Lacs et cours d’eau

État et tendances des débits d'eau

La plupart des cours d’eau canadiens présentent un débit saisonnier très variable. Le débit minimal annuel survient vers la fin de l’été, quand les précipitations sont moindres et que l’évaporation est élevée, et vers la fin de l’hiver, quand les précipitations tombent sous forme de glace ou de neige. Ces débits minimaux peuvent limiter la disponibilité d’habitats aquatiques particuliers et influer sur la température de l’eau et la teneur en oxygène dissous. Par exemple, une diminution du débit minimal peut changer le niveau et la température de l’eau et affecter les poissons qui frayent tardivement, en plus d’augmenter le stress thermique et la vulnérabilité à la prédation pour tous les poissons.

Dans une étude portant sur 172 sites situés dans des cours d’eau à débit naturel, 13 % des sites ont vu leur débit annuel le plus faible augmenter pendant la période de 1970 à 2005. Ces sites se trouvaient pour la plupart dans le nord de l’écozone+ de la Cordillère montagnarde, dans les écozones+ de la Cordillère boréale, de la taïga des plaines, de la taïga du Bouclier et de l’Arctique. Vingt-huit pour cent des sites ont subi une réduction de leur débit minimal, plus particulièrement dans le sud de l’écozone+ maritime du Pacifique, dans le sud de l’écozone+ de la Cordillère montagnarde, ainsi que dans les écozones+ du Bouclier boréal, des plaines à forêts mixtes, maritime de l’Atlantique et du boréal à Terre-Neuve. Le débit minimal est survenu tardivement pour 12 % des sites, surtout ceux de l’est du Canada, de la région des Grands Lacs et du Nord. Il était hâtif pour 9 % des sites, notamment ceux du Sud et de la côte Ouest2.

Tendances du débit minimal des cours d’eau à débit naturel
De 1970 à 2005
Carte : Tendances du débit minimal des cours d’eau. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source : Monk et al., 20102.

Le débit annuel maximal, ou crue printanière, survient généralement à la fin du printemps ou au début de l’été, et dépend de la fonte des neiges et des fortes pluies saisonnières. Une modification du débit maximal peut perturber les espèces dont le cycle de vie est synchronisé avec la crue printanière et l’apport d’aliments riches issus des plaines inondables.

Le débit maximal de près de 20 % des sites a chuté. Ces sites couvrent la presque totalité des écozones+. Le débit maximal d’environ 5 % des sites a augmenté, notamment dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique. Le débit maximal est survenu plus tôt pour environ 10 % des sites et plus tard pour environ de ceux-ci2.

Tendances du débit maximal des cours d’eau à débit naturel
De 1970 à 2005
Carte : Tendances du débit maximal des cours d’eau. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source : Monk et al., 20102.

Débit estival de quatre rivières des Provinces des Prairies

Pourcentage du débit enregistré au début de la période
Quatre graphiques montrant les débit estival de quatre rivières des provinces des Prairies. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source : Schindler et Donahue, 20064.

Le débit moyen des rivières des Prairies a diminué au cours des 50 à 100 dernières années, comme en témoignent les données suivantes :

  • réduction de 20 % de 1958 à 2003 et de 33 % depuis 1970 pour la rivière Athabasca à Fort McMurray;
  • réduction de 42 % de 1915 à 2003 pour la rivière de la Paix près de la ville de Peace River (Alberta);
  • réduction de 57 % de 1912 à 2003 pour la rivière Oldman à Lethbridge (Alberta);
  • réduction de 84 % de 1912 à 2003 pour la rivière Saskatchewan Sud à Saskatoon (Saskatchwan)4.

De telles réductions de débit peuvent affecter la biodiversité de multiples façons, notamment en réduisant la quantité d’habitats disponibles, en exposant les espèces aquatiques à des débits trop faibles pour elles, et en donnant lieu à un accroissement des températures de l’eau en été5.