Forêts

Photo : Parc national du Canada du Gros-Morne, Terre-Neuve-et-Labrador © iStock.com/Mmac72
Parc national du Canada du Gros-Morne, Terre-Neuve-et-Labrador

Intégrité des paysages du Canada

Le Canada est l'un des rares pays qui possède encore de vastes parcelles de forêts relativement non touchées par l'activité humaine, et on estime qu'elles contiennent la plupart de leur biodiversité naturelle. Le degré d'intégrité des forêts canadiennes dépend de la façon dont les évaluations sont réalisées et, comme le soulignent Long et  al.26, l'évaluation de l'intégrité, ou son corollaire, la fragmentation, peut être complexe. L'Observatoire mondial des forêts a caractérisé des paysages intacts comme des régions non détériorées, n'ayant pas subi d'impact anthropique, d'au moins 50 km2 pour les forêts des écozones boréales et de la taiga, et d'au moins 10 km2 pour les forêts tempérées27. La Colombie–Britannique a défini les forêts ombrophiles côtières intactes17 comme des paysages non détériorés de plus de 500 km2. L'Alberta Biodiversity Monitoring Institute a adopté cependant une approche différente, en mesurant l'intégrité comme un pourcentage de ce qu'on attendrait d'un habitat vierge28.

L’Observatoire mondial des forêts a publié la seule perspective nationale sur l’intégrité (voir la carte) et il en a conclu que plus de 50 % du paysage total du Canada et plus de 50 % de la superficie des écozones boisées consistent en paysages forestiers intacts. Ceci inclut 94 % des écozones boréales septentrionales (à partir du système de classification des écozones terrestres du Canada)29 – taïga de la Cordillère, Cordillère boréale, plaines hudsoniennes, de la taïga du Bouclier et 73 % de la taïga des plaines. Les régions boréales plus au sud subissent plus les impacts de l’activité humaine. Trente-sept pour cent des plaines boréales et environ 42 % des écozones de forêts tempérées demeurent intactes en tant que paysages forestiers – 90 % de ces dernières se trouvent en Colombie-Britannique, et le reste, en Alberta27. En Amérique du Nord, la seule forêt ombrophile tempérée côtière intacte qui reste se trouve en Colombie-Britannique et en Alaska. Environ le tiers de la forêt tempérée ombrophile côtière qui reste est intact17, par parcelles de plus de 500 km2.

Carte : Intégrité des paysages du Canada. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Remarque : Les paysages intacts sont définis comme ayant > 50 km2 pour la forêt boréale et > 10 km2 pour la forêt tempérée.
Source : Adapté de Lee et al., 201027.

La fragmentation des forêts se produit lorsque de grandes forêts continues sont fractionnées en parcelles de plus petite taille. Elle peut être le résultat d’activités humaines comme la déforestation pour l’agriculture, l’urbanisation, les activités d’exploitation pétrolière et gazière, et les routes30, ainsi que de processus naturels tels que les incendies et les infestations d’insectes31, 32. Les perturbations naturelles font l’objet d’une autre section; la présente section ne porte que sur la fragmentation causée par les activités humaines. Les répercussions de la fragmentation des forêts par les activités humaines dépendent de l’espèce et de l’échelle spatiale. Ces répercussions peuvent être les suivantes : diminution des oiseaux migrateurs et résidants néotropicaux nécessitant un habitat forestier à l’intérieur des terres33; déclin des espèces requérant de grands habitats, par exemple le grizzli et le caribou; augmentation des espèces préférant brouter à la lisière des forêts, notamment l’orignal; augmentation de l’exposition des espèces de l’intérieur des forêts aux prédateurs et aux parasites; bouleversement de la structure sociale de certaines espèces34 et obstacles à la dispersion30. Foresterie durable peuvent être conçus pour atténuer les effets de la fragmentation.

Intégrité d’une forêt ancienne dans la zone de gestion forestière de l’Alberta-Pacific

Pourcentage d’intégrité
Graphe: Intégrité d’une forêt ancienne dans la zone de gestion forestière de l’Alberta-Pacific. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
 
Source : Alberta Biodiversity Monitoring Institute, 200928
 

L’Alberta Biodiversity Monitoring Institute a mesuré l’intégrité de l’habitat et l’empreinte écologique de l’homme sur la zone de gestion forestière de l’Alberta-Pacific (Al-Pac). Cette zone s’étend sur 57 331 km2 28, et constitue jusqu’à 9,5 % de l’écozone+ des plaines boréales5.

La forêt ancienne dans la zone de gestion forestière de l’Al-Pac est intacte à 92 %, c’est-à-dire qu’elle occupe 92 % de la superficie qu’elle serait supposée occuper s’il n’y avait pas d’impacts d’origine humaine. L’indice d’empreinte écologique montre que l’influence humaine est évidente dans 7 % de la zone de l’Al-Pac. La majeure partie de l’empreinte écologique de l’homme est due à l’exploitation forestière, aux infrastructures énergétiques et au transport. La moitié de l’empreinte écologique de l’homme sur la forêt a été créée durant les dix dernières années28.