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Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ maritime de l’Atlantique

Thème : Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé 8
Aires protégées

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l’échelle nationale
La superficie et la représentativité du réseau d’aires protégées ont augmenté ces dernières années. Dans bon nombre d’endroits, la superficie des aires protégées est bien au-delà de la valeur cible de 10 % qui a été fixée par les Nations Unies. Elle se situe en deçà de la valeur cible dans les zones fortement développées et dans les zones océaniques.

En 2009, il y avait dans l’EMA 617 aires protégées occupant 5,3 % du territoire (figure 24). Ce total comprenait 438 aires protégées tombant dans les catégories I à IV de l’UICN (10 963 km2; 4,9 % de l’EMA), 172 aires protégées des catégories V et VI (796 km2; 0,4 % de l’EMA), et 7 aires protégées (< 0,01 % de l’EMA) n’appartenant à aucune catégorie de l’UICN (figure 25). Les catégories I à IV de l’UICN incluent les réserves naturelles, les aires de nature sauvage, et d’autres parcs et réserves gérés pour la conservation des écosystèmes et de leurs caractéristiques naturelles et culturelles, ou gérés principalement pour la conservation des habitats et des espèces sauvagesNote de bas de page127. Les catégories V et VI de l’UICN mettent l’accent sur une utilisation durable des aires protégées par des traditions culturelles établies127. En 1992 (date de la signature de la Convention sur la diversité biologique), 1,6 % de l’EMA était protégéeNote de bas de pageiv.

Figure 24. Répartition des aires protégées dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, mai 2009.

carte

Description longue pour la figure 24

Cette carte présente les aires protégées depuis 2009 dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique. En 2009, il y avait 617 aires protégées occupant 5,3 % du territoire. Les deux plus grandes aires protégées sont le parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, dans la pointe nord du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, et le parc national du Canada et lieu historique national Kejimkujik, dans les terres intérieures du sud de la Nouvelle-Écosse.

Source : Environnement Canada (2009)Note de bas de page128 d’après des données du Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC) (v. 2009.05)Note de bas de page129 fournies par les autorités fédérales, provinciales et territoriales

Avant 1936, seul un site d’une superficie de 4 km2, le sanctuaire d’oiseaux migrateurs de la pointe Amherst en Nouvelle-Écosse, établi en 1927, était classé dans la catégorie IV. La superficie totale de l’aire protégée est passée de moins de 1 000 km2 en 1936 à un peu plus de 3 000 km2 en 1992, et à plus de 11 000 km2 en 2009 (figure 25). La création de sept parcs nationaux dans l’EMA est en grande partie à l’origine de cette augmentation des superficies entre 1936 et les années 1980. Le parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, dans le nord de la Nouvelle-Écosse, le premier et le plus grand parc national dans l’EMA (949 km2), a été établi en 1936. Dans le sud de la Nouvelle-Écosse, le parc national du Canada et le lieu historique national Kejimkujik, la deuxième plus grande aire protégée de la région (404 km2), ont été ouverts en 1974. Les récentes additions depuis 1992 ont été principalement des parcs provinciaux et des aires protégées, surtout au Québec et en Nouvelle-Écosse.

Figure 25. Croissance des aires protégées dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1936-2009.

carte

Description longue pour la figure 25

Ce graphique à barres montre la croissance des zones bénéficiant d’une protection juridique dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique durant la période allant de 1936 à 2009.

Données de la figure 25. - Partie 1
Date d’establissement
de la protection
Superficie protégée cumulative (km2)
Catégories  I-IV de l’UICN
1936944.05
1937948.75
1938948.75
1939948.75
1940948.75
1941957.65
1942957.65
1943957.65
1945957.65
1946957.65
1947957.65
19481,163.49
19491,163.49
19501,163.49
19511,163.49
19521,163.49
19531,163.49
19541,163.49
19551,163.49
19561,163.49
19571,163.49
19581,163.49
19591,163.49
19601,163.49
19611,163.49
19621,163.49
19631,163.49
19641,163.49
19651,163.49
19661,164.00
19671,164.00
19681,164.00
19691,164.00
19701,164.00
19711,166.94
19721,166.94
19731,207.30
19741,816.75
19751,816.75
19761,816.75
19771,827.32
19781,853.11
19792,090.57
19802,103.55
19812,905.55
19822,905.55
19832,918.33
19842,946.67
19852,963.86
19862,966.92
19873,122.60
19883,147.01
19893,150.50
19903,151.99
19913,157.43
19923,173.62
19933,557.99
19943,614.27
19953,687.16
19963,703.99
19973,706.14
19986,223.78
19996,510.29
20006,571.90
20016,753.48
20026,760.60
20036,766.09
20046,782.72
20057,964.30
20067,974.94
20077,982.48
20088,007.72
20098,056.85
Total10,157.91

 

Données de la figure 25. - Partie 2
Date d’establissement
de la protection
Superficie protégée cumulative (km2)
Catégories  V-VI de l’UICN
197719.90
197819.90
197919.90
198025.75
198125.75
198229.85
198329.85
198429.85
198529.85
198629.85
198729.85
198829.85
198929.85
199029.85
199129.85
199229.85
199342.03
199442.03
199542.03
199642.03
199742.03
199853.38
199953.76
200057.29
2001608.28
2002608.28
2003608.28
2004608.28
2005795.67
2006795.67
2007795.67
2008795.67
2009795.67
Total795.67

Source : Environnement Canada (2009)128 d’après des données du Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC) (v. 2009.05)129 fournies par les autorités fédérales, provinciales et territoriales

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Constatation clé 10
Espèces non indigènes envahissantes

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l’échelle nationale
Les espèces non indigènes envahissantes sont un facteur de stress important en ce qui concerne le fonctionnement, les processus et la structure des écosystèmes des milieux terrestres et des milieux d’eau douce et d’eau marine. Leurs effets se font sentir de plus en plus à mesure que leur nombre augmente et que leur répartition géographique progresse.

Les espèces non indigènes sont des végétaux, des animaux ou d’autres organismes introduits par les activités humaines dans des zones se trouvant à l’extérieur de leurs aires de répartition naturelles. Ces espèces sont considérées comme étant envahissantes lorsque leur introduction ou leur propagation menacent les espèces ou les écosystèmes indigènes, ou qu’elles peuvent causer des dommages considérables à l’économie ou à la société (p. ex. à cause de leurs effets sur les récoltes agricoles ou l’exploitation forestière). Les espèces non indigènes envahissantes sont reconnues comme une des menaces les plus importantes pour la biodiversité indigèneNote de bas de page130. Étant donné que l’EMA borde l’océan et englobe de nombreux ports, elle a souvent constitué un point d’entrée pour les espèces non indigènes envahissantes. Il n’existe pas de données exhaustives sur les tendances pour l’EMA; la présente section ne présente donc que quelques exemples de situations pour lesquelles on dispose de données.

Plantes envahissantes

La flore de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince- Édouard est composée à 37, 34 et 35 % d’espèces non indigènes, respectivement (figure 26). Il n’y a toutefois actuellement que quelques espèces végétales non indigènes dans l’EMA qui semblent avoir des effets négatifs répandus sur la diversité biologique indigèneNote de bas de page131. Seules 36 % des espèces non indigènes signalées dans l’EMA (à l’exclusion du Québec) sont connues pour y être largement établies (figure 27)Note de bas de page132. En général, l’EMA était moins touchée par des espèces non indigènes envahissantes que la région des Grands Lacs ou que les parties densément peuplées du nord-est des États-Unis66, 131.

Figure 26. Nombre total d’espèces végétales indigènes et non indigènes dans les Provinces maritimes, 2001.

carte

Description longue pour la figure 26

Ce graphe à barres empilées montre les informations suivantes :

Données de la figure 26.
Provincesindigène -
Nombre d’espèces
non indigène -
Nombre d’espèces
Total pour les Maritimes1278769
N.-B.1140589
N.-É.1101634
Î.-P.-É.718384

Données du Québec non incluses.
Source : d’après des données inédites du Centre de données sur la conservation du Canada atlantiqueNote de bas de page133

Figure 27. Abondance des espèces végétales non indigènes dans les Provinces maritimes, 2001.

carte

Description longue pour la figure 27

Cette figure est un diagramme à secteurs indiquant le pourcentage d’espèces non indigènes classifiées dans les catégories Rare, Peu communes, Communes à l’échelle locale, Assez communes et Très répandues en 2001. On peut y voir que, parmi les espèces non indigènes, 64 % (489 espèces) étaient rares, 9,4 % (72 espèces) étaient peu communes, 5,6 % (43 espèces) étaient communes à l’échelle locale, 5,9 (45 espèces) étaient assez communes et 15 % (115 espèces) étaient très répandues.

Données du Québec non incluses.
Source : d’après Blaney, données inédites132

Deux espèces non indigènes, en particulier, représentent une menace grave et étendue : le roseau commun (Phragmites australis ssp. australis) et le nerprun bourdaine (Frangula alnus, aussi connu sous le nom de Rhamnus frangula). Les autres espèces préoccupantes incluent le célastre asiatique (Celastrus orbiculatus), la salicaire commune (Lythrum salicaria), la renouée du Japon (Polygonum cuspidatum) et l’alliaire officinale (Alliaria petiolata). L’invasion d’alpiste roseau (Phalaris arundinacea) dans le lit des cours d’eau et sur les rives des rivières représente également un grave problème dans l’EMA.

Insectes et maladies non indigènes envahissants

Les insectes et les maladies non indigènes ont eu des effets écologiques importantsNote de bas de page134, surtout sur les écosystèmes forestiers10. On ne dispose d’aucune donnée sur les tendances, mais on sait que les maladies importantes incluent la rouille vésiculeuse du pin blanc, la maladie corticale du hêtre et la maladie hollandaise de l’orme. En Nouvelle-Écosse, 12 principales espèces d’insectes nuisibles ont été introduites entre les années 1890 et 2000 (tableau 8). La plupart de ces espèces sont arrivées par la côte atlantique, dans des chargements venus d’Europe au cours du siècle dernier. Nombre d’entre elles touchent toute l’EMA134. On en trouvera deux exemples plus bas.

Tableau 8. Principaux insectes et maladies non indigènes envahissants en Nouvelle-Écosse, avec l’année d’introduction, le lieu de la première introduction en Amérique du Nord et l’espèce hôte privilégiée, des années 1809 à 2000.
Insecte/maladieAnnéeLieu de la première introduction en Amérique du NordHôte privilégié
Maladie corticale du hêtreAnnées 1890Halifax (N.-É.)Hêtre à grandes feuilles
(Fagus grandifolia)
Puceron lanigère du sapin
(Adelges piceae)
Années 1910Ouest de la Nouvelle-ÉcosseSapin baumier
(Abies balsamea)
Diprion européen de l’épinette
(Gilpinia hercyniae)
1922Ottawa (Ontario)Épinette
(Picea spp.)
Tenthrède du sorbier
(Pristiphora geniculata)
1926New YorkSorbier d’Amérique
(Sorbus americana)
Rouille vésiculeuse du pin blanc
(Cronartium ribicola)
1929Chester (N.-É.)Pin blanc
(Pinus strobus)
Arpenteuse tardive
(Operophtera brumata)
1950Nouvelle-ÉcosseChêne
(Quercus spp.)
Maladie hollandaise de l’orme1969Liverpool (N.-É.)Orme d’Amérique
(Ulmus americana)
Spongieuse
(Lymantria dispar)
1981Yarmouth (N.-É.)Feuillus
Longicorne brun de l’épinette
(Tetropium fuscum)
2000Halifax (N.-É.)Épinette rouge
(Picea rubens)

Source : d’après Neily et al. (2007)134

Maladie corticale du hêtre

La maladie corticale du hêtre et l’insecte porteur qui lui est associé, la cochenille du hêtre (Cryptoccoccus fagisuga), ont éliminé beaucoup de grands hêtres à grandes feuilles dans les forêts de feuillus tolérant l’ombre de l’Î-P.-É., de la Nouvelle-Écosse et du sud du Nouveau-BrunswickNote de bas de page135. Le hêtre était autrefois une des composantes principales de ces forêts. À la fois l’insecte et la maladie qu’il portait ont été introduits d’Europe par le port de Halifax et se sont établis au Nouveau-Brunswick dès 1927Note de bas de page136. Les hêtres génétiquement résistants à l’infection ont survécu dans les zones touchées136. Si l’on considère que le hêtre était l’une des espèces les plus communes dans la région, la maladie a modifié la composition de la forêt acadienne et a eu un effet sur la disponibilité de faînes (fruits du hêtre), qui sont récoltées comme aliment16.

Longicorne brun de l’épinette

Par rapport à la tordeuse des bourgeons de l’épinette (voir la section « Perturbations naturelles », à la page 80), le longicorne brun de l’épinette (Tetropium fuscum) est un nouvel organisme nuisible non indigène envahissant les forêts. Il est présent depuis 1990 dans le parc Point Pleasant à Halifax10, Note de bas de page137 Note de bas de page138 Note de bas de page139, et il est resté dans cette zone138, 139. On ne connaît pas l’effet potentiel de l’espèce sur les forêts de l’EMA et du reste du Canada. Le longicorne a surtout infesté des épinettes rouges au parc Point Pleasant, mais il peut s’attaquer à toutes les espèces d’épinettes indigènes du Canada, à d’autres espèces de conifères, comme les sapins, les pins et les mélèzes, et, occasionnellement, à certaines espèces de feuillus10.

Espèces d’eau douce non indigènes envahissantes

Les espèces d’eau douce non indigènes envahissantes peuvent avoir un effet sur la biodiversité et la santé des écosystèmes aquatiques en entrant en compétition avec les espèces aquatiques indigènes.

Achigan à petite bouche

On trouvait originalement l’achigan à petite bouche (Micropterus dolomieu) dans les lacs et les rivières de l’est et du centre de l’Amérique du Nord. L’espèce ayant été largement introduite, on la trouve aujourd’hui dans le sud et le centre du Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, et du sud du Manitoba jusqu’au QuébecNote de bas de page140. Il est apparu au Nouveau-Brunswick dans les années 1870Note de bas de page141 et, entre 1905 et 1948, a été ensemencé dans six lacs du sud de la province. En 2009, on le trouvait dans plus de 70 lacs et 31 rivières du Nouveau-Brunswick à cause d’ensemencement non autorisé et de la propagation naturelleNote de bas de page142. En 2008, il a été signalé pour la première fois dans le bassin versant de la rivière Miramichi, rivière à saumon atlantique de renommée mondiale142. En Nouvelle-Écosse, on a introduit l’achigan à petite bouche dans 11 lacs par ensemencement entre 1942 et 1953Note de bas de page143, puis de nouveau entre 1967 et 1984 (figure 28)Note de bas de page144. Aujourd’hui, l’aire de répartition de l’espèce inclut la plus grande partie des portions sud et centre de la province144.

Figure 28. Nombre de lacs où on signalait pour la première fois la présence de l’achigan à petite bouche en Nouvelle-Écosse, 1942-2008.

carte

Description longue pour la figure 28

Ce graphique à barres indique les informations suivantes :

Données de la figure 28.
AnnéeNombre total
des lacs
19421
19441
19461
19473
19481
19501
19523
19542
19591
19601
19613
19654
19661
19677
19704
19712
19721
19731
19756
19763
19783
19812
19821
19831
19844
19863
19884
19897
19903
19923
19931
199415
19957
19969
19977
19988
199911
200014
20016
200219
20031
20063

Source : d’après LeBlanc (2009)144

Dans l’EMA, l’achigan à petite bouche est un prédateur et compétiteur efficace des autres poissons, entre autres le saumon atlantique indigèneNote de bas de page145. On a pu démontrer que lorsqu’il s’établit dans de nouveaux systèmes, il modifie les réseaux trophiques et entraîne des changements de la composition en espèces, de l’abondance relative des espèces et de l’utilisation du milieu par les assemblages de poissons, particulièrement ce qui concerne les espèces de poissons de petite taille143, Note de bas de page146.

Didymo

L’algue didymo (Didymosphenia geminata) est une algue d’eau douce unicellulaire microscopique endémique des rivières et des lacs des régions boréales et montagneuses de l’hémisphère nord. Lorsque cette algue produit de grandes quantités de tiges, des proliférations nuisibles peuvent se produireNote de bas de page147. Depuis un premier signalement dans la rivière Matapédia durant l’été 2006, on a observé cette algue dans plusieurs rivières du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et du nord du Nouveau-BrunswickNote de bas de page148. L’algue didymo a augmenté les densités de macroinvertébrés benthiques, touchant ainsi le réseau trophique aquatique de la rivière Matapédia de 2006 à 2007Note de bas de page149. Lorsqu’il y a prolifération, le tapis qui se forme peut couvrir de grandes parties du lit des cours d’eau et des substrats exposés, causant ainsi des dommages importants aux écosystèmesNote de bas de page150. On ne connaît pas encore toute l’étendue des effets sur les écosystèmes, notamment sur le saumon147, 148.

Espèces marines non indigènes envahissantes

Crabe vert

Originaire d’Europe et d’Afrique du Nord, le crabe vert (ou crabe européen) (Carcinus maenus), l’une des espèces envahissantes qui ont le plus prospéré dans le monde, s’est établi le long des côtes tempérées de tous les continentsNote de bas de page151. L’espèce s’est dispersée principalement de façon accidentelle à la faveur de la circulation des bateaux de pêche et du transport maritime, en particulier par l’entremise des eaux de ballastNote de bas de page152. Le crabe vert, omnivore, se nourrit voracement de plantes aquatiques et particulièrement de mollusquesNote de bas de page153, dont des bivalves, et il entre en compétition avec les prédateurs et les omnivores indigènes pour sa nourritureNote de bas de page154. Dans certaines parties de la zone où il a été introduit, il a entraîné une baisse des effectifs de bivalves et d’autres espèces de crabes, et il représente une menace pour les industries des mollusques et crustacés et de la pêche154. Dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, le crabe vert menace aussi les herbiers de zostère marine; il peut couper les plants à leur base et altérer des herbiers entiersNote de bas de page155.

Parmi les autres espèces marines non indigènes envahissantes potentiellement importantes, on compte plusieurs tuniciers, non traités dans le présent document.

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Constatation clé 12
Charge en éléments nutritifs et efflorescences algales

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l’échelle nationale
Les apports d’éléments nutritifs aux systèmes d’eau douce et marins, et plus particulièrement dans les paysages urbains ou dominés par l’agriculture, ont entraîné la prolifération d’algues qui peuvent être nuisibles ou nocives. Les apports d’éléments nutritifs sont en hausse dans certaines régions et en baisse dans d’autres.

L’apport d’éléments nutritifs dans les eaux souterraines et les eaux de surface provient de différentes sources, entre autres urbaines, industrielles, agricoles et atmosphériques. La présente section se concentre sur le risque de charges d’azote et de phosphore issues des terres agricoles. On y utilise l’Î-P.-É. comme étude de cas des tendances des nitrates dans les eaux souterraines et les eaux de surface, et le Québec comme étude de cas pour les tendances du phosphore dans les rivières.

Azote

Dans les terres agricolesNote de bas de pageV de l’EMA, on trouve de fortes teneurs en azote résiduel (ou excédentaire) dans le sol, après prise en compte des apports et des pertes. Les teneurs en azote résiduel dans le sol ont augmenté dans la plupart des terres cultivées de 1981 à 2006 (figure 29). En 2006, c’est dans l’EMA qu’on trouvait les deuxièmes valeurs les plus élevées d’azote résiduel dans le sol de toutes les écozones+ agricoles, après l’écozone+ maritime du PacifiqueNote de bas de page156. Il en résulte un potentiel élevé de lessivage de l’azote du sol vers les eaux. À l’Î-P.-É., les fortes concentrations d’azote dans les eaux souterraines et les eaux de surface représentent aujourd’hui un grave problème pour l’eau potable et la santé des écosystèmesNote de bas de page157.

Figure 29. Changement de catégorie de risque pour l’azote résiduel dans le sol (ARS) entre 1981 et 2006 (à gauche), et catégories de risque en 2006 (à droite) dans les terres agricoles de l’écozone+ maritime de l’Atlantique.

carte

Description longue pour la figure 29

Cette figure comporte deux cartes de densité. Une de ces cartes indique les endroits où les teneurs en azote résiduel dans le sol ont augmenté, ont diminué ou sont restées inchangées entre 1981 et 2006, et l’autre indique les teneurs en azote résiduel dans le sol en 2006 en kilogrammes d’azote par hectare, par catégorie, en 2006. Les teneurs en azote résiduel dans le sol ont augmenté dans la plupart des terres cultivées entre 1981 et 2006. En 2006, la teneur en azote résiduel dans le sol d’environ la moitié de l’écozone+ se trouvait dans la catégorie la plus élevée de 40 kg par hectare ou plus.

Les terres agricoles visées par cette figure incluent les catégories « terres cultivées », « pâturages améliorés » et « jachère » du Recensement de l’agriculture du Canada.
La catégorie 0,0-9,9 représente un risque très faible, et la catégorie ≥ 40, un risque très élevé.

Source : Drury et al., 2011156

Concentrations d’azote dans les eaux souterraines et les eaux de surface à l’Î-P.-É.

Les concentrations naturelles d’azote sont habituellement inférieures à 2 mg/l. La biodiversité aquatique des cours d’eau et des estuaires est plus vulnérable aux concentrations d’azote supérieures à 2 à 3 mg/l, qui peuvent inhiber la croissance, perturber le système immunitaire et exercer un stress sur certaines espèces157. Depuis les années 1980, l’Î-P.-É. a connu une augmentation continue de la concentration d’azote dans ses eaux souterraines. Les concentrations moyennes d’azote dans les eaux souterraines prélevées dans les puits à l’Î-P.-É. dépassent invariablement 2 mg/l et sont restées supérieures à 3 mg/l entre 1984 et 2007 (figure 30). Les concentrations d’azote dans l’eau des puits à l’Î-P.-É. varient selon le bassin hydrographique, et les profils de contamination sont restés constants lorsqu’on compare les valeurs de la période 2000-2005 à celles de la période 2005-2008 (figure 31). En général, les concentrations d’azote semblent être en forte corrélation avec les pratiques de gestion agricoles dans les bassins hydrographiques individuels; les bassins hydrographiques présentant les concentrations en azote les plus élevées sont dans des zones où la proportion de terres utilisées pour la production de pommes de terre est la plus élevée.

Figure 30. Concentration moyenne d’azote et pourcentage de puits privés dont la concentration d’azote dans l’eau dépasse les plafonds recommandés, Î-P.-É., 1984-2007.

carte

Description longue pour la figure 30

Ce graphique indique les informations suivantes :

Données de la figure 30.
AnnéeConcentration moyenne
de nitrate (mg/l)
% des puits à concentration
> 10 mg/l
19843.2 
19953.5 
20003.63.5
20013.74.9
20023.85.2
20033.95.3
20043.53.5
20053.64.2
20063.64.3
20074.14

Source : Department of Environment, Energy and Forestry de l’Î-P.-É., données inéditesNote de bas de page158

Figure 31. Changement des concentrations moyennes d’azote dans les eaux souterraines entre la période 2000-2005 (en haut) et la période 2004-2008 (en bas) dans les bassins hydrographiques de l’Î‑P.‑É.

carte

Description longue pour la figure 31

Cette figure comprend deux cartes indiquant les concentrations moyennes d’azote dans les eaux souterraines de l’Île-du-Prince-Édouard, par bassin hydrographique. Une carte illustre la période 2000­2005, et l’autre la période 2004-2008. Bien qu’utilisant différentes échelles pour évaluer les concentrations d’azote, elles montrent que les concentrations d’azote dans l’eau des puits de l’Î.-P.-É. varient selon les bassins hydrographiques et les modèles de contamination, et qu’elles sont restées stables au cours des deux périodes. On trouve les concentrations les plus élevées dans le centre-sud de l’île, près de Summerside.

Source : Commission on Nitrates in Groundwater, 2008 (données de 2000-2005)157; Jiang, données inédites (données de 2004-2008)Note de bas de page159

Les eaux souterraines contribuent à un pourcentage aussi grand que 65 % du débit annuel dans un cours d’eau typique à l’Î-P.-É.Note de bas de page160. Les eaux souterraines enrichies d’azote se déchargent dans les cours d’eau locaux, ce qui entraîne une contamination des eaux de surface et une détérioration des écosystèmes aquatiquesNote de bas de page161. Les données de surveillance pour toute l’Î-P.-É. indiquent que les concentrations d’azote dans les cours d’eau ont augmenté avec le temps et, dans certains cas, ont été multipliées par deux ou plus depuis les années 1960161. Un apport excessif en éléments nutritifs peut occasionner une eutrophisation s’accompagnant d’une prolifération d’algues macroscopiques et de dinoflagellés (phytoplancton) qui réduisent la teneur de l’eau en oxygène et/ou libèrent des substances toxiques, tuant ou étouffant ainsi d’autres espèces. Une telle prolifération peut résulter de concentrations d’azote relativement faibles (< 2 mg/l), faisant apparaître des zones hypoxiques ou « mortes » étendues161, Note de bas de page162. Entre 2002 et 2008, 18 estuaires de l’Î-P.-É., la majorité de ceux-ci se trouvant sur le rivage nord, ont subi des épisodes d’anoxie récurrents (figure 32)Note de bas de page163. On croit que des concentrations élevées d’azote dans les eaux de surface pourraient être un des facteurs responsables des épisodes d’anoxie161.

Figure 32. Nombre d’épisodes d’anoxie signalés à l’Île-du-Prince-Édouard entre 2002 et 2008.

carte

Description longue pour la figure 32

Cette carte indique le nombre d’épisodes d’anoxie signalés et l’endroit où ils ont eu lieu dans différents estuaires de l’Île-du-Prince-Édouard entre 2002 et 2008. Durant cette période, 18 estuaires de l’Î.-P.-É., la majorité se trouvant sur la rive nord de l’île, ont subi des épisodes d’anoxie récurrents. Il y a aussi eu des sites où des épisodes d’anoxie répétés se sont produits sur la côte est. Le nombre d’épisodes par endroit va de 1 à 7.

Source : Department of Environment, Fisheries and Forestry de l’Î-P.-É., données inédites

Phosphore

Selon les données de surveillance recueillies par Agriculture et Agroalimentaire Canada de 1981 à 2006, le risque de contamination des eaux de surface par le phosphore présent dans le sol a augmenté au Canada, avec un pourcentage croissant de bassins hydrographiques agricoles à risque élevé et très élevé de contamination au phosphoreNote de bas de page164. Au Québec et dans les provinces atlantiques, en particulier, le risque est graduellement passé des catégories de risque faibles à élevées depuis 1991 (figure 33)164. En termes de quantité de phosphore dans le sol, le pourcentage de terres agricoles au Québec et dans les provinces atlantiques dont la concentration de phosphore dans le sol excède la valeur-seuil de 4 mg de phosphore/kg de sol est passée de moins de 2 % en 1981 à plus de 33 % en 2006Note de bas de page165.

Concentration de phosphore dans les rivières du Québec

Contrairement aux résultats ci-dessus obtenus pour les terres agricoles, les concentrations de phosphore ont diminué de plus de 50 % à une station, de 0 à 50 % à une deuxième station, et étaient stables à trois autres stations entre 1988 et 1998 dans certaines rivières de la portion québécoise de l’EMANote de bas de page166. Cependant, les concentrations de phosphore ont aussi diminué dans une série de sites témoins dans des rivières des basses terres des Appalaches entre les périodes 1979-2002 et 2000-2002166. Ces sites se trouvent dans des bassins hydrographiques où l’occupation humaine est faible ou nulle. Cela laisse croire que les facteurs influant sur les concentrations de phosphore dans les rivières pourraient diminuer naturellement, indépendamment des activités humaines.

Figure 33. Risque de contamination des eaux par le phosphore dans les bassins hydrographiques agricoles sous les pratiques de gestion de 2006 dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique (carte), et tendance de la proportion de terres agricoles dans chaque catégorie de risque, de 1981 à 2006, par province (graphiques à barres).

carte

Description longue pour la figure 33

Cette figure comprend une carte d’intensité de l’écozone+ maritime de l’Atlantique indiquant le risque de contamination de l’eau par le phosphore en 2006, classé en cinq catégories (Très faible, Faible, Modéré, Élevé et Très élevé) et un graphique à barres pour chacune des quatre provinces de l’écozone+ maritime de l’Atlantique. On peut voir dans les cartes que les zones présentant le risque le plus élevé se trouvent dans la portion sud de l’écozone+ au Québec. Les graphiques à barres montrent les informations suivantes :

Données de la figure 33.

 Québec
Echelle1981
(%)
1986
(%)
1991
(%)
1996
(%)
2001
(%)
2006
(%)
Très faible37343183213
Faible553938384046
Modéré82723172022
Élevé00829818
Très élevé000800

 

Île-du-Prince-Édouard
Echelle1981
(%)
1986
(%)
1991
(%)
1996
(%)
2001
(%)
2006
(%)
Très faible341003421346
Faible66066796656
Modéré0000038
Élevé000000
Très élevé000000

 

Nouveau Brunswick
Echelle1981
(%)
1986
(%)
1991
(%)
1996
(%)
2001
(%)
2006
(%)
Très faible1001001003010040
Faible00070060
Modéré000000
Élevé000000
Très élevé000000

 

Nouvelle-Écosse
Echelle1981
(%)
1986
(%)
1991
(%)
1996
(%)
2001
(%)
2006
(%)
Très faible636328182818
Faible373754485448
Modéré0018161816
Élevé00018018
Très élevé000000

L’indicateur de risque de contamination de l’eau par le phosphore (IRCE-P) vise à évaluer les tendances dans le temps du risque de contamination des eaux de surface par le phosphore issu des terres agricoles canadienne, à l’échelle du bassin hydrographique.
Le graphique à barres concernant le Québec inclut des données sur certaines zones se trouvant à l’extérieur de l’écozone+.
Source : d’après van Bochove et al. (2010)164

Proliférations d’algues au Québec

On a établi un lien entre les proliférations d’algues bleu-vert (Cyanobacteria) et les concentrations élevées de phosphore dans les eaux de surfaceNote de bas de page167. Le nombre de lacs ou rivières touchés par les algues bleu-vert dans la portion québécoise de l’EMA est passé de 3 à 16 lacs entre 2004 et 2008 (figure 34).

Figure 34. Nombre de lacs ou rivières dans lesquels on a détecté des algues bleu-vert pour les unités administratives du Québec chevauchant l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 2004-2008.

carte

Description longue pour la figure 34

Ce graphe à barres empilées indique les informations suivantes :

Données de la figure 34.
Les unites
administratives
Nombre de
plans d’eau
- 2004
Nombre de
plans d’eau
- 2005
Nombre de
plans d’eau
- 2006
Nombre de
plans d’eau
- 2007
Nombre de
plans d’eau
- 2008
Bas-Saint-Laurent21369
Chaudière-Appalaches11387

Ces unités administratives, dont la plus grande partie de la superficie se trouve dans l’EMA, sont le Bas-Saint-Laurent et Chaudière-Appalaches.
Source : d’après le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (2009)Note de bas de page168

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Constatation clé 13
Dépôts acide

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l’échelle nationale
Les seuils reliés aux effets écologiques des dépôts acides, incluant les pluies acides, sont dépassés dans certaines zones, les émissions acidifiantes sont croissantes dans certaines zones, et le rétablissement biologique n’a pas atteint le même rythme que la réduction des émissions dans d’autres zones.

À la suite de la baisse des émissions, les dépôts de sulfates et de nitrates ont diminué de façon importante dans l’EMA entre 1990 et 2004 (figure 35)Note de bas de page169. Néanmoins, à cause du faible pouvoir tampon de ses formations géologiques et de ses sols contre l’acidité, une grande partie de l’EMA est très vulnérable aux acides, et les dépôts atmosphériques de soufre et d’azote ont excédé les charges critiques dans plusieurs zones de 1999 à 2003 (figure 36)Note de bas de page170. Les effets potentiels à long terme sur la santé des forêts, par exemple réduction des taux de croissance et de la productivité, accroissement de la mortalité et changements éventuels de la composition en espèces forestières, sont particulièrement préoccupants169, Note de bas de page171 Note de bas de page172.

Figure 35. Tendance des dépôts humides de sulfates et de nitrates dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique durant les périodes 1990-1994 et 2000-2004.

carte

Description longue pour la figure 35

Cette figure comprend deux ensembles de cartes comparant les dépôts humides de sulfates et de nitrates moyens durant les périodes 1990-1994 et 2000-2004. Les cartes montrent que les dépôts des deux substances étaient plus prononcés au cours de la période 1990-1994 et que, dans les deux cas, ils se trouvaient principalement autour du fleuve Saint-Laurent. Elles indiquent que les dépôts de sulfates et de nitrates dans l’écozone+ ont diminué substantiellement entre 1990 et 2004.

Source : d’après la Commission for Environmental Cooperation (2008)169

Figure 36. Carte des zones forestières dans les États de la Nouvelle-Angleterre et les provinces de l’est du Canada où la charge critique a été dépassée à cause des dépôts acides, 1999-2003 (environ).

carte

Description longue pour la figure 36

Cette carte de densité indique le niveau de dépôts acides par rapport à la charge critique dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, ainsi que dans les États de la Nouvelle-Angleterre. Elle montre que les dépôts atmosphériques de soufre et d’azote dépassent les charges critiques à plusieurs endroits entre 1999 et 2003. Dans l’écozone+, ce phénomène était le plus prononcé dans la moitié sud de la Nouvelle-Écosse.

Données sur les taux de dépôts atmosphériques de 1999 à 2003 pour les États de la Nouvelle-Angleterre et de 1999 à 2002 pour le Québec et les provinces atlantiques. Jaune, orange et rouge : zones où les concentrations de soufre et d’azote ont dépassé les charges critiques. Vert : zones où les charges critiques n’ont pas été dépassées.
Source : d’après le Groupe de cartographie de la forêt des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre/premiers ministres de l’Est du Canada (2007)170

Les effets sur le poisson et les systèmes d’eau douce sont également préoccupants. L’EMA inclut les régions nord-américaines les plus touchées en termes de pourcentage de l’habitat du poisson perdu à cause des pluies acidesNote de bas de page173 Note de bas de page174. Le saumon atlantique est très sensible à l’acidité et, en 1996, 14 remontes le long des côtes de la Nouvelle-Écosse ont disparu à cause de l’acidité de l’eau, 20 remontes ont été gravement touchées, et 15 autres ont été légèrement touchéesNote de bas de page175. Le pH n’a pas subi de changement mesurable en dépit de la baisse des émissions de dioxyde de soufre et on s’attend à ce que le rétablissement de la chimie et de l’écologie des eaux prenne plusieurs décennies de plus en Nouvelle-Écosse, par rapport aux autres parties du Canada174 Note de bas de page176. Une recherche récente indique également que le principal moteur des effets sur le poisson est l’aluminium, qui a été activé par les dépôts acides et a atteint des concentrations toxiques pour le poissonNote de bas de page177.

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Constatation clé 14
Changements climatiques

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l’échelle nationale
L’élévation des températures partout au Canada ainsi que la modification d’autres variables climatiques au cours des 50 dernières années ont eu une incidence directe et indirecte sur la biodiversité dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d’eau douce et d’eau marine.

Tendances des variables climatiques

Le tableau 9 résume les tendances importantes des variables climatiques dans l’EMA de 1950 à 2007. L’écozone+ est caractérisée par une grande variabilité aux échelles interannuelle, décennale et multi-décennale. Dans l’ensemble de l’écozone+, les températures estivales ont augmenté de seulement 1,1 °C (tableau 9, figure 37). Par rapport au reste du Canada, les températures dans l’EMA et dans les écozones+ boréale de Terre-Neuve et des plaines à forêts mixtes ont montré les plus petites hausses au cours de la période allant de 1950 à 2007Note de bas de page178. Dans l’EMA, on a associé cet état de fait à une tendance étendue au refroidissement au-dessus du nord-est de l’océan Atlantique durant la période approximative de 1950 à 1980Note de bas de page179.

Tableau 9. Sommaire des variations des variables climatiques dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1950-2007.

Variable climatique
Tendance globale dans l’écozone+ (1950-2007)Commentaires et variation régionale
Température
  • hausse de 1,1 °C en été
  • Aucune tendance pour le printemps, l’automne et l’hiver
  • Les tendances sont uniformes dans toute l’écozone+
  • Hausse des températures printanières à deux stations, près de Sussex (N.-B.) et Greenwood (N.-É.)
Précipitations
  • Aucune tendance pour la hauteur maximale et la durée de la neige
  • La hausse en automne largement concentrée dans la partie nordique de l’écozone+
Neige
  • Aucune tendance pour la hauteur maximale et la durée de la neige
  • La période de couverture de neige a diminué de  >  20 jours à certaines stations (printemps et automne)
  • La hauteur maximale de la neige a diminué de  >  40 cm à certaines stations
Indice de sévérité de sécheresse
  • Aucune tendance
  • Pas d’années d’humidité extrême ni de sécheresse grave
  • Hausse de >  2 unités près de Rimouski (Québec) (l’indice varie de 4 à -4)
  • Diminution de >  2 unités près de Saint John (N.-B.)
Saison de croissance
  • Pas de variation de la durée ni des dates de début et de fin
  • Hausse de la durée de la saison de croissance de 20 à 40 jours et début plus hâtif de 15 à 30 jours à une station dans l’extrémité sud du Québec
  • La saison de croissance a commencé jusqu’à 15 jours plus tôt à 3 stations de la région de la baie de Fundy

Seules les tendances significatives (p < 0,05) sont indiquées.
Source : Zhang et al., 2011178 et données supplémentaires fournies par les auteurs

Les précipitations automnales ont augmenté, tout comme le nombre de jours avec précipitations au printemps, en été et en automne (tableau 9), bien qu’il y ait eu variation entre stations (figure 38). On n’a pu dégager aucune tendance globale dans la durée de la couverture de neige et la hauteur maximale annuelle de la neige, mais les tendances étaient significatives à quelques stations individuelles, où la durée de la couverture de neige était régulièrement plus courte (figure 39) et la hauteur maximale de la neige, moins importante. Les variations des précipitations ont un effet sur l’hydrologie, comme on l’a mentionné dans la section « Lacs et cours d’eau », à la page 27.

Les stations météorologiques étaient bien réparties dans l’EMA et les tendances aux stations individuelles étaient généralement bien représentées dans les tendances globales. Il y avait toutefois des stations individuelles qui faisaient figure d’exception en présentant des changements significatifs ne correspondant pas aux tendances globales (voir tableau 9, figure 37, figure 38 et figure 39).

Figure 37. Variation des températures moyennes dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1950-2007, selon les saisons : a) printemps (mars à mai), b) été (juin à août), c) automne (septembre à novembre) et d) hiver (décembre à février).

carte

Description longue pour la figure 37

Cette figure comporte une carte pour chaque saison, avec des icônes représentant les stations de surveillance individuelles et indiquant une augmentation ou une diminution des températures saisonnières par rapport à la moyenne de la période 1961-1990, le degré de changement, et si les tendances observées sont significatives. Les températures estivales ont augmenté de façon significative dans une grande proportion de sites, tandis que peu de sites présentent des tendances significatives au cours des autres saisons. Dans l’ensemble de l’écozone+, les températures estivales ont augmenté de 1,1 °C.

Source : Zhang et al., 2011178 et données supplémentaires fournies par les auteurs

Figure 38. Variation des quantités de précipitations dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1950­2007, selon les saisons : a) printemps (mars à mai), b) été (juin à août), c) automne (septembre à novembre) et d) hiver (décembre à février).

carte

Description longue pour la figure 38

Cette figure comporte une carte pour chaque saison, avec des icônes représentant les stations de surveillance individuelles et indiquant une augmentation ou une diminution des précipitations saisonnières par rapport à la moyenne de la période 1961-1990, le degré de changement, et si les tendances observées sont significatives. Les précipitations printanières ont connu une augmentation significative dans de nombreux sites de l’est du Nouveau-Brunswick et du sud de la Nouvelle-Écosse. En automne, ces précipitations ont augmenté, surtout dans les zones les plus au nord. Dans l’ensemble de l’écozone+, les précipitations automnales ont augmenté de 18,6 %.

Source : Zhang et al., 2011178 et données supplémentaires fournies par les auteurs

Figure 39. Variation de la durée de la couverture de neige (nombre de jours où il y a ≥ 2 cm de neige au sol) dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1950-2007, au cours de : a) la première moitié de la saison de neige (août à janvier), qui indique le changement de la date de début de la couverture de neige, et b) la seconde moitié de la saison de neige (février à juillet), qui indique le changement de la date de fin de la couverture de neige.

carte

Description longue pour la figure 39

Cette figure comporte deux cartes, une pour chaque moitié de la saison de neige, avec des icônes représentant les stations de surveillance individuelles et indiquant une augmentation ou une diminution de la durée de la couverture de neige, de 1950 à 2007, le degré de changement, et si les tendances observées sont significatives. Pour les deux moitiés de la saison de neige, les tendances étaient mixtes, avec une diminution de la profondeur de neige maximale de plus de 40 cm dans certaines stations.

Source : Zhang et al., 2011178 et données supplémentaires fournies par les auteurs

Prévisions climatiques

On s’attend à ce que les changements climatiques aient une vaste gamme d’effets sur l’EMA, dont les suivants :

  • Augmentation des températures annuelles moyennes de l’air, bien que moins prononcée que dans d’autres parties du CanadaNote de bas de page180;
  • Augmentation de la température de l’eau des rivièresNote de bas de page181;
  • Allongement et réchauffement de la saison de croissance181;
  • Diminution de la couverture de glace marine dans le golfe du Saint-Laurent126;
  • Changement d’intensité et de fréquence des tempêtesNote de bas de page182;
  • Changement de composition des forêts (p. ex. réduction de la proportion de bouleaux jaunes et prolifération des bouleaux blancs et des peupliers)26.

Certaines espèces de poisson, comme le saumon atlantique, sont des espèces d’eaux froides, et des eaux plus chaudes pourraient avoir un effet négatif sur leur croissance181. En effet, les eaux plus chaudes peuvent augmenter la vulnérabilité du saumon aux maladies et infections, augmenter le taux de mortalité et diminuer la disponibilité d’habitat propice à l’espèce. Des travaux de modélisation indiquent que les changements climatiques pourraient faire grimper la température de l’eau des rivières dans la région de 2 à 5 ° C et amplifier les conditions de faible débit extrêmes181. Des chercheurs ont étudié la relation entre le climat, les paramètres hydrologiques et la longueur des saumons juvéniles (tacons) dans la rivière Miramichi et observé une diminution significative de leur longueur. La longueur des poissons est un indicateur de leur croissance qui touche également la compétition, la prédation, la smoltification et la survie en mer. Cette relation était associée au réchauffement observé, et les résultats indiquent que les futurs changements climatiques auront des effets négatifs sur les saumons juvéniles de la rivière Miramichi181.

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Constatation clé 15
Services écosystémiques

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l’échelle nationale
Le Canada est bien pourvu en milieux naturels qui fournissent des services écosystémiques dont dépend notre qualité de vie. Dans certaines régions où les facteurs de stress ont altéré le fonctionnement des écosystèmes, le coût pour maintenir les écoservices est élevé, et la détérioration de la quantité et de la qualité des services écosystémiques ainsi que de leur accès est évidente.

Les services écosystémiques sont les biens directs et les services indirects assurés par un environnement sain et naturel pour le bien-être humain. Cela inclut quatre différents types de services : des services d’approvisionnement, des services de régulation, des services de soutien aux conditions favorables à la vie sur Terre, et des services culturels. Les services d’approvisionnement dans l’EMA comprennent les produits de la forêt, l’eau et les aliments, dont ceux issus de la pêche commerciale en eau douce. Les services de régulation, comme l’assimilation des eaux usées, sont importants, tout comme les services de soutien assurés par les milieux humides. Les écosystèmes contribuent également à des services culturels importants, comme la pêche récréative, la chasse, les activités de plein air et le tourisme.
La détermination de la valeur des biens et services des écosystèmes prend en compte les stocks et les flux des  écosystèmes à l’aide de mesures biophysiques ou monétaires. Une analyse économique de base prend habituellement en compte les flux de biens des écosystèmes incluant, par exemple, les produits forestiers, le poisson, les aliments et les ressources énergétiques et minérales. Ces biens sont échangés dans les marchés économiques et leur valeur au fil du temps peut servir d’indicateur de l’état et des tendances des écosystèmes. D’autres biens et services des écosystèmes, cependant, comme la régulation du climat, la purification des eaux et l’assimilation des déchets ne sont pas échangés sur les marchés et sont considérés comme des biens et services non marchands.

La valeur estimée combinée des biens et services des écosystèmes pour les provinces atlantiques (à l’exclusion de la portion québécoise de l’EMA, qui ne peut facilement être séparée des autres parties du Québec) est de plus de 4,7 milliards de dollars (tableau 10).

Tableau 10. Sommaire des valeurs estimées des biens et services des écosystèmes dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, à l’exclusion de sa portion québécoise.Tableau - note1
ServicesAnnéesValeurs
(millions)**
Mesures
EauxDiverses2 434 $Diverses
Forêts2006466 $PIB + valeur à la ferme
Activités de plein air1996463 $Dépenses
Pêche commerciale2006406 $Valeur au débarquement
Agriculture2006347 $Valeur ajoutée
Tourisme2006300 $Dépenses
Milieux humides*2007122 $Expérience de choix
Pêche récréative2006122 $Dépenses
Total 4 753 $ 

Tableau 10 - Notes

Note 1

Dans ce tableau : * La valeur relative aux milieux humides n’est pas incluse dans le total pour éviter une double comptabilisation. ;
** Valeurs converties en dollars de 2006
Source : Eaton (2013)4 d’après des données de sources diverses

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Introduction