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Perturbations naturelles

PERTURBATIONS NATURELLES

Photo : Feu © iStock.com/cfarish
Feux de forêt

Incendies

Les incendies jouent un rôle essentiel au sein des écosystèmes et dans le cycle nutritif, car ils influencent la composition des espèces et la structure par âge, ils maintiennent la productivité et la diversité des habitats, et ils ont une incidence sur les insectes, les maladies et le cycle du carbone. En raison de l'influence écologique des incendies, les caractéristiques des incendies du passé ont façonné les forêts d'aujourd'hui. Les changements dans la dynamique des incendies influencent les caractéristiques des incendies (l'envergure, la fréquence, le cycle saisonnier, la gravité et le type) et peuvent entraîner des changements importants au sein des écosystèmes.

Superficie brûlée par des incendies de grande envergure (> 2 km2)
Carte et graph : Superficie brûlée par des incendies de grande envergure. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Sources : Adapté de Krezek-Hanes et al., 20102. Les données de 1959 à 1994 sont tirées d'une importante base de données sur les incendies de Stokes et al., 20031, et celles de 1995 à 2009 ont été obtenues auprès du Centre canadien de télédétection.

Les incendies de grande envergure (ceux qui s'étendent sur plus de 2 km2) représentent environ seulement 3 % de tous les incendies, mais sont à l'origine de 97 % de la superficie totale brûlée1. Plus de 90 % des incendies de grande envergure se produisent dans la forêt boréale2, où les conditions climatiques extrêmes favorables aux incendies sont fréquentes, et les mesures de suppression des incendies sont plus rares1, 3, 4. La fréquence des incendies varie d'une année et d'une région à l'autre. Elle est influencée par les conditions météorologiques, le climat, les matières combustibles, la topographie et les humains4-6. La superficie totale brûlée annuelle a varié entre 500 km2 et 75 000 km2 entre 1959 et 20092.

Depuis les années 1850, la fréquence et la superficie brûlée par les incendies de grande envergure connaissaient de façon manifeste un déclin à long terme, particulièrement dans l'est du Canada7-10, Or, dans les années 1960 à 1980-1990, la superficie brûlée annuellement était à la hausse. Cette augmentation a été attribuée à une utilisation accrue de la forêt par les humains, à une meilleure détection des incendies et à l'augmentation des températures au cours des 40 dernières années1, 3, 11, 12. Le déclin à court terme observé de 2000 à 2009 s'explique peut-être par d'autres facteurs climatiques, tels que les modes de circulation à grande échelle des eaux de l'océan du Pacifique Nord, qui ont commencé à se refroidir au milieu des années 19905, 8, 13, 14, L'activité des incendies est fortement liée à la température3, 6, 15 et cette activité augmente avec l'augmentation de la température.

Cycle saisonnier

La saison des incendies s'échelonne du mois d'avril à la mi-octobre2. Le temps de l'année durant lequel se produisent les incendies peut avoir une incidence sur la capacité de régénération des forêts et l'intensité16. Bien que les humains soient responsables d'environ 65 % des incendies (de petite ou grande envergure) au Canada, la plupart s'étendent sur moins de 2 km2. Ainsi, entre 1959 et 1997, ils représentaient seulement 15 % de la superficie totale brûlée1, 17. Ces incendies se produisent principalement au printemps et à proximité des établissements humains. La majorité des incendies de la forêt boréale (taïga) sont causés par la foudre et ont tendance à se produire tard dans la saison des incendies.1, 5, 18. Ils sont souvent plus graves, parce que la matière combustible est sèche, ce qui provoque de graves incendies de forte intensité, et parce qu'ils sont moins susceptibles d'être éteints19. Dans d'autres pays, comme c'est le cas dans l'ouest des États-Unis, tout semble indiquer que la saison des incendies s'est allongée, comme le témoignent les incendies de forêt qui prennent naissance plus tôt au printemps20. Ce phénomène semble également se produire au Canada.

 

Diminution des incendies considérés comme un agent de perturbation

Au cours du siècle dernier, les humains ont eu une importante influence sur les incendies. La transformation des terres et la suppression des incendies ont entraîné une situation où les incendies de grande envergure ne sont presque plus considérés comme des agents de perturbation importants dans les plaines à forêts mixtes, les Prairies et l'écozone+ maritime de l'Atlantique2. La suppression des incendies s'est avérée un succès depuis les années 197021, 22, et ce succès a également touché d'autres secteurs. Par exemple, dans l'intérieur de la Colombie-Britannique, ce phénomène a favorisé le peuplement de prairies et de forêts de pins ponderosa par des douglas de Menzies et d'autres arbres et arbustes, et a fait augmenter la quantité de matières combustibles, rendant ainsi les forêts plus susceptibles aux incendies de plus grande intensité23, 24 et augmentant leur vulnérabilité aux infestations d'insectes25. Les mesures de suppression actives couvrent maintenant 90 % des plaines boréales, 64 % du Bouclier boréal, 41 % de la Cordillère boréale, 20 % de la taïga des plaines et 2 % de la taïga du Bouclier4. Les conséquences écologiques néfastes de la suppression des incendies ont été reconnues, et les responsables de la gestion ont commencé à réintroduire les brûlages dirigés sur une base restreinte dans certaines parties du Canada. La suppression des incendies est un juste équilibre entre le maintien de la fonction écologique et la protection de la vie humaine et des propriétés26.

Changement dans le risque d’incendie de forêt

Indice de sécheresse en juillet, de 1901 à 2001
Carte : Changement dans le risque d'incendie de forêt. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source : Carte adaptée de Girardin et Wotton, 200927.

Il existe une corrélation entre les variables de sécheresse et l'activité des incendies, et les variables peuvent servir à reconstituer l'historique des feux ou à prédire les risques futurs d'incendie de forêt28-30. Le changement dans les risques d'incendie de forêt observé entre 1901 et 2002 a été déduit au moyen de l'indice de sécheresse, qui est un indice de la teneur en eau du sol. Il est l'une des mesures utilisées par les agences chargées de la gestion des feux pour surveiller les risques27, 31. D'après les résultats basés sur les changements dans l'humidité du sol, les risques d'incendie de forêt ont été à la baisse dans les régions au sud de la baie d'Hudson, dans l'est des provinces maritimes et dans l'ouest du Canada. Ce phénomène est attribuable en grande partie à une augmentation marquée des précipitations, ce qui a entraîné une réduction considérable de la sécheresse. Par contre, les risques ont augmenté dans les régions de la taïga du Bouclier, en Arctique et dans le nord de la taïga des plaines27, 31. La présente analyse tient compte uniquement des variables climatiques et non des autres facteurs comme la gestion et l'allumage des incendies par les humains, les infestations d'insectes et les changements dans la végétation31.

Monde

Tendances mondiales

À l'échelle mondiale, la superficie totale brûlée annuellement est en hausse depuis les années 195032. On s'attend à ce que les conditions météorologiques propices aux incendies forestiers continuent de s'aggraver et à ce que la superficie brûlée continue d'augmenter en Europe33, en Russie34, au Canada et aux États-Unis6, 15, 35, en Amérique du Sud, en Asie centrale, en Afrique du Sud et en Australie36, et ce, en raison de l'augmentation des températures3, 37.
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