Pour élaborer une approche écologique de la gestion des ressources, il nous faut mieux comprendre les écosystèmes et déterminer les effets de l'utilisation humaine des ressources sur la biodiversité. Pour être efficace, le programme de recherche doit être coordonné, et ses priorités, établies.
La recherche peut déboucher sur de nouvelles utilisations des ressources biologiques et la découverte de nouveaux incitatifs à la conservation. Elle peut aussi conduire à un accroissement de la diversification économique et des investissements.
Orientations stratégiques
Bon nombre de collectivités, de familles et de personnes sont dépositaires de connaissances traditionnelles utiles à la conservation de la biodiversité et à l'utilisation durable des ressources biologiques. Ces connaissances peuvent porter sur la récolte des ressources, la culture des plantes, l'utilisation d'herbes naturelles et d'autres substances à des fins médicinales et les changements qui se sont produits dans les caractéristiques biologiques et les paysages de leur région.
Les connaissances traditionnelles peuvent constituer une base très solide pour élaborer des programmes et des politiques de conservation et d'utilisation durable. Trop souvent, néanmoins, elles sont mal utilisées ou méconnues par les décideurs, les scientifiques ainsi que les planificateurs et les gestionnaires de ressources.
À l'occasion, les dépositaires des connaissances traditionnelles hésitent à transmettre celles-ci à des personnes qui ne font pas partie de leur collectivité. Ils peuvent craindre que l'information soit utilisée à mauvais escient ou sans leur permission.
Orientations stratégiques :
Des inventaires biologiques complets et fiables sont essentiels pour la conservation de la biodiversité et l'utilisation durable des ressources biologiques. Ils fournissent les assises pour :
Au Canada, on effectue de nombreux inventaires biologiques qui sont axés sur les paysages et les écosystèmes et qui servent à élaborer des politiques et des plans à grande échelle, à planifier l'utilisation régionale du territoire, à élaborer des plans d'aménagement des forêts et à définir des cadres pour choisir les zones protégées.
La plupart de nos arbres, plantes à fleurs, mammifères, oiseaux, poissons, reptiles et amphibiens sont relativement faciles à observer, et par conséquent, ils ont été découverts, nommés et classés. Au niveau des espèces, de nombreux organismes qui s'occupent des ressources disposent de riches inventaires, en particulier pour les espèces qui font l'objet de récoltes. Les organismes de la faune recensent régulièrement les espèces chassées, comme les canards, les oies et bernaches, les cerfs et les orignaux. Les organisations forestières inventorient les essences commerciales d'arbres. Des espèces pouvant nuire aux récoltes commerciales sont aussi recensées, pour que nous puissions prévoir les dommages, les prévenir ou les réduire. Cependant, nous avons de grands vides à combler dans nos connaissances des organismes qui sont plus difficiles à observer et à classifier comme les virus, les bactéries, les champignons, les protistes et les insectes. Les scientifiques estiment que seulement 50 % des espèces présentes au Canada ont été découvertes, nommées et classifiées.
On connaît très mal la diversité génétique de la flore et de la faune de la Terre. Même dans des établissements comme les banques de gènes, créées expressément pour conserver les ressources génétiques importantes sur le plan économique, la diversité de ces ressources a été très peu étudiée.
Les inventaires doivent être faits par des personnes hautement qualifiées et bien formées. Il y a actuellement pénurie de taxonomistes et de biosystématiciens spécialisés dans l'identification et la description des espèces. De plus, il est très difficile d'assurer la relève dans ces disciplines, choisies par très peu d'étudiants.
Il faut établir des priorités pour combler les lacunes dans nos données biologiques et biophysiques. Les inventaires des paysages terrestres et aquatiques serviront à établir les politiques et les plans d'utilisation du territoire et de gestion des ressources, tandis que des inventaires plus détaillés seront requis à l'appui d'une planification et d'un aménagement plus perfectionnés propres à des lieux précis. Les inventaires doivent être conçus en fonction d'objectifs déterminés.
Orientations stratégiques
4.
Améliorer les inventaires biophysiques aux niveaux des écosystèmes, des espèces et des gènes, soit :
5.
Donner la possibilité aux organismes gouvernementaux et aux particuliers de dresser des inventaires biologiques et biophysiques, soit :
Il existe maintenant des centres de données sur la conservation : au Québec, en Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan, en Colombie-Britannique.