Espèces non indigènes envahissantes

Photo : La salicaire commune © Steve Dewey, bugwood.org
La salicaire commune

Plantes terrestres

Les espèces végétales non indigènes envahissantes sont l'une des plus grandes menaces pour les terres cultivées, les parcours naturels et les aires naturelles du Canada. Elles portent atteinte à la productivité et à la biodiversité, elles sont responsables de lourdes pertes économiques et elles nuisent au commerce avec d'autres pays. Environ 1229 (24 %) des 5087 espèces végétales connues au Canada ne sont pas indigènes. De ce nombre, 486 sont considérées comme étant des mauvaises herbes ou des espèces envahissantes36.

Plantes non indigènes envahissantes

Nombre cumulatif d'espèces, de 1600 à 2005
Graphe : Nombre cumulatif d'espèces de plantes non indigènes envahissantes au Canada. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Remarque : Ce graphique représente une estimation des tendances temporelles des 245 espèces de plantes envahissantes pour lesquelles il est possible de calculer la date d'introduction.
Source : Agence canadienne d'inspection des aliments, 201036.

La hausse la plus rapide d'espèces végétales non indigènes s'est produite entre 1800 et 1900, une période où le commerce, l'immigration et la colonisation s'étaient intensifiés. Au cours de cette période, de nombreuses espèces végétales envahissantes ont été introduites au Canada de manière intentionnelle. Le rythme d'introduction de nouvelles espèces végétales envahissantes a ralenti depuis le début des années 1900, quoique l'agrandissement des aires de répartition des espèces établies continue de poser problème. La plupart des espèces végétales non indigènes du Canada sont originaires de l'Europe occidentale, ce qui reflète les caractéristiques dominantes du commerce du passé. Les caractéristiques actuelles du commerce laissent croire que de nouveaux risques pourraient provenir des États-Unis et de l'Asie36.

Les espèces végétales non indigènes envahissantes peuvent causer des dommages écologiques sur une vaste superfie, et des pertes économiques dans de multiples secteurs. Parmi les espèces végétales non indigènes les plus dommageables, on compte le chardon des champs, l'euphorbe ésule et la centaurée37. Les espèces végétales des milieux humides sont parmi les envahisseurs les plus agressifs, puisqu'elles modifient la structure des végétaux, réduisent la diversité des plantes indigènes et des espèces sauvages qui y sont associées, et nuisent au fonctionnement élémentaire des milieux humides. La salicaire commune et le phragmite commun d'Europe figurent parmi les envahisseurs les plus agressifs des milieux humides38.

Expansion du phragmite commun

Fleuve Saint-Laurent, Québec, de 1980 à 2002
Trois cartes : Expansion du phragmite commun. Cliquez pour obtenir une description du graphique.  Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source: adapted from Hudon et al., 200539.

Carte montrant la situation géographique du fleuve Saint-Laurent, Québec. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).

Le phragmite commun d'Europe est une sousespèce du phragmite commun indigène, et il est l'un des envahisseurs non indigènes les plus dangereux pour les habitats naturels au Canada40, 41. Présentement, il est la source d'un problème majeur dans l'Est, où il forme des peuplements denses qui supplantent la plupart des espèces indigènes40. Il s'est implanté pour la première fois en Nouvelle-Écosse en 191040, mais il s'est propagé de façon plus marquée entre 1980 et 200239. Les milieux humides linéaires aménagés par les humains, tels que les fossés, peuvent constituer des corridors de dispersion puisqu'ils sont riches en nutriants et largement interreliés, et que le sel qui s'y accumule avantage le phragmite commun d'Europe, qui tolère bien le sel42. L'expansion du phragmite commun d'Europe compromet le fonctionnement des écosystèmes, puisqu'il appauvrit la biodiversité et qu'il procure une valeur plus faible sur le plan de la nutrition43 et de l'habitatPhoto : Le phragmite commun d’Europe © Paul Catling44 que les espèces indigènes qu'il remplace. Selon les prévisions, le phragmite commun d'Europe devrait étendre son aire de répartition aux provinces des Prairies d'ici dix ou vingt ans, où il pourrait avoir une incidence sur le débit de l'eau dans les canaux d'irrigation40. Le fait de connaître la situation permet de prévoir du temps pour mener les recherches nécessaires afin de prévenir sa propagation40.