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Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ maritime de l’Atlantique

Ce rapport est aussi disponible en version PDF. Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ maritime de l’Atlantique (PDF; 5,01 Mo)

Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010 Rapport sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés no 3 Publié par les Conseils canadiens des ministres des ressources

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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ maritime de l’Atlantique.

Publ. aussi en anglais sous le titre :
Atlantic Maritime Ecozone+ evidence for key findings summary.
978-0-660-22181-6

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Photographies de la page couverture : vallée de la Margaree, île du Cap-Breton, Nouvelle-Écosse, © iStock.com/cworthy; rochers Hopewell Rocks, baie de Fundy, Nouveau-Brunswick, © iStock.com/MorganLeFaye.

Ce rapport devrait être cité comme suit :
Secrétariat du RETE. 2014. Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ maritime de l’Atlantique. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés no 3. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, (Ont.). xi + 108 p. http://www.biodivcanada.ca/default.asp?lang=Fr&n=137E1147-1

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2014

Also available in English

Préface

En 2006, les Conseils canadiens des ministres des ressources ont élaboré le document Un cadre axé sur les résultats en matière de biodiversitéNote de bas de page1, qui est centré sur les mesures de conservation et de restauration prévues dans la Stratégie canadienne de la biodiversitéNote de bas de page2. Le rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010Note de bas de page3 a été le premier rapport rédigé suivant ce cadre. Il présente 22 constatations clés issues de la synthèse et de l’analyse de rapports techniques de base sur l’état et les tendances pour de nombreux thèmes nationaux intersectoriels (série de rapports techniques thématiques) et pour les écozones+ terrestres et marines du Canada (évaluations de l’état et des tendances des écozones+). Plus de 500 experts ont participé à l’analyse des données ainsi qu’à la rédaction et à l’examen de ces documents de base. Des rapports sommaires ont également été élaborés pour chaque écozone+ terrestre afin de présenter les éléments probants propres à ces écozones relativement à chacune des 22 constatations clés nationales (série de rapports sommaires sur les éléments probants relativement aux constatations clés). Ensemble, ces produits constituent le Rapport sur l’état et les tendances des écosystèmes en 2010 (RETE).

Le présent rapport, Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ maritime de l’Atlantique, présente les éléments probants de l’Évaluation de l’état et des tendances de l’écozone+ maritime de l’AtlantiqueNote de bas de page4 liés aux 22 constatations clés nationales. De plus, il met en relief les grandes tendances propres à cette écozone+, sans toutefois fournir une évaluation complète des données concernant ses divers écosystèmes. Le degré de détail de l’information présentée varie selon les constatations clés, et il se peut que des questions ou des ensembles de données aient été omis. En outre, à cause de la date de publication du rapport ou d’un manque de données facilement accessibles concernant l’écozone+, certaines constatations clés n’ont pas été traitées. Une importance particulière a été accordée aux données provenant de la série des rapports techniques thématiques, de portée nationale. Comme dans tous les produits constituant le RETE, les périodes sur lesquelles sont basées les évaluations de l’état et des tendances varient, d’une part parce que les périodes pertinentes pour les divers aspects des écosystèmes varient, et d’autre part parce que l’évaluation est fondée sur les meilleurs renseignements disponibles, qui proviennent de diverses périodes.

Système de classification écologique - écozones+

Une version légèrement modifiée des écozones terrestres du Canada, décrite dans le Cadre écologique national pour le CanadaNote de bas de page5, a permis de déterminer les zones représentatives d’écosystèmes pour tous les rapports compris dans le présent projet. Les modifications comprennent : un ajustement des limites terrestres pour tenir compte des améliorations résultant des activités de vérification au sol; la fusion des trois écozones de l’Arctique en une seule écozone; l’utilisation de deux écoprovinces, à savoir le bassin intérieur de l’Ouest et la forêt boréale de Terre-Neuve; l’ajout de neuf zones marines représentatives d’écosystèmes; et l’ajout de l’écozone des Grands Lacs. Ce système de classification modifié est appelé « écozones+ » dans ces rapports afin d’éviter toute confusion avec les « écozones » mieux connues du cadre initialNote de bas de page6. Les limites de l’écozone maritime de l’Atlantique sont les mêmes dans les deux cadres.

Cadre de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes du Canada.

carte

Description longue pour la carte de l'écozone+ du Canada

Cette carte du Canada montre le cadre de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes, appelé « écozones+ ». Cette carte illustre la répartition des 15 écozones+ terrestres, deux grandes écozones+ de lacs et neuf écozones+ marines.

Remerciements

Le secrétariat du rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes pour le Canada (RETE) tient compte de Trish Hayes, Dan Beaudette (Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick), et Greg Sheehy dans la préparation des différentes ébauches du rapport. Ce rapport a été examiné et modifié par Trish Hayes et Patrick Lilley. Kelly Badger en a été la principale conceptrice graphique. Un soutien additionnel a été offert par Jodi Frisk, Isabelle Turcotte, Eric Jacobsen, Ellorie McKnight, Michelle Connolly, et par d’autres personnes. Il est fondé sur l’Évaluation de l’état et des tendances de l’écozone+ maritime de l’Atlantique4. D’autres spécialistes ont contribué d’une manière appréciable à cette ébauche de rapport et leurs noms sont énumérés ci-dessous. Des examens ont été fournis par des scientifiques et des gestionnaires de ressources provenant d’organismes pertinents des gouvernements provinciaux, territoriaux et fédéral. La Société canadienne d'écologie et d'évolution a également coordonné les examens en collaboration avec les experts externes.

Évaluation de l’état et des tendances de l’écozone+ maritime de l’Atlantique – Remerciements

Auteure principale : S. Eaton

Auteurs collaborateurs : J. Barr, D. Beaudette, T. Hayes

Auteurs collaborateurs, sections ou sujets précis :

Services écosystémiques : G. MacAskill

Effets des changements climatiques dans le Saint-Laurent : J.-P. Savard et R. Siron

Auteurs des rapports techniques thématiques du RETE d’où proviennent les renseignements :

  • Tendances climatiques au Canada, de 1950 à 2007 : X. Zhang, R. Brown, L. Vincent, W. Skinner, Y. Feng et E. Mekis
  • Tendances des grands incendies de forêt au Canada, de 1959 à 2007 : C.C. Krezek-Hanes, F. Ahern, A. Cantin et M.D. Flannigan
  • Pathogènes et maladies de la faune au Canada : F.A. Leighton
  • Tendances des populations reproductrices de sauvagine au Canada : M. Fast, B. Collins et M. Gendron
  • Tendances relatives aux oiseaux terrestres au Canada, de 1968 à 2006 : C. Downes, P. Blancher et B. Collins
  • Tendances relatives aux oiseaux de rivage canadiens : C. Gratto-Trevor, R.I.G. Morrison, B. Collins, J. Rausch et V. Johnston
  • Tendances de la capacité d’habitat faunique des terres agricoles du Canada, de 1986 à 2006 : S.K. Javorek et M.C. Grant
  • Tendances de l’azote résiduel dans le sol pour les terres agricoles du Canada, de 1981 à 2006 : C.F. Drury, J.Y. Yang et R. De Jong
  • Érosion des terres cultivées : introduction et tendances au Canada : B.G. McConkey, D.A. Lobb, S. Li, J.M.W. Black et P.M. Krug
  • Surveillance à distance des écosystèmes – sélection de tendances mesurées à partir d’observations par satellite du Canada : F. Ahern, J. Frisk, R. Latifovic et D. Pouliot
  • Tendances relatives aux oiseaux aquatiques coloniaux de l’arrière-pays et aux oiseaux de marais au Canada : D.V.C. Weseloh
  • Tendances dictées par le climat dans les écoulements fluviaux au Canada, de 1961 à 2003 : A. Cannon, T. Lai et P. Whitfield
  • Biodiversité dans les rivières et lacs du Canada : W.A. Monk et D.J. Baird

Révision effectuée par des scientifiques ainsi que des gestionnaires de la faune et des ressources renouvelables issus d’organismes gouvernementaux provinciaux et fédéraux dans le cadre d’un processus de révision administré par le comité directeur du RETE.
Des experts externes ont procédé à des révisions additionnelles de certaines sections dans leur domaine d’expertise.

Orientation offerte par le comité directeur du RETE réunissant des représentants d’organismes fédéraux, provinciaux et territoriaux.

Travail éditorial, synthèse, contributions techniques, cartes et graphiques et production du rapport par le Secrétariat du RETE d’Environnement Canada.

Connaissances traditionnelles autochtones compilées par D.D. Hurlburt à partir de sources accessibles au public.

Figure 1. Carte générale de l’écozone+ maritime de l’Atlantique.

carte

Description longue pour la figure 1

Cette carte de l’écozone+ maritime de l’Atlantique montre l’emplacement des villes et des plans d’eau auxquels on fait référence dans le présent rapport. L’écozone+ se situe dans le sud de la côte atlantique du Canada et elle englobe les trois provinces maritimes canadiennes, soit le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard, dans leur totalité, ainsi qu’une partie du sud du Québec. La portion québécoise de l’écozone+ comprend la péninsule gaspésienne, les Îles-de-la-Madeleine et une partie de la rive est du fleuve Saint-Laurent; cela inclut les villes de Gaspé, de Rimouski et de Sherbrooke, mais non la ville de Québec. Au sud, l’écozone+ est limitée par la frontière entre le Canada et les États-Unis.

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Généralités sur l’écozone

L’écozone+ maritime de l’Atlantique (EMA) (figure 1) se trouve sur la côte atlantique sud du Canada; elle comprend l’entièreté des trois provinces Maritimes, ainsi qu’une partie du sud du Québec (voir la carte nationale à la page iii).
L’EMA se caractérise par un paysage diversifié caractérisé par la présence de plusieurs types de forêts, de côtes rocheuses, de terres agricoles, de lacs et de rivières. La proximité de l’océan a une énorme influence sur les caractéristiques physiques et le climat de la zone, et joue un rôle important dans la constitution de ses écosystèmes. Le tableau 1 présente un sommaire des principales caractéristiques de l’écozone+.

Tableau 1. Vue d’ensemble de l’écozone+ maritime de l’Atlantique.
Superficie205 836 km2 (2,1 % du Canada)
TopographieDominée par deux entités : la partie nord des Appalaches et les basses terres côtières de la plaine de Northumberland.
ClimatClimat maritime frais et humide.
Bassins hydrographiquesLe fleuve Saint-Laurent et les rivières St. Mary’s et Miramichi se jetant dans l’océan Atlantique.
La rivière Saint-Jean est la plus grande rivière.
GéologiePaysage façonné par des millions d’années d’activité volcanique et tectonique, la formation de montagnes, l’érosion, la sédimentation et plusieurs glaciations importantes.
Mélange de substrat rocheux sédimentaire et igné.
Matériaux de surface : 70 % de till
PeuplementLa majorité de la population se trouve dans les basses terres côtières.
Les principales agglomérations sont Halifax, Saint John, Moncton, Fredericton, Charlottetown, Rimouski, et Sherbrooke.
ÉconomieIndustrie fondée sur les ressources (foresterie, agriculture, pêche, mines).
Industrie des services
Un peu de fabrication
AménagementAménagement intensif limité aux principales collectivités côtières.
Exploitation pétrolière et gazière croissante en zone extracôtière.
Importance nationale/mondialeSept parcs nationaux du Canada ou réserves de parc national (R) : Hautes-Terres-du-Cap-Breton, Île-du-Prince-Édouard, Fundy, Kejimkujik, Kouchibouguac, Forillon et Île de Sable (R).
Treize réserves nationales de faune : Île Boot, marais John Lusby, Chignecto, Sand Pond, Île Sea Wolf, Wallace Bay, Cap-Jourimain, Île Portage, Portobello Creek, Shepody, Tintamarre, Pointe-au-Père, and Îles de l'Estuaire.
Deux réserves de la biosphère : Fundy et Sud-Ouest de la Nouvelle-Écosse.
Huit sites Ramsar (zones humides d’importance internationale) totalisant 750 km2 : baie de I’Isle-Verte, Chignecto, Musquodoboit Harbour, baie Sud du bassin Minas, baie Malpèque, Mary’s Point, baie de Shepody, et lagune et estuaire de la rivière Tabusintac.
Trois sites du Réseau de réserves pour les oiseaux de rivage de l’hémisphère occidental : Mary’s Point, baie de Shepody, et baie Sud du bassin Minas.
Un site du patrimoine mondial : parc national de Miguasha – Parcs Québec (gisement fossilifère du Dévonien).
Marées les plus hautes du monde dans la baie de Fundy.

Figure  2. Couverture terrestre de l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 2005.Note de bas de pagei

carte

Description longue pour la figure 2

Cette figure présente un graphe à barres empilées et une carte indiquant le pourcentage et la distribution géographique des quatre principaux types de couverture terrestre dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique : forêts, arbustaies, terres agricoles et territoire urbain. Les forêts couvent 87 % de l’écozone+, les arbustaies, 2 %, les terres agricoles, 10 %, et le territoire urbain en couvre 1 %. Les forêts représentent la couverture terrestre dominante dans l’écozone+ prise dans son ensemble, ainsi que dans chacune des régions la composant, à l’exception de l’Île-du-Prince-Édouard, où ce sont les terres agricoles qui dominent. De petites arbustaies sont éparpillées à travers l’écozone+. Le territoire urbain se trouve principalement le long des côtes et des bras de mer.

Source : Ahern et al. (2011)Note de bas de page7 d’après des données de Latifovic et Pouliot, 2005Note de bas de page8

Limites administratives - L’EMA inclut les provinces du Nouveau-Brunswick (N.-B.), de la Nouvelle-Écosse (N.-É.) et de l’Île-du-Prince-Édouard (Î-P.-É.), ainsi que la Gaspésie, les îles de la Madeleine et une partie de la rive sud du fleuve Saint-Laurent, au Québec. Des groupes d'autochtones majeures dans cet ecozone incluent les Mi'kmaq, les Malécites (du N.-B. et du Québec), et les Abénaquis.

Population - Entre 1971 et 2006, la population humaine est passée d’environ 2,27 à 2,55 millions de personnes (figure 3), mais elle est demeurée à peu près stable depuis 1991. La plus grande partie de la population s’est établie dans les vallées des rivières et dans les basses terres côtièresNote de bas de page9, Note de bas de page10. Il y a eu une importante migration des populations des zones rurales vers les zones urbainesNote de bas de page11.

D’après les données de télédétection de 2005, la forêt, type de couverture terrestre prédominant, couvre plus de 85 % de la superficie totale de l’EMA, suivie par les terres agricoles, qui en couvrent à peine plus de 10 % (figure 2)7.Note de bas de pageii

Figure  3. Population humaine de l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1971-2006.

graphique

Description longue pour la figure 3

Ce graphique à barres présente les informations suivantes :

Données pour la figure 3.
AnnéeNombre de personne (millions)
19712.27
19762.36
19812.43
19862.47
19912.51
19962.55
20012.54
20062.55

Source : Environnement Canada, 2009Note de bas de page12

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Parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, Nouvelle-Écosse
© istockphoto.com/shaunl

Plage de Cavendish, parc national de l’Île-du-Prince-Édouard
 © Parcs Canada

Lac Peskawa, parc national du Canada Kejimkujik, Nouvelle-Écosse
© M. Crowley

Marais côtier dans le parc provincial Selkirk,
Île-du-Prince-Édouard © iStock.com/Photawa

Percé et Rocher-Percé, Gaspésie, Québec 
© iStock.com/onepony

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Coup d’œil sur les constatations clés à l’échelle nationale et à l’échelle de l’écozone+

Le tableau 2 présente les constatations clés à l’échelle nationale du rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 20103 ainsi qu’un résumé des tendances correspondantes dans l’écozone+ des Prairies. Les numéros de sujet font référence aux constatations clés nationales du rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. Les sujets qui sont grisés ont été désignés comme des constatations clés à l’échelle nationale, mais ils n’étaient pas pertinents ou n’ont pas été évalués pour l’écozone+; ils n’apparaissent pas dans le corps du présent document. Les éléments probants des constatations qui figurent au tableau qui suit sont présentés dans le texte par constatation clé. Dans plusieurs cas, on peut trouver de l’information complémentaire dans l’Évaluation de l’état et des tendances de l’écozone+ maritime de l’Atlantique4. Voir la préface.

 

 

 

Tableau 2. Aperçu des constatations clés

2.1 Thème : Biomes
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : écozone+ Maritime de L’Atlantique
ForêtsSur le plan national, la superficie que couvrent les forêts a peu changé depuis 1990; sur le plan régional, la réduction de l’aire des forêts est considérable à certains endroits. La structure de certaines forêts du Canada, y compris la composition en espèces, les classes d’âge et la taille des étendues forestières intactes, a subi des changements sur des périodes de référence plus longues.Les forêts couvrent environ 80 % de l’EMA. Historiquement, le déboisement pour l’agriculture et l’urbanisation en a réduit l’étendue; 70 % des forêts de l’Î-P.-É ont, entre autres, subi cette conversion. On n’a relevé aucun changement important dans l’étendue des forêts entre 1985 et 2005. Les tendances observées varient d’une région à une autre, mais on a noté un rajeunissement des peuplements. La composition des forêts s’est simplifiée, celles-ci étant devenues moins diversifiées par suite du déboisement, de la régénération, de l’exploitation forestière et des perturbations naturelles. Les étendues de forêt intactes de plus de 50 km2 ne couvrent que 5 % de l’EMA.
PrairiesL’étendue des prairies indigènes n’est plus qu’une fraction de ce qu’elle était à l’origine. Bien qu’à un rythme plus lent, la disparition des prairies se poursuit dans certaines régions. La santé de bon nombre de prairies existantes a également été compromise par divers facteurs de stress.Non pertinent.
Milieux humidesLa perte de milieux humides a été importante dans le sud du Canada; la destruction et la dégradation continuent sous l’influence d’une gamme étendue de facteurs de stress. Certains milieux humides ont été restaurés ou sont en cours de restauration.Les milieux humides occupent plus de 3,5 % de l’EMA. Il n’est pas possible de définir les tendances de leur étendue dans toute l’EMA, mais on sait qu’on a perdu environ 16 à 18 % des milieux humides d’eau douce en Nouvelle-Écosse entre l’établissement des Européens et 1998. De nombreux milieux humides dans l’EMA demeurent menacés de disparition et de dégradation à cause des développements industriels et urbains, de l’agrandissement des ports, des nouveaux lotissements pour chalets et de l’agriculture. Par contre, chacune des quatre provinces a des plans de conservations de milieux humides (ou des politiques semblables) qui ont mitigé, jusqu’à un certain degré, les impacts de développement de projets et les décisions de l’utilisation des terres.
Lacs et cours d’eauAu cours des 40 dernières années, parmi les changements influant sur la biodiversité qui ont été observés dans les lacs et les cours d’eau du Canada, on compte des changements saisonniers des débits, des augmentations de la température des cours d’eau et des lacs, la baisse des niveaux d’eau et la perte et la fragmentation d’habitats.Entre 1961 et 1982, puis entre 1983 et 2003, les changements dans le débit des rivières incluaient un début plus hâtif des crues printanières et un affaiblissement des débits estivaux (basses eaux d’août à septembre). De 1970 à 2005, les débits minimums et maximums ont diminué dans une grande proportion de sites, et les débits minimums ont été observés plus tard dans l’année. Les barrages ont causé la disparition locale et régionale de plusieurs espèces de végétaux, de poissons et de mollusques.
Zones côtièresLes écosystèmes côtiers, par exemple les estuaires, les marais salés et les vasières, semblent sains dans les zones côtières moins développées, même s’il y a des exceptions. Dans les zones développées, l’étendue des écosystèmes côtiers diminue, et leur qualité se détériore en raison de la modification de l’habitat, de l’érosion et de l’élévation du niveau de la mer.Les milieux côtiers ont connu des pertes et des dégradations importantes à la suite d’activités humaines, entre autres à cause du développement industriel, de l’aménagement urbain et de lotissements pour chalets. La destruction et la fragmentation de milieux humides côtiers sont parmi les cas les plus graves de perte de milieux humides au Canada, avec une perte de 65 % depuis l’établissement des colons européens. On a aussi documenté des pertes importantes d’écosystèmes de plages et de dunes. L’élévation du niveau de la mer et les augmentations de fréquence et d’intensité des ondes de tempête peuvent aggraver l’érosion et les inondations. Certaines espèces tributaires des habitats côtiers, par exemple les oiseaux de rivage, ont également connu un déclin.
Zones marinesLes changements observés sur le plan de la biodiversité marine au cours des 50 dernières années sont le résultat d’une combinaison de facteurs physiques et d’activités humaines comme la variabilité océanographique et climatique et la surexploitation. Bien que les populations de certains mammifères marins se soient rétablies à la suite d’une surexploitation par le passé, de nombreuses espèces de pêche commerciale ne se sont toujours pas rétablies.Non pertinent. Les écozones+ marines sont évaluées dans d’autres RETE.
La glace dans l’ensemble des biomesLa réduction de l’étendue et de l’épaisseur des glaces marines, le réchauffement et le dégel du pergélisol, l’accélération de la perte de masse des glaciers et le raccourcissement de la durée des glaces lacustres sont observés dans tous les biomes du Canada. Les effets sont visibles à l’heure actuelle dans certaines régions et sont susceptibles de s’étendre; ils touchent à la fois les espèces et les réseaux trophiques.  On manque de registres à long terme sur la débâcle et la prise des glaces dans les lacs et les rivières. Les données disponibles ne permettent pas de dégager des tendances claires. On a pu déterminer une tendance à la baisse non significative de la couverture de glace marine et de la durée de la saison des glaces sur le fleuve Saint-Laurent de 1971 à 2005.

 

2.2 Thème : Interactions humains-écosystèmes
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : écozone+Maritime de L’Atlantique
Aires protégéesLa superficie et la représentativité du réseau d’aires protégées ont augmenté ces dernières années. Dans bon nombre d’endroits, la superficie des aires protégées est bien au-delà de la valeur cible de 10 % qui a été fixée par les Nations Unies. Elle se situe en deçà de la valeur cible dans les zones fortement développées et dans les zones océaniques.En 2009, presque 11 000 km2 (5,3 %) de l’EMA étaient protégés, ce qui représentait une augmentation par rapport à un peu plus de 3 000 km2 (1,6 %) en 1992. Ces chiffres incluent une superficie de 10 963 km2 (4,9 %) qui se trouvent protégés du fait qu’ils tombent dans les catégories I à IV de l’UICN.
IntendanceLes activités d’intendance au Canada, qu’il s’agisse du nombre et du type d’initiatives ou des taux de participation, sont à la hausse. L’efficacité d’ensemble de ces activités en ce qui a trait à la préservation et à l’amélioration de la biodiversité et de la santé des écosystèmes n’a pas été entièrement évaluée.Comme on n’a pas évalué les tendances des activités d’intendance dans l’EMA dans le cadre de cette évaluation, le présent sommaire ne comprend pas de constatation clé à ce sujet.
Espèces non indigènes envahissantesLes espèces exotiques envahissantes sont un facteur de stress important en ce qui concerne le fonctionnement, les processus et la structure des écosystèmes des milieux terrestres et des milieux d’eau douce et d’eau marine. Leurs effets se font sentir de plus en plus à mesure que leur nombre augmente et que leur répartition géographique progresse.Parce qu’elle comprend de nombreux ports océaniques, l’EMA a constitué un point d’entrée pour de nombreuses espèces non indigènes envahissantes, qui représentent une menace pour la biodiversité indigène. Les espèces envahissantes introduites ont altéré les terres humides et les écosystèmes côtiers, tandis que les insectes et maladies envahissantes non-indigènes ont eu des impacts sur les écosystèmes de fôrets. On ne dispose d’aucune donnée sur les tendances relatives à de nombreuses espèces.
ContaminantsDans l’ensemble, les concentrations d’anciens contaminants dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d’eau douce et d’eau marine ont diminué au cours des 10 à 40 dernières années. Les concentrations de beaucoup de nouveaux contaminants sont en progression dans la faune; les teneurs en mercure sont en train d’augmenter chez certaines espèces sauvages de certaines régions.Bien qu’elles soient pertinentes, on n’a pas évalué les tendances concernant les contaminants, de sorte que le présent sommaire ne comprend pas de constatation clé à ce sujet.
Charge en éléments nutritifs et efflorescences algalesLes apports d’éléments nutritifs aux systèmes d’eau douce et marins, et plus particulièrement dans les paysages urbains ou dominés par l’agriculture, ont entraîné la prolifération d’algues qui peuvent être nuisibles ou nocives. Les apports d’éléments nutritifs sont en hausse dans certaines régions et en baisse dans d’autres.Les terres cultivées de l’EMA ont de hautes teneurs en azote résiduel dans le sol, et ces teneurs ont augmenté de 1981 à 2006. Il en résulte un risque élevé de lessivage du nitrate du sol vers les eaux. On a ainsi noté une augmentation des concentrations de nitrates dans les eaux souterraines et les eaux de surface à l’Î-P.-É. De 2002 à 2008, 18 estuaires ont connu des épisodes d’anoxie. Le risque que les eaux de surface soient contaminées par le phosphore provenant du sol est graduellement passé de faible à élevé depuis 1991, les valeurs limites étant excédées dans une plus grande proportion de terres cultivées. Dans une portion québécoise de l’EMA, le nombre de plans d’eau ayant subi une prolifération d’algues est passé de 3 à 16 lacs entre 2004 et 2008.
Dépôts acidesLes seuils d’incidence écologique des dépôts acides, notamment ceux des pluies acides, sont dépassés dans certaines régions; les émissions acidifiantes sont en hausse dans diverses parties du pays et la récupération sur le plan biologique ne se déroule pas au même rythme que la réduction des émissions dans d’autres régions.Certaines parties de l’EMA sont très vulnérables aux dépôts acides. Les niveaux des dépôts de sulfates et de nitrates ont connu une diminution importante entre 1990 et 2004. Néanmoins, de 1999 à 2003, les dépôts de soufre et d’azote atmosphériques dépassaient la charge critique dans plusieurs secteurs. L’EMA est la région nord-américaine la plus lourdement touchée en termes de pourcentage d’habitat du poisson perdu à cause des pluies acides; de nombreuses rivières de la Nouvelle-Écosse n’abritent plus de saumon.
Changements climatiquesL’élévation des températures partout au Canada ainsi que la modification d’autres variables climatiques au cours des 50 dernières années ont eu une incidence directe et indirecte sur la biodiversité dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d’eau douce et d’eau marine.Entre 1950 et 2007, les températures estivales ont augmenté de 1,1 °C et les précipitations automnales, de 18,6 %. Le nombre de jours avec précipitations a augmenté au printemps, en été et en automne. Les prévisions du climat futur incluent une augmentation des températures de l’air et de l’eau, une plus longue saison de croissance, et une diminution de la couverture de glace marine dans le golfe du Saint-Laurent, ainsi que des changements dans l’intensité et la fréquence des tempêtes et la composition de la forêt.
Services écosystémiquesLe Canada est bien pourvu en milieux naturels qui fournissent des services écosystémiques dont dépend notre qualité de vie. Dans certaines régions où les facteurs de stress ont altéré le fonctionnement des écosystèmes, le coût pour maintenir les écoservices est élevé, et la détérioration de la quantité et de la qualité des services écosystémiques ainsi que de leur accès est évidente.Les biens et services écosystémiques importants de l’EMA incluent les produits forestiers, l’eau, la production d’aliments, la pêche, la chasse, l’assimilation des eaux usées et le tourisme. La valeur estimée de ces biens et services pour les provinces atlantiques (à l’exclusion de la portion québécoise de l’EMA) est de plus de 4,7 milliards de dollars.

 

2.3 Thème : Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : écozone+Maritime de L’Atlantique
Paysages agricoles servant d’habitatLe potentiel des paysages agricoles à soutenir la faune au Canada a diminué au cours des 20 dernières années, principalement en raison de l’intensification des activités agricoles et de la perte de couverture terrestre naturelle et semi-naturelle.Le potentiel des paysages agricoles à soutenir la faune est resté élevé, mais a décliné significativement entre 1986 et 2006 à cause de l’expansion des terres cultivées sur des types de couverture moins favorables à la faune. Les terres cultivées dans l’EMA sont parmi les terres agricoles présentant le risque d’érosion le plus élevé au Canada à cause du travail du sol intensif et d’un climat qui donne lieu à un risque élevé d’érosion hydrique dans certaines zones. Le risque d’érosion du sol a toutefois décliné entre 1981 et 2006.
Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulierDe nombreuses espèces d’amphibiens, de poissons, d’oiseaux et de grands mammifères présentent un intérêt économique, culturel ou écologique particulier pour les Canadiens. La population de certaines espèces diminue sur le plan du nombre et de la répartition, tandis que chez d’autres, elle est soit stable ou en pleine santé ou encore en plein redressement.Après réévaluation de son statut en 2002, la population de caribous des bois de la Gaspésie-Atlantique est passée de « menacée » à « en voie de disparition ». Les populations d’orignaux ont décliné, tandis que les populations de cerfs de Virginie ont augmenté. Les populations de saumon atlantique de la baie de Fundy font face à une disparition imminente. Les tendances chez les autres populations de saumon atlantique sont variées, mais nombre de populations ont connu une baisse. Tous les oiseaux terrestres, sauf les oiseaux forestiers, ont connu des baisses d’effectifs entre les années 1970 et 2000, les baisses les plus prononcées ayant été observées chez les assemblages d’oiseaux de prairie et d’autres habitats ouverts.
Productivité primaireLa productivité primaire a augmenté dans plus de 20 % du territoire végétalisé au Canada au cours des 20 dernières années et elle a également augmenté dans certains écosystèmes d’eau douce. L’ampleur et la période de productivité primaire changent dans tout l’écosystème marin.De 1985 à 2006, la productivité primaire, telle que mesurée par l’indice de végétation par différence normalisée, a augmenté pour 33 408 km2 (16,5 %) de l’EMA et diminué pour 720 km2 (0,4 %). Les zones ayant connu une augmentation étaient concentrées dans les forêts mixtes de Gaspésie et de l’île du Cap-Breton, et cette augmentation était probablement le résultat de l’exploitation forestière commerciale.
Perturbations naturellesLa dynamique des régimes de perturbations naturelles, notamment les incendies et les vagues d’insectes indigènes, est en train de modifier et de refaçonner le paysage. La nature et le degré du changement varient d’un endroit à l’autre.Les régimes de perturbation naturelle sont grandement altérés. Malgré sa grande importance historique, le feu est aujourd’hui moins important parce qu’il est détecté rapidement et combattu activement. Les phénomènes météorologiques extrêmes et les infestations d’insectes sont les principaux agents de perturbation. La fréquence et la gravité des tempêtes tropicales et des ouragans ont augmenté de 1900 à 2000. De plus, les données sur les tendances de Charlottetown (Î-P.-É.) indiquent une augmentation de la gravité et de la fréquence des ondes de tempête. La tordeuse des bourgeons de l’épinette est l’insecte dont l’influence est la plus grande. Bien qu’il n’y ait pas de consensus sur la question de savoir si les infestations de tordeuse des bourgeons de l’épinette connaissent une croissance de fréquence ou de gravité, les activités humaines influent sans contredit sur ces infestations.
Réseaux trophiquesDes changements profonds dans les relations entre les espèces ont été observés dans des milieux terrestres et dans des milieux d’eau douce et d’eau marine. La diminution ou la disparition d’éléments importants des réseaux trophiques a considérablement altéré certains écosystèmes.Les grands mammifères prédateurs ont subi une pression continue dans l’EMA du fait de diverses activités humaines. Des prédateurs de niveau trophique supérieur, notamment le loup, ont disparu et d’autres prédateurs, comme la martre d’Amérique, l’ours noir et le lynx, ont disparu dans certaines régions. Le coyote a étendu son aire de répartition dans l’EMA.

 

2.4 Thème : Interface science-politique
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle NationaleConstatations clés : écozone+Maritime de L’Atlantique
  1. Surveillance de la biodiversité, recherche, gestion de l’information et communication des résultats
Les renseignements de surveillance recueillis sur une longue période, normalisés, complets sur le plan spatial et facilement accessibles, complétés par la recherche sur les écosystèmes, fournissent les constatations les plus utiles pour les évaluations de l’état et des tendances par rapport aux politiques. L’absence de ce type d’information dans de nombreux secteurs a gêné l’élaboration de la présente évaluation.On ne dispose d’aucune donnée sur l’état et les tendances à long terme de nombreuses composantes des écosystèmes, en particulier les milieux humides, les altérations de la structure trophique, les végétaux non vasculaires et les invertébrés. Les données détaillées couvrant l’ensemble de l’EMA sont également rares; des études de cas ont fourni certains résultats.
  1. Changements rapides et seuils
La compréhension grandissante des changements rapides et inattendus, des interactions et des seuils, en particulier en lien avec les changements climatiques, indique le besoin d’une politique qui permet de répondre et de s’adapter rapidement aux indices de changements environnementaux afin de prévenir des pertes de biodiversité majeures et irréversibles.Comme une grande partie de l’EMA présente un faible pouvoir tampon contre l’acidité, les limites liées aux dépôts acides ont été dépassées et les populations de saumon atlantique ont décliné. Malgré la réduction des dépôts acides, les rivières ne se sont pas rétablies. À cause des effets des pratiques de gestion forestière et de la fragmentation, la capacité de soutien des forêts envers les espèces indigènes, comme les grands mammifères, a diminué. Les changements climatiques ont interagi et continueront d’interagir avec d’autres agents stresseurs, comme l’érosion côtière, les espèces non indigènes envahissantes et les infestations d’insectes, avec pour effet une accélération des dommages causés aux écosystèmes.

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Thème : Biomes

Constatation clé 1
Forêts

Thème Biomes

Constatation clé à l’échelle nationale
Sur le plan national, la superficie que couvrent les forêts a peu changé depuis 1990; sur le plan régional, la réduction de l’aire des forêts est considérable à certains endroits. La structure de certaines forêts du Canada, y compris la composition en espèces, les classes d’âge et la taille des étendues forestières intactes, a subi des changements sur des périodes de référence plus longues.

La forêt représente la couverture terrestre prédominante dans l’EMA, même si les estimations totales varient selon la méthode utilisée. À l’aide de prélèvements d’échantillons sur place et à distance, l’Inventaire national des forêts du Canada a conclu que les forêts (conifériennes : 44 %, mixtes : 33 %, feuillues : 21 %) représentaient environ 77 % de l’EMA en 200110. Se fondant sur les données de télédétection de 2005, Ahern et al.7 ont estimé que la forêt représentait plus de 85 % de l’EMA. L’écart entre les deux estimations est dû à différentes méthodes et définitions de la forêt plutôt qu’à un changement dans la superficie de la forêt au sein de l’EMANote de bas de pageiii.

Le déboisement des terres pour l’agriculture et l’urbanisation a réduit l’étendue des forêts d’avant la colonisation dans certaines zones, mais l’EMA reste généralement bien pourvue en forêts. Au début du 20e siècle, 70 % de la forêt avait été éliminée pour l’agriculture dans l’έP.­ÉNote de bas de page14. Les terres agricoles ont aussi remplacé la forêt dans une grande partie des vallées des rivières Annapolis (Nouvelle-Écosse) et Saint-Jean (Nouveau-Brunswick). Ahern et al.7 n’ont cependant trouvé aucun changement important dans l’étendue de la forêt entre 1985 et 2005 en examinant les données de télédétection. Une analyse de la densité de la forêt a permis de conclure que, sauf dans la vallée de la rivière Annapolis, la vallée de la rivière Saint-Jean et presque toute l’Île-du-Prince-Édouard, la densité de forêt était élevée dans la plus grande partie de l’EMA. Plus de 30 % des mailles de 1 km2 de l’EMA étaient boisées à plus 90 % tandis qu’un autre 20 % des mailles étaient boisées à plus de 80 %7.

La répartition des classes d’âge et la composition des forêts ont changé avec le temps, mais il a été difficile de tirer des conclusions générales pour l’EMA dans son ensemble, parce qu’on ne dispose pas d’ensembles de données à long terme pour l’écozone+ entière. En général, en ce qui concerne les stades de succession et la répartition des âges, les forêts sont passées du stade de vieille forêt au stade de forêt d’arbres jeunesNote de bas de page15. Au cours des dernières décennies, la diversité d’espèces et d’écosystèmes forestiers a également diminué par suite du déboisement, de la régénération et des perturbations naturellesNote de bas de page16.

Pendant plus de 300 ans, l’économie de la région était dépendante des forêts, qui permettaient d’offrir une diversité de produits et servicesNote de bas de page17.

L’EMA comporte les trois régions forestières suivantes (figure 4)Note de bas de page18 :

  • La région forestière acadienne, qui s’étend jusqu’au nord-est des États-Unis, inclut toute la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard, et tout le Nouveau-Brunswick, sauf l’extrémité nord-ouest. Elle occupe une superficie de 122 000 km2, se trouve entièrement dans l’EMA au Canada, et représente 44 % de la superficie de l’EMANote de bas de page19, Note de bas de page20. Cette région est une zone de transition entre les forêts principalement feuillues du sud et de l’ouest, et les forêts de conifères boréales du nord, et elle inclut des éléments des deux16.
  • La région forestière des Grands Lacs et du Saint-Laurent est principalement une forêt mixte fermée de conifères et de feuillus. Elle est fortement influencée par les étés chauds du climat maritime, qui permet aux feuillus de prospérer. Elle s’étend dans les terres depuis les Grands Lacs et le fleuve Saint-Laurent jusqu’au sud-est du Manitoba, à l’exclusion de la zone au nord du lac Supérieur. Dans l’EMA, cette région occupe l’extrémité nord-est du Nouveau-Brunswick, une partie de la Gaspésie et la rive sud du fleuve Saint-Laurent.
  • La région de la forêt boréale s’étend en une bande continue depuis Terre-Neuve-et-Labrador jusque dans les montagnes Rocheuses et l’Alaska. Dans l’EMA, elle va de la pointe nord-ouest du Nouveau-Brunswick jusqu’en Gaspésie. Cette région forestière est surtout coniférienne, l’épinette noire (Picea mariana) et le sapin baumier (Abies balsamea) étant les principales espèces qu’on y trouve, mais elle inclut aussi des arbres feuillus comme le bouleau blanc (ou bouleau à papier) (Betula papyrifera) et le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides).

Le Québec utilise les principaux domaines et sous-domaines bioclimatiques pour classifier ses forêts, et quatre de ces derniers (érablière à tilleul de l’est, érablière à bouleau jaune de l’est, sapinière à bouleau jaune de l’est, et sapinière à bouleau blanc de l’est) incluent des parties de l’EMA (figure 5). Ces sous-domaines incluent également des parties des écozones+ du Bouclier boréal et des plaines à forêts mixtes. Parce que le sous-domaine érable à sucre – tilleul d’Amérique (est) inclut surtout des terres à l’extérieur de l’EMA, il n’est pas inclus ici. Les sous-domaines forestiers du Québec dans l’EMA chevauchent la région forestière des Grands Lacs et du Saint-Laurent ainsi que la région forestière boréale, définies plus haut.

Figure 4. Régions forestières et principales espèces d’arbres dans chaque région.

carte

Description longue pour la figure 4

Cette carte décrit les emplacements et les limites des trois régions forestières de l’écozone+ maritime de l’Atlantique et énumère les principales espèces d’arbres dans chaque région. La région de la forêt acadienne englobe la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et la plus grande partie du Nouveau-Brunswick (à l’exception d’une zone près de la frontière entre le Québec et le Nouveau-Brunswick). Les principales espèces d’arbres dans la région de la forêt acadienne sont l’épinette rouge, le sapin baumier, l’érable et le bouleau jaune. La région de la forêt des Grands Lacs et du Saint-Laurent englobe la côte est de la péninsule gaspésienne et la plus grande partie de la côte est du fleuve Saint-Laurent, et s’étend le long de la frontière entre le Canada et les États-Unis. Les principales espèces d’arbres dans la région de la forêt des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent sont le pin rouge, le pin blanc, la pruche du Canada, le bouleau jaune, l’érable et le chêne. Dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, la région de la forêt boréale englobe le nord de la péninsule gaspésienne, à l’exception d’une bande le long de la baie des Chaleurs et d’une grande étendue dans la zone intérieure du Saint-Laurent, comprenant la ville d’Edmundston, au Nouveau-Brunswick. De grandes zones de cette région forestière se trouvent à l’ouest du fleuve Saint-Laurent, à l’extérieur de l’écozone+. Les principales espèces d’arbres de la région de la forêt boréale sont l’épinette blanche, l’épinette noire, le sapin baumier, le pin gris, le bouleau blanc et le peuplier faux-tremble.

Source : Ressources naturelles Canada, 200721

Figure 5. Domaines forestiers du Québec.

carte

Description longue pour la figure 5

Cette carte présente la répartition des principaux domaines et sous-domaines bioclimatiques utilisés par la province de Québec pour classer ses forêts. L’écozone+ maritime de l’Atlantique comporte quatre domaines : érablière à tilleul de l’est, érablière à bouleau jaune de l’est, sapinière à bouleau jaune de l’est et sapinière à bouleau blanc de l’est. Le domaine de la sapinière à bouleau blanc de l’est englobe la zone intérieure de la péninsule gaspésienne, et la sapinière à bouleau jaune de l’est longe toute la côte de la Gaspésie pour se prolonger sur les côtes du fleuve Saint-Laurent, jusqu’au nord de Québec. Le domaine de l’érablière à bouleau jaune de l’est, au sud de la sapinière à bouleau jaune de l’est, englobe la zone restante du sud du Québec dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, à l’exception d’une parcelle d’érablière à tilleul de l’est dans l’extrémité sud-ouest de l’écozone+.

Source : ministère des Ressources naturelles et de la Faune, 2005Note de bas de page22

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Structure par âge de la forêt

On a estimé qu’une aussi grande partie que 50 % de la forêt dans l’EMA pourrait avoir été dominée par des types de vieille forêt de fin de succession avant l’établissement des Européens15. En 2003, on estime que seulement 1 à 5 % environ des forêts avait plus de 100 ans, et des inventaires au sol indiquent qu’encore beaucoup moins présentaient de véritables caractéristiques de vieille forêt15. Une grande proportion des forêts se trouvait dans les jeunes classes d’âge en 1999 (figure 6), ce qui reflète une régénération après récolte10.

Figure 6. Distribution des classes d’âge par type de forêt dans les terres forestières boisées en pourcentage de la superficie totale de terres forestières boisées dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1999.

carte

Description longue pour la figure 6

Cette figure est un graphique à barres indiquant la distribution des classes d’âge par type de forêt (conifères, mixte et feuillus) dans les terres forestières boisées en pourcentage de la superficie totale de forêt boisée dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique en 1999. Le graphique montre que la distribution de la forêt est asymétrique en faveur des classes plus jeunes en 1999 (<81 années). Pour les trois types de forêt, plus de 40 % de la forêt se trouve dans la classe d’âge de 41 à 80. Vient ensuite la classe d’âge le plus jeune (0 à 40 ans), qui représente plus de 20 % de la superficie totale des terres forestières boisées. Les terres forestières composées d’arbres d’âges multiples et celles composées d’arbres de 81 à 120 ans ne représentent chacune qu’un peu plus de 10 % des terres forestières boisées, tandis que la classe d’âge de 121 à 160 ans n’en représente que moins de 2,5 %. La classe d’âge la plus vieille, soit celle des 161 ans et plus, représente moins de 1 % des terres forestières boisées.

Source : d’après le Conseil canadien des ministres des forêts, 200510

Forêt acadienne

Les jeunes forêts ont connu une croissance et les vieilles forêts une décroissance entre 1958 et 2003 en Nouvelle-Écosse (figure 7)Note de bas de page23. La classe d’âge la plus jeune (moins de 20 ans) a vu sa proportion du couvert forestier total augmenter, passant de 3,8 % au début des années 1970 à 23,9 % lors de l’inventaire de 1997-2003. Les forêts dont l’âge dépasse 101 ans ont vu leur proportion diminuer de 8,7 % en 1958 à 0,3 % lors de l’inventaire de 1997-2003, tandis que les forêts de 81 à 100 ans ont vu leur proportion passer de 16,4 à 1,2 % durant cette même période.

Figure 7. Pourcentage de la superficie totale des forêts pour chaque classe d’âge en Nouvelle-Écosse, 1958–2003.

carte

Description longue pour la figure 7

Cette figure est un graphique à barres présentant les informations suivantes :

Données de la figure 7.
Années1958
(%)
1965-71
(%)
1970-78
(%)
1975-82
(%)
1976-85
(%)
1979-89
(%)
1999
(%)
1997-2003
(%)
<20 ans 5.63.86.210.61216.323.9
21-40 ans6.312.711.913162015.312.8
41-60 ans34.540.135.134.936.440.336.332.3
61-80 ans34.332.632.728.225.122.111.511.9
81-100 ans16.477.58.353.411.2
>101 ans8.70.91.11.90.70.60.20.3

Les fourchettes de temps sont diverses pour ces données provenant de plusieurs sources compilées par Pannozza et Coleman (2008) : Forest Resources of Nova Scotia (1958); sommaire provincial du Nova Scotia Forest Inventory (1965-1971, 1970-1978, 1975-1982, 1976-1985, 1979-1989); données de l’inventaire SIG de 1995 du Department of Natural Resources (1999); données inédites de l’inventaire SIG du Department of Natural Resources (1997-2003).
Source : d’après Pannozza et Coleman, 200823

Sous-domaines forestiers dans la portion québécoise de l’EMA

Les tendances des années 1970 aux années 1990 montrent un accroissement des sapinières matures (figure 8). Au cours de cette période de 30 ans, 19 % du sous-domaine forestier de la sapinière à bouleau jaune est devenu mature, tandis que la jeune classe a perdu 23 %Note de bas de page24. Dans le sous-domaine de la sapinière à bouleau blanc, les peuplements forestiers matures et régénérés sont restés stables (augmentation de 2 % et diminution de 1 %, respectivement) au cours de la même période, tandis que les jeunes peuplements forestiers ont connu une baisse de 5 %, et les peuplements forestiers en régénération, une augmentation de 3 %. Pour le sous-domaine de l’érablière à bouleau jaune, les jeunes peuplements forestiers ont connu une baisse de 3 % et les peuplements régénérés, une hausse de 6 %24. Au cours de la période de 30 ans, la proportion de peuplements matures n’a pas changé. Ces données incluent des zones se trouvant à l’extérieur de l’EMA.

Figure 8. Proportion de forêt à chaque grand stade de succession dans les sous-domaines du Québec se trouvant dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, années 1970, 1980 et 1990.

carte

Description longue pour la figure 8

Cette figure comporte trois graphiques à barres qui montrent les informations suivantes :

Données de la figure 8.

Sapinière à bouleau jaune de l’est
TypePourcentage de la
forêt totale - 1970-79
Pourcentage de la
forêt totale - 1980-89
Pourcentage de la
forêt totale - 1991-99
Matures29.0142.2748.30
Jeunes50.1634.0627.29
Régénérés13.1614.3019.33
En régénération7.679.375.07

 

Sapinière à bouleau blanc de l’est
TypePourcentage de la
forêt totale - 1970-79
Pourcentage de la
forêt totale - 1980-89
Pourcentage de la
forêt totale - 1991-99
Matures49.3255.2651.55
Jeunes22.0918.9021.55
Régénérés21.4714.5616.54
En régénération7.1211.2810.37

 

Érablière à bouleau jaune de l’est
TypePourcentage de la
forêt totale - 1970-79
Pourcentage de la
forêt totale - 1980-89
Pourcentage de la
forêt totale - 1991-99
Matures42.1937.8442.61
Jeunes38.9641.9735.75
Régénérés10.7310.3416.77
En régénération8.129.864.87

Les stades de succession sont fondés sur la hauteur des peuplements et leur croissance en volume : en régénération = peuplements perturbés < 2 m de haut; régénérés = peuplements perturbés de 2 à 7 m de haut; jeunes = peuplements  >  7 m de haut avec croissance annuelle moyenne(en volume) en hausse; matures = peuplements  >  7 m de haut avec croissance annuelle moyenne (en volume) en baisse.
Les données incluent certaines zones se trouvant à l’extérieur de l’EMA.
Source : ministère des Ressources naturelles et de la Faune, 2009, Statistiques forestières, données inédites; mise à jour des données du ministère des Ressources naturelles, 2002Note de bas de page25

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Composition de la forêt

Dans de nombreuses parties de l’EMA, au cours des dernières décennies, la composition de la forêt s’est simplifiée, tant du point de vue des espèces que de celui de la diversité écosystémique. Cette situation résulte principalement du déboisement agricole et de l’abandon subséquent, de l’abattage d’espèces sélectionnées et des coupes à blanc, ainsi que des perturbations naturelles16.

Forêt acadienne

Au fur et à mesure que les forêts plus vieilles ont été remplacées par des types de forêts de début de succession relativement jeunes, souvent équiennes, l’abondance et l’âge des espèces de fin de succession comme l’érable à sucre (Acer saccharum), l’épinette rouge (Picea rubens), la pruche du Canada (Tsuga canadensis), le chêne rouge (Quercus rubra), le bouleau jaune (Betula alleghaniensis), le hêtre à grandes feuilles (Fagus grandifolia) et le thuya occidental (Thuja occidentalis) ont diminué16, Note de bas de page26. Dans les forêts plus jeunes, le sapin baumier, l’érable rouge (Acer rubrum), l’épinette blanche (Picea glauca), le bouleau blanc et le peuplier faux-tremble sont plus fréquents16, Note de bas de page27. Des changements semblables se produisent dans d’autres forêts de l’est, dans lesquelles la composition en espèces a été modifiée par l’exploitation forestière et le déboisement durant tout le 20e siècleNote de bas de page28.

Dans une étude de cas du comté de Kings (N.-B.), on a comparé la composition en espèces de la forêt de 1800 à celle de 1993. On a conclu que la répartition des espèces était plus uniforme en 1800 qu’en 1993 (figure 9)16. L’étude a montré que le thuya était probablement aussi courant que le sapin baumier au début des années 1800, mais que dans les années 1990, le sapin baumier était quatre fois plus commun que le thuya. Les épinettes ont vu leur fréquence augmenter, comme le peuplier, et le pin blanc est resté stable, mais les arbres des autres genres étaient plus communs il y a 200 ans qu’aujourd’hui. Le thuya, la pruche, le frêne, le hêtre et le mélèze ont connu une décroissance au cours de cette période. Le sapin baumier et les épinettes représentaient environ 50 % de la forêt en 1993, tandis qu’il y a 200 ans, ils n’en représentaient que 25 %16.

Figure 9. Fréquence estimée des arbres des principaux genres dans la forêt du comté de Kings (N.-B.) en 1800 et en 1993.

carte

Description longue pour la figure 9

Ce graphique montre la fréquence estimée des principaux genres dans la forêt du compté de Kings, au Nouveau-Brunswick, en 1800 et en 1993. En général, la répartition des espèces était plus uniforme en 1800 qu’en 1993. On peut voir que, en 1800, l’épinette, l’érable et le bouleau représentent plus de 50%, tandis que le reste est relativement uniforme. En 1993, le montant de l'épinette, le sapin et le peuplier a considérablement augmenté .  Le thuya était probablement aussi commun que le sapin baumier en 1800, mais qu’en 1993, le sapin baumier était devenu quatre fois plus commun que le thuya. La fréquence de l’épinette a augmenté, tout comme celle du peuplier, et celle du pin blanc est restée stable, mais le reste des trois autres genres était plus commun il y a 200 ans qu’aujourd’hui. Le thuya, la pruche, le frêne, le hêtre et le mélèze ont connu une baisse au cours de la période. Le sapin baumier et les épinettes formaient environ 50 % de la forêt en 1993, tandis qu’en 1800, ils n’en formaient que 25 %.

Source : Loo et Ives, 200316

Sous-domaines forestiers dans la portion québécoise de l’EMA

Des années 1970 aux années 1990, les conifères, en particulier le sapin baumier, ont connu une baisse dans les sapinières25, alors que les peuplements mixtes connaissaient une hausse. Dans les sous-domaines de la sapinière à bouleau jaune et de la sapinière à bouleau blanc, la proportion de conifères a baissé de 8 % et 16 %, respectivement. Les conifères dans le sous-domaine de l’érablière à bouleau jaune ont connu une baisse, tandis que les peuplements mixtes accusaient une hausse (figure 10). Ces données couvrent les forêts publiques et privées, et la superficie entière des sous-domaines, dont certaines zones se trouvant à l’extérieur de l’EMA.

Figure 10. Proportion de la superficie totale couverte par différents types de couverts forestiers dans les sous-domaines du Québec présents dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, années 1970, 1980 et 1990.

carte

Description longue pour la figure 10

Cette figure comporte trois graphiques à barres qui montrent les informations suivantes :

Données de la figure 10.

Sapinière à bouleau jaune de l’est
TypePourcentage de la
forêt totale - 1970-79
Pourcentage de la
forêt totale - 1980-89
Pourcentage de la
forêt totale - 1991-99
Conifériens34.6525.7126.96
Mixtes37.7039.3143.63
Décidus19.9825.6124.33
En régénération7.679.375.07

 

Sapinière à bouleau blanc de l’est
TypePourcentage de la
forêt totale - 1970-79
Pourcentage de la
forêt totale - 1980-89
Pourcentage de la
forêt totale - 1991-99
Conifériens70.6158.3454.62
Mixtes16.2620.0927.68
Décidus6.0110.287.33
En régénération7.1211.2810.37

 

Érablière à bouleau jaune de l’est
TypePourcentage de la
forêt totale - 1970-79
Pourcentage de la
forêt totale - 1980-89
Pourcentage de la
forêt totale - 1991-99
Conifériens19.6218.1917.20
Mixtes37.2738.3643.68
Décidus34.9933.5934.25
En régénération8.129.864.87

Les types de couverts forestiers sont fondés sur la hauteur et la composition des peuplements; en régénération : < 2 m de haut ;décidus : >  75 % de feuillus; mixtes : 25 à 75 % de feuillus; conifériens :  >  75 % de conifères. Les données incluent certaines zones se trouvant à l’extérieur de l’EMA.
Source : ministère des Ressources naturelles et Faune, 2009, Statistiques forestières, données inédites; mise à jour des données du ministère des Ressources naturelles, 200225

On a aussi mesuré les différences de types de couverture terrestre entre 1993 et 2001 pour l’écorégion des Appalaches, qui chevauche certaines parties de la zone mentionnée ci-dessus. Jobin et al.Note de bas de page29 ont signalé que l’abondance de forêts mixtes a connu une baisse de plus de 12 %, alors que les peuplements de conifères ont connu une hausse de 7 % durant la même période (figure 11).

Figure 11. Changements des types de forêt dans l’écorégion des Appalaches dans le sud du Québec entre 1993 et 2001.

carte

Description longue pour la figure 11

Cette figure comporte un graphique à barres décrivant les informations suivantes :

Données de la figure 11.
TypePourcentage de la
forêt - 1993
Pourcentage de la
forêt - 2001
Décidus32.1732.64
Mixtes44.1028.07
Conifériens16.7325.85
En régénération4.1512.79
Récolte/brûlage2.850.65

Source : Jobin et al., 200729

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Fragmentation

La fragmentation réduit la connectivité de l’habitat et augmente la densité de lisières et l’isolement des parcelles d’habitat restantes. Par rapport à des écozones+ moins densément peuplées et plus éloignées, les écosystèmes naturels restants de l’EMA sont très fragmentés. Seulement 5 % de l’EMA est constituée de fragments intacts d’écosystèmes naturels (principalement des forêts) de plus de 50 km2 (figure 12)19.

Figure 12. Fragments de paysage intacts d’une superficie supérieure à 50 km2 dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 2003.

carte

Description longue pour la figure 12

Cette carte présente les fragments de paysage intacts restants dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique d’une superficie supérieure à 50 km2 en 2003. En 2003, la paysage était très fragmenté et seulement 5 % de celui-ci était couvert de fragments intacts d’écosystèmes naturels (principalement des forêts) d’une superficie supérieure à 50 km2. Les plus grandes surfaces de forêt intacte se trouvaient dans l’extrémité nord du Cap-Breton, et dans les zones intérieures de l’extrémité est de la Nouvelle-Écosse et de la péninsule gaspésienne.

Un fragment de paysage est une mosaïque continue de divers écosystèmes, présents naturellement et essentiellement exempts de perturbations anthropiques importantes.
Source : d’après Lees et al. (2006)19

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Oiseaux forestiers

Les changements dans la structure par âge de la forêt, avec l’augmentation des peuplements de début de succession et la diminution des peuplements matures continus, ainsi que le remplacement de certains peuplements de feuillus par des plantations de conifères et des terres agricoles ont occasionné des changements dans la communauté d’oiseauxNote de bas de page30, Note de bas de page31. Dans l’ensemble, les populations d’oiseaux forestiers ont été généralement stables, mais avec une tendance à la baisse, surtout depuis 2000 (figure 13). Plusieurs espèces ont connu des baisses importantes, tandis que d’autres sont restées stables ou ont vu leurs populations croître. Par exemple, la paruline du Canada (Cardellina canadensis), espèce récemment désignée « menacée » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), a diminué de 80 % dans l’EMA depuis les années 1970. Quoique la cause primaire de ce déclin soit inconnue, la recherche démontre que cette espèce est sensible à la fragmentation forêt et à la perturbation anthropique. Une perte et une dégradation de l’habitat peuvent avoir touché les populations dans les lieux de reproduction et d’hivernage. La baisse d’abondance de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana) peut aussi avoir réduit une importante source de nourriture pour la paruline du CanadaNote de bas de page32, Note de bas de page33. La mésange à tête brune (Poecile hudsonicus) a aussi connu une baisse marquée dans cette région et dans toute son aire de répartitionNote de bas de page34, Note de bas de page35.

La région de l’EMA, au Canada, et les régions avoisinantes similaires, aux États-Unis, abritent plus de 90 % de la population reproductrice mondiale de grives de Bicknell (Catharus bicknelli), un des oiseaux chanteurs les plus rares en Amérique du Nord, qui est désigné « menacé » au CanadaNote de bas de page36. Cet oiseau vit dans les forêts conifériennes de haute altitude et est particulièrement vulnérable aux changements climatiques, qui peuvent entraîner un déplacement des zones de végétation en haute montagne. Au nombre d’autres menaces, notons entre autres la perte et la dégradation de ses aires de nidifications et d’hivernage, la prédation dans les nids par les écureuils ainsi que les contaminants environnementauxNote de bas de page37 Note de bas de page38 Note de bas de page39. Les relevés effectués au cours des dernières années indiquent que cette espèce a connu un déclin annuel considérable35, Note de bas de page40, Note de bas de page41.

Figure 13. Changements annuels de l’indice d’abondance des oiseaux des milieux forestiers (à gauche) et des milieux arbustifs et de début de succession (à droite), 1968-2006.

carte

Description longue pour la figure 13

Cette figure comporte deux graphiques linéaires indiquant les informations suivantes :

Données de la figure 13.
Milieux forestiers -
Année
Milieux forestiers -
Indice d’abondance
Milieux arbustifs et début de succession -
Indice d’abondance
1968165.3144.2
1969211.1173.7
1970226.2164.9
1971242.9166.2
1972254.2172.6
1973226.1175.9
1974234.8175.2
1975211.0159.0
1976205.1157.3
1977202.5160.4
1978214.8145.7
1979198.1125.2
1980207.6143.1
1981225.5142.6
1982220.3138.1
1983240.9155.1
1984218.7149.0
1985222.2154.6
1986233.1146.1
1987196.7132.9
1988206.6125.1
1989211.5132.5
1990212.8130.7
1991204.6123.9
1992208.6143.4
1993209.4145.2
1994172.8120.8
1995233.1134.2
1996207.6140.3
1997206.8147.6
1998205.0140.3
1999220.9144.5
2000194.7129.4
2001198.8139.0
2002196.3137.7
2003187.2148.7
2004183.4130.1
2005171.3134.7
2006177.9124.9

L’assemblage des milieux arbustifs et de début de succession inclut les arbustaies, les champs laissés à l’abandon et les milieux de milieu de succession allant de la prairie à la forêt.
Source : Downes et al. (2011)Note de bas de page42 d’après les données du Relevé des oiseaux nicheursNote de bas de page43

Une grande portion des terres forestières de l’écozone+ est en début de succession. Les tendances générales légèrement à la baisse des indices d’abondance des oiseaux des milieux forestiers et des milieux arbustifs et de début de succession (figure 13) ont été influencées par les baisses prononcées d’espèces abondantes, comme le bruant à gorge blanche (Zonotrichia albicollis) et le bruant chanteur (Melospiza melodia). Cependant, les baisses accusées par ces espèces ont été en bonne partie compensées par des hausses chez plusieurs espèces généralistes, par exemple la paruline à joues grises (Oreothlypis ruficapilla), la paruline jaune (Setophaga petechia) et la paruline à flancs marron (Setophaga pensylvanica), qui utilisent les milieux arbustifs et de début de succession et ont profité de leur expansionNote de bas de page44.

Effets cumulatifs des activités humaines

L’organisation Deux pays, Une forêt a quantifié l’empreinte humaine sur les écosystèmes terrestres de l’écorégion des Appalaches nordiques et de l’Acadie (qui inclut l’EMA) en prenant en considération quatre catégories d’influence anthropique : peuplement, accès, utilisation des terres et infrastructure électrique (figure 14)Note de bas de page45. En 2008, les plus grands effets des activités humaines se sont produits surtout le long des côtes, dans les vallées et dans d’autres zones à faible altitude, ce qui correspond au régime historique de peuplement. Seulement 0,2 % de l’écorégion s’est vu attribuer une cote de zéro pour son empreinte humaine, c’est-à-dire que dans cette zone le paysage n’a subi aucune transformation à cause des activités humaines. Dans plus de 90 % de l’écorégion, l’empreinte humaine est faible (cote de moins de 50). De grandes superficies sont classées comme ayant subi peu d’effets; toutefois, elle tendent à être séparées par des zones où l’activité humaine est élevée, ce qui fragmente la région45. Seulement 5 % du paysage total est constitué de fragments naturels intacts de plus de 50 km2 19.

Figure 14. Empreinte humaine dans l’écorégion des Appalaches nordiques et de l’Acadie, 2008.

carte

Description longue pour la figure 14

Cette figure est une carte d’intensité indiquant l’impact des activités humaines dans l’écorégion des Appalaches nordiques et de l’Acadie (qui inclut l’écozone+ maritime de l’Atlantique). Les effets des activités humaines se sont principalement fait ressentir le long des côtes, dans les vallées et dans les autres zones basses, ce qui reflète le modèle historique d’établissement. Seulement 0,2 % de l’écorégion s’est vu attribuer une cote de zéro pour son empreinte humaine, c’est-à-dire que dans cette zone le paysage n’a subi aucune transformation à cause des activités humaines. Dans plus de 90 % de l’écorégion, l’empreinte humaine est faible (cote de moins de 50). De grandes superficies sont classées comme ayant subi peu d’effets; toutefois, elles tendent à être séparées par des zones où l’activité humaine est élevée, ce qui fragmente la région.

Source : Trombulak et al., 200845

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Constatation clé 3
Milieux humides

Thème Biomes

Constatation clé à l’échelle nationale
La perte de milieux humides a été importante dans le sud du Canada; la destruction et la dégradation continuent sous l’influence d’une gamme étendue de facteurs de stress. Certains milieux humides ont été restaurés ou sont en cours de restauration.

L’EMA a subi une perte très importante de milieux humides, en particulier dans les zones côtières, où les aménagements côtiers représentent une menace constante (voir la section « Milieux humides côtiers », à la page 32). Trois des quatre provinces de l’EMA ont procédé à des inventaires complets de leurs milieux humides depuis les années 1980, mais les méthodes de cartographie et d’évaluation des milieux humides ont changé, et cela rend difficile la détermination de l’ampleur du changement au fil du temps10, Note de bas de page46. D’après les données de l’Inventaire des forêts du Canada (IFCan)Note de bas de page13, en 2001, les milieux humides couvraient environ 3,5 % des terres de l’écozone+ et environ 35 % de leur superficie était boisée10. Bien que l’on ne dispose pas d’estimation des pertes de milieux humides d’eau douce pour l’ensemble de l’EMA, on peut tout de même estimer qu’environ 16 à 18 % des milieux humides d’eau douce en Nouvelle-Écosse ont été aménagés ou convertis en d’autres types d’écosystèmes entre l’établissement des Européens et 1998Note de bas de page47. La perte de milieux humides côtiers en Nouvelle-Écosse a été estimée à 65 %Note de bas de page48.

De nombreux milieux humides dans l’EMA demeurent menacés de disparition ou dégradation à cause du développement industriel et urbain, de l’agrandissement des ports, de la création de lotissements pour chalets et de l’agriculture. Par contre, chacune des quatre provinces a des plans de conservations de milieux humides (ou des politiques semblables) qui ont mitigé, jusqu’à un certain degré, les impacts de développement de projets et les décisions de l’utilisation des terresNote de bas de page49. Les tourbières sont touchées par l’extraction commerciale de mousse de tourbe et la production de canneberges.

Sauvagine

Les tendances d’espèces choisies de sauvagine nichant dans l’EMA montrent des populations stables ou en croissance depuis 1993 (tableau 3)Note de bas de page50. Le canard noir (Anas rubripes), canard le plus abondant dans l’EMA, a fait l’objet d’efforts de conservation particuliers parce que la population hiverante des États-Unis a diminué de presque 50 % entre 1955 et 1985Note de bas de page51 Note de bas de page52. Dans l’EMA, de 1993 à 2006, les populations de canards noirs étaient stables (tableau 3)50. L’exploitation forestière, le développement hydroélectrique, la construction de lignes de transmission, l’agriculture, l’urbanisation et le développement industriel menacent les milieux de reproduction et de repos51. De plus, il est probable que l’espèce soit entrée en compétition avec une population croissante de canards colverts (Anas platyrhynchos) pour son habitatNote de bas de page53. Certains indices montrent que la quantité et la qualité de l’habitat pourraient toutefois ne pas être limitatives53, et les hausses et la stabilisation récentes de la population de canards noirs pourraient être attribuables aux restrictions plus sévères concernant la chasse au Canada et aux États-Unis52. Les canards noirs sont intimement relié aux canards colverts et les deux espèces se croisent régulièrement, ce qui peux représenter une inquiétude additionnelle vis-à-vis la conservation de ces espècesNote de bas de page54 Note de bas de page55 Note de bas de page56.

Tableau 3. Tendances des effectifs d‘espèces choisies de sauvagine nichant dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, des années 1990 aux années 2000.Tableau - note1
EspèceMilieu de reproductionTendance
(%/an)
PAnnées 1990
(en milliers)
Années 2000
(en milliers)
Changement (%)
Canard colvert
(Anas platyrhynchos)
Sol30,1*2,34,698,1
Canard noir
(Anas rubripes)
Sol2,2 57,763,710,5
Sarcelle d’hiver
(Anas crecca)
Sol5,9n8,411,738
Fuligule à collier
(Aythya collaris)
Sur l’eau6,5*21,232,352,2
Bernache du Canada
(Branta canadensis)
Sol22,5*1,13,6244,3

Tableau 3 - Notes

Note 1

Dans ce tableau : P est la signification statistique : * indique que P < 0,05, n indique que 0,05 < P < 0,1, et il n’y a aucune valeur lorsque la tendance n’est pas significative.
Pour obtenir une description de la façon dont ces espèces ont été choisies et de la méthode de traitement des données, voir Fast et al., 2011.

Retour à la référence de la note1

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Constatation clé 4
Lacs et cours d’eau

Thème Biomes

Constatation clé à l’échelle nationale
Au cours des 40 dernières années, parmi les changements influant sur la biodiversité qui ont été observés dans les lacs et les cours d’eau du Canada, on compte des changements saisonniers des débits, des augmentations de la température des cours d’eau et des lacs, la baisse des niveaux d’eau et la perte et la fragmentation d’habitats.

Des 1 792 lacs des provinces atlantiques, 98 % ont une superficie inférieure à 99 km2  Note de bas de page57. Le plus grand lac de l’EMA est le lac Grand (N.-B.). La rivière Saint-Jean constitue le plus grand réseau fluvial de l’EMANote de bas de page58. Sept rivières et réseaux fluviaux de cette écozone+ figurent parmi les rivières du patrimoine canadien : les rivières Saint-Jean, Sainte-Croix, et Haute-Restigouche au Nouveau-Brunswick; Shelburne et le réseau fluvial Margaree-Lac Ainslie en Nouvelle-Écosse; ainsi que la rivière Hillsborough et le réseau des trois rivières (Cardigan, Brudenell et Montague/Valleyfield) sur l’Île-du-Prince-Édouard58, Note de bas de page59. Le ruissèlement augmente de façon importante d’ouest en est, variant de 60 cm annuellement dans l’ouest de l’EMA à 200 cm le long de la côte atlantique58 Note de bas de page60 Note de bas de page61.

Les lacs et les rivières de l’EMA hébergent diverses communautés aquatiques, entre autres des espèces en péril comme le saumon atlantique (Salmo salar), le bar rayé (Morone saxatilis), le corégone atlantique (Coregonus huntsmani), l'anguille d'Amérique (Anguilla rostrata), la tortue des bois (Glyptemys insculpta), la tortue mouchetée (ou la tortue de Blanding) (Emydoidea blandingii), l'alasmidonte naine (Alasmidonta heterodon), la lampisle jaune (Lampsilis cariosa), le gomphe ventru (Gomphus ventricosus), la cincidèle des galets (Cicindela marginipennis), et plusieurs plantes des plaines côtières.

Débit des rivières naturelles

On a procédé à deux analyses du débit dans des rivières avec régulation du débit et effets en amont minimes au cours des 40 dernières années dans le cadre du RETE. Cannon et al.Note de bas de page62 ont examiné les tendances saisonnières du débit à travers le Canada au cours de deux périodes, la période 1961-1982 et la période 1983-2003. Pour faciliter l’analyse des tendances à l’échelle du pays, on a divisé les sites étudiés en six groupes dans lesquels les régimes de débit intra-saisonniers étaient similaires (groupes hydrologiques). Dans les différents sites de l’EMA, les changements de débit entre la période 1961-1982 et la période 1983-2003 incluaient une arrivée plus hâtive des crues printanières et une diminution des débits estivaux (période de débit estival : août à octobre)62. Monk et BairdNote de bas de page63 ont constaté que de 1970 à 2005, les débits minimums et maximums ont diminué dans une grande proportion de sites, et que le débit minimal annuel sur une journée était observé plus tard dans l’année. Bien que la vitesse d’augmentation du débit ait connu une baisse importante à 32 % des sites et que la vitesse de diminution du débit ait augmenté à 29 % des sites, on n’a pu dégager aucune tendance générale en ce qui concerne la variabilité du ruissellement annuel63. La figure 15 présente le nombre et la direction des tendances significatives pour les variables de débit de 34 différentes stations analysées par Monk et Baird63, et la figure 16 montre les résultats de l’analyse de Cannon et al.62 concernant les tendances saisonnières à des sites représentatifs.

Figure 15. Sommaire du nombre total de sites présentant des tendances à la hausse et à la baisse pour diverses variables de débit dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1970-2005.

carte

Description longue pour la figure 15

Cette figure est un graphique à barres indiquant le nombre et la direction des tendances significatives des variables de débit pour 34 stations de jaugeage hydrométriques dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique. Le graphique montre qu’à la fois les débits maximums et, dans une moindre mesure, les débits minimums ont diminué dans une grande proportion de sites entre 1970 et 2005. La vitesse d’augmentation du débit a connu une baisse importante dans 32 % des sites, et la vitesse de diminution du débit a augmenté dans 29 % des sites. Le graphique témoigne d’un degré élevé de variabilité des débits, mais on n’a pu dégager aucune tendance générale en ce qui concerne la variabilité du ruissellement annuel.

D’après 34 stations de jaugeage. Seuls les sites associés à des tendances significatives (p < 0,1) sont représentés.
Source : Monk et Baird, 201163

Figure 16. Changements de débit entre les périodes 1961-1982 et 1983-2003 pour des sites représentatifs de chaque groupe hydrologique dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique.

a) Emplacement des sites
carte

b) Groupe 4a : rivière Kennebecasis
carte

c) Groupe 4d : rivière St. Mary’s
carte

d) Groupe 3a : rivière Saint-Jean
carte

e) Groupe 6a : rivière Miramichi Nord-Ouest
carte

Description longue pour la figure 16

Cette figure comprend une petite carte indiquant l’emplacement des sites de surveillance et quatre graphiques linéaires décrivant les changements annuels de débit pour des sites représentatifs de chaque groupe hydrologique au cours de deux périodes : 1961-1982 et 1983-2003. Les quatre sites de surveillance représentés sont la rivière Kennebecasis (groupe 4a), la rivière St. Mary’s (groupe 4d), la rivière Saint-Jean (groupe 3a) et la rivière Miramichi Nord-Ouest (groupe 6a). Les tendances générales d’une période d’observation à l’autre dans tous les sites représentés sont une crue printanière hâtive et des débits estivaux réduits entre les mois d’août et d’octobre.

Les groupes hydrologiques représentent des groupes de rivières dont les réponses hydrologiques aux variations climatiques sont similaires. Pour obtenir plus de renseignements sur les groupes hydrologiques mentionnés plus haut, voir Cannon et al., 201162
Source : Cannon et al., 201162

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Ouvrages de régulation des débits

Malgré le fait que les ouvrages de régulation des débits soient moins courants dans l’EMA que dans certaines autres écozones+, ils ont tout de même des effets écologiques à cause de la nature côtière de l'écozone et le grand nombre de bassins versants avec un nombre limité de lacs naturels.  Les effets écologiques incluent la disparition d'espèces locales et régionales et la perte et l'altération d'habitat. Les effets de ces ouvrages sur les lacs et les rivières incluent la modification des fluctuations naturelles des niveaux d’eau, des débits de pointe, des inondations saisonnières et des régimes de perturbation naturels, ainsi que la diminution de la qualité de l’eauNote de bas de page64. On a construit un total de 74 grands barrages (de plus de 10 m de haut) dans l’EMA, la plupart avant les années 1970.

Figure 17. Répartition spatiale des barrages de plus de 10 m de haut dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, groupés par année d’achèvement entre 1830 et 2005.

carte

Description longue pour la figure 17

Cette carte indique l’emplacement et la catégorie d’âge des barrages de plus de 10 m de haut dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique. Un total de 74 grands barrages ont été construits dans l’écozone+, la plupart avant les années 1970.

Source : Association canadienne des barrages, 2003Note de bas de page65

Parmi les effets des barrages sur la biodiversité dans l’EMA, on compte les suivants :

  • Disparition de trois végétaux, la cryptoténie du Canada (Cryptotaenia canadensis), la verge d’or faux-ptarmica [Oligoneuron album (syn. Solidago ptarmicoides)] et le célastre grimpant (Celastrus scandens), de la rivière Saint-Jean (N.-B.), à cause des inondations causées par les barrages hydroélectriquesNote de bas de page66.
  • Disparition locale de deux espèces en péril, la sabatie de Kennedy (Sabatia kennedyana) et le coréopsis rose (Coreopsis rosea), dans au moins deux lacs du système fluvial Tusket situés dans l’extrême sud-ouest de la Nouvelle-ÉcosseNote de bas de page67, Note de bas de page68.
  • Disparition en Nouvelle-Écosse d’une des deux seules populations de corégones de l’Atlantique (Coregonus huntsmani), espèce en voie de disparition, suite à l’aménagement d’un barrage dans la rivière Tusket en 1929Note de bas de page69.
  • Disparition de l’alasmidonte naine (Alasmidonta heterodon), espèce qui était confinée à l’EMA au Canada, vraisemblablement à cause de la perte de son poisson hôte par suite de la construction d’un pont-jetée en travers de la section à marée de la rivière Petitcodiac (N.-B.) en 1967-1968Note de bas de page70, Note de bas de page71.

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Constatation clé 5
Zones côtières

Thème Biomes

Constatation clé à l’échelle nationale
Les écosystèmes côtiers, par exemple les estuaires, les marais salés et les vasières, semblent sains dans les zones côtières moins développées, même s’il y a des exceptions. Dans les zones développées, l’étendue des écosystèmes côtiers diminue, et leur qualité se détériore en raison de la modification de l’habitat, de l’érosion et de l’élévation du niveau de la mer.

La côte est un élément définitoire de l’EMA. Elle comporte différentes entités, entre autres des baies, des anses, des ports, des bras de mer, des passages, des chenaux, des bassins, des pointes, des promontoires, des îles, des caps, des plages, des landes, des estuaires et des marais salésNote de bas de page72. Il existe des données sur la situation des entités côtières de l’EMA, mais on ne connaît pas bien les tendances dans ce biome. Lorsque des données existent, elles ne sont pas complètes et ne sont pas nécessairement représentatives de toute l’EMA. Les données disponibles indiquent cependant que les milieux humides côtiers, les plages et les dunes ont connu une baisse, tandis que les agents stresseurs, comme le développement (industriel ou urbain) et la création de lotissements pour chaletsNote de bas de page73, les activités récréatives, la hausse du niveau de la mer et les ondes de tempête, ont augmenté. Les changements climatiques accroîtront les effets sur ces milieux côtiers73. Certaines espèces tributaires des côtes, comme certains oiseaux de rivage, ont aussi connu des baisses d’effectifs.

Milieux humides côtiers

Bien que les milieux humides côtiers et les côtes représentent moins de 1 % de l’EMA, ils constituent un des types de milieux les plus importants pour le maintien de la biodiversité indigène. La perte et la fragmentation de ce type d’écosystème dans l’EMA représente l’un des cas les plus graves de perte de milieux humides au Canada27. Comme on l’a déjà mentionné dans la section « Milieux humides » (page 26), on estime que 65 % de la superficie couverte par les marais côtiers a été perdue depuis l’établissement des Européens48. La perte de milieux humides a commencé il y a plus de 300 ans, lorsque les Acadiens ont entrepris d’assécher les marais salés pour l’agriculture. Depuis 1900, de nombreux milieux humides côtiers ont été asséchés, inondés ou remblayés à des fins d’aménagement urbain, industriel, agricole ou encore côtier, en particulier pour la création de lotissements pour chaletsNote de bas de page74.

Hanson et al.Note de bas de page75 ont quantifié le changement de l’étendue des marais salés de deux sites non aménagés (cap Jourimain et Shemogue) et trois sites aménagés (Aboiteau, Shediac et Cocagne) le long du détroit de Northumberland, dans le sud-est du Nouveau-Brunswick entre 1944 et 2001. Les marais salés ont subi une baisse aux cinq sites au cours de la période étudiée, à cause des effets combinés des aménagements et des variables climatiques (figure 18).

Figure 18. Baisse de la superficie de marais salés végétalisés à cinq sites du sud-est du Nouveau­Brunswick entre 1944 et 2001.

carte

Description longue pour la figure 18

Une carte et un graphique à barres indiquent les informations suivantes :

Pourcentage de changement

Données de la figure 18.
Cap Jourimain (1)Shemogue (2)Aboiteau (3)Shediac (4)Cocagne (5)
-28%-5%-27%-21%-36%

Les sites du cap Jourimain (1) et de Shemogue (2) sont des zones non aménagées. Les trois autres sites (3 à 5) sont surtout résidentiels.
Source : d’après Hanson et al. (2006)75

Les milieux humides côtiers continuent de se dégrader à cause du ruissellement terrestre et de la sédimentation, de la limitation des marées à cause de barrières et de ponceaux73, et de la hausse du niveau de la mer découlant des changements climatiques. Le développement industriel et commercial, ainsi que certaines pratiques agricoles, sont parmi les principales menaces touchant les écosystèmes estuariensNote de bas de page76. Si le niveau de la mer continue de monter, cela aura des effets négatifs additionnels sur la côte73 (voir la section « Hausse du niveau de la mer et érosion des côtes », à la page 39).

Zostère marine

Les herbiers de zostère marine (Zostera marina) sont parmi les écosystèmes les plus productifs au mondeNote de bas de page77, et ils sont également parmi les plus menacésNote de bas de page78. Cette plante est un aliment important pour la sauvagine en migration et hivernante, et les herbiers de zostère constituent des aires d’alimentation pour d’autres oiseauxNote de bas de page79 Note de bas de page80  Note de bas de page81. Il n’existe pas de données détaillées permettant de dégager les tendances de la zostère marine, mais la compilation des résultats d’un certain nombre d’études, pour la plupart à court terme (tableau 4), indique une baisse générale de la zostère marine et certaines réductions abruptes, avec certaines zones présentant des peuplements stables ou en hausse77, 80. La perte de zostères marines à travers le monde a été attribuée à une variété de perturbations naturelles et de perturbations causées par l'homme, incluant l'érosion côtière, les ouragans, la charge en éléments nutritifs (voir Charge en éléments nutritifs et efflorescences algales sur la page 51), et plusieurs formes de perturbations mécaniquesNote de bas de page82. Un autre facteur de déclin le long de la côte atlantique est la prolifération du crabe vert (ou crabe européen) (Carcinus maenas), espèce envahissante qui peut déraciner les plants de zostère marineNote de bas de page83.

Tableau 4. Tendances de la zostère marine d’après des études menées en Nouvelle-Écosse et dans le golfe du Saint-Laurent.
LieuPériodeTendances de la zostère marine
Baie Lobster (N.-É.)1978 à 2000Pertes estimées de 30 et 44 % dans deux zonesFootnote84.
Port d’Antigonish (N.­É.)2000 à 2001Déclin de la biomasse de 95 %, suivi d’une baisse de 50 % des oies et des canards se nourrissant de la zostère marineFootnote85.
4 bras en Nouvelle-Écosse1992 à 2002Perte de 80 % de la superficie totale de zone intertidale occupée par la zostère marineFootnote86.
13 estuaires dans le sud du golfe du Saint-Laurent2001 à 2002Baisse de 40 % de la biomasseFootnote87.
Golfe du Saint-Laurent au QuébecDiversesAugmentation de l’aire de répartition dans la péninsule de Manicouagan (1986 to 2004); en général, augmentation ou stabilité de l’aire de répartition dans les autres zonesFootnote88.

Oiseaux de rivage

L’EMA héberge un certain nombre d’espèces d’oiseaux de rivage nicheurs, mais elle joue surtout un rôle important pour les oiseaux de rivage en migration. Les milieux côtiers, en particulier ceux se trouvant vers le fond de la baie de Fundy, revêtent une importance critique comme haltes migratoires et lieux d’alimentation, en particulier pour les bécasseaux, qui sont plus petitsNote de bas de page89 Note de bas de page90 Note de bas de page91. Le nombre d’oiseaux de rivage passant par les provinces du Canada atlantique a baissé depuis le début des relevés, en 1974 (tableau 5)Note de bas de page92 Note de bas de page93 Note de bas de page94 Note de bas de page95 Note de bas de page96, avec des baisses particulièrement marquées dans les années 1990Note de bas de page97. Les raisons de ces baisses ne sont pas pleinement comprises. Les milieux côtiers ont connu des changements pouvant avoir des effets négatifs sur les oiseaux de rivageNote de bas de page98, mais les tendances concernant au moins certaines espèces sont probablement liées à des facteurs agissant dans d’autres parties des aires de migration98.

Tableau 5. Tendances des effectifs d‘oiseaux de rivage migrant par les zones côtières de l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1974-2006. Le tableau qui suis démontre l’indice d’abondance du BBS, par décenie, des années 1970 aux années 2000.Tableau - note1
EspèceTendance
(%/an)
P  Années 1970
(BBS)
Années 1980
(BBS)
Années 1990
(BBS)
Années 2000
(BBS)
Changement
 %
Bécasseau maubèche
(Calidris canutus)
-10,9*39,511,29,13,3-97,5
Bécasseau minuscule
(Calidris minutilla)
-6,6*80,722,29,811,6-88,8
Petit chevalier
(Tringa flavipes)
-5,0*29,252,216,49,8-80,6
Bécasseau semipalmé
(Calidris pusilla)
-4,9 5170,948922623,73074,5-80,0
Pluvier argenté
(Pluvialis squatarola)
-3,0*51,043,123,026,7-62,3
Bécasseau variable
(Calidris alpina)
-2,8 26,328,611,415,5-59,7
Tournepierre à collier
(Arenaria interpres)
-2,8**13,210,911,44,2-59,7
Bécassin roux
(Limnodromus griseus)
-2,7 292,8281,739,6141,0-58,4
Bécasseau sanderling
(Calidris alba)
-2,3 42,934,719,824,0-52,5
Grand chevalier
(Tringa melanoleuca)
-0,9 13,012,89,810,8-25,1
Barge hudsonienne
(Limosa haemastica)
-0,9 5,54,13,52,9-25,1
Chevalier semipalmé
(Tringa semipalmata)
-0,8 16,615,911,114,1-22,6
Bécasseau à croupion blanc
(Calidris fuscicollis)
-0,2 16,115,312,616,4-6,2
Pluvier semipalmé
(Charadrius semipalmatus)
1,9 103,8123,0153,1159,382,6
Courlis corlieu
(Numenius phaeopus)
2,5 1,91,53,14,3120,4

Tableau 5 - Notes

Note 1

Dans ce tableau : P est la signification statistique : ** indique que P < 0,01, * indique que P < 0,05, et il n’y a aucune valeur lorsque la tendance n’est pas significative. La colonne « Changement » donne le pourcentage de changement de l’indice d’abondance moyen sur toute la période, calculé d’après la tendance générale (%/an).
Source : Gratto-Trevor et al., 201197

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Relativement peu d’espèces d’oiseaux de rivage se reproduisent dans l’EMA, et seulement un petit nombre le fait dans les zones côtières. On a pu déterminer une tendance pour quatre espèces nichant sur les côtes de l’EMA en utilisant les données du Relevé des oiseaux nicheurs (tableau 6), et seule la tendance pour la bécassine de Wilson (Gallinago delicata), soit une baisse de 2,6 %/an (P < 0,01), était significative97.

Tableau 6. Tendances des effectifs d‘oiseaux de rivage nichant dans la zone côtière, entre les années 1970 et les années 2000. Le tableau qui suis démontre l’indice d’abondance du BBS, par décenie, des années 1970 aux années 2000.Tableau - note1
EspèceTendance
(%/an)
P  Années 1970
(BBS)
Années 1980
(BBS)
Années 1990
(BBS)
Années 2000
(BBS)
Changement
 %
Maubèche des champs
(Bartramia longicauda)
-3,1 30,20,10,1-70 %
Chevalier grivelé
(Actitis macularius)
-2,6 0,80,90,70,4-64 %
Chevalier semipalmé
(Tringa semipalmata)
-3,1 1,110,40,4-71 %
Bécassine de Wilson
(Gallinago delicata)
-2,6**5,24,82,92,3-64 %

Tableau 6 - Notes

Note 1

Dans ce tableau : P est la signification statistique : ** indique que P < 0,01, * indique que P < 0,05, et il n’y a aucune valeur lorsque la tendance n’est pas significative. La colonne « Changement » donne le pourcentage de changement de l’indice d’abondance moyen sur toute la période, calculé d’après la tendance générale (%/an).

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Sauvagine

L’EMA comporte de nombreuses zones côtières où la sauvagine se réunit traditionnellement en grand nombre au cours des migrations du printemps et de l’automneNote de bas de page99. De nombreuses espèces de sauvagine hivernent également dans cette région, par exemple le garrot d’Islande (Bucephala islandica)Note de bas de page100. Les hivers récents plus doux, avec des périodes sans glace plus longues, ont eu comme conséquence des populations hivernantes plus grandes et des hausses potentielles du temps de séjour de la sauvagine en période de migrationNote de bas de page101. Les tendances concernant la sauvagine nicheuse sont résumées à la section « Sauvagine », à la page 26.

Rivages sableux et dunes

Les rivages sableux et les dunes se trouvent principalement le long de la côte du détroit de Northumberland au Nouveau-Brunswick, du bassin Minas, de la rive nord de l’Î-P.-É. et des îles de la Madeleine. Les plages et les dunes représentent un milieu important pour de nombreuses espèces fauniques, car elles offrent nourriture et habitat aux oiseaux de rivage, à d’autres espèces animales et végétales et aux microorganismes76. Elles sont menacées par les aménagements, le prélèvement de sable, les activités récréatives, la hausse du niveau de la mer et l’accroissement de la force des tempêtes dû aux changements climatiques (voir la section « Hausse du niveau de la mer et érosion des côtes », à la page 39).

Les données sur les tendances des taux d’érosion et de dépôt pour les plages et les dunes sont limitées. O’Carroll et al.Note de bas de page102 ont procédé à une analyse rétrospective de photos aériennes pour évaluer les changements temporels subis par les plages et les dunes à cinq sites différents du sud-est du Nouveau-Brunswick entre 1944 et 2001. Ils ont constaté que la superficie des plages et des dunes a subi une baisse, plus prononcée pour les plages que pour les dunes, aux cinq endroits (figure 19). Le prélèvement de sable pour la production d’agrégat et l’expansion de la protection des rives ont aussi contribué au changement dans ces zones. La variété des changements observés illustre le fait que les processus locaux d’accumulation et d’érosion, les épisodes de tempête et l’activité humaine ont tous été des facteurs importants dans l’évolution des écosystèmes sableux côtiers102.

Figure 19. Baisse de superficie des plages et des dunes à cinq sites du sud-est du Nouveau-Brunswick, entre 1944 et 2001.

carte

Description longue pour la figure 19

Une carte et un graphique à barres indiquent les informations suivantes :

Données de la figure 19. - Pourcentage de changement
Cap Jourimain (1)Shemogue (2)Aboiteau (3)Shediac (4)Cocagne (5)
-22%-8%-12%-32%-40%

Les sites de Cap-Jourimain (1) et de Shemogue (2) sont des zones non aménagées. Les trois autres sites étudiés (3-5) sont surtout résidentiels. À Shediac, la baisse de 32 % s’est surtout produite entre 1944 et 1971, avec une petite perte additionnelle entre 1971 et 2001.
Source : d’après O’Carroll et al. (2006)102

Pluvier siffleur

La population atlantique de pluviers siffleurs (Charadrius melodus melodus), désignée « en voie de disparition » en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada, préfère les milieux de début de succession, comme des flèches de sable converties en îles-barrières par les tempêtes (figure 20)73. En 2002, la population reproductrice mondiale de pluviers siffleurs était estimée à seulement 5 945 adultesNote de bas de page103. On a recensé 442 adultes dans les lieux de reproduction de l’EMA en 2001, et 435 en 2006. Malgré les programmes de conservation, le nombre d’adultes a baissé de 13 % entre 1991 et 2006 (figure 20). Le pluvier siffleur fait face à plusieurs menaces, la prédation représentant l’un des plus importants facteurs limitant les populations dans toute l’aire de reproduction nord-américaine de l’espèce. Les estimations courantes dans l’est du Canada indiquent un succès d’éclosion de moins de 55 %Note de bas de page104. De plus, la perte et la dégradation d’habitat sont des problèmes importants. L’utilisation accrue des plages et l’aménagement des côtes, incluant la construction de chalets ou de maisons, de quais, de jetées et d’ouvrages anti-érosion, peuvent avoir un effet sur les plages de reproduction ainsi que sur les habitats d’élevage et d’alimentationNote de bas de page105. Les effets des changements climatiques, par exemple les ondes de tempête de plus en plus fréquentes et la hausse du niveau de la mer, constituent un autre facteur limitatifNote de bas de page106 Note de bas de page107.

Figure 20. Répartition des sites de reproduction du pluvier siffleur en 2006 (carte à gauche) et effectifs de pluviers siffleurs adultes établis durant les relevés (graphique à droite) dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1991, 1996, 2001 et 2006.

carte

Description longue pour la figure 20

Cette figure comprend une carte indiquant la répartition des sites de reproduction du pluvier siffleur et un graphique à barres indiquant les effectifs de pluviers siffleurs adultes établis durant les recensements internationaux du pluvier siffleur de 1991 à 2006 dans les sites de recensement de l’écozone+ maritime de l’Atlantique. Les sites de reproduction de l’écozone+ se concentrent le long de la côte sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, et le long de la côte nord de l’Île-du-Prince-Édouard. Le graphique montre les informations suivantes :

Données de la figure20. - Nombre d’adultes
1991199620012006
761047082

Données des recensements internationaux du pluvier siffleur de 1991 à 2006. Les effectifs rapportés sont les « valeurs élevées » et ils incluent tous les adultes recensés durant tous les relevés et à tous les sites (certains sites ont connu plus d’un recensement).
Source : carte d’Environnement Canada (2006)106; données de Ferland et Haig (2002)103 et Elliot-Smith et al. (2009)Note de bas de page108

Aménagements côtiers

Depuis 1990, les zones côtières de l’EMA sont plus densément peuplées. Au Nouveau-Brunswick, par exemple, la proportion de subdivisions côtières en pourcentage de toutes les subdivisions de la province a augmenté de 35 % entre 1990 et 1999Note de bas de page109. En Nouvelle-Écosse, l’accroissement de l’urbanisation a occasionné des baisses de population dans de nombreuses zones rurales de la province, tandis que les populations se sont accrues le long de la côte. Il y a eu une hausse spectaculaire des taux de subdivision et des enregistrements de lot dans les terres littorales durant tout le 20e siècle (figure 21)76.

Figure 21. Tendances de l’enregistrement de lots à l’intérieur d’une distance de 2 km des côtes de la Nouvelle-Écosse, par décennie.

carte

Description longue pour la figure 21

Ce graphique montre les informations suivantes :

Données de la figure 21.
AnnéesNombre
d’enregistrenments
Avant 18891,000
1889-19081,500
1909-1918800
1919-1928500
1929-19381,100
1939-19482,600
1949-19585,100
1959-196814,500
1969-197841,500
1979-198857,500
1989-199874,500
1999-200869,500

Source : CBCL Limited (2009)76 d’après la Nova Scotia Property Online Database

Hausse du niveau de la mer et érosion des côtes

Les taux de hausse du niveau de la mer dépendent de plusieurs facteurs, entre autres du taux de fonte des glaciers et des calottes glacières, du réchauffement des eaux océaniques et du relèvement isostatique, qui est le mouvement vers le haut de la croûte terrestreNote de bas de page110. Un aperçu national de la sensibilité des côtes à la hausse du niveau de la mer et aux effets associés des tempêtes a démontré que les zones côtières de la région de l’Atlantique étaient parmi les plus gravement menacées au CanadaNote de bas de page111. Environ 80 % de la côte est considérée comme très sensible. Les zones littorales les plus sensibles consistent généralement en des terrains bas avec marais salés, cordons littoraux et lagunes.

Au cours du dernier siècle, le niveau de la mer dans la région de l’Atlantique s’est élevé, plusieurs ports ayant connu des taux d’élévation moyens de 22 à 32 cm/siècle (figure 22). Le niveau moyen de la mer le long de la côte de l’est du Québec s’est élevé de 17 cm au cours du dernier siècle107, Note de bas de page112. Cette hausse est probablement due en partie à la subsidence consécutive au retrait glaciaire, mais une grande partie est attribuable à la hausse du niveau de la mer causée par les changements climatiques. Par exemple, de 1911 à 2005, le niveau annuel moyen de la mer à Charlottetown s’est élevé à une vitesse moyenne de 32 cm/siècle107, soit une part d’environ 20 cm/siècle attribuable à la subsidence consécutive au retrait glaciaire, et la part restante de 12 cm/siècle, à la hausse du niveau de la mer107 Note de bas de page113.

Figure 22. Tendance du niveau d’eau annuel moyen dans six ports de l’écozone+ maritime de l’Atlantique.

carte

Description longue pour la figure 22

Cette figure est composée de six graphiques linéaires dont les courbes de tendance montrent le taux d’élévation du niveau de la mer dans les ports de l’écozone+ maritime de l’Atlantique. Le niveau de la mer s’est élevé à des vitesses similaires dans les six ports. Les graphiques linéaires montrent les informations suivants :

Données de la figure 22.
PortsAnnéesTendances
(cm/siécle)
Halifax, NS1920-200832
North Sydney, NS170-200830
Yarmouth, NS1967-200830
Pictou, NS1966-199524
Charlottetown, PEI1911-200832
Saint John, NB1906-200822

Source : CBCL Limited (2009)76 d’après les données du Service de données sur le milieu marin, Ottawa, 2008Note de bas de page114

Un des principaux effets de la hausse du niveau de la mer est une augmentation du recul des côtes, ou érosion côtière. L’érosion côtière est un phénomène naturel, mais la hausse du niveau de la mer et les autres effets des changements climatiques sur les processus physiques et climatiques accélèrent les vitesses d’érosion dans certaines parties de l’EMA, par exemple dans le golfe du Saint-LaurentNote de bas de page115, Note de bas de page116. Il y a une corrélation entre une érosion côtière accélérée et un changement des variables climatiques comme des tempêtes plus fréquentes115, Note de bas de page117, une saison des glaces plus courte, des cycles de gel/dégel plus nombreux, des épisodes de pluie hivernale plus fréquentsNote de bas de page118 et des niveaux de la mer plus élevés116. Les zones les plus sensibles à l’érosion côtière dans l’EMA sont la Gaspésie, à l’entrée de la baie des Chaleurs, et le pourtour de l’Î-P.-É. et des îles de la Madeleine.

Dans certaines zones de l’Î-P.-É., il existe déjà des indices d’une hausse importante des taux d’érosion côtière. Par exemple, les taux d’érosion à la pointe Pigots, près de Savage Harbour, étaient de 1,4 m/an de 1968 à 1981, et de 3,2 m/an de 1981 à 1990. De telles hausses n’existent cependant pas nécessairement dans toute l’EMA. En 2006, Environnement Canada a quantifié la hausse du niveau de la mer, les ondes de tempête et l’érosion côtière dans la zone côtière du golfe du Saint-Laurent dans cette région et a conclu que les taux de retrait des côtes pour le sud-est du Nouveau-Brunswick n’avaient pas augmenté de façon significative durant la deuxième moitié du 20e siècle107.

En plus de l’érosion, les autres effets de la hausse du niveau de la mer sur les écosystèmes incluent des inondations plus graves et plus fréquentes des milieux humides et des rivages adjacents, des inondations plus étendues durant les fortes tempêtes et les grandes marées, un retrait ou une érosion côtière (dunes et falaises) accélérés, la formation de brèches dans les cordons littoraux et la déstabilisation des passages, des intrusions salines dans les aquifères d’eau douce côtiers, et l’endommagement des infrastructures côtières. En outre, l’accroissement de la fréquence ou de l’amplitude des ondes de tempête augmente l’érosion et l’inondation des côtes (voir la section « Perturbations naturelles »).

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Constatation clé 7
La glace dans l’ensemble des biomes

Thème Biomes

Constatation clé à l’échelle nationale
La réduction de l’étendue et de l’épaisseur des glaces marines, le réchauffement et le dégel du pergélisol, l’accélération de la perte de masse des glaciers et le raccourcissement de la durée des glaces lacustres sont observés dans tous les biomes du Canada. Les effets sont visibles à l’heure actuelle dans certaines régions et sont susceptibles de s’étendre; ils touchent à la fois les espèces et les réseaux trophiques.

Bien que la glace ne soit pas un élément définitoire de l’EMA, elle peut fournir un milieu important pour les espèces adaptées à la vie dans, sous ou sur celle-ci, offrir des voies de passage aux animaux terrestres, et contribuer à la régulation de la circulation des eaux. Le moment et la durée de la couverture de glace sur les rivières, les lacs et l’océan déterminent en grande partie les types de végétaux et d’animaux pouvant habiter les plans d’eau.

Glace des rivières et des lacs

L’information sur les tendances générales de la prise des glaces et des débâcles dans les rivières et les lacs de l’EMA était limitée et peu concluante63, Note de bas de page119 Note de bas de page120 Note de bas de page121, et les tendances dégagées se limitent à des rivières et à des lacs individuels (tableau 7.1 et tableau 7.2)Note de bas de page122. Pour les dix sites englobés par une analyse récente des données du programme bénévole Attention glace, on n’a pu déterminer qu’une tendance vers une date de fonte des glaces plus tardive, entre 1950 et 2005122.

Tableau 7.1 Tendances des dates de prise des glaces d’après des études dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique.
Prise des glacesDatesChangement au cours de la périodeTendance par annéeSignification statistique
Lac Grand (N.-B.)1201952 à 198017,4 jours plus tôt0,6 jours/an< 0,1
Lac Utopia (N.-B.)1201971 à 200037,5 jours plus tard1,25 jour/an< 0,001
Débâcle    
Lac Utopia (N.­B.)1201961 à 199015,6 jours plus tôt0,5 jour/an< 0,01
Rivière Miramichi (N.­B.)1211829 à 19557,3 jours plus tôt/100 ans < 0,01
Rivière Saint-Jean (N.­B.)Footnote123années 1950 aux années 198015 jours plus tôt ?

 

Tableau 7.2 Tendances des dates de débâcle d’après des études dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique.
DébâcleDatesChangement au cours de la périodeTendance par annéeSignification statistique
Lac Utopia (N.­B.)1201961 à 199015,6 jours plus tôt0,5 jour/an< 0,01
Rivière Miramichi (N.­B.)1211829 à 19557,3 jours plus tôt/100 ans < 0,01
Rivière Saint-Jean (N.­B.)123années 1950 aux années 198015 jours plus tôt ?

Les sources de l’information sont indiquées par les numéros de référence figurant après les noms des lacs ou rivières.

Prowse et CulpNote de bas de page124 ont présenté un aperçu des effets de la glace sur les communautés écologiques des cours d’eau. En général, les cycles vitaux de nombreux organismes aquatiques sont à la fois directement et indirectement influencés par la glace, par l’entremise de facteurs comme la durée de la couverture de glace, les températures dans les cours d’eau et la variabilité hydrologique. Par exemple, Cunjak et al.Note de bas de page125 ont démontré que la survie des jeunes saumons atlantiques (Salmo salar) dans le ruisseau Catamaran (N.-B.) s’améliorait généralement avec l’augmentation du débit hivernal moyen, tandis que la survie la plus faible mesurée a été associée à un phénomène de débâcle et embâcle hivernal atypique déclenché par des épisodes de fonte causés par la pluie.

Glaces marines

Les glaces marines sont importantes dans l’EMA et on croit qu’elles ont un effet atténuant sur l’action des vagues causant l’érosion et des inondations107. Dans certaines parties de l’EMA où on observe ces glaces chaque année, la couverture de glace varie d’une année à l’autre; des cycles sont observés, et ils sont dans une certaine mesure corrélés avec l’oscillation nord-atlantique, phénomène de fluctuation des différences de pression atmosphérique entre la dépression d’Islande et l’anticyclone des Açores, qui à son tour a un effet sur la force et la direction des vents. Dans le golfe du Saint-Laurent, la couverture de glace marine et la durée de la saison des glaces tendent à diminuer, mais ces tendances ne sont pas significatives (figure 23)107. Saucier et SennevilleNote de bas de page126 avancent que les glaces marines hivernales auront disparu du golfe du Saint-Laurent avant la fin du 21e siècle, ce qui pourrait entraîner une érosion côtière importante, ainsi qu’une perte de marais côtiers (voir la section « Zones côtières », à la page 32).

Figure 23. Tendances de la superficie totale de couverture de glace accumulée (graphique du haut) et de la durée de la saison (couverture > 10 %) (graphique du bas) pour le golfe du Saint-Laurent, 1971-2005.

carte

Description longue pour la figure 23

La figure 23 comprend deux graphiques linéaires décrivant la tendance de la couverture de glace accumulée et de la durée de la saison durant laquelle cette couverture occupe plus de 10 % du golfe du Saint-Laurent. Les deux graphiques affichent des valeurs par incrément d’un an de 1971 à 2005, ainsi qu’une courbe de tendance. Les graphiques montrent que la superficie et la durée de la couverture des glaces marines tendent à diminuer, mais ces tendances ne sont pas significatives.

Source : Forbes et al., 2006107

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Thème : Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé 8
Aires protégées

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l’échelle nationale
La superficie et la représentativité du réseau d’aires protégées ont augmenté ces dernières années. Dans bon nombre d’endroits, la superficie des aires protégées est bien au-delà de la valeur cible de 10 % qui a été fixée par les Nations Unies. Elle se situe en deçà de la valeur cible dans les zones fortement développées et dans les zones océaniques.

En 2009, il y avait dans l’EMA 617 aires protégées occupant 5,3 % du territoire (figure 24). Ce total comprenait 438 aires protégées tombant dans les catégories I à IV de l’UICN (10 963 km2; 4,9 % de l’EMA), 172 aires protégées des catégories V et VI (796 km2; 0,4 % de l’EMA), et 7 aires protégées (< 0,01 % de l’EMA) n’appartenant à aucune catégorie de l’UICN (figure 25). Les catégories I à IV de l’UICN incluent les réserves naturelles, les aires de nature sauvage, et d’autres parcs et réserves gérés pour la conservation des écosystèmes et de leurs caractéristiques naturelles et culturelles, ou gérés principalement pour la conservation des habitats et des espèces sauvagesNote de bas de page127. Les catégories V et VI de l’UICN mettent l’accent sur une utilisation durable des aires protégées par des traditions culturelles établies127. En 1992 (date de la signature de la Convention sur la diversité biologique), 1,6 % de l’EMA était protégéeNote de bas de pageiv.

Figure 24. Répartition des aires protégées dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, mai 2009.

carte

Description longue pour la figure 24

Cette carte présente les aires protégées depuis 2009 dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique. En 2009, il y avait 617 aires protégées occupant 5,3 % du territoire. Les deux plus grandes aires protégées sont le parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, dans la pointe nord du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, et le parc national du Canada et lieu historique national Kejimkujik, dans les terres intérieures du sud de la Nouvelle-Écosse.

Source : Environnement Canada (2009)Note de bas de page128 d’après des données du Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC) (v. 2009.05)Note de bas de page129 fournies par les autorités fédérales, provinciales et territoriales

Avant 1936, seul un site d’une superficie de 4 km2, le sanctuaire d’oiseaux migrateurs de la pointe Amherst en Nouvelle-Écosse, établi en 1927, était classé dans la catégorie IV. La superficie totale de l’aire protégée est passée de moins de 1 000 km2 en 1936 à un peu plus de 3 000 km2 en 1992, et à plus de 11 000 km2 en 2009 (figure 25). La création de sept parcs nationaux dans l’EMA est en grande partie à l’origine de cette augmentation des superficies entre 1936 et les années 1980. Le parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, dans le nord de la Nouvelle-Écosse, le premier et le plus grand parc national dans l’EMA (949 km2), a été établi en 1936. Dans le sud de la Nouvelle-Écosse, le parc national du Canada et le lieu historique national Kejimkujik, la deuxième plus grande aire protégée de la région (404 km2), ont été ouverts en 1974. Les récentes additions depuis 1992 ont été principalement des parcs provinciaux et des aires protégées, surtout au Québec et en Nouvelle-Écosse.

Figure 25. Croissance des aires protégées dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1936-2009.

carte

Description longue pour la figure 25

Ce graphique à barres montre la croissance des zones bénéficiant d’une protection juridique dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique durant la période allant de 1936 à 2009.

Données de la figure 25. - Partie 1
Date d’establissement
de la protection
Superficie protégée cumulative (km2)
Catégories  I-IV de l’UICN
1936944.05
1937948.75
1938948.75
1939948.75
1940948.75
1941957.65
1942957.65
1943957.65
1945957.65
1946957.65
1947957.65
19481,163.49
19491,163.49
19501,163.49
19511,163.49
19521,163.49
19531,163.49
19541,163.49
19551,163.49
19561,163.49
19571,163.49
19581,163.49
19591,163.49
19601,163.49
19611,163.49
19621,163.49
19631,163.49
19641,163.49
19651,163.49
19661,164.00
19671,164.00
19681,164.00
19691,164.00
19701,164.00
19711,166.94
19721,166.94
19731,207.30
19741,816.75
19751,816.75
19761,816.75
19771,827.32
19781,853.11
19792,090.57
19802,103.55
19812,905.55
19822,905.55
19832,918.33
19842,946.67
19852,963.86
19862,966.92
19873,122.60
19883,147.01
19893,150.50
19903,151.99
19913,157.43
19923,173.62
19933,557.99
19943,614.27
19953,687.16
19963,703.99
19973,706.14
19986,223.78
19996,510.29
20006,571.90
20016,753.48
20026,760.60
20036,766.09
20046,782.72
20057,964.30
20067,974.94
20077,982.48
20088,007.72
20098,056.85
Total10,157.91

 

Données de la figure 25. - Partie 2
Date d’establissement
de la protection
Superficie protégée cumulative (km2)
Catégories  V-VI de l’UICN
197719.90
197819.90
197919.90
198025.75
198125.75
198229.85
198329.85
198429.85
198529.85
198629.85
198729.85
198829.85
198929.85
199029.85
199129.85
199229.85
199342.03
199442.03
199542.03
199642.03
199742.03
199853.38
199953.76
200057.29
2001608.28
2002608.28
2003608.28
2004608.28
2005795.67
2006795.67
2007795.67
2008795.67
2009795.67
Total795.67

Source : Environnement Canada (2009)128 d’après des données du Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC) (v. 2009.05)129 fournies par les autorités fédérales, provinciales et territoriales

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Constatation clé 10
Espèces non indigènes envahissantes

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l’échelle nationale
Les espèces non indigènes envahissantes sont un facteur de stress important en ce qui concerne le fonctionnement, les processus et la structure des écosystèmes des milieux terrestres et des milieux d’eau douce et d’eau marine. Leurs effets se font sentir de plus en plus à mesure que leur nombre augmente et que leur répartition géographique progresse.

Les espèces non indigènes sont des végétaux, des animaux ou d’autres organismes introduits par les activités humaines dans des zones se trouvant à l’extérieur de leurs aires de répartition naturelles. Ces espèces sont considérées comme étant envahissantes lorsque leur introduction ou leur propagation menacent les espèces ou les écosystèmes indigènes, ou qu’elles peuvent causer des dommages considérables à l’économie ou à la société (p. ex. à cause de leurs effets sur les récoltes agricoles ou l’exploitation forestière). Les espèces non indigènes envahissantes sont reconnues comme une des menaces les plus importantes pour la biodiversité indigèneNote de bas de page130. Étant donné que l’EMA borde l’océan et englobe de nombreux ports, elle a souvent constitué un point d’entrée pour les espèces non indigènes envahissantes. Il n’existe pas de données exhaustives sur les tendances pour l’EMA; la présente section ne présente donc que quelques exemples de situations pour lesquelles on dispose de données.

Plantes envahissantes

La flore de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince- Édouard est composée à 37, 34 et 35 % d’espèces non indigènes, respectivement (figure 26). Il n’y a toutefois actuellement que quelques espèces végétales non indigènes dans l’EMA qui semblent avoir des effets négatifs répandus sur la diversité biologique indigèneNote de bas de page131. Seules 36 % des espèces non indigènes signalées dans l’EMA (à l’exclusion du Québec) sont connues pour y être largement établies (figure 27)Note de bas de page132. En général, l’EMA était moins touchée par des espèces non indigènes envahissantes que la région des Grands Lacs ou que les parties densément peuplées du nord-est des États-Unis66, 131.

Figure 26. Nombre total d’espèces végétales indigènes et non indigènes dans les Provinces maritimes, 2001.

carte

Description longue pour la figure 26

Ce graphe à barres empilées montre les informations suivantes :

Données de la figure 26.
Provincesindigène -
Nombre d’espèces
non indigène -
Nombre d’espèces
Total pour les Maritimes1278769
N.-B.1140589
N.-É.1101634
Î.-P.-É.718384

Données du Québec non incluses.
Source : d’après des données inédites du Centre de données sur la conservation du Canada atlantiqueNote de bas de page133

Figure 27. Abondance des espèces végétales non indigènes dans les Provinces maritimes, 2001.

carte

Description longue pour la figure 27

Cette figure est un diagramme à secteurs indiquant le pourcentage d’espèces non indigènes classifiées dans les catégories Rare, Peu communes, Communes à l’échelle locale, Assez communes et Très répandues en 2001. On peut y voir que, parmi les espèces non indigènes, 64 % (489 espèces) étaient rares, 9,4 % (72 espèces) étaient peu communes, 5,6 % (43 espèces) étaient communes à l’échelle locale, 5,9 (45 espèces) étaient assez communes et 15 % (115 espèces) étaient très répandues.

Données du Québec non incluses.
Source : d’après Blaney, données inédites132

Deux espèces non indigènes, en particulier, représentent une menace grave et étendue : le roseau commun (Phragmites australis ssp. australis) et le nerprun bourdaine (Frangula alnus, aussi connu sous le nom de Rhamnus frangula). Les autres espèces préoccupantes incluent le célastre asiatique (Celastrus orbiculatus), la salicaire commune (Lythrum salicaria), la renouée du Japon (Polygonum cuspidatum) et l’alliaire officinale (Alliaria petiolata). L’invasion d’alpiste roseau (Phalaris arundinacea) dans le lit des cours d’eau et sur les rives des rivières représente également un grave problème dans l’EMA.

Insectes et maladies non indigènes envahissants

Les insectes et les maladies non indigènes ont eu des effets écologiques importantsNote de bas de page134, surtout sur les écosystèmes forestiers10. On ne dispose d’aucune donnée sur les tendances, mais on sait que les maladies importantes incluent la rouille vésiculeuse du pin blanc, la maladie corticale du hêtre et la maladie hollandaise de l’orme. En Nouvelle-Écosse, 12 principales espèces d’insectes nuisibles ont été introduites entre les années 1890 et 2000 (tableau 8). La plupart de ces espèces sont arrivées par la côte atlantique, dans des chargements venus d’Europe au cours du siècle dernier. Nombre d’entre elles touchent toute l’EMA134. On en trouvera deux exemples plus bas.

Tableau 8. Principaux insectes et maladies non indigènes envahissants en Nouvelle-Écosse, avec l’année d’introduction, le lieu de la première introduction en Amérique du Nord et l’espèce hôte privilégiée, des années 1809 à 2000.
Insecte/maladieAnnéeLieu de la première introduction en Amérique du NordHôte privilégié
Maladie corticale du hêtreAnnées 1890Halifax (N.-É.)Hêtre à grandes feuilles
(Fagus grandifolia)
Puceron lanigère du sapin
(Adelges piceae)
Années 1910Ouest de la Nouvelle-ÉcosseSapin baumier
(Abies balsamea)
Diprion européen de l’épinette
(Gilpinia hercyniae)
1922Ottawa (Ontario)Épinette
(Picea spp.)
Tenthrède du sorbier
(Pristiphora geniculata)
1926New YorkSorbier d’Amérique
(Sorbus americana)
Rouille vésiculeuse du pin blanc
(Cronartium ribicola)
1929Chester (N.-É.)Pin blanc
(Pinus strobus)
Arpenteuse tardive
(Operophtera brumata)
1950Nouvelle-ÉcosseChêne
(Quercus spp.)
Maladie hollandaise de l’orme1969Liverpool (N.-É.)Orme d’Amérique
(Ulmus americana)
Spongieuse
(Lymantria dispar)
1981Yarmouth (N.-É.)Feuillus
Longicorne brun de l’épinette
(Tetropium fuscum)
2000Halifax (N.-É.)Épinette rouge
(Picea rubens)

Source : d’après Neily et al. (2007)134

Maladie corticale du hêtre

La maladie corticale du hêtre et l’insecte porteur qui lui est associé, la cochenille du hêtre (Cryptoccoccus fagisuga), ont éliminé beaucoup de grands hêtres à grandes feuilles dans les forêts de feuillus tolérant l’ombre de l’Î-P.-É., de la Nouvelle-Écosse et du sud du Nouveau-BrunswickNote de bas de page135. Le hêtre était autrefois une des composantes principales de ces forêts. À la fois l’insecte et la maladie qu’il portait ont été introduits d’Europe par le port de Halifax et se sont établis au Nouveau-Brunswick dès 1927Note de bas de page136. Les hêtres génétiquement résistants à l’infection ont survécu dans les zones touchées136. Si l’on considère que le hêtre était l’une des espèces les plus communes dans la région, la maladie a modifié la composition de la forêt acadienne et a eu un effet sur la disponibilité de faînes (fruits du hêtre), qui sont récoltées comme aliment16.

Longicorne brun de l’épinette

Par rapport à la tordeuse des bourgeons de l’épinette (voir la section « Perturbations naturelles », à la page 80), le longicorne brun de l’épinette (Tetropium fuscum) est un nouvel organisme nuisible non indigène envahissant les forêts. Il est présent depuis 1990 dans le parc Point Pleasant à Halifax10, Note de bas de page137 Note de bas de page138 Note de bas de page139, et il est resté dans cette zone138, 139. On ne connaît pas l’effet potentiel de l’espèce sur les forêts de l’EMA et du reste du Canada. Le longicorne a surtout infesté des épinettes rouges au parc Point Pleasant, mais il peut s’attaquer à toutes les espèces d’épinettes indigènes du Canada, à d’autres espèces de conifères, comme les sapins, les pins et les mélèzes, et, occasionnellement, à certaines espèces de feuillus10.

Espèces d’eau douce non indigènes envahissantes

Les espèces d’eau douce non indigènes envahissantes peuvent avoir un effet sur la biodiversité et la santé des écosystèmes aquatiques en entrant en compétition avec les espèces aquatiques indigènes.

Achigan à petite bouche

On trouvait originalement l’achigan à petite bouche (Micropterus dolomieu) dans les lacs et les rivières de l’est et du centre de l’Amérique du Nord. L’espèce ayant été largement introduite, on la trouve aujourd’hui dans le sud et le centre du Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, et du sud du Manitoba jusqu’au QuébecNote de bas de page140. Il est apparu au Nouveau-Brunswick dans les années 1870Note de bas de page141 et, entre 1905 et 1948, a été ensemencé dans six lacs du sud de la province. En 2009, on le trouvait dans plus de 70 lacs et 31 rivières du Nouveau-Brunswick à cause d’ensemencement non autorisé et de la propagation naturelleNote de bas de page142. En 2008, il a été signalé pour la première fois dans le bassin versant de la rivière Miramichi, rivière à saumon atlantique de renommée mondiale142. En Nouvelle-Écosse, on a introduit l’achigan à petite bouche dans 11 lacs par ensemencement entre 1942 et 1953Note de bas de page143, puis de nouveau entre 1967 et 1984 (figure 28)Note de bas de page144. Aujourd’hui, l’aire de répartition de l’espèce inclut la plus grande partie des portions sud et centre de la province144.

Figure 28. Nombre de lacs où on signalait pour la première fois la présence de l’achigan à petite bouche en Nouvelle-Écosse, 1942-2008.

carte

Description longue pour la figure 28

Ce graphique à barres indique les informations suivantes :

Données de la figure 28.
AnnéeNombre total
des lacs
19421
19441
19461
19473
19481
19501
19523
19542
19591
19601
19613
19654
19661
19677
19704
19712
19721
19731
19756
19763
19783
19812
19821
19831
19844
19863
19884
19897
19903
19923
19931
199415
19957
19969
19977
19988
199911
200014
20016
200219
20031
20063

Source : d’après LeBlanc (2009)144

Dans l’EMA, l’achigan à petite bouche est un prédateur et compétiteur efficace des autres poissons, entre autres le saumon atlantique indigèneNote de bas de page145. On a pu démontrer que lorsqu’il s’établit dans de nouveaux systèmes, il modifie les réseaux trophiques et entraîne des changements de la composition en espèces, de l’abondance relative des espèces et de l’utilisation du milieu par les assemblages de poissons, particulièrement ce qui concerne les espèces de poissons de petite taille143, Note de bas de page146.

Didymo

L’algue didymo (Didymosphenia geminata) est une algue d’eau douce unicellulaire microscopique endémique des rivières et des lacs des régions boréales et montagneuses de l’hémisphère nord. Lorsque cette algue produit de grandes quantités de tiges, des proliférations nuisibles peuvent se produireNote de bas de page147. Depuis un premier signalement dans la rivière Matapédia durant l’été 2006, on a observé cette algue dans plusieurs rivières du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et du nord du Nouveau-BrunswickNote de bas de page148. L’algue didymo a augmenté les densités de macroinvertébrés benthiques, touchant ainsi le réseau trophique aquatique de la rivière Matapédia de 2006 à 2007Note de bas de page149. Lorsqu’il y a prolifération, le tapis qui se forme peut couvrir de grandes parties du lit des cours d’eau et des substrats exposés, causant ainsi des dommages importants aux écosystèmesNote de bas de page150. On ne connaît pas encore toute l’étendue des effets sur les écosystèmes, notamment sur le saumon147, 148.

Espèces marines non indigènes envahissantes

Crabe vert

Originaire d’Europe et d’Afrique du Nord, le crabe vert (ou crabe européen) (Carcinus maenus), l’une des espèces envahissantes qui ont le plus prospéré dans le monde, s’est établi le long des côtes tempérées de tous les continentsNote de bas de page151. L’espèce s’est dispersée principalement de façon accidentelle à la faveur de la circulation des bateaux de pêche et du transport maritime, en particulier par l’entremise des eaux de ballastNote de bas de page152. Le crabe vert, omnivore, se nourrit voracement de plantes aquatiques et particulièrement de mollusquesNote de bas de page153, dont des bivalves, et il entre en compétition avec les prédateurs et les omnivores indigènes pour sa nourritureNote de bas de page154. Dans certaines parties de la zone où il a été introduit, il a entraîné une baisse des effectifs de bivalves et d’autres espèces de crabes, et il représente une menace pour les industries des mollusques et crustacés et de la pêche154. Dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, le crabe vert menace aussi les herbiers de zostère marine; il peut couper les plants à leur base et altérer des herbiers entiersNote de bas de page155.

Parmi les autres espèces marines non indigènes envahissantes potentiellement importantes, on compte plusieurs tuniciers, non traités dans le présent document.

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Constatation clé 12
Charge en éléments nutritifs et efflorescences algales

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l’échelle nationale
Les apports d’éléments nutritifs aux systèmes d’eau douce et marins, et plus particulièrement dans les paysages urbains ou dominés par l’agriculture, ont entraîné la prolifération d’algues qui peuvent être nuisibles ou nocives. Les apports d’éléments nutritifs sont en hausse dans certaines régions et en baisse dans d’autres.

L’apport d’éléments nutritifs dans les eaux souterraines et les eaux de surface provient de différentes sources, entre autres urbaines, industrielles, agricoles et atmosphériques. La présente section se concentre sur le risque de charges d’azote et de phosphore issues des terres agricoles. On y utilise l’Î-P.-É. comme étude de cas des tendances des nitrates dans les eaux souterraines et les eaux de surface, et le Québec comme étude de cas pour les tendances du phosphore dans les rivières.

Azote

Dans les terres agricolesNote de bas de pageV de l’EMA, on trouve de fortes teneurs en azote résiduel (ou excédentaire) dans le sol, après prise en compte des apports et des pertes. Les teneurs en azote résiduel dans le sol ont augmenté dans la plupart des terres cultivées de 1981 à 2006 (figure 29). En 2006, c’est dans l’EMA qu’on trouvait les deuxièmes valeurs les plus élevées d’azote résiduel dans le sol de toutes les écozones+ agricoles, après l’écozone+ maritime du PacifiqueNote de bas de page156. Il en résulte un potentiel élevé de lessivage de l’azote du sol vers les eaux. À l’Î-P.-É., les fortes concentrations d’azote dans les eaux souterraines et les eaux de surface représentent aujourd’hui un grave problème pour l’eau potable et la santé des écosystèmesNote de bas de page157.

Figure 29. Changement de catégorie de risque pour l’azote résiduel dans le sol (ARS) entre 1981 et 2006 (à gauche), et catégories de risque en 2006 (à droite) dans les terres agricoles de l’écozone+ maritime de l’Atlantique.

carte

Description longue pour la figure 29

Cette figure comporte deux cartes de densité. Une de ces cartes indique les endroits où les teneurs en azote résiduel dans le sol ont augmenté, ont diminué ou sont restées inchangées entre 1981 et 2006, et l’autre indique les teneurs en azote résiduel dans le sol en 2006 en kilogrammes d’azote par hectare, par catégorie, en 2006. Les teneurs en azote résiduel dans le sol ont augmenté dans la plupart des terres cultivées entre 1981 et 2006. En 2006, la teneur en azote résiduel dans le sol d’environ la moitié de l’écozone+ se trouvait dans la catégorie la plus élevée de 40 kg par hectare ou plus.

Les terres agricoles visées par cette figure incluent les catégories « terres cultivées », « pâturages améliorés » et « jachère » du Recensement de l’agriculture du Canada.
La catégorie 0,0-9,9 représente un risque très faible, et la catégorie ≥ 40, un risque très élevé.

Source : Drury et al., 2011156

Concentrations d’azote dans les eaux souterraines et les eaux de surface à l’Î-P.-É.

Les concentrations naturelles d’azote sont habituellement inférieures à 2 mg/l. La biodiversité aquatique des cours d’eau et des estuaires est plus vulnérable aux concentrations d’azote supérieures à 2 à 3 mg/l, qui peuvent inhiber la croissance, perturber le système immunitaire et exercer un stress sur certaines espèces157. Depuis les années 1980, l’Î-P.-É. a connu une augmentation continue de la concentration d’azote dans ses eaux souterraines. Les concentrations moyennes d’azote dans les eaux souterraines prélevées dans les puits à l’Î-P.-É. dépassent invariablement 2 mg/l et sont restées supérieures à 3 mg/l entre 1984 et 2007 (figure 30). Les concentrations d’azote dans l’eau des puits à l’Î-P.-É. varient selon le bassin hydrographique, et les profils de contamination sont restés constants lorsqu’on compare les valeurs de la période 2000-2005 à celles de la période 2005-2008 (figure 31). En général, les concentrations d’azote semblent être en forte corrélation avec les pratiques de gestion agricoles dans les bassins hydrographiques individuels; les bassins hydrographiques présentant les concentrations en azote les plus élevées sont dans des zones où la proportion de terres utilisées pour la production de pommes de terre est la plus élevée.

Figure 30. Concentration moyenne d’azote et pourcentage de puits privés dont la concentration d’azote dans l’eau dépasse les plafonds recommandés, Î-P.-É., 1984-2007.

carte

Description longue pour la figure 30

Ce graphique indique les informations suivantes :

Données de la figure 30.
AnnéeConcentration moyenne
de nitrate (mg/l)
% des puits à concentration
> 10 mg/l
19843.2 
19953.5 
20003.63.5
20013.74.9
20023.85.2
20033.95.3
20043.53.5
20053.64.2
20063.64.3
20074.14

Source : Department of Environment, Energy and Forestry de l’Î-P.-É., données inéditesNote de bas de page158

Figure 31. Changement des concentrations moyennes d’azote dans les eaux souterraines entre la période 2000-2005 (en haut) et la période 2004-2008 (en bas) dans les bassins hydrographiques de l’Î‑P.‑É.

carte

Description longue pour la figure 31

Cette figure comprend deux cartes indiquant les concentrations moyennes d’azote dans les eaux souterraines de l’Île-du-Prince-Édouard, par bassin hydrographique. Une carte illustre la période 2000­2005, et l’autre la période 2004-2008. Bien qu’utilisant différentes échelles pour évaluer les concentrations d’azote, elles montrent que les concentrations d’azote dans l’eau des puits de l’Î.-P.-É. varient selon les bassins hydrographiques et les modèles de contamination, et qu’elles sont restées stables au cours des deux périodes. On trouve les concentrations les plus élevées dans le centre-sud de l’île, près de Summerside.

Source : Commission on Nitrates in Groundwater, 2008 (données de 2000-2005)157; Jiang, données inédites (données de 2004-2008)Note de bas de page159

Les eaux souterraines contribuent à un pourcentage aussi grand que 65 % du débit annuel dans un cours d’eau typique à l’Î-P.-É.Note de bas de page160. Les eaux souterraines enrichies d’azote se déchargent dans les cours d’eau locaux, ce qui entraîne une contamination des eaux de surface et une détérioration des écosystèmes aquatiquesNote de bas de page161. Les données de surveillance pour toute l’Î-P.-É. indiquent que les concentrations d’azote dans les cours d’eau ont augmenté avec le temps et, dans certains cas, ont été multipliées par deux ou plus depuis les années 1960161. Un apport excessif en éléments nutritifs peut occasionner une eutrophisation s’accompagnant d’une prolifération d’algues macroscopiques et de dinoflagellés (phytoplancton) qui réduisent la teneur de l’eau en oxygène et/ou libèrent des substances toxiques, tuant ou étouffant ainsi d’autres espèces. Une telle prolifération peut résulter de concentrations d’azote relativement faibles (< 2 mg/l), faisant apparaître des zones hypoxiques ou « mortes » étendues161, Note de bas de page162. Entre 2002 et 2008, 18 estuaires de l’Î-P.-É., la majorité de ceux-ci se trouvant sur le rivage nord, ont subi des épisodes d’anoxie récurrents (figure 32)Note de bas de page163. On croit que des concentrations élevées d’azote dans les eaux de surface pourraient être un des facteurs responsables des épisodes d’anoxie161.

Figure 32. Nombre d’épisodes d’anoxie signalés à l’Île-du-Prince-Édouard entre 2002 et 2008.

carte

Description longue pour la figure 32

Cette carte indique le nombre d’épisodes d’anoxie signalés et l’endroit où ils ont eu lieu dans différents estuaires de l’Île-du-Prince-Édouard entre 2002 et 2008. Durant cette période, 18 estuaires de l’Î.-P.-É., la majorité se trouvant sur la rive nord de l’île, ont subi des épisodes d’anoxie récurrents. Il y a aussi eu des sites où des épisodes d’anoxie répétés se sont produits sur la côte est. Le nombre d’épisodes par endroit va de 1 à 7.

Source : Department of Environment, Fisheries and Forestry de l’Î-P.-É., données inédites

Phosphore

Selon les données de surveillance recueillies par Agriculture et Agroalimentaire Canada de 1981 à 2006, le risque de contamination des eaux de surface par le phosphore présent dans le sol a augmenté au Canada, avec un pourcentage croissant de bassins hydrographiques agricoles à risque élevé et très élevé de contamination au phosphoreNote de bas de page164. Au Québec et dans les provinces atlantiques, en particulier, le risque est graduellement passé des catégories de risque faibles à élevées depuis 1991 (figure 33)164. En termes de quantité de phosphore dans le sol, le pourcentage de terres agricoles au Québec et dans les provinces atlantiques dont la concentration de phosphore dans le sol excède la valeur-seuil de 4 mg de phosphore/kg de sol est passée de moins de 2 % en 1981 à plus de 33 % en 2006Note de bas de page165.

Concentration de phosphore dans les rivières du Québec

Contrairement aux résultats ci-dessus obtenus pour les terres agricoles, les concentrations de phosphore ont diminué de plus de 50 % à une station, de 0 à 50 % à une deuxième station, et étaient stables à trois autres stations entre 1988 et 1998 dans certaines rivières de la portion québécoise de l’EMANote de bas de page166. Cependant, les concentrations de phosphore ont aussi diminué dans une série de sites témoins dans des rivières des basses terres des Appalaches entre les périodes 1979-2002 et 2000-2002166. Ces sites se trouvent dans des bassins hydrographiques où l’occupation humaine est faible ou nulle. Cela laisse croire que les facteurs influant sur les concentrations de phosphore dans les rivières pourraient diminuer naturellement, indépendamment des activités humaines.

Figure 33. Risque de contamination des eaux par le phosphore dans les bassins hydrographiques agricoles sous les pratiques de gestion de 2006 dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique (carte), et tendance de la proportion de terres agricoles dans chaque catégorie de risque, de 1981 à 2006, par province (graphiques à barres).

carte

Description longue pour la figure 33

Cette figure comprend une carte d’intensité de l’écozone+ maritime de l’Atlantique indiquant le risque de contamination de l’eau par le phosphore en 2006, classé en cinq catégories (Très faible, Faible, Modéré, Élevé et Très élevé) et un graphique à barres pour chacune des quatre provinces de l’écozone+ maritime de l’Atlantique. On peut voir dans les cartes que les zones présentant le risque le plus élevé se trouvent dans la portion sud de l’écozone+ au Québec. Les graphiques à barres montrent les informations suivantes :

Données de la figure 33.

 Québec
Echelle1981
(%)
1986
(%)
1991
(%)
1996
(%)
2001
(%)
2006
(%)
Très faible37343183213
Faible553938384046
Modéré82723172022
Élevé00829818
Très élevé000800

 

Île-du-Prince-Édouard
Echelle1981
(%)
1986
(%)
1991
(%)
1996
(%)
2001
(%)
2006
(%)
Très faible341003421346
Faible66066796656
Modéré0000038
Élevé000000
Très élevé000000

 

Nouveau Brunswick
Echelle1981
(%)
1986
(%)
1991
(%)
1996
(%)
2001
(%)
2006
(%)
Très faible1001001003010040
Faible00070060
Modéré000000
Élevé000000
Très élevé000000

 

Nouvelle-Écosse
Echelle1981
(%)
1986
(%)
1991
(%)
1996
(%)
2001
(%)
2006
(%)
Très faible636328182818
Faible373754485448
Modéré0018161816
Élevé00018018
Très élevé000000

L’indicateur de risque de contamination de l’eau par le phosphore (IRCE-P) vise à évaluer les tendances dans le temps du risque de contamination des eaux de surface par le phosphore issu des terres agricoles canadienne, à l’échelle du bassin hydrographique.
Le graphique à barres concernant le Québec inclut des données sur certaines zones se trouvant à l’extérieur de l’écozone+.
Source : d’après van Bochove et al. (2010)164

Proliférations d’algues au Québec

On a établi un lien entre les proliférations d’algues bleu-vert (Cyanobacteria) et les concentrations élevées de phosphore dans les eaux de surfaceNote de bas de page167. Le nombre de lacs ou rivières touchés par les algues bleu-vert dans la portion québécoise de l’EMA est passé de 3 à 16 lacs entre 2004 et 2008 (figure 34).

Figure 34. Nombre de lacs ou rivières dans lesquels on a détecté des algues bleu-vert pour les unités administratives du Québec chevauchant l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 2004-2008.

carte

Description longue pour la figure 34

Ce graphe à barres empilées indique les informations suivantes :

Données de la figure 34.
Les unites
administratives
Nombre de
plans d’eau
- 2004
Nombre de
plans d’eau
- 2005
Nombre de
plans d’eau
- 2006
Nombre de
plans d’eau
- 2007
Nombre de
plans d’eau
- 2008
Bas-Saint-Laurent21369
Chaudière-Appalaches11387

Ces unités administratives, dont la plus grande partie de la superficie se trouve dans l’EMA, sont le Bas-Saint-Laurent et Chaudière-Appalaches.
Source : d’après le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (2009)Note de bas de page168

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Constatation clé 13
Dépôts acide

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l’échelle nationale
Les seuils reliés aux effets écologiques des dépôts acides, incluant les pluies acides, sont dépassés dans certaines zones, les émissions acidifiantes sont croissantes dans certaines zones, et le rétablissement biologique n’a pas atteint le même rythme que la réduction des émissions dans d’autres zones.

À la suite de la baisse des émissions, les dépôts de sulfates et de nitrates ont diminué de façon importante dans l’EMA entre 1990 et 2004 (figure 35)Note de bas de page169. Néanmoins, à cause du faible pouvoir tampon de ses formations géologiques et de ses sols contre l’acidité, une grande partie de l’EMA est très vulnérable aux acides, et les dépôts atmosphériques de soufre et d’azote ont excédé les charges critiques dans plusieurs zones de 1999 à 2003 (figure 36)Note de bas de page170. Les effets potentiels à long terme sur la santé des forêts, par exemple réduction des taux de croissance et de la productivité, accroissement de la mortalité et changements éventuels de la composition en espèces forestières, sont particulièrement préoccupants169, Note de bas de page171 Note de bas de page172.

Figure 35. Tendance des dépôts humides de sulfates et de nitrates dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique durant les périodes 1990-1994 et 2000-2004.

carte

Description longue pour la figure 35

Cette figure comprend deux ensembles de cartes comparant les dépôts humides de sulfates et de nitrates moyens durant les périodes 1990-1994 et 2000-2004. Les cartes montrent que les dépôts des deux substances étaient plus prononcés au cours de la période 1990-1994 et que, dans les deux cas, ils se trouvaient principalement autour du fleuve Saint-Laurent. Elles indiquent que les dépôts de sulfates et de nitrates dans l’écozone+ ont diminué substantiellement entre 1990 et 2004.

Source : d’après la Commission for Environmental Cooperation (2008)169

Figure 36. Carte des zones forestières dans les États de la Nouvelle-Angleterre et les provinces de l’est du Canada où la charge critique a été dépassée à cause des dépôts acides, 1999-2003 (environ).

carte

Description longue pour la figure 36

Cette carte de densité indique le niveau de dépôts acides par rapport à la charge critique dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, ainsi que dans les États de la Nouvelle-Angleterre. Elle montre que les dépôts atmosphériques de soufre et d’azote dépassent les charges critiques à plusieurs endroits entre 1999 et 2003. Dans l’écozone+, ce phénomène était le plus prononcé dans la moitié sud de la Nouvelle-Écosse.

Données sur les taux de dépôts atmosphériques de 1999 à 2003 pour les États de la Nouvelle-Angleterre et de 1999 à 2002 pour le Québec et les provinces atlantiques. Jaune, orange et rouge : zones où les concentrations de soufre et d’azote ont dépassé les charges critiques. Vert : zones où les charges critiques n’ont pas été dépassées.
Source : d’après le Groupe de cartographie de la forêt des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre/premiers ministres de l’Est du Canada (2007)170

Les effets sur le poisson et les systèmes d’eau douce sont également préoccupants. L’EMA inclut les régions nord-américaines les plus touchées en termes de pourcentage de l’habitat du poisson perdu à cause des pluies acidesNote de bas de page173 Note de bas de page174. Le saumon atlantique est très sensible à l’acidité et, en 1996, 14 remontes le long des côtes de la Nouvelle-Écosse ont disparu à cause de l’acidité de l’eau, 20 remontes ont été gravement touchées, et 15 autres ont été légèrement touchéesNote de bas de page175. Le pH n’a pas subi de changement mesurable en dépit de la baisse des émissions de dioxyde de soufre et on s’attend à ce que le rétablissement de la chimie et de l’écologie des eaux prenne plusieurs décennies de plus en Nouvelle-Écosse, par rapport aux autres parties du Canada174 Note de bas de page176. Une recherche récente indique également que le principal moteur des effets sur le poisson est l’aluminium, qui a été activé par les dépôts acides et a atteint des concentrations toxiques pour le poissonNote de bas de page177.

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Constatation clé 14
Changements climatiques

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l’échelle nationale
L’élévation des températures partout au Canada ainsi que la modification d’autres variables climatiques au cours des 50 dernières années ont eu une incidence directe et indirecte sur la biodiversité dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d’eau douce et d’eau marine.

Tendances des variables climatiques

Le tableau 9 résume les tendances importantes des variables climatiques dans l’EMA de 1950 à 2007. L’écozone+ est caractérisée par une grande variabilité aux échelles interannuelle, décennale et multi-décennale. Dans l’ensemble de l’écozone+, les températures estivales ont augmenté de seulement 1,1 °C (tableau 9, figure 37). Par rapport au reste du Canada, les températures dans l’EMA et dans les écozones+ boréale de Terre-Neuve et des plaines à forêts mixtes ont montré les plus petites hausses au cours de la période allant de 1950 à 2007Note de bas de page178. Dans l’EMA, on a associé cet état de fait à une tendance étendue au refroidissement au-dessus du nord-est de l’océan Atlantique durant la période approximative de 1950 à 1980Note de bas de page179.

Tableau 9. Sommaire des variations des variables climatiques dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1950-2007.

Variable climatique
Tendance globale dans l’écozone+ (1950-2007)Commentaires et variation régionale
Température
  • hausse de 1,1 °C en été
  • Aucune tendance pour le printemps, l’automne et l’hiver
  • Les tendances sont uniformes dans toute l’écozone+
  • Hausse des températures printanières à deux stations, près de Sussex (N.-B.) et Greenwood (N.-É.)
Précipitations
  • Aucune tendance pour la hauteur maximale et la durée de la neige
  • La hausse en automne largement concentrée dans la partie nordique de l’écozone+
Neige
  • Aucune tendance pour la hauteur maximale et la durée de la neige
  • La période de couverture de neige a diminué de  >  20 jours à certaines stations (printemps et automne)
  • La hauteur maximale de la neige a diminué de  >  40 cm à certaines stations
Indice de sévérité de sécheresse
  • Aucune tendance
  • Pas d’années d’humidité extrême ni de sécheresse grave
  • Hausse de >  2 unités près de Rimouski (Québec) (l’indice varie de 4 à -4)
  • Diminution de >  2 unités près de Saint John (N.-B.)
Saison de croissance
  • Pas de variation de la durée ni des dates de début et de fin
  • Hausse de la durée de la saison de croissance de 20 à 40 jours et début plus hâtif de 15 à 30 jours à une station dans l’extrémité sud du Québec
  • La saison de croissance a commencé jusqu’à 15 jours plus tôt à 3 stations de la région de la baie de Fundy

Seules les tendances significatives (p < 0,05) sont indiquées.
Source : Zhang et al., 2011178 et données supplémentaires fournies par les auteurs

Les précipitations automnales ont augmenté, tout comme le nombre de jours avec précipitations au printemps, en été et en automne (tableau 9), bien qu’il y ait eu variation entre stations (figure 38). On n’a pu dégager aucune tendance globale dans la durée de la couverture de neige et la hauteur maximale annuelle de la neige, mais les tendances étaient significatives à quelques stations individuelles, où la durée de la couverture de neige était régulièrement plus courte (figure 39) et la hauteur maximale de la neige, moins importante. Les variations des précipitations ont un effet sur l’hydrologie, comme on l’a mentionné dans la section « Lacs et cours d’eau », à la page 27.

Les stations météorologiques étaient bien réparties dans l’EMA et les tendances aux stations individuelles étaient généralement bien représentées dans les tendances globales. Il y avait toutefois des stations individuelles qui faisaient figure d’exception en présentant des changements significatifs ne correspondant pas aux tendances globales (voir tableau 9, figure 37, figure 38 et figure 39).

Figure 37. Variation des températures moyennes dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1950-2007, selon les saisons : a) printemps (mars à mai), b) été (juin à août), c) automne (septembre à novembre) et d) hiver (décembre à février).

carte

Description longue pour la figure 37

Cette figure comporte une carte pour chaque saison, avec des icônes représentant les stations de surveillance individuelles et indiquant une augmentation ou une diminution des températures saisonnières par rapport à la moyenne de la période 1961-1990, le degré de changement, et si les tendances observées sont significatives. Les températures estivales ont augmenté de façon significative dans une grande proportion de sites, tandis que peu de sites présentent des tendances significatives au cours des autres saisons. Dans l’ensemble de l’écozone+, les températures estivales ont augmenté de 1,1 °C.

Source : Zhang et al., 2011178 et données supplémentaires fournies par les auteurs

Figure 38. Variation des quantités de précipitations dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1950­2007, selon les saisons : a) printemps (mars à mai), b) été (juin à août), c) automne (septembre à novembre) et d) hiver (décembre à février).

carte

Description longue pour la figure 38

Cette figure comporte une carte pour chaque saison, avec des icônes représentant les stations de surveillance individuelles et indiquant une augmentation ou une diminution des précipitations saisonnières par rapport à la moyenne de la période 1961-1990, le degré de changement, et si les tendances observées sont significatives. Les précipitations printanières ont connu une augmentation significative dans de nombreux sites de l’est du Nouveau-Brunswick et du sud de la Nouvelle-Écosse. En automne, ces précipitations ont augmenté, surtout dans les zones les plus au nord. Dans l’ensemble de l’écozone+, les précipitations automnales ont augmenté de 18,6 %.

Source : Zhang et al., 2011178 et données supplémentaires fournies par les auteurs

Figure 39. Variation de la durée de la couverture de neige (nombre de jours où il y a ≥ 2 cm de neige au sol) dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1950-2007, au cours de : a) la première moitié de la saison de neige (août à janvier), qui indique le changement de la date de début de la couverture de neige, et b) la seconde moitié de la saison de neige (février à juillet), qui indique le changement de la date de fin de la couverture de neige.

carte

Description longue pour la figure 39

Cette figure comporte deux cartes, une pour chaque moitié de la saison de neige, avec des icônes représentant les stations de surveillance individuelles et indiquant une augmentation ou une diminution de la durée de la couverture de neige, de 1950 à 2007, le degré de changement, et si les tendances observées sont significatives. Pour les deux moitiés de la saison de neige, les tendances étaient mixtes, avec une diminution de la profondeur de neige maximale de plus de 40 cm dans certaines stations.

Source : Zhang et al., 2011178 et données supplémentaires fournies par les auteurs

Prévisions climatiques

On s’attend à ce que les changements climatiques aient une vaste gamme d’effets sur l’EMA, dont les suivants :

  • Augmentation des températures annuelles moyennes de l’air, bien que moins prononcée que dans d’autres parties du CanadaNote de bas de page180;
  • Augmentation de la température de l’eau des rivièresNote de bas de page181;
  • Allongement et réchauffement de la saison de croissance181;
  • Diminution de la couverture de glace marine dans le golfe du Saint-Laurent126;
  • Changement d’intensité et de fréquence des tempêtesNote de bas de page182;
  • Changement de composition des forêts (p. ex. réduction de la proportion de bouleaux jaunes et prolifération des bouleaux blancs et des peupliers)26.

Certaines espèces de poisson, comme le saumon atlantique, sont des espèces d’eaux froides, et des eaux plus chaudes pourraient avoir un effet négatif sur leur croissance181. En effet, les eaux plus chaudes peuvent augmenter la vulnérabilité du saumon aux maladies et infections, augmenter le taux de mortalité et diminuer la disponibilité d’habitat propice à l’espèce. Des travaux de modélisation indiquent que les changements climatiques pourraient faire grimper la température de l’eau des rivières dans la région de 2 à 5 ° C et amplifier les conditions de faible débit extrêmes181. Des chercheurs ont étudié la relation entre le climat, les paramètres hydrologiques et la longueur des saumons juvéniles (tacons) dans la rivière Miramichi et observé une diminution significative de leur longueur. La longueur des poissons est un indicateur de leur croissance qui touche également la compétition, la prédation, la smoltification et la survie en mer. Cette relation était associée au réchauffement observé, et les résultats indiquent que les futurs changements climatiques auront des effets négatifs sur les saumons juvéniles de la rivière Miramichi181.

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Constatation clé 15
Services écosystémiques

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l’échelle nationale
Le Canada est bien pourvu en milieux naturels qui fournissent des services écosystémiques dont dépend notre qualité de vie. Dans certaines régions où les facteurs de stress ont altéré le fonctionnement des écosystèmes, le coût pour maintenir les écoservices est élevé, et la détérioration de la quantité et de la qualité des services écosystémiques ainsi que de leur accès est évidente.

Les services écosystémiques sont les biens directs et les services indirects assurés par un environnement sain et naturel pour le bien-être humain. Cela inclut quatre différents types de services : des services d’approvisionnement, des services de régulation, des services de soutien aux conditions favorables à la vie sur Terre, et des services culturels. Les services d’approvisionnement dans l’EMA comprennent les produits de la forêt, l’eau et les aliments, dont ceux issus de la pêche commerciale en eau douce. Les services de régulation, comme l’assimilation des eaux usées, sont importants, tout comme les services de soutien assurés par les milieux humides. Les écosystèmes contribuent également à des services culturels importants, comme la pêche récréative, la chasse, les activités de plein air et le tourisme.
La détermination de la valeur des biens et services des écosystèmes prend en compte les stocks et les flux des  écosystèmes à l’aide de mesures biophysiques ou monétaires. Une analyse économique de base prend habituellement en compte les flux de biens des écosystèmes incluant, par exemple, les produits forestiers, le poisson, les aliments et les ressources énergétiques et minérales. Ces biens sont échangés dans les marchés économiques et leur valeur au fil du temps peut servir d’indicateur de l’état et des tendances des écosystèmes. D’autres biens et services des écosystèmes, cependant, comme la régulation du climat, la purification des eaux et l’assimilation des déchets ne sont pas échangés sur les marchés et sont considérés comme des biens et services non marchands.

La valeur estimée combinée des biens et services des écosystèmes pour les provinces atlantiques (à l’exclusion de la portion québécoise de l’EMA, qui ne peut facilement être séparée des autres parties du Québec) est de plus de 4,7 milliards de dollars (tableau 10).

Tableau 10. Sommaire des valeurs estimées des biens et services des écosystèmes dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, à l’exclusion de sa portion québécoise.Tableau - note1
ServicesAnnéesValeurs
(millions)**
Mesures
EauxDiverses2 434 $Diverses
Forêts2006466 $PIB + valeur à la ferme
Activités de plein air1996463 $Dépenses
Pêche commerciale2006406 $Valeur au débarquement
Agriculture2006347 $Valeur ajoutée
Tourisme2006300 $Dépenses
Milieux humides*2007122 $Expérience de choix
Pêche récréative2006122 $Dépenses
Total 4 753 $ 

Tableau 10 - Notes

Note 1

Dans ce tableau : * La valeur relative aux milieux humides n’est pas incluse dans le total pour éviter une double comptabilisation. ;
** Valeurs converties en dollars de 2006
Source : Eaton (2013)4 d’après des données de sources diverses

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Thème : habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé 16
Paysages agricoles servant d’habitat

Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l’échelle nationale
Le potentiel des paysages agricoles à soutenir la faune au Canada a diminué au cours des 20 dernières années, principalement en raison de l’intensification des activités agricoles et de la perte de couverture terrestre naturelle et semi-naturelle.

On perd une partie de la biodiversité lorsqu’un terrain est converti en terre agricole, mais les terres agricoles ont tout de même une valeur significative du point de vue de la biodiversité, car les divers milieux du paysage agricole fournissent certaines ou même toutes les caractéristiques requises par de nombreuses espèces sauvagesNote de bas de page183.

Les terres agricolesNote de bas de pagevi occupaient près de 10 % de l’EMA en 2006 et elles étaient généralement caractérisées par une exploitation à petite échelle. Sauf dans quelques secteurs de forte production agricole (p. ex. Î-P.-É., basses terres d’Annapolis-Minas, vallée de la rivière Saint-Jean), les terres agricoles étaient une composante relativement mineure du paysage (figure 40)Note de bas de page184. La plupart des zones agricoles étaient constituées d’une diversité de types de couverture, dont une bonne part de terres naturelles et semi-naturelles. L’empreinte agricole relativement faible et la présence d’une grande quantité d’habitat de qualité pour les espèces sauvages dans les terres agricoles signifient que l’influence de l’agriculture sur l’habitat est bien moindre ici que dans les principales écozones+ agricoles du Canada.

Figure 40. Pourcentage de la superficie terrestre définie comme étant agricole dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 2006. Les polygones de pédo-paysage du Canada ont été utilisés comme unités de base dans cette analyse.

carte

Description longue pour la figure 40

Cette carte de densité indique le pourcentage de terres définies comme des terres agricoles dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique pour l’année 2006. Dans l’ensemble, les terres agricoles ont occupé relativement peu d’espace dans un paysage plus large en 2006, représentant 10 pour cent ou moins de la superficie dans la plupart des régions. On trouvait un pourcentage plus élevé de terres agricoles dans le sud de la portion québécoise de l’écozone+, ainsi qu’à l’Île-du-Prince-Édouard.

Les polygones de pédo-paysage du Canada ont été utilisés comme unités de base dans cette analyse.
Source : Javorek et Grant, 2011184

De 1986 à 2006, la superficie totale des terres agricoles a diminué d’environ 6 % (passant de 22 000 à 20 800 km2). Dans le paysage agricole total, la part de la catégorie des autres terres a aussi diminué, passant de 49 à 47 %. La part du foin cultivé, le deuxième type de couverture en termes d’abondance, a augmenté en passant de 21 à 26 %, tandis qu’ont diminué les parts des pâturages améliorés (9 à 5 %) et des pâturages non améliorés (9 à 6 %). La part de la catégorie des autres cultures a augmenté de 2 à 3 %, surtout à cause d’une production accrue de pommes de terre à l’Île-du-Prince-Édouard et dans la vallée de la rivière Saint-Jean (figure 41)184.

Figure 41. Superficie agricole totale, superficie de terre par type de couverture (graphique à barres) et pourcentage relatif de chaque type de couverture (tableau) pour l’écozone+ maritime de l’Atlantique en 1986, 1996 et 2006.

carte

Description longue pour la figure 41

Cette figure est un graphe à barres empilées indiquant les informations suivantes :

Données de la figure 41.
TypeTerres agricoles
(hectares) - 1986
Terres agricoles
(hectares) - 1996
Terres agricoles
(hectares) - 2006
Oléafineux1037192,265
Légumineuses à grain154185161
Soja2,2554,44714,017
Petits fruits11,78423,64120,865
Pâturages améliorés196,264130,244108,401
Autres terres1,072,0791,063,783979,019
Jachère18,5433,2942,976
Pâturages non améliorés194,269204,362127,699
Céréales162,100171,670167,272
Mais17,95420,37243,646
Foin cultivé456,701489,075533,195
Autres cultures51,57369,88667,282
Arbres frutiers6,1654,9264,158
Légumes8,7408,5035,547
Céréales d'hiver6,2926,1407,646

Source : Javorek et Grant, 2011184

Capacité d’habitat faunique des terres agricoles

Au total, 292 espèces (215 oiseaux, 52 mammifères, 9 reptiles et 16 amphibiens) pourraient utiliser ce paysage agricole, dont 88 % sont associées aux milieux humides, aux terres riveraines, aux haies, aux terres boisées, aux champs laissés à l’abandon et aux terres inexploitées (catégorie « autres terres »). La catégorie « autres terres » était le type de couverture terrestre dominant, représentant près de la moitié du territoire agricole. On a calculé la capacité des paysages agricoles à offrir à la faune sauvage un habitat approprié en 1986, 2001 et 2006 en utilisant un modèle classant les types de couverture terrestre selon leur utilisation potentielle (p. ex. alimentation, reproduction, migration, hivernage) et leur valeur (primaire, secondaire ou tertiaire) pour différentes espèces, en dix classes (voir la légende de la figure 42)184. En 2006, on estimait que la capacité moyenne d’habitat faunique des terres agricoles était élevée, en dépit d’une baisse importante depuis 1986 (figure 42). Entre 1986 et 2006, la capacité d’habitat a diminué dans 43 % des terres agricoles, augmenté dans 28 % de ces terres, et est restée constante dans 29 % de celles-ci (figure 43). Les tendances à la baisse de la capacité d’habitat étaient associées à un certain nombre de zones où l’activité agricole était plus intense. La baisse significative résulte d’une expansion générale de la catégorie des terres cultivées (32 à 36 %), dont la capacité d’habitat est comparativement faible, et à une baisse de la superficie des types de couverture présentant une valeur plus élevée pour la faune184. Malgré cette baisse, la capacité moyenne d’habitat faunique est demeurée élevée dans l’EMA.

Figure 42. Proportion de la superficie agricole dans chaque classe de capacité d’habitat (axe de gauche du graphe à barres) et capacité d’habitat moyenne (axe de droite, associé aux trois points et à la droite tracée) pour l’écozone+ maritime de l’Atlantique en 1986, 1996 et 2006.

carte

Description longue pour la figure 42

Ce graphique à barres empilées montre les informations suivantes :

Classes de capacité
d’habitat

Très élevée  90->100
Élevée 70-90
Modérée 50-70
Faible  30-50
Très faible <20-30

Données de la figure 42.
Echelle198619962006
<200.000.00 0.00
20-300.000.000.00
30-400.022.402.98
40-503.904.114.78
50-606.219.3510.21
60-707.8310.089.50
70-8013.5311.5314.43
80-9033.9123.3528.88
90-10019.3722.7816.59
>10015.2216.4112.63

La capacité d’habitat moyenne dans l’ecozone+ maritime de l’Atlantique était 94.17 en 1986, 93.17 en 1996 et 88.75 en 2006.

Les années associées à des lettres différentes présentent des différences statistiquement significatives.
Source : Javorek et Grant, 2011184

Figure 43. Changements de la capacité d’habitat faunique des terres agricoles de l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1986-2006.

carte

Description longue pour la figure 43

Cette carte présente les changements de la capacité d’habitat faunique des terres agricoles de l’écozone+ maritime de l’Atlantique entre 1986 et 2006. Ces terres agricoles sont cartographiées et colorées pour décrire les changements de la capacité d’habitat qui sont constants, en diminution, en augmentation ou non évalués durant la période visée. Entre 1986 et 2006, la capacité d’habitat a diminué, passant de 43 % des terres agricoles, augmentant à 28 %, puis restant sans changement à 29 %.

Source : Javorek et Grant, 2011184

Érosion des terres cultivées

Les terres cultivéesNote de bas de pagevii, qui n’occupent que 4 % de la superficie terrestre dans l’EMA, sont parmi les terres agricoles du Canada qui présentent les plus forts risques d’érosion à cause d’un travail du sol intensif et d’un climat qui crée un risque élevé d’érosion hydrique pour les sols non protégés dans certaines zonesNote de bas de page185. Cependant, le risque d’érosion a diminué dans l’EMA entre 1981 et 2006. McConkey et al.185 ont conclu que 36 % des terres cultivées présentaient un risque d’érosion intolérable en 2006 (figure 44), alors que le pourcentage était de 41 % en 1981. En 2006, 18 % des terres agricoles présentaient un risque d’érosion de modéré à très élevé, par rapport à 20 % en 1981.

Figure 44. Terres cultivées dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique par catégorie de risque d’érosion du sol, en 2006.

carte

Description longue pour la figure 44

Cette carte présente la classification des risques d’érosion des terres cultivées dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique au cours de l’année 2006. Les différentes catégories de risque sont Très faible (<6  t/ha/an), Faible (6-11  t/ha/an), Modéré (11-22  t/ha/an), Élevé (22-23  t/ha/an) et Très élevé (>33  t/ha/an). La carte montre que 36 % des terres cultivées dans l’écozone+ présentent un risque d’érosion du sol intolérable. La plus grande zone de terres présentant un risque d’érosion modéré se trouve sur la rive est du fleuve Saint-Laurent, et la zone présentant le risque le plus élevé, dans la catégorie Très élevé, se trouve sur la côte centre-ouest de la Nouvelle-Écosse.

Tous les polygones de pédo-paysage du Canada comportant plus de 5 % de terres cultivées ont été pris en compte dans l’analyse et sont indiqués sur la carte.
Source : McConkey et al., 2011185

Oiseaux de prairie et d’autres milieux ouverts

Les oiseaux de prairie, qui incluent les oiseaux de certains milieux agricoles comme les champs de foin, les pâturages et les parcours, et les oiseaux d’autres milieux ouverts, qui incluent les champs laissés à l’abandon et des terres agricoles autres que les prairies, ont vu leurs effectifs diminuer de façon significative (figure 45). Les populations de bruants vespéraux (Pooecetes gramineus), de goglus des prés (Dolichonyx oryzivorus) et de sturnelles des prés (Sturnella magna) ont connu une baisse de plus de 75 % depuis les années 1970. De nombreux insectivores aériens, qui vivent dans les milieux ouverts autres que la prairie, ont vu leurs effectifs diminuer en tant que groupe42.

Figure 45. Évolution de l’indice d’abondance annuel des assemblages d’oiseaux de prairie (à gauche) et des autres milieux ouverts (à droite) dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1968-2006.

carte

Description longue pour la figure 45

Cette figure comporte deux graphiques linéaires décrivant les informations suivantes :

Données de la figure 45.
Prairie -
Année
Prairie -
Indice d’abondance
Milieux ouverts -
Indice d’abondance
196833.5762.54
196936.8375.42
197031.6761.82
197134.2977.33
197238.8172.89
197336.9073.50
197440.2468.19
197532.2643.36
197644.1357.94
197744.9558.10
197852.5776.85
197942.9257.88
198040.1869.19
198147.6770.59
198245.4969.63
198346.6970.50
198446.6860.24
198538.6873.05
198636.4469.72
198728.6664.01
198825.6164.96
198925.8058.44
199024.0249.85
199122.5646.08
199221.5540.85
199320.5537.35
199417.3334.16
199519.0331.83
199617.2833.86
199718.4433.52
199817.7727.76
199916.4427.93
200015.0728.96
200113.8625.95
200214.9421.97
200312.4520.81
200411.3521.03
200512.1717.17
200613.6019.20

La prairie inclut les prairies indigènes et certains milieux agricoles comme les champs de foin, les pâturages et les parcours. Les autres milieux ouverts incluent les paysages agricoles ouverts autres que la prairie. L’indice d’abondance annuel est une estimation du nombre moyen d’oiseaux qui seraient dénombrés par un observateur moyen sur un parcours choisi au hasard dans une année donnée.
Source : Downes et al. (2011)42 d’après les données du Relevé des oiseaux nicheurs43

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Constatation clé 17
Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulier

Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l’échelle nationale
De nombreuses espèces d’amphibiens, de poissons, d’oiseaux et de grands mammifères présentent un intérêt économique, culturel ou écologique particulier pour les Canadiens. La population de certaines espèces diminue sur le plan du nombre et de la répartition, tandis que chez d’autres, elle est soit stable ou en pleine santé ou encore en plein redressement.

Les espèces présentant un intérêt particulier dans l’EMA incluent la population atlantique (Gaspésie) de caribous des bois et le saumon atlantique. Certains oiseaux terrestres utilisant l’EMA ont vu la taille de leurs populations diminuer, dans certains cas à cause de pressions s’exerçant ailleurs dans leurs aires de migration.

Au cours des dernières 150 à 200 années, certains des plus grands mammifères, entre autres le loup (Canis lupus), le couguar (Felis concolor) et le carcajou (Gulo gulo), ont disparu de l’EMA135. Le caribou des bois (Rangifer tarandus caribou) a été réduit à une population unique et en voie de disparition. Le coyote (Canis latrans) a largement investi la niche écologique du loup, et celle du caribou a été occupée jusqu’à un certain point par le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus). Le castor (Castor canadensis) a presque disparu il y a 200 ans à cause d’une récolte excessive, mais il s’est depuis rétabli.

Caribou des bois

La population de caribous des bois de la Gaspésie-Atlantique est une population relique isolée dont l’aire de répartition dans l’EMA était autrefois plus grande. Avant l’établissement des Européens, on trouvait couramment le caribou des bois dans une bonne partie de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, et on le trouvait aussi à l’Î-P.-É.Note de bas de page186. Sa disparition dans ces trois provinces était bien enclenchée dès les années 1830. Le caribou était disparu de Nouvelle-Écosse en 1912Note de bas de page187, du Nouveau-Brunswick dans les années 193016, et de l’έP.­É. bien avant. Les efforts pour le rétablir dans son aire de répartition historique en Nouvelle-Écosse ont échoué à cause d’infections mortelles causées par le ver des méninges (Parelaphostrongylus tenuis), dont le cerf de Virginie, établi plus récemment, est porteurNote de bas de page188.

On ne trouve la population actuelle que dans le parc national de la Gaspésie du Québec et aux alentours de ce parcNote de bas de page189. Elle est menacée par la prédation et la perte d’habitat, et sa faible taille et son aire de répartition restreinte la rendent vulnérable aux événements catastrophiques aléatoires186. Les données sur les tendances de 1983 à 2006 montrent une baisse générale durant cette période, avec une faible taille de population de moins de 100 individus en 1999 (figure 46)189. En 2002, le COSEPAC a de nouveau évalué la population et a fait passer son statut de « menacée » à « en voie de disparition »; l’espèce est également inscrite à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du Canada.

Figure 46. Tendance de la taille estimée de la population de caribou des bois de la Gaspésie, 1983­2006.

carte

Description longue pour la figure 46

Ce graphique à barres montre les informations suivantes :

Données de la figure 46.
AnnéeNombre estimé
de caribous
1983273
1984253
1985123
1986251
1987249
1988216
1989134
1990213
1991181
1992149
1993147
1994130
1995119
1996179
1997176
1998137
199996
2000126
2001113
2002156
2003143
2004160
2005204
2006200

La courbe de tendance du graphique indique que la population générale a connu une baisse entre 1983 (273 caribous) et 2006 (200 caribous), malgré des variations d’une année à l’autre. La plus petite taille de population était 96 individus en 1999.

Source : Équipe de rétablissement du caribou de la Gaspésie, 2007189 Ministère de l'énergie et des ressources naturelles

Autres ongulés

Les autres grands herbivores dans l’EMA incluent l’orignal (Alces alces) et le cerf de Virginie. L’orignal de la partie continentale de la Nouvelle-Écosse, dont la population compte environ 1 000 individus, a subi une baisse de 20 % depuis 1970 à cause de l’intrusion humaine dans son habitat, de la chasse, des changements climatiques et de la maladieNote de bas de page190. L'arrivée du cerf de Virginie aux provinces maritimes est récente et l'espèce est en expansion. Des modifications humaines aux paysages forestiers, ainsi que la disparition ou la baisse de population de nombreux prédateurs, ont été bénéfiques pour l'espèce136.

Saumon atlantique

Le saumon atlantique est largement réparti dans les rivières à travers l’EMA. Les populations sont vulnérables à un certain nombre de facteurs environnementaux incluant la prédation, la pêche et la disponibilité d’habitat de reproductionNote de bas de page191. Comme nous l’avons mentionné dans la section « Dépôts acides » (page 57), le saumon atlantique est également très sensible à l’acidité, et on a perdu un fort pourcentage de l’habitat de ce poisson dans la région à cause des pluies acides; de nombreuses remontes dans la partie côtière de la Nouvelle-Écosse sont disparues ou ont été gravement touchées175. La construction de barrages a eu un effet sur les populations de saumons, et les effluents industriels et municipaux, ainsi que les eaux de ruissellement issues de l’agriculture intensive, détériorent la qualité de l’eau et réduisent la disponibilité d’habitat de reproduction propice au saumon. Des prédateurs envahissants comme le maskinongé (Esox masquinongy), l’achigan à petite bouche et la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) réduisent le taux de survie des saumons juvéniles.

D’une partie de l’EMA à une autre, l’état et les tendances du saumon atlantique varient considérablementNote de bas de page192. Les populations de saumon atlantique de la partie supérieure et de la partie inférieure de la baie de Fundy ont été désignées « en voie de disparition » par le COSEPAC en 2001 et en 2010, respectivementNote de bas de page193. Toutes les données des relevés réalisés dans la partie supérieure de la baie de Fundy indiquent que les effectifs des différentes rivières ont connu de graves déclins depuis les années 1970, de sorte que cette population risque de disparaître. La baisse estimée est de 99 % sur 11 ans (trois générations) et de plus de 99,6 % sur 30 ans193. On a estimé qu’en 2003, moins de 100 individus sont retournés dans les 32 rivières connues pour abriter du saumon193. Dans le passé, la remonte totale pour ces rivières s’élevait probablement à 40 000 saumons193. Malgré une certaine incertitude, il semble que la mortalité des saumons adultes en mer constitue la principale menace pour la population de la partie supérieure de la baie de Fundy193.

Parmi 37 rivières à saumon de l’EMA (18 dans les provinces Maritimes et 19 au Québec), la taille moyenne sur cinq ans des effectifs n’a augmenté que dans trois rivières, toutes à l’île du Cap-Breton, de 1987 à 2005 (figure 47)192. Les effectifs ont subi une baisse dans toutes les autres rivières, entre autres des déclins de plus de 95 % dans quatre rivières de la partie supérieure de la baie de Fundy et un déclin de 99,8 % dans la rivière Sainte-Croix dans la partie inférieure de la baie de Fundy. Au Québec, les tendances des effectifs varient d’une rivière à une autre, mais elles sont généralement à la hausse, seulement deux rivières présentant des tendances à la baisse.

La rivière Miramichi produit au moins 20 % du saumon atlantique de l’Amérique du Nord et plus de saumon atlantique sauvage que toute autre rivière nord-américaine. Le saumon dans les rivières Miramichi et Restigouche est extrêmement important pour l’ensemble des populations de saumons atlantiques, car ces deux rivières fournissent un nombre disproportionné de reproducteurs aux populations de saumons vierges revenant dans les rivières pour frayer après avoir passé deux ans en mer. Les effectifs du saumon atlantique ont baissé dans les deux rivières entre 1987 et 2005 (figure 47), même si les populations ont montré des signes de rétablissement depuis 2000192.

Figure 47. Variation des populations de saumons dans les Provinces maritimes (haut) et au Québec (bas), 1987-2005.

carte

Description longue pour la figure 47

Cette figure comprend deux graphiques décrivant la variation des populations de saumons dans les rivières des  Provinces maritimes et du Québec.

Entre 1987 et 2005, dans les 18 rivières à saumon dans les  Provinces maritimes, la taille moyenne sur cinq ans des effectifs n’a augmenté que pour trois rivières (Margaree, Baddeck et Middle), toutes dans l’île du Cap-Breton. L’abondance du saumon atlantique a connu une baisse dans les rivières Restigouche, Miramichi, Philip, East Pictou, West Antigonish, North, LaHave et St.John  durant cette période.  L’abondance du saumon atlantique a connu une baisse plus de 95% dans les rivières East Sheet Harbour (-97.5), Stewiake (-97.4), Big Salmon (-97.4), Magaguadavic (-98.9) et St.Croix (-99.8). Aucune information n’est donnée pour la rivière Nashwaak.

Entre 1987 et 2005, dans les 19 rivières à saumon au Québec, la taille moyenne sur cinq ans des effectifs a augmenté pour 12 rivières (Mitis, Cap Chat (279%), Dartmouth, York, Saint Jean, Malbaie (284%), Du Petit Pabos (1107%), Du Grand Pabos (1099%), Du Grand Pabos Ouest, Port Daniel Nord (371%), Bonaventure et Matapedia). L’abondance du saumon atlantique a connu une baisse dans les rivières Sainte Anne et Grand Rivière. La taille moyenne sur cinq ans est demeurée relativement stable dans les rivières Madeleine et Mantane. Aucune information n’est donnée pour les rivières  Petite Cascapedia, Cascapedia et Nouvelle.

Échelle de l’axe des x : log(Nprésent/Npassé). Chaque point représente la variation de la taille moyenne sur cinq ans de la population considérée. Les points à l’extérieur de l’étendue du graphique sont accompagnés de leur valeur.
Source : d’après Gibson et al. (2006)192

Échelle de l’axe des x : log(Nprésent/Npassé). Chaque point représente la variation de la taille moyenne sur cinq ans de la population considérée. Les points à l’extérieur de l’étendue du graphique sont accompagnés de leur valeur.

Les effectifs de saumon atlantique dans les rivières de l’Î-P.-É. ont eux aussi baissé. On croit que l’espèce était présente dans environ 70 rivières à l’Î-P.-É. avant l’établissement des Européens. En 1960, ce nombre était descendu à environ 55 rivières, et une étude exhaustive réalisée dans la période 2000-2002 a révélé que l’espèce n’était alors présente que dans 33 rivières. En 2008, 11 nouvelles rivières ne contenaient plus de saumon, et les populations de 7 autres rivières étaient très faiblesNote de bas de page194.

L’anguille d’Amérique

L’anguille d’Amérique (Anguilla rostrata) est un exemple d’espèce auparavant abondante qui est à l’heure actuelle inscrite en tant qu’espèce menacée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Depuis les années 1970, les populations ont connu un déclin de 99 % dans le corridor fluvial du Saint-LaurentNote de bas de page195, et des déclins moins extrêmes ont été observés tant dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent que dans le golfe du Saint-LaurentNote de bas de page196, Note de bas de page197. La longue durée de vie des anguilles d’Amérique, combinée avec leurs grandes distances de migration pouvant atteindre 4500 km, les rendent vulnérables à un vaste éventail de facteurs de stress, tels que la mortalité dans les turbines hydroélectriques, les obstacles physiques tels que les barrages, la pêche excessive et la modification de leur habitat. Les changements climatiques, donnant lieu à des changements dans les courants océaniques qui transportent les larves d’anguilles à partir des lieux de fraie, peuvent également contribuer aux déclins de population. Auparavant, l’anguille d’Amérique alimentait tant la pêche de subsistance que la pêche commerciale au Canada197.

Dans l'écozone+ maritime de l'Atlantique, les tendances relatives aux populations d'anguille d’Amérique sont mixtes. Des relevés par pêche électrique ont été menés régulièrement dans six grandes rivières, et des données ont été recueillies sur des périodes allant de 15 à 45 ans. Même si quatre rivières au Nouveau-Brunswick (Miramichi, Restigouche, Nashwaak et Big Salmon) ont affiché une abondance supérieure à la moyenne dans les années 2000, il en a été autrement pour deux rivières en Nouvelle-Écosse dont l'abondance a fortement diminué, soit d'environ 75 % pour la rivière St. Marys (de 1998 à 2009) et de 86 % pour la rivière LaHave (de 2000 à 2009)196.

Poissons d’eau douce

Entre 1979 et 2008, le nombre de taxons de poissons d’eau douce et de poissons diadromes désignés comme étant en péril dans l’EMA par l’American Fisheries Society a triplé, passant de trois à neuf espèces (figure 48, tableau 11). On a ajouté l’éperlan arc-en-ciel à la liste des espèces en péril après avoir obtenu de meilleures données sur sa situation, et on a ajouté des populations du bar rayé et du saumon atlantique à la suite de l’inclusion de populations régionales en 2008Note de bas de page198.

Figure 48. Tendance des effectifs de taxons de poissons d’eau douce et de poissons diadromes en péril dans chaque catégorie de statut dans les écorégions nord-américaines de l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1979, 1989 et 2008.

carte

Description longue pour la figure 48

Ce graphique à barres indique les informations suivantes :

Données de la figure 48.
StatusNombre de
taxons - 1979
Nombre de
taxons - 1989
Nombre de
taxons - 2008
Disparu001
En voie de disparition214
Menacé013
Vulnérable121

On utilise le terme « taxon » plutôt que le terme « espèce », parce que lors de la mise à jour de la liste, on y a inclus des populations régionales et des taxons infraspécifiques. Les listes précédentes pourraient avoir sous-estimé le caractère précaire de certains taxons, parce qu’elles n’incluaient pas toutes les unités désignables mais seulement les espèces reconnues du point de vue de la taxonomie.

Les définitions des catégories de statut diffèrent légèrement de celles du COSEPAC et sont données dans Jelks et al198

Tableau 11. Identification et statut des taxons de poissons d’eau douce et de poissons diadromes en péril dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1979, 1989 et 2008.Tableau - note1
Nom communGenreEspèce197919892008
Esturgeon à museau courtAcipenserbrevirostrumVDMVD
Esturgeon noirAcipenseroxyrinchus oxyrinchusVVV
Bar rayé (population de la baie de Fundy)Moronesaxatilis  M
Bar rayé (population du sud du golfe du Saint-Laurent)Moronesaxatilis  M
Bar rayé (population de l’estuaire du Saint-Laurent)Moronesaxatilis  PD
Éperlan arc-en-ciel (population d’individus de petite taille du lac Utopia, au Nouveau-Brunswick)Osmerusmordax VM
Corégone de l’AtlantiqueCoregonushuntsmaniVDVDVD
Saumon atlantique (population de la baie de Fundy)Salmosalar  VD
Saumon atlantique (population du golfe du Maine)Salmosalar  VD

Tableau 11 - Notes

Note 1

Dans ce tableau : PD = possiblement disparue, VD = en voie de disparition, M = menacée, V = vulnérable, conformément aux définitions de Jelks et al.198
Source : d’après Jelks et al. (2008)198

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Oiseaux terrestres

Tous les assemblages d’espèces d’oiseaux terrestres, à l’exception des oiseaux forestiers, ont connu des baisses d’effectifs entre les années 1970 et les années 2000, les oiseaux de prairie (qui comprennent les espèces des milieux agricoles comme les champs de foin, les pâturages et les parcours) et d’autres milieux ouverts accusant les baisses les plus prononcées (tableau 12, voir également la figure 45 à la section « Paysages agricoles », à la page 67).

Tableau 12. Tendances des effectifs des oiseaux terrestres dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, des années 1970 aux années 2000. Le tableau qui suis démontre l’indice d’abondance du BBS, par décenie, des années 1970 aux années 2000.Tableau - note1
Assemblage d’espècesTendance
(%/an)
P  Années 1970
(BBS)
Années 1980
(BBS)
Années 1990
(BBS)
Années 2000
(BBS)
Changement
 %
Forêt-0,4 % 221,6218,3208,1187,1-16 %
Arbustaie/succession-0,6 %*160,2141,9137,1134,9-16 %
Prairie-3,5 %*39,938,219,513,3-67 %
Autres milieux ouverts-3,5 %*64,867,036,322,6-65 %
Urbain/suburbain-0,6 %*179,7162,0157,3154,9-14 %

Tableau 12 - Notes

Note 1

Dans ce tableau : P est la signification statistique : * indique que P < 0,05, n indique que 0,05 < P < 0,1, et il n’y a aucune valeur lorsque la tendance n’est pas significative.
La colonne « Changement » donne le pourcentage de changement de l’indice d’abondance moyen entre la première décennie pour laquelle on dispose de résultats (années 1970) et les années 2000 (2000-2006).

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Constatation clé 18
Productivité primaire

Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l’échelle nationale
La productivité primaire a augmenté dans plus de 20 % du territoire végétalisé au Canada au cours des 20 dernières années et elle a également augmenté dans certains écosystèmes d’eau douce. L’ampleur et la période de productivité primaire changent dans tout l’écosystème marin.

L’indice de végétation par différence normalisée (IVDN), calculé à partir des données de télédétection, est un indicateur de la quantité et de la vigueur des végétaux verts dans le paysage. La variation de l’IVDN traduit les changements qui touchent la productivité primaire. De 1985 à 2006, les valeurs de l’IVDN ont augmenté dans 33 408 km2 (16,5 %) et diminué dans 720 km2 (0,4 %) de l’EMA7. Les plus grandes zones où ces valeurs ont augmenté sont les forêts mixtes de la Gaspésie et de l’île du Cap-Breton (figure 49).

Figure 49. Changement de l’indice de végétation par différence normalisée dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, 1985-2006.

carte

Description longue pour la figure 49

Cette carte indique les endroits où le pic annuel de l’indice de végétation par différence normalisée (IVDN) a subi une augmentation ou une diminution dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique entre 1985 et 2006. La vaste majorité des zones ayant connu un changement durant cette période présentait une tendance à la hausse. Les zones présentant une tendance à la baisse étaient petites et dispersées. La carte montre que, de 1985 à 2006, les valeurs d’IVDN ont augmenté dans 33 408 km2 (16,5 %) et diminué dans 720 km2 (0,4 %) de l’écozone+. Les plus grandes zones avec des valeurs d’IVDN à la hausse étaient des zones de forêt mixte le long de la péninsule gaspésienne et à l’île du Cap-Breton.

Les tendances concernent le pic annuel atteint par l’IVDN, établi en calculant la moyenne des trois valeurs les plus élevées d’après des images composites sur 10 jours prises en juillet et août de chaque année. La résolution spatiale des images est de 1 km, et les données ont été moyennées à une résolution de 3 km aux fins d’analyse. Seuls les points correspondant à des changements statistiquement significatifs (p < 0,05) sont indiqués.
Source : Ahern et al. (2011)7 d’après Pouliot et al. (2009)Note de bas de page199

On peut attribuer les changements des valeurs de l’IVDN aux changements climatiques, au changement de la couverture terrestre, à l’utilisation des terres ou à d’autres changements de gestion7. On peut associer les tendances à la hausse dans certaines parties de l’EMA à l’exploitation forestière commerciale, qui a causé une augmentation de la proportion de feuillus, mais des études plus détaillées seraient nécessaires pour confirmer cette hypothèse. À cause de la grande proportion de forêts de feuillus et de forêts mixtes dans cette écozone+, les valeurs de l’IVDN étaient plus élevées, proches du point de saturation, ce qui rend les changements subtils difficiles à détecter199 Note de bas de page200 Note de bas de page201. De plus, le résultat des analyses de l’IVDN dans le sud-est du Canada (incluant l’EMA) sont sensibles à la période couverte. Les périodes moins récentes (p. ex. 1982 à 1999) sont plus susceptibles de présenter des tendances à la hausse étenduesNote de bas de page202 Note de bas de page203 Note de bas de page204 Note de bas de page205, tandis que les analyses des périodes plus récentes (p. ex. la période de 1985 à 2006, analysée ici) présentent des tendances positives moins étendues, ou même négatives dans certaines zones199 Note de bas de page206 Note de bas de page207. Il faudrait procéder à des études de la couverture terrestre et de la productivité de la végétation plus détaillées pour bien interpréter ces tendances.

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Constatation clé 19
Perturbations naturelles

Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l’échelle nationale
La dynamique des régimes de perturbations naturelles, notamment les incendies et les vagues d’insectes indigènes, est en train de modifier et de refaçonner le paysage. La nature et le degré du changement varient d’un endroit à l’autre.

Les perturbations naturelles incluent des phénomènes météorologiques extrêmes, les incendies et les infestations d’insectes. Bien qu’autrefois, les incendies aient joué un rôle important dans l’EMA, ce sont aujourd’hui les phénomènes météorologiques violents et les infestations d’insectes qui représentent les types de perturbation dominants à cause, en partie, d’une lutte efficace contre les incendies. La tordeuse des bourgeons de l’épinette est l’insecte forestier le plus influent.

Phénomènes météorologiques extrêmes

Étant donné que l’EMA est en bordure de l’océan Atlantique, elle est particulièrement vulnérable aux ouragans et aux autres tempêtes tropicales remontant le long de la côte est de l’Amérique du Nord. Les vents et l’effet des marées associés à ces tempêtes peuvent aussi occasionner des ondes de tempête et des inondations.

Ouragans

La fréquence et la gravité des tempêtes tropicales et des ouragans ont augmenté au cours des trois dernières décenniesNote de bas de page208 Note de bas de page209 Note de bas de page210 Note de bas de page211. Le nombre moyen d’ouragans par année était de 8,7 entre 1900 et 1999, de 9,9 entre 1950 et 1999, et il est passé à 11,8 entre 1991 et 2000, soit la moyenne sur 10 ans la plus élevée jamais enregistrée (figure 50)211. D’autres études récentes ont montré que la durée des épisodes de tempête tropicale dans la région atlantique avait augmenté d’environ 60 % depuis 1949 et que la vitesse de pointe annuelle du vent avait augmenté d’environ 50 %103. Depuis 1975, la dissipation totale de l’énergie (un indice du potentiel destructeur d’un ouragan) a doubléNote de bas de page212.

Figure 50. Tendances du nombre moyen d’ouragans dans le bassin atlantique, 1900-1999, 1950-1999 et 1991-2000.

carte

Description longue pour la figure 50

Cette figure est un graphique linéaire indiquant la fréquence et la gravité des tempêtes tropicales et des ouragans dans le bassin de l’Atlantique durant les périodes 1900-1999, 1950­1999 et 1991-2000. Il montre que la fréquence et la gravité de ces phénomènes naturels ont augmenté au cours des trois dernières décennies. Le nombre moyen d’ouragans par année était de 8,7 entre 1900 et 1999, de 9,9 entre 1950 et 1999, et il a augmenté à 11,8 entre 1991 et 2000, soit la moyenne sur 10 ans la plus élevée enregistrée.

Source : Environnement Canada, 2002211

Ondes de tempête et inondations

Des ondes de tempête et des inondations sont souvent associées aux ouragans et aux tempêtes tropicales, et elles résultent d’une accentuation de l’action des vagues et de fortes pluies. Elles peuvent avoir des effets importants sur les écosystèmes côtiers, notamment occasionner l’érosion des sols et une perte de végétation (voir aussi la section « Zones côtières », à la page 32). La vulnérabilité aux ondes de tempête varie énormément dans l’EMA : certaines zones sont susceptibles d’être plus gravement touchées que d’autres, selon la nature du littoral et le degré d’exposition (figure 51).

Figure 51. Niveaux extrêmes de récurrence de 40 ans des ondes de tempête sur la côte atlantique du Canada.

carte

Description longue pour la figure 51

Cette carte d’intensité indique le risque d’ondes de tempête dans les zones côtières de l’écozone+ maritime de l’Atlantique. Elle montre que ce risque varie largement dans l’écozone+ : certaines zones risquent d’être plus gravement touchées que d’autres, selon la nature de la côte et le degré d’exposition. On prévoit que la côte nord-est de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick et la côte sud de l'île -du-Prince -Édouard, ainsi que les rives du fleuve Saint-Laurent seront les plus touchées par les ondes de tempête.

La prévision a posteriori est une méthode d’élaboration d’un modèle dans laquelle celui-ci est mis à l’essai pour vérifier s’il prédit correctement des observations passées. La barre colorée indique les niveaux extrêmes de récurrence de 40 ans des ondes de tempête, en mètres. On s’attend à ce que les ondes de tempête les plus fortes surviennent dans les régions côtières indiquées par les couleurs les plus chaudes.

Il n’existait pas de données exhaustives sur les tendances des ondes de tempête pour toute l’EMA, mais une étude de cas sur les ondes de tempête à Charlottetown (Î-P.-É.) indique que la gravité et la fréquence des ondes de tempête ont augmenté entre les années 1940 et 1980, les ondes de tempête de plus de 90 cm étant devenues de plus en plus fréquentes (figure 52). Étant donné que la glace semble atténuer la gravité des ondes de tempête, les ondes de tempête et l’érosion par les vagues pourraient devenir plus graves sous un climat plus chaud, qui entraînerait une réduction de l’englacement dans le golfe du Saint-Laurent (voir la section « La glace dans l’ensemble des biomes », à la page 41)107.

Figure 52. Nombre moyen d’ondes de tempête par année dépassant les différents seuils de hauteur, par décennie, à Charlottetown (Î-P.-É.), entre les années 1940 et les années 1990.

carte

Description longue pour la figure 52

Ce graphique à barres indique les informations suivantes :

Données de la figure 52. - Charlettetown
Catégorie de hauteur
(cm)
Nombre moyen
d’épisodes - 1940-49
Nombre moyen
d’épisodes - 1950-59
Nombre moyen
d’épisodes - 1960-69
Nombre moyen
d’épisodes - 1970-79
Nombre moyen
d’épisodes 1980-89
Nombre moyen
d’épisodes - 1990-99
>=607.98.289.986.4
>=7044.34.94.84.63.1
>=801.92.32.32.32.61.3
>=900.61.51.11.41.80.8
>=1000.20.50.80.61.20.4
>=110 0.30.40.10.60.3
>=120  0.30.10.10.2
>=130  0.2  0.2
>=140  0.1  0.1
>=150      

Source : Bernier et al., 2006Note de bas de page213

Incendies

Les feux de forêt ont joué un rôle historique important dans la dynamique des forêts de l’EMA, même si c’est à une échelle beaucoup plus petite que dans de nombreuses autres parties du CanadaNote de bas de page214, Note de bas de page215. Les registres des 17e et 18e siècles indiquent que la foudre a causé régulièrement des incendies sur de grandes étendues de forêtNote de bas de page216. Aujourd’hui, les incendies sont plus nombreux, mais plus petits. Ils sont surtout causés par les humains. En moyenne, entre les années 1960 et les années 2000, 86 % des incendies avaient été causés par des humains215. Cependant, les étendues brûlées ont été réduites grâce à une détection hâtive et à une lutte active contre les incendies.

Depuis les années 1950, les grands incendies de forêt (de plus de 2 km2) n’ont pas constitué une perturbation naturelle courante ni importante. De 1959 à 2007, une superficie totale moyenne de seulement 34 km2 (0,02 % de l’EMA) a brûlé annuellement (figure 53). Les années sans incendie important ont été courantes. La superficie brûlée a été faible, grâce à la prévention, à la détection hâtive et à une maîtrise rapide. Dans l’ensemble, la superficie totale brûlée était plus faible dans les années 1960 et 1970, plus élevée dans les années 1980 et 1990, puis de nouveau plus faible dans les années 2000215.

Figure 53. Superficie totale brûlée annuellement par les grands incendies (superficie > 2 km2) entre 1959 et 2007 (graphique à gauche) et répartition des grands incendies des années 1980 à aujourd’hui (carte à droite) dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique.

carte

Description longue pour la figure 53

Cette figure comporte un graphique à barres indiquant la superficie annuelle des forêts incendiées dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, en km2, ainsi qu’une carte indiquant l’emplacement des feux de forêt entre 1959 et 2007. Le graphique montre les informations suivantes :

Données de la figure 53.
AnnéeSuperficie incendiée
(km2)
1959237.35
1960299.40
196120.02
19620.00
196321.58
19643.66
196513.06
19660.00
19670.00
196841.07
19695.57
197010.12
19710.00
19720.00
19730.00
19740.00
19753.86
19760.00
19770.00
19789.08
19790.00
198026.31
19810.00
198253.39
19835.90
19840.00
198517.01
1986374.17
198721.79
198816.32
19890.00
199071.79
199134.77
199248.03
19933.04
19940.00
1995296.00
19967.00
19977.00
1998 
199953.00
200059.00
200124.00
20021.00
20031.00
20048.00
20055.00
20063.00
20074.00

La carte montre que la majorité des grands incendies qui se est passé dans les années 1980 au Nouveau-Brunswick.

Sur la carte, les années 1980 sont en rouge et les années 1990, en violet. Les incendies des années 2000 (jusqu’en 2007 inclusivement) sont trop petits pour être indiqués.
Source : Krezek-Hanes et al., 2010215; les données pour la période 1959-1994 étant tirée de la base de données sur les grands incendies (Stocks et al., 2003)Note de bas de page217, et celles pour la période 1995-2007 ayant été obtenues par télédétection.

Dans le cas de certaines forêts de l’EMA, les incendies ont joué un rôle historique important dans la dynamique des peuplements, touchant la composition en espèces d’arbres, la distribution des classes d’âge et les régimes de succession214, Note de bas de page218. Par exemple, en Nouvelle-Écosse, les incendies ont maintenu la diversité forestière dans les peuplements purs de pin gris (Pinus banksiana) dans le comté de Cumberland et les peuplements d’épinette noire et pin blanc dans la zone de la rivière St. Mary’s. Au fil du temps, on s’attend à ce que la lutte contre les incendies réduise la diversité forestière dans ces zonesNote de bas de page219.

Dans certains écosystèmes, la perturbation causée par des incendies répétés est importante parce que ceux-ci limitent la croissance des arbres. La baisse de fertilité du sol et la formation d’une couche durcie dans le profil de sol à cause des incendies, ainsi que l’effet allélopathique des végétaux de type éricacées sur les espèces conifériennes, peuvent créer des écosystèmes de terrains boisés ouverts parsemés d’arbres rabougris, comme dans les landes du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Les incendies naturels ont contribué au maintien des éricaçaies de la vallée de l’Annapolis134.

Infestations d’insectes indigènes à grande échelle

Les infestations d’insectes sont parmi les perturbations naturelles les plus fréquentes dans l’EMA et la voie naturelle la plus courante pour la régénération forestière. Comme les incendies, les infestations d’insectes ont une influence sur la dynamique de la succession végétale des forêts (croissance, recrutement et mortalité)Note de bas de page220. Les infestations d’insectes ont toutefois comme conséquence habituelle, contrairement aux incendies, le remplacement d’arbres individuels ou de petites parcelles de forêt, plutôt que la perte de grands peuplements16.

Tordeuse des bourgeons de l’épinette

La tordeuse des bourgeons de l’épinette, indigène dans les forêts boréales et mixtes de l’Amérique du Nord, est l’insecte forestier ayant le plus d’incidence sur l’EMA16 Note de bas de page221. Les infestations surviennent de façon assez synchrone dans des zones étenduesNote de bas de page222, mais leur durée varie d’une région à une autre. En général, les périodes de forte défoliation durent entre 5 et 25 ans221 Note de bas de page223. Les infestations récurrentes de tordeuse des bourgeons de l’épinette jouent un rôle important dans l’évolution des écosystèmes forestiers. Elles jouent sur la composition en espèces, la distribution des classes d’âge, la dynamique de la succession végétale et l’état des peuplements forestiers résiduels20 223 Note de bas de page224 Note de bas de page225. De plus, parce que les infestations de tordeuse des bourgeons de l’épinette et d’autres insectes se produisent fréquemment et concernent des zones étendues, elles ont une incidence sur le flux de carbone de la forêt224.

On ne s’entend pas sur l’évolution de la fréquence et de la gravité des infestations. Certaines études ont conclu que la fréquence des infestations de tordeuse avait augmenté221, 222, Note de bas de page226, tandis que d’autres n’ont relevé aucune tendance, surtout lorsque des échelles de temps plus longues étaient prises en compte. Par exemple, Boulanger et Arseneault223 ont conclu que dans l’est du Québec, la fréquence des infestations a été stable entre 1500 et 2000, avec un intervalle de récurrence de 30 à 48 ans (figure 54).

Figure 54. Intervalles des infestations de tordeuse des bourgeons de l’épinette dans l’est du Québec repérées dans le cadre d’analyses dendrochronologiques antérieures, 1500-2000.

carte

Description longue pour la figure 54

Ce graphe chronologique indique la durée des infestations de tordeuse des bourgeons de l’épinette et les intervalles entre les infestations dans l’est du Québec au cours de la période 1500-2000. Il décrit une fréquence stable des infestations et un intervalle de récurrence de 30 à 48 ans.

Source : d’après Boulanger et Arseneault (2004)223

Certaines études indiquent que la gravité des attaques a augmenté durant le 20e siècleNote de bas de page227, Note de bas de page228. Par contre, la gravité des attaques a diminué au Nouveau-Brunswick entre 1949 et 2007 (figure 55)137. Cette diminution pourrait être le résultat des applications d’insecticide destinées à combattre les infestations de tordeuse des bourgeons de l’épinette. Entre 1972 et 1993, au Nouveau-Brunswick, on a procédé à l’épandage aérien d’insecticide sur près de 50 % des zones modérément à gravement infestées, ce qui a notablement réduit la défoliation221.

Figure 55. Tendance (A) de la défoliation causée par la tordeuse des bourgeons de l’épinette au Nouveau-Brunswick, 1949-2007, et (B) de la superficie traitée au moyen de pesticides, 1952-2007.

carte

Description longue pour la figure 55

Cette figure comprend deux graphiques linéaires montrant l’étendue des zones modérément à gravement touchées chaque année par la défoliation à cause de la tordeuse des bourgeons de l’épinette au Nouveau-Brunswick, de 1949 à 2007, ainsi que la superficie totale traitée chaque année au moyen de pesticides, de 1952 à 2007. Ces graphiques montrent que la gravité des attaques a diminué au Nouveau-Brunswick entre 1949 et 2007, en particulier dans les zones traitées au moyen de pesticides.

Source : d’après Carter et al. (2008)137

Les changements détectables de la gravité et de la fréquence des infestations d’insectes dans l’aire de répartition de la tordeuse des bourgeons de l’épinette ont été attribués aux changements des pratiques de récolte forestière, à la fréquence réduite des incendies en grande partie à cause de la lutte contre les incendies, à une augmentation de la pulvérisation d’insecticide et à une moindre fiabilité accordée aux registres sur les infestations reconstitués pour les périodes historiques16, 134, 223.

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Constatation clé 20
Réseaux trophiques

Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l’échelle nationale
Des changements profonds dans les relations entre les espèces ont été observés dans des milieux terrestres et dans des milieux d’eau douce et d’eau marine. La diminution ou la disparition d’éléments importants des réseaux trophiques a considérablement altéré certains écosystèmes.

On disposait de peu d’information sur les changements des dynamiques trophiques et des cycles des populations dans l’EMA. La perte ou la réduction de mammifères prédateurs des niveaux trophiques supérieurs peut entraîner des changements substantiels dans les réseaux trophiques. Dans le passé, les loups étaient les plus gros mammifères prédateurs, mais ils ont disparu du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse quelque part entre 1870 et 1921Note de bas de page229. La martre d’Amérique (Martes americana) est disparue du sud du Québec et de l’Î-P.-É., et l’ours noir (Ursus americanus) et le lynx (Lynx canadensis) ont également disparu de l’Î-P.-É.

Pendant ce temps, le coyote étendait son aire de répartition dans l’EMA (figure 56) et prenait la place du loup comme prédateur du niveau trophique supérieur. Dans tout l’est de l’Amérique du Nord, incluant l’EMA, le coyote a exercé un fort effet « de haut en bas » sur les écosystèmes forestiersNote de bas de page230; sa présence a directement réduit les effectifs de proies, ce qui a indirectement réduit les effectifs de plus petits carnivores, comme le renard roux (Vulpes vulpes)Note de bas de page231. En réduisant les effectifs de ces carnivores plus petits, le coyote a aussi augmenté indirectement le nombre d’oiseaux, ce qui a établi une relation positive entre les populations de coyotes et d’oiseaux d’arbustaie.

Figure 56. Chronologie de la colonisation d’une partie de l’écozone+ maritime de l’Atlantique par le coyote de l’Est entre les années 1960 et les années 1980.

carte

Description longue pour la figure 56

Cette carte indique les déplacements du coyote de l’Est dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique entre les années 1960 et les années 1980. La colonisation par cette espèce s’est effectuée d’est en ouest, à commencer par la portion québécoise et de l’est du Nouveau-Brunswick de l’écozone+ dans les années 1960, puis elle s’est poursuivie vers l’ouest, à travers le Nouveau-Brunswick et le nord de la Nouvelle-Écosse du milieu à la fin des années 1970. En 1980, le coyote de l’Est avait colonisé toute la Nouvelle-Écosse, y compris l’île du Cap-Breton et en 1983, on le trouvait également à l’Île-du-Prince-Édouard.

Source : Moore et Parker, 1992Note de bas de page232

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Thème : Interface science-politique

Constatation clé 21
Surveillance de la biodiversité, recherche, gestion de l’information et communication des résultats

Thème Interface science-politique

Constatation clé à l’échelle nationale
Les renseignements de surveillance recueillis sur une longue période, normalisés, complets sur le plan spatial et facilement accessibles, complétés par la recherche sur les écosystèmes, fournissent les constatations les plus utiles pour les évaluations de l’état et des tendances par rapport aux politiques. L’absence de ce type d’information dans de nombreux secteurs a gêné l’élaboration de la présente évaluation.

Bien qu’il y ait eu des études écologiques localisées et qu’il existe quelques ensembles de données à long terme, des lacunes dans les connaissances rendent difficile la détermination des tendances écologiques dans l’EMA. Une surveillance coordonnée de la biodiversité dans l’EMA faisait généralement défaut. Il y avait plus de données sur les espèces et les biomes présentant un intérêt économique, par exemple sur le saumon atlantique et les forêts, ainsi que sur certaines espèces en péril, comme le caribou des bois.

Les données sur la protection et l’intendance des terres privées étaient insuffisantes.

Points forts

  • Tendances des populations d’oiseaux migrateurs.
  • Occurrence et tendances des populations de saumon atlantique.
  • Certaines populations d’espèces non indigènes envahissantes.

Lacunes critiques repérées

  • Données sur les tendances des milieux humides.
  • Information sur la situation et les tendances des plantes non vasculaires et des invertébrés.
  • Données sur les tendances du biome côtier de l’EMA.
  • Information sur les changements des structures trophiques insuffisante, particulièrement pour les lacs.
  • Incidences écologiques de nombreuses espèces non indigènes envahissantes.

Constatation clé 22
Changements rapides et seuils

Thème Interface science-politique

Constatation clé à l’échelle nationale
La compréhension grandissante des changements rapides et inattendus, des interactions et des seuils, en particulier en lien avec les changements climatiques, indique le besoin d’une politique qui permet de répondre et de s’adapter rapidement aux indices de changements environnementaux afin de prévenir des pertes de biodiversité majeures et irréversibles.

À cause de la nature des couches géologiques sous-jacentes de l’EMA, les écosystèmes aquatiques ont un faible pouvoir tampon contre l’acidité et, par conséquent, un seuil de tolérance à l’acidité moins élevé pour l’apparition de dommages causés par les dépôts acides atmosphériques qu’ailleurs au Canada. Au fur et à mesure que les dépôts acides excédaient le pouvoir tampon des lacs et des rivières, les populations de saumon atlantique et le nombre de rivières abritant l’espèce en Nouvelle-Écosse a rapidement diminué. En outre, les effets de ces dépôts acides pourraient durer plus longtemps que ce que l’on a d’abord cru; les rivières ne se sont pas rétablies avec la réduction des dépôts acides, ce qui laisse croire que ces rivières ont maintenant atteint un état stable autre (voir la constatation clé Lacs et cours d’eau à la page 8).

Les forêts restantes de l’EMA sont moins complexes, moins diversifiées et plus jeunes, du fait des pratiques de gestion forestière (voir la constatation clé Forêts à la page 7). Le paysage a aussi été très fragmenté à cause de l’exploitation des ressources et de la construction de routes, ce qui a réduit la superficie des écosystèmes intacts. On ne sait pas dans quelle mesure ces changements ont contribué à la perte d‘espèces indigènes, comme certains grands mammifères. Toutefois, dans de nombreuses parties de l’EMA, il est possible qu’un seuil de développement et de fragmentation ait été atteint pour certaines espèces (p. ex. caribou, ours noir), qui ne pourraient pas survivre si elles étaient réintroduites.

Une possible explication de ces changements rapides est que l’interaction entre les agents stresseurs ait pour effet d’accélérer les dommages aux écosystèmes. Cette hypothèse est particulièrement pertinente dans le cas des changements climatiques. Par exemple, l’érosion des côtes est croissante dans l’EMA, ce qui menace les écosystèmes des milieux humides, des plages et des dunes. L’aménagement des zones littorales, où il y a eu notamment expansion des surfaces dures, ont rendu les écosystèmes côtiers plus vulnérables à l’érosion. La hausse du niveau de la mer, la réduction de la couverture de glace et l’accroissement du nombre de tempêtes tropicales dans l’océan Atlantique, tous reliés aux changements climatiques (voir la constatation clé Zones côtières à la page 9) ont accéléré l’érosion. Les changements climatiques peuvent également rendre les écosystèmes plus vulnérables à l’envahissement par des espèces non indigènes (p. ex. des espèces de poissons d’eaux chaudes) et aux infestations d’insectes, et accroître la vulnérabilité des espèces indigènes aux maladies et aux infections.

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Conclusion : bien-être humain et biodiversité

Depuis 400 ans, l’économie de l’EMA est principalement fondée sur les ressources, soit sur les industries de l’exploitation forestière, de la pêche, de l’agriculture, des mines et, plus récemment, du tourisme. Nombre de ces industries dépendent d’écosystèmes sains et fonctionnels, mais le développement industriel a aussi eu une grande influence sur l’état et les tendances des écosystèmes de l’EMA. Dans certains cas, l’exploitation forestière, les aménagements, les changements climatiques et les dépôts acides ont affaibli la capacité de ces écosystèmes de continuer à fournir des biens et services importants.

Malgré le fait que les forêts occupent encore 80 % du paysage, l’exploitation forestière, la lutte contre les incendies et les infestations d’insectes ont donné lieu dans les écosystèmes forestiers à une réduction de la diversité des espèces, à une altération de la composition en espèces et au rajeunissement des peuplements forestiers. Les forêts restantes ont aussi été en grande partie fragmentées par les routes, ce qui a touché les espèces forestières. Dans l’EMA, le caribou ne compte plus qu’une seule population en voie de disparition, et la population d’orignaux a connu une baisse. De nombreux mammifères prédateurs des niveaux trophiques supérieurs, comme le loup, la martre d’Amérique, l’ours noir et le lynx, ont disparu de toute l’EMA ou de la plus grande partie de celle-ci par suite de la pression combinée des altérations de leurs habitats et de la chasse pratiquée dans le passé.

Les écosystèmes côtiers ont aussi été touchés par le développement industriel et urbain et par la construction de chalets. On enregistre certains des plus forts taux de destruction de milieux humides parmi les milieux humides côtiers. La perte de plages, de dunes et d’herbiers de zostère marine a réduit la convenabilité des milieux côtiers comme habitat pour certaines espèces, comme les oiseaux de rivage. La perte d’écosystèmes côtiers a également accru la vulnérabilité du littoral à l’érosion causée par la hausse du niveau de la mer et les ondes de tempête, avec les risques que cela comporte pour la vie et la propriété humaines. Les activités portuaires ont introduit des espèces non indigènes envahissantes, ce qui a entraîné des baisses d’effectifs chez certaines espèces d’arbres et des impacts économiques, par exemple, sur la production de bois d’œuvre.

Les lacs et les rivières ont été modifiés par les changements climatiques (p. ex. changement des régimes de débit, changement des dates de gel et de dégel), par la présence de barrages et par le ruissellement des éléments nutritifs excédentaires issus de l’agriculture. On trouve dans l’EMA certaines des terres les plus vulnérables à l’acidité au Canada et, à cause des dépôts acides historiques, de nombreuses remontes du saumon atlantique ont été perdues. Les espèces de poissons introduites, tout comme les proliférations de l’algue didymo, ont modifié les réseaux trophiques et la composition des communautés aquatiques. Les effets des changements climatiques, bien qu’on croie qu’ils seront moins importants dans l’EMA que dans d‘autres écozones+ canadiennes, exacerberont ces changements.

La production alimentaire dans l’EMA est presque entièrement confinée à l’ Î-P.-É., à la vallée de l’Annapolis, en Nouvelle-Écosse, et à la vallée de la rivière Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. À cause de la plus grande superficie occupée par les terres cultivées, les paysages agricoles ont vu diminuer leur capacité d’habitat faunique. Par ailleurs, on trouve dans l’EMA, comparativement au reste du Canada, certaines des valeurs d’azote résiduel dans le sol les plus élevées et, à cause du climat de cette écozone+, certaines des valeurs de risque d’érosion du sol également les plus élevées. Le risque d’érosion du sol y a cependant diminué dans les terres agricoles.

La lutte contre les incendies, l’accroissement des perturbations liées aux phénomènes météorologiques extrêmes et certaines infestations d’insectes sont parmi les facteurs qui ont altérer les régimes de perturbation naturels. Comme dans de nombreuses écozones+ du Canada, il est difficile de bien évaluer les effets de ces facteurs sur la biodiversité, les perturbations naturelles et les processus écologiques, en raison d’un manque de surveillance exhaustive à long terme.

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Références

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Note 192

Gibson, J., Hubley, B., Chaput, G., Dempson, J.B., Caron, F. et Amiro, P. 2006. Sommaire des tendances relatives à l'état et à l'abondance des populations de saumon atlantique (Salmo salar) de l'est du Canada. Document de recherche no 2006/026. Secrétariat canadien de consultation scientifique, Pêches et Océans Canada. 31 p.

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Note 193

COSEPAC. 2010. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le saumon atlantique (Salmo salar) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa, ON. xvii + 136 p.

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Note 194

Guignion, D. 2009. A conservation strategy for Atlantic salmon in Prince Edward Island. Prince Edward Island Council of the Atlantic Salmon Federation. Prince Edward Island. xiii + 168 p.

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Note 195

Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario. 2007. Rapports sur l'état des ressources : L'anguille d'Amérique. Gouvernement de l'Ontario. 6 p.

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Note 196

COSEPAC. 2012. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'anguille d'Amérique (Anguilla rostrata) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa, ON. xiii + 127 p.

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Note 197

de Lafontaine, Y., Gingras, F., Labonte, D., Marchand, F., La Croix, E. and Lagace, M. 2009. Decline of the American eel in the St. Lawrence River: effects of local hydroclimatic conditions on CPUE Indices. American Fisheries Society Symposium No. 58. Edited by Casselman, J. and Cairns, D.K. 228 p.

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Note 198

Jelks, H.L., Walsh, J., Burkhead, N.M., Contreras-Balderas, S., Díaz-Pardo, E., Hendrickson, D.A., Lyons, J., Mandrak, N.E., McCormick, F., Nelson, J.S., Platania, S.P., Porter, B.A., Renaud, C.B., Schmitter-Soto, J.J., Taylor, E.B. and Warren, Jr.M.L. 2008. Conservation status of imperiled North American freshwater and diadromous fishes. Fisheries 33:372-407.

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Note 199

Pouliot, D., Latifovic, R. and Olthof, I. 2009. Trends in vegetation NDVI from 1 km AVHRR data over Canada for the period 1985-2006. International Journal of Remote Sensing 30:149-168.

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Note 200

Gilabert, M.A., Gandia, S. and Melia, J. 1996. Analyses of spectral biophysical relationships for a corn canopy. Remote Sensing of Environment 55:11-20.

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Note 201

Santin-Janin, H., Garel, M., Chapuis, J.-L. and Pontier, D. 2009. Assessing the performance of NDVI as a proxy for plant biomass using non-linear models: a case study on the Kerguelen Archipelago. Polar Biology 32:861-871.

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Note 202

Myneni, R.B., Keeling, C.D., Tucker, C.J., Asrar, G. et Nemani, R.R. 1997. Increased plant growth in the northern high latitudes from 1981 to 1991. Nature 386:698-702.

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Note 203

Slayback, D.A., Pinzon, J.E., Los, S.O. and Tucker, C.J. 2003. Northern Hemisphere photosynthetic trends 1982-99. Global Change Biology 9:1-15.

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Note 204

Zhou, L., Tucker, C.J., Kaufmann, R.K., Slayback, D., Shabanov, N.V. and Myneni, R.B. 2001. Variations in northern vegetation activity inferred from satellite data of vegetation index during 1981 to 1999. Journal of Geophysical Research-Atmospheres 106:20,069-20,083.

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Note 205

Tateishi, R. and Ebata, M. 2004. Analysis of phenological change patterns using 1982-2000 Advanced Very High Resolution Radiometer (AVHRR) data. International Journal of Remote Sensing 25:2287-2300.

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Note 206

Goetz, S., Bunn, A.G., Fiske, G.J., Houghton, R.A. and Woodwell, G.M. 2005. Satellite-observed photosynthetic trends across boreal North America associated with climate and fire disturbance. Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America 102:13521-13525.

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Note 207

Bunn, A.G. and Goetz, S.J. 2006. Trends in satellite-observed circumpolar photosynthetic activity from 1982 to 2003: the influence of seasonality, cover type, and vegetation density. Earth Interactions 10:1-19.

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Note 208

Vasseur, L. and Catto, N. 2008. Atlantic Canada. In From impacts to adaptation: Canada in a changing climate 2007. Edited by Lemmen, D.S., Warren, F.J., Lacroix, J. and Bush, E. Government of Canada. Ottawa, ON. Chapter 4. pp. 119-170.

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Note 209

Elsner, J.B., Kossin, J.P. and Jagger, T.H. 2008. The increasing intensity of the strongest tropical cyclones. Nature 455:92-95.

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Note 210

Saunders, M.A. et Lea, A.S. 2008. Large contribution of sea surface warming to recent increase in Atlantic hurricane activity. Nature 451:557-561.

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Note 211

Environnement Canada. 2002. Les ouragans battent les records sur l'Atlantique. Bulletin Science et Environnement 31:4-5.

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Note 212

Emanuel, K. 2005. Increasing destructiveness of tropical cyclones over the past 30 years. Nature 436:686-688.

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Note 213

Bernier, N., MacDonald, J., Ou, J., Ritchie, H. et Thompson, K. 2006. Modélisation des ondes de tempête et des conditions météorologiques. Dans Impacts de l'élévation du niveau de la mer et du changement climatique sur la zone côtière du sud-est du Nouveau-Brunswick. Environment Canada. Ottawa, ON. Chapitre 4. pp. 263-298.

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Note 214

Meades, B., Stewart, C., Goltz, J., MacQuarrie, K., Kavanagh, K., Sims, M. and Mann, G. 1999. Appendix F: ecoregion descriptions: Gulf of St. Lawrence lowland forests. In Terrestrial ecoregions of North America: a conservation assessment. Edited by Ricketts, T.H., Dinerstein, E., Olson, D.M. and Loucks, C.J. Island Press. Washington, DC. pp. 175-178.

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Note 215

Krezek-Hanes, C.C., Ahern, F., Cantin, A. et Flannigan, M.D. 2011. Tendances des grands incendies de forêts au Canada, de 1959 à 2007. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 6. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. vi + 56 p.

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Note 216

Braune, B. 2008. NCP synopsis. Technical Background Reports: Ecosystem Status and Trends Report for Canada (in preparation).

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Note 217

Stocks, B.J., Mason, J.A., Todd, J.B., Bosch, E.M., Wotton, B.M., Amiro, B.D., Flannigan, M.D., Hirsch, K.G., Logan, K.A., Martell, D.L. and Skinner, W.R. 2003. Large forest fires in Canada, 1959-1997. Journal of Geophysical Research 108:8149-8161.

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Note 218

Forbes, G., Veen, H., Loo, J., Zelazny, V. and Woodley, S. 1998. Ecological change in the Greater Fundy ecosystem. In State of the Greater Fundy Ecosystem. Edited by Woodley, S., Forbes, G. and Skibicki, A. University of New Brunswick, Faculty of Forestry and Environmental Management. Fredericton, NB. Chapter 3. pp. 55-74.

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Note 219

Basquill, S.P., Woodley, S.J. and Purdy, A.B. 2001. The history and ecology of fire in Kejimkujik National Park. Technical Reports in Ecosystem Science No. 29. Parks Canada. Ottawa, ON. 189 p.

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Note 220

Colford-Gilks, A.K., D.A.MacLean, J.A.Kershaw, J. and M.Béland. 2012. Growth and mortality of balsam fir- and spruce-tolerant hardwood stands as influenced by stand characteristics and spruce budworm defoliation. Forest Ecology and Management 280:82-92.

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Note 221

Gray, D.R. and MacKinnon, W.E. 2007. Historical spruce budworm defoliation records adjusted for insecticide protection in New Brunswick, 1965-1992. Journal of the Acadian Entomological Society 3:1-6.

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Note 222

Royama, T., MacKinnon, W.E., Kettela, E.G., Carter, N.E. and Hartling, L.K. 2005. Analysis of spruce budworm outbreak cycles in New Brunswick, Canada, since 1952. Ecology 86:1212-1224.

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Note 223

Boulanger, Y. and Arseneault, D. 2004. Spruce budworm outbreaks in eastern Quebec over the last 450 years. Canadian Journal of Forest Research 34:1035-1043.

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Note 224

Gray, D.R. and MacKinnon, W.E. 2006. Outbreak patterns of the spruce budworm and their impacts in Canada. The Forestry Chronicle 82:550-561.

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Note 225

Colford, A. 2007. Effects of spruce budworm outbreaks on stand dynamics of balsam fir and red spruce tolerant hardwood mixedwoods. Thesis (M.Sc. Proposal Presentation). University of New Brunswick, Faculty of Forestry and Environmental Management. Fredericton, NB. 8 p.

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Note 226

Blais, J.R. 1983. Trends in the frequency, extent and severity of spruce budworm outbreaks in eastern Canada. Canadian Journal of Forest Research 13:539-545.

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Note 227

MacLean, D.A. 1994. Effects of spruce budworm outbreaks on the productivity and stability of balsam fir forests. The Forestry Chronicle 60:273-279.

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Note 228

Kettela, E.G. 1983. Historique en cartes de la defoliation causee par la tordeuse des bourgeons de l'epinette dans l'est de l' Amerique du Nord de 1967 a 1981 no DPC-X-14. Service canadien des forêts, Environnement Canada. Hull, QC. 9 p.

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Note 229

Paquet, P.C. and Carbyn, L.N. 2003. Gray wolf. In Wild mammals of North America: biology, management and conservation. Edited by Feldhamer, G.A., Thompson, B.C. and Chapman, J.A. John Hopkins University Press. Baltimore, MD. Chapter 23. 1216.

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Note 230

Kays, R.W., Gompper, M.E. and Ray, J.C. 2008. Landscape ecology of eastern coyotes based on large-scale estimates of abundance. Ecological Applications 18:1014-1027.

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Note 231

Gompper, M.E. 2002. The ecology of northeast coyotes: current knowledge and priorities for future research. Working Paper no 17. Wildlife Conservation Society. Bronx, NY. 49 p.

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Note 232

Moore, G.C. and Parker, G.R. 1992. Colonization by the eastern coyote (Canis latrans). Dans Ecology and management of the eastern coyote. Boer, A.H. (éd.). Wildlife Research Unit, University of New Brunswick. Fredericton, NB. pp. 23-37.

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