Espèces non indigènes envahissantes

Photo : Moules zebrées © Jim Moyes, Environnement Canada
Moules zebrées

Grands Lacs

Les espèces non indigènes envahissantes sont responsables de la perte de la majeure partie de la communauté biotique initiale des Grands Lacs9 La dégradation du biote indigène des Grands Lacs a commencé avec l'ouverture du canal Welland en 1829, l'introduction accidentelle de la lamproie en 1920, et l'effondrement des populations de touladi qui s'en est suivi. Les espèces non indigènes sont désormais les espèces dominantes dans les Grands Lacs, ce qui entraîne de lourdes conséquences écologiques et économiques10 Une étude a estimé que les pertes économiques causées par les espèces non indigènes envahissantes dans les Grands Lacs s'élèvent jusqu'à 5,7 milliards de dollars par an11.

Tendances des espèces non indigènes dans les Grands Lacs

Nombre cumulatif d'espèces
Graphe : Nombre cumulatif d'espèces de plantes non indigènes envahissantes dans les Grands Lacs. Cliquez pour obtenir une description du graphique. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source : Great Lakes Aquatic Nonindigneous Species Information System (GLANSIS), 200912.

En 2008, des populations reproductrices de plus de 185 espèces aquatiques non indigènes ont été recensées dans les Grands Lacs. Parmi ces espèces, au moins 10 % sont considérées comme envahissantes12. Voici quelques exemples de répercussions :

  • l'introduction des moules zébrées et quaggas a fait disparaître la population de l'amphipode de fond, Diporeia, et 33 %des moules indigènes;
  • les populations de nombreux poissons lacustres ont diminué considérablement après l'introduction du gaspareau13.

La prévention de nouvelles introductions, notamment celle des carpes asiatiques provenant du bassin du Mississippi, constitue un enjeu crucial13.

Déclins des moules indigènes

Nombre d'espèces de moules d'eau douce avant et après l'invasion des moules zébrées
Carte et graphe : Déclins des moules indigènes dans Lac Érié et Lac Sainte- Clair. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Remarque : Aucune donnée avant l'invasion pour la rivière Niagara et l'est du lac Sainte-Claire.
Source : Données tirées de Metcalf-Smith et al., 200214.

Les moules d'eau douce indigènes sont importantes au plan écologique puisqu'elles sont des filtres biologiques naturels, qu'elles nourrissent des espèces aquatiques et qu'elles sont des indicateurs d'une eau de bonne qualité15. Près de 72 % des 300 espèces de moules d'eau douce en Amérique du Nord sont menacées d'extinction ou sont déjà disparues15. Les moules d'eau douce indigènes étaient presque disparues des eaux du large du secteur ouest du lac Érié entre 1989 et 199116 et du lac Sainte-Claire entre 1986 et 199417. Leur déclin a été attribué à un certain nombre de facteurs de stress associés aux humains comme la pollution, la surexploitation et la destruction de leur habitat par les barrages18, sans compter les niveaux d'eau à la baisse et la compétition menée par les espèces non indigènes telles que les moules zébrées et quaggas15. Les cours d'eau non aménagés peuvent constituer un refuge pour les espèces de moules indigènes en limitant la colonisation par les moules zébrées et quaggas. Par contre, les moules non indigènes peuvent tout de même s'établir dans les cours d'eau faisant l'objet d'une régularisation et dotés de réservoirs15. Dans un relevé effectué de 2004 à 2005, des moules zébrées ont été recensées dans tous les sites échantillonnés en aval du réservoir Fanshawe dans le cours inférieur de la rivière Thames, un système contenant l'une des communautés de moules d'eau douce les plus diversifiées au Canada19.