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Rapport technique thématique no. 18. - Tendances relatives aux oiseaux aquatiques coloniaux de l'arrière-pays et aux oiseaux de marais au Canada

Conclusion

Nous avons posé trois questions dont, idéalement, la réponse aurait permis de décrire la situation actuelle des oiseaux aquatiques dans chaque écozone+. Malheureusement, le manque de données sur les tendances dans plusieurs écozones+ nous en a empêchés. Cela dit, nous avons trouvé réponse aux trois questions à l’égard de l’écozone+ des Grands Lacs, pour laquelle on semble disposer de la plus grande quantité de données. Il est à noter que, même si le bassin des Grands Lacs est une région importante pour les oiseaux aquatiques de l’arrière-pays, les renseignements qui suivent ne valent que pour ce bassin et peuvent ne pas s’appliquer aux vastes régions du pays pour lesquelles les informations sont insuffisantes.

Qu’arrive-t-il aux oiseaux aquatiques?

Dans les Grands Lacs, cinq espèces d’oiseaux aquatiques coloniaux sur dix sont en régression, trois progressent et deux sont stables tout en accusant des fluctuations. Voilà qui illustre la nature dynamique de ce groupe d’oiseaux et la nature dynamique de la biodiversité (voir plus bas). Certaines espèces réagissent bien aux récents changements environnementaux, d’autres y réagissent mal. Le réseau trophique des Grands Lacs a beaucoup évolué depuis l’arrivée des premiers colons européens, sous l’effet notamment des espèces envahissantes et des modifications du milieu. La situation actuelle des oiseaux aquatiques coloniaux en témoigne probablement.

Pour ce qui est des populations d’oiseaux de marais, c’est une autre histoire. Toutes les populations focales décroissent dans l’ensemble du bassin des Grands Lacs, à l’exception du lac Supérieur. De nombreuses espèces secondaires décroissent aussi. Un grand nombre de ces oiseaux privilégient un habitat (espèces spécialistes); la superficie de celui-ci diminuant, leurs populations diminuent aussi. En outre, les forces extérieures réduisent leur biodiversité.

D’où viennent les tendances?

Les trois espèces d’oiseaux aquatiques coloniaux dont les effectifs augmentent (Pélican d’Amérique, Cormoran à aigrettes et Grande Aigrette) doivent probablement leur situation au fait qu’ils sont des nicheurs plutôt récents dans la région des Grands Lacs ou qu’ils font un retour en force après un grave recul. Autrement dit, ils occupent ou réoccupent des niches vides. Les oiseaux qui se trouvent dans une telle situation se multiplient souvent assez rapidement. Quant aux quatre espèces qui décroissent, le Goéland marin succombe à des toxines (botulisme de type E), la Sterne pierregarin subit vraisemblablement la concurrence du Goéland à bec cerclé, et les populations du Goéland argenté et du Goéland à bec cerclé ont peut-être dépassé la capacité limite de l’écosystème durant les années 1980 et souffrent probablement de la disponibilité fléchissante d’aliments depuis 20 ans. Il est difficile de déterminer la cause exacte des baisses de populations de tous les oiseaux de marais des Grands Lacs, mais certains des facteurs qui y ont contribué sont : la dégradation des milieux humides, des bassins versants et des milieux riverains; la perte d’habitat et la dégradation des fonctions écosystémiques en raison d’activités comme l’aménagement en dur des rives; les niveaux d’eau; la prolifération d’espèces envahissantes.

Pourquoi est-ce important pour la biodiversité?

Les tendances à long terme des effectifs et d’autres paramètres vitaux sont les forces qui façonnent la biodiversité. La biodiversité est dynamique. Les effectifs de certaines espèces diminuent, d’autres augmentent, et de nouvelles espèces apparaissent. C’est ce qui arrive aux oiseaux aquatiques coloniaux, dont les populations sont considérées comme étant plutôt en santé (le cas de la Sterne pierregarin excepté). Du côté canadien des Grands Lacs, aucun oiseau aquatique colonial ne figure parmi les espèces en péril. Ce n’est toutefois pas le cas pour les oiseaux de marais. Presque toutes les tendances démographiques des diverses espèces d’oiseaux de marais sont à la baisse. Plusieurs espèces figurent dans l’une ou l’autre des catégories d’espèces en péril. La dynamique de leur guilde n’en est plus une d’équilibre, avec des hausses et des baisses. À ce rythme, des espèces pourraient disparaître.

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