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Rapport technique thématique no. 12. - Tendances relatives aux oiseaux terrestres au Canada de 1968 à 2006

Canada

Les résultats des relevés du BBS pour le Canada effectués de 1968 à 2006 révèlent un déclin significatif chez certains assemblages d’oiseaux correspondant à quatre des cinq types d’habitats (Tableau 2). Les assemblages des oiseaux forestiers sont demeurés plutôt stables, bien qu’un léger déclin ait pu être noté progressivement au cours des dernières années. À l’échelle régionale, on note divers degrés de déclin pour cet assemblage dans les trois écozones+ de l’Ouest (l’écozone+ maritime du Pacifique, l’écozone+ du bassin intérieur de l’Ouest et l’écozone+ de la Cordillère montagnarde, pour laquelle un déclin plus faible, non significatif est noté). On note également un déclin non significatif dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique et dans les autres écozones+, les populations sont demeurées stables ou ont augmenté. À l’échelle du Canada, les populations d’oiseaux des milieux arbustifs et de début de succession ont connu un déclin léger, mais statistiquement significatif, dont les tendances varient entre écozones+ (déclin significatif pour les écozones+ maritime de l’Atlantique, du Bouclier boréal, des plaines boréales et maritime du Pacifique; populations stables ou augmentant légèrement dans les autres écozones+). Le déclin le plus important a été enregistré pour les populations d’oiseaux de prairie et celle des autres milieux ouverts (une perte de plus de 40 % de la population depuis les années 70). Les oiseaux de prairie sont en déclin à l’échelle du Canada et dans toutes les écozones+ pour lesquelles il existe des données. Les oiseaux des autres milieux ouverts sont également en déclin partout au Canada, sauf dans les Prairies. Les oiseaux des milieux urbains et suburbains sont également en déclin à l’échelle du Canada et dans toutes les écozones+ pour lesquelles il existe des données.

Tableau 2. Tendances relatives à l’abondance des oiseaux terrestres au Canada, regroupés par habitat de nidification, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs. Le tableau qui suis démontre l’indice d’abondance du BBS, par décenie, des années 1970 aux années 2000.Note de bas de page1
Assemblage d’espèces selon
l’habitat
Tendance
(%/an)
PAnnées
1970
(BBS)
Années
1980
(BBS)
Années
1990
(BBS)
Années
2000
(BBS)
Changement
Oiseaux forestiers-0,2 % 153,1158,5150,4138,3-10 %
Oiseaux des milieux arbustifs et
de début de succession
-0,5 %*121,1110,0110,2101,1-17 %
Oiseaux de prairie-1,9 %*81,871,757,045,7-44 %
Oiseaux des autres milieux ouverts-1,4 %*79,079,665,845,7-42 %
Oiseaux des milieux urbains et
suburbains
-0,9 %*135,9126,8110,3105,6-22 %

Notes de bas de page - Tableau 2

Note 1

Dans ce tableau: P est le degré de signification statistique; * indique P < 0,05; n indique 0,05 < P < 0,1; une case vide indique une valeur non significative; La colonne « Changement » donne le pourcentage de changement de l’indice d’abondance moyen entre la première décennie pour laquelle des résultats ont été obtenus (les années 70) et les années 2000 (de 2000 et 2006).

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Assemblage des oiseaux forestiers

Près de la moitié des oiseaux terrestres du Canada est associée aux forêts, notamment aux forêts de la vaste région boréale. La région boréale canadienne s’étend depuis le Yukon jusqu’à Terre-Neuve et englobe plusieurs écozones+ : le Bouclier boréal, la forêt boréale de Terre-Neuve, les plaines boréales, la Cordillère boréale, la taïga des plaines, la taïga de la Cordillère, la taïga du Bouclier et les plaines hudsoniennes.

Le Tableau 3 donne la tendance démographique de certaines espèces d’oiseaux forestiers pour lesquelles il existe des données relativement précises (habituellement, erreur-type < 2 % par année). En raison du manque de parcours d’observation dans le cadre du BBS dans la plupart des régions du nord, les résultats sont biaisés et correspondent aux forêts du sud, à l’intérieur même des écozones+ et aussi entre celles-ci. Par exemple, les tendances des trois écozones+ de la taïga et de l’écozone+ des plaines hudsoniennes sont fortement sous-représentées. L’écozone+ boréale de Terre-Neuve est également moins représentée que d’autres, bien qu’il y ait dans la province plusieurs parcours du BBS.

Tableau 3. Tendances relatives à l’abondance des oiseaux forestiers au Canada, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs. Le tableau qui suis démontre l’indice d’abondance du BBS, par décenie, des années 1970 aux années 2000.Note de bas de page1
Oiseaux forestiersTendance
de la
population
(%/an)
PAnnées
1970
Années
1980
Années
1990
Années
2000
Changement
Pioui de l’Est-4,6 %*1,090,890,480,29-73 %
Paruline du Canada-4,4 %*1,080,810,470,30-72 %
Grive des bois-4,2 %*1,110,630,420,30-73 %
Moucherolle à côtés olive-3,9 %*1,511,260,790,48-68 %
Gros-bec errant-3,6 %*3,633,872,710,91-75 %
Paruline à poitrine baie-3,3 %*0,620,700,330,21-67 %
Mésange à tête brune-3,2 %*0,580,480,310,29-51 %
Roselin pourpré-3,1 %*2,111,761,000,98-54 %
Grive fauve-2,4 %*7,166,484,293,37-53 %
Tarin des pins-2,3 %*6,989,146,813,18-54 %
Cardinal à poitrine rose-2,2 %*3,063,051,681,47-52 %
Junco ardoisé-1,5 %*10,4410,698,226,47-38 %
Tyran huppé-1,2 %n0,941,120,890,62-34 %
Paruline tigrée-0,8 % 0,380,600,350,26-33 %
Paruline couronnée-0,7 %*8,238,627,156,48-21 %
Moucherolle tchébec-0,6 %n6,686,536,364,92-26 %
Paruline flamboyante-0,6 % 5,535,714,864,58-17 %
Paruline à gorge noire-0,6 % 1,351,311,281,21-10 %
Grive à dos olive-0,5 % 16,2017,0714,2314,22-12 %
Paruline obscure-0,4 % 3,595,903,153,55-1 %
Moucherolle à ventre jaune-0,4 % 1,121,320,880,95-15 %
Roitelet à couronne rubis-0,3 % 6,575,765,925,96-9 %
Paruline à collier-0,3 % 0,790,880,720,75-6 %
Mésangeai du Canada-0,2 % 1,641,661,611,39-15 %
Paruline noir et blanc-0,1 % 1,662,071,731,50-9 %
Paruline des ruisseaux-0,1 % 2,332,922,332,19-6 %
Paruline à gorge orangée0,0 % 0,700,860,770,59-16 %
Paruline à tête cendrée0,4 % 3,794,214,104,5520 %
Viréo aux yeux rouges0,7 %*14,1115,6015,6016,3216 %
Troglodyte mignon0,7 % 2,832,543,453,4120 %
Grive solitaire0,8 %n5,055,215,535,6311 %
Paruline à croupion jaune1,0 %*6,378,748,457,9825 %
Pic mineur1,2 %*0,390,630,570,5130 %
Sittelle à poitrine blanche1,4 %n0,160,170,200,2659 %
Mésange à tête noire1,6 %*3,274,114,274,8147 %
Pic chevelu2,0 %*0,510,630,700,7853 %
Viréo de Philadelphie2,4 %n0,270,310,490,4668 %
Sittelle à poitrine rousse2,6 %*1,161,722,432,42109 %
Viréo mélodieux2,8 %*3,215,156,426,3497 %
Viréo à tête bleue3,6 %*0,540,700,981,26134 %
Grand Pic6,5 %*0,140,440,460,68> 200 %

La liste des espèces est classée de la pire à la meilleure tendance.

Notes de bas de page - Tableau 3

Note 1

Dans ce tableau: P est le degré de signification statistique; * indique P < 0,05; n indique 0,05 < P < 0,1; une case vide indique une valeur non significative; La colonne « Changement » donne le pourcentage de changement de l’indice d’abondance moyen entre la première décennie pour laquelle des résultats ont été obtenus (les années 70) et les années 2000 (de 2000 et 2006).

Retour à la référence 1du tableau 3

Dans l’ensemble, l’assemblage des oiseaux forestiers au Canada est plutôt stable (Figure 1) tout comme aux États-Unis (North American Bird Conservation Initiative, U.S. Committee (NABCI-US), 2009), mais il existe un mélange de tendances positives, négatives et stables pour chaque espèces, y compris pour certaines espèces qui, en raison de leur déclin prolongé, ont été évaluées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), par exemple la Paruline du Canada et le Moucherolle à côtés olive (COSEPAC, 2007a), ou inscrites sur la liste de priorité pour la conservation en Amérique du Nord, par exemple la Grive des bois et la Paruline à poitrine baie (Rich et al., 2004). Les oiseaux forestiers regroupent de nombreuses espèces dont les besoins en matière d’habitat, les habitudes alimentaires ainsi que les tendances de migration diffèrent l’une de l’autre. Il n’est donc pas étonnant que les tendances démographiques varient entre espèces. Par exemple, dans les trois écozones+ boréales les oiseaux forestiers montrent globalement des tendances positives et stables à long terme, bien que certaines espèces affichent des déclins alarmants.

Figure 1. Évolution de l’indice d’abondance annuel des populations canadiennes d’oiseaux forestiers, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs.

graphique

Description longue pour la figure 1

Ce graphique linéaire montre l'évolution de l'indice d'abondance annuel des populations canadiennes d'oiseaux forestiers, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs pour la période de 1968 à 2006. L'indice d'abondance montre peu de changement global, avec une variation entre 115 et 165 au cours de la période.

 

Environ 60 % des espèces d’oiseaux terrestres particulières du Canada nichent dans la forêt boréale (Blancher, 2003), et un grand nombre d’entre elles possèdent la majorité de leur population reproductrice mondiale concentrée dans cette région. Le Canada a une grande responsabilité en matière d’intendance des espèces boréales, et il faut surveiller étroitement l’évolution des populations d’oiseaux. La forêt boréale abrite des espèces résidentes à l’année, comme la Mésange à tête brune, le Mésangeai du Canada et plusieurs pics et strigidés, mais elle est surtout fréquentée par des espèces migratrices, notamment des parulines, des bruants et des moucherolles. La présence de facteurs dans les aires d’hivernage et durant la migration ainsi que dans les aires boréales de reproduction influence ces espèces migratrices. Par exemple, le Quiscale rouilleux est une espèce qui niche dans la forêt boréale et qui migre dans le sud des États-Unis pour hiverner. Selon le Recensement des oiseaux de Noël et le BBS (Niven et al., 2004), l’espèce accuse un déclin significatif depuis les quarante dernières années, si bien qu’il a été évalué comme espèce préoccupante au Canada par le COSEPAC (2006b). Comme 70 % de son aire de nidification se trouve au Canada, il incombe en grande partie au Canada de veiller à la survie de l’espèce. Les résultats obtenus pour un certain nombre d’autres espèces sont présentés dans les rapports sur les écozones+ plus loin.

Les oiseaux forestiers connaissent des déclins plus ou moins marqués dans les trois écozones+ de l’Ouest. Dans les Prairies, leurs populations augmentent, et on peut penser qu’ils ont bénéficié d’une augmentation de la superficie arborée associée à l’établissement de populations humaines. Dans l’écozone+ des plaines à forêts mixtes, les populations d’oiseaux forestiers semblent avoir augmenté globalement en réponse à l’augmentation de la couverture forestière résultant de l’abandon des terres agricoles peu fertiles.

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Assemblage des oiseaux des milieux arbustifs et de début de succession

Les relevés du BBS ne s’étendent pas aux oiseaux qui nichent dans les milieux arbustifs de la taïga, et pour certaines espèces, notamment la Paruline à calotte noire, la Paruline verdâtre, le Bruant fauve et le Bruant de Lincoln, les résultats des relevés présentés dans le présent rapport ne s’appliquent qu’à la partie sud de leur aire de répartition nordique.

L’indice d’abondance pour l’ensemble des espèces des milieux arbustifs et de début de succession accuse une légère baisse (Figure 2), en grande partie à cause d’un déclin noté chez plusieurs espèces relativement abondantes de bruants, dont le Bruant chanteur et le Bruant à gorge blanche (Tableau 4). Les tendances pour l’assemblage de ces espèces varient entre écozones+; on enregistre des déclins significatifs dans les écozones+ maritime de l’Atlantique, des plaines boréales et du Bouclier boréal, un déclin non significatif dans l’écozone+ maritime du Pacifique, et une tendance stable ou à la hausse dans les autres écozones+. Pour de nombreuses espèces, les résultats varient entre régions. Ainsi, depuis les années 70, le Moqueur roux a perdu 60 % de sa population au Canada; il est en déclin dans les écozones+ des Prairies, des plaines à forêts mixtes et des plaines boréales ainsi que dans le sud de l’écozone+ du Bouclier boréal, mais il semble stable dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique. Les résultats obtenus pour un certain nombre d’autres espèces sont présentés dans les rapports sur les écozones+ plus loin.

Figure 2. Évolution de l’indice d’abondance annuel des populations canadiennes d’oiseaux des milieux arbustifs et de début de succession, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs.

graphique

Description longue pour la figure 2

Ce graphique linéaire décrit l'évolution de l'indice d'abondance annuel des populations canadiennes d'oiseaux des milieux arbustifs et de début de succession, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs pour la période de 1968 à 2006. L'indice d'abondance révèle un léger déclin au cours de la période, passant d'environ 120 à 100.

 

Tableau 4. Tendances relatives à l’abondance des oiseaux des milieux arbustifs et de début de succession au Canada, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs. Le tableau qui suis démontre l’indice d’abondance du BBS, par décenie, des années 1970 aux années 2000.Note de bas de page1
Oiseaux des milieux
arbustifs et de début de
succession
Tendance de la
population
(%/an)
PAnnées
1970
Années
1980
Années
1990
Années
2000
Changement
Paruline à calotte noire-2,9 %*1,781,651,070,81-54 %
Moqueur roux-2,8 %*1,240,810,650,49-60 %
Paruline triste-2,3 %*3,813,892,251,99-48 %
Moqueur chat-1,8 %*1,871,521,061,15-39 %
Paruline à flancs marron-1,7 %*5,504,233,303,25-41 %
Bruant chanteur-1,3 %*19,8815,2714,7413,67-31 %
Bruant à gorge blanche-1,0 %*22,0317,4817,1617,22-22 %
Bruant des plaines-0,1 % 11,3810,6811,029,40-17 %
Bruant à couronne blanche1,0 % 1,321,231,571,31-1 %
Moucherolle des saules2,1 %n0,750,970,720,74-1 %
Paruline des buissons2,5 %*1,382,152,081,9239 %
Bruant de Lincoln3,0 %*1,873,614,033,3278 %
Bruant fauve3,1 %*0,711,811,471,3591 %
Paruline verdâtre3,9 %*1,442,092,832,5979 %
Tohi tacheté3,9 %*0,490,700,870,6942 %

La liste des espèces est classée de la pire à la meilleure tendance.

Notes de bas de page - Tableau 4

Note 1

Dans ce tableau: P est le degré de signification statistique; * indique P < 0,05; n indique 0,05 < P < 0,1; une case vide indique une valeur non significative; La colonne « Changement » donne le pourcentage de changement de l’indice d’abondance moyen entre la première décennie pour laquelle des résultats ont été obtenus (les années 70) et les années 2000 (de 2000 et 2006).

Retour à la référence 1du tableau 4

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Assemblage des oiseaux de prairie

Les résultats des relevés du BBS montrent que les populations d’oiseaux de prairie sont en déclin partout en Amérique du Nord (Sauer et al., 2008; North American Bird Conservation Initiative, U.S. Committee (NABCI-US), 2009). Les déclins sont marqués, constants et généralisés sur le plan géographique. Au Canada, l’assemblage des oiseaux de prairie reflète ce déclin constant et à long terme depuis une quarantaine d’années (Figure 3, Tableau 5). On observe un déclin important et statistiquement significatif dans toutes les écozones+ pour lesquelles une tendance a été notée.

Figure 3. Évolution de l’indice d’abondance annuel des populations canadiennes d’oiseaux de prairie, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs.

graphique

Description longue pour la figure 3

Ce graphique linéaire montre l'évolution de l'indice d'abondance annuel des populations canadiennes d'oiseaux de prairie, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs pour la période de 1968 à 2006. L'indice d'abondance montre de fortes baisses constantes au cours des quarante dernières années, variant de 89 à 43.

 

Tableau 5. Tendances relatives à l’abondance des oiseaux de prairie au Canada, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs. Le tableau qui suis démontre l’indice d’abondance du BBS, par décenie, des années 1970 aux années 2000.Note de bas de page1
Oiseaux de prairieTendance de
la population
(%/an)
PAnnées
1970
(BBS)
Années
1980
(BBS)
Années
1990
(BBS)
Années
2000
(BBS)
Changement
Bruant sauterelle-5,3 %*0,310,300,120,07-78 %
Goglu des prés-5,2 %*12,5010,784,492,55-80 %
Hibou des marais-5,1 %n0,660,140,130,12-82 %
Sturnelle des prés-5,1 %*3,221,901,250,73-77 %
Alouette hausse-col-4,5 %*20,1816,069,625,42-73 %
Bruant à ventre noir-4,2 %*3,682,511,670,49-87 %
Pipit de Sprague-3,0 %n1,411,020,450,43-70 %
Tétras à queue fine-2,3 % 0,250,300,150,13-47 %
Busard Saint-Martin-1,9 %*0,550,550,430,29-48 %
Sturnelle de l’Ouest-1,6 %*15,0112,299,888,88-41 %
Bruant de Baird-1,1 % 0,740,550,620,26-65 %
Bruant des prés-0,8 %*19,4616,6217,2314,52-25 %
Bruant vespéral-0,6 % 8,207,897,586,87-16 %
Troglodyte à bec court1,4 % 0,350,310,470,4527 %
Bruant de Le Conte2,8 % 0,670,601,030,717 %

La liste des espèces est classée de la pire à la meilleure tendance.

Notes de bas de page - Tableau 5

Note 1

Dans ce tableau: P est le degré de signification statistique; * indique P < 0,05; n indique 0,05 < P < 0,1; une case vide indique une valeur non significative; La colonne « Changement » donne le pourcentage de changement de l’indice d’abondance moyen entre la première décennie pour laquelle des résultats ont été obtenus (les années 70) et les années 2000 (de 2000 et 2006).

Retour à la référence 1du tableau 5

Les relevés du BBS ont commencé après la disparition massive des prairies indigènes, durant la première moitié du 20e siècle, de sorte que les effets de cette disparition sur les populations d’oiseaux de prairie n’ont pas été mesurés. Cependant, les prairies ont continué de disparaître depuis les premiers relevés du BBS, et leur disparition explique en partie les déclins enregistrés chez les populations d’oiseaux de prairie (perte de population de 35 % depuis les années 70). La disparition de l’habitat des oiseaux de prairie dans les écozones+ maritime de l’Atlantique et des plaines à forêts mixtes est plus récente. Avant l’établissement des populations humaines, ces terres étaient en grande partie boisées. Leur défrichement par les premiers colons a créé de vastes superficies de milieu propice aux oiseaux de prairie, mais ceux-ci ont perdu une partie de cet habitat lorsque les fermes abandonnées ont été regagnées par les stades successifs de végétation spontanée. Cette période où il y a eu perte d’habitat suivie d’un déclin rapide des populations est reflétée dans les relevés du BBS pour ces deux écozones+ (perte de 60 % des populations d’oiseaux depuis les années 70).

Les populations de la plupart des espèces d’oiseaux de prairie sont aussi en déclin au Canada, ce qui correspond au déclin général de cet assemblage. Certaines espèces ont perdu plus de 50 % de leur population au Canada depuis les années 70 (le Goglu des prés, la Sturnelle des prés, le Pipit de Sprague, le Bruant à ventre noir et d’autres; voir le Tableau 5). Les causes du déclin ne sont pas les mêmes pour toutes les espèces et toutes les écozones+, mais on pense qu’une combinaison de facteurs est en jeu, notamment la reprise par la succession végétale des terres agricoles peu fertiles abandonnées et une intensification de l’exploitation des terres agricoles restantes, où nichent la majorité des espèces des prairies. Un grand nombre d’oiseaux de prairie migrent sur de courtes distances et vont hiverner aux États-Unis, où ils subissent également les effets d’une transformation de leur habitat. Le Goglu des prés, cependant, hiverne à 8 000 km ou plus au sud de l’équateur, en Amérique du Sud.

Certaines des espèces énumérées dans le Tableau 5 nichent dans les prairies ou les champs cultivés lorsqu’elles se trouvent dans la partie sud de leur aire de répartition, puis dans la toundra lorsqu’elles se trouvent dans la partie nord (par exemple le Hibou des marais, l’Alouette hausse-col et le Bruant des prés); les tendances démographiques de ces espèces ont été établies à partir des résultats des relevés du BBS effectués uniquement dans la partie sud de leur aire. Deux oiseaux de prairie qui préfèrent des habitats humides (le Troglodyte à bec court et le Bruant de Le Conte) affichent des tendances stables ou à la hausse; elles bénéficient peut-être des mesures de gestion des habitats mises en place pour la sauvagine.

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Assemblage des oiseaux des autres milieux ouverts

Tout comme les oiseaux de prairie, les espèces des autres milieux ouverts (Figure 4) connaissent un déclin qui est possiblement dû à la perte d’habitat ou à la dégradation de la qualité de celui-ci découlant des changements d’utilisation des terres et des pratiques agricoles. Cependant, le déclin semble plus récent chez ces dernières (il aurait commencé vers le milieu des années 80) que chez les oiseaux de prairie, peut-être parce qu’elles tolèrent mieux la végétation des stades plus avancés de la succession. L’écozone+ des Prairies est la seule où les populations d’oiseaux des milieux ouverts ou agricoles autres que les prairies sont stables plutôt qu’en déclin. Certaines espèces présentes dans l’écozone+ des Prairies profitent peut-être des changements apportés au milieu par la présence humaine, par exemple une plus grande abondance d’arbres ou la présence de nichoirs artificiels.

Figure 4. Évolution de l’indice d’abondance annuel des populations canadiennes d’oiseaux des autres milieux ouverts, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs.

graphique

Description longue pour la figure 4

Ce graphique linéaire montre l'évolution de l'indice d'abondance annuel des populations canadiennes d'oiseaux des autres milieux ouverts, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs pour la période de 1968 à 2006. L'indice d'abondance montre un déclin au cours de la période, passant de 88 à 40.

 

Cet assemblage comprend plusieurs espèces insectivores se nourrissant en vol (les hirondelles, les engoulevents) qui sont en déclin partout au Canada. Des huit espèces d’hirondelles présentes au Canada, l’Hirondelle à face blanche, qu’on rencontre uniquement dans l’ouest du pays (Colombie-Britannique, Alberta et Yukon), est la seule dont l’effectif augmente (Tableau 6). À l’échelle du Canada, l’Hirondelle bicolore est en déclin, mais les populations des écozones+ des plaines à forêts mixtes et des Prairies se maintiennent, peut-être grâce aux programmes d’installation de nichoirs artificiels. D’autres espèces des milieux ouverts ne se portent guère mieux. Par exemple, la Pie-grièche migratrice a été évaluée comme étant une espèce en voie de disparition en 2000 dans la partie est de son aire de répartition, où les populations du Québec et du Nouveau-Brunswick ont disparu et où il ne reste plus que quelques couples reproducteurs en Ontario. La sous-espèce de Pie-grièche présente dans les Prairies a connu un meilleur sort, mais elle est également en déclin et a été évaluée comme espèce menacée en 2004 (COSEPAC, 2004). La Crécerelle d’Amérique fait l’objet d’un sérieux déclin à l’échelle nationale et dans la plupart des écozones+ dans lesquelles elle se reproduit au Canada.

Tableau 6. Tendances relatives à l’abondance des oiseaux des autres milieux ouverts au Canada, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs. Le tableau qui suis démontre l’indice d’abondance du BBS, par décenie, des années 1970 aux années 2000.Note de bas de page1
Oiseaux des autres
milieux ouverts
Tendance de
la population
(%/an)
PAnnées
1970
Années
1980
Années
1990
Années
2000
Changement
Pie-grièche migratrice-6,5 %*0,450,070,080,05-89 %
Hirondelle de rivage-4,6 %*7,747,563,491,93-75 %
Engoulevent d’Amérique-4,3 %*0,470,450,270,10-78 %
Hirondelle rustique-3,2 %*16,6815,589,895,56-67 %
Vacher à tête brune-2,5 %*14,2511,948,936,46-55 %
Tyran tritri-2,0 %*3,623,552,701,80-50 %
Crécerelle d’Amérique-1,7 %*0,821,040,750,45-45 %
Oriole de Baltimore-1,4 %*2,162,541,941,18-45 %
Hirondelle bicolore-0,9 %*8,599,128,115,87-32 %
Quiscale de Brewer0,0 % 9,939,609,077,62-23 %
Buse de Swainson0,1 % 0,470,540,460,33-30 %
Tyran de l’Ouest1,7 %n0,530,800,940,7338 %
Merlebleu azuré2,2 % 0,420,410,660,4916 %
Hirondelle à face blanche2,4 % 0,751,071,591,0235 %
Buse à queue rousse3,0 %*0,540,881,281,19121 %

La liste des espèces est classée de la pire à la meilleure tendance.

Notes de bas de page - Tableau 6

Note 1

Dans ce tableau: P est le degré de signification statistique; * indique P < 0,05; n indique 0,05 < P < 0,1; une case vide indique une valeur non significative; La colonne « Changement » donne le pourcentage de changement de l’indice d’abondance moyen entre la première décennie pour laquelle des résultats ont été obtenus (les années 70) et les années 2000 (de 2000 et 2006).

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Assemblage des oiseaux des milieux urbains et suburbains

On s’attendrait à ce que l’extension des zones urbaines et suburbaines à laquelle on assiste partout au Canada s’accompagne d’une augmentation des populations d’oiseaux tolérants aux paysages aménagés, mais l’assemblage des oiseaux urbains et suburbains connaît un déclin à l’échelle du pays (Figure 5) et dans toutes les écozones+ pour lesquelles il existe des résultats. Dans l’ensemble, ces espèces ont connu depuis les années 70 une baisse d’effectif se situant à 22 % pour l’ensemble du Canada et variant entre 18 % et 38 % pour les écozones+ où des relevés du BBS ont été effectués (Tableau 2).

Figure 5. Évolution de l’indice d’abondance annuel des populations canadiennes d’oiseaux des milieux urbains et suburbains, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs.

graphique

Description longue pour la figure 5

Ce graphique linéaire décrit l'évolution de l'indice d'abondance annuel des populations canadiennes d'oiseaux des milieux urbains et suburbains, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs pour la période de 1968 à 2006. L'indice d'abondance montre une tendance constante de déclin d'environ 150 à 100 au cours de la période.

 

L’Étourneau sansonnet et le Moineau domestique sont abondants mais ont néanmoins connu un déclin important dans les dernières décennies, tandis que la population du Pigeon biset est demeurée relativement stable (Tableau 7 ). Les déclins observés chez le Moineau domestique (dans toutes les écozones+ pour lesquelles il existe des données de relevés du BBS, sauf la forêt pluviale du nord de la côte du Pacifique) et l’Étourneau sansonnet (dans toutes les écozones+) correspondent à ceux enregistrés en Europe (Pan-European Common Bird Monitoring Scheme, 2007). Cette tendance est à l’opposé de celle qu’on observe chez de nombreuses espèces animales ou végétales exotiques, qui deviennent de plus en plus nuisibles pour les écosystèmes du Canada (par exemple les moules introduites dans les Grands Lacs, l’agrile du frêne et autres insectes et plantes exotiques) (Environnement Canada, 2009).

Tableau 7. Tendances relatives à l’abondance des oiseaux des milieux urbains et suburbains au Canada, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs. Le tableau qui suis démontre l’indice d’abondance du BBS, par décenie, des années 1970 aux années 2000.Note de bas de page1
Oiseaux des milieux
urbains et suburbains
Tendance de
la population
(%/an)
PAnnées
1970
(BBS)
Années
1980
(BBS)
Années
1990
(BBS)
Années
2000
(BBS)
Changement
Martinet ramoneur-8,3 %*0,870,350,130,08-90 %
Moineau domestique (I)-3,3 %*27,8622,1812,3311,24-60 %
Étourneau sansonnet (I)-3,1 %*48,3336,8724,4218,73-61 %
Quiscale bronzé-2,0 %*13,719,838,558,03-41 %
Hirondelle noire-1,3 % 0,700,710,730,42-40 %
Moqueur polyglotte-0,8 % 0,020,020,020,01-69 %
Bruant familier-0,6 %n12,7712,4811,6710,29-19 %
Geai bleu-0,2 % 2,142,222,142,3610 %
Merle d’Amérique0,4 %*32,4035,6437,3835,289 %
Pigeon biset (I)0,8 % 3,905,525,114,5216 %
Tourterelle triste1,7 %*4,085,525,895,8243 %
Roselin familier13,4 %n0,100,370,990,88> 200 %

La liste des espèces est classée de la pire à la meilleure tendance.

Notes de bas de page - Tableau 7

Note 1

Dans ce tableau: P est le degré de signification statistique; * indique P < 0,05; n indique 0,05 < P < 0,1; une case vide indique une valeur non significative;I = Espèces non indigènes introduites; La colonne « Changement » donne le pourcentage de changement de l’indice d’abondance moyen entre la première décennie pour laquelle des résultats ont été obtenus (les années 70) et les années 2000 (de 2000 et 2006).

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Chez les espèces migrant sur de longues distances, comme le Martinet ramoneur et l’Hirondelle noire, certains facteurs liés aux aires d’hivernage et à la migration agissent également sur les populations. Le Martinet ramoneur a subi un déclin important dans toutes les régions du Canada. Dans l’ensemble, il a perdu 90 % de sa population (Tableau 7), si bien qu’il a été désigné espèce menacée au Canada (COSEPAC, 2007a). Plusieurs autres espèces d’oiseaux insectivores qui se nourrissent en vol, comme le Martinet ramoneur, sont en déclin (Blancher et al., 2009; Nebel et al., 2010). En revanche, la population du Roselin familier a augmenté de façon spectaculaire dans l’est du pays, où l’espèce est apparue dans les années 70 après avoir été introduite dans des villes de l’est des États-Unis. À long terme, l’effectif de l’espèce a connu une forte augmentation partout au Canada.

Cependant, la population de l’est a diminué au cours des dix dernières années.
Il va sans dire qu’un grand nombre des espèces associées aux milieux urbains et suburbains se rencontrent également dans les milieux naturels. Dans certaines régions, en particulier dans les écozones+ nordiques, où une proportion relativement faible du paysage est modifiée par l’habitation humaine, les fluctuations, ou l’absence de fluctuation, des populations d’espèces comme le Bruant familier, le Merle d’Amérique et le Geai bleu sont davantage liées aux changements survenant dans les forêts, les milieux arbustifs et de début de succession qu’à ceux qui surviennent dans le paysage urbain ou suburbain.

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Assemblage des espèces selon les tendances de migration

Quelque 274 espèces d’oiseaux terrestres nichent régulièrement au Canada, et au moins 78 % d’entre elles sont migratrices (Blancher, 2002); elles passent l’été au Canada puis descendent passer l’hiver sous des climats plus cléments, aux États-Unis, au Mexique, dans les Antilles, en Amérique Centrale et en Amérique du Sud. Divers facteurs ont une incidence sur leurs populations durant leurs séjours dans leurs aires de nidification et d’hivernage et au cours de leurs migrations.

Les oiseaux migrateurs néotropicaux et les oiseaux migrateurs de courtes distances connaissent un important déclin à l’échelle du Canada (Tableau 8, Figure 6). Les oiseaux migrateurs de courtes distances, qui passent l’hiver dans le sud du Canada, aux États-Unis ou dans le nord du Mexique, sont en déclin continu depuis les années 70. Les populations d’oiseaux migrateurs néotropicaux semblent avoir augmenté au cours des années 70, puis diminué à partir de la fin des années 80 jusqu’à ce jour. Les populations des espèces résidentes (tétras, pics, mésanges, sittelles, corbeaux, cardinals, etc.) sont demeurées relativement stables à long terme.

Tableau 8. Tendances relatives à l’abondance des oiseaux terrestres au Canada, regroupés en fonction de leur tendance de migration, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs. Le tableau qui suis démontre l’indice d’abondance du BBS, par décenie, des années 1970 aux années 2000.Note de bas de page1
Tendance de migrationTendance
(%/an)
PAnnées
1970
(BBS)
Années
1980
(BBS)
Années
1990
(BBS)
Années
2000
(BBS)
Changement
Résidents-0,2 % 47,348,342,845,7-3 %
Migrateurs de courtes distances-0,8 %*383,9354,3323,8291,5-24 %
Migrateurs néotropicaux-0,5 %*238,6244,1221,0189,7-21 %

Notes de bas de page - Tableau 8

Note 1

Dans ce tableau: P est le degré de signification statistique; * indique P < 0,05; n indique 0,05 < P < 0,1; une case vide indique une valeur non significative; La colonne « Changement » donne le pourcentage de changement de l’indice d’abondance moyen entre la première décennie pour laquelle des résultats ont été obtenus (les années 70) et les années 2000 (de 2000 et 2006).

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Figure 6. Évolution de l’indice d’abondance annuel des populations canadiennes d’oiseaux terrestres regroupés en fonction de leur tendance de migration, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs.

graphique

graphique

graphique

Description longue pour la figure 6

Cette illustration présente trois graphiques linéaires qui montrent l'évolution de l'indice d'abondance annuel des populations canadiennes d'oiseaux terrestres regroupés en fonction de leur tendance de migration, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs pour la période de 1968 à 2006. Les graphiques sont décrits dans la série de points ci-dessous :

  1. Nicheurs résidents : L'indice d'abondance montre peu de changement global, variant entre 37 et 54 au cours de la période.
  2. Migrateurs néotropicaux : L'indice d'abondance indique un déclin au cours de la période; il atteint son maximum au milieu des années 1980 autour de 250 et baisse à 190 en 2006.
  3. Migrateurs de courtes distances : L'indice d'abondance indique un déclin au cours de la période, passant d'environ 400 au cours des années 1970 à 300 en 2006.

 

Il se produit une perte et une fragmentation préoccupantes des milieux forestiers dans les aires d’hivernage de nombreux migrateurs néotropicaux (Robbins et al., 1989; Terborgh, 1989). De plus, les infestations de tordeuse des bourgeons de l’épinette ont diminué au Canada au cours des dernières décennies, ce qui pourrait expliquer les déclins observés chez plusieurs migrateurs néotropicaux qui répondent fortement à l’abondance des tordeuses (Sleep et al., 2009). Un grand nombre d’espèces insectivores se nourrissant en vol, dont la plupart des hirondelles, des moucherolles et des engoulevents ainsi que le Martinet ramoneur, sont des migrateurs néotropicaux, et un grand nombre d’entre elles sont en déclin. On ignore toujours les causes de ce déclin, mais des changements dans les populations d’insectes aériens ont été suggérés comme facteurs communs possibles, ainsi que des changements dans le paysage, les substances toxiques et les changements climatiques (Blancher et al., 2009; Nebel et al., 2010).

Parmi les oiseaux qui migrent sur de courtes distances se trouvent de nombreuses espèces des prairies, qui accusent un déclin global. Sept des neuf espèces d’« oiseaux noirs » (Ictérinés) présentes au Canada sont des oiseaux migrateurs de courtes distances (à l’exclusion des orioles), et six d’entre elles ont connu un déclin significatif prolongé. Parmi les autres facteurs, il se peut qu’aux États-Unis des populations d’oiseaux noirs soient touchées par des programmes de contrôle d’oiseaux mis sur pied pour réduire les populations d’oiseaux qui endommagent les récoltes (Dolbeer et al., 1995; COSEPAC, 2006b). On observe également une fréquence élevée de déclins chez les bruants et les espèces apparentées, dont la majorité se compose d’oiseaux migrateurs de courtes distances.

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Assemblage des espèces selon le mode d’alimentation

Afin de dégager les tendances démographiques des oiseaux en fonction de leur mode d’alimentation, les espèces ont été regroupées selon leur régime alimentaire et selon le milieu où elles cherchent leur nourriture. Au Canada, les espèces herbivores et omnivores connaissent un déclin général (Tableau 9, Figure 7 ). Les populations des espèces insectivores sont demeurées passablement stables jusqu’à la fin des années 80, puis ils ont commencé à décliner, ce qui explique le léger déclin général pour cet assemblage. Les populations des espèces carnivores sont demeurées passablement stables et elles ont même tendance à augmenter. Les tendances démographiques varient également entre groupes exploitant les mêmes milieux de quête de nourriture. L’effectif des espèces se nourrissant en vol et celui des espèces se nourrissant au sol a diminué. Celui des espèces qui glanent leur nourriture sur la végétation est généralement stable mais accuse un déclin depuis plusieurs années. Les espèces se nourrissant sur le tronc ou l’écorce des arbres ont vu leurs nombres augmenter (Tableau 9, Figure 8).

Tableau 9. Tendances relatives à l’abondance des oiseaux terrestres au Canada, regroupés en fonction de leur stratégie d’alimentation, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs. Les deux tableaux qui suivent démontre l’indice d’abondance du BBS, par décenie, des années 1970 aux années 2000.

9.1 Stratégie d’alimentation - Selon le type de proieNote de bas de page1
Type de proieTendance
(%/an)
PAnnées
1970
(BBS)
Années
1980
(BBS)
Années
1990
(BBS)
Années
2000
(BBS)
Changement
Carnivores/piscivores0,4 % 3,33,63,83,711 %
Insectivores-0,3 %*228,0234,4223,2196,5-14 %
Herbivores/frugivores-1,6 %*32,129,320,720,9-35 %
Omnivores-0,9 %*407,7380,5339,5304,1-25 %
        
9.2 Stratégie d’alimentation - Selon le milieu d’alimentation
Milieu d’alimentationTendance
(%/an)
PAnnées
1970
(BBS)
Années
1980
(BBS)
Années
1990
(BBS)
Années
2000
(BBS)
Changement
Dans les airs-1,1 %*81,386,774,653,2-35 %
Sur la végétation0,0 % 174,0177,5177,2164,0-6 %
Sur le tronc ou l’écorce des arbres0,8 %n7,07,68,68,623 %
Au sol-1,0 %*403,1370,1321,3296,0-27 %

Notes de bas de page - Tableau 9

Note 1

Dans ce tableau: P est le degré de signification statistique; * indique P < 0,05; n indique 0,05 < P < 0,1; une case vide indique une valeur non significative; La colonne « Changement » donne le pourcentage de changement de l’indice d’abondance moyen entre la première décennie pour laquelle des résultats ont été obtenus (les années 70) et les années 2000 (de 2000 et 2006).

Retour à la référence 1du tableau 9

Figure 7. Évolution de l’indice d’abondance annuel des populations canadiennes d’oiseaux terrestres regroupés en fonction du type de proie, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs.

graphique

graphique

graphique

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Description longue pour la figure 7

Cette illustration présente quatre graphiques linéaires qui montrent l'évolution de l'indice d'abondance annuel des populations canadiennes d'oiseaux terrestres regroupés en fonction du type de proie, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs pour la période de 1968 à 2006.

  1. Carnivores et piscivores: L'indice d'abondance montre peu plus de tous les changements. Il ya une plus grande variance avant 1985, avec des fluctuations entre 2,7 et 4,2. De 1986 l'indice varie entre 3,4 et 4,2 pour les vingt prochaines années.
  2. Insectivores: L'indice d'abondance sont restés relativement stables (environ 230) jusqu'à la fin des années 1980 quand ils ont commencé à baisser, à moins de 190 en 2005.
  3. Herbivores: L'indice d'abondance montre un déclin global pour la période, avec un sommet d'autour de 35 au milieu des années 1970. L'indice a baissé à un peu plus de 15 au milieu des années 1990, puis augmentant à environ 20 en 2006.
  4. Omnivores: L'indice d'abondance montre une baisse globale d'environ 420 à 300 au cours de la période.

 

Figure 8. Évolution de l’indice d’abondance annuel des populations canadiennes d’oiseaux terrestres regroupés en fonction du milieu d’alimentation, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs.

graphique

graphique

graphique

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Description longue pour la figure 8

Cette illustration présente quatre graphiques linéaires qui montrent l'évolution de l'indice d'abondance annuel des populations canadiennes d'oiseaux terrestres regroupés en fonction du milieu d'alimentation, selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs pour la période de 1968 à 2006. Les graphiques sont décrits dans les points suivants :

  1. Espèces se nourrissant en vol : L'indice d'abondance indique un déclin au cours de la période, atteignant un maximum d'environ 90 dans les années 1980 et diminuant à 50 en 2005.
  2. Espèces se nourrissant sur la végétation : L'indice d'abondance est stable dans l'ensemble, mais montre un déclin au cours des dernières années, passant d'un peu moins de 180 en 1999 à 160 en 2006.
  3. Espèces se nourrissant sur le tronc/l'écorce des arbres : L'indice d'abondance montre une augmentation de la population, d'un peu moins de 5 en 1968 à près de 9 en 2006.
  4. Espèces se nourrissant au sol : L'indice d'abondance indique un déclin au cours de la période; il atteint un maximum supérieur à 430 en 1976, et diminue pendant trente ans à environ 300.

 

Les espèces se nourrissant en vol sont pour la plupart insectivores (hirondelles, martinets, moucherolles et d’autres), mais certaines sont carnivores (la plupart des faucons, autours et éperviers). Dans l’ensemble, les insectivores se nourrissant en vol connaissent un déclin important (Blancher et al., 2009; Nebel et al., 2010), si bien que plusieurs d’entre eux ont été désignés comme étant des espèces menacées (le Martinet ramoneur, l’Engoulevent d’Amérique, le Moucherolle à côtés olive) (COSEPAC, 2007a). Parmi les insectivores, les déclins semblent plus importants et constants chez les espèces qui mangent leurs proies dans les airs en vol continu (engoulevents, hirondelles) que chez celles qui se mettent à la poursuite d’un insecte à la fois à partir de leur perchoir (principalement les moucherolles). Toutes les hirondelles sont en déclin au Canada, sauf l’Hirondelle à face blanche, qu’on ne trouve que dans l’Ouest du pays. Chez les moucherolles, certaines espèces sont en déclin, d’autres sont stables, d’autres encore voient leur population augmenter. Ainsi, le Pioui de l’Est n’a pas cessé de décliner, tandis que la population de son parent de l’Ouest, le Pioui de l’Ouest, est généralement stable bien qu’elle soit en déclin depuis la fin des années 80. Récemment, l’effectif du Tyran tritri a chuté, tandis que la population du Tyran de l’Ouest est demeurée stable ou a augmenté. Comme il a été dit précédemment, le Moucherolle à côtés olive a connu un déclin sévère, si bien qu’il a été désigné comme espèce menacée en 2007 (COSEPAC, 2007a). On connaît encore très mal les causes de ces déclins, mais plusieurs facteurs y ont probablement contribué, par exemple une diminution des populations des principales proies ou des milieux propices à la nidification (en particulier dans le cas du Martinet ramoneur et de l’Hirondelle rustique), des fluctuations climatiques ayant une incidence sur le moment où les ressources alimentaires sont disponibles, des tempêtes durant les migrations vers le sud (COSEPAC, 2007c) et une transformation de l’habitat, en particulier dans les paysages ouverts ou agricoles, où nichent un grand nombre des espèces de ce groupe (Blancher et al., 2009).

Le groupe des herbivores, frugivores ou granivores comprend plusieurs espèces nordiques et rares (lagopèdes, Jaseur boréal) pour lesquelles il existe peu de données provenant des relevés du BBS. La tendance démographique pour l’ensemble des oiseaux herbivores est fortement déterminée par le déclin important d’une espèce abondante, le Moineau domestique (-3,3 % par année). Parmi ce groupe, certaines espèces sont en déclin, d’autres voient leur effectif augmenter.

Le groupe des carnivores est dominé par les rapaces (les oiseaux de proie, les faucons, les aigles, les strigidés, etc.), dont la plupart se nourrissent au sol. Étant donné que les strigidés (hiboux, chouettes, effraies) sont des oiseaux nocturnes, le relevé du BBS ne constitue pas le meilleur moyen pour estimer les populations de ces espèces. La plupart des oiseaux de proie, sauf le Busard Saint-Martin et la Buse à épaulettes, ont un effectif stable ou en croissance, tendance qui concorde avec celle de l’ensemble du groupe des carnivores. De nombreux oiseaux de proie ont connu un regain depuis les années 60, probablement parce qu’on a cessé de les persécuter et d’utiliser des pesticides comme le DDT (voir par exemple Blancher et al., 2007).

Il est difficile de dégager la tendance démographique des omnivores, car ce groupe englobe de nombreuses espèces (par exemple les grives, les corneilles, les bruants, les « oiseaux noirs », les roselins, les pies-grièches) dont les stratégies alimentaires diffèrent, bien qu’environ les deux tiers d’entre elles se nourrissent au sol. Des six espèces d’« oiseaux noirs » comprises dans ce groupe (à l’exclusion des orioles), quatre accusent un déclin significatif prolongé. Ces espèces se nourrissent au sol et sont toutes, sauf le Goglu des prés et le Carouge à tête jaune, des oiseaux migrateurs de courtes distances.

La tendance démographique à long terme pour le groupe des espèces insectivores se nourrissant sur le tronc ou l’écorce des arbres est positive. Ce groupe est dominé par des espèces résidentes (plusieurs pics et sittelles), mais comprend également la Paruline des pins et la Paruline noir et blanc. Ces espèces résidentes se portent bien en groupe et elles exercent une influence sur la tendance du groupe.