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Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ maritime de l’Atlantique

Thème : Biomes

Constatation clé 1
Forêts

Thème Biomes

Constatation clé à l’échelle nationale
Sur le plan national, la superficie que couvrent les forêts a peu changé depuis 1990; sur le plan régional, la réduction de l’aire des forêts est considérable à certains endroits. La structure de certaines forêts du Canada, y compris la composition en espèces, les classes d’âge et la taille des étendues forestières intactes, a subi des changements sur des périodes de référence plus longues.

La forêt représente la couverture terrestre prédominante dans l’EMA, même si les estimations totales varient selon la méthode utilisée. À l’aide de prélèvements d’échantillons sur place et à distance, l’Inventaire national des forêts du Canada a conclu que les forêts (conifériennes : 44 %, mixtes : 33 %, feuillues : 21 %) représentaient environ 77 % de l’EMA en 200110. Se fondant sur les données de télédétection de 2005, Ahern et al.7 ont estimé que la forêt représentait plus de 85 % de l’EMA. L’écart entre les deux estimations est dû à différentes méthodes et définitions de la forêt plutôt qu’à un changement dans la superficie de la forêt au sein de l’EMANote de bas de pageiii.

Le déboisement des terres pour l’agriculture et l’urbanisation a réduit l’étendue des forêts d’avant la colonisation dans certaines zones, mais l’EMA reste généralement bien pourvue en forêts. Au début du 20e siècle, 70 % de la forêt avait été éliminée pour l’agriculture dans l’έP.­ÉNote de bas de page14. Les terres agricoles ont aussi remplacé la forêt dans une grande partie des vallées des rivières Annapolis (Nouvelle-Écosse) et Saint-Jean (Nouveau-Brunswick). Ahern et al.7 n’ont cependant trouvé aucun changement important dans l’étendue de la forêt entre 1985 et 2005 en examinant les données de télédétection. Une analyse de la densité de la forêt a permis de conclure que, sauf dans la vallée de la rivière Annapolis, la vallée de la rivière Saint-Jean et presque toute l’Île-du-Prince-Édouard, la densité de forêt était élevée dans la plus grande partie de l’EMA. Plus de 30 % des mailles de 1 km2 de l’EMA étaient boisées à plus 90 % tandis qu’un autre 20 % des mailles étaient boisées à plus de 80 %7.

La répartition des classes d’âge et la composition des forêts ont changé avec le temps, mais il a été difficile de tirer des conclusions générales pour l’EMA dans son ensemble, parce qu’on ne dispose pas d’ensembles de données à long terme pour l’écozone+ entière. En général, en ce qui concerne les stades de succession et la répartition des âges, les forêts sont passées du stade de vieille forêt au stade de forêt d’arbres jeunesNote de bas de page15. Au cours des dernières décennies, la diversité d’espèces et d’écosystèmes forestiers a également diminué par suite du déboisement, de la régénération et des perturbations naturellesNote de bas de page16.

Pendant plus de 300 ans, l’économie de la région était dépendante des forêts, qui permettaient d’offrir une diversité de produits et servicesNote de bas de page17.

L’EMA comporte les trois régions forestières suivantes (figure 4)Note de bas de page18 :

  • La région forestière acadienne, qui s’étend jusqu’au nord-est des États-Unis, inclut toute la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard, et tout le Nouveau-Brunswick, sauf l’extrémité nord-ouest. Elle occupe une superficie de 122 000 km2, se trouve entièrement dans l’EMA au Canada, et représente 44 % de la superficie de l’EMANote de bas de page19, Note de bas de page20. Cette région est une zone de transition entre les forêts principalement feuillues du sud et de l’ouest, et les forêts de conifères boréales du nord, et elle inclut des éléments des deux16.
  • La région forestière des Grands Lacs et du Saint-Laurent est principalement une forêt mixte fermée de conifères et de feuillus. Elle est fortement influencée par les étés chauds du climat maritime, qui permet aux feuillus de prospérer. Elle s’étend dans les terres depuis les Grands Lacs et le fleuve Saint-Laurent jusqu’au sud-est du Manitoba, à l’exclusion de la zone au nord du lac Supérieur. Dans l’EMA, cette région occupe l’extrémité nord-est du Nouveau-Brunswick, une partie de la Gaspésie et la rive sud du fleuve Saint-Laurent.
  • La région de la forêt boréale s’étend en une bande continue depuis Terre-Neuve-et-Labrador jusque dans les montagnes Rocheuses et l’Alaska. Dans l’EMA, elle va de la pointe nord-ouest du Nouveau-Brunswick jusqu’en Gaspésie. Cette région forestière est surtout coniférienne, l’épinette noire (Picea mariana) et le sapin baumier (Abies balsamea) étant les principales espèces qu’on y trouve, mais elle inclut aussi des arbres feuillus comme le bouleau blanc (ou bouleau à papier) (Betula papyrifera) et le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides).

Le Québec utilise les principaux domaines et sous-domaines bioclimatiques pour classifier ses forêts, et quatre de ces derniers (érablière à tilleul de l’est, érablière à bouleau jaune de l’est, sapinière à bouleau jaune de l’est, et sapinière à bouleau blanc de l’est) incluent des parties de l’EMA (figure 5). Ces sous-domaines incluent également des parties des écozones+ du Bouclier boréal et des plaines à forêts mixtes. Parce que le sous-domaine érable à sucre – tilleul d’Amérique (est) inclut surtout des terres à l’extérieur de l’EMA, il n’est pas inclus ici. Les sous-domaines forestiers du Québec dans l’EMA chevauchent la région forestière des Grands Lacs et du Saint-Laurent ainsi que la région forestière boréale, définies plus haut.

Figure 4. Régions forestières et principales espèces d’arbres dans chaque région.

carte

Description longue pour la figure 4

Cette carte décrit les emplacements et les limites des trois régions forestières de l’écozone+ maritime de l’Atlantique et énumère les principales espèces d’arbres dans chaque région. La région de la forêt acadienne englobe la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et la plus grande partie du Nouveau-Brunswick (à l’exception d’une zone près de la frontière entre le Québec et le Nouveau-Brunswick). Les principales espèces d’arbres dans la région de la forêt acadienne sont l’épinette rouge, le sapin baumier, l’érable et le bouleau jaune. La région de la forêt des Grands Lacs et du Saint-Laurent englobe la côte est de la péninsule gaspésienne et la plus grande partie de la côte est du fleuve Saint-Laurent, et s’étend le long de la frontière entre le Canada et les États-Unis. Les principales espèces d’arbres dans la région de la forêt des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent sont le pin rouge, le pin blanc, la pruche du Canada, le bouleau jaune, l’érable et le chêne. Dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, la région de la forêt boréale englobe le nord de la péninsule gaspésienne, à l’exception d’une bande le long de la baie des Chaleurs et d’une grande étendue dans la zone intérieure du Saint-Laurent, comprenant la ville d’Edmundston, au Nouveau-Brunswick. De grandes zones de cette région forestière se trouvent à l’ouest du fleuve Saint-Laurent, à l’extérieur de l’écozone+. Les principales espèces d’arbres de la région de la forêt boréale sont l’épinette blanche, l’épinette noire, le sapin baumier, le pin gris, le bouleau blanc et le peuplier faux-tremble.

Source : Ressources naturelles Canada, 200721

Figure 5. Domaines forestiers du Québec.

carte

Description longue pour la figure 5

Cette carte présente la répartition des principaux domaines et sous-domaines bioclimatiques utilisés par la province de Québec pour classer ses forêts. L’écozone+ maritime de l’Atlantique comporte quatre domaines : érablière à tilleul de l’est, érablière à bouleau jaune de l’est, sapinière à bouleau jaune de l’est et sapinière à bouleau blanc de l’est. Le domaine de la sapinière à bouleau blanc de l’est englobe la zone intérieure de la péninsule gaspésienne, et la sapinière à bouleau jaune de l’est longe toute la côte de la Gaspésie pour se prolonger sur les côtes du fleuve Saint-Laurent, jusqu’au nord de Québec. Le domaine de l’érablière à bouleau jaune de l’est, au sud de la sapinière à bouleau jaune de l’est, englobe la zone restante du sud du Québec dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, à l’exception d’une parcelle d’érablière à tilleul de l’est dans l’extrémité sud-ouest de l’écozone+.

Source : ministère des Ressources naturelles et de la Faune, 2005Note de bas de page22

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Structure par âge de la forêt

On a estimé qu’une aussi grande partie que 50 % de la forêt dans l’EMA pourrait avoir été dominée par des types de vieille forêt de fin de succession avant l’établissement des Européens15. En 2003, on estime que seulement 1 à 5 % environ des forêts avait plus de 100 ans, et des inventaires au sol indiquent qu’encore beaucoup moins présentaient de véritables caractéristiques de vieille forêt15. Une grande proportion des forêts se trouvait dans les jeunes classes d’âge en 1999 (figure 6), ce qui reflète une régénération après récolte10.

Figure 6. Distribution des classes d’âge par type de forêt dans les terres forestières boisées en pourcentage de la superficie totale de terres forestières boisées dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1999.

carte

Description longue pour la figure 6

Cette figure est un graphique à barres indiquant la distribution des classes d’âge par type de forêt (conifères, mixte et feuillus) dans les terres forestières boisées en pourcentage de la superficie totale de forêt boisée dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique en 1999. Le graphique montre que la distribution de la forêt est asymétrique en faveur des classes plus jeunes en 1999 (<81 années). Pour les trois types de forêt, plus de 40 % de la forêt se trouve dans la classe d’âge de 41 à 80. Vient ensuite la classe d’âge le plus jeune (0 à 40 ans), qui représente plus de 20 % de la superficie totale des terres forestières boisées. Les terres forestières composées d’arbres d’âges multiples et celles composées d’arbres de 81 à 120 ans ne représentent chacune qu’un peu plus de 10 % des terres forestières boisées, tandis que la classe d’âge de 121 à 160 ans n’en représente que moins de 2,5 %. La classe d’âge la plus vieille, soit celle des 161 ans et plus, représente moins de 1 % des terres forestières boisées.

Source : d’après le Conseil canadien des ministres des forêts, 200510

Forêt acadienne

Les jeunes forêts ont connu une croissance et les vieilles forêts une décroissance entre 1958 et 2003 en Nouvelle-Écosse (figure 7)Note de bas de page23. La classe d’âge la plus jeune (moins de 20 ans) a vu sa proportion du couvert forestier total augmenter, passant de 3,8 % au début des années 1970 à 23,9 % lors de l’inventaire de 1997-2003. Les forêts dont l’âge dépasse 101 ans ont vu leur proportion diminuer de 8,7 % en 1958 à 0,3 % lors de l’inventaire de 1997-2003, tandis que les forêts de 81 à 100 ans ont vu leur proportion passer de 16,4 à 1,2 % durant cette même période.

Figure 7. Pourcentage de la superficie totale des forêts pour chaque classe d’âge en Nouvelle-Écosse, 1958–2003.

carte

Description longue pour la figure 7

Cette figure est un graphique à barres présentant les informations suivantes :

Données de la figure 7.
Années1958
(%)
1965-71
(%)
1970-78
(%)
1975-82
(%)
1976-85
(%)
1979-89
(%)
1999
(%)
1997-2003
(%)
<20 ans 5.63.86.210.61216.323.9
21-40 ans6.312.711.913162015.312.8
41-60 ans34.540.135.134.936.440.336.332.3
61-80 ans34.332.632.728.225.122.111.511.9
81-100 ans16.477.58.353.411.2
>101 ans8.70.91.11.90.70.60.20.3

Les fourchettes de temps sont diverses pour ces données provenant de plusieurs sources compilées par Pannozza et Coleman (2008) : Forest Resources of Nova Scotia (1958); sommaire provincial du Nova Scotia Forest Inventory (1965-1971, 1970-1978, 1975-1982, 1976-1985, 1979-1989); données de l’inventaire SIG de 1995 du Department of Natural Resources (1999); données inédites de l’inventaire SIG du Department of Natural Resources (1997-2003).
Source : d’après Pannozza et Coleman, 200823

Sous-domaines forestiers dans la portion québécoise de l’EMA

Les tendances des années 1970 aux années 1990 montrent un accroissement des sapinières matures (figure 8). Au cours de cette période de 30 ans, 19 % du sous-domaine forestier de la sapinière à bouleau jaune est devenu mature, tandis que la jeune classe a perdu 23 %Note de bas de page24. Dans le sous-domaine de la sapinière à bouleau blanc, les peuplements forestiers matures et régénérés sont restés stables (augmentation de 2 % et diminution de 1 %, respectivement) au cours de la même période, tandis que les jeunes peuplements forestiers ont connu une baisse de 5 %, et les peuplements forestiers en régénération, une augmentation de 3 %. Pour le sous-domaine de l’érablière à bouleau jaune, les jeunes peuplements forestiers ont connu une baisse de 3 % et les peuplements régénérés, une hausse de 6 %24. Au cours de la période de 30 ans, la proportion de peuplements matures n’a pas changé. Ces données incluent des zones se trouvant à l’extérieur de l’EMA.

Figure 8. Proportion de forêt à chaque grand stade de succession dans les sous-domaines du Québec se trouvant dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, années 1970, 1980 et 1990.

carte

Description longue pour la figure 8

Cette figure comporte trois graphiques à barres qui montrent les informations suivantes :

Données de la figure 8.

Sapinière à bouleau jaune de l’est
TypePourcentage de la
forêt totale - 1970-79
Pourcentage de la
forêt totale - 1980-89
Pourcentage de la
forêt totale - 1991-99
Matures29.0142.2748.30
Jeunes50.1634.0627.29
Régénérés13.1614.3019.33
En régénération7.679.375.07

 

Sapinière à bouleau blanc de l’est
TypePourcentage de la
forêt totale - 1970-79
Pourcentage de la
forêt totale - 1980-89
Pourcentage de la
forêt totale - 1991-99
Matures49.3255.2651.55
Jeunes22.0918.9021.55
Régénérés21.4714.5616.54
En régénération7.1211.2810.37

 

Érablière à bouleau jaune de l’est
TypePourcentage de la
forêt totale - 1970-79
Pourcentage de la
forêt totale - 1980-89
Pourcentage de la
forêt totale - 1991-99
Matures42.1937.8442.61
Jeunes38.9641.9735.75
Régénérés10.7310.3416.77
En régénération8.129.864.87

Les stades de succession sont fondés sur la hauteur des peuplements et leur croissance en volume : en régénération = peuplements perturbés < 2 m de haut; régénérés = peuplements perturbés de 2 à 7 m de haut; jeunes = peuplements  >  7 m de haut avec croissance annuelle moyenne(en volume) en hausse; matures = peuplements  >  7 m de haut avec croissance annuelle moyenne (en volume) en baisse.
Les données incluent certaines zones se trouvant à l’extérieur de l’EMA.
Source : ministère des Ressources naturelles et de la Faune, 2009, Statistiques forestières, données inédites; mise à jour des données du ministère des Ressources naturelles, 2002Note de bas de page25

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Composition de la forêt

Dans de nombreuses parties de l’EMA, au cours des dernières décennies, la composition de la forêt s’est simplifiée, tant du point de vue des espèces que de celui de la diversité écosystémique. Cette situation résulte principalement du déboisement agricole et de l’abandon subséquent, de l’abattage d’espèces sélectionnées et des coupes à blanc, ainsi que des perturbations naturelles16.

Forêt acadienne

Au fur et à mesure que les forêts plus vieilles ont été remplacées par des types de forêts de début de succession relativement jeunes, souvent équiennes, l’abondance et l’âge des espèces de fin de succession comme l’érable à sucre (Acer saccharum), l’épinette rouge (Picea rubens), la pruche du Canada (Tsuga canadensis), le chêne rouge (Quercus rubra), le bouleau jaune (Betula alleghaniensis), le hêtre à grandes feuilles (Fagus grandifolia) et le thuya occidental (Thuja occidentalis) ont diminué16, Note de bas de page26. Dans les forêts plus jeunes, le sapin baumier, l’érable rouge (Acer rubrum), l’épinette blanche (Picea glauca), le bouleau blanc et le peuplier faux-tremble sont plus fréquents16, Note de bas de page27. Des changements semblables se produisent dans d’autres forêts de l’est, dans lesquelles la composition en espèces a été modifiée par l’exploitation forestière et le déboisement durant tout le 20e siècleNote de bas de page28.

Dans une étude de cas du comté de Kings (N.-B.), on a comparé la composition en espèces de la forêt de 1800 à celle de 1993. On a conclu que la répartition des espèces était plus uniforme en 1800 qu’en 1993 (figure 9)16. L’étude a montré que le thuya était probablement aussi courant que le sapin baumier au début des années 1800, mais que dans les années 1990, le sapin baumier était quatre fois plus commun que le thuya. Les épinettes ont vu leur fréquence augmenter, comme le peuplier, et le pin blanc est resté stable, mais les arbres des autres genres étaient plus communs il y a 200 ans qu’aujourd’hui. Le thuya, la pruche, le frêne, le hêtre et le mélèze ont connu une décroissance au cours de cette période. Le sapin baumier et les épinettes représentaient environ 50 % de la forêt en 1993, tandis qu’il y a 200 ans, ils n’en représentaient que 25 %16.

Figure 9. Fréquence estimée des arbres des principaux genres dans la forêt du comté de Kings (N.-B.) en 1800 et en 1993.

carte

Description longue pour la figure 9

Ce graphique montre la fréquence estimée des principaux genres dans la forêt du compté de Kings, au Nouveau-Brunswick, en 1800 et en 1993. En général, la répartition des espèces était plus uniforme en 1800 qu’en 1993. On peut voir que, en 1800, l’épinette, l’érable et le bouleau représentent plus de 50%, tandis que le reste est relativement uniforme. En 1993, le montant de l'épinette, le sapin et le peuplier a considérablement augmenté .  Le thuya était probablement aussi commun que le sapin baumier en 1800, mais qu’en 1993, le sapin baumier était devenu quatre fois plus commun que le thuya. La fréquence de l’épinette a augmenté, tout comme celle du peuplier, et celle du pin blanc est restée stable, mais le reste des trois autres genres était plus commun il y a 200 ans qu’aujourd’hui. Le thuya, la pruche, le frêne, le hêtre et le mélèze ont connu une baisse au cours de la période. Le sapin baumier et les épinettes formaient environ 50 % de la forêt en 1993, tandis qu’en 1800, ils n’en formaient que 25 %.

Source : Loo et Ives, 200316

Sous-domaines forestiers dans la portion québécoise de l’EMA

Des années 1970 aux années 1990, les conifères, en particulier le sapin baumier, ont connu une baisse dans les sapinières25, alors que les peuplements mixtes connaissaient une hausse. Dans les sous-domaines de la sapinière à bouleau jaune et de la sapinière à bouleau blanc, la proportion de conifères a baissé de 8 % et 16 %, respectivement. Les conifères dans le sous-domaine de l’érablière à bouleau jaune ont connu une baisse, tandis que les peuplements mixtes accusaient une hausse (figure 10). Ces données couvrent les forêts publiques et privées, et la superficie entière des sous-domaines, dont certaines zones se trouvant à l’extérieur de l’EMA.

Figure 10. Proportion de la superficie totale couverte par différents types de couverts forestiers dans les sous-domaines du Québec présents dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, années 1970, 1980 et 1990.

carte

Description longue pour la figure 10

Cette figure comporte trois graphiques à barres qui montrent les informations suivantes :

Données de la figure 10.

Sapinière à bouleau jaune de l’est
TypePourcentage de la
forêt totale - 1970-79
Pourcentage de la
forêt totale - 1980-89
Pourcentage de la
forêt totale - 1991-99
Conifériens34.6525.7126.96
Mixtes37.7039.3143.63
Décidus19.9825.6124.33
En régénération7.679.375.07

 

Sapinière à bouleau blanc de l’est
TypePourcentage de la
forêt totale - 1970-79
Pourcentage de la
forêt totale - 1980-89
Pourcentage de la
forêt totale - 1991-99
Conifériens70.6158.3454.62
Mixtes16.2620.0927.68
Décidus6.0110.287.33
En régénération7.1211.2810.37

 

Érablière à bouleau jaune de l’est
TypePourcentage de la
forêt totale - 1970-79
Pourcentage de la
forêt totale - 1980-89
Pourcentage de la
forêt totale - 1991-99
Conifériens19.6218.1917.20
Mixtes37.2738.3643.68
Décidus34.9933.5934.25
En régénération8.129.864.87

Les types de couverts forestiers sont fondés sur la hauteur et la composition des peuplements; en régénération : < 2 m de haut ;décidus : >  75 % de feuillus; mixtes : 25 à 75 % de feuillus; conifériens :  >  75 % de conifères. Les données incluent certaines zones se trouvant à l’extérieur de l’EMA.
Source : ministère des Ressources naturelles et Faune, 2009, Statistiques forestières, données inédites; mise à jour des données du ministère des Ressources naturelles, 200225

On a aussi mesuré les différences de types de couverture terrestre entre 1993 et 2001 pour l’écorégion des Appalaches, qui chevauche certaines parties de la zone mentionnée ci-dessus. Jobin et al.Note de bas de page29 ont signalé que l’abondance de forêts mixtes a connu une baisse de plus de 12 %, alors que les peuplements de conifères ont connu une hausse de 7 % durant la même période (figure 11).

Figure 11. Changements des types de forêt dans l’écorégion des Appalaches dans le sud du Québec entre 1993 et 2001.

carte

Description longue pour la figure 11

Cette figure comporte un graphique à barres décrivant les informations suivantes :

Données de la figure 11.
TypePourcentage de la
forêt - 1993
Pourcentage de la
forêt - 2001
Décidus32.1732.64
Mixtes44.1028.07
Conifériens16.7325.85
En régénération4.1512.79
Récolte/brûlage2.850.65

Source : Jobin et al., 200729

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Fragmentation

La fragmentation réduit la connectivité de l’habitat et augmente la densité de lisières et l’isolement des parcelles d’habitat restantes. Par rapport à des écozones+ moins densément peuplées et plus éloignées, les écosystèmes naturels restants de l’EMA sont très fragmentés. Seulement 5 % de l’EMA est constituée de fragments intacts d’écosystèmes naturels (principalement des forêts) de plus de 50 km2 (figure 12)19.

Figure 12. Fragments de paysage intacts d’une superficie supérieure à 50 km2 dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 2003.

carte

Description longue pour la figure 12

Cette carte présente les fragments de paysage intacts restants dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique d’une superficie supérieure à 50 km2 en 2003. En 2003, la paysage était très fragmenté et seulement 5 % de celui-ci était couvert de fragments intacts d’écosystèmes naturels (principalement des forêts) d’une superficie supérieure à 50 km2. Les plus grandes surfaces de forêt intacte se trouvaient dans l’extrémité nord du Cap-Breton, et dans les zones intérieures de l’extrémité est de la Nouvelle-Écosse et de la péninsule gaspésienne.

Un fragment de paysage est une mosaïque continue de divers écosystèmes, présents naturellement et essentiellement exempts de perturbations anthropiques importantes.
Source : d’après Lees et al. (2006)19

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Oiseaux forestiers

Les changements dans la structure par âge de la forêt, avec l’augmentation des peuplements de début de succession et la diminution des peuplements matures continus, ainsi que le remplacement de certains peuplements de feuillus par des plantations de conifères et des terres agricoles ont occasionné des changements dans la communauté d’oiseauxNote de bas de page30, Note de bas de page31. Dans l’ensemble, les populations d’oiseaux forestiers ont été généralement stables, mais avec une tendance à la baisse, surtout depuis 2000 (figure 13). Plusieurs espèces ont connu des baisses importantes, tandis que d’autres sont restées stables ou ont vu leurs populations croître. Par exemple, la paruline du Canada (Cardellina canadensis), espèce récemment désignée « menacée » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), a diminué de 80 % dans l’EMA depuis les années 1970. Quoique la cause primaire de ce déclin soit inconnue, la recherche démontre que cette espèce est sensible à la fragmentation forêt et à la perturbation anthropique. Une perte et une dégradation de l’habitat peuvent avoir touché les populations dans les lieux de reproduction et d’hivernage. La baisse d’abondance de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana) peut aussi avoir réduit une importante source de nourriture pour la paruline du CanadaNote de bas de page32, Note de bas de page33. La mésange à tête brune (Poecile hudsonicus) a aussi connu une baisse marquée dans cette région et dans toute son aire de répartitionNote de bas de page34, Note de bas de page35.

La région de l’EMA, au Canada, et les régions avoisinantes similaires, aux États-Unis, abritent plus de 90 % de la population reproductrice mondiale de grives de Bicknell (Catharus bicknelli), un des oiseaux chanteurs les plus rares en Amérique du Nord, qui est désigné « menacé » au CanadaNote de bas de page36. Cet oiseau vit dans les forêts conifériennes de haute altitude et est particulièrement vulnérable aux changements climatiques, qui peuvent entraîner un déplacement des zones de végétation en haute montagne. Au nombre d’autres menaces, notons entre autres la perte et la dégradation de ses aires de nidifications et d’hivernage, la prédation dans les nids par les écureuils ainsi que les contaminants environnementauxNote de bas de page37 Note de bas de page38 Note de bas de page39. Les relevés effectués au cours des dernières années indiquent que cette espèce a connu un déclin annuel considérable35, Note de bas de page40, Note de bas de page41.

Figure 13. Changements annuels de l’indice d’abondance des oiseaux des milieux forestiers (à gauche) et des milieux arbustifs et de début de succession (à droite), 1968-2006.

carte

Description longue pour la figure 13

Cette figure comporte deux graphiques linéaires indiquant les informations suivantes :

Données de la figure 13.
Milieux forestiers -
Année
Milieux forestiers -
Indice d’abondance
Milieux arbustifs et début de succession -
Indice d’abondance
1968165.3144.2
1969211.1173.7
1970226.2164.9
1971242.9166.2
1972254.2172.6
1973226.1175.9
1974234.8175.2
1975211.0159.0
1976205.1157.3
1977202.5160.4
1978214.8145.7
1979198.1125.2
1980207.6143.1
1981225.5142.6
1982220.3138.1
1983240.9155.1
1984218.7149.0
1985222.2154.6
1986233.1146.1
1987196.7132.9
1988206.6125.1
1989211.5132.5
1990212.8130.7
1991204.6123.9
1992208.6143.4
1993209.4145.2
1994172.8120.8
1995233.1134.2
1996207.6140.3
1997206.8147.6
1998205.0140.3
1999220.9144.5
2000194.7129.4
2001198.8139.0
2002196.3137.7
2003187.2148.7
2004183.4130.1
2005171.3134.7
2006177.9124.9

L’assemblage des milieux arbustifs et de début de succession inclut les arbustaies, les champs laissés à l’abandon et les milieux de milieu de succession allant de la prairie à la forêt.
Source : Downes et al. (2011)Note de bas de page42 d’après les données du Relevé des oiseaux nicheursNote de bas de page43

Une grande portion des terres forestières de l’écozone+ est en début de succession. Les tendances générales légèrement à la baisse des indices d’abondance des oiseaux des milieux forestiers et des milieux arbustifs et de début de succession (figure 13) ont été influencées par les baisses prononcées d’espèces abondantes, comme le bruant à gorge blanche (Zonotrichia albicollis) et le bruant chanteur (Melospiza melodia). Cependant, les baisses accusées par ces espèces ont été en bonne partie compensées par des hausses chez plusieurs espèces généralistes, par exemple la paruline à joues grises (Oreothlypis ruficapilla), la paruline jaune (Setophaga petechia) et la paruline à flancs marron (Setophaga pensylvanica), qui utilisent les milieux arbustifs et de début de succession et ont profité de leur expansionNote de bas de page44.

Effets cumulatifs des activités humaines

L’organisation Deux pays, Une forêt a quantifié l’empreinte humaine sur les écosystèmes terrestres de l’écorégion des Appalaches nordiques et de l’Acadie (qui inclut l’EMA) en prenant en considération quatre catégories d’influence anthropique : peuplement, accès, utilisation des terres et infrastructure électrique (figure 14)Note de bas de page45. En 2008, les plus grands effets des activités humaines se sont produits surtout le long des côtes, dans les vallées et dans d’autres zones à faible altitude, ce qui correspond au régime historique de peuplement. Seulement 0,2 % de l’écorégion s’est vu attribuer une cote de zéro pour son empreinte humaine, c’est-à-dire que dans cette zone le paysage n’a subi aucune transformation à cause des activités humaines. Dans plus de 90 % de l’écorégion, l’empreinte humaine est faible (cote de moins de 50). De grandes superficies sont classées comme ayant subi peu d’effets; toutefois, elle tendent à être séparées par des zones où l’activité humaine est élevée, ce qui fragmente la région45. Seulement 5 % du paysage total est constitué de fragments naturels intacts de plus de 50 km2 19.

Figure 14. Empreinte humaine dans l’écorégion des Appalaches nordiques et de l’Acadie, 2008.

carte

Description longue pour la figure 14

Cette figure est une carte d’intensité indiquant l’impact des activités humaines dans l’écorégion des Appalaches nordiques et de l’Acadie (qui inclut l’écozone+ maritime de l’Atlantique). Les effets des activités humaines se sont principalement fait ressentir le long des côtes, dans les vallées et dans les autres zones basses, ce qui reflète le modèle historique d’établissement. Seulement 0,2 % de l’écorégion s’est vu attribuer une cote de zéro pour son empreinte humaine, c’est-à-dire que dans cette zone le paysage n’a subi aucune transformation à cause des activités humaines. Dans plus de 90 % de l’écorégion, l’empreinte humaine est faible (cote de moins de 50). De grandes superficies sont classées comme ayant subi peu d’effets; toutefois, elles tendent à être séparées par des zones où l’activité humaine est élevée, ce qui fragmente la région.

Source : Trombulak et al., 200845

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Constatation clé 3
Milieux humides

Thème Biomes

Constatation clé à l’échelle nationale
La perte de milieux humides a été importante dans le sud du Canada; la destruction et la dégradation continuent sous l’influence d’une gamme étendue de facteurs de stress. Certains milieux humides ont été restaurés ou sont en cours de restauration.

L’EMA a subi une perte très importante de milieux humides, en particulier dans les zones côtières, où les aménagements côtiers représentent une menace constante (voir la section « Milieux humides côtiers », à la page 32). Trois des quatre provinces de l’EMA ont procédé à des inventaires complets de leurs milieux humides depuis les années 1980, mais les méthodes de cartographie et d’évaluation des milieux humides ont changé, et cela rend difficile la détermination de l’ampleur du changement au fil du temps10, Note de bas de page46. D’après les données de l’Inventaire des forêts du Canada (IFCan)Note de bas de page13, en 2001, les milieux humides couvraient environ 3,5 % des terres de l’écozone+ et environ 35 % de leur superficie était boisée10. Bien que l’on ne dispose pas d’estimation des pertes de milieux humides d’eau douce pour l’ensemble de l’EMA, on peut tout de même estimer qu’environ 16 à 18 % des milieux humides d’eau douce en Nouvelle-Écosse ont été aménagés ou convertis en d’autres types d’écosystèmes entre l’établissement des Européens et 1998Note de bas de page47. La perte de milieux humides côtiers en Nouvelle-Écosse a été estimée à 65 %Note de bas de page48.

De nombreux milieux humides dans l’EMA demeurent menacés de disparition ou dégradation à cause du développement industriel et urbain, de l’agrandissement des ports, de la création de lotissements pour chalets et de l’agriculture. Par contre, chacune des quatre provinces a des plans de conservations de milieux humides (ou des politiques semblables) qui ont mitigé, jusqu’à un certain degré, les impacts de développement de projets et les décisions de l’utilisation des terresNote de bas de page49. Les tourbières sont touchées par l’extraction commerciale de mousse de tourbe et la production de canneberges.

Sauvagine

Les tendances d’espèces choisies de sauvagine nichant dans l’EMA montrent des populations stables ou en croissance depuis 1993 (tableau 3)Note de bas de page50. Le canard noir (Anas rubripes), canard le plus abondant dans l’EMA, a fait l’objet d’efforts de conservation particuliers parce que la population hiverante des États-Unis a diminué de presque 50 % entre 1955 et 1985Note de bas de page51 Note de bas de page52. Dans l’EMA, de 1993 à 2006, les populations de canards noirs étaient stables (tableau 3)50. L’exploitation forestière, le développement hydroélectrique, la construction de lignes de transmission, l’agriculture, l’urbanisation et le développement industriel menacent les milieux de reproduction et de repos51. De plus, il est probable que l’espèce soit entrée en compétition avec une population croissante de canards colverts (Anas platyrhynchos) pour son habitatNote de bas de page53. Certains indices montrent que la quantité et la qualité de l’habitat pourraient toutefois ne pas être limitatives53, et les hausses et la stabilisation récentes de la population de canards noirs pourraient être attribuables aux restrictions plus sévères concernant la chasse au Canada et aux États-Unis52. Les canards noirs sont intimement relié aux canards colverts et les deux espèces se croisent régulièrement, ce qui peux représenter une inquiétude additionnelle vis-à-vis la conservation de ces espècesNote de bas de page54 Note de bas de page55 Note de bas de page56.

Tableau 3. Tendances des effectifs d‘espèces choisies de sauvagine nichant dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, des années 1990 aux années 2000.Tableau - note1
EspèceMilieu de reproductionTendance
(%/an)
PAnnées 1990
(en milliers)
Années 2000
(en milliers)
Changement (%)
Canard colvert
(Anas platyrhynchos)
Sol30,1*2,34,698,1
Canard noir
(Anas rubripes)
Sol2,2 57,763,710,5
Sarcelle d’hiver
(Anas crecca)
Sol5,9n8,411,738
Fuligule à collier
(Aythya collaris)
Sur l’eau6,5*21,232,352,2
Bernache du Canada
(Branta canadensis)
Sol22,5*1,13,6244,3

Tableau 3 - Notes

Note 1

Dans ce tableau : P est la signification statistique : * indique que P < 0,05, n indique que 0,05 < P < 0,1, et il n’y a aucune valeur lorsque la tendance n’est pas significative.
Pour obtenir une description de la façon dont ces espèces ont été choisies et de la méthode de traitement des données, voir Fast et al., 2011.

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Constatation clé 4
Lacs et cours d’eau

Thème Biomes

Constatation clé à l’échelle nationale
Au cours des 40 dernières années, parmi les changements influant sur la biodiversité qui ont été observés dans les lacs et les cours d’eau du Canada, on compte des changements saisonniers des débits, des augmentations de la température des cours d’eau et des lacs, la baisse des niveaux d’eau et la perte et la fragmentation d’habitats.

Des 1 792 lacs des provinces atlantiques, 98 % ont une superficie inférieure à 99 km2  Note de bas de page57. Le plus grand lac de l’EMA est le lac Grand (N.-B.). La rivière Saint-Jean constitue le plus grand réseau fluvial de l’EMANote de bas de page58. Sept rivières et réseaux fluviaux de cette écozone+ figurent parmi les rivières du patrimoine canadien : les rivières Saint-Jean, Sainte-Croix, et Haute-Restigouche au Nouveau-Brunswick; Shelburne et le réseau fluvial Margaree-Lac Ainslie en Nouvelle-Écosse; ainsi que la rivière Hillsborough et le réseau des trois rivières (Cardigan, Brudenell et Montague/Valleyfield) sur l’Île-du-Prince-Édouard58, Note de bas de page59. Le ruissèlement augmente de façon importante d’ouest en est, variant de 60 cm annuellement dans l’ouest de l’EMA à 200 cm le long de la côte atlantique58 Note de bas de page60 Note de bas de page61.

Les lacs et les rivières de l’EMA hébergent diverses communautés aquatiques, entre autres des espèces en péril comme le saumon atlantique (Salmo salar), le bar rayé (Morone saxatilis), le corégone atlantique (Coregonus huntsmani), l'anguille d'Amérique (Anguilla rostrata), la tortue des bois (Glyptemys insculpta), la tortue mouchetée (ou la tortue de Blanding) (Emydoidea blandingii), l'alasmidonte naine (Alasmidonta heterodon), la lampisle jaune (Lampsilis cariosa), le gomphe ventru (Gomphus ventricosus), la cincidèle des galets (Cicindela marginipennis), et plusieurs plantes des plaines côtières.

Débit des rivières naturelles

On a procédé à deux analyses du débit dans des rivières avec régulation du débit et effets en amont minimes au cours des 40 dernières années dans le cadre du RETE. Cannon et al.Note de bas de page62 ont examiné les tendances saisonnières du débit à travers le Canada au cours de deux périodes, la période 1961-1982 et la période 1983-2003. Pour faciliter l’analyse des tendances à l’échelle du pays, on a divisé les sites étudiés en six groupes dans lesquels les régimes de débit intra-saisonniers étaient similaires (groupes hydrologiques). Dans les différents sites de l’EMA, les changements de débit entre la période 1961-1982 et la période 1983-2003 incluaient une arrivée plus hâtive des crues printanières et une diminution des débits estivaux (période de débit estival : août à octobre)62. Monk et BairdNote de bas de page63 ont constaté que de 1970 à 2005, les débits minimums et maximums ont diminué dans une grande proportion de sites, et que le débit minimal annuel sur une journée était observé plus tard dans l’année. Bien que la vitesse d’augmentation du débit ait connu une baisse importante à 32 % des sites et que la vitesse de diminution du débit ait augmenté à 29 % des sites, on n’a pu dégager aucune tendance générale en ce qui concerne la variabilité du ruissellement annuel63. La figure 15 présente le nombre et la direction des tendances significatives pour les variables de débit de 34 différentes stations analysées par Monk et Baird63, et la figure 16 montre les résultats de l’analyse de Cannon et al.62 concernant les tendances saisonnières à des sites représentatifs.

Figure 15. Sommaire du nombre total de sites présentant des tendances à la hausse et à la baisse pour diverses variables de débit dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1970-2005.

carte

Description longue pour la figure 15

Cette figure est un graphique à barres indiquant le nombre et la direction des tendances significatives des variables de débit pour 34 stations de jaugeage hydrométriques dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique. Le graphique montre qu’à la fois les débits maximums et, dans une moindre mesure, les débits minimums ont diminué dans une grande proportion de sites entre 1970 et 2005. La vitesse d’augmentation du débit a connu une baisse importante dans 32 % des sites, et la vitesse de diminution du débit a augmenté dans 29 % des sites. Le graphique témoigne d’un degré élevé de variabilité des débits, mais on n’a pu dégager aucune tendance générale en ce qui concerne la variabilité du ruissellement annuel.

D’après 34 stations de jaugeage. Seuls les sites associés à des tendances significatives (p < 0,1) sont représentés.
Source : Monk et Baird, 201163

Figure 16. Changements de débit entre les périodes 1961-1982 et 1983-2003 pour des sites représentatifs de chaque groupe hydrologique dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique.

a) Emplacement des sites
carte

b) Groupe 4a : rivière Kennebecasis
carte

c) Groupe 4d : rivière St. Mary’s
carte

d) Groupe 3a : rivière Saint-Jean
carte

e) Groupe 6a : rivière Miramichi Nord-Ouest
carte

Description longue pour la figure 16

Cette figure comprend une petite carte indiquant l’emplacement des sites de surveillance et quatre graphiques linéaires décrivant les changements annuels de débit pour des sites représentatifs de chaque groupe hydrologique au cours de deux périodes : 1961-1982 et 1983-2003. Les quatre sites de surveillance représentés sont la rivière Kennebecasis (groupe 4a), la rivière St. Mary’s (groupe 4d), la rivière Saint-Jean (groupe 3a) et la rivière Miramichi Nord-Ouest (groupe 6a). Les tendances générales d’une période d’observation à l’autre dans tous les sites représentés sont une crue printanière hâtive et des débits estivaux réduits entre les mois d’août et d’octobre.

Les groupes hydrologiques représentent des groupes de rivières dont les réponses hydrologiques aux variations climatiques sont similaires. Pour obtenir plus de renseignements sur les groupes hydrologiques mentionnés plus haut, voir Cannon et al., 201162
Source : Cannon et al., 201162

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Ouvrages de régulation des débits

Malgré le fait que les ouvrages de régulation des débits soient moins courants dans l’EMA que dans certaines autres écozones+, ils ont tout de même des effets écologiques à cause de la nature côtière de l'écozone et le grand nombre de bassins versants avec un nombre limité de lacs naturels.  Les effets écologiques incluent la disparition d'espèces locales et régionales et la perte et l'altération d'habitat. Les effets de ces ouvrages sur les lacs et les rivières incluent la modification des fluctuations naturelles des niveaux d’eau, des débits de pointe, des inondations saisonnières et des régimes de perturbation naturels, ainsi que la diminution de la qualité de l’eauNote de bas de page64. On a construit un total de 74 grands barrages (de plus de 10 m de haut) dans l’EMA, la plupart avant les années 1970.

Figure 17. Répartition spatiale des barrages de plus de 10 m de haut dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, groupés par année d’achèvement entre 1830 et 2005.

carte

Description longue pour la figure 17

Cette carte indique l’emplacement et la catégorie d’âge des barrages de plus de 10 m de haut dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique. Un total de 74 grands barrages ont été construits dans l’écozone+, la plupart avant les années 1970.

Source : Association canadienne des barrages, 2003Note de bas de page65

Parmi les effets des barrages sur la biodiversité dans l’EMA, on compte les suivants :

  • Disparition de trois végétaux, la cryptoténie du Canada (Cryptotaenia canadensis), la verge d’or faux-ptarmica [Oligoneuron album (syn. Solidago ptarmicoides)] et le célastre grimpant (Celastrus scandens), de la rivière Saint-Jean (N.-B.), à cause des inondations causées par les barrages hydroélectriquesNote de bas de page66.
  • Disparition locale de deux espèces en péril, la sabatie de Kennedy (Sabatia kennedyana) et le coréopsis rose (Coreopsis rosea), dans au moins deux lacs du système fluvial Tusket situés dans l’extrême sud-ouest de la Nouvelle-ÉcosseNote de bas de page67, Note de bas de page68.
  • Disparition en Nouvelle-Écosse d’une des deux seules populations de corégones de l’Atlantique (Coregonus huntsmani), espèce en voie de disparition, suite à l’aménagement d’un barrage dans la rivière Tusket en 1929Note de bas de page69.
  • Disparition de l’alasmidonte naine (Alasmidonta heterodon), espèce qui était confinée à l’EMA au Canada, vraisemblablement à cause de la perte de son poisson hôte par suite de la construction d’un pont-jetée en travers de la section à marée de la rivière Petitcodiac (N.-B.) en 1967-1968Note de bas de page70, Note de bas de page71.

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Constatation clé 5
Zones côtières

Thème Biomes

Constatation clé à l’échelle nationale
Les écosystèmes côtiers, par exemple les estuaires, les marais salés et les vasières, semblent sains dans les zones côtières moins développées, même s’il y a des exceptions. Dans les zones développées, l’étendue des écosystèmes côtiers diminue, et leur qualité se détériore en raison de la modification de l’habitat, de l’érosion et de l’élévation du niveau de la mer.

La côte est un élément définitoire de l’EMA. Elle comporte différentes entités, entre autres des baies, des anses, des ports, des bras de mer, des passages, des chenaux, des bassins, des pointes, des promontoires, des îles, des caps, des plages, des landes, des estuaires et des marais salésNote de bas de page72. Il existe des données sur la situation des entités côtières de l’EMA, mais on ne connaît pas bien les tendances dans ce biome. Lorsque des données existent, elles ne sont pas complètes et ne sont pas nécessairement représentatives de toute l’EMA. Les données disponibles indiquent cependant que les milieux humides côtiers, les plages et les dunes ont connu une baisse, tandis que les agents stresseurs, comme le développement (industriel ou urbain) et la création de lotissements pour chaletsNote de bas de page73, les activités récréatives, la hausse du niveau de la mer et les ondes de tempête, ont augmenté. Les changements climatiques accroîtront les effets sur ces milieux côtiers73. Certaines espèces tributaires des côtes, comme certains oiseaux de rivage, ont aussi connu des baisses d’effectifs.

Milieux humides côtiers

Bien que les milieux humides côtiers et les côtes représentent moins de 1 % de l’EMA, ils constituent un des types de milieux les plus importants pour le maintien de la biodiversité indigène. La perte et la fragmentation de ce type d’écosystème dans l’EMA représente l’un des cas les plus graves de perte de milieux humides au Canada27. Comme on l’a déjà mentionné dans la section « Milieux humides » (page 26), on estime que 65 % de la superficie couverte par les marais côtiers a été perdue depuis l’établissement des Européens48. La perte de milieux humides a commencé il y a plus de 300 ans, lorsque les Acadiens ont entrepris d’assécher les marais salés pour l’agriculture. Depuis 1900, de nombreux milieux humides côtiers ont été asséchés, inondés ou remblayés à des fins d’aménagement urbain, industriel, agricole ou encore côtier, en particulier pour la création de lotissements pour chaletsNote de bas de page74.

Hanson et al.Note de bas de page75 ont quantifié le changement de l’étendue des marais salés de deux sites non aménagés (cap Jourimain et Shemogue) et trois sites aménagés (Aboiteau, Shediac et Cocagne) le long du détroit de Northumberland, dans le sud-est du Nouveau-Brunswick entre 1944 et 2001. Les marais salés ont subi une baisse aux cinq sites au cours de la période étudiée, à cause des effets combinés des aménagements et des variables climatiques (figure 18).

Figure 18. Baisse de la superficie de marais salés végétalisés à cinq sites du sud-est du Nouveau­Brunswick entre 1944 et 2001.

carte

Description longue pour la figure 18

Une carte et un graphique à barres indiquent les informations suivantes :

Pourcentage de changement

Données de la figure 18.
Cap Jourimain (1)Shemogue (2)Aboiteau (3)Shediac (4)Cocagne (5)
-28%-5%-27%-21%-36%

Les sites du cap Jourimain (1) et de Shemogue (2) sont des zones non aménagées. Les trois autres sites (3 à 5) sont surtout résidentiels.
Source : d’après Hanson et al. (2006)75

Les milieux humides côtiers continuent de se dégrader à cause du ruissellement terrestre et de la sédimentation, de la limitation des marées à cause de barrières et de ponceaux73, et de la hausse du niveau de la mer découlant des changements climatiques. Le développement industriel et commercial, ainsi que certaines pratiques agricoles, sont parmi les principales menaces touchant les écosystèmes estuariensNote de bas de page76. Si le niveau de la mer continue de monter, cela aura des effets négatifs additionnels sur la côte73 (voir la section « Hausse du niveau de la mer et érosion des côtes », à la page 39).

Zostère marine

Les herbiers de zostère marine (Zostera marina) sont parmi les écosystèmes les plus productifs au mondeNote de bas de page77, et ils sont également parmi les plus menacésNote de bas de page78. Cette plante est un aliment important pour la sauvagine en migration et hivernante, et les herbiers de zostère constituent des aires d’alimentation pour d’autres oiseauxNote de bas de page79 Note de bas de page80  Note de bas de page81. Il n’existe pas de données détaillées permettant de dégager les tendances de la zostère marine, mais la compilation des résultats d’un certain nombre d’études, pour la plupart à court terme (tableau 4), indique une baisse générale de la zostère marine et certaines réductions abruptes, avec certaines zones présentant des peuplements stables ou en hausse77, 80. La perte de zostères marines à travers le monde a été attribuée à une variété de perturbations naturelles et de perturbations causées par l'homme, incluant l'érosion côtière, les ouragans, la charge en éléments nutritifs (voir Charge en éléments nutritifs et efflorescences algales sur la page 51), et plusieurs formes de perturbations mécaniquesNote de bas de page82. Un autre facteur de déclin le long de la côte atlantique est la prolifération du crabe vert (ou crabe européen) (Carcinus maenas), espèce envahissante qui peut déraciner les plants de zostère marineNote de bas de page83.

Tableau 4. Tendances de la zostère marine d’après des études menées en Nouvelle-Écosse et dans le golfe du Saint-Laurent.
LieuPériodeTendances de la zostère marine
Baie Lobster (N.-É.)1978 à 2000Pertes estimées de 30 et 44 % dans deux zonesFootnote84.
Port d’Antigonish (N.­É.)2000 à 2001Déclin de la biomasse de 95 %, suivi d’une baisse de 50 % des oies et des canards se nourrissant de la zostère marineFootnote85.
4 bras en Nouvelle-Écosse1992 à 2002Perte de 80 % de la superficie totale de zone intertidale occupée par la zostère marineFootnote86.
13 estuaires dans le sud du golfe du Saint-Laurent2001 à 2002Baisse de 40 % de la biomasseFootnote87.
Golfe du Saint-Laurent au QuébecDiversesAugmentation de l’aire de répartition dans la péninsule de Manicouagan (1986 to 2004); en général, augmentation ou stabilité de l’aire de répartition dans les autres zonesFootnote88.

Oiseaux de rivage

L’EMA héberge un certain nombre d’espèces d’oiseaux de rivage nicheurs, mais elle joue surtout un rôle important pour les oiseaux de rivage en migration. Les milieux côtiers, en particulier ceux se trouvant vers le fond de la baie de Fundy, revêtent une importance critique comme haltes migratoires et lieux d’alimentation, en particulier pour les bécasseaux, qui sont plus petitsNote de bas de page89 Note de bas de page90 Note de bas de page91. Le nombre d’oiseaux de rivage passant par les provinces du Canada atlantique a baissé depuis le début des relevés, en 1974 (tableau 5)Note de bas de page92 Note de bas de page93 Note de bas de page94 Note de bas de page95 Note de bas de page96, avec des baisses particulièrement marquées dans les années 1990Note de bas de page97. Les raisons de ces baisses ne sont pas pleinement comprises. Les milieux côtiers ont connu des changements pouvant avoir des effets négatifs sur les oiseaux de rivageNote de bas de page98, mais les tendances concernant au moins certaines espèces sont probablement liées à des facteurs agissant dans d’autres parties des aires de migration98.

Tableau 5. Tendances des effectifs d‘oiseaux de rivage migrant par les zones côtières de l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1974-2006. Le tableau qui suis démontre l’indice d’abondance du BBS, par décenie, des années 1970 aux années 2000.Tableau - note1
EspèceTendance
(%/an)
P  Années 1970
(BBS)
Années 1980
(BBS)
Années 1990
(BBS)
Années 2000
(BBS)
Changement
 %
Bécasseau maubèche
(Calidris canutus)
-10,9*39,511,29,13,3-97,5
Bécasseau minuscule
(Calidris minutilla)
-6,6*80,722,29,811,6-88,8
Petit chevalier
(Tringa flavipes)
-5,0*29,252,216,49,8-80,6
Bécasseau semipalmé
(Calidris pusilla)
-4,9 5170,948922623,73074,5-80,0
Pluvier argenté
(Pluvialis squatarola)
-3,0*51,043,123,026,7-62,3
Bécasseau variable
(Calidris alpina)
-2,8 26,328,611,415,5-59,7
Tournepierre à collier
(Arenaria interpres)
-2,8**13,210,911,44,2-59,7
Bécassin roux
(Limnodromus griseus)
-2,7 292,8281,739,6141,0-58,4
Bécasseau sanderling
(Calidris alba)
-2,3 42,934,719,824,0-52,5
Grand chevalier
(Tringa melanoleuca)
-0,9 13,012,89,810,8-25,1
Barge hudsonienne
(Limosa haemastica)
-0,9 5,54,13,52,9-25,1
Chevalier semipalmé
(Tringa semipalmata)
-0,8 16,615,911,114,1-22,6
Bécasseau à croupion blanc
(Calidris fuscicollis)
-0,2 16,115,312,616,4-6,2
Pluvier semipalmé
(Charadrius semipalmatus)
1,9 103,8123,0153,1159,382,6
Courlis corlieu
(Numenius phaeopus)
2,5 1,91,53,14,3120,4

Tableau 5 - Notes

Note 1

Dans ce tableau : P est la signification statistique : ** indique que P < 0,01, * indique que P < 0,05, et il n’y a aucune valeur lorsque la tendance n’est pas significative. La colonne « Changement » donne le pourcentage de changement de l’indice d’abondance moyen sur toute la période, calculé d’après la tendance générale (%/an).
Source : Gratto-Trevor et al., 201197

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Relativement peu d’espèces d’oiseaux de rivage se reproduisent dans l’EMA, et seulement un petit nombre le fait dans les zones côtières. On a pu déterminer une tendance pour quatre espèces nichant sur les côtes de l’EMA en utilisant les données du Relevé des oiseaux nicheurs (tableau 6), et seule la tendance pour la bécassine de Wilson (Gallinago delicata), soit une baisse de 2,6 %/an (P < 0,01), était significative97.

Tableau 6. Tendances des effectifs d‘oiseaux de rivage nichant dans la zone côtière, entre les années 1970 et les années 2000. Le tableau qui suis démontre l’indice d’abondance du BBS, par décenie, des années 1970 aux années 2000.Tableau - note1
EspèceTendance
(%/an)
P  Années 1970
(BBS)
Années 1980
(BBS)
Années 1990
(BBS)
Années 2000
(BBS)
Changement
 %
Maubèche des champs
(Bartramia longicauda)
-3,1 30,20,10,1-70 %
Chevalier grivelé
(Actitis macularius)
-2,6 0,80,90,70,4-64 %
Chevalier semipalmé
(Tringa semipalmata)
-3,1 1,110,40,4-71 %
Bécassine de Wilson
(Gallinago delicata)
-2,6**5,24,82,92,3-64 %

Tableau 6 - Notes

Note 1

Dans ce tableau : P est la signification statistique : ** indique que P < 0,01, * indique que P < 0,05, et il n’y a aucune valeur lorsque la tendance n’est pas significative. La colonne « Changement » donne le pourcentage de changement de l’indice d’abondance moyen sur toute la période, calculé d’après la tendance générale (%/an).

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Sauvagine

L’EMA comporte de nombreuses zones côtières où la sauvagine se réunit traditionnellement en grand nombre au cours des migrations du printemps et de l’automneNote de bas de page99. De nombreuses espèces de sauvagine hivernent également dans cette région, par exemple le garrot d’Islande (Bucephala islandica)Note de bas de page100. Les hivers récents plus doux, avec des périodes sans glace plus longues, ont eu comme conséquence des populations hivernantes plus grandes et des hausses potentielles du temps de séjour de la sauvagine en période de migrationNote de bas de page101. Les tendances concernant la sauvagine nicheuse sont résumées à la section « Sauvagine », à la page 26.

Rivages sableux et dunes

Les rivages sableux et les dunes se trouvent principalement le long de la côte du détroit de Northumberland au Nouveau-Brunswick, du bassin Minas, de la rive nord de l’Î-P.-É. et des îles de la Madeleine. Les plages et les dunes représentent un milieu important pour de nombreuses espèces fauniques, car elles offrent nourriture et habitat aux oiseaux de rivage, à d’autres espèces animales et végétales et aux microorganismes76. Elles sont menacées par les aménagements, le prélèvement de sable, les activités récréatives, la hausse du niveau de la mer et l’accroissement de la force des tempêtes dû aux changements climatiques (voir la section « Hausse du niveau de la mer et érosion des côtes », à la page 39).

Les données sur les tendances des taux d’érosion et de dépôt pour les plages et les dunes sont limitées. O’Carroll et al.Note de bas de page102 ont procédé à une analyse rétrospective de photos aériennes pour évaluer les changements temporels subis par les plages et les dunes à cinq sites différents du sud-est du Nouveau-Brunswick entre 1944 et 2001. Ils ont constaté que la superficie des plages et des dunes a subi une baisse, plus prononcée pour les plages que pour les dunes, aux cinq endroits (figure 19). Le prélèvement de sable pour la production d’agrégat et l’expansion de la protection des rives ont aussi contribué au changement dans ces zones. La variété des changements observés illustre le fait que les processus locaux d’accumulation et d’érosion, les épisodes de tempête et l’activité humaine ont tous été des facteurs importants dans l’évolution des écosystèmes sableux côtiers102.

Figure 19. Baisse de superficie des plages et des dunes à cinq sites du sud-est du Nouveau-Brunswick, entre 1944 et 2001.

carte

Description longue pour la figure 19

Une carte et un graphique à barres indiquent les informations suivantes :

Données de la figure 19. - Pourcentage de changement
Cap Jourimain (1)Shemogue (2)Aboiteau (3)Shediac (4)Cocagne (5)
-22%-8%-12%-32%-40%

Les sites de Cap-Jourimain (1) et de Shemogue (2) sont des zones non aménagées. Les trois autres sites étudiés (3-5) sont surtout résidentiels. À Shediac, la baisse de 32 % s’est surtout produite entre 1944 et 1971, avec une petite perte additionnelle entre 1971 et 2001.
Source : d’après O’Carroll et al. (2006)102

Pluvier siffleur

La population atlantique de pluviers siffleurs (Charadrius melodus melodus), désignée « en voie de disparition » en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada, préfère les milieux de début de succession, comme des flèches de sable converties en îles-barrières par les tempêtes (figure 20)73. En 2002, la population reproductrice mondiale de pluviers siffleurs était estimée à seulement 5 945 adultesNote de bas de page103. On a recensé 442 adultes dans les lieux de reproduction de l’EMA en 2001, et 435 en 2006. Malgré les programmes de conservation, le nombre d’adultes a baissé de 13 % entre 1991 et 2006 (figure 20). Le pluvier siffleur fait face à plusieurs menaces, la prédation représentant l’un des plus importants facteurs limitant les populations dans toute l’aire de reproduction nord-américaine de l’espèce. Les estimations courantes dans l’est du Canada indiquent un succès d’éclosion de moins de 55 %Note de bas de page104. De plus, la perte et la dégradation d’habitat sont des problèmes importants. L’utilisation accrue des plages et l’aménagement des côtes, incluant la construction de chalets ou de maisons, de quais, de jetées et d’ouvrages anti-érosion, peuvent avoir un effet sur les plages de reproduction ainsi que sur les habitats d’élevage et d’alimentationNote de bas de page105. Les effets des changements climatiques, par exemple les ondes de tempête de plus en plus fréquentes et la hausse du niveau de la mer, constituent un autre facteur limitatifNote de bas de page106 Note de bas de page107.

Figure 20. Répartition des sites de reproduction du pluvier siffleur en 2006 (carte à gauche) et effectifs de pluviers siffleurs adultes établis durant les relevés (graphique à droite) dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1991, 1996, 2001 et 2006.

carte

Description longue pour la figure 20

Cette figure comprend une carte indiquant la répartition des sites de reproduction du pluvier siffleur et un graphique à barres indiquant les effectifs de pluviers siffleurs adultes établis durant les recensements internationaux du pluvier siffleur de 1991 à 2006 dans les sites de recensement de l’écozone+ maritime de l’Atlantique. Les sites de reproduction de l’écozone+ se concentrent le long de la côte sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, et le long de la côte nord de l’Île-du-Prince-Édouard. Le graphique montre les informations suivantes :

Données de la figure20. - Nombre d’adultes
1991199620012006
761047082

Données des recensements internationaux du pluvier siffleur de 1991 à 2006. Les effectifs rapportés sont les « valeurs élevées » et ils incluent tous les adultes recensés durant tous les relevés et à tous les sites (certains sites ont connu plus d’un recensement).
Source : carte d’Environnement Canada (2006)106; données de Ferland et Haig (2002)103 et Elliot-Smith et al. (2009)Note de bas de page108

Aménagements côtiers

Depuis 1990, les zones côtières de l’EMA sont plus densément peuplées. Au Nouveau-Brunswick, par exemple, la proportion de subdivisions côtières en pourcentage de toutes les subdivisions de la province a augmenté de 35 % entre 1990 et 1999Note de bas de page109. En Nouvelle-Écosse, l’accroissement de l’urbanisation a occasionné des baisses de population dans de nombreuses zones rurales de la province, tandis que les populations se sont accrues le long de la côte. Il y a eu une hausse spectaculaire des taux de subdivision et des enregistrements de lot dans les terres littorales durant tout le 20e siècle (figure 21)76.

Figure 21. Tendances de l’enregistrement de lots à l’intérieur d’une distance de 2 km des côtes de la Nouvelle-Écosse, par décennie.

carte

Description longue pour la figure 21

Ce graphique montre les informations suivantes :

Données de la figure 21.
AnnéesNombre
d’enregistrenments
Avant 18891,000
1889-19081,500
1909-1918800
1919-1928500
1929-19381,100
1939-19482,600
1949-19585,100
1959-196814,500
1969-197841,500
1979-198857,500
1989-199874,500
1999-200869,500

Source : CBCL Limited (2009)76 d’après la Nova Scotia Property Online Database

Hausse du niveau de la mer et érosion des côtes

Les taux de hausse du niveau de la mer dépendent de plusieurs facteurs, entre autres du taux de fonte des glaciers et des calottes glacières, du réchauffement des eaux océaniques et du relèvement isostatique, qui est le mouvement vers le haut de la croûte terrestreNote de bas de page110. Un aperçu national de la sensibilité des côtes à la hausse du niveau de la mer et aux effets associés des tempêtes a démontré que les zones côtières de la région de l’Atlantique étaient parmi les plus gravement menacées au CanadaNote de bas de page111. Environ 80 % de la côte est considérée comme très sensible. Les zones littorales les plus sensibles consistent généralement en des terrains bas avec marais salés, cordons littoraux et lagunes.

Au cours du dernier siècle, le niveau de la mer dans la région de l’Atlantique s’est élevé, plusieurs ports ayant connu des taux d’élévation moyens de 22 à 32 cm/siècle (figure 22). Le niveau moyen de la mer le long de la côte de l’est du Québec s’est élevé de 17 cm au cours du dernier siècle107, Note de bas de page112. Cette hausse est probablement due en partie à la subsidence consécutive au retrait glaciaire, mais une grande partie est attribuable à la hausse du niveau de la mer causée par les changements climatiques. Par exemple, de 1911 à 2005, le niveau annuel moyen de la mer à Charlottetown s’est élevé à une vitesse moyenne de 32 cm/siècle107, soit une part d’environ 20 cm/siècle attribuable à la subsidence consécutive au retrait glaciaire, et la part restante de 12 cm/siècle, à la hausse du niveau de la mer107 Note de bas de page113.

Figure 22. Tendance du niveau d’eau annuel moyen dans six ports de l’écozone+ maritime de l’Atlantique.

carte

Description longue pour la figure 22

Cette figure est composée de six graphiques linéaires dont les courbes de tendance montrent le taux d’élévation du niveau de la mer dans les ports de l’écozone+ maritime de l’Atlantique. Le niveau de la mer s’est élevé à des vitesses similaires dans les six ports. Les graphiques linéaires montrent les informations suivants :

Données de la figure 22.
PortsAnnéesTendances
(cm/siécle)
Halifax, NS1920-200832
North Sydney, NS170-200830
Yarmouth, NS1967-200830
Pictou, NS1966-199524
Charlottetown, PEI1911-200832
Saint John, NB1906-200822

Source : CBCL Limited (2009)76 d’après les données du Service de données sur le milieu marin, Ottawa, 2008Note de bas de page114

Un des principaux effets de la hausse du niveau de la mer est une augmentation du recul des côtes, ou érosion côtière. L’érosion côtière est un phénomène naturel, mais la hausse du niveau de la mer et les autres effets des changements climatiques sur les processus physiques et climatiques accélèrent les vitesses d’érosion dans certaines parties de l’EMA, par exemple dans le golfe du Saint-LaurentNote de bas de page115, Note de bas de page116. Il y a une corrélation entre une érosion côtière accélérée et un changement des variables climatiques comme des tempêtes plus fréquentes115, Note de bas de page117, une saison des glaces plus courte, des cycles de gel/dégel plus nombreux, des épisodes de pluie hivernale plus fréquentsNote de bas de page118 et des niveaux de la mer plus élevés116. Les zones les plus sensibles à l’érosion côtière dans l’EMA sont la Gaspésie, à l’entrée de la baie des Chaleurs, et le pourtour de l’Î-P.-É. et des îles de la Madeleine.

Dans certaines zones de l’Î-P.-É., il existe déjà des indices d’une hausse importante des taux d’érosion côtière. Par exemple, les taux d’érosion à la pointe Pigots, près de Savage Harbour, étaient de 1,4 m/an de 1968 à 1981, et de 3,2 m/an de 1981 à 1990. De telles hausses n’existent cependant pas nécessairement dans toute l’EMA. En 2006, Environnement Canada a quantifié la hausse du niveau de la mer, les ondes de tempête et l’érosion côtière dans la zone côtière du golfe du Saint-Laurent dans cette région et a conclu que les taux de retrait des côtes pour le sud-est du Nouveau-Brunswick n’avaient pas augmenté de façon significative durant la deuxième moitié du 20e siècle107.

En plus de l’érosion, les autres effets de la hausse du niveau de la mer sur les écosystèmes incluent des inondations plus graves et plus fréquentes des milieux humides et des rivages adjacents, des inondations plus étendues durant les fortes tempêtes et les grandes marées, un retrait ou une érosion côtière (dunes et falaises) accélérés, la formation de brèches dans les cordons littoraux et la déstabilisation des passages, des intrusions salines dans les aquifères d’eau douce côtiers, et l’endommagement des infrastructures côtières. En outre, l’accroissement de la fréquence ou de l’amplitude des ondes de tempête augmente l’érosion et l’inondation des côtes (voir la section « Perturbations naturelles »).

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Constatation clé 7
La glace dans l’ensemble des biomes

Thème Biomes

Constatation clé à l’échelle nationale
La réduction de l’étendue et de l’épaisseur des glaces marines, le réchauffement et le dégel du pergélisol, l’accélération de la perte de masse des glaciers et le raccourcissement de la durée des glaces lacustres sont observés dans tous les biomes du Canada. Les effets sont visibles à l’heure actuelle dans certaines régions et sont susceptibles de s’étendre; ils touchent à la fois les espèces et les réseaux trophiques.

Bien que la glace ne soit pas un élément définitoire de l’EMA, elle peut fournir un milieu important pour les espèces adaptées à la vie dans, sous ou sur celle-ci, offrir des voies de passage aux animaux terrestres, et contribuer à la régulation de la circulation des eaux. Le moment et la durée de la couverture de glace sur les rivières, les lacs et l’océan déterminent en grande partie les types de végétaux et d’animaux pouvant habiter les plans d’eau.

Glace des rivières et des lacs

L’information sur les tendances générales de la prise des glaces et des débâcles dans les rivières et les lacs de l’EMA était limitée et peu concluante63, Note de bas de page119 Note de bas de page120 Note de bas de page121, et les tendances dégagées se limitent à des rivières et à des lacs individuels (tableau 7.1 et tableau 7.2)Note de bas de page122. Pour les dix sites englobés par une analyse récente des données du programme bénévole Attention glace, on n’a pu déterminer qu’une tendance vers une date de fonte des glaces plus tardive, entre 1950 et 2005122.

Tableau 7.1 Tendances des dates de prise des glaces d’après des études dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique.
Prise des glacesDatesChangement au cours de la périodeTendance par annéeSignification statistique
Lac Grand (N.-B.)1201952 à 198017,4 jours plus tôt0,6 jours/an< 0,1
Lac Utopia (N.-B.)1201971 à 200037,5 jours plus tard1,25 jour/an< 0,001
Débâcle    
Lac Utopia (N.­B.)1201961 à 199015,6 jours plus tôt0,5 jour/an< 0,01
Rivière Miramichi (N.­B.)1211829 à 19557,3 jours plus tôt/100 ans < 0,01
Rivière Saint-Jean (N.­B.)Footnote123années 1950 aux années 198015 jours plus tôt ?

 

Tableau 7.2 Tendances des dates de débâcle d’après des études dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique.
DébâcleDatesChangement au cours de la périodeTendance par annéeSignification statistique
Lac Utopia (N.­B.)1201961 à 199015,6 jours plus tôt0,5 jour/an< 0,01
Rivière Miramichi (N.­B.)1211829 à 19557,3 jours plus tôt/100 ans < 0,01
Rivière Saint-Jean (N.­B.)123années 1950 aux années 198015 jours plus tôt ?

Les sources de l’information sont indiquées par les numéros de référence figurant après les noms des lacs ou rivières.

Prowse et CulpNote de bas de page124 ont présenté un aperçu des effets de la glace sur les communautés écologiques des cours d’eau. En général, les cycles vitaux de nombreux organismes aquatiques sont à la fois directement et indirectement influencés par la glace, par l’entremise de facteurs comme la durée de la couverture de glace, les températures dans les cours d’eau et la variabilité hydrologique. Par exemple, Cunjak et al.Note de bas de page125 ont démontré que la survie des jeunes saumons atlantiques (Salmo salar) dans le ruisseau Catamaran (N.-B.) s’améliorait généralement avec l’augmentation du débit hivernal moyen, tandis que la survie la plus faible mesurée a été associée à un phénomène de débâcle et embâcle hivernal atypique déclenché par des épisodes de fonte causés par la pluie.

Glaces marines

Les glaces marines sont importantes dans l’EMA et on croit qu’elles ont un effet atténuant sur l’action des vagues causant l’érosion et des inondations107. Dans certaines parties de l’EMA où on observe ces glaces chaque année, la couverture de glace varie d’une année à l’autre; des cycles sont observés, et ils sont dans une certaine mesure corrélés avec l’oscillation nord-atlantique, phénomène de fluctuation des différences de pression atmosphérique entre la dépression d’Islande et l’anticyclone des Açores, qui à son tour a un effet sur la force et la direction des vents. Dans le golfe du Saint-Laurent, la couverture de glace marine et la durée de la saison des glaces tendent à diminuer, mais ces tendances ne sont pas significatives (figure 23)107. Saucier et SennevilleNote de bas de page126 avancent que les glaces marines hivernales auront disparu du golfe du Saint-Laurent avant la fin du 21e siècle, ce qui pourrait entraîner une érosion côtière importante, ainsi qu’une perte de marais côtiers (voir la section « Zones côtières », à la page 32).

Figure 23. Tendances de la superficie totale de couverture de glace accumulée (graphique du haut) et de la durée de la saison (couverture > 10 %) (graphique du bas) pour le golfe du Saint-Laurent, 1971-2005.

carte

Description longue pour la figure 23

La figure 23 comprend deux graphiques linéaires décrivant la tendance de la couverture de glace accumulée et de la durée de la saison durant laquelle cette couverture occupe plus de 10 % du golfe du Saint-Laurent. Les deux graphiques affichent des valeurs par incrément d’un an de 1971 à 2005, ainsi qu’une courbe de tendance. Les graphiques montrent que la superficie et la durée de la couverture des glaces marines tendent à diminuer, mais ces tendances ne sont pas significatives.

Source : Forbes et al., 2006107

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Introduction