Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ maritime de l’Atlantique

Conclusion : bien-être humain et biodiversité

Depuis 400 ans, l’économie de l’EMA est principalement fondée sur les ressources, soit sur les industries de l’exploitation forestière, de la pêche, de l’agriculture, des mines et, plus récemment, du tourisme. Nombre de ces industries dépendent d’écosystèmes sains et fonctionnels, mais le développement industriel a aussi eu une grande influence sur l’état et les tendances des écosystèmes de l’EMA. Dans certains cas, l’exploitation forestière, les aménagements, les changements climatiques et les dépôts acides ont affaibli la capacité de ces écosystèmes de continuer à fournir des biens et services importants.

Malgré le fait que les forêts occupent encore 80 % du paysage, l’exploitation forestière, la lutte contre les incendies et les infestations d’insectes ont donné lieu dans les écosystèmes forestiers à une réduction de la diversité des espèces, à une altération de la composition en espèces et au rajeunissement des peuplements forestiers. Les forêts restantes ont aussi été en grande partie fragmentées par les routes, ce qui a touché les espèces forestières. Dans l’EMA, le caribou ne compte plus qu’une seule population en voie de disparition, et la population d’orignaux a connu une baisse. De nombreux mammifères prédateurs des niveaux trophiques supérieurs, comme le loup, la martre d’Amérique, l’ours noir et le lynx, ont disparu de toute l’EMA ou de la plus grande partie de celle-ci par suite de la pression combinée des altérations de leurs habitats et de la chasse pratiquée dans le passé.

Les écosystèmes côtiers ont aussi été touchés par le développement industriel et urbain et par la construction de chalets. On enregistre certains des plus forts taux de destruction de milieux humides parmi les milieux humides côtiers. La perte de plages, de dunes et d’herbiers de zostère marine a réduit la convenabilité des milieux côtiers comme habitat pour certaines espèces, comme les oiseaux de rivage. La perte d’écosystèmes côtiers a également accru la vulnérabilité du littoral à l’érosion causée par la hausse du niveau de la mer et les ondes de tempête, avec les risques que cela comporte pour la vie et la propriété humaines. Les activités portuaires ont introduit des espèces non indigènes envahissantes, ce qui a entraîné des baisses d’effectifs chez certaines espèces d’arbres et des impacts économiques, par exemple, sur la production de bois d’œuvre.

Les lacs et les rivières ont été modifiés par les changements climatiques (p. ex. changement des régimes de débit, changement des dates de gel et de dégel), par la présence de barrages et par le ruissellement des éléments nutritifs excédentaires issus de l’agriculture. On trouve dans l’EMA certaines des terres les plus vulnérables à l’acidité au Canada et, à cause des dépôts acides historiques, de nombreuses remontes du saumon atlantique ont été perdues. Les espèces de poissons introduites, tout comme les proliférations de l’algue didymo, ont modifié les réseaux trophiques et la composition des communautés aquatiques. Les effets des changements climatiques, bien qu’on croie qu’ils seront moins importants dans l’EMA que dans d‘autres écozones+ canadiennes, exacerberont ces changements.

La production alimentaire dans l’EMA est presque entièrement confinée à l’ Î-P.-É., à la vallée de l’Annapolis, en Nouvelle-Écosse, et à la vallée de la rivière Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. À cause de la plus grande superficie occupée par les terres cultivées, les paysages agricoles ont vu diminuer leur capacité d’habitat faunique. Par ailleurs, on trouve dans l’EMA, comparativement au reste du Canada, certaines des valeurs d’azote résiduel dans le sol les plus élevées et, à cause du climat de cette écozone+, certaines des valeurs de risque d’érosion du sol également les plus élevées. Le risque d’érosion du sol y a cependant diminué dans les terres agricoles.

La lutte contre les incendies, l’accroissement des perturbations liées aux phénomènes météorologiques extrêmes et certaines infestations d’insectes sont parmi les facteurs qui ont altérer les régimes de perturbation naturels. Comme dans de nombreuses écozones+ du Canada, il est difficile de bien évaluer les effets de ces facteurs sur la biodiversité, les perturbations naturelles et les processus écologiques, en raison d’un manque de surveillance exhaustive à long terme.

Haut de la page