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Rapport technique thématique no. 16. - Érosion des terres cultivées – Introduction et tendances au Canada

Analyse

L’érosion du sol a été calculée à partir de données sur les formes de relief et de données topographiques connexes tirées de la base nationale de données sur les sols (Agriculture et agroalimentaire Canada, 2008). Chaque polygone des pédo-paysages du Canada (polygone PPC) est caractérisé par une ou plus d’une forme de relief représentative, puis chacune de ces formes est elle-même caractérisée par les segments de pente (supérieur, médian et inférieur et dépression) et, enfin, chaque segment est à son tour caractérisé par l’inclinaison et la longueur de la pente. Le risque d’érosion du sol due au vent, à l’eau et au labour a été évalué individuellement selon la perte de sol sur le segment ayant subi l’érosion la plus marquée d’une forme de relief : le segment supérieur dans le cas de l’érosion due au vent et au labour et le segment médian pour l’érosion hydrique. Cette démarche a été faite afin de déterminer les parties du champ les plus touchées par l’érosion, lesquelles orientent les changements à apporter sur le plan de la gestion dans l’ensemble du champ. Le dernier indicateur d’érosion du sol est évalué comme une perte de sol moyenne pour la superficie totale des segments supérieur et médian de la pente. Ces méthodes sont abordées dans l’ouvrage de Eilers et al. (2010).

L’érosion éolienne n’a été estimée et incluse dans le risque d’érosion du sol que pour les écozones+ des Prairies et des plaines boréales (et la petite zone de terres cultivéesNote6 du Bouclier boréal qui touche les terres cultivées de l’écozone+ des plaines boréales). Les terres cultivées de ces écozones+ présentent le risque d’érosion éolienne le plus élevé en raison de leur climat plutôt sec et des vastes étendues de terres peu protégées du vent. La contribution au risque d’érosion de l’érosion éolienne a été jugée négligeable pour les terres cultivées des autres régions du Canada, bien que ce type d’érosion puisse, au cours de certaines années, prendre de l’importance dans des régions où les sols les plus sablonneux et tourbeux sont très exposés au vent.

L’estimation de l’érosion hydrique est basée sur l’érosion en rigoles et en nappe causée par la pluie et n’inclut pas le ravinement qui se produit dans les voies d’eau. Bien qu’elle soit très localisée, l’érosion résultant du ravinement peut être considérable et produire beaucoup plus de sédiments que n’en produit l’érosion des terres cultivées résultant du ruissellement. L’érosion causée par la fonte nivale n’a pas été incluse; on a présumé qu’elle était inférieure à l’érosion due aux chutes de pluie à long terme dans la plupart des régions du Canada.

La variation du risque d’érosion du sol au fil du temps a été calculée en tenant compte des effets des changements d’utilisation des terres et des modifications de leurs méthodes de gestion à travers le Canada, par exemple, des fluctuations des superficies de terres cultivées, de l’alternance des systèmes de culture utilisés (rotation des cultures, y compris le forage et la jachère d’été) et des systèmes de labour retenus (méthodes traditionnelles, de conservation du sol et sans travail du sol). Ces renseignements ont été tirés des recensements de l’agriculture de 1981, 1986, 1991, 1996, 2001 et 2006 (Statistique Canada, 1983; Statistique Canada, 1988; Statistique Canada, 1993; Statistique Canada, 1998; Statistique Canada, 2003; Statistique Canada, 2008) et associés à chaque unité cartographique des PPC. Dans la base de données des recensements, les méthodes de culture et de travail du sol sont groupées dans différentes classes (par exemple, le maïs grain après le soya pour un travail du sol traditionnel, le maïs grain après le soya sans travail du sol et ainsi de suite). La proportion de terres cultivées appartenant à chacune des catégories de risque mentionnées ci-dessus a été calculée pour chaque écozone+ de l’ensemble du Canada. La variation au fil du temps du pourcentage de chaque catégorie dans chaque région fournit une indication de l’augmentation ou de la diminution du risque global d’érosion.

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Limites

Le risque d’érosion est lié aux conditions météorologiques à long terme. En conséquence, il est prévisible qu’une région dont le risque d’érosion est très faible présente des taux d’érosion très faibles en moyenne au fil du temps. Toutefois, si des tempêtes de pluie ou de vent extrêmes se produisent, des taux d’érosion beaucoup plus élevés seront alors observés.

Le risque d’érosion associé aux glissements de terrain n’est pas estimé. L’érosion causée par des activités non agricoles n’a pas été prise en compte dans la présente analyse. Malgré la superficie relativement restreinte en cause, l’érosion éolienne et hydrique peut être très importante sur des terrains faisant l’objet de construction d’infrastructures et provoquer d’importants dommages hors chantier.

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Notes de bas de page

Note 6

La catégorie « terres cultivées » utilisée dans le présent rapport englobe également les catégories « pâturages améliorés » et « jachère » du Recensement de l’agriculture.

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