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Biodiversité dans les rivières et lacs du Canada

Tendances relatives à la débâcle et à l'englacement des rivières et des lacs

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La couverture de glace joue un rôle fondamental dans les processus biologiques, chimiques et physiques qui forment les écosystèmes d'eau douce (par exemple Prowse, 2001a; Prowse, 2001b; Prowse et Culp, 2003; Huusko et al., 2007; Prowse et al., 2007b) et a un impact sur les structures artificielles (par exemple Jasek, 1998; Beltaos et al., 2006). Les régimes hydrologiques de 58 % des rivières de l'hémisphère Nord sont influencés par la couverture de glace saisonnière, 29 % de ces rivières étant caractérisées par une couverture étendue (Prowse, 2005; Bennett et Prowse, 2010). Prowse (2005) a constaté que la glace saisonnière pouvait se former vers le sud jusqu'au 33e degré de latitude nord en Amérique du Nord et jusqu'au 26e degré de latitude nord en Eurasie, influant ainsi sur 7 des 15 plus grandes rivières au monde et 11 des 15 plus grands lacs au monde (Prowse et al., 2007a). Le Canada se situe au nord du 48e degré de latitude nord et les lacs et rivières qu'il renferme (dans l'ensemble des écozones+) sont influencés par la glace, qu'il s'agisse de glace pelliculaire périodique dans les régions tempérées du sud ou de glace de plus de 2 m d'épaisseur dans les régions des hautes latitudes.

La glace de rivière constitue une composante essentielle du régime d'écoulement dans les régions froides en raison de son effet hydraulique sur le niveau d'eau et de sa capacité de limiter ou de 48 modifier l'écoulement et de réduire les échanges de gaz dans les lacs. L'englacement, la couverture de glace et la débâcle peuvent entraîner des effets directs (notamment sur le moment et l'ampleur des événements hydrologiques extrêmes tels que les étiages et les crues d'embâcle – par exemple Beltaos et al., 2006) et indirects sur le régime hydrologique. Ces changements peuvent modifier considérablement la géomorphologie des chenaux (notamment en entraînant l'affouillement du lit), modifier les processus chimiques aquatiques et influer sur les communautés écologiques aquatiques. En outre, la couverture de glace sert de séparation entre l'eau mouvante ou stagnante des rivières et des lacs et l'atmosphère et limite l'apport d'énergie du soleil, ce qui influe sur les processus physicochimiques et biologiques principaux (p. ex. concentration de gaz dissous et capacité photosynthétique). Malgré l'importance évidente des processus liés à la glace pour les écosystèmes d'eau douce, les données de surveillance biologique à long terme se rapportant à la saison des glaces sont limitées et très peu d'ensembles de données qui permettent d'analyser les tendances existent.

Prowse et Culp (2003) présentent en détail les effets de la glace sur les communautés écologiques aquatiques. Les communautés aquatiques sont vulnérables à tout changement dans les régimes hydrologiques, cryosphériques et atmosphériques. En général, le cycle biologique de bon nombre d'organismes aquatiques est touché directement et indirectement par la durée pendant laquelle la couverture de glace demeure en place, la température de l'eau et la variabilité hydrologique (voir les exemples du Tableau 6). En analysant des données de 1991 à 1998 se rapportant à une zone alpine de l'ouest de la Norvège, Borgstrøm (2001) a constaté qu'il y avait une corrélation négative entre les taux de croissance annuels de la truite brune (Salmo trutta) et la profondeur de la neige printanière. Les résultats indiquent que pendant les années caractérisées par une neige profonde (19921995), le taux de croissance annuel moyen pour les poissons des groupes d'âge 6 à 8 était réduit d'environ 50 % par rapport aux années où il y avait moins de neige au printemps (1991 et 1996). Une autre étude menée par Cunjak et al. (1998) a indiqué que la variabilité interannuelle de la survie des saumons atlantiques juvéniles dans le ruisseau Catamaran, au NouveauBrunswick, augmentait plus l'écoulement moyen en hiver était élevé, mais que les plus hauts taux de mortalité étaient associés aux débâcles et aux embâcles déclenchés par la fonte des neiges causée par la pluie.

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Tableau 6. Sommaire de l'analyse documentaire concernant les changements de l'habitat physique et les effets directs et indirects sur la biodiversité et la disponibilité des habitats dans les rivières touchées par la glace

Tableau 6a. Englacement
Changements de l'habitat physiqueImpacts sur la biodiversitéExemples d'étude
Baisse de la température de l'eauRalentissement du métabolisme (−)-
Baisse de la température de l'eauRéduction des besoins alimentaires (−)-
Baisse de la température de l'eauDiminution de l'activité (−)-
Réduction du nombre d'habitats et de leur qualitéDéplacement des poissons juvéniles vers des habitats hivernaux plus propices (−)Rimmer et al. (1984)
Création de nouveaux refuges (p. ex. glace de rive)Protection contre la prédation (+)-
Création de nouveaux refuges (p. ex. glace de rive)Refuges où le débit est plus faible (+)-
Formation de frasilFournit un milieu d'incubation pour le poulamon atlantique (Microgadus tomcod) (+)Power et al. (1993)
Formation de frasilAbrasion des branchies (−)-
Formation de frasilObturation des branchicténies (−)-
Formation de frasilÉloignement des poissons des habitats où le débit est plus favorable (−)-
Eau en surfusion / formation de glace de fondMortalité importante des invertébrés benthiques et des poissons (oeufs/juvéniles) (−)Power et al. (1993)
Eau en surfusion / formation de glace de fondLa glace présente dans les habitats de frai réduit l'apport d'oxygène aux nids de frai (−)Stickler et al. (2008)
Eau en surfusion / formation de glace de fondLa modification du régime d'écoulement entraîne l'échouement et la suffocation (−)-
Eau en surfusion / formation de glace de fondAccroissement de la dérive en aval lorsque la glace de fond se libère (−)-
Eau en surfusion / formation de glace de fondModification de l'utilisation de l'habitat-
Tableau 6b. Hiver
Changements de l'habitat physiqueImpacts sur la biodiversitéExemples d'étude
Accroissement de la glace dans la zone littoraleLes organismes migrent plus en profondeur (−)Li et al. (2007)
Accroissement de la glace dans la zone littoraleEntrent en diapause (−)-
Accroissement de la glace dans la zone littoralePeuvent hiverner dans la glace de fond (−)-
Accroissement de la glace dans la zone littoraleMortalité associée à l'exposition prolongée à de basses températures (−)Finstad et al. (2004)
Accroissement de la glace dans la zone littoraleRalentissement du métabolisme chez les saumons atlantiques juvéniles-
Formation de clairières isolées causant une perturbation de l'habitatFournit un habitat d'hivernation pour certaines espèces de poissons (+>)-
Formation de clairières isolées causant une perturbation de l'habitatUtilisation d'un habitat alimenté par une source pour l'hivernation des oeufs et la fourniture de nourriture (+)-
Formation de clairières isolées causant une perturbation de l'habitatEffet sur les relations prédateur/proie (−)-
Formation de cavités glaciaires servant d'habitatsAccès à la rive pour les mammifères aquatiques (+)-
Formation de cavités glaciaires servant d'habitatsDes cavités d'air bien isolées fournissent un habitat (+)-
Formation de cavités glaciaires servant d'habitatsStress pour la végétation aquatique (−)-
Formation de cavités glaciaires servant d'habitatsLa couverture de glace qui demeure longtemps en place peut réduire les sources alimentaires (p. ex. périphyton) (−)-
Réduction de la teneur en oxygène dissousVulnérabilité accrue au stress, à la prédation et aux contaminants (−)-
Réduction de la teneur en oxygène dissousEffets sublétaux (p. ex. changements dans les fonctions cardiaques et métaboliques, réduction de la croissance et de la capacité de nage) (−)-
Réduction de la teneur en oxygène dissousestruction localisée des poissons par l’hiver associée à la surpopulation dans les habitats (−)-
Tableau 6c. Débâcle
Changements de l'habitat physiqueImpacts sur la biodiversitéExemples d'étude
Affouillement du litFaibles taux de survie des oeufs et des poissons juvéniles (−)Cunjak et al. (1998)
Affouillement du litPerte/modification de la végétation aquatique et riveraine (−)Cameron et Lambert (1971)
Affouillement du litLes larves de macroinvertébrés peuvent présenter un comportement d'évitement en utilisant le substrat comme refuge (−)Scrimgeour et al. (1994)
Transport de gros matériaux de charge de fondPerte d'habitat (−)Cunjak et al. (1998)
Transport de gros matériaux de charge de fondInflue sur le taux de survie des oeufs et des poissons juvéniles (−)-
Transport de gros matériaux de charge de fondL'impact dépend grandement du moment où survient la débâcle (−)-
Crues d'embâcleMaintien du niveau d'eau dans les étangs riverains et les milieux humides (+)Prowse et Culp (2003)
Changements dans le niveau d’eauÉchouement et suffocation des poissons (−)Needham et Jones (1959)
Cottt e al. (2008)
Clague et Evans (1997)
Taux élevés de sédimentsProductivité accrue associée à l'augmentation de la quantité de matière organique (+)-
Taux élevés de sédimentsRéduction de la diversité et de l'abondance des espèces en raison de la perte d'habitat (quantité et qualité) (−)Elwood et Waters (1969)
Taux élevés de sédimentsL'effet est souvent immédiat chez les invertébrés benthiques, mais se manifeste plus tard chez les poissons (−)-

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Les études antérieures sur la variabilité de la couverture de glace sur les lacs et les rivières d'eau douce du Canada sont limitées quant à leur portée géographique; elles portent principalement sur des paramètres phénoménologiques, comme le moment où surviennent l'englacement en automne et la débâcle au printemps (par exemple Williams, 1970; Brimley et Freeman, 1997; Jasek, 1998; Lacroix et al., 2005). La date de l'englacement correspond à la première journée où le plan d'eau est complètement couvert de glace, tandis que la date de la débâcle correspond à la journée où la dernière glace est observée, avant la période des eaux libres. Jusqu'ici, les recherches sur les tendances quant à la débâcle et à l'englacement des lacs et rivières étaient limitées en raison du manque d'observations à long terme de paramètres uniformes et définis de façon objective. Au Canada, la surveillance de la couverture de glace a commencé en 1822 au havre de Toronto, sur le lac Ontario, et d'autres sites se sont ajoutés au réseau au fil des ans (Power et al., 1993; Wania et Mackay, 1993). Même si la Canadian Ice Database (base de données canadienne sur les glaces) contient 63 656 enregistrements couvrant la période de la saison des glaces de 18221823 à celle de 20002001, le réseau a connu une compression considérable au cours des dernières années en raison du manque de financement (Lenormand et al., 2002). À titre d'exemple, le réseau de l'englacement et de la débâcle pour la saison des glaces 20002001 représentait seulement 4 % du réseau de 19851986 (Lenormand et al., 2002). Les récents progrès réalisés dans le domaine de l'analyse par imagerie satellitaire (Brown et O'Neill, 2002) et la mise sur pied de Veille au gel, un programme national de surveillance volontaire des glaces (Environnement Canada et Attention glace, 2008), pourraient permettre d'élargir le réseau actuel et d'accroître la base d'information spatiale pour les zones en grande partie habitées du Canada.

Une étude récente s'est penchée sur les tendances à long terme dans les données sur les glaces des lacs qui remontaient jusqu'à 1822 pour l'ensemble du Canada (Environnement Canada et Attention glace, 2008). Les données de Veille au gel, un programme de surveillance effectuée par des bénévoles, ont été combinées aux données recueillies par le Service météorologique du Canada et le Service canadien des glaces. Parmi les 950 sites dans la base de données, près du tiers n'étaient représentés que par une ou deux années de données (Environnement Canada et Attention glace, 2008).En limitant l'analyse aux sites pour lesquels les données couvraient une période d'au moins 51 huit ans et les dernières observations avaient été effectuées en 1990 ou après, une analyse MannKendall non paramétrique a été réalisée sur des séries chronologiques, laquelle a montré que dans 15 des 195 sites, l'englacement tendait à survenir plus tôt (p < 0,05) et que dans 15 autres sites, l'englacement tendait à survenir plus tard, les tendances étant significatives dans les deux cas (p < 0,05) (Environnement Canada et Attention glace, 2008). Des tendances se sont également dessinées relativement au moment où survient le dégel printanier : selon des tendances significatives, la fonte surviendrait plus tôt à 40 des 258 sites (p < 0,05) et plus tard à seulement cinq sites (p < 0,05) (Environnement Canada et Attention glace, 2008). L'examen des sites présentant des tendances non significatives révèle que 168 des 258 sites démontrent une tendance selon laquelle la fonte printanière surviendrait plus tôt comparativement aux 75 sites affichant une tendance selon laquelle la fonte printanière surviendrait plus tard, bien que ces tendances ne soient pas statistiquement significatives (Environnement Canada et Attention glace, 2008). En étudiant plus en profondeur les résultats, il est clair que les changements dans la fonte des glaces des lacs étaient beaucoup plus rapides de 1950 à aujourd'hui que pendant la première moitié du XXe siècle (Environnement Canada et Attention glace, 2008).

La période d'enregistrements était toutefois variable pour chaque site dans l'analyse, c'est pourquoi les données ont été examinées de nouveau pour fournir une analyse additionnelle en utilisant des quantités et des périodes uniformes. Des données ont été sélectionnées pour deux analyses différentes : 1) période de 19702002, avec des données sur au moins 25 années; 2) période de 19002000, avec des données sur au moins 80 années. Ces périodes ont été choisies pour maximiser le nombre de sites à analyser tout en assurant un contrôle rigoureux de la qualité des données. Soulignons toutefois que les variables n'étaient pas toutes disponibles pour chacune des années, le gauchissement étant plutôt vers les variables relatives à la débâcle. En outre, même si des données plus récentes étaient disponibles (jusqu'à 2007 dans cet ensemble de données), aucune information à long terme n'existait pour les années ultérieures. Pour l'analyse, la stratégie employée est la même que celle utilisée pour produire le rapport de Veille au gel (2008a) en ce qui concerne la sélection et le traitement des variables. Pour la période de 1970 à 2002, un seul des vingtquatre sites pour lesquels des données adéquates existaient présentait un englacement qui tendait à survenir plus tard, cette tendance étant significative (p < 0,05). Les autres sites ne présentaient aucune tendance pour ce qui est du moment où survenait l'englacement. L'analyse des dates de débâcle révèle que dans 8 des 69 sites, la débâcle tendait à survenir plus tôt, cette tendance étant statistiquement significative (p < 0,05). Pour une grande proportion des sites restants (46 sur 69), la débâcle tendait à survenir plus tôt, alors qu'elle tendait à survenir plus tard sur 14 sites, ce qui concorde avec les résultats du rapport initial de Veille au gel. Des 14 sites pour lesquels existaient des données à long terme pour l'analyse (19002000), un seul site présentait une tendance statistiquement significative qui indiquait une débâcle hâtive, ceci au niveau de 10 %. Par contre, 10 des 14 sites montraient une tendance non significative qui indiquait une débâcle hâtive. Les trois sites pour lesquels existaient des données sur l'englacement affichaient une tendance significative (p < 0,01) qui indiquait un englacement tardif.

Malgré le manque de données à long terme provenant d'un réseau étendu, Magnuson et al. (2000) ont constaté des signes constants d'un englacement tardif et d'une débâcle hâtive (voir les exemples de lacs et de rivières du Canada aux Tableau 7 et Tableau 8). L'analyse des données provenant de 39 lacs et rivières dans l'ensemble de l'hémisphère Nord entre 1846 et 1995 a révélé que l'englacement survenait en moyenne 5,8 jours plus tard d'un siècle à l'autre, et que la débâcle
52 survenait en moyenne 6,5 jours plus tôt. Ces résultats étaient sans doute dus en grande partie à la hausse d'environ 1,2 °C par siècle de la température moyenne de l'air. Trois des sites (Russie, Finlande et Japon) possédaient des enregistrements qui remontaient au XVIIIe siècle. Ceuxci indiquent que des tendances étaient déjà présentes à cette époque, mais que les taux tendanciels ont continué d'augmenter après 1850. Sur le lac Suwa (Japon), par exemple, les enregistrements pour une période de 550 ans montraient que l'englacement survenait 2,0 jours plus tard d'un siècle à l'autre (p < 0,0001). Toutefois, sur de plus courtes périodes, la variation de la date de l'englacement passait de 3,2 jours par siècle (14431592) à 20,5 jours par siècle (18971993) (Magnuson et al., 2000). Cependant, l'étude était limitée sur le plan géographique, alors il est déconseillé de tirer des conclusions générales.

Bien que les relations à l'échelle du continent révèlent une diminution importante de la couverture de glace dans l'hémisphère Nord au cours des 300 dernières années, une plus grande variabilité est présente à l'échelle régionale (voir les exemples du Tableau 7 concernant l'englacement et ceux du Tableau 8 concernant la débâcle). À titre d'exemple, dans une étude, Williams (1970) a constaté que la débâcle de la rivière SaintJean, au NouveauBrunswick, survenait 15 jours plus tôt dans les années 1950, comparativement aux années 1870. Au XIXe siècle, les dates médianes de débâcle et d'englacement de la rivière Rouge à Winnipeg, au Manitoba, se situaient 12 jours plus tôt et 10 jours plus tard, respectivement, comparativement au XXe siècle (Rannie, 1983). D'autres études régionales et continentales fondées sur des observations plus détaillées révèlent des profils marqués pour ce qui est de l'englacement et de la débâcle entre les décennies et les régions reflétant des profils atmosphériques à plus grande échelle (voir les exemples fournis aux tableaux 7 et 8). À titre d'exemple, Duguay et al. (2006) se sont penchés sur les tendances relatives à la débâcle et à l'englacement des lacs dans l'ensemble du Canada (la Figure 25 comporte des exemples de débâcle de lacs). Une analyse des tendances non paramétrique MannKendall a permis de comparer les tendances de trois périodes distinctes de 30 ans, soit de 1951 à 1980, de 1961 à 1990 et de 1971 à 2000, en plus d'étudier la période de 1966 à 1995. Les résultats indiquent peu de tendances spatiales claires pour ce qui est de l'englacement des lacs au cours des trois périodes (les exceptions sont présentées au Tableau 7), les quelques grappes spatiales significatives laissant plutôt croire à des effets à l'échelle locale ou régionale. Ces résultats ne concordent pas avec ceux qu'ont obtenus Zhang et al. (2001), qui ont relevé des tendances généralisées indiquant un englacement hâtif dans l'ensemble du pays; cette dissimilitude pourrait toutefois refléter la différence dans la répartition spatiale et temporelle des sites entre les deux études.

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Tableau 7. Sommaire des études scientifiques quantifiant les tendances relatives à l'englacement des lacs et des rivières du Canada, d'après les données jusqu'à l'année 2000 inclusivement
SiteEmplacementHabitatAnnées d'enregistrementNbre d'années d'analyse  
(nbre de sites, le cas échéant)
TendanceSignificativitéRRéférence
Fleuve MackenzieTaïga du bouclier, bouclier boréal, plaines boréales, cordillère montagnarde, taïga des plaines, taïga de la cordillère, cordillère boréaleRivière1868–1978106,1 jours plus tard/100 ans<0,01Magnuson et al. (2000)
Rivière RougeSud du Manitoba (écozone+ incertaine)Rivière1799–19811613,2 jours plus tard/100 ans<0,001Magnuson et al. (2000)
THavre de TorontoPlaines à forêts mixtesRivière1822–19201136,9 jours plus tard/100 ans<0,001Magnuson et al. (2000)
Rivière RougePlaines boréales, prairiesRivièrer1815–198115312 jours plus tard au cours du XXe siècle-Rannie (1983)
Lac FramePlaines boréalesLac1956–1980250,4 jour plus tard/année<0,1Duguay et al. (2006)
Stations du réseau hydrométrique de référence du Canada dans l'enseCanadaRivière(a) 1967–1996
(b) 1957–1996
(c) 1947–1996
(a) 30 Note a du tableau 7 (151) Note b du tableau 7(71)
(c) 50Note b du tableau 7 (47)
a) plus tôt dans 21,4 % des sites b) plus tôt dans 38,2 % des sites c) plus tôt dans 50 % des sites<0,1Zhang et al. (2001)
Grand LacÉcozone+ maritime deLac1952–1980290,58 jour plus tôt/année<0,1Duguay et al. (2006)
Lac AthabascaTaïga du bouclier, bouclier boréal, plaines boréalesLac1965–1990231,25 jour plus tard/année<0,01Duguay et al. (2006)
Deadman's PondÉcozone+ de la forêt boréale de TerreNeuveLac1961–1990280,5 jour plus tôt/année<0,05Duguay et al. (2006)
Lac UtopiaÉcozone+ maritime de l'AtlantiqueLac1971–2000301,23 jour plus tard/année<0,001Duguay et al. (2006)
Lac IslandBouclier boréalLac1971–1998210,42 jour plus tôt/année<0,05Duguay et al. (2006)
Rivières dans l'ensemble du CanadaCanadaRivière(a) 1951–1980
(b) 1961–1990
(c) 1966–1995
(d) 1950–1998
(a) 30Note b du tableau 7(50)
(b) 30Note a du tableau 7 (68)
(c) 30Note a du tableau 7 (60)
(d) 49Note a du tableau 7 (41)
a) 1,0 jour plus tard/décennie
b) 0,1 jour plus tôt/décennie
c) 0,1 jour plus tard/décennie
d) 0,3 jour plus tard/décennie
<0,1Lacroix et al.
(2005)

Note du tableau 7

Note a du tableau 7

Chaque site n'a pas nécessairement des données pour chaque année de l'analyse.

Retour à la référence de la note a du tableau 7

Note b du tableau 7

Tous les sites ont des données pour plus des deux tiers des années de l’analyse.

Retour à la référence de la note b du tableau 7

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Tableau 8. Sommaire des études scientifiques dans lesquelles sont quantifiées les tendances relatives à la débâcle des lacs et des rivières au Canada, d'après les données jusqu'à 2002 inclusivement
SiteÉcozone+HabitatAnnées d'enregistrementNbre d'années avec données
(nbre de sites, le cas échéant) (# sites)
TendanceSignifi-cativitéRéférence
Rivière RougeSud du Manitoba (écozone+ incertaine)Rivière1799–199318010,6 jours plus tôt/100 ans<0,001Magnuson et al. (2000)
Havre de TorontoPlaines à forêts mixtesRivière1822–19851117,4 jours plus tôt/100 ansNon significativeMagnuson et al. (2000)
Rivière MiramichiPlaines à forêts mixtesRivière1822–19551277,3 jours plus tôt/100 ans<0,01Magnuson et al. (2000)
Lac CanoePlaines à forêts mixtesLac1982–200117MannKendall Z = 1,65<0,05Futter (2003)
Lac St. NoraPlaines à forêts mixtesLac1968–199021Mann-Kendall Z = -3,14<0., (2003)-
Lac ScugogPlaines à forêts mixtesLac1872–1995102Mann-Kendall Z = -1,73<0,05Futter (2003)
Lac SimcoePlaines à forêts mixtesLac1853–1995130Mann-Kendall Z = -1,82<0,05Futter (2003)
Lac StoneyPlaines à forêts mixtesLac1956–198830Mann-Kendall Z = -2,30<0,01Futter (2003)
Lac Thirteen IslandsPlaines à forêts mixtesLac1992–200110Mann-Kendall Z = -1,70<0,05Futter (2003)
Rivière RougePrairie,
Boreal Plains
Rivière1815–198115710 jours plus tôt au cours du XXe siècle-Rannie (1983)
Bassin du fleuve MackenzieTaïga du bouclier, bouclier boréal, plaines boréales, cordillère boréale, cordillère montagnarde, taïga des plaines, taïga de la cordillèreRivière1970–200233Notecdu tableau 8(17)~1 jour/décennie en amont<0,1de Rham et al. (2008)
Rivière YukonCordillère boréale,
taïga de la cordillère
Rivière1896–1998-~5 jours plus-Jasek (1998)
Stations du réseau hydro-métrique de référence dans l'ensemble du CanadaCanadaRivière(a) 1967–1996
(b) 1957–1996
(c) 1947–1996
a) 30Notecdu tableau 8 (151)
(b) 40Notecdu tableau 8 (71)
(c) 50Notecdu tableau 8 (47)
a) plus tôt dans 15,1 % des sites
b) plus tôt dans 21,8 % des sites
c) plus tôt dans 30 % des sites
<0,1Zhang et al. (2001)
Baie de Colpoy (lac Huron)Plaines à forêts mixtesLac1951–1980290,5 jour plus tard/année<0,1Duguay et al. (2006)
Brochet Bay (lac Reindeer)Plaines boréalesLac1951–1980300,5 jour plus tôt/année<0,05Duguay et al. (2006)
Lac GullPlaines à forêts mixtesLac1961–1990300,4 jour plus tard/année>0.1Duguay et al. (2006)
Lac UtopiaÉcozone+ maritime de l'AtlantiqueLac1961–1990300,52 jour plus tôt/année<0,01Duguay et al. (2006)
Taïga des plainesPlaines taigaLake1971–19962600,4 jour plus tard/année<0,05Duguay et al. (2006)
Lac DiefenbakerPrairiesLac1971–2000300,33 jour plus tôt/année<0,05Duguay et al. (2006)
Rivières dans l'ensemble du CanadaCanadaRivières(a) 1951–1980
(b) 1961–1990
(c) 1966–1995
(d) 1950–1998
(a) 30Noteddu tableau 8 (61)
(b) 30Noteddu tableau 8 (79)
(c) 30Notecdu tableau 8 (71)
(d) 49Notecdu tableau 8 (45)
a) 1,0 jour plus tard/décennie
b) 2,2 jours plus tôt/décennie
c) 2,0 jours plus tard/décennie
d) 1,6 jour plus tard/décennie
<0.1Lacroix et al. (2005)

Notes du tableau 8

Note c du tableau 8

Chaque site n'a pas nécessairement des données pour chaque année de l'analyse.

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Note d du tableau 8

Tous les sites ont des données pour plus des deux tiers des années de l'analyse.

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Inversement, les tendances relatives à la débâcle des lacs relevées par Duguay et al. (2006) révèlent une plus grande cohérence spatiale. Selon la période retenue pour l'analyse, les résultats indiquent que la fonte printanière survenait plus tôt dans l'ouest du pays et plus tard dans l'est (19511980). La période de 1961 à 1990 révèle une tendance à l'échelle du pays indiquant que la débâcle survenait plus tôt, ce qui est aussi le cas pour la période de 1971 à 1990. En utilisant la période de 1966 à 1995, les résultats obtenus sont comparables à ceux de la période de 1961 à 1990, soit une tendance générale indiquant une débâcle hâtive et peu de tendances relatives à l'englacement à l'échelle régionale. Des études antérieures (par exemple Bonsal et Prowse, 2003; Bonsal et al., 2006) ont permis de montrer le lien entre la débâcle/l'englacement et la température de l'air ressentie entre un et trois mois avant l'événement. Comme l'illustre la Figure 25, les tendances indiquant une débâcle hâtive des lacs concordent avec l'arrivée hâtive de l'isotherme 0 °C au printemps (Duguay et al., 2006). Les résultats laissent croire à un degré de synchronisation élevé, 78 % des sites montrant une corrélation (r > 0,5) entre la date qui correspond à l'isotherme et celle qui correspond à la débâcle.

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Figure 25. Tendances relatives aux températures printanières et aux dates de la débâcle au Canada, de 1966 à 1995
Cette carte du Canada montre les zones de mesure les tendances relatives à la débâcle et les tendances relatives à l'isotherme 0 °C au printemps entre 1966 et 1995
Source : Programme des Nations Unies pour l'environnement (2007), y compris des données tirées de Duguay et al. (2006)
Description longue pour la figure 25.

Cette carte du Canada montre les zones de mesure les tendances relatives à la débâcle et les tendances relatives à l'isotherme 0 °C au printemps entre 1966 et 1995. La carte est parsemée d'icônes qui disent si l'on a observé une tendance significative indiquant une débâcle survenue plus tôt, une tendance non significative indiquant une débâcle survenue plus tôt, une tendance non significative indiquant une débâcle survenue plus tard ou aucune tendance. La carte montre que la tendance générale indique une débâcle hâtive et peu de tendances relatives à l'englacement à l'échelle régionale.

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Sommaire et orientation future

Les publications scientifiques signalent des tendances indiquant une débâcle et un englacement qui surviennent plus tôt et plus tard partout au Canada, les tendances les plus fréquentes dans l'ensemble du pays étant celles qui indiquent une débâcle hâtive. Les résultats provenant du rapport de Veille au gel (2008b) ont révélé peu de preuves indiquant des tendances d'englacement des lacs, mais signalent des tendances indiquant une débâcle des lacs survenant plus tôt. Ces résultats ont été reflétés dans nos analyses, particulièrement dans le cas de la série de données à long terme. Au sein de chacune des écozones+, une grande variabilité a été décelée. Par exemple, les données provenant des stations dans les écozones+ maritime de l'Atlantique, de la forêt boréale de Terre-Neuve et de la cordillère boréale indiquaient des tendances d'englacement précoce dans ces écozones+, tandis que les données provenant de la majorité des autres régions indiquaient des tendances variées. La plupart des régions ont présenté des tendances de débâcle précoce. Il est nécessaire de tenir à jour les bases de données de surveillance utiles (comme Veille au gel) et d'en tirer profit, en plus d'élaborer des analyses fondées sur le système d'information géographique (SIG) de l'image satellite.

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