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Stratégie canadienne de la biodiversité

Une vision pour le Canada

Les Canadiens ont le privilège de vivre dans un des plus grands et plus beaux pays du monde. Véritable mosaïque de paysages terrestres et aquatiques qui s'étendent de la toundra arctique à la prairie, en passant par les vieilles forêts des zones tempérées, la région des Grands Lacs, les innombrables cours d'eau, des plus majestueux aux plus petits, et les côtes rocheuses accidentées, le Canada permet la vie à une multitude d'organismes les plus divers. Ce privilège s'accompagne toutefois de la responsabilité de prendre soin de ce patrimoine au nom de la collectivité mondiale. En faisant preuve aujourd'hui de prudence et de sagesse, nous léguerons aux générations futures un monde bien équilibré, capable de soutenir et d'enrichir la vie.

Notre vision

Une société qui vit et évolue en harmonie avec la nature, qui apprécie la vie sous toutes ses formes, qui ne prend de la nature que ce qu'elle peut donner sans s'appauvrir et qui laisse aux générations futures un monde dynamique, nourricier, riche dans sa diversité biologique.

Principes directeurs

  • Outre sa valeur intrinsèque, la biodiversité a une valeur écologique, économique, sociale et culturelle.
  • Toutes les formes de vie, y compris les humains, sont ultimement reliées à toutes les autres formes de vie.
  • Tous les Canadiens sont tributaires de la biodiversité et ont la responsabilité de contribuer à sa conservation et à l'utilisation durable des ressources biologiques.
  • Tous les Canadiens devraient être encouragés à comprendre la biodiversité et à en apprécier la valeur, ainsi qu'à participer aux décisions touchant l'utilisation de l'air, de l'eau, des terres et des autres ressources.
  • Une approche écologique de la gestion des ressources est fondamentale à la conservation de la biodiversité et à l'utilisation durable de nos ressources biologiques.
  • Les décisions de développement doivent tenir compte des valeurs écologiques, économiques, sociales et culturelles.
  • Le maintien d'écosystèmes sains et en évolution, ainsi que la préservation des processus naturels sont nécessaires à la conservation in situ de la biodiversité et à l'utilisation durable des ressources biologiques.
  • Des mesures ex situ peuvent être nécessaires pour appuyer la conservation de certaines espèces et de certaines populations, et sont essentielles pour assurer l'utilisation durable d'un grand nombre de ressources agricoles, forestières et aquatiques.
  • Il faudrait respecter les connaissances, les innovations et les pratiques des collectivités autochtones et locales, de même que les utiliser et les préserver avec l'appui et la participation de ces collectivités.
  • La conservation de la biodiversité et l'utilisation durable des ressources biologiques devraient s'effectuer à l'aide des meilleures connaissances disponibles et d'approches capables d'évoluer avec l'acquisition de nouvelles connaissances.
  • La conservation de la biodiversité et l'utilisation durable des ressources biologiques exigent une coopération locale, régionale, provinciale, territoriale, nationale et mondiale, ainsi que le partage des connaissances, des coûts et des avantages.

Usage des termes clés

Pour aider le lecteur à mieux comprendre les orientations énoncées dans la Stratégie, voici quelques définitions, dont une liste plus complète est donnée dans le Glossaire (ci-après).

La Convention ne définit pas la conservation. Dans la Stratégie, l'expression conservation de la biodiversité s'entend d'une gestion de l'utilisation des ressources de la Terre par les humains qui se fait de manière à préserver la diversité des écosystèmes, des espèces et des gènes ainsi que les processus évolutifs et autres qui les ont façonnés. La conservation suppose l'option d'utiliser les ressources. Par la conservation de la biodiversité, on permet que se produisent les phénomènes écologiques naturels que sont par exemple l'extinction et la spéciation et on préserve les processus biologiques, chimiques et physiques, ainsi que les espèces et la diversité génétique naturelles qui résultent de ces phénomènes. L'évolution de la composition et de la structure des écosystèmes, la disparition d'espèces et les fluctuations de la diversité génétique d'une espèce quelconque sont des phénomènes naturels qui se produisent au fil du temps. La conservation n'a pas pour objet d'accroître la biodiversité au moyen de l'introduction d'organismes étrangers, mais nous oblige à éliminer ou à réduire les effets nuisibles que notre activité a sur elle.

Dans la Stratégie, utilisation durable s'entend de « l'utilisation des éléments constitutifs de la diversité biologique d'une manière et à un rythme qui n'entraînent pas leur déclin à long terme, sauvegardant ainsi leur capacité de satisfaire aux besoins et aux aspirations des générations présentes et futures ».

Dans la Convention, il est noté que « la conservation de la diversité biologique exige essentiellement la conservation in situ des écosystèmes et des habitats naturels ainsi que le maintien et la reconstitution de populations viables d'espèces dans leur milieu naturel ». La Stratégie met l'accent sur la conservation in situ afin de laisser les processus évolutifs et autres phénomènes écologiques se dérouler normalement. Cependant, la conservation in situ ne doit pas minimiser le rôle vital de la conservation ex situ. Le terme conservation ex situ est défini dans la Stratégie comme étant la conservation d'éléments de biodiversité hors de leur habitat naturel. Dans certaines circonstances, ce type de conservation offre la seule chance de survie pour certaines espèces en péril et a un rôle essentiel à jouer dans la conservation de ressources génétiques de grande importance économique, en particulier les ressources forestières, aquatiques et agricoles, et pour la recherche pharmaceutique.

La gestion écologique (qu'on appelle parfois gestion écosystémique ou approche écologique de la gestion) est essentielle à l'atteinte des objectifs de la Stratégie. Elle s'entend, dans la présente Stratégie, d'une gestion de l'activité humaine qui préserve, à une échelle temporelle et spatiale appropriée, les écosystèmes, leur composition, leur fonctionnement et les processus qui les ont façonnés. La gestion écologique exige une bonne connaissance des écosystèmes et des conséquences de l'activité humaine.