Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l'écozone+ des Prairies

Conclusion : Bien-être humain et biodiversité

Les interactions entre l'être humain et les écosystèmes sont les principaux facteurs de changement dans cette écozone+, plus de 70 % de la végétation naturelle du paysage d'origine ayant été convertie en cultures en l'espace d'un siècle. Les zones naturelles subsistantes sont fragmentées et elles ont souvent aussi été touchées par des changements aux régimes de perturbations naturelles. Cela a altéré leur capacité à produire des biens et services écosystémiques. La concentration de la production primaire dans les cultures agricoles et de la production secondaire dans l'élevage du bétail a entraîné un accroissement des services d'approvisionnement, mais aussi une diminution de nombreux services de régulation et services culturels. À ce changement de structure se superpose un changement de la composition des communautés découlant principalement de l'invasion d'espèces non indigènes, changement ayant aussi des effets plus subtils sur les biens et les services écosystémiques.

L'ajout d'engrais a modifié le cycle des éléments nutritifs sur le territoire agricole. Les charges en éléments nutritifs ont accéléré l'eutrophisation des plans d'eau, causant la prolifération des algues et réduisant l'habitat de certaines espèces de poissons et d'autres biotes. La capacité du territoire en tant qu'habitat a été réduite par la fragmentation et la conversion des terres à grande échelle. La réduction de cette capacité se manifeste par le déclin constant des populations d'oiseaux des prairies en général et de nombreuses espèces en péril.
L'accélération des changements climatiques menace la productivité du paysage. L'exploitation de la productivité primaire profite aux humains, mais ces avantages ne se traduisent pas par des résultats positifs pour l'ensemble de la biodiversité. La composition et la structure des espèces et des écosystèmes ont ainsi été modifiées pour répondre aux besoins de l'être humain et ont complètement changé depuis l'arrivée des Européens. Ces interactions se traduisent entre autres par une réduction de la résilience du paysage en présence de perturbations.

Malgré l'ampleur des modifications d'origine anthropique apportées au paysage, les zones naturelles subsistantes – y compris les prairies, les régions boisées et les milieux humides – jouent toujours un rôle essentiel pour la biodiversité et abritent une flore et une faune importantes et uniques. De nombreuses prairies continuent de soutenir la biodiversité tout en servant de pâturage pour le bétail, ce qui est tout à fait compatible avec les objectifs de conservation, à condition de les gérer de façon adéquate. Le paysage fournit également des services comme l'eau, la pollinisation des cultures, le cycle des éléments nutritifs, les aliments traditionnels, la chasse, la pêche et le plein air.

La clé du succès des mesures visant la conservation de la biodiversité et la prévention de la fragmentation, de la perte et de la dégradation des habitats et des écosystèmes sera l'application et le renforcement continuel de régulations et politiques fédérales et provinciales complémenté par le travail en collaboration avec les propriétaires terriens et l'industrie pour augmenter les activités d'intendance. En ce qui concerne l'intendance, du progrès a été réalisé dans ce domaine, en particulier avec les producteurs agricoles. Néanmoins, les habitats continuent à disparaître et à se dégrader.

Il est difficile d'évaluer les effets sur la biodiversité, les perturbations d'origine naturelle et les processus écologiques en raison de l'absence d'un réseau de surveillance adéquat.

L'écozone+ des Prairies pose un défi unique lorsque vient le temps de trouver des méthodes pour conserver la biodiversité dans une région aussi importante pour la production d'aliments destinés à la consommation humaine. Ces deux réalités sont inextricablement liées, du fait qu'en l'absence des services de soutien offerts par des écosystèmes de qualité, la production alimentaire ne peut être durable.