Lacs et cours d’eau

Niveau de l’eau

  Photo : Exemple de lacs en bassin fermé dans le sud de la Saskatchewan © dreamstime.com/Andre Nantel
  Exemple de lacs en bassin fermé dans le sud de la Saskatchewan

Niveau de l'eau dans les lacs en bassin fermé des Prairies

De 1910 à 2006
Huit graphiques montrant niveau de l'eau dans les lacs en bassin fermé des Prairies. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source : Adapté de van der Kamp et al., 20086
Carte montrant la situation géographique des lacs en bassin fermé des prairies. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).

L’effet combiné de la glaciation et d’un climat aride a entraîné la formation de plusieurs lacs alcalins en bassin fermé dans les Prairies, dont le drainage de type endoréique occasionne très peu de ruissellement vers la mer. Ces lacs sont sensibles au climat : leur niveau d’eau et leur teneur en sel dépendent des précipitations directes, de l’apport du ruissellement local et de l’évaporation qu’ils subissent.6 Les communautés aquatiques peuplant ces lacs en bassin fermé sont sensibles aux changements chimiques pouvant résulter du changement des niveaux d’eau. Par exemple, le niveau d’eau agit sur la salinité du lac, et la diversité des espèces aquatiques diminue lorsque la salinité augmente. Quand la salinité atteint des valeurs extrêmement élevées, la diversité des espèces chute considérablement7.

De 1910 à 2006, les niveaux d’eau de 16 lacs en bassin fermé représentatifs ont montré une tendance générale à la baisse de 4 à 10 mètres6. Les déclins peuvent s’expliquer en partie par les conditions climatiques6, incluant une hausse des températures printanières entre 1950 et 20078, entraînant vraisemblablement une évaporation accrue et une diminution du ruissellement9 tvers les lacs. Toutefois, les conditions climatiques ne peuvent à elles seules expliquer ces déclins; par exemple, aucun changement significatif n’était évident dans les précipitations ou dans l’indice de sévérité de sécheresse pour la période de 1950 à 20078. D’autres facteurs réduisent le ruissellement vers les lacs, entre autres, les changements d’utilisation des terres (barrages, fossés, drainage des milieux humides, mares artificielles) et les changements de pratiques ou d’utilisation agricoles (diminution de la jachère d’été10, augmentation du travail de conservation du sol et culture continue)6.

Perte de variabilité des niveaux d'eau dans les Grands Lacs

Mètres, de 1860 à 2005
Trois graphiques : Niveaux d’eau des Grands Lacs. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Remarque : Le niveau des lacs en mètres est calculé en fonction du Système de référence international des Grands Lacs (SRIGL), 1985, qui est mis à jour tous les 25 à 30 ans pour tenir compte du mouvement de la croûte terrestre.
Source : Adapté de Environnement Canada et U.S. Environmental Protection Agency, 200917.

Des communautés diverses et variées de plantes peuplant les zones humides côtières des Grands Lacs dépendent des grandes variations saisonnières et annuelles des niveaux d’eau survenant naturellement18 (par exemple, dans les lacs Huron et Michigan, qui ne sont pas régularisés). Les niveaux d’eau naturels dépendent des précipitations, de l’évaporation de surface du lac, du débit entrant provenant du lac d’amont et du débit sortant vers le lac d’aval.

Les niveaux d’eau dépendent aussi de la régularisation directe, ainsi que du dragage, des ouvrages de régularisation, des barrages, des canaux et des dérivations19. La régularisation des niveaux d’eau du lac Supérieur depuis 1914 et du lac Ontario depuis environ 1960 a réduit les variations de ces niveaux, ce qui s’est avéré néfaste pour les écosystèmes des milieux humides côtiers du lac Ontario, a réduit la diversité des espèces végétales et altéré la qualité des habitats de plusieurs animaux qui dépendent complètement ou partiellement de ces milieux humides pour se développer18, 20. Tandis que les pénuries d’eau s’accentuent dans les régions du sud des États-Unis, les pressions exercées pour la dérivation des eaux des Grands Lacs entraîneront, si elles sont autorisées, des impacts supplémentaires sur la biodiversité.

Photo : Archipel des Mille-Îles © Environnement Canada
Archipel des Mile-Îles, Ontario