Changements climatiques

Les printemps plus précoces entraînent des modifications aux périodes de migration et de nidification des oiseaux

La tendance à l'avancement et au réchauffement de la saison printanière semble entraîner une nidification plus précoce dans les prairies pour certaines espèces de sauvagine et une éclosion plus précoce pour certains oiseaux de mer.

Dates d'arrivée des bernaches du Canada, Delta Marsh

De 1939 à 2001
Graphe : Dates d’arrivée des bernaches du Canada, Delta Marsh. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre). Photo : Les oies © iStock.com/scol22.
Source : Adapté de Murphy-Klassen et al., 20056.

La période d'arrivée annuelle au Delta Marsh, le long des berges du lac Manitoba, était étroitement liée à la température moyenne en mars dans le cas d'environ la moitié des 96 espèces d'oiseaux migrateurs étudiées, y compris la Bernache du Canada. Les dates d'arrivée au printemps de la plupart de ces espèces ont avancé à un rythme compris entre 0,6 et 2,6 jours pour chaque degré Celsius d'augmentation de la température moyenne en mars6.

Dates d'éclosion des macareux huppés, île Triangle

De 1975 à 2002
Graphe : Dates d’éclosion des macareux huppés, île Triangle. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre). Photo : Macareux huppé © Kyle Morrison.
Sources : Adapté de Gjerdrum et al., 20037 et Gaston et al., 20098.

Depuis les 30 dernières années, la saison de reproduction du Macareux huppé, du Macareux rhinocéros et du Starique de Cassin est devancée à l'île Triangle, au large de la côte de la Colombie-Britannique. Les populations de ces oiseaux de mer nichant dans les terriers ont diminué entre 1984 et 2004, probablement en raison des variations dans les conditions océaniques. Ces déclins sont peut-être partiellement causés par une mauvaise synchronisation entre la période d'éclosion des oeufs et la période où la nourriture est la plus abondante, comme le cas a été confirmé pour le Starique de Cassin8.

Déplacement vers le nord

Le déplacement des aires de répartition des espèces, en général vers le nord, a été observé à de nombreux endroits au pays. Bon nombre de ces déplacements sont probablement liés aux changements climatiques. Voici certains exemples :

  • L'extrémité nord de l'aire de reproduction des oiseaux terrestres qui se reproduisent dans le sud du Canada s'est déplacée vers le nord de 2,4 km par année, en moyenne, entre 1964 et 2002. Par exemple, l'aire de répartition de la Grive à dos olive s'est étendue de 141 km vers le nord au cours de cette période9.
  • La diminution de la glace de mer dans les détroits de l'Arctique a entraîné une expansion de l'aire de répartition des épaulards jusqu'à la baie d'Hudson, où on peut désormais les observer chaque été10.
  • Depuis les années 1960, dans les Territoires du Nord-Ouest, on a remarqué un déplacement vers le nord des aires de répartition du cerf de Virginie, du coyote, du bison des bois, du couguar, des pies et de la tique du wapiti, un parasite11, 12.
  • Depuis 1974, le cerf de Virginie s'est déplacé vers le nord, de la Colombie-Britannique au Yukon, et son aire de répartition s'étend maintenant jusqu'au centre du Yukon13. Ce déplacement vers le nord a également été observé en Saskatchewan, au Québec et en
    Ontario14, 15.
  • Les Inuvialuits de l'île Banks dans l'Arctique ont remarqué de nouvelles espèces de coléoptères et de phlébotomes. Les merles et l'Hirondelle rustique sont également de nouveaux venus dans la région16.
  • L'expansion vers le nord du raton laveur dans les Prairies au cours du 20e siècle pourrait être liée à des saisons de végétation plus longues ainsi qu'à une intensification de la production agricole17.