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Biodiversité dans les rivières et lacs du Canada

Tendances chez les poissons d'eau douce d'intérêt particulier

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Les pressions environnementales et anthropiques ont fait en sorte que plus de 20 % des espèces de poissons d'eau douce de la planète sont disparues ou sont devenues en voie de disparition ou menacées au cours des dernières décennies – certaines analyses révèlent même que cette proportion représente une sous­estimation (par exemple Bräutigam, 1999). La présente section traite principalement des espèces de poissons d'eau douce, et la portée de celle-ci est nécessairement limitée en raison de l'absence générale de données recueillies ou observées régulièrement dans tout le pays en ce qui concerne l'ensemble des taxons, y compris les poissons, et d'un manque global de données nationales concernant les taxons ne correspondant pas aux poissons. En septembre 2010, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) avait désigné 18 % (35 espèces) des poissons d'eau douce et diadromes comme des espèces en voie de disparition ou menacées dans l'ensemble ou dans des parties de leur aire de répartition. Cinquante­huit espèces (29 %) ont été désignées comme étant en péril, ce qui comprend les espèces disparues du Canada et les espèces préoccupantes, de même que les espèces en voie de disparition ou menacées (Hutchings et Festa-Bianchet, 2009; Hutchings, 2010; COSEPAC, 2010b). Une compilation réalisée en 2008 des espèces de poissons d'eau douce et diadromes en péril en Amérique du Nord a révélé que 89 % avaient un statut de conservation semblable ou pire en 2008 par rapport à une étude de 1989 examinant le même ensemble de données (Jelks et al., 2008). Dans les écorégions d'eau douce du Canada, le nombre de taxons de poissons en danger a augmenté, passant de 12 en 1979 à 22 en 1989, puis à 62 en 2008 (Figure 3). La détérioration de l'habitat et l'introduction d'espèces ont été ciblées comme étant les principaux dangers pour bon nombre d'espèces, dont plusieurs ont des aires de répartition limitées (Jelks et al., 2008).

Figure 3. Nombre de taxons de poissons d'eau douce et diadromes en péril dans les écorégions d'eau douce nord­américaines situées au Canada, en 1979, 1989 et 2008Le terme « taxon » (« taxa » ou « taxons » au pluriel) est employé au lieu du terme « espèce », car la liste a été mise à jour pour y ajouter les divisions régionales et le niveau taxinomique pertinent (p. ex. taxons du genre). Les listes antérieures pouvaient ne pas tenir compte des taxons à risque parce qu'elles ne comprenaient pas toutes les unités pertinentes, et mettaient plutôt l'accent sur les espèces reconnues sur le plan taxinomique. Les définitions des catégories de statuts diffèrent légèrement de celles du COSEPAC et sont décrites dans Jelks et al. (2008)
Graphique montre le nombre de taxons de poissons d'eau douce et diadromes en péril
Source: Figure adaptée de l'étude de Jelks et al. (2008)
Description longue pour la Figure 3.

Ce graphique à barres présente les informations suivantes :

Nombre de taxons
-197919892008
Disparu-310
En voie de disparition7521
Menacés3711
Vulnérables2720

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Chu et al. (2003) ont étudié la biodiversité des poissons d'eau douce au Canada relativement à des paramètres d'environnement et de stress. Malgré un manque de données récentes, les résultats indiquent que les stress anthropiques et les introductions d'espèces associées (introductions accidentelles ou volontaires) constituent la cause principale de l'extinction et de la disparition au pays. De plus, les auteurs ont constaté que les effets de la surexploitation des stocks halieutiques, effets pour la plupart non mesurés, de même que l'incidence considérable que risquent d'avoir les futurs changements climatiques ne feront qu'intensifier ces pressions anthropiques. Aux fins du présent document, des rapports du COSEPAC (2010a) ont été examinés pour évaluer les menaces qui entraînent la diminution des espèces de poissons d'eau douce au Canada. Les résultats révèlent que la dégradation et la perte d'habitat, l'introduction d'espèces, l'envasement, les barrages, les retenues et le développement urbain, agricole et industriel constituent les principaux dangers pour les poissons d'eau douce au Canada. Parmi les autres menaces cernées dans la documentation, citons l'extraction d'eau, la surexploitation, les effets des pluies acides, la modification des chenaux et les contaminants. Six exemples d'espèces de poissons d'eau douce répertoriées par la Loi sur les espèces en péril et évaluées par le COSEPAC ont été retenus pour fournir de l'information concernant l'incidence des dangers anthropiques pour les poissons d'eau douce. Ces espèces ont été choisies pour représenter les différents exemples d'effets sur les communautés aquatiques dans l'ensemble du Canada. Des populations de saumons atlantiques (intérieur de la baie de Fundy et lac Ontario), de fondules barrés, de saumons coho (fleuve Fraser), de chevaliers de rivière et d'esturgeons blancs ont été sélectionnées comme exemples de communautés de poissons en péril qui sont touchées par les modifications anthropiques et naturelles de l'habitat (y compris la fragmentation de l'habitat et la variabilité du climat), la surexploitation et la dissémination d'espèces envahissantes.

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Population de saumons atlantiques de l'intérieur de la baie de Fundy

Dans l' écozone+ maritime de l'Atlantique, la population de saumons atlantiques (Salmo salar) de l'intérieur de la baie de Fundy a été désignée en voie de disparition (COSEPAC, 2006b; COSEPAC, 2010c). Dans cette région, un large éventail d'activités humaines, comme la construction de barrages, la surpêche, la surexploitation et les activités polluantes, posent un danger constant pour les populations de saumons atlantiques, et ce, depuis le XVIIe siècle. Présente au Nouveau­Brunswick, en Nouvelle­Écosse et dans l'océan Atlantique, la population a sans doute déjà compté plus de 40 000 adultes. En revanche, l'estimation du frai d'automne en 2003 était de moins de 100 adultes dans les 32 rivières historiquement peuplées (COSEPAC, 2006b), et selon l'estimation de 2008, le nombre total de saumons sauvages est de moins de 200 (COSEPAC, 2010c). L'étude des rivières individuelles de l'intérieur de la baie de Fundy révèle des tendances similaires. À titre d'exemple, le nombre de retours dans la rivière Big Salmon a fortement diminué (de plus de 96,7 %) sur une période de 30 ans, passant d'un maximum de 5 043 (intervalle de confiance bayésien à 80 % = de 3 996 à 6 686) en 1966 à environ 55 (intervalle de confiance bayésien à 80 % = de 18 à 133) en 2002 (COSEPAC, 2006b). Les données historiques sur les pêches commerciales de 1975 à 1984 témoignent de la baisse importante de la prise de saumons atlantiques de l'intérieur de la baie de Fundy. Malgré la variabilité interannuelle élevée, la tendance à la baisse est claire : les débarquements de saumons étaient élevés entre 1875 et 1924, plus faibles entre 1925 et 1973, et la période de 1974 à 1985 (année de fermeture de la pêche) présentait les débarquements les plus faibles (Figure 4). Bien que les raisons pour lesquelles une telle baisse de la population est survenue ne soient pas parfaitement comprises, certains croient qu'il y a eu une réduction du taux de survie entre le stade de saumoneau et le stade adulte dans les eaux marines, ce qui peut être dû aux changements dans les communautés découlant des interactions accrues avec les saumons d'élevage, aux changements environnementaux (hausse de la température de l'eau) et aux pêches (COSEPAC, 2006b). En outre, une perte et une dégradation de l'habitat (notamment en raison de l'exploitation forestière et des barrières à la migration) ont été constatées au fil du temps (COSEPAC, 2006b). Pour obtenir de plus amples renseignements, voir l'évaluation de l'état et des tendances de l' écozone+ maritime de l'Atlantique (Eaton, 2013)

Figure 4 : Prises commerciales de saumons atlantiques (kg) dans l'intérieur de la baie de Fundy, dans les districts de pêche des comtés d'Albert et de Westmorland au Nouveau-Brunswick, de 1875 à 1984.
La pêche commerciale a été fermée en 1985
Graphique linéaire dresse la courbe des prises commerciales de saumons atlantiques dans l'intérieur de la baie de Fundy entre 1875
Source : R.W. Dunfield – communication personnelle à P. Amiro, Pêches et Océans Canada, Institut océanographique de Bedford (citation du COSEPAC) (2006b)
Description longue pour la Figure 4.

Ce graphique linéaire dresse la courbe des prises commerciales de saumons atlantiques dans l'intérieur de la baie de Fundy entre 1875 et la fermeture de la pêche en 1984. Les données historiques sur les pêches commerciales de 1975 à 1984 témoignent de la baisse spectaculaire de la prise de saumons atlantiques de l'intérieur de la baie de Fundy. Malgré la variabilité interannuelle élevée, la tendance à la baisse est claire : les débarquements de saumons étaient élevés entre 1875 et 1924, plus faibles entre 1925 et 1973, et la période de 1974 à l'année de fermeture de la pêche en 1985 présentait les débarquements les plus faibles.

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Population de saumons atlantiques du lac Ontario

En 2006, le COSEPAC a déterminé que la population de saumons atlantiques du lac Ontario était disparue du Canada (COSEPAC, 2006c). Selon les données historiques, une diminution marquée a commencé au milieu du XIXe siècle et aucun saumon atlantique sauvage n'a été vu dans le bassin versant après 1898. Cette baisse de la population était sans doute due à la destruction de l'habitat et à la surexploitation qui ont suivi la colonisation du Haut­Canada à la fin du XVIIIe siècle (COSEPAC, 2006c). Malgré les récents efforts visant à rétablir l'habitat, les tentatives de repeuplement ont échoué, en partie en raison des effets directs et indirects de l'urbanisation (y compris la pollution, la canalisation et la perte d'habitat) dans la région du Grand Toronto (COSEPAC, 2006c).

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Fondule barré

Dans l' écozone+ de la forêt boréale de Terre­Neuve, le fondule barré (Fundulus diaphanus) est considéré comme étant une espèce préoccupante (COSEPAC, 2003b). Même si son aire de répartition s'étend dans l'ensemble de l'Amérique du Nord, la population de Terre­Neuve­et­Labrador est menacée, car ses mouvements et l'expansion de son aire de répartition sont limités par des fortes pentes et des habitats infranchissables et en raison des risques associés à l'exploitation forestière future (COSEPAC, 2003b).

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Saumon coho de l'intérieur du Fraser

Le saumon coho de l'intérieur du Fraser (Oncorhynchus kisutch) est une population génétiquement distincte de saumons coho qui fraie et croît dans la partie intérieure du bassin hydrographique du fleuve Fraser, au nord de Hope (Colombie-Britannique). De 1975 à 2011, les échappées du saumon coho de l'intérieur du Fraser ont diminué de 72 % (Decker et Irvine, 2013), les baisses les plus importantes (au-delà de 60 %) ayant été observées de 1990 à 2000 (Figure 5) (COSEPAC, 2002). De 1975 à 1988, le nombre moyen de géniteurs était de 60 000, tandis qu'en 1996, seulement 9 000 géniteurs ont regagné le fleuve, soit le nombre le plus bas jamais enregistré (Decker et Irvine, 2013).

Cette population a été désignée comme étant en voie de disparition par le COSEPAC en 2002. Son comportement et ses habitudes migratoires la rendent vulnérable aux effets naturels et anthropiques (COSEPAC, 2002). Les baisses survenues dans les années 1990 ont été attribuées au déclin de la survie en mer exacerbé par la surpêche, mais les échappées sont demeurées faibles dans les années 2000 comparativement aux niveaux avant 1991 (Decker et Irvine, 2013). Pendant quatre années durant la période de 2001 à 2011, la production des géniteurs regagnant le fleuve était inférieure aux niveaux de remplacement, même en l'absence de pêche (Decker et Irvine, 2013). Toutefois, le nombre moyen d'échappées de 2009 à 2011 était estimé à 27 000, indiquant qu'un certain rétablissement a eu lieu (Decker et Irvine, 2013). En général, les échappées ont augmenté graduellement dans l'ensemble des cinq unités de conservation qui forment l'aire de répartition du saumon coho de l'intérieur du Fraser, à l'exception de l'unité de conservation du cours inférieur de la rivière Thompson qui a connu une plus grande augmentation des échappées de 72 % et de l'unité de conservation du canyon du Fraser qui a connu une baisse de 58 % des échappées (Figure 6) (Decker et Irvine, 2013). Les principales menaces à la survie à long terme du saumon coho de l'intérieur du Fraser sont encore la pêche et les perturbations de l'habitat, ainsi que les changements climatiques (Decker et Irvine, 2013).

Figure 5. Série chronologique reconstituée des échappées de saumons coho sauvages, nombre total d'échappées (poissons sauvages et poissons d'écloserie) et nombre total de retours (échappées et prises) pour le bassin hydrographique de l'intérieur du Fraser, de 1975 à 2011.
Fraphique affiche des informations concernant le saumon sauvage coho
Source : Données tirées de Decker et Irvine (2013)
Description longue pour la Figure 5.

Ce graphique montre les informations suivantes :

Retours de coho adulte
Année de retourRetours de coho adulteÉchappées de coho sauvageÉchappées de coho sauvage et d'écloserie
1975182,65958,35958,359
1976156,25349,92249,922
1977235,62475,58175,581
1978218,56969,83269,832
1979182,53858,32058,620
1980104,97233,53833,538
1981131,39141,97941,979
1982154,96649,51149,511
1983146,01446,65146,651
1984284,60890,93190,931
1985192,43361,48161,481
1986199,33566,21268,344
1987174,07370,73080,559
1988335,73184,87896,702
1989196,47459,27769,714
1990184,03740,89448,485
1991104,00128,66533,545
1992272,60540,64350,528
1993236,01623,43429,381
199462,67727,37035,517
199552,45420,32622,996
199656,3168,5509,294
199731,37914,65218,675
199829,21025,18827,152
199924,59019,77222,371
200022,71115,97821,905
200166,10153,69361,408
200260,25342,53855,975
200324,11618,55521,078
200448,00338,79441,522
200516,16412,63714,064
20068,6087,1587,798
200765,87455,65158,496
200818,21414,81016,429
200924,84820,48621,991
201042,60235,56337,825
201130,47824,79126,689

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Figure 6. Série chronologique reconstituée des échappées de saumons coho sauvages pour les cinq unités de conservation dans le bassin hydrographique de l'intérieur du Fraser, de 1975 à 2011.
Graphique
Les données pour l'unité de conservation du cours inférieur de la Thompson avant 1984 et pour les unités de conservation des cours moyen et supérieur du Fraser ainsi que du canyon du Fraser avant 1998 sont extrapolées en se fondant sur les échappées observées pour les autres unités. Les taux d'exploitation de 1975 à 1985 sont la moyenne des estimations pour la période de 1986 à 1996. Pour obtenir plus de détails, voir Decker et Irvine (2013).
Source: Données tirées de Decker et Irvine (2013).
Description longue pour la Figure 6.

Ce graphique linéaire présente les informations suivantes :

Échappées de coho sauvage
Année de retourThompson SudThompson NordCours inférieur de la ThompsonCours moyen/supérieur du FraserCanyon du Fraser
197510,61327,6184,6305,9959,504
19766,50626,1983,9615,1288,130
197714,09635,2205,9727,73312,260
197812,72533,0215,5407,17311,372
197915,95822,2474,6275,9919,498
198011,02810,9432,6613,4455,462
19816,23521,2653,3304,3126,836
19828,79523,6393,9285,0868,063
19838,80221,7593,7014,7927,597
198419,61740,4196,5569,41414,925
198522,01618,5464,4756,36010,084
198617,47926,8743,8796,95511,026
198718,72227,4165,8897,23411,470
198825,20932,9143,1939,11414,449
198916,19623,7013,2076,2569,918
19909,78316,0424,5994,0496,420
19914,84211,7035,4132,5944,113
199212,99513,1933,8384,1066,510
19932,6316,19211,0341,3832,193
19946,2109,8784,7592,523class="align-center text-center"4,000
19954,0708,4772,6921,9673,119
19961,7993,8466178851,403
19971,9705,4574,2141,1651,846
19985,5028,7528894,5865,460
19993,2358,8121,8851,7444,096
20003,7444,1603,0312,3242,719
200113,26422,7335,3796,3465,971
200210,40417,3986,6334,2863,817
20033,3335,6641,7003,3064,552
200415,64310,0892,3184,8725,872
20052,0883,9571,7872,2822,513
20061,9903,0797071,30884
200712,32023,8836,52910,1802,739
20086,2823,2792,6401,4721,138
20093,8378,6173,3962,3252,308
20108,79010,7829,6005,0261,365
20114,6137,3565,6943,9393,189

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Chevalier de rivière

La population canadienne du chevalier de rivière (Moxostoma carinatum), dont l'aire de répartition comprend des secteurs du sud de l'Ontario et du Québec, est menacée par la dégradation de l'habitat (p. ex. pollution et envasement) et sa fragmentation et par la régulation du débit des cours d'eau par les barrages (COSEPAC, 2006a). Considérée comme préoccupante par le COSEPAC, cette espèce est disparue des rivières Ausable, Châteauguay, Noire et Yamaska, mais elle était toujours présente dans les rivières Mississippi, des Outaouais et Richelieu en 2004 (COSEPAC, 2006a). Dans les années 1940, le chevalier de rivière était une espèce courante dans le fleuve Saint­Laurent, mais la population a connu une baisse importante dans ce système en raison de la fragmentation associée aux dérivations et à la construction de barrages (COSEPAC, 2006a).

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Esturgeon blanc

L'esturgeon blanc (Acipenser transmontanus), le plus grand poisson d'eau douce au Canada, est limité à la côte ouest de l'Amérique du Nord (Welch et al., 2006). Sa taille (une longueur pouvant atteindre six mètres), sa longévité (plus de 100 ans) et son âge de maturité tardif (entre 14 et 30 ans) le rendent particulièrement vulnérable à la surexploitation et à la dégradation de l'habitat (COSEPAC, 2003a). Les populations d'esturgeons blancs ont diminué considérablement au Canada au cours du siècle dernier (COSEPAC, 2003a). Parmi les six populations d'esturgeons blancs de la Colombie-Britannique, trois sont en déclin (Columbia, Kootenay et Nechako), une est actuellement plus stable avec certaines fluctuations (cours inférieur du Fraser) et deux sont stables (cours moyen du Fraser et cours supérieur du Fraser) (COSEPAC, 2003a; McAdam, 2009, comm. pers.).

Le faible taux de survie des jeunes, lié aux détournements de rivières, les changements dans la quantité et la qualité des sédiments, et la régulation du débit d'eau associée aux barrages constituent les principales raisons de la mise en péril des trois populations en déclin (COSEPAC, 2003a; McAdam et al., 2005). Ces populations en déclin devraient diminuer de plus de 83 % au cours de la prochaine génération, malgré les efforts de conservation (qui comprennent le frai de poissons d'élevage et la libération des juvéniles) déployés en vue d'atténuer ce déclin (COSEPAC, 2003a). La production de juvéniles (ou recrutement) de la population de la rivière Nechako illustre cette tendance (Figure 7). Une hypothèse visant à expliquer l'échec du recrutement de la population de la rivière Nechako est que ce dernier soit le résultat de substrats modifiés dans la rivière, particulièrement à la suite de deux phénomènes de glissement de terrain durant lesquels un million de mètres cubes de limon, de sable et de gravier fin se sont ajoutés au canal principal – plus ou moins la moitié de ces matériaux se sont déplacés en aval ultérieurement (McAdam et al., 2005).

Figure 7. Production de juvéniles d'esturgeons blancs, populations de la rivière Nechako, de 1945 à 1990.
Graphique linéaire montre l'évolution de la production de juvéniles d'esturgeons blancs
Estimation fondée sur les données concernant la composition par âge recueillies de 1995 à 1999.
Source : McAdam et al. (2005)
Description longue pour la Figure 7.

Ce graphique linéaire montre l'évolution de la production de juvéniles d'esturgeons blancs, populations de la rivière Nechako, de 1945 à 1990. Il est marqué de trois événements importants pour la population (ponctuels ou périodes). Il s'agit de la construction du barrage Kenney en 1951, du remplissage du réservoir du barrage Kenney pendant le début des années 1950, entraînant un déclin important de la production de juvéniles d'esturgeon blanc, et du glissement de Cheslatta, qui a eu lieu au début des années 1960 et a entraîné une baisse de la production de juvéniles au cours des années 1960 et 1970. Dans les années 1980, la production est restée constante à des niveaux extrêmement bas.

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