Symbole du Gouvernement du Canada

PERTURBATIONS NATURELLES

Photo : Dommages causés par le dendroctone du pin ponderosa © dreamstime.com/Timothy Epp
Dommages causés par le dendroctone du pin ponderosa

Insectes

Les infestations d'insectes à grande échelle représentent un régime de perturbations naturelles important au Canada. Les changements des caractéristiques des infestations de certains insectes sont manifestes, mais ne sont pas uniformes : certaines augmentent en gravité, d'autres diminuent en gravité et d'autres demeurent inchangées; les données à long terme font défaut pour de nombreuses infestations. Les incendies et les infestations d'insectes ont une incidence les uns sur les autres, et tous deux sont influencés par le climat. Par exemple, les changements dans la structure du paysage forestier à certains endroits en raison de la suppression des incendies ont rendu les forêts plus vulnérables aux infestations de certains insectes. Parallèlement, les infestations d'insectes peuvent influencer la dynamique des incendies, notamment en intensifiant les incendies de forêt dans les peuplements ayant déjà subi une infestation.

 

Tordeuse de l’épinette

Carte : Changement dans le risque d'incendie de forêt. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source : Carte adaptée du Service canadien des forêts, 200738.
Photo : Tordeuse de l'épinette © Thérése Arcand, RNCan, SCF

La tordeuse de l'épinette, un insecte indigène des forêts boréales et mixtes du Canada, est l'un des insectes phyllophages les plus répandus et ayant le plus d'influence au Canada. Parmi les quatre sous-espèces présentes au Canada, la plus répandue est la tordeuse des bourgeons de l'épinette (Choristoneura fumirana). Ses hôtes préférés sont le sapin baumier, l'épinette blanche et l'épinette rouge, mais elle peut également provoquer la défoliation de l'épinette noire39. Elle cause des dommages surtout aux peuplements forestiers plus anciens et plus denses, quoique lors d'infestations graves, tous les peuplements hôtes sont vulnérables40. Combinée aux incendies, la tordeuse des bourgeons de l'épinette est la perturbation naturelle prédominante dans la forêt boréale41. Les cycles périodiques d'infestations de la tordeuse de l'épni ette, qui reviennent tous les 30 à 55 ans42, jouent un rôle important dans la transformation des écosystèmes forestiers, car ils influencent la composition des espèces, la répartition des classes d'âge, la dynamique de la succession et les conditions de la forêt43, 44. Les infestations se produisent plus ou moins de manière synchrone sur de vastes étendues, mais la durée de l'infestation varie d'une région à l'autre45. La dernière infestation ayant atteint un sommet s'est produite en 1975, alors qu'une superficie de plus de 510 000 km2 avait été défoliée à l'échelle nationale46.

La tordeuse occidentale de l'épinette touche une superficie beaucoup plus petite. La dernière défoliation ayant atteint un sommet s'est produite en 2007, alors qu'environ 8600 km2 avaient été défoliés à l'échelle nationale46. La gravité de l'attaque est faible. Par exemple, 95 % de la superficie atteinte en Colombie-Britannique en 2008 a été classée comme ayant été faiblement atteinte47. Dans le cadre d'une étude, les attaques historiques dans la région forestière de Kamloops ont été cartographiées. Cette étude a révélé une augmentation des attaques au cours des quatre infestations survenues entre 1916 et 2003, particulièrement après 198048.

Superficie défoliée par la tordeuse des bourgeons de l’épinette à l’est de la frontière du manitoba et dans le maine, aux États-Unis

Milliers de km2 touchés par une défoliation modérée à grave, de 1909 à 2007
Graphe : Superficie défoliée par la tordeuse des borgeons de l'épinette. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Sources : Les données antérieures à 1909 jusqu'à 1980 (ligne bleue) ont été adaptées de Kettela, 198349; les données de 1974 à 2008 (ligne mauve) ont été adaptées de la Base de données nationale sur les forêts, 201046 et de Strubble, 200850.

Aucun consensus n'a été établi à savoir si la fréquence des infestations de la tordeuse des bourgeons de l'épinette a changé44, 45, 51, 52. On a cependant observé une augmentation générale de la superficie ayant subi une défoliation en Ontario et au Québec, représentant 98 % de la superficie atteinte durant le dernier sommet de l'infestation46, 49. Il n'existe aucun consensus à savoir si ce phénomène constitue une tendance. Parallèlement, la gravité des infestations au Nouveau-Brunswick s'est atténuée entre 1949 et 200753. Les conclusions d'études voulant que les caractéristiques des attaques aient changé l'expliquaient par la suppression des incendies, les pratiques d'exploitation forestière, les hausses de température au printemps, l'épandage d'insecticides et les reconstitutions moins fiables des infestations historiques44, 54, 55.

 

Dendroctone du pin ponderosa

Photo : Dendroctone du pin ponderosa © Leslie Manning, SCF

Le dendroctone du pin ponderosa est une espèce indigène de l'ouest de l'Amérique du Nord. Au moins quatre infestations de grande envergure sont survenues en Colombie-Britannique au cours des 120 dernières années25. Toutefois, le cycle de perturbation a changé au cours des dix dernières années, comme en fait foi une infestation d'une intensité inégalée en Colombie-Britannique58, 59. En 2005, il s'est propagé en Alberta60, et la propagation a été rapide, touchant notamment des hybrides du pin gris et du pin lodgepole61, 62. Non seulement les attaques provoquent des changements dans la forêt, mais elles peuvent également entraîner des changements de la température de l'eau et des régimes d'écoulement de l'eau, en plus d'augmenter l'érosion du sol et des rives des cours d'eau63. Les peuplements tués par ce dendroctone sont plus vulnérables aux incendies64-67, et l'augmentation des attaques des insectes combinée à la suppression des incendies historiques pourrait entraîner une augmentation d'incendies de forêt intenses qui remplaceront les peuplements68. L'infestation semble avoir atteint un sommet en Colombie-Britannique, probablement en raison du fait que les principales essences hôtes dans le plateau central avaient déjà été attaquées, tandis que le terrain variable et la plus grande diversité des arbres ont ralenti la propagation dans d'autres régions58.

Superficie cumulative touchée
En 1999 et 2009
Deux cartes montrant la superficie cumulative touchée par le dendroctone du pin jusqu'en 2009. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Sources : Cartes adaptées de B.C. Ministry of Forests and Range, 201056. Alberta Sustainable Resource Development, 201057.
Secteurs touchés annuellement par le dendroctone du pin ponderosa en Colombie-Britannique
Superficie en millers de km2, de 1928 à 2009
Graphe : Secteurs touchés annuellement par le dendroctone du pin poderosa en Colombie-Britannique. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Sources : Adapté de la Base de données nationale sur les forêts, 201056; B.C. Ministry of Forests and Range, 201069;Taylor et al., 200657.

La présence des hôtes, le climat et les pratiques de gestion forestière ont tous une influence sur la dynamique entourant le dendroctone du pin ponderosa25. Les changements ayant contribué à l'infestation actuelle comprennent notamment les facteurs qui suivent :

  • Le pin lodgepole devient plus susceptible aux attaques avec l'âge, et la proportion de peuplements plus vieux de pins lodgepoles s'est accrue de 17 % au début du 20e siècle à 55 % en 200264, ce qui est surtout attribuable à la suppression des incendies25, 64, 67, 70 et aux pratiques d'exploitation qui changent la structure des forêts64, 67, 71.
  • Le climat s'est modifié depuis 1920, au point de devenir favorable au dendroctone72. Des hivers plus chauds73 ont favorisé la survie des dendroctones. La température au printemps et à la fin de l'automne a également une incidence sur la mortalité71. Par exemple, un printemps hâtif favorise la survie au printemps58, 72, 74.