passant d'un écosystème sec composé de bruyères à lichens, d'épinettes noires et d'étangs dispersés, à un écosystème plus humide composé d'étangs et caractérisé par une végétation de tourbièreNB47, NB48,NB49. En plus de modifier l'habitat, ces changements ont une incidence sur le flux de carbone puisque la fonte des tourbières et la formation d'étangs libèrent du carbone dans l'atmosphère, tandis que la transition subséquente en végétation de tourbière stocke du carbone. Le pergélisol se dégrade également dans le nord du Manitoba (d'après des enquêtes menées sur le terrain au cours de la deuxième moitié du XXe siècle)NB50. Il est probable que cette tendance soit également de plus en plus répandue dans la Taïga du Bouclier ouest, bien qu'aucune donnée ne soit disponible à ce sujet.

La répartition du pergélisol à grande échelle dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier diffère entre les régions situées à l'est et à l'ouest de la baie d'Hudson, le pergélisol étant moins important à l'est (figure 8 ). Dans la Taïga du Bouclier est, la zone de pergélisol sporadique est caractérisée par des plateaux palsiques gelés et des palses (monticules de tourbe ou de sol contenant des pellicules de glace). La formation et la dégradation de ces formes de relief constituées par le pergélisol varient en fonction de la température de l'air et de l'isolation fournie par la couche de neige et la tourbe47. Quand le pergélisol est dégradé, la glace fondue qui en résulte forme des étangs (appelés « étangs thermokarstiques »).

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Figure 8. Répartition du pergélisol, écozone+ de la Taïga du Bouclier.
carte
Source : d'après Smith, 2010NB11
Description longue pour Figure 8.

Cette carte montre la répartition des zones de pergélisol dans le nord du Canada et met en évidence les différences entre les parties est et ouest de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier. Dans la Taïga du Bouclier est, c'est le pergélisol sporadique qui prédomine, avec seulement une petite proportion de grandes étendues discontinues dans le nord. En revanche, dans la Taïga du Bouclier ouest, seules des zones dans le sud de l'écozone+ (en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba) sont classées comme des zones de pergélisol sporadique; ce sont plutôt les zones de pergélisol discontinues et continues qui prédominent.

Trois études menées au Québec soulignent l'importance du changement sur le plan du pergélisol observé au cours des 50 dernières années (résumées à la figure 9).

  1. Une étude visant à cartographier les palses et les étangs thermokarstiques le long de la rivière Boniface dans la zone de pergélisol discontinu à la limite nord de l'écozone+ (site A, figure 9 )NB47 a montré que la superficie occupée par les palses avait diminué de 23 % entre 1957 et 2001, tandis que 76 % de la superficie actuelle des étangs thermokarstiques s'était formée après 1957. Aucune nouvelle palse n'est apparue le long de la rivière durant cette période. La dégradation du pergélisol a été le plus marquée à proximité de la rivière, soit à l'endroit où les fluctuations de l'eau avaient une grande incidence. 
  2. Une étude visant à cartographier les changements touchant une tourbière située à l'est de la baie d'Hudson (site B, figure 9 )NB48 a montré que la zone était principalement gelée en 1957, alors qu'environ 18 % de la surface était couverte d'étangs thermokarstiques. Des palses bien drainées soutenaient la croissance de lichen et d'épinettes noires. En 2003, seulement 13 % de la superficie de la zone était toujours constituée de pergélisol, le reste de la superficie étant composé d'un mélange d'étangs thermokarstiques et de végétation de tourbière (cypéracées etsphaignes). La végétation de tourbière était pratiquement absente en 1957, tandis qu'elle couvrait la moitié de la zone étudiée en 2003. Les épinettes sont mortes quand le pergélisol s'est dégradé et que leurs racines ont été immergées. Le taux annuel de dégradation du pergélisol a approximativement doublé au cours de la dernière décennie de l'étude, passant ainsi à -5,3 % par année; cette accélération du taux de fonte était probablement liée aux tendances à la hausse en ce qui a trait aux températures estivales et aux précipitations depuis le milieu des années 1990.
  3. Une étude portant sur une vaste zone de la région de la baie JamesNB49 a montré que les changements documentés pour les sites décrits ci-dessus sont répandus. Le paysage de la zone de pergélisol sporadique est en transition, passant d'un écosystème sec composé de palses recouvertes de lichen et d'étangs intercalés, à un écosystème plus humide dominé par des étangs et des tourbières plus grands. La limite méridionale du pergélisol s'est déplacée d'environ 130 km vers le nord, principalement au cours de 50 dernières années. Au nord de la limite actuelle du pergélisol (aux environs de la lettre « C » sur la figure 9 ), le pergélisol est dans un état avancé de dégradation – les palses dans les tourbières observées et étudiées dans cette région jusqu'en 2004 avaient rétréci ou disparu en 2005.

Le lichen, une nourriture importante pour le caribou (Rangifer tarandus), est maintenu dans la région de la baie James par des feux périodiques et par le pergélisol, ces deux facteurs créant des micro-environnements secs. Si, comme on semble l'observer, le pergélisol continue à se dégrader et disparaît dans les prochaines années, les écosystèmes humides de tourbières qui en résulteront entraîneront une diminution à grande échelle du lichenNB49.

Figure 9. Variation des formes de relief constituées par le pergélisol, des étangs thermokarstiques et de l'étendue du pergélisol, selon trois études menées dans le Nord québécois.
Les études A et B sont basées sur des relevés terrestres et des photos aériennes datant de 1957.
Étude C. Des relevés réalisés par hélicoptère en 2004 et 2005 le long de deux transects nord-sud de 350 km, complétés par des relevés terrestres, ont permis de définir l'étendue septentrionale du pergélisol en fonction de la présence de palses, et l'étendue méridionale des étangs thermokarstiques (indiquant la présence de pergélisol au cours des 50 dernières années). La lettre « C » indique l'emplacement approximatif des palses et des étangs thermokarstiques étudiés.

une carte et deux diagrammes
Source : A. Vallée et Payette, 2007NB47; B. Payette et al., 2004NB48; C. Thibault et Payette, 2009NB49
Description longue pour Figure 9.

Cette figure comprend une carte et deux diagrammes pour documenter la variation de la surface totale, de la couverture terrestre et des limites du pergélisol, selon trois études menées dans le Nord québécois. Le diagramme à barres en haut, à gauche, montre une baisse de 23 % de la surface totale des palses (monticules de tourbe ou de sol formés par des ségrégations de glace) et une augmentation de 76 % de la superficie d'étangs entre 1957 et 2001; l'emplacement de la zone étudiée est indiqué par le point « A » sur la carte, le long de la rivière Boniface. Le diagramme linéaire en haut, à droite, montre les informations suivantes :

Annéepergélisolétangstourbières
195782%18%0%
198338%32%28%
199328%30%42%
200313%37%50%

La carte dans le bas de la figure montre, outre l'emplacement des trois zones étudiées, le déplacement de 130 km vers le nord de la limite méridionale du pergélisol, documenté par une étude plus récente (zone étudiée « C », en 2004 et en 2005) qui a permis de définir l'étendue méridionale des zones qui étaient recouvertes de pergélisol dans le passé, par la présence d'étangs thermokarstiques.

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Note de bas des pages

NB 11

Smith, S. 2011. Tendances relatives aux conditions du pergélisol et à l'écologie dans le Nord du Canada. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 9. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. iii + 23 p.

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NB 17

Monk, W.A. et Baird, D.J. 2011. Biodiversité dans les rivières et lacs du Canada. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 20. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON.

Retour au NB 17

NB 18

Wiken, E., Moore, H. et Latsch, C. 2004. Peatland and wetland protected areas in Canada. Wildlife Habitat Canada Science Report. Habitat Faunique Canada. Ottawa, ON. 18 p.

Retour au NB 18

NB 21

Retour au NB 21

Timoney, K.P., Roi, G.H.L., Zoltai, S.C. et Robinson, A.G. 1992. The high Subarctic forest-tundra of northwestern Canada: position, width, and vegetation gradients in relation to climate. Arctic45:1-9.

NB 22

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Timoney, K.P. 1995. Tree and tundra cover anomalies in the Subarctic forest-tundra of northwestern Canada. Arctic48:13-21.

NB 23

Retour au NB 23

Nichols, H. 1976. Historical aspects of the northern Canadian treeline. Arctic29:38-47.

NB 24

Retour au NB 24

Gamache, I. et Payette, S. 2004. Height growth response of tree line black spruce to recent climate warming across the forest-tundra of eastern Canada. Journal of Ecology92:835-845.

NB 25

Retour au NB 25

Gamache, I. et Payette, S. 2005. Latitudinal response of Subarctic tree lines to recent climate change in eastern Canada. Journal of Biogeography32:849-862.

NB 26

Retour au NB 26

Laliberte, A.C. et Payette, S. 2008. Primary succession of Subarctic vegetation and soil on the fast-rising coast of eastern Hudson Bay, Canada. Journal of Biogeography35:1989-1999.

NB 27

Retour au NB 27

Payette, S. 2007. Contrasted dynamics of northern Labrador tree lines caused by climate change and migrational lag. Ecology88:770-780.

NB 28

Retour au NB 28

Olthof, I. et Pouliot, D. 2010. Treeline vegetation composition and change in Canada's western Subarctic from AVHRR and canopy reflectance modeling. Remote Sensing of Environment114:805-815.

NB 29

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Pisaric, M.F.J., Carey, S.K., Kokelj, S.V. et Youngblut, D. 2007. Anomalous 20th century tree growth, Mackenzie Delta, Northwest Territories, Canada. Geophysical Research Letters34, L05714, 5 p.

NB 30

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Hayeur, G. 2001. Synthèse des connaissances environnementales acquises en milieu nordique de 1970 à 2000. Hydro-Québec. Montréal, QC. 110 p.

NB 31

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Hydro-Québec. 2010. Projet de l'Eastmain-1-A--Sarcelle--Rupert [en ligne]. Hydro-Québec. (consulté le Dec. 2010).

NB 32

Retour au NB 32

Nalcor Energy et Gouvernement du Terre-Neuve-et-Labrador. 2011. Rapport de la commission d'examen conjoint sur le projet de centrale hydroélectrique dans la partie inférieure du fleuve Churchill. Gouvernement du Canada et Gouvernement du Terre-Neuve-et-Labrador. Ottawa, ON et St. John's, NL. 391 p.

NB 33

Retour au NB 33

Abdul Aziz, O.I. et Burn, D.H. 2006. Trends and variability in the hydrological regime of the Mackenzie River Basin. Journal of Hydrology319:282-294.

NB 34

Retour au NB 34

Déry, S.J., Mlynowski, T.J., Hernández-Henríquez, M.A. et Straneo, F. 2011. Interannual variability and interdecadal trends in Hudson Bay streamflow. Journal of Marine Systems88:341-351-.

NB 35

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Cannon, A., Lai, T. et Whitfield, P. 2011. Tendances dictées par le climat dans les écoulements fluviaux au Canada, de 1961 à 2003. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 19. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON.

NB 36

Retour au NB 36

Messier, D. 2002. Suivi environnemental des projets La Grande-2-A et La Grande-1. Rapport synthèse pour la période 1987-2000. Le panache de la Grande Rivière. Direction Barrages et Environnement, Hydro-Québec Production. Montréal, QC. 73 p. et annexes.

NB 37

Retour au NB 37

Therrien, J., Verdon, R. et Lalumière, R. 2002. Suivi environnemental du complexe La Grande. Évolution des communautés de poissons. Rapport synthèse 1977-2000. Groupe conseil GENIVAR inc. et Direction Barrages et Environnement, Hydro-Québec Production. 131 p. + annexes.

NB 38

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COSEPAC. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'esturgeon jaune (Acipenser fulvescens) au Canada - Mise à jour. Comité sur la situation de espèces en péril au Canada. Ottawa, ON. xi + 124 p.

NB 39

Retour au NB 39

Consortium Waska-GENIVAR. 2011. Centrales de l'Eastmain-1-A et de la Sarcelle et dérivation Rupert. Suivi de la zostère marine de la côte nord-est de la baie James. Rapport d'étude 2011. Rapport du Consortium Waska-GENIVAR inc. pour Hydro-Québec Production. 57 p. + annexes.

NB 40

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Lalumière, R. et Lemieux, C. 2002. Suivi environnemental des projets La Grande-2-A et La Grande-1. La zostère marine de la côte nord-est de la baie James. Rapport synthèse pour la période 1988-2000. Rapport du Groupe conseil GENIVAR inc. pour la Direction Barrages et Environnement, Hydro-Québec Production. 92 p. + annexes.

NB 41

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GENIVAR. 2010. Centrales de l'Eastmain-1-A et de la Sarcelle et dérivation Rupert. Suivi de la zostère marine de la côte nord-est de la baie James. État de référence 2009. Rapport de GENIVAR Société en commandite pour Hydro-Québec et la Société d'énergie de la Baie James. 54 p. + annexes.

NB 42

Lalumière, R., Messier, D., Fournier, J.J. and Mcroy, C.P. 1994. Eelgrass meadows in a low Arctic environment, the northeast coast of James Bay, Quebec. Aquatic Botany47:303-315.

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NB 43

Standing Committee on Fisheries and Oceans. 2008. Fifth report of the Standing Committee on Fisheries and Oceans to the House of Commons. Government of Canada. Ottawa, ON. 2 p

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NB 44

Hanson, A.R. 2004. Status and conservation of eelgrass (Zostera marina) in eastern Canada. Technical Report Series No. 412. Environment Canada, Canadian Wildlife Service, Atlantic Region. Sackville, NB. 40 p.

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NB 45

Short, F.T. 2008. Report to the Cree Nation of Chisasibi on the status of eelgrass in James Bay. Jackson Estuarine Laboratory. Durham, NH. 30 p.

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NB 46

Retour au NB 46

Latifovic, R. et Pouliot, D. 2007. Analysis of climate change impacts on lake ice phenology in Canada using the historical satellite record. Remote Sensing of Environment106:492-507.

NB 47

Retour au NB 47

Vallée, S. et Payette, S. 2007. Collapse of permafrost mounds along a Subarctic river over the last 100 years (northern Québec). Geomorphology90:162-170.

NB 48

Retour au NB 48

Payette, S., Delwaide, A., Caccianiga, M. et Beauchemin, M. 2004. Accelerated thawing of Subarctic peatland permafrost over the last 50 years. Geophysical Research Letters31:1-4.

NB 49

Retour au NB 49

Thibault, S. et Payette, S. 2009. Recent permafrost degradation in bogs of the James Bay area, northern Québec, Canada. Permafrost and Periglacial Processes20:383-389.

NB 50

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Camill, P. 2005. Permafrost thaw accelerates in boreal peatlands during late-20th century climate warming. Climatic Change68:135-152.

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Thème : Interactions humains-écosystèmes

 

Aires protégées

Constatation clé 8
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
La superficie et la représentativité du réseau d'aires protégées ont augmenté ces dernières années. Dans bon nombre d'endroits, la superficie des aires protégées est bien au-delà de la valeur cible de 10 % qui a été fixée par les Nations Unies. Elle se situe en deçà de la valeur cible dans les zones fortement développées et dans les zones océaniques.

Avant 1992 (signature de la Convention sur la diversité biologique), 1,1 % de la superficie de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier était protégé (À noter qu'il y a 6 060 km2 d'aires protégées dans l'écozone+ du bouclier de la taïga pour lesquelles nous ne connaissons pas l'année d'établissement. Si la totalité de cette superficie était protégée avant 1992, cela signifie que 1,6 % de l'écozone+ était protégée avant cette date.) En mai 2009, la superficie protégée était passée à 7 % (figure10 et figure11) et se répartissait de la manière suivante :

  • 5,2 % (29 aires protégées) dans les catégories I-III de l'UICN. Ces catégories englobent les réserves naturelles, les aires de nature sauvage, et les autres parcs et réserves gérés à des fins de conservation des écosystèmes et des caractéristiques naturelles ou culturellesNB51
  • 0,5 % (trois aires protégées) dans la catégorie V de l'UICN, axée sur l'utilisation durable par le biais de traditions culturelles établiesNB51
  • 1,4 % (cinq aires protégées établies depuis 2005) qui n'est pas classé selon les catégories de l'UICN.
Figure 10. Expansion des aires protégées de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier, 1922-2009.
Données fournies par les autorités fédérales, territoriales et provinciales et mises à jour jusqu'à mai 2009. Seules les aires protégées juridiquement sont incluses. Les catégories d'aires protégées de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) reposent sur des objectifs de gestion primaires (voir le texte pour plus d'information). Il n'y a pas d'aires protégées de la catégorie IV dans l'écozone+. Nota : La catégorie « non classé » (en gris) regroupe les aires protégées pour lesquelles on n'a pas fourni de classement UICN. La dernière bande verticale (« TOTAL ») inclut également les aires protégées pour lesquelles on n'a pas fourni l'année d'établissement.
diagramme
Source : Environnement Canada, 2009NB 52; données du Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC), v. 2009.05, 2009NB 53
Description longue pour Figure 10.

Ce diagramme à barres montre les informations suivantes 

AnnéeCatégories I-III UICN(km2)Catégories V UICN(km2)Non classé (km2)
1922-192616200
1927-198614,39400
1987-198814,42200
1989-199414,81800
1995-199734,14600
199835,07000
1999-200135,15200
200251,06300
2003-200454,33300
2005-200754,354024
200863,036016,501
200969,508018,295
Total69,5126,06018,295

Le Réserve faunique Thelon a été créé en 1927, les parcs provinciaux du lac Numaykoos, de Rivière-Caribou et des lacs Sand en 1995, et lacs-Guillaume-Delisle-et-l'Eau-Claire National Park Reserve (Québec) en 2002.

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Figure 11. Carte indiquant les aires protégées de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier, mai 2009.
Carte
Source : Environnement Canada, 2009NB 52; données du Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC), v. 2009.05, 2009NB 53
Description longue pour Figure 11.

Cette carte montre l'emplacement des aires protégées dans la Taïga du Bouclier est et la Taïga du Bouclier ouest, en date de mai 2009. En général, les aires protégées sont réparties uniformément entre les parties est et ouest de l'écozone+.

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Intendance

Constatation clé 9
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Les activités d'intendance au Canada, qu'il s'agisse du nombre et du type d'initiatives ou des taux de participation, sont à la hausse. L'efficacité d'ensemble de ces activités en ce qui a trait à la préservation et à l'amélioration de la biodiversité et de la santé des écosystèmes n'a pas été entièrement évaluée.

Bon nombre d'Autochtones de la Taïga du Bouclier continuent de tirer leurs moyens de subsistance de leur environnement naturel, en totalité ou en partie, comme le faisaient leurs ancêtres, et ils ont conservé les méthodes d'intendance traditionnelles des terres et de la faune. Les Autochtones de ces territoires entretiennent toujours un grand respect pour le caribou, une valeur fondée sur leur patrimoine spirituel et coutumier54. Des aînés dénés attribuent souvent l'absence de caribous certaines années au manque de respect envers la nature et la faune. Selon eux, c'est par de bonnes pratiques de chasse et de préservation de la viande, entre autres, qu'on affiche le respect appropriéNB 54 NB 55 NB 56.

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Les Cris ont préservé un régime foncier coutumier qui assure la pérennité des ressources essentielle au maintien de l'économie de subsistance locale. Des pointeurs ou « chefs de chasse » agissent comme responsables de territoires de chasse dont ils ont la garde et, à ce titre, surveillent les activités de chasse et de trappage qui s'y déroulentNB 57.

Science et intendance traditionnelle

Une approche traditionnelle dans l'intendance du territoire peut parfois entrer en conflit avec une approche scientifique. Plusieurs aînés autochtones estiment que les techniques modernes de gestion de la faune, notamment en ce qui a trait à la capture et à la manipulation, sont irrespectueuses des animauxNB 58 NB 59 NB 60. Par exemple, 80 % des aînés dénés qui ont pris part à une série d'entrevues ne sont pas d'accord avec la pratique de suivre à la trace les caribous au moyen de colliers émetteursNB 61.

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Conversion des écosystèmes

Thème Interactions humains-écosystèmes

 

La conversion des écosystèmes a été désignée initialement comme une constatation clé récurrente à l'échelle nationale, et des renseignements ont été compilés et évalués par la suite pour l'écozone+ de la Taïga du Bouclier. Dans la version définitive du rapport nationalNB 3, des renseignements liés à la conversion des écosystèmes ont été intégrés à d'autres constatations clés. Ces renseignements sont conservés en tant que constatation clé distincte pour l'écozone+ de la Taïga du Bouclier.

La principale forme de conversion du système naturel dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier est l'inondation des terres dans le nord du Québec à des fins d'aménagement hydroélectrique.

Barrages et réservoirs

La construction des complexes des chutes Churchill au Labrador et de La Grande (baie James) au Québec a provoqué l'inondation de quelque 14 150 km² de terresNB 30, élargissant ainsi les plans d'eau existants et créant de vastes réservoirs. Le complexe La Grande (figure12 ) a créé huit réservoirs, qui ont été remplis de 1979 à 1993, dont la taille varie de 70 à 4 275 km2. Les superficies de lacs naturels convertis en réservoirs, des terres converties en réservoirs et les superficies déboisées (à cause de réservoirs et d'infrastructure) sont montrées à la figure13. Un troisième projet, le complexe Churchill-Nelson au Manitoba, chevauche les écozone+s+ de la Taïga du Bouclier, des Plaines hudsoniennes, et du Bouclier boréal. Par ailleurs, d'autres aménagements hydroélectriques plus petits de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier n'entraînent pas la construction de réservoirs ni le détournement de rivières. La plupart (88 %) des 177 barrages qui se trouvent dans l'écozone+ ont été construits entre 1970 et 1990NB 17.

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Figure 12. Complexe hydroélectrique La Grande
carte
Source: Hayeur, 2001NB 30
Description longue pour Figure 12.

Cette carte montre l'infrastructure hydroélectrique du complexe La Grande. La carte montre les séries de réservoirs, de barrages, de centrales hydroélectriques, de routes et de lignes de transport du complexe, ainsi que l'emplacement des petites agglomérations. D'est en ouest, les réservoirs Caniapiscau, Laforge, La Grande, Robert­Bourassa et Opinaca sont indiqués sur la carte. D'importantes lignes de transport se dirigent vers le sud à partir des centrales Robert­Bourassa et La Grande 3 et 4. La carte en médaillon, dans le coin inférieur droit, montre l'emplacement du complexe La Grande dans le centre du Québec.

 

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Figure 13. Superficie cumulative touchée par l'aménagement hydroélectrique du complexe La Grande, baie James, 1970-2005.

La taille de la superficie totale des terres converties en réservoirs est environ la moitié de celle du lac Winnipeg, ou deux fois celle de l'Île du Prince Édouard. Les superficies déboisées étaient des terres couvertes d'arbres d'une hauteur d'au moins 5 m, et la fermeture du couvert forestier était de 25 % avant que les terres ne soient submergées. Des images Landsat et des photographies aériennes ont été utilisées pour l'analyse.
diagramme linéaire et à barres
Source : Statistiques du SCF sur le déboisement tirées de Leckie et al., 2006;NB 62 données sur la superficie totale des terres et des lacs convertis en réservoirs tirées de Hayeur, 2001NB 30
Description longue pour Figure 13.

Ce diagramme linéaire et à barres montre les informations suivantes :

Superficie (km2, cumulative)
AnnéeSuperficie des terres converties en réservoirsSuperficie des lacs convertis en réservoirsSuperficie déboisée
1970--13
1971--27
1972--40
1973--50
1974--64
1975--78
1976--93
1977--111
1978--758
19792,6302051,613
19803,3705051,636
19813,3705053,448
19823,3705053,943
19834,0705705,079
19849,8461,7575,153
19859,8461,7575,162
19869,8461,7575,171
19879,8461,7575,180
19889,8461,7575,188
19899,8461,7575,207
19909,8461,7575,224
19919,8461,7575,260
19929,8461,7575,301
199310,8092,1525,658
199410,8092,1525,665
199510,8092,1525,673
199610,8092,1525,683
199710,8092,1525,694
199810,8092,1525,733
199910,8092,1525,794
200010,8092,1525,802
200110,8092,1525,809
200210,8092,1525,905
200310,8092,1525,921
200410,8092,1525,947
200510,8092,1525,983

Les projets d'aménagement majeurs prévus dans la partie est de la Taïga du Bouclier comprennent l'aménagement du cours inférieur de Churchill, avec deux réservoirs couvrant ensemble une aire de 300 km2 et les barrages et lignes de transmission connexes32, et la prochaine phase du complexe de la baie James, qui comprendra le détournement de la moitié du débit annuel de la rivière Rupert et la construction d'un réservoir de 600 km2 NB 63.

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Changement écologique dans les réservoirs du complexe La Grande

La création de réservoirs a causé un certain nombre de changements physiques : augmentation rapide de la surface d'eau, du volume d'eau ainsi que du temps de séjour de l'eau; passage de conditions de rivière à des conditions de lac dans les sections inondées des rivières; mélange des eaux provenant de différents bassins versants; changements sur le plan des cycles de crues; changements liés au moment du gel et de la fonte et baisse de la température des eaux de surfaceNB 37.

Les modèles basés sur les données provenant des réservoirs du complexe La Grande indiquent que la création de réservoirs a un effet net qui consiste en une augmentation à long terme des émissions de carbone (CO2 et méthane) dans l'atmosphère, principalement en raison d'un prolongement de la durée pendant laquelle l'eau est stockée (une hausse d'environ deux ans pour le réservoir Robert-Bourassa)NB 64. Ce prolongement de la durée de stockage augmente les émissions provenant de la matière organique présente dans la colonne d'eau. Globalement, on estime que les réservoirs entraînent 4 % des émissions anthropiques de CO2NB 64.

Les principaux résultats d'un programme complet de surveillance écologique de l'eau douce dans les réservoirs du complexe La Grande, qui a été réalisé par Hydro-Québec durant la période 1977-2000NB 30, sont présentés ci-dessous.

Qualité de l'eau

Les changements touchant les caractéristiques chimiques et physiques des réservoirs ont atteint un sommet dans les deux ou trois années suivant le remplissage, mais ces caractéristiques sont tout de même demeurées dans des plages de valeurs propices à la productivité biologique (figure14). Les changements les plus importants sont survenus à la fin de l'hiver, sous la glace, avec la formation de zones d'eau profonde contenant peu d'oxygène. Après 9 à 10 ans, les principaux paramètres étaient revenus aux niveaux mesurés avant la construction, ou ils s'en étaient approchés, dans les réservoirs Opinaca et Robert-Bourassa; cependant, ce cycle, en particulier pour le phosphore et la silice, a été plus long dans le réservoir Caniapiscau.

Figure 14. Variation des paramètres chimiques de l'eau au cours de la première décennie, suivant la mise en eau, en raison de la décomposition de la matière organique submergée dans les réservoirs du complexe La Grande.
Mesures prises dans la zone exposée à la lumière du soleil (environ les 10 premiers mètres) durant la période sans glace.
diagrammes
Source: Hayeur, 2001NB 30
Description longue pour Figure 14.

Cet ensemble de 6 diagrammes linéaires montre la variation des paramètres chimiques de l'eau relativement à la matière organique submergée, au cours de la première décennie suivant la création des réservoirs. Les données proviennent de trois réservoirs (Opinaca, Robert-Bourassa et Caniapiscau), et les mesures ont été prises dans les 10 premiers mètres de profondeur de l'eau pendant la période libre de glace. Tous les paramètres présentent des variations considérables dans les cinq premières années après la mise en eau, mais la plupart d'entre eux reviennent, dès la première décennie, à des valeurs assez semblables aux valeurs observées avant la mise en eau, exception faite du carbone inorganique total, qui a légèrement augmenté dans tous les réservoirs. La plupart des paramètres présentaient des tendances semblables dans les réservoirs Opinaca et Robert­Bourassa, mais les paramètres du réservoir Caniapiscau présentaient des tendances différentes dans certains cas, y compris une plus grande augmentation en phosphore total et en chlorophylle alpha, et des valeurs de silice généralement plus basses.

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Plancton et organismes benthiques

En plus de créer de nouveaux milieux aquatiques, l'inondation a modifié les écosystèmes planctoniques et benthiques – à court terme dans certains cas, mais apparemment de façon permanente dans d'autres.

  • Les concentrations de phytoplancton, établies par la mesure du niveau de chlorophylle alpha (figure14), ont augmenté rapidement après la mise en eau, puis ont diminué et se sont stabilisées à des niveaux comparables aux valeurs naturelles. Les hausses de la productivité primaire sont principalement attribuées à l'augmentation du phosphore.
  • L'abondance et la biomasse du zooplancton ont augmenté dans tous les réservoirs en raison de l'augmentation des nutriments et de la matière organique générés par la décomposition des végétaux submergés (figure15). Le cycle de variation a suivi les changements touchant la qualité de l'eau et le phytoplancton, avec un décalage d'environ un an.
  • Les communautés benthiques ont connu des changements sur le plan des espèces. La diversité a diminué après la mise en eau, en raison de la disparition des espèces moins mobiles et des espèces adaptées aux eaux courantes rapides. Les réservoirs ont été rapidement colonisés par des espèces habitant les lacs.
Figure 15. Variation de la biomasse zooplanctonique : réservoir Robert-Bourassa.
diagramme
Source: Hayeur, 2001NB 30
Description longue pour Figure 15

Ce diagramme linéaire montre la variation de la biomasse zooplanctonique (mg/m3) jusqu'à six ans après la création des réservoirs. La biomasse totale a augmenté pendant la quatrième année, sous l'effet de l'augmentation des cladocères et des calanoïdes. Les cyclopidés, les nauplius et les rotifères sont demeurés à des niveaux relativement constants tout au long de la période.

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PoissonsNB 37

La surveillance des communautés de poissons a été effectuée au cours d'une période de plus de 20 ans à compter de 1977, soit deux ans avant la création du premier réservoir, et jusqu'en 2000; elle comprenait la surveillance de lacs non altérés en tant que sites témoins. De façon générale, on a noté une augmentation du rendement total des pêches suivie d'un retour graduel, après environ une douzaine d'années, à des valeurs comparables à celles mesurées avant la construction. Le rendement total des pêches a chuté rapidement après la mise en eau, et cette baisse a été suivie d'une augmentation rapide quand les nutriments ajoutés durant la période de décomposition des végétaux submergés ont modifié les réseaux trophiques (figure16).

Certains changements ont été observés sur le plan de la composition des espèces. Le grand corégone (Coregonus clupeaformis), la principale espèce présente dans tous les réservoirs, a vu ses effectifs augmenter. Le grand brochet (Esox lucius) s'est aussi multiplié et son nombre a augmenté dans certains réservoirs, tandis que le touladi (Salvelinus namaycush) a connu des difficultés en termes de recrutement, possiblement en raison de l'abaissement de la surface de l'eau durant l'hiver (faibles niveaux d'eau). Dans le réservoir Robert-Bourassa, 17 ans après la mise en eau, il y avait relativement moins de meuniers noirs (Catostomus commersonii) et de dorés et plus de brochets, de corégones et de lottes (Lota lota) (figure17).

Figure 16. Abondance relative des poissons capturés dans le réservoir Robert-Bourassa, 1977-1996.
diagramme
Source: Therrien et al., 2004NB 37
Description Longue pour Figure 16

Ce diagramme à barres de pourcentage empilées montre le changement de l'abondance relative des types de poissons capturés lors de relevés effectués dans le réservoir Robert­Bourassa, de 1977 à 1996. Suivant la mise en eau, il y a eu des changements en ce qui concerne l'abondance relative de toutes les espèces. Parmi les changements les plus notables, on compte l'abondance relative plus faible du meunier noir et du meunier rouge vers 1996 : à la mise en eau en 1979, ces deux espèces représentaient 40 % des prises, mais, vers 1996, elles représentaient moins de 10 %. L'abondance relative du grand corégone, du grand brochet et de la lotte a augmenté après 1983.

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Figure 17. Rendement des pêches dans le réservoir Robert-Bourassa, 1977-1996

Les données sur le rendement des pêches dans le Detcheverry, un lac naturel, sont présentées aux fins de comparaison.
Graph
Source: Therrien et al., 2004NB 37
Description Longue pour Figure Figure 17

Ce diagramme linéaire présente le rendement total en poids (kg/filet par jour) de la pêche dans le réservoir Robert­Bourassa et le lac Detcheverry, entre 1977 et 1995. Le rendement total est demeuré relativement constant pour le lac Detcheverry durant cette période. En revanche, le rendement total a présenté des changements considérables pour le réservoir Robert­Bourassa : une baisse prononcée s'est produite l'année de la mise en eau, suivie d'une augmentation généralement constante jusqu'en 1988, suivie ensuite d'une baisse pour revenir aux niveaux observés avant la mise en eau vers 1992.

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Espèces non indigènes envahissantes

Constatation clé 10
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Les espèces non indigènes envahissantes sont un facteur de stress important en ce qui concerne le fonctionnement, les processus et la structure des écosystèmes des milieux terrestres, des milieux d'eau douce et d'eau marine. Leurs effets se font sentir de plus en plus à mesure que leur nombre augmente et que leur répartition géographique progresse.

Les espèces envahissantes sont encore peu présentes dans la Taïga du Bouclier. L'absence de routes freine la migration de nombreuses espèces et l'extrême rigueur du milieu naturel peut nuire à la survie de certaines espèces. Les espèces associées aux établissements humains, comme le Moineau domestique (Passer domesticus), se rencontrent rarement, mais sont présentes dans la partie occidentale de la Taïga du Bouclier (à Yellowknife). La pénétration des plantes envahissantes non indigènes est généralement tributaire des axes routiers et des autres perturbations anthropiques. Lors d'une étude de 2006 effectuée le long des routes dans la partie ouest de la Taïga du BouclierNB 65, on a répertorié 39 espèces de plantes vasculaires non indigènes, y compris des espèces susceptibles de devenir envahissantes au CanadaNB 66.

Le milieu aquatique de la Taïga du Bouclier pourrait être particulièrement vulnérable aux espèces envahissantes en raison du nombre relativement restreint d'espèces indigènes qu'on y trouve. L'aire de répartition d'espèces de poissons telles que l'achigan à petite bouche (Micropterus dolomieui), espèce prédatrice dont on sait qu'elle modifie les assemblages d'espèces, se déplace vers le nord dans la partie orientale de l'Amérique du Nord, en raison du réchauffement climatiqueNB 67, ce qui augmente le risque d'introduction. L'omble chevalier (Salvelinus alpinus) et la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) ont été introduites près de Yellowknife, aussi récemment qu'en 1990, pour enrichir la pêche sportiveNB 68, mais ces espèces ne se sont pas répanduesNB 69.

Quelques espèces nuisibles non indigènes des forêts ont été introduites dans la partie ouest de l'écozone+NB 70, notamment la tenthrède du mélèze (Pristiphora erichsonii), et deux espèces de mineuses du bouleau : la Scolioneura betuleti et la Profenusa thomsoni. La tenthrède du mélèze s'attaque à des peuplements de mélèzes laricins depuis la fin des années 1960, alors que les deux espèces de mineuses, qui ont d'abord été découvertes dans la partie ouest de la Taïga du Bouclier (1994-2003), sont maintenant communes à proximité des collectivités. On trouve maintenant la tenthrède mineuse de Thomson (Profenusa thomsoni) à Yellowknife jusque dans les peuplements de bouleaux sauvages des environs, surtout le long des routes.

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Contaminants

Constatation clé 11
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Dans l'ensemble, les concentrations d'anciens contaminants dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine ont diminué au cours des 10 à 40 dernières années. Les concentrations de beaucoup de nouveaux contaminants sont en progression dans la faune; les teneurs en mercure sont en train d'augmenter chez certaines espèces sauvages de certaines régions.

La présence de la plupart des contaminants dans cette écozone+ est liée à l'activité humaine. Ils ont été transportés sur de longues distances puis déposés sur la neige ou la végétation. De là, ils s'infiltrent dans la chaîne alimentaire. Certains métaux lourds, comme le cadmium qui, à une concentration donnée, sont considérés des contaminants, existent localement à l'état naturel. Le mercure que l'on trouve dans l'écozone+ provient de trois sources : 1) comme le cadmium, il existe à l'état naturel dans l'environnement; 2) étant une composante des émissions industrielles partout dans le monde, il est transporté dans la région par voie atmosphérique; 3) le mercure présent dans l'environnement atteint des concentrations plus fortes dans les écosystèmes d'eau douce à la suite de la submersion des terres lors de la construction de réservoirs.

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Caribou

Dans le cadre du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord, on exerce depuis une vingtaine d'années une surveillance continue des polluants organiques persistants (POP) et des métaux lourds, notamment au sein de plusieurs hardes de caribous, dont l'aire de répartition comprend l'écozone+NB 71.

Des POP, comme le DDT, les BPC, les dioxines et les furanes, ont été détectés à de très faibles concentrations dans des caribous de la toundra. Ils ne représentent pas une menace tant pour la santé des caribous que pour celle des humains qui mangent du caribou. Comparativement à d'autres hardes, la concentration de cadmium est relativement élevée dans les reins et le foie des caribous Beverley, présents dans la Taïga du Bouclier en hiver et en automne. La source probable est le cadmium provenant des roches sous-jacentes, qui s'accumule dans le lichen que les caribous consomment. On constate que la concentration de mercure dans un certain nombre de hardes en divers points du pays varie avec le temps. Toutefois, les résultats ne sont pas concluants. On poursuit la surveillance de certaines hardes, dans le cadre du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord, en vue de déceler la tendance du mercure provenant de sources industrielles, et de déterminer le taux d'assimilation du mercure dans les chaînes alimentaires terrestres.

Poissons

Les contaminants s'infiltrent également dans le milieu aquatique et se concentrent dans les prédateurs qu'on retrouve au sommet de la chaîne alimentaire, comme certaines espèces de poissons. La concentration de mercure augmente de façon significative dans les lottes de rivière et les touladis pêchés dans le bassin occidental  et dans les lottes de rivière pêchées dans le bras oriental (bras est) du Grand lac des Esclaves. Cette tendance est peu prononcée dans le cas du touladi du bras est (figure18). En comparant ces résultats avec les résultats d'analyses de la concentration du mercure dans les poissons des plus petits lacs de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier, on a constaté que l'augmentation de la concentration du mercure est plus prononcée dans les lacs plus petits et moins profonds que dans le Grand lac des EsclavesNB 72. On n'observe aucune corrélation nette entre l'augmentation de la concentration de mercure dans les poissons du Grand lac des Esclaves et des facteurs climatiques, comme la température moyenne de l'air ou les précipitations. Il est possible que les plus récentes hausses de concentrations de mercure soient dues à l'augmentation des émissions de mercure industrielles mondiales. En Asie par exemple, les activités industrielles émettrices de mercure, comme les centrales au charbon et les aciéries sont de plus en plus nombreuses, une tendance qui devrait se poursuivre au cours des prochaines décenniesNB 73.

Figure 18. Tendances dans les concentrations de mercure, de BPC et de HCH dans les poissons du Grand lac des Esclaves, 1993-2008.
Le bras oriental du Grand lac des Esclaves se trouve dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier. Les échantillons ont été prélevés dans le secteur Lutsel K'e. Le bassin occidental du lac se trouve dans l'écozone+ de la Taïga des plaines. Les échantillons ont été prélevés dans le secteur de la rivière Hay (touladi) et dans l'émissaire de la rivière des Esclaves (lotte de rivière). Les lignes représentent des tendances prononcées (p<0.05). Les concentrations totales de DDT et de BPC n'indiquent pas de tendances significatives.
trois diagrammes de dispersion
Source: Evans, 2009NB 72
Description longue pour Figure 18

Ces trois diagrammes de dispersion combinés avec des graphiques linéaires montrent les informations suivantes :

Mercury (ug/g)
AnnéeTouladi du Hay River (Touladi du basin occidental)Touladi du Lutsel K'e (Touladi du bras oriental)Lotte du Hay River (Lotte du basin occidental)Lotte du Lutsel K'e (Lotte du bras oriental)
1993----
1994----
1995-0.12--
1996--0.08-
1997----
1998----
19990.110.140.110.08
2000-0.260.130.12
20010.200.150.180.12
20020.160.130.160.12
2003----
20040.170.150.180.17
20050.180.190.11-
20060.210.160.16-
20070.210.190.24-
20080.270.190.250.19
Average PCBs (ng/g)
AnnéeTouladi du Hay River (Touladi du basin occidental)Touladi du Lutsel K'e (Touladi du bras oriental)Lotte du Hay River (Lotte du basin occidental)Lotte du Lutsel K'e (Lotte du bras oriental)
1993142575138
1994----
1995-21--
1996--96-
1997----
1998----
1999281411880
2000-17168127
20011126180126
20023783112
2003----
20041729101174
2005155072-
2006171864-
2007726--
2008----
Average HCH (ng/g)
AnnéeTouladi du Hay River (Touladi du basin occidental)Touladi du Lutsel K'e (Touladi du bras oriental)Lotte du Hay River (Lotte du basin occidental)Lotte du Lutsel K'e (Lotte du bras oriental)
199323711
1994----
1995-1--
1996--7-
1997----
1998----
19993153
2000-168
20012267
20020136
2003----
20041113
2005003-
2006002-
200700--
2008----

 

Les concentrations de POP liées à l'activité humaine demeurent inchangées ou diminuent dans les poissons du Grand lac des Esclaves. Les concentrations de BPC et de DDT sont demeurées constantes de 1992 à 2007, alors qu'elles étaient fortement à la baisse dans le cas du HCH dans trois des quatre groupes d'échantillons (figure18). Les changements affectant l'écosystème lacustre ou la structure trophique des poissons du Grand lac des Esclaves pourraient accentuer ou masquer les tendances liées aux contaminants. Par exemple, les contaminants organiques sont plus susceptibles de s'accumuler dans les tissus adipeux, mais on a constaté que le volume de ces tissus a diminué dans le touladi au cours des dernières années, ce qui pourrait être lié à la variation du nombre relatif d'espèces différentes dans le lac, ou à d'autres changements dans l'écosystème lacustreNB 72.

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D'après les conclusions d'une étude sur la lotte de rivière dans le fleuve MackenzieNB 74, la tendance à la hausse des concentrations de mercure et de BPC pourrait être liée à la croissance de la productivité dans le milieu aquatique en raison de changements climatiques. Les contaminants peuvent circuler plus aisément au sein du réseau trophique lorsque la productivité est plus grande. La complexité du tableau pourrait être accrue par des changements du régime des feux de forêt. Kelly et al, 2006NB 75 ont démontré, dans une étude effectuée dans la région de Jasper, en Alberta, que les poissons des lacs dont les bassins versants avaient récemment subi des feux de forêt présentaient des concentrations élevées de mercure, ce qui était attribué aux augmentations de l'apport de mercure dans les lacs et aux augmentations de nutriments qui ont favorisé la productivité et modifié les réseaux trophiques.

Le mercure dans les poissons affectés par les réservoirs

Les végétaux des zones inondées par l'aménagement de nouveaux réservoirs se décomposent, augmentant la charge en mercure, créant des conditions de faibles teneurs en oxygène et augmentant la source de carbone pour les bactéries qui convertissent le mercure inorganique en méthylmercure, substance absorbée ensuite par les organismes aquatiques, y compris le plancton, les insectes et les poissons. Après l'aménagement d'un réservoir, on observe habituellement une augmentation rapide de la concentration de mercure dans la chaîne trophique, puis une lente diminution de la concentration de méthylmercure à mesure que diminuent les végétaux submergés en décompositionNB 76.

Dans la région de la baie James, dans la partie est de la Taïga du Bouclier, la construction du complexe hydroélectrique La Grande a influé sur la concentration de mercure dans les cours d'eau et les terres humides. Depuis la fin des années 1970, on surveille la concentration du mercure dans les poissons présents dans le complexeNB 77. Dans tous les réservoirs du complexe, on observe la même tendance à la hausse de la concentration de mercure suivie d'une baisse dans les poissons (figure19). En général, les concentrations atteignent un pic entre la cinquième et la treizième année suivant l'inondation. Les plus fortes concentrations sont de trois à huit fois supérieures aux concentrations de fond. Les teneurs en mercure diminuent ensuite graduellement, de 10 à 35 ans après l'inondation, pour atteindre celles observées dans les lacs naturels de la région. L'intervalle de temps est étendu, compte tenu des différentes espèces, des différents niveaux trophiques (tableau 3) et des différents réservoirs qui sont étudiés. Le grand brochet, comme prédateur supérieur, est l'espèce qui affiche les concentrations de mercure les plus élevées et chez qui ces concentrations prennent le plus de temps à retourner aux niveaux de fond.

Figure 19. Concentration de mercure chez le grand brochet dans les réservoirs du complexe La Grande, de 0 à 29 ans après la mise en eau.
La classe de taille des poissons est de 700 mm (longueur). Notez que la limite de mercure pour le marché est de 0,5 mg/kg. Dates de mise en eau (début de la période de remplissage) : Robert-Bourassa-1978, La Grande 3 1981, La Grande 1 1993, Caiapiscau 1981, Laforge 2 1983.
Diagramme
Source : Mise à jour d'après Schetagne et al. 2003NB 77 compte tenu de données fournies par Hydro Québec
Description longue pour Figure 19

Des deux diagrammes linéaires montrent l'évolution des concentrations de mercure total dans les grands brochets de cinq réservoirs du complexe La Grande. Les concentrations de mercure dans les réservoirs Robert­Bourassa, La Grande 3 et La Grande 1 (diagramme supérieur) atteignent des sommets entre 10 et 15 ans, ces sommets étant trois ou quatre fois plus élevés que l'intervalle des valeurs moyennes mesurées dans des conditions naturelles pour cette classe de taille. Les concentrations de mercure chez le grand brochet dans les réservoirs Caniapiscau et Laforge 2 (diagramme inférieur) ont atteint un sommet légèrement plus tôt (de 10 à 12 ans après la mise en eau), et ces sommets n'étaient pas aussi élevés que ceux mesurés dans les autres réservoirs. Après l'atteinte de ces sommets, les concentrations ont diminué de façon constante; après 25 ans, les concentrations de mercure dans les réservoirs La Grande 1, Caniapiscau et Laforge 2 s'approchaient des concentrations mesurées avant la mise en eau, et les réservoirs Robert­Bourassa et La Grande 3 présentaient des tendances à la baisse.

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Tableau 3. Augmentation et baisse des concentrations de mercure chez les poissons de niveaux trophiques différents, complexe La Grande
Augmenta-tion du niveau trophiqueEspècesConcentrations maximales de mercureMoment du picRetour aux concentrations de fond
Espèces non piscivores (meunier rouge et grand corégone)0,3-0,7 mg/kg (3 à 6 fois les concentrations de fond)5 à 10 ans après l’inondation10 à 20 ans après l’inondation
Espèces piscivores (doré et touladi)2,4-3,1 mg/kg (4 à 6 fois les concentrations de fond)10 ans après l’inondation20 à 30 ans après l’inondation
Grand brochet (espèce piscivore qui, dans certains réservoirs, se nourrit d’autres poissons piscivores)1,9-4,7 mg/kg (3 à 8 fois les concentrations de fond)10 à 13 ans après l’inondation20 à 35 ans (prévision) après l’inondation

Source: Therrien et Schetagne, 2008, 2009NB 78 NB 79 NB 80

L'augmentation de la concentration de mercure liée à la mise en eau et à l'inondation des terres a eu une incidence sur les cours d'eau et les lacs en aval des réservoirs. Le mercure transporté en aval était principalement dissout dans l'eau ou dans les particules solides en suspension, mais il a aussi été transporté dans le planctonNB 81. Le mercure provenant des sols inondés a été absorbé par le plancton dans les réservoirs, un processus qui a été favorisé par les concentrations élevées de carbone et de nutriments libérés par les végétaux submergés en décompositionNB 82. La principale voie de transfert du mercure chez les poissons en aval a été le zooplancton qui dérivait en provenance des eaux de retenue81. Les grands corégones capturés dans le lac Cambrien, à 275 km en aval du réservoir Caniapiscau, présentaient des concentrations élevées de mercure, mais aucun effet n'a été observé chez les poissons capturés 355 km en aval du réservoir81. Dix ans après la mise en eau, les concentrations de mercure chez les grands corégones du lac Cambrien étaient revenues aux niveaux mesurés avant les travaux d'aménagement.

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Charge en éléments nutritifs et efflorescences algales

Constatation clé 12
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Les apports d'éléments nutritifs aux systèmes d'eau douce et marins, et plus particulièrement dans les paysages urbains ou dominés par l'agriculture, ont entraîné la prolifération d'algues qui peuvent être nuisibles ou nocives. Les apports d'éléments nutritifs sont en hausse dans certaines régions et en baisse dans d'autres.

La principale cause anthropique de l'apport de nutriments dans les systèmes d'eau douce de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier est l'aménagement hydroélectrique, par l'intermédiaire de l'inondation des terres et la construction de réservoirs. Cette question est abordée à la page 28, dans la section Barrages et les réservoirs.

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Changements climatiques

Constatation clé 14
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
L'élévation des températures partout au Canada ainsi que la modification d'autres variables climatiques au cours des 50 dernières années ont eu une incidence directe et indirecte sur la biodiversité dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine.

La couverture et la distribution des données sur les tendances climatiques présentent des lacunes pour cette écozone+. Les températures ont affiché une tendance à la hausse, tandis que les tendances liées aux précipitations étaient variables; la durée d'enneigement a diminué aux trois stations où des mesures ont été prises7. Les répercussions écologiques les plus évidentes sont associées aux changements touchant le pergélisol dans le sud et l'est de l'écozone+, ainsi qu'aux changements sur le plan de l'hydrologie. Certaines indications semblent pointer vers d'autres répercussions; par exemple, il est possible que les caribous soient touchés par l'augmentation de la teneur en glace de la neige (voir page 47).

Les changements climatiques auront des répercussions à grande échelle sur la Taïga du Bouclier, car le climat joue un rôle très important dans la structure et les processus écologiques de la région. Cependant, en raison du peu de surveillance assurée actuellement dans l'écozone+, la plupart des prévisions liées aux répercussions pour la Taïga du Bouclier sont fondées sur des données obtenues ailleurs. La couverture terrestre est composée principalement de forêt boréale et de forêt-toundra. On prévoit que les écosystèmes de la forêt boréale et les régimes de feux changeront à mesure que les tendances climatiques modifieront la végétation ou les combustibles, la foudre et la gravité des feux. Les changements climatiques réduiront probablement la superficie de la forêt boréale et en augmenteront la fragmentationNB 83. De plus, les températures plus élevées pourraient aussi favoriser l'introduction de nouveaux organismes nuisibles et de nouvelles maladies touchant les espèces sauvages.

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Tendances climatiques

Les températures à la hausse et la durée d'enneigement réduite sont les tendances les plus prononcées observées aux stations climatiques de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier (tableau 4).

Tableau 4. Aperçu des tendances climatiques pour le Canada et pour l'écozone+ de la Taïga du Bouclier, 1950-2007
Variable climatiqueTendances depuis 1950Représentativité des tendances
TempératureCanada : les températures annuelles moyennes ont augmenté d'avantage (> 2 oC) dans le nord et le nord-ouest du Canada, tandis que l'augmentation a été moindre (< 1 oC) dans l'est du Canada.
Taïga du Bouclier : les températures annuelles moyennes ont généralement augmenté; Yellowknife et Kuujjuarapik (sur la côte de la baie d'Hudson) ont connu des hausses significatives de > 1,5 oC. Les tendances saisonnières sont présentées à la figure20 .
L'écozone+ de la Taïga du Bouclier est composée de deux régions climatiques distinctes de part et d'autre de la baie d'Hudson, et on y retrouve une faible distribution de stations permettant le calcul d'une moyenne pour l'écozone+. Il y a peu de stations dans la Taïga du Bouclier ouest, tandis que les stations situées à l'est de la baie d'Hudson se trouvent pour la plupart sur la côte. Les tendances sont donc décrites pour certains endroits précis.
PrécipitationsCanada : les précipitations annuelles totales ont généralement augmenté, bien que peu de stations aient affiché une tendance significative.
Taïga du Bouclier : les précipitations annuelles totales ont peu changé à la plupart des stations – Fort Reliance étant l'exception, car on y a mesuré une augmentation significative des précipitations. Les tendances saisonnières étaient assez variables; elles étaient principalement à la hausse, mais des diminutions significatives ont été mesurées durant certaines saisons à deux stations du Labrador (figure21).
L'écozone+ de la Taïga du Bouclier est composée de deux régions climatiques distinctes de part et d'autre de la baie d'Hudson, et on y retrouve une faible distribution de stations permettant le calcul d'une moyenne pour l'écozone+. Il y a peu de stations dans la Taïga du Bouclier ouest, tandis que les stations situées à l'est de la baie d'Hudson se trouvent pour la plupart sur la côte. Les tendances sont donc décrites pour certains endroits précis.
Neige

Canada : la durée de l'enneigement a connu la diminution la plus prononcée au printemps, particulièrement dans les stations situées à l'ouest et au nord.
Taïga du Bouclier : des diminutions significatives de la durée d'enneigement (1950-2006) ont été mesurées au printemps (février-juin) aux trois stations ayant assez de données pour en permettre l'analyse :

  • Yellowknife (11 jours)
  • Kuujjuarapik (13 jours)
  • Kuujjuaq (36 jours)
L'écozone+ de la Taïga du Bouclier est composée de deux régions climatiques distinctes de part et d'autre de la baie d'Hudson, et on y retrouve une faible distribution de stations permettant le calcul d'une moyenne pour l'écozone+. Il y a peu de stations dans la Taïga du Bouclier ouest, tandis que les stations situées à l'est de la baie d'Hudson se trouvent pour la plupart sur la côte. Les tendances sont donc décrites pour certains endroits précis.

Source : Zhang et al., 2011NB 7 et données fournies par les auteurs

Sommaire du tableau

Ce tableau présente les faits saillants d'une analyse de données climatiques canadiennes, lesquelles ont été vérifiées et corrigées compte tenu de sources d'erreurs systématiques; les stations subissant d'importants effets de réchauffement urbain ont été exclues.

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Figure 20. Tendances liées à la température par saison, 1950-2007.
La variation totale sur le plan de la température au cours de la période de 58 ans est indiquée pour les sites où la tendance est statistiquement significative. Définition des saisons – printemps : mars-mai; été : juin-août; automne : septembre-novembre; hiver : décembre-février.
cartes
Source: Zhang et al., 2011NB 7
Description longue pour Figure 20

Cet ensemble de quatre cartes montre le changement de la température annuelle moyenne (oC) pour chaque saison dans certaines villes et petites agglomérations, dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier, entre 1950 et 2007. Plusieurs endroits ont présenté des augmentations significatives de la température annuelle moyenne, les températures hivernales à Yellowknife (Territoires du Nord­Ouest) et à Uranium City (Saskatchewan) ayant augmenté de 4,8o et de 4,7o, respectivement. À Kuujjuarapik (Québec), la température a augmenté de 2,5o pendant l'été et de 1,6o pendant l'automne, et la température en automne à Kuujjuaq (Québec) a augmenté de 1,7o.

 

Figure 21. Variation de la quantité de précipitations, 1950-2007, par saison.
La variation est exprimée en pourcentage de la moyenne calculée pour la période 1961-1990. Définition des saisons – printemps : mars-mai; été : juin-août; automne : septembre-novembre; hiver : décembre février.
cartes
Source: Zhang et al., 2011NB 7
Description longue pour Figure 21

Dans cet ensemble de quatre cartes, la variation est exprimée en pourcentage de la moyenne calculée pour la période 1961-1990 et est présentée pour toutes les saisons. Plusieurs villes ont connu une augmentation considérable des précipitations (> 40 %) pendant une des quatre saisons, y compris Fort Reliance (Territoires du Nord­Ouest) au printemps, à l'automne et en hiver, Uranium City (Saskatchewan) au printemps, Brochet (Manitoba) en hiver et Nitchequon (Québec) au printemps et en hiver. Quelques villes ont connu des augmentations plus modérées (10 à 40 %) pendant l'été (Nain, à Terre-Neuve-et-Labrador, et Kuujjuaq, au Québec) et l'automne (Kuujjuaq et Kuujjuarapik, au Québec). Churchill Falls (hiver) et Hopedale, à Terre­Neuve­et­Labrador, et le site de Yellowknife Hydro (été) ont été les seuls endroits à connaître d'importantes diminutions des précipitations.

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Connaissances des Autochtones en ce qui a trait aux tendances climatiques

Les peuples autochtones reconnaissent les tendances à la hausse des températures, et ils notent que les températures sont plus variables et moins prévisibles que par le passéNB 84. Des différences régionales sont également apparentes et montrent combien les tendances climatiques varient à l'échelle locale. Voici certains changements climatiques observés en ce qui a trait aux vents dans la Taïga du Bouclier :

  • Les vents sont plus forts et changent de direction plus souvent (Lutsel K'eNB 54).
  • Les vents les plus forts se produisent plus tard à l'automne (NunutsiavutNB 85).
  • Du milieu des années 1980 au milieu des années 1990, les vents mesurés en avril et en mai provenaient le plus souvent du nord, entraînant une réduction de la taille des bandes de Bernaches du Canada, ralentissant la fonte printanière et contribuant aux tendances au refroidissement observées durant le printemps et l'été à l'est de la baie d'HudsonNB 86.

Les Autochtones font état d'une diminution des chutes de pluie dans certaines régions (nord de la Saskatchewan, 2006NB 87, Nunutsiavut, 2007NB 85, baie James, 2008NB 88).

Une série de changements similaires liés aux chutes de neige a été signalée dans plusieurs régions de la Taïga du Bouclier est. La neige arrive plus tard dans la saison, et il y en a habituellement moins. Les chutes de neige importantes sont rares et la neige fond plus rapidement, ce qui entraîne une diminution de l'accumulation, peut-être en raison des vents plus importants (Nunutsiavut, 2007NB 85, régions de la baie d'Hudson et de la baie James, 2007-2008NB 88 NB 89).

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Tendances climatiques et habitat du caribou : territoire d'hivernage de la harde de caribous de Bathurst

Le territoire d'hivernage de la harde de caribous de Bathurst est situé dans la Taïga du Bouclier ouest. Le recensement de la harde réalisé en 2009 sur le terrain de mise bas indique un récent déclin marqué de la population (figure27), dont les causes sont inconnues. Une étude des changements écologiques liés aux conditions migratoires des hardes durant l'hiver et avant la période de mise bas a révélé des changements en ce qui a trait à deux importants indicateurs de l'habitat liés au climat.

  1. Le caribou a tendance à traverser rapidement ou à éviter les territoires ayant été récemment brûlés, car ils présentent peu de lichenNB 90 NB 91.La superficie des forêts matures (plus de 50 ans) a diminué de façon significative sur le territoire d'hivernage depuis 1959 en raison de l'augmentation des feux, cette augmentation étant elle-même corrélée positivement à l'augmentation des températures estivales (juin-septembre). L'analyse est fondée sur les données provenant de la base de données sur les grands incendies de forêt, dont il est question dans la section Tendances des feux de forêt à la page 68, ainsi que sur l'analyse de l'imagerie satellitaire et des données climatiques.
  2. Durant l'hiver, le caribou creuse des trous dans la neige pour accéder au lichen. Les conditions de neige défavorables forcent le caribou à utiliser davantage d'énergie pour y parvenir, ce qui entraîne des changements sur le plan de l'état corporel, ou de la survie des faons au printemps suivant ou, dans les cas extrêmes, un état d'inanitionNB 92 NB 93. Il est possible que l'accès au lichen durant l'hiver se soit détérioré pour le caribou de Bathurst, puisque la neige est plus dure qu'avant. La teneur en glace de la neige, estimée à partir de données sur le climat et la neige, a augmenté significativement durant la période 1963-2006. La glace provenait principalement (90 %) des cycles printaniers de gel-dégel, tandis que les épisodes de pluie sur la neige étaient responsables, en moyenne, de 10 % de la teneur en glace. Les chercheurs ont suggéré une valeur seuil pour les impacts majeurs sur le caribou, cette valeur étant une teneur en glace de la neige équivalant à environ 10 mm d'eauNB 94. La figure22 illustre la tendance à la hausse en ce qui a trait au pourcentage d'années durant lesquelles la dureté de la neige a dépassé ce seuil. Les données d'observation indiquant que la neige est de plus en plus « dure » ou que la croûte glacée est plus importante concordent avec le savoir traditionnel autochtone sur le sujet, de même qu'avec les prévisions des modèles de changement climatique mondial.
Figure 22. Tendance du pourcentage d'années associées à une teneur élevée en glace de la neige, territoire d'hivernage de la harde de caribous de Bathurst, 1963-2006.
La teneur en glace de la neige est estimée à partir de données sur le climat et sur l'épaisseur de la neige (d'après une analyse des données visant à déterminer les conditions produisant des couches de glace dans la neige). Les valeurs de la teneur en glace de la neige sont basées sur une moyenne obtenue à partir de quatre stations : Yellowknife, Fort Reliance, Rae Lakes et Uranium City.
diagramme
Source : d'après Chen et al., en préparationNB 95
Description longue pour Figure 22

Ce diagramme à barres montre les informations suivantes :

AnnéePourcentage d'années pour lesquelles l'indice de glace dans la neige était > 10 mm d'équivalent en eau
1963-6914
1970s20
1980s20
1990s30
2000-0643

Cette figure a aussi une photographie de caribous de Bathurst à la fin de l'hiver, Taïga du Bouclier ouest.

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Services écosystémiques

Constatation clé 15
Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Le Canada est bien pourvu en milieux naturels qui fournissent des services écosystémiques dont dépend notre qualité de vie. Dans certaines régions où les facteurs de stress ont altéré le fonctionnement des écosystèmes, le coût pour maintenir les écoservices est élevé, et la détérioration de la quantité et de la qualité des services écosystémiques ainsi que de leur accès est évidente.

Par le passé, les services écosystémiques de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier ont assuré la subsistance des peuples autochtones, et la nourriture et les ressources traditionnelles ou prélevées dans la nature demeurent importantes, particulièrement dans les petites et moyennes collectivités (figure23 ). Nombre de résidents non autochtones utilisent aussi abondamment les aliments prélevés dans la nature. Il y a toutefois des variations culturelles et régionales. Par exemple, les bernaches représentent jusqu'à 25 % de la viande sauvage consommée par les Cris de la baie JamesNB 57 NB 96 NB 97, tandis que le caribou de la toundra représente un aliment traditionnel important pour les Dénés et les InnusNB 54 NB 84 NB 98 NB 99. Le poisson est aussi un aliment traditionnel important dans l'ensemble de l'écozone+. Parmi les autres usages traditionnels et contemporains des plantes et des animaux, on compte la fabrication de médicaments etNB 100 et l'artisanatNB 101.

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Figure 23. Proportion de ménages consommant des aliments traditionnels ou prélevés dans la nature, 1999 et 2004, collectivités des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) au sein de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier.
Pourcentage de ménages déclarant que plus de 75 % de leur viande et de leur poisson a été obtenu dans les T.N.-O. Collectivités étudiées : Behchokò (Rae-Edzo), Detah, Gamètì (Rae Lakes), Lutselk'e, Wekweètì, Yellowknife.
diagramme
Source : données du Bureau de la statistique des T.N.-O. et de l'enquête régionale menée en 2002 aux T.N.-O. sur l'emploi et la récolte, lesquelles données ont été présentées dans un rapport du ministère de l'Environnement et des Ressources naturelles du gouvernement des T.N.-O., 2009NB 69
Description longue pour Figure 23

Ce diagramme à barres présente les informations suivantes :

Pour cent des ménages
AnnéeTaille de la collectivité - Grande (Yellowknife)Taille de la collectivité - MoyenneTaille de la collectivité - Petite
19998%56%63%
20045%38%53%

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Changements touchant la disponibilité des aliments traditionnels ou prélevés dans la nature

Il ne suffit pas de maintenir des populations fortes d'espèces ciblées pour assurer un approvisionnement et un accès continus à des aliments traditionnels ou prélevés dans la nature. En effet, les facteurs socio-économiques sont également importants, tout comme un ensemble de caractéristiques écosystémiques. Les exemples ci-dessous illustrent certaines catégories de menaces pour l'approvisionnement continu en biens et services écosystémiques au sein de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier.

Diminution des populations animales

Dans la Taïga du Bouclier ouest, les hardes de caribous de la toundra sont en déclin depuis le milieu des années1990. La harde de Bathurst (qui hiverne dans la Taïga du Bouclier ouest) a diminué de façon particulièrement marquée au cours des dernières années (voir la section Caribou migrateur de la toundra à la page54). Cette situation a entraîné la mise en œuvre de mesures de gestion d'urgence qui ont un effet direct sur la chasse dans l'écozone+.

Changements environnementaux ayant une incidence sur l'accès aux secteurs de chasse et de pêche

Les réseaux de sentiers qui relient les collectivités et les secteurs de récolte dans les régions ne comptant pas de routes permettent l'accès aux secteurs de chasse et de pêche. Les changements climatiques observés dans le Nord québécois ont modifié la période durant laquelle il est possible d'avoir accès de façon sécuritaire à certains milieux locaux et à des ressources alimentaires clés le long de ces réseaux de sentiers traditionnelsNB 102.

Détérioration de la qualité ou de la salubrité des aliments

Les contaminants provenant du transport atmosphérique à grande distance (voir la section Contaminants  à la page36) soulèvent des préoccupations continues quant à la salubrité des aliments dans l'ensemble de l'écozone+. Dans la région de la baie James, les collectivités autochtones ont été touchées par l'augmentation des concentrations de mercure provenant des réservoirs du complexe La Grande (voir la section Le mercure dans les poissons affectés par les réservoirs à la page 39). Le mercure mesuré chez les Cris a atteint des concentrations préoccupantes, puis ces concentrations sont redescendues alors que les concentrations mesurées chez les poissons ont diminué et que les gens ont modifié leurs méthodes de pêche traditionnelles et réduit leur consommation de poissonNB 103. Les avis sur la santé liés aux contaminants ont des répercussions sur l'économie locale, l'alimentation ainsi que le bien-être sur le plan social et psychologique. La crainte de tomber malade à cause d'un aliment traditionnel provoque une anxiété et des répercussions sociales intenses et persistantesNB 104.

Changements touchant la faune

Bien que les populations de bernaches du Canada aient augmenté depuis le milieu des années1990 dans la Taïga du Bouclier estNB 105, le taux de succès de chasse a diminué chez les Cris de la baie JamesNB 106. Les chasseurs disentNB 106 NB 107qu'un certain nombre de changements de comportement chez les bernaches et chez les chasseurs sont la cause de ce problème. Par exemple, les schémas migratoires des bernaches ont changé : les bernaches volent plus haut et la période de migration est plus courte; les bernaches ont aussi changé leur voie migratoire, passant d'avantage à l'intérieur des terres comparativement à ce qu'elles avaient l'habitude de faire. Selon les chasseurs, plusieurs causes expliquent ces phénomènes, notamment des changements liés aux régimes climatiques, le déclin des zostères marines, les répercussions des aménagements hydroélectriques et des changements sur le plan des pratiques de chasse. Par ailleurs, certaines modifications sur le plan des pratiques de chasse sont liées à des changements environnementaux. En effet, la chasse traditionnelle mise beaucoup sur l'utilisation en alternance de nombreux sites de chasse afin de perturber le moins possible les bernaches en migration, mais à certains endroits, les changements environnementaux ont entraîné la diminution du nombre de sites de chasse utilisés (figure24), ce qui réduit le taux de succès de chasse.

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Figure 24. Carte des sites de chasse utilisés pour la chasse printanière aux bernaches, Blackstone Bay, territoire Wemindji, 1979 et 2006.
La réduction du nombre de sites utilisés et leur regroupement autour d'un point central étaient liées à deux causes : 1) des changements environnementaux observés à certains sites ont fait en sorte que ces sites ne représentaient plus un habitat adéquat pour la bernache; 2) certains sites ne pouvaient plus être atteints, car la glace sur la baie était devenue trop mince et non sécuritaire au printemps. Le triangle indique l'emplacement du camp.
carte
Source: Scott, 1983 dans Peloquin, 2007NB 107
Description longue pour Figure 24

Cette image montre une diminution considérable du nombre de sites de chasse utilisés pour la chasse printanière aux bernaches, à Blackstone Bay, en territoire Wemindji. En 1979, treize sites étaient utilisés pour la chasse, alors qu'en 2006, quatre sites seulement étaient utilisés. Deux facteurs principaux expliquent cette diminution : certains sites ne sont plus un habitat propice aux bernaches, et l'amincissement de la glace a rendu certains sites inaccessibles au printemps.

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Quelle est la valeur d'une harde de caribous?

Approche globale pour l'évaluation économique de biens et services écosystémiques

Une étude menée en 2008 pour le Conseil de gestion des caribous de Beverly et de QamanirjuaqNB 108 a examiné la valeur des biens et services culturels fournis par les hardes de Beverly et de Qamanirjuaq. Cette étude a été conçue selon un modèle considérant la valeur de ces services afin d'inclure les éléments suivants :

  • valeurs d'usage direct : principalement la viande, mais aussi les peaux et les bois pour utilisation dans les arts, l'artisanat et les produits culturels;
  • valeurs indirectes;
  • valeur des expériences et d'autres bienfaits non tangibles, comme les plaisirs liés aux loisirs, la famille et les liens et la transmission des modes de vie traditionnels;
  • valeur de l'existence du caribou : en tant que legs pour les générations futures et pour avoir la possibilité de chasser dans l'avenir.

Seules les valeurs d'usage direct peuvent être quantifiées en termes de valeur commerciale (tableau 5 ). La valeur d'usage direct estimée pour la harde de Beverly était de 4,9 millions de dollars en 2005-2006, principalement (4,1 millions de dollars) au titre de la chasse domestique, 76 % des prises réalisées cette année-là ayant été faites par des collectivités autochtones du nord de la Saskatchewan.

Tableau 5. Estimations de la valeur d'usage direct annuelle des hardes de caribous de Beverly et de Qamanirjuaq

Valeur d'usage direct estimée pour les hardes de caribous de Beverly et de Qamanirjuaq (total de 19,9 millions de dollars/année)

Table 5.1 Par administration
Administration$ million/annérPercentage
Nunavut11.859
Manitoba3.820
Saskatchewan3.417
T.N.-O.0.84
Table 5.2 Par type de capture
Type de capture$ million/annérPercentage
Domestique (Autochtone)14.774
Pourvoirie4.121
Entreprise commerciale et agréée1.05
Table 5.3 Par harde
Herde$ million/annérPercentage
Qamanirjuaq1576
Beverly4.824

Valeur calculée pour les captures domestiques et par des résidents (agréés), par des pourvoiries et des entreprises commerciales, d'après la valeur du remplacement de la viande et des peaux (en tenant compte des coûts de la chasse et des différences régionales en termes de coûts, comme pour le transport). Les pourvoiries ont été considérées comme une activité économique, et leur contribution annuelle nette au PIB a été calculée. Les estimations sont basées sur les statistiques de 2005 2006.
données provenant de InterGroup Consultants Ltd, 2008NB 108

Les valeurs indirectes ont été examinées à la lumière d'études précédentes menées dans la région ainsi que de questionnaires et d'entretiens. Les auteurs ont conclu que la chasse au caribou et les activités connexes (comme la préparation et le partage de la viande et les fêtes communautaires) étaient perçues par les personnes vivant dans l'ensemble de l'aire de répartition des deux hardes comme essentielle au maintien et au transfert des connaissances, des habiletés et des normes culturelles. De nombreuses personnes interrogées ont souligné l'importance de la chasse au caribou pour leur identité et pour la revitalisation de leur collectivité.

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Petites industries

Le piégeage d'animaux à fourrure, qui a déjà constitué une partie importante de l'économie de la Taïga du Bouclier, est toujours pratiqué, mais par un nombre relativement faible de résidents (figure25). Malgré le déclin de cette industrie, dû à des changements sur le plan des valeurs sociales et des habitudes de consommation, le piégeage d'animaux à fourrure demeure une source de revenus importante pour plusieurs petites collectivités.

Figure 25 Trappeurs actifs dans la portion des Territoires du Nord-Ouest située dans la Taïga du Bouclier, 2001 2008.
diagramme
Source : base de données de la Récolte de fourrure des Territoires du Nord-Ouest, présentées dans un rapport du ministère de l'Environnement et des Ressources naturelles du gouvernement des T.N.-O.,NB 69
Description longue pour Figure 25

Ce diagramme linéaire montre the following information :

AnnéeNombre de trappeurs
2001165
2002140
2003166
2004180
2005157
2006145
2007151
2008117

 

La récolte du bois à petite échelle est une autre source de consommation modeste des services écosystémiques de la Taïga du Bouclier. La majeure partie du bois est récoltée pour servir de bois de chauffage, ou est récoltée par de petites entreprises locales vendant du bois d'œuvre et du combustible. Le niveau de récolte est trop faible pour avoir des répercussions graves sur la forêt boréale de la Taïga du Bouclier, et il s'agit d'une activité qui contribue de façon importante à l'économie monétaire et non monétaire de nombreuses petites collectivitésNB 69.

Note de bas du page

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Thème : habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

 

Paysages terrestres et aquatiques intacts

 
Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Les paysages terrestres et aquatiques intacts ont été désignés initialement comme une constatation clé récurrente à l'échelle nationale, et des renseignements ont été compilés et évalués par la suite pour l'écozone+ de la Taïga du Bouclier. Dans la version définitive du rapport nationalNB 3, des renseignements liés aux paysages terrestres et aquatiques intacts ont été intégrés à d'autres constatations clés. Ces renseignements sont conservés en tant que constatation clé distincte pour l'écozone+ de la Taïga du Bouclier.

À l'intérieur des limites de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier, le niveau de perturbation anthropique est relativement faible. Les établissements humains sont dispersés, le développement industriel est relativement faible et le réseau routier est peu développé. Compte tenu du taux actuel d'activité humaine, les changements liés à l'habitat sont locaux et se limitent à certains sites. Cependant, leur empreinte cumulative est de plus en plus importante et les préoccupations sont en hausse. Par exemple, la Première nation des Dénés, près du Grand lac des Esclaves, signale que les lieux fréquentés par les caribous ont changé au fil des ans et que les animaux évitent les zones habitéesNB 54.

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Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulier

Constatation clé 17
Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l’échelle nationale
De nombreuses espèces d'amphibiens, de poissons, d'oiseaux et de grands mammifères présentent un intérêt économique, culturel ou écologique particulier pour les Canadiens. La population de certaines espèces diminue sur le plan du nombre et de la répartition, tandis que chez d'autres, elle est soit stable ou en pleine santé ou encore en plein redressement.

Caribou migrateur de la toundra

Cette section est fondée sur le document intitulé Tendances des populations de caribou des zones septentrionales du CanadaNB 12, un rapport technique thématique préparé pour le rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes en 2010. Selon ce rapport, le caribou du nord regroupe trois sous-espèces de caribou migrateur de la toundra : le caribou de la toundra (Rangifer tarandus groenlandicus), dont l'aire de la répartition se trouve à l'est du fleuve Mackenzie, le caribou de Grant (R.t.granti), que l'on trouve à l'ouest du fleuve Mackenzie, et certaines hardes de caribou des bois (population de forêt-toundra) (R. t. caribou) (soit les deux grandes hardes de l'Ungava et deux petites hardes allant mettre bas sur la côte sud de la baie d'Hudson).

Le caribou migrateur de la toundra est une espèce essentielle sur le plan écologique ainsi que pour les humains; par conséquent, sa répartition est bien surveillée au moyen de relevés aériens ou de télémesures satellitaires. Le caribou utilise principalement la Taïga du Bouclier de l'automne jusqu'au printemps, bien que le territoire utilisé varie d'une année à l'autre. Le nombre de caribous migrateurs a généralement diminué depuis sa période d'abondance maximale au milieu des années 1990, et le nombre d'individus dans certaines hardes a diminué de façon marquée au cours des dernières années. Il est possible que ces diminutions fassent partie des cycles naturels et qu'elles soient amplifiées par les effets cumulatifs de divers facteurs de stress, notamment les changements climatiques, la pression liée à la chasse et l'augmentation de la présence humaine dans certaines parties de l'aire de répartition. Les maximums et minimums historiques depuis le début du 19e siècle ont pu être déterminés à partir de la fréquence des marques de sabots sur les racines d'épinettes, à tout le moins pour les hardes de Bathurst et de la rivière GeorgeNB 109, NB 110.

Les hardes suivantes, qui étaient toutes t en déclin en 2010, utilisent d'importantes portions de la Taïga du Bouclier ouest au cours de leur cycle annuel (figure 26) : Bathurst (figure 27),  Beverly (figure 28) et Qamanirjuaq (figure 29). Pour la harde Bluenose-est, le recensement de 2010 a démontré une augmentation de population entre 2006 et 2010NB 12, mais the recensement de 2013 a démontré une baiss de populationNB 111. Le statut de la harde Lorillard est inconnu, et la harde Ahiak est en déclin basé sur des données provisoires. Dans la Taïga du Bouclier est, la harde de la rivière George (figure 30) passe l'été et l'hiver dans l'écozone+, tandis que la harde de la rivière aux Feuilles (figure 31) utilise ce territoire uniquement durant l'hiver. Ces deux hardes sont en déclin.

Figure 26: Figure 26. Aperçu de la répartition et de l'état des hardes de caribous migrateurs de la toundra dont l'aire de répartition s'étend à l'intérieur de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier.
carte
Source : basé sur Gunn et al., 2011NB 12 information sur la harde Bluenose-est a été mise-à-jour avec l'information du recensement de 2013 du Gouvernement des Territoires-du-Nord-Ouest, Environnement et Ressources NaturellesNB 111
Description longue pour Figure 26

Cette carte montre la répartition et l'état (en hausse ou en déclin) des hardes de caribous dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier. Les effectifs de la plupart des hardes de caribous présentes dans cette écozone+ sont en train de diminuer. C'est le cas pour les hardes de Bathurst, de Lorillard, de Beverly et de la rivière George. Les hardes de la Rivière aux Feuilles, de Qamanirjuaq et Bluenose-est présentent aussi des signes d'un déclin, mais n'ont pas été étudiées à fond. La harde Ahiak présente aussi des signes d'un déclin, basé sur des données provisoires. Le statut de la harde Lorillard est inconnu. La population de la harde de Cape Churchill est considérée comme stable.

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Figure 27 Estimations du nombre d'individus de la harde de Bathurst, 1977-2009
diagramme
Source: Gunn et al., 2011NB 12
Description longue pour Figure 27

Ce diagramme à barres présente les informations suivantes :

Bathurst
AnnéeBathurst
Relevé photodiagrammeique des aires de mise bas
Bathurst
Relevé visuel des aires de mise bas
Bathurst
L'écart-type
1977-160,000-
1978-127,000-
1980140,000140,000-
1982174,000--
1984384,000-65,000
1986472,000-72,900
1990351,683-77,800
1996349,046-94,900
2003186,005-40,146
2006128,047-24,000
200931,900-6,270

La harde de Bathurst fréquente l'écozone+ de la Taïga du Bouclier en automne et en hiver. La tendance historique est basée sur les souvenirs des aînés du peuple tlicho : nombre suffisant de caribous dans les camps de chasse d'automne, nombre élevé de caribous durant les années 1940, nombre plus faible de caribous durant les années 1950 et augmentation du nombre de caribous au cours des années 1970 et 1980. Depuis 1998, la partie sud de l'aire de répartition hivernale a rétréci.

Figure 28. Estimations du nombre d'individus de la harde de Beverly, 1971-2008.
diagramme
Source: Gunn et al., 2011NB 12
Description longue pour Figure 28

Ce diagramme à barres présente les informations suivantes :

Beverly
AnnéeBeverly
Relevé photodiagrammeique des aires de mise bas
Beverly
Relevé visuel des aires de mise bas
Beverly
L'écart-type
1971-210,000-
1978-130,000-
1980-105,000-
1982164,338-72,332
1984263,691-80,652
1988189,561-70,961
199387,000-17,900
1994276,000-106,600

L'aire de répartition hivernale et automnale de cette harde se trouve dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier. On n'a pas analysé les tendances de l'abondance et de l'indice vital de la harde entre 1994 et 2008. Par contre, il y eu une évaluation de reconnaissance systématique en 2002 qui détermina des densités de caribou plus basses que les densités en 1994. Entre 2006 et 2009, quatres recensements de délinéation d'aire de mise bas ont retrouvé seulement quelques femelles gravides et encore moins de petits. Cette information suggère un déclin de la population. Par contre, des estimations du nombre d'individus de la harde n'ont pas pu être déterminées avec ces données et n'apparaissent pas dans la figure 28.

Figure 29. Estimations du nombre d'individus de la harde de Qamanirjuaq, 1976-2008.
diagramme
Source: Gunn et al., 2011NB 12
Description longue pour Figure 29

Ce diagramme à barres présente les informations suivantes :

Qamanirjuaq
AnnéeQamanirjuaq
Relevé photodiagrammeique des aires de mise bas
Qamanirjuaq
Relevé visuel des aires de mise bas
Qamanirjuaq
L'écart-type
1976-43,800-
1977-44,095-
1980-39,000-
1982-180,000-
1983230,000-59,000
1985272,000-142,000
1988221,000-72,000
1994495,665-105,426
2005---
2006---
2007---
2008348,661-44,861

L’aire de répartition hivernale et automnale de cette harde se trouve dans l’écozone+ de la Taïga du Bouclier. L’effectif était très faible au cours des années 1970, puis a augmenté jusqu’en 1994 au moins. Un relevé des lieux de mise bas effectué par le Nunavut en 2008 a determiné que la harde avait diminué mais que la tendance n’était pas statistiquement significative.NB 112.

Figure 30. Estimations du nombre d'individus de la harde de la rivière George, 1973-2010.
diagramme
Source: Gunn et al., 2011NB 12
Description longue pour Figure 30

Ce diagramme à barres présente les informations suivantes :

Rivière George
AnnéeRivière George
Relevé photodiagrammeique des aires de mise bas
Rivière George
Relevé visuel des aires de mise bas
Rivière George
Relevé photographique après la pèriode de mise bas
Rivière George
L'intervalle de confiance de 90%
1973-105,000--
1975-205,000--
1976-263,100--
1980-390,100--
1982-360,450--
1984644,000--161,644
1993775,891--103,969
2001--385,000108,000
2010--74,13112,602

La population de la harde a connu une croissance entre les années 1950 et le milieu des années 1990. La dégradation de l'habitat estival a par la suite provoqué une baisse du nombre d'individus, qui se chiffrait à environ 74 100 en 2010.

Figure 31. Estimations du nombre d'individus de la harde de la rivière aux Feuilles, 1975-2001.
diagramme
Source: Gunn et al., 2011NB 12
Description longue pour Figure 31

Ce diagramme à barres présente les informations suivantes :

Rivière aux Feuilles
AnnéeRivière George
Relevé photodiagrammeique des aires de mise bas
Rivière George
Relevé visuel des aires de mise bas
Rivière George
Relevé photographique après la pèriode de mise bas
Rivière George
L'intervalle de confiance de 90%
1975-56,000--
1983-101,000-43,430
1986121,000--56,386
1991276,000--75,900
2001--628,000-

La population de la harde s'est accrue de 1975 à 2001, date du dernier recensement. Selon les observations de l'état corporel et du recrutement des petits de 2007 et 2008, la population a probablement diminué depuis 2001.

Caribou des bois – population boréale

Le caribou des bois de la population boréale (c.-à-d. le caribou boréal) a été inscrit comme espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en 2003 NB 113. La classification du caribou utilisée dans ce rapport suit le système de classification actuel de la Loi sur les espèces en péril (LEP). En 2011 , le COSEPAC a adopté 12  unités désignables pour le caribou au Canada qui seront utilisées pour les évaluations de caribou et les décisions d'inscription subséquentes en vertu de la LEP en 2014 . Cette section sur le caribou boréal est basée sur l'Évaluation scientifique aux fins de la désignation de l'habitat essentiel de 2011 NB 114 et le Programme de rétablissement du caribou des bois (Rangifer tarandus caribou) de la population boréale du Canada de 2012 NB 115. Les renseignements contenus dans ce rapport ont été mis à jour depuis la publication du rapport thématique national du RETE, Tendances de la population boréale du caribou des bois au Canada13.

Les aires de répartition de six populations locales de caribou boréal se trouvent en totalité ou en partie dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier. De très petites portions des aires de répartition dans les Territoires du Nord-Ouest et dans le Nord de la Saskatchewan , dont on ne connaît pas le statut des populations, se trouvent le long de la limite occidentale de l'écozone+NB 13. Dans l'est de la Taïga du Bouclier, les aires de répartition de quatres populations locales s'étendent dans l'ensemble du sud de l'écozone+. La population locale du Quebec est considérée comme stable, alors que trois autres populations locales au Labrador sont en déclin (Figure 32).

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Figure 32. Statut des populations locales de caribou boréal dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier (est).
carte
Source: updated from Callaghan et al., 2011,13 based on Environment Canada 2012NB 115
Description longue pour Figure 32

Cette carte montre l'état de plusieurs sous­populations de caribous présentes dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier, au centre du Québec et au Labrador. Deux de ces sous-populations (Québec et mont Mealy) sont considérées comme stables, une autre d'entre elles (monts Red Wine) est en déclin, et l'état de deux autres sous­populations (Labrador et Lac Joseph) est inconnu.

Le rétrécissement à grande échelle de l'aire de répartition et le déclin démodiagrammeique de la population boréale de caribous des bois au Canada résultent de la perte et de la dégradation des forêts de conifères matures13. L'effet le plus immédiat de cette diminution des forêts matures est l'expansion des jeunes forêts qui favorise d'autres ongulés, comme l'orignal (Alces americanus) et le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus). Ce changement provoque l'augmentation du nombre de prédateurs et du taux de prédation sur les caribousNB 114 NB 116 NB 117 NB 118 NB 119 NB 120 NB 121 NB 122 NB 123 NB 124 NB 125 NB 126 NB 127. L'abondance de chevreuils dans la Taïga du Bouclier est en augmentation et la distribution d'orignaux est en changement (voir Déplacements majeurs des aires de répartition d'espèces indigènes au Canada à la page 65).

Les perturbations humaines peuvent aussi faciliter le mouvement des prédateurs. Ceçi peut augmenter le nombre de confrontations entre prédateurs et caribous et conséquemment augmenter le taux de prédationNB 128. La population boréale du caribou des bois est étroitement associé aux forêts de conifères de fin de succession et aux tourbièresNB 129, qui leur servent de de refuges, où ils se mettent à l'abri des fortes densités de prédateurs et s'éloignent des autres proiesNB 120 NB 122 NB 124 NB 130 NB 131. On ne saisit pas encore l'ampleur de la menace que représente la chasse dans la plupart des régions du Labrador. L'analyse des tendances démodiagrammeiques historiques, les données tirées des animaux munis de colliers émetteurs et les données démodiagrammeiques actuelles semblent indiquer que la chasse est responsable d'une part importante de la mortalité des femelles adultes et, par conséquent, constitue une menace importante pour certaines populations localesNB 132. La chasse constitue la principale menace pour la population boréale du caribou des bois au LabradorNB 13. La chasse aux caribous par les humains et leurs prédateurs (comme les loups) est facilitée par la construction de routes et d'autres structures linéaires et par l'utilisation de véhicules hors route qui permettent d'accéder à des régions autrefois inaccessiblesNB 128.

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Sauvagine

Cette section est fondée sur le document intitulé Tendances des populations reproductrices de sauvagine au Canada10, un rapport technique thématique préparé pour le rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes en 2010. Les analyses des tendances en fonction de l'écozone+ dans le rapport sur la sauvagine portaient sur des données allant jusqu'en 2006 et n'ont pas été mises à jour dans cette section.

Les populations de fuligules (Aythya spp.), de Canard d'Amérique (Anas americana) et de macreuses (Melanitta spp.) connaissent des diminutions dans la partie ouest de la Taïga du Bouclier (figure 33). Des tendances à la baisse ont aussi été observées dans les écozones voisines pour la plupart de ces espèces, ce qui semble indiquer que des facteurs communs sont présents. Il est possible que les changements climatiques jouent un rôle dans certaines de ces baisses de population. Le Petit Fuligule (A. affinis), la Macreuse à ailes blanches (M. deglandi) et le Canard d'Amérique sont des nicheurs relativement tardifsNB 133 NB 134 NB 135, et DeVink et al.NB 136 suggèrent que si la photopériode constitue un élément déclencheur pour la reproduction de ces espèces, il est possible qu'il y ait un écart grandissant entre le moment de la nidification et la disponibilité de la nourriture. En effet, il se peut que la période de disponibilité des invertébrés qui leur servent de source alimentaire ne soit plus la même en raison des changements de températures, ce qui entraînerait une baisse de la survie des canes et des canetons.

Figure 33. Variation de l'abondance de Petit Garrot, de fuligules, de Canard d'Amérique et de macreuses dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier ouest, pour la période 1970-2006.
Les variations sont significatives (p < 0,05) pour les espèces indiquées par un astérisque. Espèces : fuligules, Canard d'Amérique et macreuses.
diagramme1
diagramme2
Source: Fast et al. 2011NB 10
Description longue pour Figure 33

Cette figure comprend deux diagrammes : un diagramme à barres montrant les informations suivantes :

Variation de l'abondance, 1970 à 2006
EspècePourcentage
Petit Garrot-2%
Fuligules*-63%
Canard d'Amérique*-54%
Macreuses*-41%

et un diagramme linéaire montrant les informations suivantes :

AnnéeCouples nicheurs
1970692,043
1971777,289
19721,422,897
1973946,024
1974696,938
1975944,467
1976828,456
1977790,675
1978745,274
1979750,516
1980790,896
1981730,862
1982594,214
1983654,698
1984731,253
1985629,319
1986564,267
1987424,462
1988446,308
1989479,752
1990321,850
1991429,336
1992233,236
1993371,036
1994354,962
1995411,637
1996269,117
1997270,598
1998377,277
1999482,308
2000301,344
2001249,438
2002301,018
2003520,291
2004392,460
2005251,142
2006216,782

Les relevés réalisés depuis 1991 dans l’écozone+ de la Taïga du Bouclier est indiquent une variation importante d’une année à l’autre, mais les tendances indiquent que les populations sont stables pour le Fuligule à collier (Aythya collaris), les fuligules, le Canard noir (Anas rubripes) et la Sarcelle à ailes vertes (Anas carolinensis) (Figure 34).

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Figure 34. Nombre de couples nicheurs de Canard noir, de Sarcelle à ailes vertes, de fuligules(Aythya affinis et A. marila) et de Fuligule à collier dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier est, 1990-2006.
Il n'y eu aucune tendance significative.
diagramme
Source: Fast et al. 2011NB 10
Description longue pour Figure 34

Ce diagramme linéaire montre les informations suivantes :

Nombre de couples nicheurs
AnnéeCanard noirSarcelle à ailes vertesFuligulesFuligule à collier
199012,4541,2209,0512,089
199110,2884,2691,8101,492
19927,9423,28200
19932,1660905298
19948,1322,1289052,387
199510,1393,8291,418358
19966,9043,4443,1082,159
19974,1192,4051,8641,267
19984,4701,9761,821694
19997,4993,7531,4781,606
20008,3812,6101,1231,297
20017,3404,01901,389
20028,4306,1983,809723
20035,4904,9101,7981,056
20047,5947,8861,1122,530
20054,5744,0191,9541,215
20064,6012,1425,377668

Oiseaux terrestres

Comme il y a peu de données sur les oiseaux terrestres nichant dans la taïga, on a regroupé l'information sur ces oiseaux pour toutes les écozones+ de la taïgaNB 14. On a recours au Recensement des oiseaux de Noël (RON) pour surveiller les populations de certaines espèces dans leurs aires d'hivernage aux États-Unis et dans le sud du Canada. Les tendances en Amérique du Nord de six espèces d'oiseaux terrestres dont l'aire de nidification chevauche les trois écozones+ de la taïga sont indiquées ci-après (tableau 6). Le Canada a une importante responsabilité en matière d'intendance à l'égard de ces espèces, car c'est sur son territoire que se trouve une grande partie des populations nicheuses de l'hémisphère occidental.

Table 6. Shown are the annual rate of change and the average CBC abundance index by decade. Asterisks (*) indicate statistically significant trends (P<0.05).
EspècesAire de nidification
principale
Tendance de la population (%/an)PIARON
Années 1970
IARON
Années 1980
IARON
Années 1990
IARON
Années 2000
IARON
Changement
Quiscale rouilleux (Euphagus carolinus)Basses-terres de la baie d'Hudson, taïga et région boréale-5,46 %*1,50,70,40,3-78 %
Mésange à tête brune
(Poecile hudsonicus)
Taïga et région boréale-1,73 %*1,61,31,21,2-29 %
Pie-grièche grise
(Lanius excubitor)
Taïga-0,79 %*1,11,01,00,8-29 %
Durbec des sapins
(Pinicola enucleator)
Taïga et région boréale-0,78 %-5,13,42,82,5-52 %
Bruant de Smith
(Calcarius pictus)
Taïga-0,32 %-0,050,060,070,0857 %
Bruant de Lincoln
(Melospiza lincolnii)
Taïga et région boréale-0,08 %-1,51,51,71,68 %

Source: based on data from the Christmas Bird Count (courtesy of D. Niven, Audubon) as reported in Downes et al., 2011NB 14

Description du tableau 6

Le tableau montre le taux de changement annuel et l'indice d'abondance moyen du Recensement des oiseaux de Noël par décennie. L'astérisque (*) indique que la tendance est significative (à P < 0,05).

Trois des six espèces connaissent un déclin à long terme statistiquement significatif. Plus précisément, le Quiscale rouilleux (Euphagus carolinus), oiseau migrateur des régions tempérées qui hiverne aux États­Unis, a subi une baisse de 78 % entre les années 1970 et les années 2000 (figure 35). Ce déclin était corroboré par des relevésNB 137 effectués dans d'autres parties de son aire de répartition qui ont montré que le déclin était encore plus marqué à l'échelle du Canada. Des données circonstancielles suggèrent que le déclin n'a pas été aussi dramatique dans le nordNB 138. Le déclin de la Mésange à tête brune (Poecile hudsonicus) et du Durbec des sapins (Pinicola enucleator) a aussi été étayé par des signes de déclin décelés lors de relevés effectués dans d'autres parties de leurs aires de répartitionNB 14.

Figure 35. Tendance de l'indice d'abondance annuelle pour le Quiscale rouilleux, 1966-2005
Ce déclin est statistiquement significatif (p < 0,05).
diagramme
Source : D'après les données du Recensement des oiseaux de Noël (D. Niven, Audubon) tel que rapporté dans Downes et al., 2011NB 14
Description longue pour Figure 35

Ce diagramme linéaire montre les informations suivantes

AnnéeIndice d'abondance
19662.74
19672.42
19682.28
19692.19
19701.80
19712.12
19721.69
19731.68
19741.42
19751.40
19761.34
19771.26
19781.05
19790.93
19801.05
19810.86
19820.89
19830.89
19840.63
19850.72
19860.63
19870.63
19880.51
19890.59
19900.50
19910.44
19920.46
19930.40
19940.35
19950.40
19960.38
19970.32
19980.41
19990.35
20000.36
20010.28
20020.34
20030.34
20040.31
20050.31

Poissons

L'information sur la santé générale des poissons provenant du savoir traditionnel autochtone dans la partie ouest de la Taïga du Bouclier fait état de changements variables. Les Dénés signalent une diminution du nombre de poissons dans la région du fleuve MackenzieNB 139 et à proximité du Grand lac des Esclaves, alors que d'autres témoignages indiquent que les populations de poissons dans ce lac sont au moins aussi importantes que dans le passéNB 54 NB 84 NB 140. Dans la région de la baie d'Hudson, on relate qu'il y a eu des changements dans le comportement et la santé des poissons, que les habitudes migratoires ont changé et que les barrages et les fluctuations du niveau de l'eau entravent la remontée des poissons vers les lacs.NB 88

Dans la partie est de la Taïga du Bouclier, les projets hydroélectriques ont eu un impact majeur sur plusieurs bassins fluviaux. Les changements qui touchent les poissons sont abordés à la page 28 , dans la section Barrages et réservoirs.

Plantes vasculaires

Les Autochtones signalent de nombreux changements dans la végétation :

  • Région de la baie Anaktalak (Nunutsiavut, au sud de Nain), 2007 – Une augmentation de la croissance et de l'abondance de certaines plantes, p. ex. des arbustes à petits fruits, qui constituent une bonne source de nourritureNB 85.
  • Wemindji, Baie James, 2005 – La végétation terrestre remplace la végétation aquatique; des saules et des arbustes couvrent maintenant des surfaces auparavant dénudées. Ces changements ont des répercussions sur les oies. Des arbres poussent maintenant là où poussaient des arbustes à petits fruitsNB 57.
  • Près du Grand lac des Esclaves, 2002 – Des cerisiers de Pennsylvanie, des arbres qui poussent communément sur un sol perturbé, sont apparus après l'aménagement d'une nouvelle routeNB 99.

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Déplacements majeurs des aires de répartition d'espèces indigènes au Canada

Une expansion des aires de répartition jusque dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier à partir d'écozones plus au sud a été observée à certains endroits depuis les années 1960. Parmi les espèces nouvellement arrivées figurent : le cerf de Virginie dans les Territoires du Nord-OuestNB 141 et en AlbertaNB 142, le coyote (Canis latrans) dans les Territoires du Nord-OuestNB 143 et le LabradorNB 144, le bison des bois (Bison bison athabascae)NB 143, et la Pie bavarde (Pica pica)NB 145.

Plusieurs déplacements d'aires de répartition ont été directement liés à des activités humainesNB 143. Le cerf de Virginie, le coyote et le bison des bois ont probablement suivi le corridor de la route Yellowknife vers le nord jusque dans la Taïga du BouclierNB 146. Des aînés autochtones rapportent que, lorsque les populations de bisons étaient nombreuses dans les basses terres de la rivière des Esclaves (écozone+ de la Taïga des plaines), il y avait un certain débordement vers l'ouest jusque dans la Taïga du Bouclier, mais, parce que les parcelles d'habitat y étaient petites, les animaux ne restaient pas146. Certaines espèces, comme le coyote et la Pie bavarde, s'aventurent rarement au-delà des limites de la ville de YellowknifeNB 145 NB 146. On s'attend à ce que les changements climatiques rendent de vastes zones plus accueillantes aux espèces nouvellement arrivées, et ces dernières ainsi que d'autres espèces pourraient se répartir encore plusNB 147 NB 148.

Photo de James Sangris avec une biche de Virginie à Wool Bay, Grand Lac des Esclaves
Photo: James Sangris with a white-tailed deer
Taïga du Bouclier ouest, octobre 2007 © GTNO D Cluff

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Ce sont souvent les résidents locaux et les chasseurs qui remarquent, en premier, les changements en ce qui concerne les aires de répartition. Les mentions d'observations inhabituelles sont un bon moyen pour déceler les changements de la répartition des espècesNB 142. Voici quelques exemples de ces changements fondés sur les connaissances locales :

  • On rapporte l'expansion de l'aire de répartition, ou des cas de nomadisme, pour le grizzli (Ursus arctos) et le bœuf musqué (Ovibos moschatus), du nord vers la partie ouest de la Taïga du BouclierNB 142 NB 145.
  • Les Dénés signalent que le nombre d'orignaux et d'ours a augmenté le long de la limite de la zone arborée dans la région du lac ArtilleryNB 140.
  • Le long de la côte du Labrador, des Inuits ont remarqué des orignaux (dans les environs de la baie Anaktalak), et ils croient que ces orignaux se déplacent vers le nord à cause des changements climatiquesNB 85.
  • Les collectivités autochtones à l'est de la baie James ont constaté une baisse du nombre d'orignaux, une perte de leur habitat et une détérioration de leur état corporeNB 86 NB 149.

 

Productivité primaire

Constatation clé 18
Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l’échelle nationale
Primary productivity has increased on more than 20% of the vegetated land area of Canada over the past 20 years, as well as in some freshwater systems. The magnitude and timing of primary productivity are changing throughout the marine system.

Cette section est fondée sur les analyses et interprétations fournies dans Surveillance à distance de la biodiversité : sélection de tendances mesurées à partir d'observations par satellite du CanadaNB 16. Des renseignements supplémentaires ont été ajoutés en ce qui concerne la relation entre la productivité primaire et les feux de forêt.

Plus de 36 % du territoire de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier a présenté une augmentation significative sur le plan de l'IVDN (un indice de productivité primaire calculé à partir de données de télédétection) durant la période 1986-2006 (figure 36). Moins de 1 % du territoire a présenté une tendance à la baisse. L'augmentation observée dans cette écozone+, l'une des plus fortes au CanadaNB 16, était plus prononcée dans l'est, en particulier au sud de la baie d'Ungava (une zone dominée par la végétation typique de la toundra), et dans le sud du Labrador (forêt de conifères et arbustaies). Le IVDN dans le territoire situé entre ces deux « points chauds » a également présenté une tendance positive, mais elle était moins prononcée. Un territoire appréciable de la portion nordique de la Taïga du Bouclier ouest a connu une augmentation de l'IVDN. Ce territoire, caractérisé par le sol le plus productif dans la partie ouest de la Taïga du BouclierNB 22, est principalement recouvert de forêts de conifères, mais les arbustes et la végétation typique de la toundra y sont également bien présents.

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Figure 36. Tendances de l'indice de végétation par différence normalisée (IVDN), écozone+ de la Taïga du Bouclier, 1985-2006.
Les tendances sont calculées en fonction des pics annuels de l'IVDN, lesquels correspondent à la moyenne des trois valeurs les plus élevées établies à partir d'images composites de dix jours prises au cours des mois de juillet et août de chaque année. La résolution spatiale est de 1 km, moyennée à 3 km pour l'analyse. Seuls les points associés à un changement statistiquement significatif (p < 0,05) sont indiqués.
carte
Source : Analyse de la tendance de l'IVDN réalisée par Pouliot et al., 2009;NB 150 Analyse de l'écozone+ réalisée par Ahern et al. 2011NB 16
Description longue pour Figure 36

Cette carte montre des différences significatives dans les pics annuels de l'IVDN (indice de végétation par différence normalisée) entre les parties est et ouest de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier. Les données sont présentées sous forme d'unités de superficie dont l'IVDN a augmenté ou diminué entre 1985 et 2006. À l'échelle de l'écozone+, 36 % de la superficie des terres a connu une augmentation significative de l'IVDN, la plus grande superficie ayant connu une augmentation se trouvant dans la Taïga du Bouclier est. C'est dans la Taïga du Bouclier ouest, où l'IVDN a augmenté surtout dans le coin nord­ouest, que se trouvent la plupart des terres dont l'IVDN a diminué (< 1% de la superficie totale)..

Pouliot et al. (2009)NB 150 ont observé que les brûlis peuvent être associés à des tendances positives, négatives ou nulles sur le plan de l'IVDN, selon l'âge du brûlis. Ainsi, l'analyse d'emplacements brûlés et non brûlés dans la forêt boréale du centre du CanadaNB 151 a permis d'observer une augmentation significative de l'IVDN à tous les emplacements ayant subi des incendies depuis 1984, et à 50 % des emplacements n'ayant pas subi d'incendies. Cependant, les incendies ne peuvent pas être responsables de l'ensemble de la hausse importante de l'IVDN observée dans la Taïga du Bouclier. Une comparaison de la carte de tendance de l'IVDN avec la carte des grands incendies de forêt survenus depuis les années 1980 (figure 37 ) montre que les principales zones où l'on a observé une augmentation de l'IVDN ne sont pas les zones ayant été récemment brûlées. Les régions dans la partie ouest de la Taïga du Bouclier présentant des tendances de l'IVDN négatives pourraient être des forêts d'épinettes noires à lichens ayant brûlé récemment, se trouvant sur des sols pauvres. Sur des sols de meilleure qualité, les lichens ne peuvent pas opposer une compétition efficace aux plantes vasculaires du sous-étage. Après qu'un feu se produit dans une forêt d'épinettes à lichens, la surface du sol peut rester noircie pendant de nombreuses années, car l'épinette noire et les lichens se rétablissent très lentementNB 145 NB 146.

Figure 37. Emplacement des grands incendies de forêt par décennies des années 1980 aux années 2000.
carte
Source: Krezek-Hanes et al., 2011NB 8
Description longue pour Figure 37

Cette carte montre les emplacements des grands incendies qui se sont produits dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier, par décennie. Dans la Taïga du Bouclier est, il y a eu de grands incendies dans les années 1980 près de la baie James, mais il y a eu peu d'incendies dans les décennies suivantes. Dans la Taïga du Bouclier ouest, les incendies ont été nombreux dans les années 1980 et 1990 et se sont surtout produits dans le secteur centre-sud de l'écozone+. Les zones qui ont été ravagées par des incendies dans les années 2000 sont réparties de façon clairsemée dans l'ensemble de l'écozone+.

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Perturbations naturelles

Constatation clé 19
Theme: Habitat, wildlife, and ecosystem processes

Constatation clé à l'échelle nationale
La dynamique des régimes de perturbations naturelles, notamment les incendies et les vagues d'insectes indigènes, est en train de modifier et de refaçonner le paysage. La nature et le degré du changement varient d'un endroit à l'autre.

Les feux de forêt, les conditions météorologiques extrêmes et les maladies façonnent et modifient la flore et la faune de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier. Des perturbations telles que les feux de forêts peuvent être de faible étendue et fréquentes tout comme elles peuvent être de grande étendue et rares. Le calcul de tendances de ces perturbations requiert donc des données étendues sur une plus grande échelle temporelle.  Sauf dans le cas des feux de forêt, on possède peu de données précises sur les perturbations dans la Taïga du Bouclier.

Tendances des feux de forêt

Cette section est basée sur des analyses et interprétations dans Tendances des grands incendies de forêts au Canada, de 1959 à 2007 NB 8 et Surveillance à distance de la biodiversité : sélection de tendances mesurées à partir d'observations par satellite du CanadaNB 16.

Le régime des feux dans la Taïga du Bouclier se caractérise par la gravité et l'ampleur des incendiesNB 152 NB 153 NB 154. Les arbres et autres plantes de la Taïga du Bouclier ont évolué dans un environnement où les feux sont courants, et un changement du régime des feux aura une incidence sur la répartition des espèces et des communautés végétales. Par exemple, les feux jouent un rôle plus important que le climat pour ce qui est de déterminer la limite nord de l'aire de répartition du pin gris (Pinus banksiana)NB 155.

Les superficies de la Taïga du Bouclier (figure 38 ) touchées par les feux de forêt ont augmenté à partir des années 1960 jusqu'aux années 1990. Cette tendance est due à l'adoption de nouvelles méthodes de détection et à la hausse des températuresNB 156 NB 157. La baisse observée depuis les années 1990 correspond à baisse observée dans l'écozone+ de la Taïga des plaines. En outre, l'ampleur de la baisse correspond aux variations observées au cours des décennies précédentes. Cette baisse pourrait être liée à d'importantes marées atmosphériquesNB 8.

Figure 38. Tendance des superficies brûlées totales par décennie dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier, décennie 1960 à décennie 2000
La valeur pour la décennie 2000 a été répartie proportionnellement sur 10 ans d'après la moyenne pour la période 2000-2007.
diagramme
Source: Krezek-Hanes et al., 2011NB 8
Description longue pour Figure 38

Ce diagramme à barres montre les informations suivantes :

DécennieSuperficie brülée (km2)
1960s6,003
1970s36,338
1980s46,575
1990s69,305
2000s34,283

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La durée moyenne de la saison des feux de forêt, soit environ 75 jours, n'a pas changé de façon significative au cours de la période pour laquelle on possède des donnéesNB 8. Les feux surviennent le plus souvent de juin à août, avec un pic en juillet. Toutefois, des années 1960 aux années 1990, on a observé une augmentation significative des feux en mai. Toutefois, un petit nombre seulement de ces feux ont été répertoriés; le bilan qui en résulte est donc relativement court. Il n'existe aucun bilan comparable,  par exemple, pour les feux qui se sont produits dans les années 1940, une décennie caractérisée par un temps chaud et sec pendant laquelle il y a fort probablement eu des feux en mai. Les feux dans la partie est de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier sont survenu généralement avant ceux dans la partie ouestNB 158.

Figure 39. Proportion des feux majeurs pour chaque mois de la saison des feux, par décennie.
Nota : Cette tendance des feux est basée sur le nombre de feux de plus de 200 ha. Le pourcentage par mois correspond au pourcentage du nombre total de feux survenus durant le mois.
clustered bar chart
Source: Krezek-Hanes et al., 2011NB 8
Description longue pour Figure 39

TCe diagramme à barres groupées montre les informations suivantes :

DécenniePourcentage
Mai
Pourcentage
Juin
Pourcentage
Juille
Pourcentage
Août
Pourcentage
Septembre
Journées
Durée moyenne
1960s0355411147
1970s1285713185
1980s2185227284
1990s2323926191

La foudre est à l'origine de 92 % en moyenne des feux majeurs dans la Taïga du Bouclier. La proportion des feux causés par la foudre a augmenté au cours des 40 dernières années en raison de la baisse du nombre de feux causés par l'homme. Le nombre absolu de feux causés par la foudre a aussi augmenté au cours de la même période, mais pas à un degré significatif sur le plan statistiqueNB 8.

Infestations d'insectes

On dispose de peu d'information sur les infestations d'insectes propres à la Taïga du Bouclier. Dans la partie est de la Taïga du Bouclier, les perturbations causées par les insectes semblent jouer un rôle moins important que dans la partie nord-ouest du continent plus sècheNB 159.

Le dendroctone de l'épinette (Dendroctonus rufipennis), le plus grand ennemi de l'épinette blanche dans le nord de sa répartition, semble être présent de manière sporadique dans la partie est de la Taïga du Bouclier. Une grande partie de la forêt des basses terres le long de la baie Napaktok, au Labrador, a été touchée par un taux de mortalité très élevé dans la période 1989‑1991, probablement causée par une infestation du dendroctone de l'épinetteNB 27. Une étude fondée sur l'analyse des anneaux de croissance dans la région de Kuujjuarapik (baie James) a permis de relever des signes d'un faible taux d'activité du dendroctone de l'épinette, mais pas d'infestations régionales, remontant environ 400 ans (l'âge des arbres)NB 159. Dans un des trois sites étudiés, une infestation a causé une mortalité importante des arbres à la fin du 20e siècle.

Les infestations de dendroctones de l'épinette pourraient, à l'avenir, devenir plus importantes dans la Taïga du Bouclier, avec l'augmentation des températures estivales et hivernales. Les infestations sont normalement liées aux perturbations des forêts, tels le déracinement des arbres par le vent, le feu ou le déboisement. Une infestation majeure s'est produite récemment dans l'écozone+ de la Cordillère boréale; elle a, toutefois, été attribuée à une augmentation del'assèchement des épinettes pendant l'été (ce qui les rend plus vulnérables aux attaques du dendroctone) et à une augmentation du succès de reproduction des dendroctones pendant les étés plus chauds, combinée à une diminution de leur mortalité pendant les hivers plus douxNB 160.

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Réseaux trophiques

Constatation clé 20
Theme: Habitat, wildlife, and ecosystem processes

Constatation clé à l’échelle nationale
Des changements profonds dans les relations entre les espèces ont été observés dans des milieux terrestres et dans des milieux d'eau douce et d'eau marine. La diminution ou la disparition d'éléments importants des réseaux trophiques a considérablement altéré certains écosystèmes.

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Cycles des populations

La détection des changements dans des écosystèmes dominés par des fluctuations saisonnières et la variabilité climatique nécessite habituellement une surveillance à long terme, ce qu'on fait rarement dans cette écozone+. Qui dit faible diversité spécifique dit vulnérabilité aux fluctuations de l'abondance de nourriture tant des prédateurs que des herbivores, ce qui accentue les impulsions naturelles dans l'écosystème. La plupart des mammifères de la Taïga du Bouclier sont soumis à une dynamique cyclique, les principales exceptions étant des mammifères de grande taille comme l'orignal et le bœuf musqué. Dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier, ces mammifères se trouvent à la limite de leurs aires de répartition, mais leurs effectifs sont en train de croître dans l'écozone+NB 145.

Les variations de haute densité dans les populations de lièvres d'Amérique ont été liées à des variations de fréquence des feux dans l'ensemble de leur aire de répartition en Amérique du Nord. Les feux créent une abondance de plantes de début de succession dont les lièvres se nourrissent pendant l'hiverNB 161. Les densités les plus élevées de lièvres, pendant les années records, ont été mesurées dans les endroits où la fréquence des feux est la plus élevée, y compris dans la partie ouest de la Taïga du BouclierNB 162.

Selon de plus en plus de faits probants, les variables climatiques, en particulier la neige et les températures d'hiver, sont des moteurs de la dynamique cyclique. Par exemple, on signale que la baisse d'amplitude de la dynamique cyclique et l'effondrement des cycles observés chez les campagnols, les lagopèdes et la tordeuse du mélèze (Zeiraphera diniana) dans le nord de la Fennoscandie coïncidaient avec des changements climatiquesNB 163. La variabilité de l'amplitude des cycles des petits mammifères dans la Taïga du Bouclier (figure 40) oblige toutefois de disposer d'une plus longue série de données que celles dont nous disposons maintenant pour détecter les tendances.

Figure 40. Densité des lièvres dans trois sites de l'ouest de la Taïga du Bouclier, 1988-2008
On ne dispose pas de données pour 1997 et 1998, mais des témoignages provenant de la région font état d'une augmentation rapide du nombre de lièvres au cours de ces années.
diagramme
Source : Données fournies par S. Carrière, Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. Photo : © iStock.com
Description longue pour Figure 40

Ce diagramme linéaire montre l'estimation de la densité des lièvres d'Amérique dans la Taïga du Bouclier, dans les Territoires du Nord­Ouest, de 1988 à 2008. Dans le premier site « Yellowknife et fleuve Yukon », la densité est variable; elle a atteint un minimum de moins de 1 lièvre/ha en 1994, mais était très élevée (> 5 lièvres/ha) en 1999 (pas de données disponibles pour la période 1987­1988). Une chute importante de la densité des lièvres s'est produite entre 1999 et 2003; elle a été suivie d'une tendance à la hausse graduelle jusqu'à la fin des années 2000. Dans les sites « Lac Gordon » et « Lac Tibbitt », la densité est moins variable; elle s'est maintenue relativement constante à moins de 1 lièvre/ha, mais ces données couvrent une plus courte période (2000­2008).

Espèces migratrices

La présence d'un grand nombre d'espèces migratrices est une autre caractéristique distincte de l'écozone+ de la Taïga du Bouclier. La plupart des espèces qui se nourrissent d'insectes sur les feuilles ou les attrapent au vol, notamment les chauves-souris, migrent en hiver vers des écozones plus au sud. La forêt boréale sert de halte migratoire à 29 espèces d'oiseauxNB 164. Par ailleurs, la Taïga du Bouclier est la destination saisonnière de migrateurs en provenance d'écozones situées plus au nord, notamment les lagopèdes (Lagopus sp.) et le caribou de la toundra.

Beaucoup d'incertitudes entourent les répercussions, y compris les effets en cascade, liées aux variations dans la dynamique des populations des espèces migratrices. Ainsi, nombre d'espèces d'oiseaux insectivores migrateurs connaissent un déclin de leur population, dans certains cas, à cause de changements survenus dans leur aire d'hivernage. On ignore jusqu'à quel point ce déclin est lié à la dynamique des populations d'insectes dont ils se nourrissent et s'il exerce une incidence sur les infestations d'insectes et la santé des arbres de la Taïga du Bouclier; cette chaîne d'effets a, toutefois, été prouvée dans d'autres régionsNB 165 NB 166.

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Note de bas du page

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Paine, R.T., Tegner, M.J. et Johnson, E.A. 1998. Compounded perturbations yield ecological surprises. Ecosystems1:535-545.

NB 169

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Chapin, F.S., Callaghan, Y., Bergeron, M., Johnstone, J.F., Juday, G. et Zimov, S.A. 2004. Global change and the boreal forest: thresholds, shifting states or gradual change? Ambio33:361-365.

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Thème : interface science-politique

Surveillance de la biodiversité, recherche, gestion de l’information et communication des résultats

Constatation clé 21
Thème : interface science-politique

Constatation clé à l'échelle nationale
Les renseignements de surveillance recueillis sur une longue période, normalisés, complets sur le plan spatial et facilement accessibles, complétés par la recherche sur les écosystèmes, fournissent les constatations les plus utiles pour les évaluations de l'état et des tendances par rapport aux politiques. L'absence de ce type d'information dans de nombreux secteurs a gêné l'élaboration de la présente évaluation.

L'écozone+ de la Taïga du Bouclier étant très peu peuplée et souvent difficile d'accès en raison du nombre limité de routes, les activités de recherche et de surveillance sont difficiles et coûteuses. Peu de programmes de surveillance écologique sont conçus pour les écozones où l'accès est limité et où la population, pouvant fournir des bénévoles, est petite. Nous manquons donc de données sur la plupart des aspects de l'écosystème de cette écozone, qu'il s'agisse des débits fluviaux ou des populations animales. De plus, nous ne saisissons pas parfaitement comment les écosystèmes réagissent aux changements et si l'effet cumulatif de ces changements déclenche une transition rapide (catastrophique) ou graduelle vers un nouvel étatNB 167. Compte tenu du manque d'information sur les écosystèmes mêmes, il est difficile de reconnaître les seuils critiques dans les écozones telles que la Taïga du Bouclier.

L'écozone+ de la Taïga du Bouclier se caractérise par un nombre relativement élevé d'espèces qui se trouvent à la limite de leur aire de répartition, par une abondance cyclique et par la présence d'espèces migratrices. Pour prévoir les tendances démographiques dans cette écozone, il faut d'abord comprendre les facteurs qui limitent la répartition des espèces. Les populations périphériques et migratrices sont vulnérables aux changements environnementaux qui surviennent dans les parties de leur aire de répartition se trouvant à l'extérieur de l'écozone. Par conséquent, il est essentiel de poursuivre les recherches tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Taïga du Bouclier pour être en mesure de détecter et d'expliquer les tendances.

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Forces et lacunes en matière d'information, décelées durant la rédaction du présent rapport

Du point de vue de la surveillance et de la recherche, les forces comprennent notamment des études qui aident à comprendre l'écologie des grandes populations migratrices restantes de caribous du Canada, par exemple la harde de la rivière George dans l'est de la Taïga du Bouclier et la harde de Bathurst dans l'ouest de la Taïga du Bouclier (voir le rapport technique thématique sur les tendances des populations de caribous de zones septentrionales du CanadaNB 12). Des travaux de recherche qui relient les répercussions des changements climatiques, des activités d'aménagement et de la présence humaine accrue dans la Taïga du Bouclier, ainsi que la surveillance des effectifs et de la répartition des hardes et de la santé et de l'état corporel des caribous, sont nécessaires de façon continue.

L'information existante sur l'écozone+ de la Taïga du Bouclier est répartie entre plusieurs administrations et groupes de recherche universitaires – il y a peu de surveillance écologique en cours. La majorité de l'information disponible fait partie de la « littérature grise », non pas de la littérature scientifique publiée. Cela a pour inconvénient que les interprétations des résultats ne sont pas toujours examinées minutieusement, et les données ne sont pas toujours facilement accessibles, particulièrement celles à long terme.

La couverture de l'écozone+ par des stations climatologiques est faible. En effet, la couverture actuelle ne permet pas la généralisation en tendances régionales.

Nos connaissances vis-à-vis les processus des écosystèmes forestiers sont essentielles pour une bonne compréhension de la biodiversité de la taïga. Il existe un manque de connaissances  (surtout pour la portion ouest de l'écozone+) relié aux processus des forêts, particulièrement en relation avec les changements climatiques et l'écologie relative aux feux de forêt, incluant l'importance écologique, l'état et les tendances des invertébrés, des champignons et d'autres assemblages d'espèces peu étudiés.

On manque d'information concernant les causes du déclin des zostères marines, et une surveillance continue des tendances est nécessaire. (La question de l'état des herbiers à zostères dans la baie James a été soumise au Comité permanent des pêches et des océans qui, en 2008, a présenté un rapport à la Chambre des communes recommandant la réalisation d'une recherche approfondie sur les effets des changements environnementaux sur les herbiers à zostères, de même que la mise en place d'une surveillance à grande échelle dans la baie James et la baie d'HudsonNB 43).

L'information sur les cycles des populations, les perturbations naturelles et l'impact anthropique provient de séries chronologiques trop courtes pour donner un bon aperçu de ceux ci. La collecte de données historiques à partir des premières mentions, des études du paysage et des études indirectes, donnerait une meilleure vue d'ensemble des tendances.

On ne comprend pas bien les seuils écologiques et les causes des changements rapides dans la forêt boréale. Il est particulièrement important de comprendre les seuils liés aux conditions météorologiques – par exemple, pour l'expansion des aires de répartition des espèces, les épidémies touchant les espèces sauvages et les infestations d'insectes dans les forêts – dans le but de prévoir et de déceler les premiers signes d'importantes répercussions écologiques découlant des changements climatiques dans l'écozone+ de la Taïga du Bouclier.

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Changements rapides et seuils

Constatation clé 22
Thème Interface science-politique

Constatation clé à l'échelle nationale
La compréhension grandissante des changements rapides et inattendus, des interactions et des seuils, en particulier en lien avec les changements climatiques, indique le besoin d'une politique qui permet de répondre et de s'adapter rapidement aux indices de changements environnementaux afin de prévenir des pertes de biodiversité majeures et irréversibles.

Voici deux exemples clairs de changement rapide dans cette écozone+ :

  1. le déclin accéléré d'au moins une population de caribou migrateur de la toundra  au cours des dernières années (voir la section Caribou migrateur de la toundra à la page 54 et la section Changements touchant la disponibilité des aliments traditionnels ou prélevés dans la nature à la page 49 ).
  2. la fonte rapide du pergélisol dans les tourbières de la Taïga du Bouclier est (voir la section Tendances liées au pergélisol à la page 21).

Les perturbations combinées peuvent être assez pour entraîner des populations jusqu'en état où ils n'ont plus l'habileté de se rétablirNB 168. Par exemple, la forêt boréale peut résister aux tendances climatiques jusqu'à un seuil critique :  l'intéraction de changements provoqués par l'homme tels que l'introduction d'espèces exotiques et de maladies ou les changements dans le régime des feux, de même que les dépôts atmosphériques d'azote ou de métaux lourdsNB 169.

En outre, la diversité des espèces est très limitée dans la Taïga du Bouclier, et un nombre relativement restreint d'espèces régulent l'écosystème. La faible diversité spécifique, combinée à l'abondance cyclique de certaines espèces, laisse croire que les changements à la structure de l'écosystème pourraient être de grande envergure et relativement imprévisibles.

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Note de bas des pages

NB 12

Gunn, A., Russell, D. et Eamer, J. 2011. Tendances des populations de caribou des zones septentrionales du Canada. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 10. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. v + 78 p.

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NB 43

Comité permanent des pêches et des océans. 2008. Cinquième rapport du Comité permanent des pêches et des océans présenté à la Chambre des Communes. Gouvernement du Canada. Ottawa, ON.

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NB 167

Scheffer, M. et Carpenter, S.R. 2003. Catastrophic regime shifts in ecosystems: linking theory to observation. Trends in Ecology & Evolution18:648-656.

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NB 168

Paine, R.T., Tegner, M.J. et Johnson, E.A. 1998. Compounded perturbations yield ecological surprises. Ecosystems1:535-545.

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NB 169

Chapin, F.S., Callaghan, Y., Bergeron, M., Johnstone, J.F., Juday, G. et Zimov, S.A. 2004. Global change and the boreal forest: thresholds, shifting states or gradual change? Ambio33:361-365.

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Conclusion : bien-être humain et biodiversité

La majeure partie de l’écozone+ de la Taïga du Bouclier est un milieu sauvage intact composé d’une vaste étendue de forêt boréale dont la densité diminue progressivement pour se transformer en toundra à sa limite nordique. Séparée en deux par la baie d’Hudson, cette écozone+ traverse plusieurs frontières politiques et englobe une partie ou l’ensemble des territoires traditionnels des Inuits et d’un certain nombre de Premières Nations. Autrefois, les ressources biologiques de la Taïga du Bouclier étaient l’unique moyen de subsistance des humains qui l’habitaient.

Aujourd’hui, ces ressources sont toujours importantes pour les résidents, en particulier pour les peuples autochtones. La biodiversité de la Taïga du Bouclier soutient l’économie non monétaire de la région et fournit des éléments essentiels comme de la nourriture, des vêtements et du combustible. Cette biodiversité sert aussi d’assise culturelle pour les peuples qui vivent sur ce territoire depuis des millénaires. Le nombre grandissant de parcs et d’aires protégées dans l’écozone+ offre des occasions de développement de l’économie monétaire grâce au tourisme et aux services connexes.

La Taïga du Bouclier est également importante pour les personnes à l’extérieur de l’écozone+. En effet, elle constitue la limite méridionale de l’aire de répartition des grandes hardes de caribous migrateurs qui assurent la subsistance de nombreuses personnes et collectivités situées plus au nord. Cette écozone+ correspond aussi à la limite septentrionale de l’habitat de l’orignal, et elle contribue à soutenir une espèce importante pour les personnes et les écosystèmes situés plus au sud. De plus, la Taïga du Bouclier assure la subsistance d’un large éventail d’oiseaux migrateurs durant certaines parties de leur cycle annuel, offrant un milieu relativement peu perturbé pour des espèces qui pourraient être soumises à des pressions ailleurs dans leur aire de répartition.

Les plus grandes menaces pour la biodiversité de l’écozone+ de la Taïga du Bouclier proviennent de l’activité humaine, tant à l’échelle locale qu’à l’échelle mondiale. Les ressources physiques de la Taïga du Bouclier – principalement sa capacité hydroélectrique et ses ressources minières – ont représenté un attrait pour le développement, et d’autres projets sont planifiés dans un futur rapproché. Les aménagements hydroélectriques dans la Taïga du Bouclier ont inondé de grandes superficies de terres et modifié de façon importante les régimes hydrologiques de plusieurs réseaux hydrographiques importants, ce qui a eu des conséquences sur la biodiversité terrestre et aquatique. La mise en valeur des ressources minérales – particulièrement dans la Taïga du Bouclier ouest – est toujours en grande partie en phase d’exploration, mais une découverte importante pourrait entraîner une augmentation rapide de la perturbation linéaire pour la mise en place de corridors de transport et de communication, ce qui augmenterait la fragmentation des grandes étendues de forêt boréale de la Taïga du Bouclier.

Le changement climatique mondial représente l’autre menace importante pour la biodiversité dans la Taïga du Bouclier. Déjà, l’écozone+ affiche certains effets associés au réchauffement, et elle sera vulnérable aux répercussions graves à mesure que cette tendance s’accentuera. L’impact cumulatif des changements climatiques et des activités humaines à l’échelle locale

peut être particulièrement important. Par exemple, dans la partie est de l’écozone+, une décomposition importante du pergélisol a été documentée, de même que la présence accrue d’étangs thermokarstiques.

Le maintien de la biodiversité de la Taïga du Bouclier et du caractère intact de son milieu sauvage représente un élément important pour les personnes qui vivent à l’intérieur et à l’extérieur des frontières de l’écozone+. Ce territoire fait partie du mécanisme naturel complexe propre à la forêt boréale qui constitue l’un des principaux écosystèmes de la Terre et est une composante importante – bien que non entièrement comprise – des systèmes physiques et biologiques mondiaux.

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