Changements climatiques

Photo : Fjord Alexandra, île d’Ellesmere (Nunavut) © Greg Henry
Site de l'ITEX (International Tundra Experiment), montrant des serres à toit ouvrant, fjord Alexandra, île d'Ellesmere (Nunavut).

Les températures plus chaudes entraînent des changements du biome de la toundra

Les données relevées autour de l'Arctique circumpolaire mettent en évidence des changements dans la toundra18, 19. Les données climatiques indiquent que les conditions particulières de basses températures et de faibles précipitations nécessaires au maintien de la toundra polaire, des landes et des biomes de glace et de neige ont décliné d'environ 20 % au cours des vingt-cinq dernières années20. Cette tendance est liée aux augmentations de la productivité primaire et à l'augmentation de la biomasse dans les formations végétales de la toundra. L'augmentation de la « végétation » est particulièrement marquée dans l'ouest de l'Arctique canadien où on a constaté un accroissement du couvert arbustif dans la toundra forestière et la toundra adjacente. Les études basées sur les images satellitaires prises entre 1986 et 2005 le long de la limite forestière à l'ouest de la baie d'Hudson révèlent des tendances de croissance des arbustes, en particulier à l'ouest du delta du Mackenzie21. Dans le delta, la combinaison d'une élévation des températures et d'une augmentation de la dégradation du pergélisol crée de nouvelles conditions favorables au peuplement de grands arbustes à feuilles caduques comme l'aulne21.

À plusieurs endroits au Canada, les changements dans la toundra font l'objet de recherches et de suivi dans le cadre de l'International Tundra Experiment (ITEX). L'analyse de parcelles de végétation provenant des sites de l'ITEX autour de l'Arctique circumpolaire indique que, bien que les changements varient d'une région à l'autre, l'augmentation de la hauteur du couvert de végétation et du nombre d'arbustes est un phénomène commun22. Le programme de l'ITEX comprend également des expériences de réchauffement passif réalisées à l'aide de petites serres à toit ouvrant (voir la photo) qui font augmenter la température de l'air au sol de 1 à 3 °C. L'analyse des 11 expériences de réchauffement de l'ITEX de part et d'autre de l'Arctique indique que les futures tendances de la toundra comprendront probablement des élévations de la hauteur du couvert, des changements de la composition et de l'abondance des espèces et une diminution de la diversité des espèces23.

Augmentations des arbustes à feuilles persistantes et des mousses sempervirentes, Île d'Ellesmere, Nunavut

Indice de la masse de différentes catégories de végétation, de 1995 à 2007
Carte et graph : Augmentations des arbustes à feuilles persistantes et des mousses sempervirentes, île d'Ellesmere, Nunavut. Cliquez pour obtenir une description du graphique.  Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source : Adapté de Hudson et Henry, 2009222.

La toundra du Haut-Arctique au site de l'ITEX sur l'île d'Ellesmere est devenue plus productive, comme en témoigne l'augmentation de 50 % de sa biomasse en 13 ans. Ce changement est principalement dû à une augmentation de la croissance des arbustes à feuillage persistant et de la mousse sempervirente. En raison de l'augmentation de la taille des arbustes, la hauteur moyenne du couvert a augmenté et a été multipliée par deux (de 17 à 34 cm) entre 2000 et 2007. La diversité des espèces n'a pas changé22.