Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Rapport technique thématique no. 17. - Surveillance à distance des écosystèmes : sélection de tendances mesurées à partir d’observations par satellite du Canada

Changements dans la couverture terrestre

Changements dans les grandes classes de couverture terrestre (1985-2005 )

Le Centre canadien de télédétection (CCT) a produit une série chronologique uniforme sur la couverture terrestre (1985, 1990, 1995, 2000, 2005) au Canada, à partir de données satellitaires de faible résolution (kilomètre), recueillies par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) au moyen de capteurs de radiomètres perfectionnés à haute résolution (AVHRR) (Latifovic et Pouliot, 2005). Cette série chronologique est la plus longue à cibler l’ensemble du Canada; c’est pourquoi elle est la seule à permettre la surveillance constante des tendances à long terme.

Méthodes

Les données satellitaires sont affectées à des catégories de couverture terrestre au cours d’un processus nommé « classification des images » (Cihlar et al., 1998). Les types de couvertures sont différenciés d’après les signatures spectrales (profils d’absorption et de réflectance du spectre électromagnétique) qui résultent du contenu pigmentaire, de la structure des feuilles et de la structure des plantes (Fleishman et Mac Nally, 2007).

Le CCT a mis au point une méthode robuste pour produire des cartes de la couverture terrestre, pour les années s’échelonnant de 1985 à 2005, à partir des changements détectés depuis la publication d’une carte de base préexistante (1995) et largement acceptée, produite par Cihlar et al. (1999). Les zones où des changements ont été détectés par rapport à la carte de base de 1995 ont été reclassées pour chaque année de la série chronologique, ce qui revenait à mettre à jour la carte de 1995 plutôt qu’à en créer de nouvelles. Cette méthode permet de maintenir un haut degré d’uniformité des images sur la couverture terrestre entre les cartes. La méthode utilisée pour la détection et la reclassification des changements est décrite en détail dans Latifovic et Pouliot (2005).

La carte à douze classes produite par le CCT a été simplifiée et ramenée à neuf classes aux fins du Rapport sur l’état et les tendances des écosystèmes (RETE) (annexe I). La classe des « zones perturbées », selon la légende des douze classes du CCT, a été modifiée pour devenir la classe des « zones brûlées »Note de bas de page7, les trois classes concernant les « forêts » ont été combinées en une seule classe, et les classes des « terres cultivées » et des « terres cultivées/zones boisées » ont été combinées et renommées « terres agricoles » (annexe I). Les changements dans la couverture terrestre ont été examinés pour six de ces classesNote de bas de page8. La couverture terrestre et ses modifications sont résumées par écozone+ aux fins du RETE.

Vérifications de la qualité et limites

Les erreurs présentes dans les données peuvent être introduites à de nombreuses étapes. Les erreurs apparaissant dans la carte de base de 1995 peuvent être transférées aux cartes illustrant les changements observés qui ont été dérivées de cette carte de base. Il peut aussi y avoir des erreurs dans les données d’entrée satellitaires (AVHRR), dans le processus de détection des changements, ou encore dans la reclassification des changements détectés.

Une comparaison visuelle des résultats sur la couverture terrestre par rapport aux images Landsat à plus haute résolution (30 m) montre que la dynamique attendue des perturbations suivies d’une revégétation a été prise en compte par le produit relatif aux changements de couverture terrestre (Latifovic et Pouliot, 2005). Cette comparaison visuelle montre également que la forme spatiale et l’étendue des grandes perturbations classées par ce produit différaient considérablement, dans certains cas, de l’image Landsat, et ce, en raison de la faible résolution des données AVHRR.

Le CCT a également effectué une comparaison quantitative des résultats sur la couverture terrestre exposés dans le présent rapport avec la base de données SILC (Satellite Database for the Land Cover of Canada, ou base de données satellitaires sur la couverture terrestre au Canada). Cette base de données Landsat à plus haute résolution (30 m) couvre 9 % de la masse terrestre canadienne telle qu’elle apparaissait en 2000. Afin d’établir des comparaisons entre les deux ensembles de données, la base SILC a fait l’objet d’une reclassification à une résolution de 1 km : chaque pixel de 1 km s’est vu attribuer la classe du pixel de 30 m dominant à l’intérieur de celui-ci. Les comparaisons avec cette base de données montrent que la précision globale de la carte de la couverture terrestre de 2000 était de 61,5 %, tandis que la précision des zones reclassées relevées au cours du processus de détection des changements n’était que de 44,0 % (Latifovic et Pouliot, 2005). Ces valeurs pour la carte de la couverture terrestre de 2000 sous-estiment vraisemblablement la précision globale, car l’analyse a été limitée aux territoires couverts par la base de données SILC, qui se situent principalement dans des zones de topographie hautement variable qui peuvent facilement donner lieu à des erreurs de classification (p. ex. zones montagneuses et zones de transition entre de vastes biomes).

Il faut être extrêmement prudent lorsque l’on interprète ces résultats pour les écozones+ renfermant de vastes zones montagneuses (comme l’écozone+ maritime du Pacifique) ou pour les écozones+ renfermant de vastes zones de prairies (comme l’écozone+ des Prairies), du fait que les fluctuations importantes de la disponibilité de l’humidité d’année en année se traduisent par des zones de prairies dont l’aspect, vu de la surface, diffère énormément d’une année à l’autre (Davidson et Wang, 2004 dans Latifovic et Pouliot, 2005). Les changements dans la couverture terrestre des zones constituées de plusieurs petites parcelles de classes différentes (p. ex. écozone+ des plaines à forêts mixtes et écozone+ des Prairies) ne seront pas détectés, car les changements se produiront vraisemblablement à une échelle trop petite pour être détectés à cette faible résolution.

En résumé, cet ensemble de données s’avère surtout efficace pour détecter les changements à grande échelle de la couverture terrestre. Les résultats pour chaque écozone+ devraient être corroborés avec d’autre information, particulièrement en ce qui concerne les changements à petite échelle.

Résultats

La figure 1 montre la couverture terrestre globale pour 2005. Dans la période de 1985 à 2005, des changements ont été principalement détectés dans les classes des forêts et des zones brûlées (figure 2; voir les détails par écozone+ à l’annexe II). La superficie des zones brûlées a augmenté de 1990 à 2000, mais elle a diminué de 2000 à 2005. Le changement net de 1985 à 2005 a été une augmentation de quelque 200 % (~146 000 km2). Durant la même période (de 1985 à 2005), on a observé une réduction nette des zones de forêt, soit d’environ 4 % (~158 000 km2). La majeure partie de cette réduction (3,5 de 4,0 %) est attribuable à une transition vers la classe des zones brûlées. Le reste de la réduction nette des zones de forêt au cours de la période est associé à des transitions vers les classes « faible végétation et terres dénudées » (< 1 %), « arbustaies » (< 1 %) et « terres agricoles » (< 0,1 %). Les réductions des zones de forêt au cours de la période semblent concentrées dans la partie sud-ouest de la taïga du Bouclier et dans la partie nord-ouest du Bouclier boréal (figure 3).

Un examen plus approfondi des composantes de la classe des terres agricoles dans l’écozone+ des plaines boréales fait ressortir une tendance de transition de la composante des « terres cultivées/zones boisées » vers celle des « terres cultivées » (Figure 4). Entre 1985 et 2005, 7,7 % (~5 150 km2) des terres cultivées/zones boisées ont été perdus, la plus grande partie ayant été convertie en terres cultivées (7,5 % ou ~5 020 km2). Les statistiques de 2005 concernant la couverture terrestre ainsi qu’un résumé des changements survenus entre 1985 et 2005 sont présentés à l’annexe II.

Figure 1. Grandes classes de couverture terrestre au Canada, 2005 (résolution de 1 km).

carte

Description longue pour la figure 1

Cette carte montre la couverture terrestre globale du Canada en 2005. Les terres agricoles dominent dans les écozones+ des Prairies et des plaines à forêts mixtes et le long de limite sud de l’écozone+ des plaines boréales. Plusieurs vastes zones de prairies se trouvent au cœur de l’écozone+ des Prairies. Des forêts et des arbustaies sont concentrées dans les écozones+ côtières de l’intérieur et du sud, à des latitudes médianes. Même si les zones brûlées sont éparses dans ces écozones+, elles sont particulièrement évidentes dans la portion nord-ouest de l’écozone+ du Bouclier boréal et dans la portion sud-ouest de l’écozone+ de la taïga du Bouclier. Elles sont moins courantes près des côtes du Pacifique et de l’Atlantique. Les zones de transition septentrionales de l’écozone+ de la taïga du Bouclier ainsi que la portion méridionale de l’écozone+ de l’Arctique sont presque exclusivement constituées de faible végétation et de terres dénudées (toundra), tandis que les latitudes plus élevées de l’écozone+ de l’Arctique sont recouvertes par une forte proportion de neige et de glace.

Source : carte dérivée de Latifovic et Pouliot (2005)

Figure 2. Superficie par classe de couverture terrestre pour l’ensemble du Canada, en 1985, 1990, 1995, 2000 et 2005.

graphique

Description longue pour la figure 2

Ce diagramme à barres montre les informations suivantes; Superficie (milliers de km2):

Données détaillées pour la figure 2.
 19851990199520002005
Forêts38943827372636893735
Zones brûlées78140234269224
Arbustaies969959963980969
Prairies4949494949
Faible végétation et terres dénudées24762481249424702478
Terres agricoles663663664662664

La superficie des zones brûlées a augmenté de 1990 à 2000, mais elle a diminué de 2000 à 2005. Le changement net de 1985 à 2005 a été une augmentation de quelque 200 % (~146 000 km2). Durant la même période (de 1985 à 2005), on a observé une réduction nette de la superficie des forêts d’environ 4 % (~158 000 km2). La majeure partie de cette réduction (soit 3,5 %) est attribuable à une transition vers la classe « zones brûlées ». Le reste de la réduction nette de la superficie des forêts au cours de la période est associé à des transitions vers les classes « faible végétation et terres dénudées » (< 1 %), « arbustaies » (< 1 %) et « terres agricoles » (< 0,1 %).

Les pourcentages indiquent le changement total pour chaque classe de couverture terrestre entre 1985 et 2005.

Source : données dérivées des statistiques sur la couverture terrestre produites par Latifovic et Pouliot (2005)

Figure 3. Conversion des zones de forêt en d’autres classes, de 1985 à 2005.

carte

Description longue pour la figure 3

Cette carte montre la conversion des forêts en d’autres classes de couverture terrestre, de 1985 à 2005. La plupart des forêts ont été converties en zones brûlées. Les réductions de la superficie des forêts semblent être concentrées dans la partie sud-ouest de la taïga du Bouclier et dans la partie nord-ouest du Bouclier boréal.

Source : carte dérivée des cartes de couverture terrestre produites par Latifovic et Pouliot (2005).

Figure 4. Conversion des terres cultivées/zones boisées en terres cultivées dans les écozones+ des plaines boréales et des Prairies, de 1985 à 2005.

carte

Description longue pour la figure 4

Cette carte montre la conversion des terres cultivées/zones boisées en terres cultivées dans les écozones+ des plaines boréales et des Prairies, de 1985 à 2005. Au cours de cette période, dans l’écozone+ des plaines boréales, 7,7 % (~5 150 km2) des terres cultivées/zones boisées ont disparu, la plus grande partie (7,5 %, soit ~5 020 km2) ayant été convertie en terres cultivées. Seule une petite superficie de terres cultivées/zones boisées a été convertie en terres cultivées dans l’écozone+ des Prairies.

Source : carte dérivée des cartes de couverture terrestre produites par Latifovic et Pouliot (2005).

Analyse

Les principaux changements dans la couverture terrestre, comme l’indique l’analyse, se situent dans les classes des zones brûlées et des forêts. La fréquence des incendies est régie par plusieurs facteurs, principalement le temps et le climat, le combustible, la topographie et l’activité humaine (Flannigan et Wotton, 2001; Flannigan et al., 2005; Parisien et al., 2006). L’augmentation de la superficie des zones brûlées jusqu’à 1995 est conforme aux données présentées dans le rapport technique thématique sur les grands incendies au Canada (Krezek-Hanes et al., 2011), qui indique une augmentation globale de la superficie brûlée entre les années 1960 et 1990 ainsi que des années d’activité de feu extrême en 1989, 1994 et 1995. L’augmentation des superficies brûlées depuis les années 1960 jusqu’aux années 1990 a été liée à une présence humaine accrue dans les forêts au cours de cette période et à une augmentation générale des températures au pays (Podur et al., 2002; Gillett et al., 2004; Skinner et al., 2006; Girardin, 2007). Pour en savoir plus sur les tendances liées aux incendies au Canada, y compris les tendances annuelles quant à la superficie brûlée, la gravité et la saisonnalité, voir Krezek-Hanes et al., (2011).

Le changement des composantes des terres agricoles dans l’écozone+ des plaines boréales, soit la transition des « terres cultivées/zones boisées » vers les « terres cultivées », résulte de la conversion des terres boisées en terres cultivées. Cette constatation est appuyée par le rapport thématique national sur la capacité d’habitat faunique des terres agricoles du Canada (Javorek et Grant, 2011), qui indique que la superficie du territoire classé comme « autres terresNote de bas de page9  » dans la région agricole de l’écozone+ des plaines boréales a diminué entre 1986 et 2006. La capacité d’habitat faunique, qui permet d’évaluer les grandes tendances de la capacité des terres agricoles canadiennes à offrir un habitat adéquat aux populations des nombreuses espèces de vertébrés terrestres, a aussi considérablement diminué dans l’écozone+ des plaines boréales durant cette période (Javorek et Grant, 2011). 

Études de cas sur l’urbanisation

La majeure partie de la croissance de la population canadienne entre 1996 et 2001 a eu lieu dans quatre principales régions : la vallée du bas Fraser et le sud de l’île de Vancouver en Colombie-Britannique (écozone+ maritime du Pacifique); le couloir Edmonton-Calgary (écozone+ des Prairies); la région du Golden Horseshoe de Toronto (écozone+ des Plaines à forêts mixtes); la région du Grand Montréal (écozone+ des Plaines à forêts mixtes) (Gurin, 2003). La croissance de la population peut être accommodée par la densification des zones urbaines existantes ou par l’expansion de celles-ci dans les zones non urbaines (ou par « urbanisation », au sens de la présente analyse). Contrairement à d’autres types de changement de la couverture terrestre, l’urbanisation est généralement permanente (McKinney, 2002). L’urbanisation peut avoir diverses répercussions sur la biodiversité, dont les suivantes :

  • une perte directe d’habitat, dont les forêts, les milieux humides et les terres agricoles;
  • des changements dans le cycle de l’eau, y compris un ruissellement excessif à la suite de précipitations et un manque d’eau durant les épisodes de sécheresse en raison de l’imperméabilité des zones bâties;
  • des obstacles physiques à la dispersion des plantes et des espèces sauvages.

Deux des quatre principales régions de croissance de la population, soit la région du Golden Horseshoe de l’Ontario et la vallée du bas Fraser de la Colombie-Britannique, ont été choisies pour les études de cas. L’imagerie Landsat présente une résolution plus élevée que les données satellitaires AVHRR (utilisées pour montrer les changements de la couverture terrestre à grande échelle dans la section précédente), et elle est devenue plus accessible aux fins des études à grande échelle au cours des dernières années. L’imagerie Landsat a donc été analysée aux fins du présent rapport.

La région du Golden Horseshoe

La région du Golden Horseshoe du sud de l’Ontario s’étend autour de l’extrémité ouest du lac Ontario, de Pickering à Niagara, et comprend la région du Grand Toronto ainsi que les villes de Burlington et de Hamilton. Elle fait partie de l’écorégion des Basses terres du lac Érié de l’écozone+ des Plaines à forêts mixtes, où la couverture terrestre naturelle est généralement composée de forêts de feuillus et de forêts mixtes (Groupe de travail sur la stratification écologique, 1995). Cette région renferme des zones d’agriculture intensive et fait l’objet d’un aménagement urbain intensif depuis les années 1950. Il s’agit actuellement de la région la plus peuplée et fortement urbanisée du Canada (Statistique Canada, 2012), et elle abrite aussi la majeure partie des espèces en péril de l’Ontario (Wilson, 2008). Les oiseaux et les autres espèces qui vivent dans des milieux humides composent la majorité de ces espèces en péril (Fondation David Suzuki et Ontario Nature, 2011). Les questions d’écologie et de conservation dans la région concernent les menaces pour les forêts et les plantes, le besoin de protéger les milieux humides, la quantité et la qualité de l’eau et les espèces envahissantes (Environnement Canada, 2005).

Bien que la croissance de cette région ne soit pas limitée par des obstacles naturels, le gouvernement de l’Ontario a établi en 2005 une grande ceinture de verdure (plus de 7 600 km2) autour de la région du Golden Horseshoe, ainsi que des restrictions en matière de zonage visant à protéger les terres agricoles et naturelles de l’étalement urbain (Government of Ontario, 2005; Ministère des Affaires municipales et du Logement, 2005).

La vallée du bas Fraser

La vallée du bas Fraser de la Colombie-Britannique prend naissance juste après Mission et Abbotsford, à l’est, et suit le fleuve Fraser jusqu’à son embouchure, dans le détroit de Georgia. Elle comprend la ville de Vancouver et les banlieues environnantes, et fait partie de l’écorégion du bas Fraser de l’écozone+ maritime du Pacifique. Le climat y est doux et très humide, et la végétation naturelle de la région est dominée par des forêts de douglas côtiers, de pruches de l’Ouest et de thuyas géants (Groupe de travail sur la stratification écologique, 1995). La région plane du delta du Fraser est idéale pour l’agriculture et, sauf en ce qui concerne certaines grandes tourbières, les terres agricoles ont remplacé la couverture terrestre naturelle dans la majeure partie du delta (Environnement Canada, 2005). Comme dans la région du Golden Horseshoe, les terres humides représentent les écosystèmes les plus diversifiés et menacés de la vallée du bas Fraser. Celle-ci comptait autrefois de nombreuses tourbières, mais la plupart ont disparu ou ont été réduites. La tourbière Burns, près de Richmond, est la plus grande tourbière qui persiste dans la région (Hebda et al., 2000).

La vallée du bas Fraser présente des limites considérables à l’urbanisation : l’altitude augmente abruptement au nord du fleuve Fraser, et la frontière des États-Unis freine l’étalement urbain canadien au sud. À l’est, la vallée rétrécit vite. Ces facteurs limitent surtout l’expansion des zones urbaines à la région du delta du Fraser, à l’exception du nord et de l’ouest de Vancouver, où l’expansion atteint les montagnes, au nord.

Méthodes

Pour les deux études de cas, des cartes de référence de la couverture terrestre pour 1990 sur lesquelles les limites avaient déjà été visuellement interprétées à partir de l’imagerie Landsat TM ont été obtenues auprès de MDA Federal (anciennement EarthSat). Des images Landsat MSS (d’une résolution de 80 m) pour 1974 et 1975 et des images Landsat TM (d’une résolution de 30 m) pour 2005 et 2007 ont quant à elles été obtenues auprès du CCT. Tant la résolution que la séparation spectrale des images Landsat MSS pour 1974 et 1975 étaient plus faibles que celles des images Landsat TM de 1990 et de 2005 et 2007, en raison de l’amélioration que représente le capteur TM par rapport au capteur MSS précédent.

Une image composite infrarouge en fausses couleurs a été produite pour les images Landsat MSS de 1974 et 1975 et pour les images Landsat TM de 2005 et 2007, aux fins de l’amélioration de l’interprétation visuelle. On a délimité manuellement le territoire urbain au moyen d’une comparaison visuelle avec la carte de 1990, en présumant que le territoire urbain de 1974 et 1975 était contenu à l’intérieur de l’étendue de 1990 et que celui de 2005 et 2007 dépassait ces limites.

Une fois les révisions de la carte achevées, les changements du territoire urbain et les changements subséquents des autres classes de couverture terrestre ont été calculés. Les conversions qui ont eu lieu entre les autres classes n’ont pas été détectées par ce processus (par exemple, la conversion de forêts ou d’arbustaies en terres agricoles). Le degré de confiance associé aux résultats de ce processus est très élevé en ce qui concerne les changements du territoire urbain, et moyennement élevé en ce qui a trait à la catégorisation de la couverture terrestre convertie en territoire urbain en 1990 par rapport à 1975 (la partie de la couverture terrestre convertie en territoire urbain de 1990 à 2005 était déjà définie dans la carte de 1990 fournie par MDA Federal). Nous estimons à plus de 90 % la précision des valeurs de la superficie totale.

Résultats

La région du Golden Horseshoe

On a observé une augmentation considérable du territoire urbain et des terres dénudées ainsi qu’une perte correspondante de terres agricoles et, dans une moindre mesure, de forêts et d’arbustaies dans la région du Golden Horseshoe, de 1974 à 2005 (figure 5 et figure 6). Au total, une superficie de 210 km2 de terres agricoles a été convertie en territoire urbain ou en terres dénudées durant la première période, soit de 1974 à 1990 (un taux de 13 km2/année), et 305 km2 ont ensuite été convertis de 1995 à 2005 (un taux de 20 km2/année). Lorsqu’on tient compte de la perte de forêts et de terres humides, on conclut que le taux d’urbanisation total entre 1974 et 1990 a été de 20 km2/année, et que ce taux a grimpé à 23 km2/année de 1990 à 2005.

L’expansion du territoire urbain au cours de cette période a été concentrée dans la région des environs de Toronto, et la plus forte croissance a eu lieu entre 1990 et 2005 (figure 6). Sur la rive sud du lac Ontario, la croissance s’est avérée plus modeste. La ville de Hamilton a aussi connu une plus grande croissance entre 1990 et 2005 qu’entre 1974 et 1990. En outre, la croissance urbaine dans la péninsule du Niagara a été minime durant la période d’étude.

Figure 5. Changements de la couverture terrestre dans la région du Golden Horseshoe de l’Ontario, 1974, 1990 et 2005.

graphique

Description longue pour la figure 5

Ce diagramme à barres montre les informations suivantes; Superficie (km2) :

Données détaillées pour la figure 5.
 197419902005
Territoire urbain et terres dénudées111114361778
Forêts ou arbustaies1008891859
Terres agricoles347932712965
Prairies474745
Milieux humides555
Eaux libres278627862785

Le graphique indique une augmentation totale de 60 % du territoire urbain et des terres dénudées.

Nota : La résolution de l’image en 1974 était inférieure à celles de 1990 et 2005.

 

Figure 6. Changements de la couverture terrestre dans la région du Golden Horseshoe de l’Ontario en 1974, 1990 et 2005.

carte

Description longue pour la figure 6

Ces trois cartes montrent les changements de la couverture terrestre de la région du Golden Horseshoe de l’Ontario entre les années 1974, 1990 et 2005. L’expansion du territoire urbain au cours de cette période a été concentrée dans la région des environs de Toronto, et la plus forte croissance a eu lieu entre 1990 et 2005. Sur la rive sud du lac Ontario, la croissance a été plus modeste. La ville de Hamilton a aussi connu une plus grande croissance entre 1990 et 2005 qu’entre 1974 et 1990. En outre, la croissance urbaine dans la péninsule du Niagara a été minime durant la période d’étude.

La vallée du bas Fraser, Colombie-Britannique

L’expansion urbaine dans la vallée du bas Fraser a eu lieu principalement dans d’anciennes zones de forêt et d’arbustaie (figure 7 et figure 8) et, dans une moindre mesure, sur des terres agricoles. Au total, 87 km2 de forêts et d’arbustaies ont été convertis en territoire urbain et en terres dénudées entre 1975 et 1990 (un taux de 6 km2/année), et 62 km2 de forêts et d’arbustaies ont été convertis en territoire urbain de 1990 à 2007 (un taux de 4 km2/année). Le taux d’urbanisation moyen pour tous les types de couverture terrestre entre 1975 et 2007 a été de 6 km2/année.

La croissance dans la vallée du bas Fraser n’a pas suivi la même tendance que dans la région du Golden Horseshoe. La ville de Vancouver a pris autant d’expansion qu’elle le pouvait, tandis que North Vancouver s’est étendue vers l’ouest, sans toutefois prendre une expansion considérable. En outre, l’expansion urbaine du côté de Richmond n’a pas été forte au cours de la période d’étude. En amont du fleuve Fraser, cependant, l’expansion du territoire urbain est flagrante. Sur la rive sud, la région de Surrey à Delta s’est considérablement étendue. Sur la rive nord, l’expansion du territoire urbain a fait en sorte de combler l’espace entre les villes de Burnaby et de New Westminster, et il en a été de même pour le territoire entre Port Moody et Port Coquitlam. Encore plus loin de Vancouver, la région d’Abbotsford-Clearbrook s’est visiblement étendue (figure 8).

Figure 7. Changements dans la couverture terrestre de la vallée du bas Fraser, en Colombie-Britannique, 1975, 1990 et 2007.

graphique

Description longue pour la figure 7

Ce diagramme à barres montre les informations suivantes; Superficie (km2) :

Données détaillées pour la figure 7.
 197519902007
Territoire urbain et terres dénudées498591680.1
Forêts ou arbustaies164715591496.9
Terres agricoles719714693.5
Prairies808073.1
Milieux humides444.3
Eaux libres789789788.5

Le graphique montre une augmentation totale de 37 % du territoire urbain et des terres dénudées.
Nota : La résolution de l’image en 1974 était inférieure à celles de 1990 et 2007.

 

Figure 8. Changements dans la couverture terrestre de la vallée du bas Fraser, en Colombie-Britannique, en 1975, 1990 et 2007.

carte

Description longue pour la figure 8

Ces trois cartes montrent les changements dans la couverture terrestre de la vallée du bas Fraser, en Colombie-Britannique, entre les années 1975, 1990 et 2007. La ville de Vancouver a pris autant d’expansion qu’elle le pouvait, tandis que North Vancouver et West Vancouver se sont étendues vers l’ouest, sans toutefois prendre une expansion considérable. En outre, l’expansion du territoire urbain du côté de Richmond n’a pas été forte au cours de la période d’étude. En amont du fleuve Fraser, cependant, l’expansion du territoire urbain est flagrante. Sur la rive sud, la région de Surrey à Delta s’est considérablement étendue. Sur la rive nord, l’expansion du territoire urbain a fait en sorte de combler l’espace entre les villes de Burnaby et de New Westminster, et il en a été de même pour le territoire entre Port Moody et Port Coquitlam. Encore plus loin de Vancouver, la région d’Abbotsford-Clearbrook s’est visiblement étendue.

Analyse

Les deux études indiquent une expansion du territoire urbain depuis les années 1970, particulièrement dans la région du Golden Horseshoe de l’Ontario. La croissance urbaine dans cette région a principalement eu lieu aux dépens des terres agricoles (ce qui a aussi été constaté par Cheng et Lee (2008)) et, dans une moindre mesure, des forêts. L’expansion est visiblement centrée autour de Toronto. Le plan de ceinture de verdure du gouvernement de l’Ontario (Ministère des Affaires municipales et du Logement, 2005), entré en vigueur en 2005, vise à protéger une grande superficie (> 7 600 km2) de terres bordant la région du Golden Horseshoe contre l’urbanisation. Le taux de croissance de la population dans la région élargie du Golden Horseshoe (qui, telle que définie par Statistique Canada, comprend des régions qui dépassent les limites de la présente analyse, au nord de la baie Georgienne et à l’est de Kawartha), entre 2001 et 2006, a été de 8,4 %. La croissance dans cette région a représenté 84 % de l’augmentation de la population de l’Ontario, et 39 % de celle du Canada au cours de cette période (Statistique Canada, 2012). Une analyse plus poussée de l’urbanisation dans la région permettra d’examiner l’efficacité du plan de ceinture de verdure pour ralentir l’expansion du territoire urbain et d’encourager la « croissance intelligente » (la densification au lieu de l’expansion, voir par exemple Société canadienne d'hypothèques et de logement, 2005).

L’expansion urbaine dans la vallée du bas Fraser, depuis 1975, a principalement eu lieu dans les zones de forêts ou d’arbustaies. Au cours des 30 ans qui ont précédé le recensement de 2001, la population de Vancouver et des environs a augmenté de près de 70 %, et la majeure partie de cette croissance s’est produite à l’extérieur des villes principales de Vancouver, de Burnaby et de New Westminster (Gurin, 2003). De 2001 à 2006, le taux de croissance de la population a atteint 6,5 % dans la région, dépassant ainsi la moyenne canadienne de 5,3 %. Cette tendance est associée aux zones qui ont aussi connu la plus grande urbanisation. L’expansion urbaine dans la vallée du bas Fraser se poursuivra vraisemblablement dans les collectivités plus éloignées dans la vallée, puisque la ville de Vancouver et les banlieues avoisinantes ont atteint leurs limites géographiques.

Notes de bas de page

Note 7

Tandis que les zones brûlées constituent la plus grande partie de cette classe, de très vastes zones exploitées à des fins agricoles ou minières, ainsi que des zones de défoliation grave causée par des insectes, peuvent également y être incluses.

Retour à la référence7

Note 8

Les classes « territoire urbain », « neige/glace/glacier » et « eaux continentales » n’ont pas été incluses dans l’analyse des changements. Voir les détails à l’annexe I.

Retour à la référence8

Note 9

Catégorie définie aux fins du Recensement de l’agriculture et qui correspond à peu près à la classe des « terres cultivées/zones boisées » utilisée dans le présent document.

Retour à la référence9