Résumé

cuvette de marée © istock.com/scareletsnails L'ours blanc © istock.com/Visual Communications Vallée de la Margaree © istock.com/cworthy Parc national Wood Buffalo © Parcs Canada

La Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010 constitue la première évaluation de la biodiversité du Canada dans une perspective écosystémique. Ce document présente 22 constatations clés provenant de rapports techniques de référence. Certaines constatations révèlent qu'une grande partie des richesses naturelles du Canada demeurent saines, y compris des régions sauvages intactes, des milieux humides d'importance internationale et des estuaires prospères, particulièrement dans les régions plus éloignées ou peu densément peuplées. La zone forestière est relativement stable. Plus de la moitié du paysage canadien demeure intacte et relativement libre de toute infrastructure humaine. Bien que la majeure partie de ce territoire se situe dans les régions nordiques éloignées, il comprend de vastes parcelles de forêts boréales et de forêts pluviales tempérées côtières. Le Canada gère des pêches commerciales et récréatives en eau douce et en eau salée d'une importance culturelle et économique considérable.

Plusieurs facteurs de stress ayant nui aux écosystèmes par le passé ont été soit éliminés, soit atténués. Certaines populations de mammifères marins récupèrent de la surexploitation. On observe chez les espèces sauvages une diminution des concentrations de contaminants ayant progressivement été bannis, comme le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT) et les biphényles polychlorés (BPC). Au cours des 15 dernières années, les aires terrestres protégées fédérales, provinciales et territoriales ont augmenté en nombre, en superficie et en diversité d’écosystèmes. Le nombre croissant d'individus, de groupes et d'entreprises qui participent aux initiatives d’intendance montrent l’engagement de la population canadienne dans la conservation de la biodiversité.

Certaines constatations clés mettent en lumière des secteurs préoccupants, où des signaux révèlent que des mesures sont requises pour maintenir des écosystèmes fonctionnels, y compris la perte de forêts matures, des changements dans le débit des rivières pendant des périodes critiques de l'année, la perte d'habitats fauniques dans les paysages agricoles, le déclin de certaines populations d'oiseaux, l’augmentation du nombre d'incendies de forêt et d’importants changements dans les réseaux trophiques marins, d'eau douce et terrestres. Il est connu que certains contaminants récemment détectés dans l'environnement sont en train d’augmenter chez les espèces sauvages. Les communautés végétales et les populations animales réagissent aux changements climatiques. L’interaction des températures plus chaudes, des saisons décalées et des changements dans les précipitations, la couverture de glace, l'accumulation annuelle de neige et le gélisol altère les écosystèmes, et ce, parfois de façon imprévisible.

Certaines constatations clés ont permis de déterminer les écosystèmes où les processus naturels sont compromis ou dans lesquels les stress accrus atteignent des seuils critiques, pour ne nommer que les populations de poissons qui n'ont pas récupéré, malgré le retrait des pressions exercées par la pêche; les déclins de la superficie et de l'état des prairies, où les populations d'oiseaux des prairies chutent considérablement; et les forêts fragmentées qui mettent en péril les populations de caribous des bois. La perte considérable de glace marine dans l'Arctique a de nombreuses répercussions sur l'écosystème présentement, et ces répercussions pourraient constituer l’élément déclencheur du déclin d'espèces associées à la glace, comme les ours blancs. La charge en nutriants est à la hausse dans plus de 20 % des plans d'eau où des échantillons ont été prélevés, y compris dans certains des Grands Lacs où, il y a 20 ans, la mise en application des lois avait permis de réduire l'apport en nutriants. Cette fois, les causes sont plus complexes, et il sera probablement plus difficile de trouver des solutions. Les lacs touchés par les dépôts acides prennent du temps à récupérer, même si les émissions atmosphériques acidogènes ont été réduites. Les populations d’espèces envahissantes non indigènes ont atteint des niveaux critiques dans les Grands Lacs et ailleurs.

La stratégie axée sur la détection des changements dans l'écosystème et sur l’adoption de mesures avant que des seuils ne soient franchis présente la meilleure option pour prévenir la perte de biodiversité. Les exemples qui parsèment l'évaluation montrent l'excellent rendement d’une intervention rapide et de la prévention. La restauration, bien que plus coûteuse que la prévention, s'avère également efficace.

Des leçons ont été tirées de la préparation de cette évaluation. Les programmes canadiens de surveillance hydrologique et climatique à long terme permettent de veiller à la fiabilité et à la pertinence des données sur les tendances du climat et de l'eau dans des régions où la couverture des stations d'observation est bonne. Il est plus rare de voir une surveillance équivalente de la biodiversité et des écosystèmes. Les données sur les tendances locales et régionales sont utiles, mais elles ne peuvent habituellement pas être appliquées à une échelle plus vaste. Les renseignements recueillis à d'autres fins ne sont souvent pas utiles pour comprendre les changements liés à la biodiversité et aux écosystèmes. Les renseignements pertinents concernant les écosystèmes sont moins accessibles que ne le croient les décideurs. Enfin, cette évaluation n'aurait pas été possible sans les efforts concertés des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux pour le partage de données, de connaissances et de perspectives.

Pour de plus amples renseignements, lisez le le coup d'oeil sur les constatations clés, explorez le rapport complet sur le site Web ou téléchargez le rapport complet. La série de rapports techniques fondés sur l’écozone+ et groupés en thèmes, à l’appui des vingt–deux principales constatations de l’évaluation, sera aussi disponible d’ici peu.