Symbole du Gouvernement du Canada

Stratégie canadienne de la biodiversité

Collectivités autochtones

Pendant des milliers d'années, avant l'arrivée des Européens, les autochtones ont compté sur la terre et sur ses ressources naturelles pour combler leurs besoins matériels, sociaux, culturels et spirituels. Encore aujourd'hui, beaucoup vivent en relation étroite avec la terre et ses ressources. D'aucuns possèdent un vaste savoir qui pourrait contribuer largement à la conservation de la biodiversité et à l'utilisation durable de ses éléments.

Les droits ancestraux des autochtones du Canada et ceux qui leur ont été conférés par des traités ont été confirmés dans la Constitution canadienne et dans des jugements de la Cour suprême. Des ententes conclues entre les gouvernements et les autorités autochtones ont débouché sur des régimes de gestion coopérative des espèces sauvages. Les autochtones ont certains pouvoirs en ce qui concerne l'utilisation des terres qui leur sont conférées par des ententes et des terres des réserves, ainsi que la gestion des ressources qui s'y trouvent. Par des ententes de cogestion, les autochtones assument de plus en plus de responsabilités concernant les ressources biologiques.

En 1987, la Commission mondiale sur l'environnement et le développement soulignait dans son rapport l'importance de préserver les connaissances et les expériences traditionnelles des collectivités autochtones. Elle indiquait également que la disparition de ces connaissances et compétences en gestion durable d'écosystèmes complexes serait une perte pour la société. La Convention renforce la nécessité de respecter, préserver et maintenir les connaissances, les innovations et les pratiques des collectivités autochtones concernant la conservation de la biodiversité et l'utilisation durable de ses éléments.

Protection des pratiques traditionnelles

Article 10 - Chaque Partie contractante […] :

Protège et encourage l'usage coutumier des ressources biologiques conformément aux pratiques culturelles traditionnelles compatibles avec les impératifs de leur conservation ou de leur utilisation durable;

Convention sur la diversité biologique

La réponse autochtone à la Convention doit venir des communautés et être menée à un rythme qui leur convient. Pour cela, les collectivités devront créer des mécanismes locaux pour protéger, utiliser et régénérer leurs connaissances traditionnelles.

Orientations stratégiques

  1. Faire que les collectivités autochtones définissent une approche de la mise en oeuvre de la Convention qui reflète leurs valeurs, leur tissu social ainsi que leur économie et culture traditionnelles, soit :
    1. s'appuyer sur le processus actuel de réseautage (réunions, ateliers et autres consultations), lequel permet aux collectivités autochtones de déterminer de quelle façon elles contribueront à la mise en oeuvre de la Convention;
    2. mettre en évidence le rôle que jouent les connaissances et les modes de gestion autochtones dans la conservation de la biodiversité et l'utilisation durable de ses éléments et créer pour les collectivités autochtones des occasions de partager leur savoir sur la biodiversité et la gestion des ressources biologiques avec les collectivités non autochtones;
    3. diriger la création de régimes communautaires de protection des connaissances, innovations et pratiques autochtones traditionnelles ainsi que reconnaître leur valeur économique, scientifique, sociale et culturelle;

      Conseil de gestion des caribous Beverly-Qamanirjuaq

      Le Conseil de gestion des caribous Beverly-Qamanirjuaq a été établi en 1982 dans les Territoires du Nord-Ouest en vue de fournir un mécanisme pour tenir compte des connaissances et des valeurs des utilisateurs traditionnels de caribous dans la prise de décision. Le Conseil regroupe des représentants de huit communautés d'utilisateurs et de cinq instances gouvernementales. Le succès du Conseil constitue un exemple pratique de la capacité des structures de cogestion d'intégrer les connaissances spécialisées des utilisateurs traditionnels de ressource aux connaissances scientifiques des biologistes, afin d'assurer une gestion efficace, efficiente et équitable des ressources.

    4. établir des liens avec les organismes fédéraux, provinciaux et territoriaux qui sont chargés de la mise en oeuvre de la Convention;
    5. faciliter le maintien des traditions sociales et culturelles autochtones qui appuient la transmission, de génération en génération et d'une collectivité à une autre, des connaissances et des pratiques traditionnelles concernant l'utilisation des ressources biologiques.
  2. Encourager les collectivités autochtones à faire, de la mention des « connaissances, innovations et pratiques des communautés autochtones » dans la Convention, une analyse qui tienne compte des questions de droits de propriété intellectuelle et d'utilisation des ressources génétiques. Cette analyse devrait mettre l'accent sur les moyens d'appliquer les connaissances et les pratiques à la conservation de la biodiversité et examiner comment les innovations peuvent être protégées par des droits de propriété intellectuelle.
  3. Étudier des façons pour permettre aux groupes autochtones de partager leurs connaissances et leur expérience, et réaliser des programmes conjoints avec eux, ici comme à l'étranger.