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Biodiversité dans les rivières et lacs du Canada

Ce rapport est aussi disponible en version PDF [PDF, 5.48 Mo]

Table des matières

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Information sur le document

W.A. MonkNote de référence [1] et D.J. BairdNote de référence [1],Note de référence [2]

Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010

Rapport technique thématique no 19
Publié par les Conseils canadiens des ministres des ressources

Information sur le document

Page de la couverture

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

Biodiversité dans les rivières et lacs du Canada

Publié aussi en anglais sous le titre :
Biodiversity in Canadian lakes and rivers
Monographie électronique en version PDF
En14-43/20-2014F-PDF
978-0-660-22052-9

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Ce rapport devrait être cité comme suit :

Monk, W.A., et D.J. Baird. 2014. Biodiversité dans les rivières et lacs du Canada. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, rapport technique thématique no 19, Conseils canadiens des ministres des ressources, Ottawa (Ontario), vi + 99 p.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2014
Also available in English.

Notes de référence

Note de référence [1]

Canadian Rivers Institute, Université du Nouveau­Brunswick

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Note de référence [2]

Environnement Canada, Fredericton

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Préface

Les Conseils canadiens des ministres des ressources ont élaboré un cadre axé sur les résultats en matière de biodiversitéNote de bas de page1 en 2006 pour mettre l'accent sur les mesures de conservation et de restauration conformément à la Stratégie canadienne de la biodiversitéNote de bas de page2. Le rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010Note de bas de page3 a été le premier rapport rédigé suivant ce cadre. Il permet d'évaluer les progrès réalisés en vue d'atteindre l'objectif du cadre, à savoir des « écosystèmes sains et diversifiés » et d'obtenir les deux résultats souhaités en matière de conservation : i) des écosystèmes productifs, résilients et diversifiés capables de se rétablir et de s'adapter et ii) la restauration des écosystèmes endommagés.

Les 22 constatations clés récurrentes présentées dans le rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010 sont issues de la synthèse et de l'analyse des rapports techniques préparés dans le cadre du présent projet. Plus de 500 experts ont participé à la rédaction et à l'examen de ces documents de base. Le présent document, Biodiversité dans les rivières et lacs du Canada, s'inscrit au nombre de plusieurs rapports préparés sur la situation et les tendances de thèmes nationaux intersectoriels. Il a été préparé et révisé par des experts du domaine d'étude et reflète les points de vue des auteurs.

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Auteurs collaborateurs

R. Allen Curry
Canadian Rivers Institute, Université du Nouveau-Brunswick
Nancy Glozier
Centre de recherche faunique des Prairies et du Nord, Environnement Canada, Saskatoon
Daniel L. Peters
Centre de recherche sur les impacts des changements climatiques et hydrologiques, Environnement Canada, Université de Victoria

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Remerciements

Les données pour les analyses hydrologiques ont été fournies par l’intermédiaire de la base de données HYDAT (banque nationale de données sur les eaux de surface) des Relevés hydrologiques du Canada. D’autres données géospatiales ont été tirées de GéoGratis et de GéoBase. Nous remercions également les examinateurs du présent rapport.

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Système de classification écologique – écozones+

Une version légèrement modifiée des écozones terrestres du Canada, décrites dans le Cadre écologique du CanadaNote de bas de page4, a permis de déterminer les zones représentatives d’écosystèmes pour tous les rapports compris dans le présent projet. Les modifications comprennent : un ajustement des limites terrestres pour tenir compte des améliorations résultant des activités de vérification au sol; la fusion des trois écozones de l’Arctique en une seule écozone; l’utilisation de deux écoprovinces, à savoir le bassin intérieur de l’Ouest et la forêt boréale de Terre-Neuve; l’ajout de neuf zones marines représentatives d’écosystèmes; et l’ajout de l’écozone des Grands Lacs. Ce système de classification modifié est appelé « écozones+ » dans ces rapports afin d’éviter toute confusion avec les « écozones » mieux connues du cadre initialNote de bas de page5.

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Cadre de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes du Canada.
carte du Canada montre le cadre de classification écologique
Description longue pour la carte de l'écozone+ du Canada

Cette carte du Canada montre le cadre de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes, appelé « écozones+ ». Cette carte illustre la répartition des 15 écozones+ terrestres (Maritime de l'Atlantique; Boréale de Terre-Neuve; Taïga du bouclier; Plaines à forêts mixtes; Bouclier boréal; Plaines hudsoniennes; Prairies; Plaines boréales; Cordillère montagnarde; Bassin intérieur de l'Ouest; Maritime du Pacifique; Cordillère boréale; Taïga de la cordillère; Taïga des plaines; Arctique), deux grandes écozones+ de lacs (Grand Lacs; Lac Winnipeg), et neuf écozones+ marines (Estuaire et golfe du Saint-Laurent; Golfe du Maine et plateau néo-écossais; Plateaux de Terre-Neuve et du Labrador; Baie d'Hudson, baie James et bassin Foxe; Archipel Arctique canadien; Mer de Beaufort; Côte nord et détroit d'Hécate; Côte ouest de l'île de Vancouver; Détroit de Georgia).

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Sommaire

  • Il y a plus de 8 500 rivières et 2 millions de lacs au Canada, qui couvrent près de 9 % de la superficie totale du pays. Ces eaux sont drainées dans cinq bassins versants océaniques principaux : ceux des océans Arctique, Pacifique et Atlantique, celui de la baie d'Hudson et celui du golfe du Mexique. Soulignons que près de trois quarts du volume s'écoule vers le nord dans l'océan Arctique, la baie d'Hudson et la baie James.
  • Au Canada, il est toujours difficile d'évaluer l'état ou les tendances des écosystèmes d'eau douce et de leur biodiversité, car les données d'observation à long terme sont insuffisantes et ne sont pas uniformes pour l'ensemble du pays. Toutefois, des mesures ont été prises récemment pour pallier ce problème, notamment en mettant sur pied le Réseau canadien de biosurveillance aquatique (RCBA).
  • Le nombre d'espèces de poissons en danger a augmenté de façon constante au Canada, passant de 12 en 1979 à 62 en 2008. Cette augmentation découle directement de la perte d'habitat, de la concurrence exercée par les espèces envahissantes non indigènes et de la surexploitation.
  • Dans le cadre du présent rapport, le manque de données a empêché d'évaluer les tendances à l'échelle nationale concernant le niveau des lacs. Cependant, les recherches menées dans les lacs des Prairies révèlent une baisse globale du niveau des lacs dans cette région au cours des 90 dernières années. Cette baisse est imputable à la diminution des précipitations et concorde avec les prévisions des modèles de réchauffement du climat.
  • Les tendances de propriétés écologiquement importantes des écoulements fluviaux ont été évaluées pour la période de 1970 à 2005. Les résultats révèlent une augmentation marquée de la variabilité, de même que des tendances régionales pour ce qui est de l'écoulement minimal et maximal à court et à long terme.
  • Bien que peu de tendances statistiquement significatives aient été constatées en ce qui a trait à l'englacement et à la débâcle, il est clair que, dans la plupart des sites faisant l'objet d'une surveillance, la débâcle et le débit annuel maximal sur une journée (qui est souvent associé à la crue printanière) surviennent de plus en plus tôt, ce qui semble concorder avec l'arrivée plus rapide de l'isotherme 0 °C au printemps.
  • La construction de barrages d'une hauteur de plus de 10 m était à son maximum entre 1950 et 1980, mais est en baisse depuis ce temps dans l'ensemble du Canada.
  • De 1980 à 2006, les émissions de dioxyde de soufre au Canada et aux États-Unis ont diminué d'environ 45 % et les émissions d'oxyde d'azote, d'environ 19 %. Bien que des diminutions marquées de la présence de sulfates dans les lacs aient été relevées peu après les réductions d'émissions, la réaction de l'acidité des lacs (mesurée par le pH) s'est manifestée lentement et de façon moins généralisée, en partie en raison des diminutions de calcium imputables aux dépôts acides.
  • Au­delà de la région des Grands Lacs, les données permettant d'analyser les tendances à long terme de la concentration de contaminants dans le biote sont rares. C'est le cas pour l'Arctique canadien, secteur de préoccupation récente, où certaines études font état de profils localisés sur des périodes trop courtes pour pouvoir bien analyser les tendances.

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Introduction

Le présent rapport fournit une analyse de l'état et des tendances de la biodiversité des eaux douces au sein des lacs et des rivières du Canada en utilisant une combinaison de données : 1) des données quantitatives; 2) des données qualitatives obtenues par examen de la documentation; 3) des renseignements contenus dans des études scientifiques évaluées par les pairs. Il examine la biodiversité dans son sens large, en mettant un accent particulier sur les écosystèmes des lacs et des rivières. Sa portée est limitée, sans attention particulière accordée aux milieux humides. Le cas des Grands Lacs est étudié dans les rapports sur l'état des Grands Lacs (par exemple,Environnement Canada et U.S. Environmental Protection Agency, 2009), et le cas du lac Winnipeg est examiné dans le sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour les plaines boréales et les renseignements de base supplémentaires (Secrétariat du RETE, 2011), alors ils ne sont pas traités dans le présent rapport. En cours de rédaction, il est devenu clair que toute conclusion tirée des données serait forcément limitée en raison du manque d'observations quantitatives et uniformes dans l'ensemble du pays en ce qui concerne les espèces aquatiques du Canada. Voilà pourquoi des données de substitution ont été utilisées, notamment sur les tendances relatives aux habitats, pour déterminer les tendances probables de la biodiversité. Ces tendances sont aussi examinées plus en détail dans les rapports propres aux écozones+ qui font partie du Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes (RETE). C'est avec ces données que nous avons tenté d'analyser les tendances principales dans les écosystèmes des lacs et des rivières, en étudiant les éléments suivants : 1) les espèces de poissons en péril; 2) les régimes hydrologiques; 3) l'englacement et la débâcle; 4) la perte et la fragmentation d'habitat; 5) les contaminants, les nutriments et l'acidification; 6) les climats futurs. Enfin, soulignons que le rapport s'appuie sur le cadre des écozones+ qui est employé pour les autres rapports de la même série. Cette précision a une incidence importante sur l'évaluation des tendances dans les écosystèmes d'eau douce, dont les limites ne correspondent pas aux limites géographiques des écozones+.

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Lacs et rivières du Canada

Le Canada a une superficie de 9 984 670 km2, soit 9 093 507 km2de terres et 891 163 km2d'eau (L'Atlas du Canada, 2004b). Ses frontières ceignent une masse continentale et, de ce fait, le pays renferme des climats bien différents les uns des autres. Cette diversité climatique, ainsi que la variation topographique importante et la modification considérable de l'environnement par l'humain ont influé fortement sur l'hydrologie du pays (Meteorological Survey of Canada, 2003). Les climats locaux et régionaux sont fortement influencés par l'interaction des vents d'ouest et les caractéristiques topographiques naturelles, qui comprennent de vastes chaînes de montagnes, de larges plaines et des bassins fluviaux importants (Meteorological Survey of Canada, 2003; Bonsal et Shabbar, 2011). Les précipitations annuelles vont de moins de 100 mm dans les régions sèches des îles de l'Arctique à plus de 4 000 mm dans les régions les plus humides de la côte du Pacifique (L'Atlas du Canada, 2007b). En direction du nord depuis le sud, le climat continental fait place à un climat subarctique, puis à un climat arctique. En outre, une influence maritime secondaire joue sur le climat des côtes ouest et est, tandis que le pergélisol s'étend sur près de la moitié du territoire dans les latitudes moyennes et hautes (L'Atlas du Canada, 2004a).

Les lacs et les réservoirs peuvent constituer une source importante d'informations pour l'analyse des tendances, puisque les changements dans le niveau et la quantité d'eau reflètent l'impact du climat (Williamson et al., 2009). Le Canada compte plus de deux millions de lacs qui, avec les rivières, couvrent près de 9 % de la superficie du pays (L'Atlas du Canada, 2004b). Plus de 900 000 lacs ont une superficie supérieure à 0,1 km2, ce qui représente 37 % de la superficie des lacs du monde entier (Minns et al., 2008); plus de 560 de ces lacs ont une superficie de plus de 100 km2(Tableau 1). Le groupe le plus important, celui des Grands Lacs, chevauche la frontière canado­américaine et représente 18 %, en volume d'eau, des lacs d'eau douce du monde entier (L'Atlas du Canada, 2007a). Étant fortement influencés par l'évolution géologique, les lacs les plus grands se trouvent pour la plupart dans le Bouclier canadien, les plaines intérieures et les basses­terres du Saint­Laurent. L'action des glaces a joué un rôle important dans la formation d'autres lacs, comme le Grand lac de l'Ours, le Grand lac des Esclaves, le lac Athabasca, le lac Winnipeg et les Grands Lacs. Le Tableau 1 présente un sommaire de la répartition des lacs dans l'ensemble du pays selon leur superficie.

Tableau 1. Nombre de lacs par région du Canada, selon la superficie (km2)
RégionSuperficie (km2)
3–99
Superficie (km2)
100–199
Superficie (km2)
200–399
Superficie (km2)
400–999
Superficie (km2)
1 000–2 499
Superficie (km2)
2 500–9 999
Superficie (km2)
10 000–36 000
Total
Provinces de l'Atlantique1 76119541201 792
Québec8 1824927125008 275
Ontario3 837341291243 899
Provinces des Prairies5 2456539188515 381
Colombie­Britannique8386124100861
Territoires11 328108603583211 544
Canada31 191281155822412731 752

Source : Données fournies par Environnement Canada (1973) figurant dans l'Atlas du Canada (2008b)Provinces de l'Atlantique : Nouveau­Brunswick, Île­du­Prince­Édouard, Nouvelle­Écosse et Terre­Neuve­et­Labrador.
Provinces des Prairies : Manitoba, Saskatchewan et Alberta.
Territoires : Nunavut, Territoires du Nord­Ouest et Yukon.

Des 25 cours d'eau qui présentent le plus grand débit annuel en Amérique du Nord, 14 s'écoulent entièrement ou en partie au Canada (Benke et Cushing, 2005). Les cours d'eau canadiens se drainent dans cinq bassins versants océaniques principaux : ceux des océans Arctique, Pacifique et Atlantique, celui de la baie d'Hudson et celui du golfe du Mexique. Cela dit, près des trois quarts, représentant environ la moitié du débit annuel total (47,9 %), s'écoulent vers le nord et se jettent dans l'océan Arctique ou dans la baie d'Hudson et la baie James (Déry et Wood, 2005). La plupart des cours d'eau canadiens présentent une variation saisonnière marquée de l'écoulement, et la plupart des crues sont associées à la fonte des neiges au printemps. Le débit varie aussi selon les régimes saisonniers des pluies. Dans les régions montagneuses, l'eau de fonte glaciaire maintient l'écoulement. Dans la plupart des rivières non modifiées, les étiages surviennent généralement à la fin de l'été en raison de la réduction des précipitations et de la hausse de l'évaporation, ou à la fin de l'hiver, lorsque les précipitations s'accumulent sous forme de glace et de neige.

Le suivi des tendances hydrologiques à l'échelle du pays est réalisé au moyen de l'analyse des données recueillies aux stations du vaste réseau hydrométrique des Relevés hydrologiques du Canada (voir aussi Shrubsole, 2000). Des séries chronologiques des données hydrologiques propres aux sites ont également été établies à l'aide de données paléoenvironnementales pour effectuer une analyse à long terme de l'incidence des changements climatiques. À titre d'exemple, une étude menée récemment par Wolfe et al. (2008) a permis d'extraire une série chronologique sur le niveau d'eau qui s'étend sur les mille dernières années pour le cours supérieur du fleuve Mackenzie. Selon des données paléoenvironnementales recueillies dans le delta Paix­Athabasca, il semble que le niveau d'eau du lac Athabasca reflète directement la disponibilité globale de l'eau. Les résultats révèlent des fluctuations systématiques du niveau d'eau du lac au fil du temps, indiquant une superficie maximale des glaciers au Petit Âge glaciaire (du XVIIIe au XXe siècle) et une superficie minimale au XIe siècle, qui était passablement plus chaud (Wolfe et al., 2008). Dans ce contexte, les tendances hydrologiques récentes laissent croire à une baisse du niveau d'eau, l'apport des champs de neige en altitude et des glaciers continuant de diminuer. Par ailleurs, la forme des hydrogrammes annuels semble indiquer qu'il y a eu une variabilité importante des crues printanières au cours du Moyen Âge et des crues printanières tardives au Petit Âge glaciaire et au XXe siècle (Wolfe et al., 2008).

De plus en plus d'activités humaines représentent un danger pour les rivières du Canada (Environnement Canada, 2001; Environnement Canada, 2004). Il s'agit de la construction de barrages à des fins de maîtrise des crues ou de production d'énergie hydroélectrique (par exemple Poff et al., 2007), de l'irrigation et de l'utilisation de l'eau par les municipalités (par exemple Fitzhugh et Richter, 2004), de la contamination chimique (par exemple Wan et al., 2006; Smith et al., 2007; Bordeleau et al., 2008) ou de la dissémination d'espèces envahissantes non indigènes (par exemple Boyer et al., 2008). L'incidence de ces activités est susceptible d'augmenter en raison des effets importants du réchauffement du climat, qui vont obliger à modifier l'infrastructure nationale pour s'y adapter. Les systèmes hydrologiques sont naturellement dynamiques (Milly et al., 2008), comme en témoigne, par exemple, la variation des niveaux de pergélisol, laquelle provoque des changements dans le réseau hydrologique du Nord (Vallee et Payette, 2007). Étant donné ces changements dans les conditions de base, il est difficile de déceler les autres effets provoqués par les changements climatiques mondiaux (par exemple Rand et al., 2006). Cependant, il est clair que les phénomènes naturels et les activités humaines peuvent nuire considérablement à la qualité et à la quantité de l'eau et influer ainsi sur la diversité des habitats (par exemple Charron et al., 2008). Composante de la biodiversité, la diversité des habitats influe fortement sur d'autres éléments, comme la diversité des espèces et des gènes. Par conséquent, en l'absence de toute donnée historique découlant de la surveillance stratégique des espèces et/ou de la diversité génétique, un examen des changements de l'habitat même au fil du temps peut être utilisé comme substitut. Néanmoins, il faudrait effectuer une collecte systématique et stratégique de données de surveillance relatives aux autres éléments de la biodiversité, lesquelles sont insuffisantes à l'heure actuelle pour les écosystèmes d'eau douce au Canada, afin d'aborder ces éléments directement.

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Association des lacs et des rivières aux écozones+

Le rapport porte sur les écosystèmes des rivières et des lacs dans l'ensemble du Canada. Pour analyser les écosystèmes d'eau douce, il est d'usage de se fonder sur les limites des bassins hydrologiques qui contiennent les réseaux hydrographiques de systèmes connexes. Un bassin hydrologique peut être défini comme le territoire permettant à l'eau de surface de s'écouler topographiquement vers un point particulier (p. ex. rivière, cours d'eau ou lac). Les principaux critères requis pour définir un bassin hydrologique sont la topographie et la présence d'un plan d'eau. Une écozone est définie en s'appuyant sur un ensemble de critères différents qui comprend le climat, les végétaux, les sols, les reliefs, les animaux et les caractéristiques des eaux, et suppose donc la prise en considération de la biodiversité. Selon la Figure 1, il est clair que les limites du bassin hydrologique (telles qu'elles sont définies par Environnement Canada, 2006c) et les délimitations de l'écozone+ terrestre utilisées dans le RETE ne sont pas contiguës dans l'espace. Dans un bassin hydrologique, il existe des variations dans les habitats et les communautés le long de gradients longitudinaux naturels. Le rapport est forcément structuré en fonction des écozones+, mais il faut se souvenir qu'une activité dans une écozone+ donnée d'un bassin hydrologique est influencée par les processus écologiques en amont, dans les écozones+ contiguës.

Figure 1. Écozones+ et principaux bassins hydrologiques définis par les Relevés hydrologiques du Canada
Cartre montre l'Écozones+ et principaux bassins hydrologiques définis par les Relevés hydrologiques du Canada
Source: Environment Canada (2006c)
Description longue pour la Figure 1.

Cette carte montre les 15 écozones terrestres+ et les 11 principaux bassins hydrologiques du Canada. Principaux bassins hydrographiques présentés : 01 – Provinces Maritimes; 02 – Saint-Laurent; 03 – Nord du Québec et Labrador; 04 – Sud-ouest de la baie d'Hudson; 05 – Fleuve Nelson; 06 – Ouest et nord de la baie d'Hudson; 07 – Grand lac des Esclaves; 08 – Pacifique; 09 – Fleuve Yukon; 10 – Arctique; 11 – Fleuve Mississippi.

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Les grands réseaux hydrographiques du Canada englobent un large éventail d'habitats et d'écosystèmes. Ils comprennent les espèces endémiques, de même que diverses caractéristiques hydrologiques et climatiques. Caractérisées par un écoulement élevé, se drainant vers l'ouest dans le bassin versant du Pacifique pour se jeter dans l'océan, la plupart des rivières de la côte du Pacifique prennent leur source en haute altitude dans plusieurs chaînes de montagnes, et leurs bassins récepteurs présentent un relief très prononcé (Richardson et Milner, 2005). À titre d'exemple, le fleuve Fraser est le cinquième cours d'eau au Canada par sa longueur; il coule sur 1 400 km depuis ses eaux d'amont au parc provincial du Mont-Robson jusqu'à son embouchure à Vancouver, sur la côte du Pacifique, et passe par l'écozone+ de la cordillère montagnarde et l'écozone maritime du Pacifique (Abell et al., 2000; Burridge et Mandrak, 2009a). Les rivières de l'écozone+ de la cordillère montagnarde, de l'écozone+ de la cordillère boréale et de l'écozone+ maritime du Pacifique présentent un écoulement annuel élevé, tant vers l'ouest et les régions côtières que vers l'est et les écozones+ des prairies (vers le sud), des plaines boréales et de la taïga des plaines (vers le nord) (Environnement Canada, 2010a). L'écoulement des rivières dans les montagnes des régions côtières dépasse souvent 3 000 mm par année, alors que l'écoulement moyen se chiffre à moins de 200 mm par année dans les Prairies, où le climat est plus sec (Environnement Canada, 2010a). Classifié comme un habitat dulcicole tempéré de zone sèche, le bassin versant du fleuve Nelson compte plusieurs grandes rivières dont le fleuve Churchill, le fleuve Nelson et la rivière Saskatchewan, ainsi que de nombreux lacs interconnectés (Abell et al., 2000). Le fleuve Nelson, par exemple, coule sur plus de 3 000 km avant de se jeter dans la baie d'Hudson; il couvre une superficie de plus d'un million de kilomètres carrés de l'intérieur de l'Amérique du Nord – 892 300 km2au Canada et 180 000 km2 aux États­Unis (Rosenberg et al., 2005). L'habitat dans cette région comporte des rivières méandriques à faible débit qui traversent de larges vallées reliées les unes aux autres. La diversité des espèces de poissons d'eau douce y est faible; certaines espèces introduites semblent être responsables de la diminution des populations de plusieurs espèces indigènes.

Plus à l'est, jusqu'aux Grands Lacs, l'écoulement annuel varie de 100 mm dans le nord­ouest à 800 mm dans le sud­est; il dépasse même 1 000 mm le long de la côte de l'Atlantique (Environnement Canada, 2010a). C'est dans les Grands Lacs, de même que dans le sud de la baie d'Hudson, que se trouve la plus grande diversité d'espèces de poissons d'eau douce; 87 espèces y ont été recensées, y compris 18 espèces diadromes dans le cours principal du fleuve Saint­Laurent seulement (Thorp et al., 2005). À titre d'exemple, l'écozone+ des plaines à forêts mixtes renferme des milieux humides importants dans la région à forte densité de population du sud de l'Ontario et du sud du Québec. Le climat y est fortement influencé par les Grands Lacs, lesquels engendrent un climat continental ou continental modifié. Nombre de ruisseaux, de rivières, de lacs, de sources, d'étangs alimentés par une source et de milieux humides se trouvent à l'intérieur et près de cette écozone+, l'écoulement annuel allant de 200 mm dans le sud­ouest à plus de 600 mm dans le nord­est (Thorp et al., 2005; Environnement Canada, 2010a). Toutefois, au fil de son histoire, cette région a subi l'influence considérable de l'urbanisation, y compris le développement de plusieurs grandes villes (Abell et al., 2000; World Wildlife Fund et The Nature Conservancy, 2008a). Entourées du Bouclier canadien, les eaux des milieux humides étendus de l'écozone+ des plaines hudsoniennes s'écoulent vers le nord et se jettent dans la baie d'Hudson et la baie James.

Toujours plus à l'est, vers la côte de l'Atlantique, l'écoulement augmente de façon considérable, allant de 600 mm annuellement dans l'ouest de l'écozone+ maritime de l'Atlantique à plus de 2 000 mm sur la côte de l'Atlantique (Burridge et Mandrak, 2009b; Burridge et Mandrak, 2009c; Burridge et Mandrak, 2009d; Environnement Canada, 2010a). Coulant vers l'océan Atlantique à travers une couverture forestière étendue qui comporte de nombreux plans d'eau intérieurs (Cunjak et Newbury, 2005), le réseau hydrographique de la rivière Saint­Jean est le plus important dans l'écozone+ maritime de l'Atlantique (Burridge et Mandrak, 2009c). Dans cette écozone+, plusieurs rivières, dont la rivière Ste­Croix et le cours supérieur de la Ristigouche au Nouveau­Brunswick ainsi que la rivière Hillsborough et le bassin Three Rivers à l'Île­du­Prince­Édouard, sont reconnues comme rivières du patrimoine canadien (Burridge et Mandrak, 2009b; Burridge et Mandrak, 2009c). L'écozone+ compte aussi plusieurs petits lacs, le plus vaste étant le Grand Lac, au Nouveau­Brunswick. La diversité des poissons d'eau douce dans l'écozone+ maritime de l'Atlantique est relativement faible; les poissons d'eau douce qui présentent une certaine résistance à l'eau salée dominent, comme l'esturgeon (Acipenser spp.), l'anguille d'Amérique (Anguilla rostrata), le fondule (Fundulus spp.) et l'éperlan (Osmeridae). Par ailleurs, il y a d'importants sites de nidification du balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) et du fuligule à collier (Aythya collaris) (Burridge et Mandrak, 2009b; Burridge et Mandrak, 2009c; Burridge et Mandrak, 2009d).

L'écozone+ de la forêt boréale de Terre­Neuve présente un climat maritime et une faible diversité en ce qui concerne les poissons d'eau douce. Les rivières Main et Bay du Nord sont des rivières du patrimoine canadien (Burridge et Mandrak, 2009b). Bon nombre des espèces d'eau douce présentes dans cette région sont tolérantes à l'eau salée et diadromes; c'est notamment le cas de l'alose (Alosa spp.) et du saumon atlantique (Salmo salar). Parmi les rivières principales qui s'écoulent dans l'écozone+, mentionnons les rivières Exploits, Gander, Humber et Main. La région comprend aussi de nombreux lacs glaciaires en forme de doigt (Burridge et Mandrak, 2009b).

Il existe peu de données sur l'écoulement dans la région du Haut­Arctique de l'écozone+ de l'archipel Arctique, où les précipitations sont très faibles (de 100 à 200 mm par année) (Environnement Canada, 2010a). L'écoulement du secteur de la cordillère arctique de l'écozone+ de l'archipel Arctique est encore moins bien connu. Il s'agit d'une région glaciaire et montagneuse qui renferme le bassin versant de l'Arctique en plus d'une partie de l'aire de drainage du nord du Québec et du Labrador. La diversité des poissons d'eau douce y est parmi les plus faibles en Amérique du Nord. La région est dépourvue d'espèces endémiques connues (Abell et al., 2000; World Wildlife Fund et The Nature Conservancy, 2008a).

Dans un bassin de 839 200 km2qui est le septième en Amérique du Nord par sa superficie (Bailey, 2005), la région du fleuve Yukon se caractérise par un mélange de conditions de zone subarctique et de toundra et draine une partie de l'Alaska et des écozones+ de la cordillère boréale et de la taïga de la cordillère, ainsi qu'une petite partie de l'écozone+ maritime du Pacifique. Le tronçon de trente milles du fleuve, en plus d'être l'un des cours d'eau à saumons les plus importants du monde, est reconnu comme rivière du patrimoine canadien (Abell et al., 2000; World Wildlife Fund et The Nature Conservancy, 2008a). Étant donné qu'il n'y a aucune espèce de poissons d'eau douce endémique et que seulement 30 espèces de poissons y ont été recensées, la diversité du poisson est relativement faible (Bailey, 2005).

Le fleuve Mackenzie s'écoule dans le plus grand bassin fluvial du Canada, drainant une superficie de près de 1 800 000 km2, soit 20 % du territoire du pays (Culp et al., 2005). Le réseau comprend plusieurs cours d'eau importants, dont les rivières Athabasca, de la Paix, Liard, des Esclaves, Arctic Red et Peel et aboutit dans le delta du Mackenzie (L'Atlas du Canada, 2008a; L'Atlas du Canada, 2008b). De plus, le réseau compte deux grands deltas intérieurs (delta Paix­Athabasca et delta de la rivière des Esclaves) ainsi que trois très grands lacs (Athabasca, Grand lac des Esclaves et Grand lac de l'Ours) (Culp et al., 2005). Le fleuve Mackenzie compte 34 espèces de poissons en son cours principal, et 52 espèces ont été recensées dans l'ensemble du bassin (Culp et al., 2005).

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Répercussions globales sur la biodiversité aquatique

Le débit des rivières et le niveau d'eau des lacs sont régis par le climat et les ouvrages de régularisation des bassins et varient considérablement en fonction du temps et du lieu. Ces régimes hydrologiques dépendent en partie des dimensions des lacs et des rivières, mais sont également influencés, entre autres, par des facteurs géologiques et topographiques (Poff et al., 1997). Les conditions environnementales locales déterminent les taux de changement et d'autres aspects de la variabilité de l'écoulement, y compris les configurations saisonnières d'écoulement et le moment, la fréquence, la prévisibilité et la durée des événements extrêmes tels que les inondations et les sécheresses (Richter et al., 1996; Poff et al., 1997). Les régimes hydrologiques qui en résultent touchent directement les caractéristiques de l'écosystème des rivières et des lacs, comme la nature physique des habitats lacustres et des cours d'eau, les régimes sédimentaires et les conditions dominantes de qualité de l'eau, lesquelles influent sur les processus des écosystèmes aquatiques importants. La variabilité hydrologique influe sur la structure des habitats aquatiques et la composition des communautés écologiques, y compris le plancton, les végétaux, les macro­invertébrés benthiques (par exemple Monk et al., 2008) et les vertébrés, comme les poissons, les amphibiens, les reptiles, les oiseaux et les mammifères.

La variabilité du climat exerce des effets directs et indirects sur les communautés aquatiques, car elle influe sur le moment, la durée, l'ampleur et le caractère soudain des changements de l'écoulement, modifie le régime de température de l'eau et l'hydrochimie et entraîne des changements géomorphologiques. En outre, la disponibilité des ressources locales, y compris les possibilités d'expansion, le maintien de l'hétérogénéité et de la connectivité des habitats, les interactions biotiques, la capacité génétique globale et le potentiel d'adaptation déterminent la richesse, la biodiversité, l'étendue et l'aire de répartition des espèces, et ce, dans les limites des connaissances actuelles (voir Wrona et al., 2005 pour des exemples dans les systèmes arctiques).

Le manque de données couplées à long terme, recueillies à grande échelle et normalisées constitue l'un des principaux obstacles à la compréhension et à la gestion des liens entre la variabilité hydrologique et la structure/biodiversité des communautés aquatiques. Les données de biodiversité à long terme sont souvent disponibles à l'échelle locale seulement. Selon les données provenant de Abell et al. (2000) ainsi que de Scott et Crossman (1998), Abell et al. (2008) ont désigné 21 écorégions d'eau douce au Canada en se fondant sur la similitude de la faune de 166 bassins hydrographiques secondaires, résultats obtenus grâce à une analyse typologique de la présence de poissons d'eau douce dans ces bassins. Dans cette étude, les écorégions d'eau douce du Canada ont été classées selon six types d'habitat : 1) grands lacs, comme la région des Grands Lacs; 2) deltas de grandes rivières, comme le cours supérieur du Mackenzie; 3) eaux douces polaires, comme celles de la région côtière de l'Arctique; 4) rivières et milieux humides tempérés des plaines d'inondation, comme la région du fleuve Saint­Laurent; 5) rivières côtières tempérées, comme la région de drainage du Pacifique; 6) rivières des hautes terres tempérées, comme le cours supérieur de la rivière Saskatchewan. Les analyses ont montré que la diversité des espèces de poissons d'eau douce est relativement faible au Canada, sauf dans la région des Grands Lacs. Le site Web d'accompagnement fournit plus d'informations sur l'étude en question (voir http://www.feow.org site hébergé par World Wildlife Fund et The Nature Conservancy, 2008a). Dans l'une des analyses, les auteurs ont tenté de quantifier le stress hydrique sur les lacs et les rivières. Conclusion : de façon générale, le stress exercé sur les lacs et les rivières du Canada est très faible (Figure 2). Toutefois, il faut noter que ces auteurs ont associé l'indice de stress hydrique à l'utilisation de l'eau par l'humain, et que les besoins des écosystèmes n'ont pas été pris en considération. La superposition des écozones+ révèle qu'il peut y avoir des effets hydrologiques dans certains systèmes d'eau douce des écozones+ du bouclier boréal, des plaines boréales, des prairies et des plaines à forêts mixtes, dont 30 % à 50 % de la couverture terrestre a été convertie à des fins d'utilisation humaineNote de bas de page6 (World Wildlife Fund et The Nature Conservancy, 2008b).

Figure 2. Stress lié à l'utilisation de l'eau dans le monde
Carte montre stress lié à l’utilisation de l’eau dans le monde
Source : Fonds mondial pour la nature et The Nature Conservancy (2008b), valeur calculée à partir des données fournies par WaterGAP. Information consultée le 21 février 2009. Droit d'auteur © 2008 détenu par The Nature Conservancy et le Fonds mondial pour la nature, 2008. Tous droits réservés.
Description longue pour la Figure 2.

Cette carte montre le stress lié à l'utilisation de l'eau dans le monde. Cinq catégories sont présentées : aucun stress, stress modéré, stress, stress élevé et utilisation minimale. Le Canada se situe dans les catégories « utilisation minimale » et « aucun stress » mises à part certaines zones dans les Prairies qui entrent dans les catégories « stress modéré » et « stress ».

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Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Environnement Canada. 2006. Un cadre axé sur les résultats en matière de biodiversité pour le Canada, Conseils canadiens des ministres des ressources, Ottawa (Ontario), 8 p.

Retour à la référence de la note de bas de page1

Note de bas de page 2

Groupe de travail fédéral-provincial-territorial sur la biodiversité. 1995. Stratégie canadienne de la biodiversité : réponse du Canada à la Convention sur la diversité écologique, Environnement Canada, Bureau de la Convention sur la biodiversité, Ottawa (Ontario), 80 p.

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Note de bas de page 3

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada. 2010. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Conseils canadiens des ministres des ressources, Ottawa (Ontario), vi + 148 p.

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Note de bas de page 4

Groupe de travail sur la stratification écologique. 1995. Cadre écologique du Canada, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Direction générale de la recherche, Centre de recherches sur les terres et les ressources biologiques et Environnement Canada, Direction générale de l'état de l'environnement, Direction de l'analyse des écozones, Ottawa/Hull (Ontario), 144 p. Rapport et carte nationale 1/7 500 000.

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Note de bas de page 5

Rankin, R., M. Austin et J. Rice. 2011. Système de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes, Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, rapport technique thématique no 1, Conseils canadiens des ministres des ressources, Ottawa (Ontario), 18 p.

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Note de bas de page 6

Les terres converties englobent les zones cultivées et aménagées, les mosaïques de terres cultivées, et les surfaces artificielles et les secteurs associés. L'analyse des terres converties est fournie selon l'écorégion d'eau douce. Les écozones+ qui renferment ces écorégions sont indiquées dans le texte.

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Tendances chez les poissons d'eau douce d'intérêt particulier

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Les pressions environnementales et anthropiques ont fait en sorte que plus de 20 % des espèces de poissons d'eau douce de la planète sont disparues ou sont devenues en voie de disparition ou menacées au cours des dernières décennies – certaines analyses révèlent même que cette proportion représente une sous­estimation (par exemple Bräutigam, 1999). La présente section traite principalement des espèces de poissons d'eau douce, et la portée de celle-ci est nécessairement limitée en raison de l'absence générale de données recueillies ou observées régulièrement dans tout le pays en ce qui concerne l'ensemble des taxons, y compris les poissons, et d'un manque global de données nationales concernant les taxons ne correspondant pas aux poissons. En septembre 2010, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) avait désigné 18 % (35 espèces) des poissons d'eau douce et diadromes comme des espèces en voie de disparition ou menacées dans l'ensemble ou dans des parties de leur aire de répartition. Cinquante­huit espèces (29 %) ont été désignées comme étant en péril, ce qui comprend les espèces disparues du Canada et les espèces préoccupantes, de même que les espèces en voie de disparition ou menacées (Hutchings et Festa-Bianchet, 2009; Hutchings, 2010; COSEPAC, 2010b). Une compilation réalisée en 2008 des espèces de poissons d'eau douce et diadromes en péril en Amérique du Nord a révélé que 89 % avaient un statut de conservation semblable ou pire en 2008 par rapport à une étude de 1989 examinant le même ensemble de données (Jelks et al., 2008). Dans les écorégions d'eau douce du Canada, le nombre de taxons de poissons en danger a augmenté, passant de 12 en 1979 à 22 en 1989, puis à 62 en 2008 (Figure 3). La détérioration de l'habitat et l'introduction d'espèces ont été ciblées comme étant les principaux dangers pour bon nombre d'espèces, dont plusieurs ont des aires de répartition limitées (Jelks et al., 2008).

Figure 3. Nombre de taxons de poissons d'eau douce et diadromes en péril dans les écorégions d'eau douce nord­américaines situées au Canada, en 1979, 1989 et 2008Le terme « taxon » (« taxa » ou « taxons » au pluriel) est employé au lieu du terme « espèce », car la liste a été mise à jour pour y ajouter les divisions régionales et le niveau taxinomique pertinent (p. ex. taxons du genre). Les listes antérieures pouvaient ne pas tenir compte des taxons à risque parce qu'elles ne comprenaient pas toutes les unités pertinentes, et mettaient plutôt l'accent sur les espèces reconnues sur le plan taxinomique. Les définitions des catégories de statuts diffèrent légèrement de celles du COSEPAC et sont décrites dans Jelks et al. (2008)
Graphique montre le nombre de taxons de poissons d'eau douce et diadromes en péril
Source: Figure adaptée de l'étude de Jelks et al. (2008)
Description longue pour la Figure 3.

Ce graphique à barres présente les informations suivantes :

Nombre de taxons
-197919892008
Disparu-310
En voie de disparition7521
Menacés3711
Vulnérables2720

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Chu et al. (2003) ont étudié la biodiversité des poissons d'eau douce au Canada relativement à des paramètres d'environnement et de stress. Malgré un manque de données récentes, les résultats indiquent que les stress anthropiques et les introductions d'espèces associées (introductions accidentelles ou volontaires) constituent la cause principale de l'extinction et de la disparition au pays. De plus, les auteurs ont constaté que les effets de la surexploitation des stocks halieutiques, effets pour la plupart non mesurés, de même que l'incidence considérable que risquent d'avoir les futurs changements climatiques ne feront qu'intensifier ces pressions anthropiques. Aux fins du présent document, des rapports du COSEPAC (2010a) ont été examinés pour évaluer les menaces qui entraînent la diminution des espèces de poissons d'eau douce au Canada. Les résultats révèlent que la dégradation et la perte d'habitat, l'introduction d'espèces, l'envasement, les barrages, les retenues et le développement urbain, agricole et industriel constituent les principaux dangers pour les poissons d'eau douce au Canada. Parmi les autres menaces cernées dans la documentation, citons l'extraction d'eau, la surexploitation, les effets des pluies acides, la modification des chenaux et les contaminants. Six exemples d'espèces de poissons d'eau douce répertoriées par la Loi sur les espèces en péril et évaluées par le COSEPAC ont été retenus pour fournir de l'information concernant l'incidence des dangers anthropiques pour les poissons d'eau douce. Ces espèces ont été choisies pour représenter les différents exemples d'effets sur les communautés aquatiques dans l'ensemble du Canada. Des populations de saumons atlantiques (intérieur de la baie de Fundy et lac Ontario), de fondules barrés, de saumons coho (fleuve Fraser), de chevaliers de rivière et d'esturgeons blancs ont été sélectionnées comme exemples de communautés de poissons en péril qui sont touchées par les modifications anthropiques et naturelles de l'habitat (y compris la fragmentation de l'habitat et la variabilité du climat), la surexploitation et la dissémination d'espèces envahissantes.

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Population de saumons atlantiques de l'intérieur de la baie de Fundy

Dans l' écozone+ maritime de l'Atlantique, la population de saumons atlantiques (Salmo salar) de l'intérieur de la baie de Fundy a été désignée en voie de disparition (COSEPAC, 2006b; COSEPAC, 2010c). Dans cette région, un large éventail d'activités humaines, comme la construction de barrages, la surpêche, la surexploitation et les activités polluantes, posent un danger constant pour les populations de saumons atlantiques, et ce, depuis le XVIIe siècle. Présente au Nouveau­Brunswick, en Nouvelle­Écosse et dans l'océan Atlantique, la population a sans doute déjà compté plus de 40 000 adultes. En revanche, l'estimation du frai d'automne en 2003 était de moins de 100 adultes dans les 32 rivières historiquement peuplées (COSEPAC, 2006b), et selon l'estimation de 2008, le nombre total de saumons sauvages est de moins de 200 (COSEPAC, 2010c). L'étude des rivières individuelles de l'intérieur de la baie de Fundy révèle des tendances similaires. À titre d'exemple, le nombre de retours dans la rivière Big Salmon a fortement diminué (de plus de 96,7 %) sur une période de 30 ans, passant d'un maximum de 5 043 (intervalle de confiance bayésien à 80 % = de 3 996 à 6 686) en 1966 à environ 55 (intervalle de confiance bayésien à 80 % = de 18 à 133) en 2002 (COSEPAC, 2006b). Les données historiques sur les pêches commerciales de 1975 à 1984 témoignent de la baisse importante de la prise de saumons atlantiques de l'intérieur de la baie de Fundy. Malgré la variabilité interannuelle élevée, la tendance à la baisse est claire : les débarquements de saumons étaient élevés entre 1875 et 1924, plus faibles entre 1925 et 1973, et la période de 1974 à 1985 (année de fermeture de la pêche) présentait les débarquements les plus faibles (Figure 4). Bien que les raisons pour lesquelles une telle baisse de la population est survenue ne soient pas parfaitement comprises, certains croient qu'il y a eu une réduction du taux de survie entre le stade de saumoneau et le stade adulte dans les eaux marines, ce qui peut être dû aux changements dans les communautés découlant des interactions accrues avec les saumons d'élevage, aux changements environnementaux (hausse de la température de l'eau) et aux pêches (COSEPAC, 2006b). En outre, une perte et une dégradation de l'habitat (notamment en raison de l'exploitation forestière et des barrières à la migration) ont été constatées au fil du temps (COSEPAC, 2006b). Pour obtenir de plus amples renseignements, voir l'évaluation de l'état et des tendances de l' écozone+ maritime de l'Atlantique (Eaton, 2013)

Figure 4 : Prises commerciales de saumons atlantiques (kg) dans l'intérieur de la baie de Fundy, dans les districts de pêche des comtés d'Albert et de Westmorland au Nouveau-Brunswick, de 1875 à 1984.
La pêche commerciale a été fermée en 1985
Graphique linéaire dresse la courbe des prises commerciales de saumons atlantiques dans l'intérieur de la baie de Fundy entre 1875
Source : R.W. Dunfield – communication personnelle à P. Amiro, Pêches et Océans Canada, Institut océanographique de Bedford (citation du COSEPAC) (2006b)
Description longue pour la Figure 4.

Ce graphique linéaire dresse la courbe des prises commerciales de saumons atlantiques dans l'intérieur de la baie de Fundy entre 1875 et la fermeture de la pêche en 1984. Les données historiques sur les pêches commerciales de 1975 à 1984 témoignent de la baisse spectaculaire de la prise de saumons atlantiques de l'intérieur de la baie de Fundy. Malgré la variabilité interannuelle élevée, la tendance à la baisse est claire : les débarquements de saumons étaient élevés entre 1875 et 1924, plus faibles entre 1925 et 1973, et la période de 1974 à l'année de fermeture de la pêche en 1985 présentait les débarquements les plus faibles.

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Population de saumons atlantiques du lac Ontario

En 2006, le COSEPAC a déterminé que la population de saumons atlantiques du lac Ontario était disparue du Canada (COSEPAC, 2006c). Selon les données historiques, une diminution marquée a commencé au milieu du XIXe siècle et aucun saumon atlantique sauvage n'a été vu dans le bassin versant après 1898. Cette baisse de la population était sans doute due à la destruction de l'habitat et à la surexploitation qui ont suivi la colonisation du Haut­Canada à la fin du XVIIIe siècle (COSEPAC, 2006c). Malgré les récents efforts visant à rétablir l'habitat, les tentatives de repeuplement ont échoué, en partie en raison des effets directs et indirects de l'urbanisation (y compris la pollution, la canalisation et la perte d'habitat) dans la région du Grand Toronto (COSEPAC, 2006c).

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Fondule barré

Dans l' écozone+ de la forêt boréale de Terre­Neuve, le fondule barré (Fundulus diaphanus) est considéré comme étant une espèce préoccupante (COSEPAC, 2003b). Même si son aire de répartition s'étend dans l'ensemble de l'Amérique du Nord, la population de Terre­Neuve­et­Labrador est menacée, car ses mouvements et l'expansion de son aire de répartition sont limités par des fortes pentes et des habitats infranchissables et en raison des risques associés à l'exploitation forestière future (COSEPAC, 2003b).

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Saumon coho de l'intérieur du Fraser

Le saumon coho de l'intérieur du Fraser (Oncorhynchus kisutch) est une population génétiquement distincte de saumons coho qui fraie et croît dans la partie intérieure du bassin hydrographique du fleuve Fraser, au nord de Hope (Colombie-Britannique). De 1975 à 2011, les échappées du saumon coho de l'intérieur du Fraser ont diminué de 72 % (Decker et Irvine, 2013), les baisses les plus importantes (au-delà de 60 %) ayant été observées de 1990 à 2000 (Figure 5) (COSEPAC, 2002). De 1975 à 1988, le nombre moyen de géniteurs était de 60 000, tandis qu'en 1996, seulement 9 000 géniteurs ont regagné le fleuve, soit le nombre le plus bas jamais enregistré (Decker et Irvine, 2013).

Cette population a été désignée comme étant en voie de disparition par le COSEPAC en 2002. Son comportement et ses habitudes migratoires la rendent vulnérable aux effets naturels et anthropiques (COSEPAC, 2002). Les baisses survenues dans les années 1990 ont été attribuées au déclin de la survie en mer exacerbé par la surpêche, mais les échappées sont demeurées faibles dans les années 2000 comparativement aux niveaux avant 1991 (Decker et Irvine, 2013). Pendant quatre années durant la période de 2001 à 2011, la production des géniteurs regagnant le fleuve était inférieure aux niveaux de remplacement, même en l'absence de pêche (Decker et Irvine, 2013). Toutefois, le nombre moyen d'échappées de 2009 à 2011 était estimé à 27 000, indiquant qu'un certain rétablissement a eu lieu (Decker et Irvine, 2013). En général, les échappées ont augmenté graduellement dans l'ensemble des cinq unités de conservation qui forment l'aire de répartition du saumon coho de l'intérieur du Fraser, à l'exception de l'unité de conservation du cours inférieur de la rivière Thompson qui a connu une plus grande augmentation des échappées de 72 % et de l'unité de conservation du canyon du Fraser qui a connu une baisse de 58 % des échappées (Figure 6) (Decker et Irvine, 2013). Les principales menaces à la survie à long terme du saumon coho de l'intérieur du Fraser sont encore la pêche et les perturbations de l'habitat, ainsi que les changements climatiques (Decker et Irvine, 2013).

Figure 5. Série chronologique reconstituée des échappées de saumons coho sauvages, nombre total d'échappées (poissons sauvages et poissons d'écloserie) et nombre total de retours (échappées et prises) pour le bassin hydrographique de l'intérieur du Fraser, de 1975 à 2011.
Fraphique affiche des informations concernant le saumon sauvage coho
Source : Données tirées de Decker et Irvine (2013)
Description longue pour la Figure 5.

Ce graphique montre les informations suivantes :

Retours de coho adulte
Année de retourRetours de coho adulteÉchappées de coho sauvageÉchappées de coho sauvage et d'écloserie
1975182,65958,35958,359
1976156,25349,92249,922
1977235,62475,58175,581
1978218,56969,83269,832
1979182,53858,32058,620
1980104,97233,53833,538
1981131,39141,97941,979
1982154,96649,51149,511
1983146,01446,65146,651
1984284,60890,93190,931
1985192,43361,48161,481
1986199,33566,21268,344
1987174,07370,73080,559
1988335,73184,87896,702
1989196,47459,27769,714
1990184,03740,89448,485
1991104,00128,66533,545
1992272,60540,64350,528
1993236,01623,43429,381
199462,67727,37035,517
199552,45420,32622,996
199656,3168,5509,294
199731,37914,65218,675
199829,21025,18827,152
199924,59019,77222,371
200022,71115,97821,905
200166,10153,69361,408
200260,25342,53855,975
200324,11618,55521,078
200448,00338,79441,522
200516,16412,63714,064
20068,6087,1587,798
200765,87455,65158,496
200818,21414,81016,429
200924,84820,48621,991
201042,60235,56337,825
201130,47824,79126,689

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Figure 6. Série chronologique reconstituée des échappées de saumons coho sauvages pour les cinq unités de conservation dans le bassin hydrographique de l'intérieur du Fraser, de 1975 à 2011.
Graphique
Les données pour l'unité de conservation du cours inférieur de la Thompson avant 1984 et pour les unités de conservation des cours moyen et supérieur du Fraser ainsi que du canyon du Fraser avant 1998 sont extrapolées en se fondant sur les échappées observées pour les autres unités. Les taux d'exploitation de 1975 à 1985 sont la moyenne des estimations pour la période de 1986 à 1996. Pour obtenir plus de détails, voir Decker et Irvine (2013).
Source: Données tirées de Decker et Irvine (2013).
Description longue pour la Figure 6.

Ce graphique linéaire présente les informations suivantes :

Échappées de coho sauvage
Année de retourThompson SudThompson NordCours inférieur de la ThompsonCours moyen/supérieur du FraserCanyon du Fraser
197510,61327,6184,6305,9959,504
19766,50626,1983,9615,1288,130
197714,09635,2205,9727,73312,260
197812,72533,0215,5407,17311,372
197915,95822,2474,6275,9919,498
198011,02810,9432,6613,4455,462
19816,23521,2653,3304,3126,836
19828,79523,6393,9285,0868,063
19838,80221,7593,7014,7927,597
198419,61740,4196,5569,41414,925
198522,01618,5464,4756,36010,084
198617,47926,8743,8796,95511,026
198718,72227,4165,8897,23411,470
198825,20932,9143,1939,11414,449
198916,19623,7013,2076,2569,918
19909,78316,0424,5994,0496,420
19914,84211,7035,4132,5944,113
199212,99513,1933,8384,1066,510
19932,6316,19211,0341,3832,193
19946,2109,8784,7592,523class="align-center text-center"4,000
19954,0708,4772,6921,9673,119
19961,7993,8466178851,403
19971,9705,4574,2141,1651,846
19985,5028,7528894,5865,460
19993,2358,8121,8851,7444,096
20003,7444,1603,0312,3242,719
200113,26422,7335,3796,3465,971
200210,40417,3986,6334,2863,817
20033,3335,6641,7003,3064,552
200415,64310,0892,3184,8725,872
20052,0883,9571,7872,2822,513
20061,9903,0797071,30884
200712,32023,8836,52910,1802,739
20086,2823,2792,6401,4721,138
20093,8378,6173,3962,3252,308
20108,79010,7829,6005,0261,365
20114,6137,3565,6943,9393,189

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Chevalier de rivière

La population canadienne du chevalier de rivière (Moxostoma carinatum), dont l'aire de répartition comprend des secteurs du sud de l'Ontario et du Québec, est menacée par la dégradation de l'habitat (p. ex. pollution et envasement) et sa fragmentation et par la régulation du débit des cours d'eau par les barrages (COSEPAC, 2006a). Considérée comme préoccupante par le COSEPAC, cette espèce est disparue des rivières Ausable, Châteauguay, Noire et Yamaska, mais elle était toujours présente dans les rivières Mississippi, des Outaouais et Richelieu en 2004 (COSEPAC, 2006a). Dans les années 1940, le chevalier de rivière était une espèce courante dans le fleuve Saint­Laurent, mais la population a connu une baisse importante dans ce système en raison de la fragmentation associée aux dérivations et à la construction de barrages (COSEPAC, 2006a).

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Esturgeon blanc

L'esturgeon blanc (Acipenser transmontanus), le plus grand poisson d'eau douce au Canada, est limité à la côte ouest de l'Amérique du Nord (Welch et al., 2006). Sa taille (une longueur pouvant atteindre six mètres), sa longévité (plus de 100 ans) et son âge de maturité tardif (entre 14 et 30 ans) le rendent particulièrement vulnérable à la surexploitation et à la dégradation de l'habitat (COSEPAC, 2003a). Les populations d'esturgeons blancs ont diminué considérablement au Canada au cours du siècle dernier (COSEPAC, 2003a). Parmi les six populations d'esturgeons blancs de la Colombie-Britannique, trois sont en déclin (Columbia, Kootenay et Nechako), une est actuellement plus stable avec certaines fluctuations (cours inférieur du Fraser) et deux sont stables (cours moyen du Fraser et cours supérieur du Fraser) (COSEPAC, 2003a; McAdam, 2009, comm. pers.).

Le faible taux de survie des jeunes, lié aux détournements de rivières, les changements dans la quantité et la qualité des sédiments, et la régulation du débit d'eau associée aux barrages constituent les principales raisons de la mise en péril des trois populations en déclin (COSEPAC, 2003a; McAdam et al., 2005). Ces populations en déclin devraient diminuer de plus de 83 % au cours de la prochaine génération, malgré les efforts de conservation (qui comprennent le frai de poissons d'élevage et la libération des juvéniles) déployés en vue d'atténuer ce déclin (COSEPAC, 2003a). La production de juvéniles (ou recrutement) de la population de la rivière Nechako illustre cette tendance (Figure 7). Une hypothèse visant à expliquer l'échec du recrutement de la population de la rivière Nechako est que ce dernier soit le résultat de substrats modifiés dans la rivière, particulièrement à la suite de deux phénomènes de glissement de terrain durant lesquels un million de mètres cubes de limon, de sable et de gravier fin se sont ajoutés au canal principal – plus ou moins la moitié de ces matériaux se sont déplacés en aval ultérieurement (McAdam et al., 2005).

Figure 7. Production de juvéniles d'esturgeons blancs, populations de la rivière Nechako, de 1945 à 1990.
Graphique linéaire montre l'évolution de la production de juvéniles d'esturgeons blancs
Estimation fondée sur les données concernant la composition par âge recueillies de 1995 à 1999.
Source : McAdam et al. (2005)
Description longue pour la Figure 7.

Ce graphique linéaire montre l'évolution de la production de juvéniles d'esturgeons blancs, populations de la rivière Nechako, de 1945 à 1990. Il est marqué de trois événements importants pour la population (ponctuels ou périodes). Il s'agit de la construction du barrage Kenney en 1951, du remplissage du réservoir du barrage Kenney pendant le début des années 1950, entraînant un déclin important de la production de juvéniles d'esturgeon blanc, et du glissement de Cheslatta, qui a eu lieu au début des années 1960 et a entraîné une baisse de la production de juvéniles au cours des années 1960 et 1970. Dans les années 1980, la production est restée constante à des niveaux extrêmement bas.

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Tendances des régimes hydrologiques

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Contenu de la page

Les Relevés hydrologiques du Canada coordonnent la base de données nationale, HYDAT (Environnement Canada, 2006b), qui, depuis 2006, contient des renseignements hydrométriques nationaux pour plus de 2 500 stations de surveillance actives du débit et du niveau d’eau et plus de 5 500 autres stations abandonnées situées sur les lacs, les rivières et les cours d’eau partout au Canada. La plupart des stations se trouvent dans la moitié sud du pays, près des centres de population et de développement – dans le nord, il existe moins de stations et moins de données sur plusieurs années consécutives (Figure 8).

Figure 8. Distribution des stations actuelles et des anciennes stations hydrométriques dans l'ensemble du Canada : a) lacs naturels; b) lacs régularisés; c) rivières naturelles; d) rivières régularisées

la carte ci-dessous est composée de quatre cartes du Canada dont les points représentent la distribution des stations actuelles
Source : Données d'Environnement Canada (2006b)

Description longue pour la Figure 8.

Cette figure est composée de quatre cartes du Canada dont les points représentent la distribution des stations actuelles et des anciennes stations de jaugeage dans l'ensemble du Canada, au bord de lacs, de rivières et de cours d'eau. Il y a une carte distincte pour les lacs naturels, les lacs régularisés, les rivières naturelles et les rivières régularisées. La plupart des stations se trouvent dans la moitié sud du pays, près des centres de population et de développement. Elles sont moins nombreuses dans le nord.

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Les Relevés hydrologiques du Canada font la distinction entre les stations hydrométriques des sites naturels et celles des sites régularisés. Les sites dits « naturels » comportent des stations hydrométriques pour lesquelles la régulation ou l’impact en amont est minima (Environnement Canada, 2010b). L’altération des caractéristiques hydrologiques des sites régularisés, selon les prélèvements, les retenues et les dérivations, varie à l’échelle régionale. Bien que pour certains sites, des observations quotidiennes soient effectuées depuis le début du XIXe siècle, la plupart des données de la base HYDAT ont été recueillies entre les années 1970 et le début des années 1990 (Figure 9). La rationalisation du réseau menée dans les années 1990 a entraîné une diminution importante du nombre de stations, ce qui a réduit la couverture spatiale du réseau. Il semble que les activités initiales de surveillance aient porté davantage sur les bassins de rivières et de lacs régularisés. Même si tous les types de sites affichent une augmentation récente de la surveillance, c’est pour les rivières naturelles que la hausse semble la plus marquée. Les stations comprises dans la base HYDAT ont recueilli pour la plupart des données qui s’étendent sur moins de 18 années consécutives (Figure 10). Des données continues à long terme étant nécessaires pour surveiller les tendances actuelles et faire des prévisions quant aux tendances futures dans les régimes hydrologiques, il est essentiel de maintenir en place les stations qui sont actives depuis longtemps et d’activer de nouvelles stations là où un suivi des tendances est requis, notamment pour l’évaluation continue des changements climatiques.

Figure 9. Nombre de sites ayant des enregistrements des conditions hydrologiques pour les rivières et lacs naturels et régularisés, de 1800 à 2006

Le graphique ci-dessous montre linéaire présente le nombre de sites ayant des enregistrements des conditions hydrologiques
Source : Données d'Environnement Canada (2006b)

Description longue pour la Figure 9.

Ce graphique linéaire présente le nombre de sites ayant des enregistrements des conditions hydrologiques pour les rivières et lacs naturels et régularisés, de 1800 à 2006. Bien que pour certains sites, des observations soient effectuées depuis le début du XIXe siècle, la plupart des données ont été recueillies entre les années 1970 et le début des années 1990. Au cours des années 1990, il y a eu une diminution importante du nombre de stations, ce qui a réduit la couverture spatiale du réseau. Il semble que les activités initiales de surveillance aient porté davantage sur les bassins de rivières et de lacs régularisés. Même si tous les types de sites affichent une augmentation récente de la surveillance, c'est pour les rivières naturelles que la hausse semble la plus marquée.

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Figure 10. Histogramme de fréquence pour le nombre total d'années sur lesquelles s'étendent les données (ensemble des sites hydrométriques)

La figure ci-dessous montre le nombre d'années des conditions hydrologiques
Source : Données d'Environnement Canada (2006b)

Description longue pour la Figure 10.

Ce graphique à barres montre les informations suivantes :

Nombre d'années des conditions hydrologiquesFréquence
31 222
6942
9671
12500
15384
18384
21349
24282
27298
30257
33242
36248
39287
42236
45279
48168
51197
54144
57116
6082
6351
6674
6962
7248
7535
7834
8162
8446
8751
9039
9345
96110
9985
10228
10514
1087
1112
1141
1171
1201
1230
1260
1293
1320
1351
1380
1410
1440
1470
1502
1531
1561
1590
1620
1650
1680
1710
1740
1770
1800
1830
1860
1890
1920
1951
1982

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Tendances hydroécologiques

Les communautés aquatiques sont généralement adaptées à la variabilité interannuelle naturelle du régime d'écoulement en ce qui concerne l'ampleur, le moment et la prévisibilité des crues et des étiages (Jowett et Duncan, 1990). Des études antérieures ont analysé de façon quantitative l'importance écologique des composantes du régime d'écoulement à des fins de recherche hydroécologique. L'objectif était également d'instaurer des recommandations relativement au débit environnemental et d'élaborer des méthodes connexes (par exemple Monk et al., 2008). Les recherches ont porté sur les tendances relatives aux régimes hydrologiques dans l'ensemble de l'Amérique du Nord (voir les exemples du Tableau 2). À titre d'exemple, Schindler et Donahue (2006) ont constaté que le débit moyen en été (de mai à août) de la rivière Athabasca a baissé de 20 % depuis 1958. Des changements ont également été signalés dans les facteurs déterminants du régime hydrologique – p. ex. les précipitations totales de neige ont diminué dans l'Ouest canadien et les Prairies entre 1900 et 2003 en raison du réchauffement de la planète (Vincent et Mekis, 2006).

Tableau 2. Sommaire des recherches scientifiques publiées portant sur les tendances statistiques relatives au débit et à l'écoulement des rivières canadiennes.
Bassins versants étudiésRégionÉcozone+Nombre de sites
Méthode d'analyse
Période d'analyse
(nombre de sites par période)
Résultats/orientation des tendancesRéférence
Rivières Liard, de la Paix et AthabascaYuk., Alb., C.­B., Sask., T.N.­O.Cordillère boréale,
taïga des plaines,
plaines boréales,
cordillère montagnarde,
26 hydrométriques
Mann-Kendall
1970–2005 (26)
1965–2005 (21)
1960–2005 (18)
  • Crues printanières hâtives, surtout dans les eaux d'amont des bassins récepteur
  • Changements associés en partie aux effets de l'oscillation décennale du Pacifique, de l'oscillation nord­atlantique, de l'indice du Pacifique Nord et de l'oscillation multidécennale de l'Atlantique
Burn (2008)
Rivière LiardYuk., T.N.­O., C.­B., Alb.Taiga Plains,
Taïga des plaines,
taïga de la cordillère,
plaines boréales,
cordillère boréale
12 hydrométriques
Mann-Kendall
1975–1999 (13)
1970–1999 (12)
1965–1999 (8)
1960–1999 (7)
  • Augmentation de l'écoulement en hiver et de l'écoulement minimal
  • Tendance légèrement à la baisse de l'écoulement en été
  • Crues printanières hâtives; écoulement de pointe au printemps observé plus tôt en raison de l'augmentation de la température de l'air
  • Augmentation de l'écoulement en hiver associée à l'oscillation décennale du Pacifique
  • Différences spatiales claires selon le secteur du bassin récepteur – p. ex. tendances à la baisse dans le haut du bassin et tendances à la hausse dans le bas
Burn (2004)
Rivières Athabasca, de la Paix, Liard, Peel (nord) et Coppermine, Grand lac des Esclaves, fleuve MackenzieAlb., Sask., C.­B., T.N.­O., Yuk.Taïga du bouclier, bouclier boréal, plaines boréales, cordillère montagnarde, taïga des plaines, taïga de la cordillère, cordillère boréale54 hydrométriques
10 météorologiques
Mann-Kendall
1975–2000 (54)
1970–2000 (46)
1965–2000 (34)
1960–2000 (21)
  • Fortes tendances à la hausse en hiver (décembre à avril)
  • Augmentation de l'écoulement annuel minimal
  • Légères tendances à la baisse pour ce qui est de l'écoulement annuel moyen et de l'écoulement du début de l'été et de la fin de l'automne
  • Crues printanières hâtives
Aziz et Burn (2006)
248 sites partout au CanadaToutes les régionsToutes les écozones+, sauf celle de la cordillère arctique dans l'écozone+ de l'archipel Arctique248 – hydrométriques (réseau hydrométrique de référence)
1940–1997
1950–1997
1960–1997
1970–1997
Tous les relevés disponibles aux stations
  • Profil spatial dans des tendances significatives qui laisse croire que les effets ne sont pas uniformes dans l'espace
  • Tendance à la baisse de l'écoulement annuel maximal dans le sud et tendance à la hausse dans le nord
  • Débâcle hâtive, sans doute en raison du fait que la fonte printanière commence plus tôt • Forte tendance à la hausse du débit en mars et en avril indiquant une fonte des neiges printanière qui commence plus tôt
  • Forte tendance à la baisse de l'écoulement en juin
  • Tendance à la hausse de l'écoulement en octobre dans l'est et le nord et tendance à la baisse dans l'ouest
Burn et Hag Elnur (2002)
25 cours d'eau dans l'ensemble des PrairiesAlb., Sask., Man.Prairies, plaines boréales, bouclier boréal, taïga du bouclier, taïga des plaines25 hydrométriques
16 météorologiques
1976–2005 (26)
1971–2005 (24)
1966–2005 (17)
  • Tendance à la baisse du volume d'écoulement associé à la fonte des neiges printanière et de l'écoulement de pointe
  • Fonte des neiges printanière maximale survenant plus tôt
  • Tendance à la baisse du volume d'écoulement saisonnier (mars­octobre)
  • Changements dus à la réduction des chutes de neige et à l'augmentation de la température de l'air en hiver
Burn et al. (2008)
26 sous­bassins récepteurs dans le réseau de la rivière Churchill et du fleuve NelsonC.­B.Cordillère montagnarde, écozone+ maritime du Pacifique, bassin intérieur de l'Ouest

26 – hydrométriques
19 – température de l'air
18 – précipitations

Mann­Kendall

1960–1999

  • Diminution de l'ampleur des événements hydrologiques
  • Changements dans l'écoulement associés à la fonte des neiges survenant plus tôt
  • Augmentation de l'écoulement mensuel moyen au printemps en raison d'un potentiel de fonte des neiges accru
  • Moment des événements hydrologiques fortement influencé par les changements dans la température de l'air
  • Tendance à la baisse dans le sud et tendance à la hausse dans le nord
Cunderlik et Burn (2004)
156 stations hydrométriques partout au CanadaToutes les régionsToutes les écozones+, sauf celle de la cordillère arctique dans l'écozone+ de l'archipel Arctique

156 – hydrométriques (réseau hydrométrique de référence)

1974–2003 (156)
1964–2003 (102)
1954–2003 (49)

  • Tendances variables en ce qui a trait à l'écoulement minimal – étiages annuels et saisonniers (1, 7, 15 et 30 jours)
  • Résultats qui dépendent du délai de l'analyse
Khaliq et al. (2008)
Rivière WinnipegOnt., Man.Bouclier boréal

9 – hydrométriques
Données climatiques canadiennes historiques ajustées et ensemble de données rectangulaires sur le climat

Mann­Kendall

1924–2003

  • Tendance à la hausse de l'écoulement, avec une augmentation de 60 % à 110 % en hiver dans l'ensemble du bassin
  • Changements liés au climat (stations de cours d'eau naturels c. stations de cours d'eau régularisés)
  • Hausse dans les paramètres hydrologiques du bassin, mais augmentations plus faibles en ce qui a trait aux précipitations en été et en automne
St. George (2007)
Rivière MiramichiN.­B.Écozone+ maritime de l'Atlantique

2 – hydrométriques
3 – météorologiques

Régression linéaire

1970–1999

  • Augmentation de la température de l'air au printemps et en été
  • Débit relativement le même en hiver et en automne
  • Augmentation de la durée des étiages, ce qui reflète une plus grande évaporation due à l'augmentation de la température de l'air
  • Écoulement de pointe du printemps survenant plus tôt
Swansburg et al.(2004)
151 stations hydrométriques partout au CanadaToutes les régionsToutes les écozones+, sauf celle de la cordillère arctique dans l'écozone+ de l'archipel Arctique

151 – hydrométriques (réseau hydrométrique de référence)

Mann­Kendall

1967–1996 (151)
1957–1996 (71)
1947–1996 (47)

  • Diminution globale de l'écoulement annuel moyen, avec des baisses significatives dans le sud du pays
  • Baisses considérables de l'écoulement en août et en septembre
  • Augmentation de l'écoulement au printemps (mars et avril)
  • Crues printanières survenant beaucoup plus tôt en Colombie­Britannique
  • Englacement hâtif, surtout dans l'est du Canada
Zhang et al. (2001)
248 stations hydrométriquesToutes les régionsToutes les écozones+, sauf celle de la cordillère arctique dans l'écozone+ de l'archipel Arctique

248 – hydrométriques (réseau hydrométrique de référence)

Estimation des tendances statistiques

Les stations sont divisées dans 10 secteurs géospatiaux, la longueur des données variant selon chacun des secteurs.
Série chronologique maximale : 1908–1997 (région des montagnes)
Série chronologique minimale : 1961–1997 (T.N.­O./Nun.)

  • Augmentation significative de l'écoulement en juillet (Prairies et région du Pacifique) et en décembre (T.N.­O. /Nun.)
  • Tendance à la baisse de l'écoulement annuel moyen (régions du centre, du nord des montagnes et du Pacifique)
  • Baisse significative de l'écoulement journalier maximal (annuel) (centre/est, nord des montagnes, Pacifique, T.N.­O./Nun.)
  • Tendance significative à la hausse de l'écoulement journalier maximal (annuel) (centre et Prairies)
  • Augmentation significative de l'écoulement annuel minimal (ouest du Québec/sud de l'Ontario, nord des montagnes, Pacifique)
    Tendance à la baisse de l'écoulement annuel minimal (centre/est)
Adamowski et Bocci (2001)
Bassin du MackenzieAlb., Sask., C.­B., T.N.­O., Yuk.Taïga du bouclier, bouclier boréal, plaines boréales, cordillère montagnarde, taïga des plaines, taïga de la cordillère, cordillère boréale

16 – hydrométriques
9 – météorologiques

Corrélation des rangs de Spearman

1972–1999

  • À l'échelle du bassin du Mackenzie, l'écoulement ne présentait aucune tendance claire, que ce soit sur une base mensuelle ou annuelle
  • À l'échelle des rivières, la débâcle survenait plus tôt, ce qui peut être associé à l'augmentation de la température de l'air pour les mois de fonte des neiges (avril à juin)
  • De façon générale, la date et l'ampleur associées à l'écoulement de pointe ne décrivent aucune tendance, mais il existe une plus grande variabilité pour le cours inférieur du Mackenzie et la rivière de la Paix
  • Tendance à la hausse de la variabilité de l'écoulement
Woo et Thorne (2003)
64 sites hydrométriques où l'eau s'écoule dans les hautes latitudes océaniquesYuk., T.N.­O., Nun., Qc, Ont., Man., T.­N.­L.Haut­Arctique, Bas­Arctique, cordillère arctique, taïga de la cordillère, taïga des plaines, plaines hudsoniennes, taïga du bouclier

64 – hydrométriques

Mann­Kendall

1964–2003

  • Tendance à la baisse significative du débit annuel total d'eau douce menant à une diminution de 10 % de l'apport annuel total dans l'Arctique et le nord de l'Atlantique
  • Changements associés à la tendance à la baisse des précipitations au cours de la même période, ce qui laisse croire que les changements dans le débit des rivières du nord du Canada sont régis principalement par les précipitations, et non par l'évapotranspiration
Déry et Wood (2005)
42 rivières qui se jettent dans les baies d'Hudson, James et d'UngavaNun., Ont., Sask., Alb., Man., QcHaut­Arctique, Bas­Arctique, taïga du bouclier, taïga des plaines, plaines hudsoniennes, bouclier boréal, plaines boréales

42 – hydrométriques

Mann­Kendall

1964–2000

  • Tendance à la baisse du débit pour 36 des 42 rivières
  • En 2000, l'apport annuel total d'eau douce dans les baies d'Hudson, James et d'Ungava avait baissé de 13 % par rapport à 1964
  • Le débit de pointe associé à la fonte des neiges a été observé huit jours plus tôt et a diminué en intensité
  • Le moment où survient la crue printanière varie de cinq jours pour chaque degré de latitude
Déry et al. (2005)
56 rivières partout en Amérique du Nord (14 se jetant dans l'Arctique et 42 s'écoulant dans les baies d'Hudson, d'Ungava et James)Yuk., T.N.­O., Nun., Qc, Ont., Man., T.­N.­L.Taïga de la cordillère, taïga des plaines, Bas­Arctique, Haut­Arctique, cordillère arctique, taïga du bouclier, plaines hudsoniennes

56 – hydrométriques

Mann­Kendall

1964–2000

  • Diminution de l'écoulement dans l'Arctique (rivières de l'ensemble de l'Amérique du Nord)
  • Baisse du débit des rivières se jetant dans les baies d'Hudson, d'Ungava et James d'environ 2,5 km3/an par année entre 1964 et 2000
  • Aucun changement significatif dans la rivière Yukon, malgré la tentative de rétablissement du débit
  • Cela laisse croire à une baisse concomitante des précipitations et du débit de la rivière
McClelland et al.(2006)

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Un sous-ensemble de stations hydrométriques forme le réseau hydrométrique de référence (Environnement Canada, 2010b). Ce réseau, qui rassemble des bassins récepteurs intacts dans l'ensemble du Canada, assure la contribution nationale au programme de surveillance des changements climatiques de l'Organisation météorologique mondiale. Brimley et al. (1999) et Harvey et al. (1999) ont défini les six critères initiaux de sélection des stations du réseau : 1) la station doit être très peu touchée et afficher un taux de modification de moins de 10 %, les modifications devant être le résultat de conditions naturelles; 2) il ne doit y avoir aucun ouvrage de régularisation majeure ni aucune dérivation importante en amont de la station hydrométrique; 3) il faut disposer de données hydrologiques sur une période d'au moins 20 ans; 4) la station doit avoir une bonne longévité et conserver son état actuel; 5) les spécialistes locaux doivent évaluer l'exactitude des données sur les conditions lorsque les eaux sont libres et lorsque les glaces sont présentes; 6) il faut tenir compte de l'étendue de la surveillance réalisée par les différents types de stations hydrométriques (surveillance saisonnière ou continue, écoulement fluvial, niveau d'eau des lacs). Des 255 stations hydrométriques qui figuraient sur la liste initiale du réseau, 7 sont des stations qui mesurent le niveau d'eau d'un lac, 37 sont des stations saisonnières et 211 sont des stations de surveillance continue du débit (Environnement Canada, 2006b).

Les tendances relatives aux niveaux d'eau des lacs n'ont pas été prises en compte dans l'analyse, étant donné leur nombre limité dans la base de données du réseau hydrométrique de référence, ce qui empêche pour l'instant d'analyser de façon concrète les tendances à l'échelle nationale. Cependant, plusieurs analyses importantes des tendances régionales du niveau d'eau des lacs ont été réalisées. À titre d'exemple, Van der Kamp et al. (2008) se sont penchés sur les tendances relatives aux changements du niveau d'eau à long terme dans 16 lacs à bassin fermé dans la région semi-aride des Prairies. Les résultats ont révélé une tendance globale à la baisse du niveau d'eau des lacs de 4 à 10 mètres de 1920 à 2005 environ. Par contre, certains lacs du centre-est présentaient un niveau d'eau à la hausse depuis 1960. Cette augmentation est associée soit à des précipitations accrues, soit à une évaporation plus faible, de même qu'à la sensibilité des lacs aux changements d'affectation des terres, sensibilité qui découle de leur faible élévation (Van der Kamp et al. , 2008) – cela témoigne de l'influence de la variation régionale du climat pour ce qui est du masquage des changements de l'habitat.

Des données sur l'écoulement journalier moyen ont été extraites de la base de données HYDAT des Relevés hydrologiques du Canada (Environnement Canada, 2006b) pour la période de 1969 à 2005 (ce qui correspond aux années hydrologiques de 1970 à 2005) pour les 211 stations de surveillance continue du réseau hydrométrique de référence. Une analyse a permis de vérifier s'il y avait un manque de données et d'évaluer la qualité des données. La superficie des bassins récepteurs variait de 3,9 à 145 000 km2 et la plupart des sites fournissaient des données sur plus de 30 ans pour la période de 1970 à 2005, alors que les autres disposaient de données sur plus de 20 ans. Selon la méthode employée par Burn et Hag Elnur (2002), pour qu'une station soit incluse dans l'analyse, il ne peut y avoir de données manquantes pour plus de cinq ans dans la période commune de 1970 à 2005. Il a été déterminé qu'un minimum de 31 ans de données avec moins de cinq relevés manquants assurerait une série chronologique maximale – 172 stations présentaient des données adéquates (Figure 11). Le fait de choisir une période commune pour l'analyse permet d'étudier les conditions climatiques variables au cours de cette période.

Les stations hydrométriques couvraient l'ensemble des écozones+ (Figure 11); toutefois, la distribution des stations dans les écozones+ n'était pas uniforme, la densité de stations 27 hydrométriques qui répondent aux critères étant la plus forte dans l'écozone+ du bassin intérieur de l'Ouest et l'écozone+ maritime de l'Atlantique. Les écozones+ situées plus au nord affichaient des densités plus faibles. De plus, la couverture spatiale révèle un manque de stations fournissant des données adéquates dans le nord-est du Canada et les Prairies, où les stations hydrométriques fonctionnent souvent de façon saisonnière. Compte tenu de la rareté des stations dans certaines régions, il faut user de prudence lors de l'interprétation des résultats de l'analyse des tendances.

Figure 11. Carte des stations ayant des données hydrologiques appropriées utilisées dans le cadre d'analyses des tendances et tableau résumant le nombre de stations adéquates par écozone+
Cette carte ci-dessous et le tableau qui l'accompagne indiquent l'emplacement des stations ayant des données hydrologiques appropriées à utiliser dans le cadre d'analyses des tendances
Description longue pour la Figure 11.

Cette carte et le tableau qui l'accompagne indiquent l'emplacement des stations ayant des données hydrologiques appropriées à utiliser dans le cadre d'analyses des tendances. En tout, 172 stations présentent des données adéquates dans l'ensemble du pays. La carte montre que la distribution des stations hydrologiques permet de couvrir toutes les écozones+. En règle générale, la couverture est meilleure dans la partie sud du pays et près des centres de population.

Écozone+Nombre de
sites utilisés
HautArctique2
2 BasArctique3
Taïga de la cordillère1
Taïga des plaines11
Cordillère boréale9
Taïga du bouclier6
Écozone+ maritime du Pacifique11
Cordillère montagnarde27
Plaines boréales6
Bouclier boréal31
Forêt boréale de TerreNeuve12
Plaines hudsoniennes2
Prairies4
Bassin intérieur de l'Ouest8
Écozone+ maritime de l'Atlantique34
Plaines à forêts mixtes5

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Richter et al. (1996) ont relevé 32 variables hydroécologiques annuelles, appelées « indicateurs d'altération hydrologique » (IAH). Ces variables représentent les composantes du régime d'écoulement importantes sur le plan écologique (voir le Tableau 3 et le Tableau 4). Les 32 variables annuelles des indicateurs d'altération hydrologique ont été calculées pour chaque année de 1970 à 2005 (du 1er octobre au 30 septembre) aux stations hydrométriques. Ces variables permettent de quantifier l'ampleur (quantité), la fréquence, le moment, la durée et le caractère soudain (vitesse) des changements du régime d'écoulement. Les calculs ont été réalisés à l'aide du logiciel des indicateurs d'altération hydrologique de The Nature Conservancy (The Nature Conservancy, 2007). Ces variables, qui décrivent le régime hydrologique, permettent d'effectuer une évaluation de la qualité de l'habitat pour les communautés aquatiques lorsqu'aucune donnée écologique à long terme n'est connue.

Tableau 3. Description des composantes du régime d'écoulement, de leurs impacts écologiques dans les cours d'eau et des variables de comparaison
Composante du régime d'écoulementDescriptionImpacts écologiquesVariables de comparaison
AmpleurMesure de la quantité d'eau qui passe par un point fixe par unité de temps. L'écoulement peut varier selon les conditions climatiques et la grosseur du bassin récepteur à l'intérieur d'un même réseau hydrographique et entre les réseaux. L'ampleur peut être utilisée comme un indicateur de la qualité d'un habitat.
  • Disponibilité des habitats pour les espèces
  • Disponibilité de l'eau du sol pour les végétaux
  • Effets sur la température de l'eau, la teneur en oxygène et la photosynthèse dans la colonne d'eau
Écoulement mensuel moyen
Écoulement maximal ou minimal
FréquenceMesure de la récurrence d'événements hydrologiques qui dépassent une ampleur donnée sur une période précise.
  • Disponibilité des habitats de plaines inondables
  • Échanges de nutriments et de matières organiques entre les rivières et les plaines inondables
  • Disponibilité des minéraux du sol
  • Effets sur le transport des sédiments du lit et la texture des sédiments des chenaux
Nombre annuel d'étiages ou de crues qui dépassent une certaine ampleur
DuréeMesure de la période durant laquelle une condition hydrologique, qu'il s'agisse d'un événement extrême ou d'une condition normale, persiste. La durée peut être associée à un événement en particulier lié au débit ou définie comme une valeur composite liée à une période donnée.
  • Durée des conditions perturbatrices, comme la faible teneur en oxygène et l'accumulation de produits chimiques en milieu aquatique
  • Répartition des communautés végétales dans les lacs, les étangs et les plaines inondables
  • Durée des crues pour l'aération des frayères dans les sédiments des chenaux
Nombre de jours par année où l'écoulement présente une ampleur précise
MomentMesure de la régularité des conditions hydrologiques d'une ampleur définie.
  • Prévisibilité/caractère évitable des éléments de perturbation pour les organismes
  • Signaux de déclenchement du frai pour les poissons migratoires
  • Évolution des stratégies relatives au cycle biologique et des mécanismes comportementaux
Date julienne correspondant à l'écoulement annuel maximal sur un jour
Vitesse de changement (variabilité de l'écoulement)Désigne la vitesse à laquelle changent les conditions (ampleur). À titre d'exemple, les cours d'eau stables présentent une faible vitesse de changement comparativement aux cours d'eau à crues ou à étiages soudains, ceux­ci affichant une vitesse de changement élevée.
  • Échouement d'espèces dans des parcelles d'habitat isolées (baisses)
  • Piégeage sur des îles ou des plaines inondables (élévations)
Nombre de changements journaliers positifs/négatifs dans l'écoulement
Source : Richter et al. (1997) et Poff et al. (1996)

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Tableau 4. Paramètres hydrologiques pertinents sur le plan écologique utilisés pour les indicateurs d'altération hydrologique (IAH) et leurs caractéristiques
Groupe d'IAHComposante du régime hydrologiqueParamètres hydrologiques
Groupe 1
Ampleur de l'écoulement mensuel
  • Ampleur
  • Moment
  • Valeur médiane pour chaque mois civil (octobre­septembre)
Groupe 2
Écoulement annuel minimal et maximal
  • Ampleur
  • Durée
  • Valeur minimale annuelle (moyenne) sur 1 jour, 3 jours, 7 jours, 30 jours et 90 jours
  • Valeur maximale annuelle (moyenne) sur 1 jour, 3 jours, 7 jours, 30 jours et 90 jours
  • Débit de base (minimum sur 7 jours/écoulement annuel moyen)
Groupe 3
Date correspondant à l'écoulement annuel minimal sur un jour et à l'écoulement annuel maximal sur un jour
  • Moment
  • Date julienne correspondant à chaque valeur de l'écoulement annuel minimal sur un jour
  • Date julienne correspondant à chaque valeur de l'écoulement annuel maximal sur un jour
Groupe 4
Fréquence et durée des crues et des étiages
  • Ampleur
  • Fréquence
  • Durée
  • Nombre d'épisodes d'étiage par année (le seuil étant la valeur médiane ­ 25 %)
  • Nombre d'épisodes de crue par année (le seuil étant la valeur médiane + 25 %)
  • Durée médiane des épisodes d'étiage chaque année
  • Durée médiane des épisodes de crue chaque année
Groupe 5
Variabilité de l'écoulement
  • Fréquence
  • Vitesse de changement
  • Valeur médiane de la différence négative entre les moyennes journalières consécutives
  • Valeur médiane de la différence positive entre les moyennes journalières consécutives
  • Nombre de hausses sur l'hydrogramme (changements positifs journaliers de l'écoulement)
  • Nombre de baisses sur l'hydrogramme (changements négatifs journaliers de l'écoulement)
  • Nombre d'inversions (nombre de permutations entre un écoulement à la hausse et un écoulement à la baisse, et vice­versa)
Source : Adapté de Richter et al. (1996)

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Les données sur le débit des rivières (m3 par seconde) ont été converties en données sur l'écoulement (mm par jour) pour normaliser les effets des aires de drainage différentes. Pour la plupart, les variables ont été calculées en employant des statistiques non paramétriques (percentiles) en raison du caractère naturellement biaisé de bon nombre de relevés hydrologiques, à l'exception des variables de la moyenne mobile (minimums et maximums sur 1 à 90 jours), lesquelles sont toujours calculées en tant que moyennes. Les variables sont calculées pour chaque année hydrologique et sont employées dans l'analyse des tendances. La présence de tendances à chaque station pour chacune des variables a fait l'objet d'une analyse en appliquant les méthodes Mann-Kendall pour déterminer l'importance des tendances décelées à l'aide d'une procédure de permutation (voir l'encadré). L'analyse a été complétée en utilisant le programme MAKESENS, une application de feuille de calcul de Microsoft Excel (Salmi et al. , 2002). Les résultats étaient statistiquement significatifs au niveau de 10 % (p < 0,1), ce qui concorde avec les autres études du même type (par exemple Aziz et Burn, 2006).

Encadré : Détails concernant l'analyse des tendances Mann­Kendall

Une méthode statistique non paramétrique a été employée pour isoler les tendances dans les variables des indicateurs d'altération hydrologique (IAH) en raison du caractère naturellement biaisé de bon nombre de relevés hydrologiques. L'analyse des tendances Mann­Kendall a été appliquée pour réduire au minimum les problèmes de distinction entre la variabilité naturelle et les tendances dans les données (Burn et Hag Elnur, 2002; Burn et Cunderlik, 2004; Kundzewicz et Robson, 2004). Élaboré par Mann (1945) et développé ensuite par Kendall (1975), le test Mann­Kendall pour l'analyse des tendances a été appliqué par d'autres chercheurs dans des études semblables (p. ex. Burn et Hag Elnur, 2002; Chu et al. , 2003; Burn et Cunderlik, 2004; Bonsal et al. , 2006). Dans ce test non paramétrique, ce sont les ampleurs relatives des données d'entrée qui sont comparées plutôt que les valeurs des données réelles (Mann, 1945; Khaliq et al. , 2008). La formule du test est la suivante :

La formule du test non paramétrique

formule du test non paramétrique

Description longue pour la formule de test non-paramétrique

Les points de données sont présentés dans l’ordre dans lequel ils ont été recueillis dans le temps (p. ex. x1, x2, x3,… xn recueillis aux moments 1, 2, 3,…n). Le signe de toutes les n(n-1)/2 différences possibles xj – xk, où j > k (c.-à-d. x2 – x1, x 3 – x1, … xn – xn-2, xn – xn-1). Le signe de toutes les différences possibles est calculé (c.-à-d. sign(xj – xk) = 1 if xj – xk >0, sign(xj – xk) = 0 if xj – xk = 0, sign(xj – xk) = -1 if xj – xk <0). La statistique du test, S, est égale au nombre total de différences moins le nombre de différences négatives pour chaque étape temporelle.

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Sommaire national et répartition spatiale des tendances hydrologiques (de 1970 à 2005)

Des recherches publiées portent sur les corrélations entre les tendances hydrologiques et le climat (voir les exemples dans le Tableau 2). Les résultats sont toutefois variables, c'est pourquoi il est important d'interpréter les tendances à plus long terme relatives à l'écoulement, en tenant compte des changements climatiques d'une décennie à l'autre et des caractéristiques du bassin (Woo et Thorne, 2008). Un sommaire national des résultats de l'application de l'analyse des tendances Mann-Kendall non paramétrique est présenté dans le Tableau 5 et à la Figure 12, et les résultats sont résumés par écozone+ aux Figure 13 et Figure 14. Les résultats sont ensuite examinés à l'échelle du pays et de l'écozone+ dans trois sections : ampleur de l'écoulement; moment, fréquence et durée; et caractère soudain. Il est difficile d'établir des conclusions concernant les tendances pour plusieurs écozones+ en raison du nombre limité de stations hydrométriques adéquates du réseau hydrométrique de référence au sein de celles-ci (c.-à-d. qu'elles comptent moins de dix stations). Ces écozones+ soit celles des plaines à forêts mixtes, des plaines hudsoniennes, de la taïga du bouclier, des plaines boréales, des prairies, de la taïga de la cordillère, de l'archipel Arctique et de la cordillère boréale, ne sont pas examinées plus à fond dans cette section. Afin de limiter les biais potentiels et de réduire les erreurs dans les conclusions, les données sur l'ensemble des écozones+ sont fournies à l'annexe 1.

Tableau 5. Résultats des tendances pour les variables des indicateurs d'altération hydrologique pour les 172 stations du réseau hydrométrique de référence visées dans cette analyse, d'après les données pour les années hydrologiques de 1970 à 2005.

Groupe 1 - Ampleur de l'écoulement mensuel
Variable des IAH% de stations qui présentent une tendance à la hausse significative (p <0,1)% de stations qui présentent une tendance à la baisse significative (p <0,1)
Octobre4,78,1
Novembre8,73,5
Décembre16,97,6
Janvier18,68,1
Février14,08,7
Mars12,22,9
Avril29,13,5
Mai2,322,1
Juin5,819,8
Juillet6,413,4
Août4,728,5
Septembre5,818,0

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Groupe 2- Écoulement annuel minimal et maximal
Variable des IAH% de stations qui présentent une tendance à la hausse significative (p <0,1)% de stations qui présentent une tendance à la baisse significative (p <0,1)
Minimum sur 1 jour12,826,2
Minimum sur 3 jours13,425,6
Minimum sur 7 jours14,025,0
Minimum sur 30 jours15,723,3
Minimum sur 90 jours16,321,5
Débit de base12,215,7
Maximum sur 1 jour6,418,0
Maximum sur 3 jours5,818,0
Maximum sur 7 jours6,418,0
Maximum sur 30 jours5,216,9
Maximum sur 90 jours6,414,5
Groupe 3- Date correspondant à l’écoulement annuel minimal sur un jour et à l’écoulement annuel maximal sur un jour
Variable des IAH% de stations qui présentent une tendance à la hausse significative (p <0,1)% de stations qui présentent une tendance à la baisse significative (p <0,1)
Date correspondant à l’écoulement minimal sur un jour16,.38,1
Date correspondant à l’écoulement maximal sur un jour6,410,5
Groupe 4- Fréquence et durée des crues et des étiages
Variable des IAH% de stations qui présentent une tendance à la hausse significative (p <0,1)% de stations qui présentent une tendance à la baisse significative (p <0,1)
Nombre d’épisodes d’étiage11,62,3
Durée des épisodes d’étiage7,014,5
Nombre d’épisodes de crue4,17,0
Durée des épisodes de crue5,26,4
Groupe 5- Variabilité de l’écoulement
Variable des IAH% de stations qui présentent une tendance à la hausse significative (p <0,1)% de stations qui présentent une tendance à la baisse significative (p <0,1)
Vitesse d’augmentation8,120,9
Vitesse de diminution15,15,8
Inversion sur l'hydrogramme30,210,5

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Figure 12. Résumé du nombre total de stations affichant des tendances à la hausse et à la baisse significatives (p < 0,1) pour chaque variable des indicateurs d'altération hydrologique, d'après les données pour les années hydrologiques de 1970 à 2005

La figure ci-dessous montre le nombre total de stations affichant des tendances à la hausse et à la baisse

Description longue pour la Figure 12.

Ce diagramme à barres qui montre les informations suivantes :

VariableNombre baisseNombre hausse
Octobre-148
Novembre-615
Décembre-1329
Janvier-1432
Février-1524
Mars-521
Avril-650
Mai-384
Juin-3410
Juillet-2311
Août-498
Septembre-3110
Min. 1 jour-4522
Min. 3 jours-4423
Min. 7 jours-4324
Min. 30 jours-4027
Min. 90 jours-3728
Écoulement de base-2721
Max. 1 jour-3111
Max. 3 jours-3110
Max. 7 jours-3111
Max. 30 jours-299
Max. 90 jours-2511
Date min.-1428
Date max.-1811
Nomber d’épisodes d’étiage-420
Durée des épisodes d’étiage-2512
Nombre des épisodes de crue-127
Durée des épisodes de crue-119
Vitesse de diminuation-1026
Vitesse d’augumentation-3614
Inversions-1852

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Figure 13. Nombre total de stations affichant des tendances significatives (p < 0,1) à la hausse et à la baisse pour chaque variable des indicateurs d’altération hydrologique pour : a) l’écozone+ maritime de l’Atlantique; b) l’écozone+ de la taïga des plaines; c) l’écozone+ du bouclier boréal; d) l’écozone+ maritime du Pacifique, d’après les données pour les années hydrologiques de 1970 à 2005

La figure ci-dessous est composée de quatre diagrammes à barres montrant le nombre total de stations affichant

Veuillez noter les différentes échelles de l'axe des x. Seules les stations qui présentent des tendances significatives sont comprises.

Description longue pour la figure 13

Cette figure est composée de quatre diagrammes à barres montrant le nombre total de stations affichant des tendances significatives à la hausse et à la baisse pour chaque variable des indicateurs d'altération hydrologique de 1970 à 2005 pour l'écozone+ maritime de l'Atlantique, l'écozone+ de la taïga des plaines, l'écozone+ du bouclier boréal et l'écozone+ maritime du Pacifique. La variabilité des tendances à la hausse et à la baisse pour chaque variable est grande. Dans l'écozone+ maritime de l'Atlantique, les tendances étaient plutôt à la baisse qu'à la hausse, tous indicateurs confondus, tandis que dans l'écozone+ de la taïga des plaines, elles étaient plutôt à la hausse qu'à la baisse. Le nombre de stations affichant des tendances à la baisse dans l'écozone+ du bouclier boréal et l'écozone+ maritime du Pacifique était plus important que le nombre de stations affichant des tendances à la hausse, tous indicateurs confondus.

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Figure 14. Nombre total de stations affichant des tendances significatives (p < 0,1) à la hausse et à la baisse pour chaque variable des indicateurs d'altération hydrologique pour : a) l'écozone+ de la cordillère montagnarde; b) l'écozone+ de la forêt boréale de Terre­Neuve, d'après les données pour les années hydrologiques de 1970 à 2005
Remarque : Seules les stations qui présentent des tendances significatives sont comprises
La figure ci-dessousest composée de deux diagrammes à barres montrant le nombre total de stations affichant des tendances significatives à la hausse et à la baiss
Description longue pour la Figure 14.

Cette figure est composée de deux diagrammes à barres montrant le nombre total de stations affichant des tendances significatives à la hausse et à la baisse pour chaque variable des indicateurs d'altération hydrologique de 1970 à 2005 pour les écozones<sup>+</sup> de la cordillère montagnarde et de la forêt boréale de Terre-Neuve. Pour l'écozone+ de la cordillère montagnarde, le nombre de stations affichant des tendances à la hausse et à la baisse varie selon les indicateurs. Pour l'écozone+ de la forêt boréale de Terre-Neuve, les stations affichant des tendances à la baisse étaient plus nombreuses que celle affichant des tendances à la hausse, tous indicateurs confondus.

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L'accent est mis principalement sur les tendances directionnelles statistiquement significatives (p < 0,1), bien que des tendances directionnelles non significatives aient aussi été signalées (p > 0,1). Même s'il est reconnu que celles-ci sont beaucoup plus susceptibles d'être le fruit du hasard à cause du bruit inhérent associé aux données hydrologiques, elles offrent une méthode permettant de visualiser l'uniformité au sein d'une région, lorsque la majorité des stations démontrent un profil directionnel. En outre, ces résultats non significatifs ne signifient pas qu'il n'y a pas de tendance, mais plutôt qu'il n'est pas possible de relever des tendances significatives avec la courte série de données existantes. Par conséquent, elles sont utilisées dans le cadre d'une vaste caractérisation spatiale au sein de chaque écozone+ au lieu d'être utilisées pour tirer des conclusions précises concernant la réponse de chaque station. Cette stratégie a été adoptée par d'autres chercheurs, comme Hannaford et Marsh (2006), qui ont étudié les tendances hydrologiques régionales au Royaume-Uni.

Tendances relatives à l'ampleur de l'écoulement

L'ampleur, ou l'importance, de l'écoulement peut refléter des différences dans la disponibilité des habitats convenables pour les communautés aquatiques et influer sur la température de l'eau et la teneur en oxygène, surtout dans les secteurs caractérisés par une couverture de glace saisonnière. Étant donné la variabilité importante des facteurs déterminants (comme le climat et les caractéristiques naturelles des bassins hydrologiques), il n'y a pas de profil constant dans l'ensemble du pays. Ainsi, le moment (le mois) où surviennent les événements hydrologiques, comme le commencement des crues printanières, varie considérablement. Une grande variabilité, selon le mois, a été observée dans le pourcentage des tendances relatives à l'écoulement (Tableau 5 et Figure 15). Par exemple, une plus grande proportion de stations ont affiché des tendances à la hausse statistiquement significatives (p < 0,1) pendant les mois d'hiver (de décembre à février) que celles ayant présenté une diminution pour ces mêmes mois. Le profil des écoulements printaniers et estivaux variait, affichant des hausses significatives de l'écoulement moyen en avril, tandis que la majorité des tendances relatives à l'écoulement de mai à septembre révélaient des diminutions significatives. Plus particulièrement, l'écoulement en août a diminué de façon considérable dans le cas de plus de 28 % des stations. Quelques profils spatiaux ont été relevés pour les tendances de l'écoulement mensuel. Par exemple, la majorité des stations dans l'ouest du Canada ont démontré des tendances considérablement à la hausse de l'écoulement en avril, et un groupe de stations présentait des tendances à la baisse dans la région des Grands Lacs.

Figure 15. Tendances relatives à l'écoulement mensuel à long terme dans le cas des stations du réseau hydrométrique de référence, d'après les données pour les années hydrologiques de 1970 à 2005

le graphique ci-dessous montre les tendances relatives à l'écoulement mensuel à long terme

Description longue pour la Figure 15.

Ce graphique à barres montre les informations suivantes :

-Tendance à la hausse
significative (p < 0,1)
Tendance à la baisse
significative (p < 0,1)
Oct.4,658,14
Nov.8,723,49
Déc.16,867,56
Janv.18,608,14
Févr.13,958,72
Mars12,212,91
Avr.29,073,49
Mai2,3322,09
Juin5,8119,77
Juill.6,4013,37
Août4.6528,49
Sept.5,8118,02

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L'écoulement minimal est important sur le plan écologique, puisqu'il limite la disponibilité des habitats aquatiques spécifiques et influe sur la température de l'eau et la teneur en oxygène dissous. Dans l'ensemble de données, une plus grande proportion de stations présentaient des tendances à la baisse significatives (p < 0,1) comparativement à celles présentant des tendances à la hausse significatives concernant l'écoulement minimal pour toutes les variables analysées (tableau 5 et Figure 16). Toutefois, ces tendances significatives étaient plus éminentes dans le cas des variables décrivant un débit minimal sur de courtes durées. Par exemple, 26,2 % des stations ont démontré un débit minimal sur un jour considérablement à la baisse par rapport à 21,5 % des stations pour ce qui est du débit minimal sur 90 jours. Le fait que les tendances semblent plus marquées à court terme pourrait refléter la prédominance des variations saisonnières à long terme. Sur le plan géographique, les stations qui présentaient des tendances significatives à la baisse pour ce qui est de l'écoulement minimal sur un jour se trouvaient principalement dans le sud-est et le Canada atlantique, et d'autres stations se situaient dans le sud-ouest du pays (Figure 17). Les stations qui présentaient des augmentations significatives de l'écoulement minimal sur un jour se situaient principalement dans le nord-ouest du Canada, et quelques stations se trouvaient dans le nord du pays.

Figure 16. Tendances relatives à l'ampleur de l'écoulement minimal sur 1 jour, 3 jours, 7 jours, 30 jours et 90 jours et du débit de base pour les stations du réseau hydrométrique de référence, d'après les données pour les années hydrologiques de 1970 à 2005

le graphique ci-dessous montre les endances relatives à l'ampleur de l'écoulement minimal

Description longue pour la Figure 16.

Ce diagramme à barres montre les informations suivantes :

-Tendance à la baisse significative (p < 0,1)Tendance à la baisse non significativeTendance à la hausse significative (p < 0,1)Tendance à la hausse non significative
Min. sur 1 jour26,1633,7212,7923,84
Min. sur 3 jours25,5836,0513,3723,26
Min. sur 7 jours25,0032,5613,9526,74
Min. sur 30 jours23,2633,1415,7026,16
Min. sur 90 jours21,5131,9816,2829,07
Débit de base15,7038,3712,2132,56

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Figure 17. Carte illustrant les tendances du débit minimal sur un jour des rivières naturelles au Canada, d'après les données pour les années hydrologiques de 1970 à 2005

La carte ci-dessous illustrant les tendances du débit minimal sur un jour des rivières naturelles au Canada

+ tendance à la hausse significative (p < 0,1); + tendance à la hausse (p > 0,1), carrée orange signifie tendance à la baisse significative (p < 0,1); carrée blanche signifie tendance à la baisse (p > 0,1), cercle blanche signifie aucune tendance
Description longue pour la Figure 17.

Cette carte illustre les tendances du débit minimal sur un jour des rivières naturelles au Canada, de 1970 à 2005. La carte est parsemée d'icônes qui indiquent si une station de surveillance a observé une tendance à la hausse significative, une tendance à la hausse, une tendance à la baisse significative, une tendance à la baisse ou aucune tendance. Sur le plan géographique, les stations qui présentaient des tendances significatives à la baisse pour ce qui est de l'écoulement minimal sur un jour se trouvaient principalement dans le sud-est et le Canada atlantique, et d'autres stations se situaient dans le sud-ouest du pays. Les stations qui présentaient des augmentations significatives de l'écoulement minimal sur un jour se situaient principalement dans le nord-ouest du Canada, et quelques stations se trouvaient dans le nord du pays.

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Pour l'ensemble de ces variables, les tendances observées pourraient refléter des changements réels dans les processus aquatiques. À titre d'exemple, il pourrait y avoir réduction des échanges de nutriments entre les rivières et les plaines inondables, de même que des étiages plus longs et perturbateurs. En général, un moins grand nombre de stations ont présenté des tendances statistiquement significatives pour ce qui est de l'écoulement maximal, toutes durées confondues (Figure 12 et Figure 18). Cependant, il semble y avoir eu une tendance à la baisse pour ce qui est de l'écoulement maximal entre 1970 et 2005 (Figure 18 et Figure 19). Sur le plan spatial, il semblait y avoir des tendances à la baisse significatives pour l'écoulement maximal sur un jour dans les Grands Lacs et le fleuve Saint-Laurent, mais les autres tendances ne décrivaient aucun profil spatial clair (Figure 19). Les variables de l'écoulement maximal pour des courtes et moyennes durées (de 3 à 30 jours) ont indiqué des tendances à la baisse dans les cas des groupes de stations dans l'est et le sud-ouest du Canada. Les profils spatiaux pour l'écoulement maximal sur 90 jours reflètent des tendances à la baisse dans les stations en basse latitude, mais un plus grand nombre de tendances à la hausse significatives dans les zones côtières de l'ouest et les stations en haute latitude. Des profils spatiaux importants ont été constatés dans les tendances à la baisse dans l'est et le sud-ouest du Canada, alors que des tendances à la hausse se sont dessinées dans le nord-ouest du pays.

Figure 18. Tendances relatives à l'ampleur de l'écoulement maximal sur 1 jour, 3 jours, 7 jours, 30 jours et 90 jours pour les stations du réseau hydrométrique de référence, d'après les données pour les années hydrologiques de 1970 à 2005

le graphique ci-dessous montre les tendances relatives à l'ampleur de l'écoulement maximal

Description longue pour la Figure 18.

Ce diagramme à barres montre les informations suivantes :

VariableTendance à la baisse
significative (p < 0,1)
Tendance à la baisse
non significative
Tendance à la hausse
significative (p < 0,1)
Tendance à la hausse
non significative
Max. sur 1 jour18,0250,006,4025,00
Max. sur 3 jours18,0249,425,8126,74
Max. sur 7 jours18,0248,266,4027,33
Max. sur 30 jours16,8654,655,2323,26
Max. sur 90 jours14,5353,496,4025,58

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Figure 19. Carte illustrant les tendances du débit maximal sur un jour des rivières naturelles au Canada, d'après les données pour les années hydrologiques de 1970 à 2005

la carte ci-dessous illustrant les tendances du débit maximal sur un jour des rivières naturelles au Canada

+ tendance à la hausse significative (p < 0,1); + tendance à la hausse (p > 0,1), carrée orange signifie tendance à la baisse significative (p < 0,1); carrée blanche signifie tendance à la baisse (p > 0,1), cercle blanche signifie aucune tendance
Description longue pour la Figure 19.

Cette carte illustre les tendances du débit maximal sur un jour des rivières naturelles au Canada, de 1970 à 2005. La carte est parsemée d'icônes qui indiquent si une station de surveillance a observé une tendance à la hausse significative, une tendance à la hausse, une tendance à la baisse significative, une tendance à la baisse ou aucune tendance. En général, un moins grand nombre de stations ont présenté des tendances statistiquement significatives pour ce qui est de l'écoulement maximal que pour l'écoulement minimal.

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Sommaire des tendances selon l'écozone+

Écozone+ maritime de l’Atlantique (n = 34; Figure 17, Figure 19 et Figure 13)
Peu de stations ont présenté des tendances significatives (p < 0,1) dans le cas de l’écoulement mensuel moyen, à l’exception des mois de mai et de juin où 19 et 17 des 34 stations, respectivement, ont connu une diminution importante et du mois d’août où 19 des 34 stations ont aussi connu une diminution importante. Toutes les stations affichant un changement statistiquement significatif (en moyenne 20 des 34 stations) ont présenté une diminution du débit minimal, toutes durées confondues. De plus, la majorité des autres stations non significatives (en moyenne 13 sur 34) démontraient une tendance à la réduction du débit minimal. Même si la variable décrivant les conditions du débit de base ne présentait pas de fortes tendances significatives (10 sur 34), la plupart des stations (23 sur 34) ont démontré une tendance à la réduction de la valeur. La majorité des stations ont aussi présenté des réductions du débit maximal, toutes durées confondues, soit une moyenne de cinq stations affichant des tendances à la baisse significatives et aucune station ne démontrant une tendance à la hausse significative. Une moyenne supplémentaire de 19 stations ont affiché une tendance à la baisse non significative.
Écozone+ de la forêt boréale de Terre-Neuve (n = 12; Figure 17, Figure 19 et Figure 14)
Peu de stations démontrent des tendances significatives pour ce qui est de l'écoulement mensuel, à l'exception du mois d'août où la moitié des stations ont présenté une diminution statistiquement significative. La majorité des stations ont affiché une diminution de l'écoulement minimal, toutes durées confondues. Il n'y avait aucun profil clair de l'écoulement maximal : une partie des stations présentaient des tendances à la hausse et une autre partie, des tendances à la baisse.
Écozone+ du bouclier boréal (n = 31; Figure 17, Figure 19 et Figure 13)
Quelques stations ont affiché une tendance statistiquement significative pour l'écoulement mensuel à un niveau de 10 %, à l'exception des mois d'août et de septembre où 10 et 9 des 31 stations, respectivement, ont indiqué des tendances à la baisse de l'écoulement estival tardif. L'absence de tendances directionnelles claires peut être associée au gradient longitudinal considérable propre à l'écozone+. Une plus grande proportion de stations ont présenté des tendances à la baisse significatives pour ce qui est des variables de l'écoulement minimal et maximal, et la majorité des autres stations ont indiqué une tendance à la réduction.
Écozone+ de la taïga des plaines (n = 11; Figure 17, Figure 19 et Figure 13)
Sept des 11 stations ont affiché une augmentation statistiquement significative de l'écoulement en hiver et au début du printemps (de janvier à mars). De fortes tendances à la hausse significatives de l'écoulement minimal ont été observées dans le cas de six stations en moyenne au sein de cette écozone+, et la majorité des autres stations indiquaient aussi une tendance à l'augmentation. De plus, cinq stations ont affiché une augmentation marquée du débit de base. Toutefois, peu de tendances significatives ont été dégagées en ce qui concerne l'écoulement maximal.
Écozone+ de la cordillère montagnarde (n = 27; Figure 17, Figure 19 et Figure 14)
La majorité des stations n'ont pas affiché de tendances significatives en ce qui concerne l'écoulement mensuel moyen, à l'exception du mois d'avril où une forte tendance à la hausse s'est dessinée. Bien qu'elle ne soit pas statistiquement significative, une tendance à l'augmentation de l'écoulement minimal a été présentée par les stations, particulièrement dans le cas des variables de plus longues durées. La plupart des stations ont indiqué une baisse de l'écoulement maximal, souvent non significative.
Écozone+ maritime du Pacifique (n = 11; Figure 17, Figure 19 et Figure 13)
Les variables de la valeur médiane de l'écoulement mensuel présentaient très peu de tendances, quoiqu'il semblait y avoir une tendance globale à la baisse de l'écoulement à la fin de l'été (juillet, août et septembre). Une tendance à la baisse évidente a été relevée en ce qui concerne l'écoulement minimal, toutes durées confondues, tandis que la plupart des stations indiquaient une réduction marquée du débit de base. Inversement, la majorité des stations ont affiché une tendance à la hausse de l'écoulement maximal, mais celle-ci n'était pas significative en général.

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Tendances relatives au moment, à la fréquence et à la durée des événements hydrologiques extrêmes

Bon nombre d'espèces réagissent en fonction du moment où surviennent les étiages et les crues, ce qui détermine les processus du cycle biologique; ces événements peuvent par exemple servir de signaux pour la reproduction des poissons migratoires ou fournir un accès aux habitats marginaux pendant la reproduction. Peu de stations ont présenté des tendances significatives pour ce qui est 41 du moment de l'écoulement minimal et de l'écoulement maximal sur un jour (Tableau 5 et Figure 20). Cependant, la majorité des stations (78 sur 172) ont présenté une tendance selon laquelle le débit minimal annuel surviendrait à une date ultérieure, tandis que 85 des 172 stations ont présenté une tendance selon laquelle le débit maximal annuel surviendrait à une date antérieure. Cette tendance est particulièrement importante, puisqu'elle est liée à la crue printanière annuelle pour la plupart des rivières. Le fait que l'écoulement annuel de pointe semble survenir plus tôt concorde avec les tendances de débâcle hâtive signalées antérieurement (voir la section Tendances relatives à la débâcle et à l'englacement des rivières et des lacs). Sur le plan géographique, les stations présentant un écoulement minimal sur un jour survenant plus tard se situaient principalement dans l'est du Canada et la région des Grands Lacs, tandis que les stations affichant un écoulement minimal sur un jour survenant plus tôt se trouvaient dans les zones sud et côtières de l'ouest du Canada, la région des Grands Lacs et le nord-est du pays. On observe des tendances qui indiquent un écoulement minimal sur un jour survenant plus tôt dans les hautes latitudes et le sudest du Canada.

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Figure 20. Tendances relatives à la date de l'écoulement minimal et de l'écoulement maximal annuels sur un jour pour les stations du réseau hydrométrique de référence, d'après les données pour les années hydrologiques de 1970 à 2005
graphique montre les tendances relatives
Description longue pour la figure 20.

Ce diagramme à barres montre les informations suivantes :

Proportion des sites

VariableTendance à survenir
plus tôt (p < 0,1)
Tendance non significative
à survenir plus tôt (p > 0,1)
Tendance à survenir
plus tard (p < 0,1)
Tendance non significative
à survenir plus tard (p > 0,1)
Date du min. annuel
sur 1 jour
8.1427.3316.2845.35
Date du max. annuel
sur 1 jour
10.4749.426.4025.00

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L'exposition à des conditions d'écoulement extrêmes (étiages et crues) peut provoquer un stress chez les communautés aquatiques, en plus de nuire au milieu abiotique. Ces conditions extrêmes peuvent, par exemple, influer sur le déplacement de la charge de fond de sédiments aquatiques et ainsi modifier la composition sédimentaire et provoquer des perturbations. Les étiages de longue durée peuvent limiter l'accès des oiseaux aquatiques et ainsi les empêcher de se nourrir, de se reposer et de se reproduire. Quelques stations ont présenté des tendances à la hausse ou à la baisse statistiquement significatives, l'orientation de la tendance étant partagée dans le cas des variables utilisées pour quantifier ces conditions extrêmes (Figure 21). Malgré le peu de tendances significatives dans le nombre d'épisodes d'étiage, les stations de l'est du Canada ont démontré une tendance à la hausse (significative et non significative) pour ce qui est de la durée de ces épisodes (Figure 22). Les stations se trouvant dans l'ouest et le nord-ouest du Canada ont présenté des durées plus courtes (significatives et non significatives) en ce qui concerne les étiages, à l'exception de la partie sud de la cordillère montagnarde qui a affiché des tendances relatives à des plus longues durées des étiages.

Figure 21. Tendances relatives à la fréquence et à la durée des épisodes d'étiage et de crue pour les stations du réseau hydrométrique de référence, d'après les données pour les années hydrologiques de 1970 à 2005
graphique présenté des tendances à la hausse ou à la baisse statistiquement significatives
Description longue pour la figure 21.

Ce diagramme à barres montre les informations suivantes :

Proportion de sites

VariableTendance à la
baisse significative (p < 0,1)
Tendance à la
baisse non significative
Tendance à la
hausse significative (p < 0,1)
Tendance à la
hausse non significative
Nombre d'épisodes d'étiage2,334,6511,638,72
Durée des épisodes d'étiage14,5332,566,9834,88
Nombre d'épisodes de crue6,9810,474,076,40
Durée des épisodes de crue6,4027,915,2333,72

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Figure 22. Carte illustrant les tendances relatives à la durée des épisodes d'étiage dans les rivières naturelles au Canada, d'après les données pour les années hydrologiques de 1970 à 2005 bleu signe + tendance à la hausse significative (p < 0,1); blanc signe + tendance à la hausse (p > 0,1); forme carré jaune tendance à la baisse significative (p < 0,1); forme carré blanc tendance à la baisse (p > 0,1); forme de cercle blanc aucune tendance
Carte illustrant les tendances relatives à la durée des épisodes d'étiage dans les rivières naturelles au Canada
Description longue pour la figure 22.

Cette carte montre les tendances relatives à la durée des épisodes d'étiage et de crue enregistrées aux stations de surveillance du réseau hydrométrique de référence, pour les années de 1970 à 2005. La carte est parsemée d'icônes qui indiquent si une station de surveillance a observé une tendance à la hausse significative, une tendance à la hausse, une tendance à la baisse significative, une tendance à la baisse ou aucune tendance. En général, les stations de l'est du Canada ont démontré une hausse ou une tendance à la hausse (non significative) pour ce qui est de la durée des épisodes d'étiage. Les stations de l'ouest et du nord-ouest du Canada ont présenté une diminution de la durée des épisodes d'étiage ou des tendances à la baisse relativement à la durée de ces épisodes (non significative), à l'exception de la partie sud de la cordillère montagnarde qui a présenté des tendances à la hausse relativement à la durée de ces épisodes.

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Sommaire des tendances selon l'écozone+

Écozone+ maritime de l'Atlantique (n = 34; Figure 13 et Figure 22)
Vingt des trente-quatre stations présentaient une tendance à la baisse pour ce qui est du nombre d'épisodes de crue. De plus, la majorité des stations ont démontré une tendance à l'augmentation de la durée des épisodes d'étiage, mais le profil relatif au nombre d'épisodes d'étiage n'était pas clair.
Écozone+ de la forêt boréale de Terre-Neuve (n = 34;Figure 13 et Figure 22)
La plupart des stations ont indiqué une tendance selon laquelle l'écoulement minimal et l'écoulement maximal annuels surviendraient à une date ultérieure. La tendance de l'écoulement maximal annuel à survenir plus tard n'est pas reflétée ailleurs au pays, la majorité des stations connaissant une crue printanière plus tôt.
Écozone+ du bouclier boréal (n = 31; Figure 13 et Figure 22)
Plus de la moitié des stations présentaient une tendance de l'écoulement maximal annuel à survenir à une date antérieure (18 des 31 stations), ce qui laisse supposer une crue printanière plus tôt. Une grande proportion dde stations (19 sur 31) ont indiqué une tendance à l'augmentation de la durée des épisodes de crue.
Écozone+ de la taïga des plaines (n = 11; Figure 13 et Figure 22)
Les stations au sein de la région n'ont présenté aucun profil clair pour le nombre d'épisodes d'étiage et de crue ni pour la durée de ces épisodes. Toutefois, 7 des 11 stations ont indiqué une tendance à la baisse statistiquement significative (p < 0,1) relative à la durée des épisodes d'étiage.
Écozone+ de la cordillère montagnarde (n = 27; Figure 14 et Figure 22)
Bien qu'elle ne soit pas statistiquement significative, une tendance selon laquelle l'écoulement maximal surviendrait à une date antérieure a été démontrée par la majorité des stations. Il ne semblait y avoir aucune tendance claire pour ce qui est des épisodes de crue et d'étiage, sauf une tendance à la baisse de la durée des épisodes de crue.
Écozone+ maritime du Pacifique (n = 11; Figure 13 et Figure 22)
Les stations ont présenté une tendance selon laquelle l'écoulement maximal surviendrait à une date précoce, ce qui se traduit par la possibilité d'une crue printanière plus tôt. La durée des épisodes d'étiage tendait quant à elle à baisser.

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Tendances relatives au caractère soudain des crues et des étiages

La variabilité de l'écoulement peut modifier la disponibilité des habitats et des nutriments. Même si les cours d'eau à crues soudaines naturels sont souvent considérés comme étant perturbés ou « hostiles » sur le plan écologique, une diminution du caractère soudain peut tout de même provoquer un stress chez les communautés aquatiques, puisque les organismes tentent de s'adapter aux nouvelles conditions. Plusieurs stations ont présenté des tendances significatives (à la fois à la hausse et à la baisse) pour ce qui est des variables quantifiant la variabilité du régime d'écoulement annuel (50 pour la vitesse d'augmentation, 36 pour la vitesse de diminution et 70 pour le nombre d'inversions sur l'hydrogrammeNote 7 de bas de page, et ce, sur les 172 stations) (Tableau 5 et Figure 23). Il est intéressant de noter qu'un plus grand nombre de stations ont connu des augmentations statistiquement significatives en ce qui concerne la variabilité de l'écoulement annuel quantifiée par le nombre d'inversions (52 des 172 stations affichant des tendances significatives et 43 autres stations présentant une tendance à l'augmentation) (Figure 23). Sur le plan spatial, ces stations se trouvaient principalement dans l'ouest et le nord-ouest du Canada, en plus de certaines stations situées dans le sud-est du pays (Figure 24).

Figure 23. Tendances relatives à la variabilité de l'écoulement pour les stations du réseau hydrométrique de référence, d'après les données pour les années hydrologiques de 1970 à 2005
graphique montre les tendances relatives à la variabilité de l'écoulement pour les stations du réseau hydrométrique
Description longue pour la figure 23

Ce diagramme à barres montre les informations suivantes :

Proportion des sites
VariableTendance à la baisse significative (p < 0,1)Tendance à la baisse non significativeTendance à la hausse significative (p < 0,1)Tendance à la hausse non significative
Vitesse d'augmentation20,9334,888,1425,00
Vitesse de diminution5,8115,1215,1231,40
Inversions10,4724,4230,2325,00

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Figure 24. Carte illustrant les tendances relatives au nombre d'inversions sur l'hydrogramme pour les rivières naturelles au Canada, d'après les données pour les années hydrologiques de 1970 à 2005 bleu signe + tendance à la hausse significative (p < 0,1); tendance à la hausse (p gt; 0,1); blanc signe + tendance à la baisse significative (p < 0,1); forme carré jaune tendance à la baisse (p > 0,1); forme de cercle blanc aucune tendance
carte montre les tendances relatives aux inversions sur l'hydrogramme pour les rivières naturelles au Canada
Description longue pour la figure 24

Cette carte montre les tendances relatives aux inversions sur l'hydrogramme pour les rivières naturelles au Canada enregistrées aux stations de surveillance du réseau hydrométrique de référence, pour les années de 1970 à 2005. La carte est parsemée d'icônes qui indiquent si une station de surveillance a observé une tendance à la hausse significative, une tendance à la hausse, une tendance à la baisse significative, une tendance à la baisse ou aucune tendance. Un grand nombre de stations ont connu des augmentations statistiquement significatives en ce qui concerne la variabilité de l'écoulement annuel quantifiée par le nombre d'inversions. La carte montre que les stations présentant des inversions se trouvaient principalement dans l'ouest et le nord-ouest du Canada, en plus de certaines stations situées dans le sud-est du pays.

Sommaire des tendances selon l'écozone+
Écozone+ maritime de l'Atlantique (n = 34; Figure 13 et Figure 24)
Des tendances à la baisse relatives aux vitesses d'augmentation se sont dessinées dans le cas de 11 stations, et 16 autres stations ont affiché une tendance à la diminution. Inversement, 10 stations ont présenté une tendance à la hausse en ce qui concerne les vitesses de diminution, et 20 autres stations ont affiché une tendance à l'augmentation. Cependant, le nombre d'inversions ne décrivait aucune tendance directionnelle.
Écozone+ de la forêt boréale de Terre-Neuve (n = 12; Figure 14 et Figure 24)
Peu de tendances significatives ont été dégagées pour ce qui est de la variabilité (étiages et crues, vitesses d'augmentation et de diminution, nombre d'inversions). Cependant, la majorité des stations présentaient une tendance à l'augmentation de la vitesse de diminution.
Écozone+ du bouclier boréal (n = 31;Figure 13 et Figure 24)
Le quart des stations ont affiché une augmentation marquée du nombre d'inversions du débit reflétée dans une hausse de la vitesse de diminution et une baisse de la vitesse d'augmentation. Ces résultats indiquent une variabilité accrue de l'écoulement et, du même coup, des habitats dans les rivières de cette écozone+.
Écozone+ de la taïga des plaines (n = 11; Figure 13 et Figure 24)
La plupart des stations (9) ont présenté une tendance à la hausse significative du nombre d'inversions et les deux autres stations ont affiché une tendance à l'augmentation. Cela indique une augmentation de la variabilité de l'écoulement, ce qui laisse croire à un stress hydrologique potentiellement accru dans le réseau.
Écozone+ de la cordillère montagnarde (n = 27; Figure 14 et Figure 24)
La majorité des stations présentaient une tendance à la baisse des vitesses d'augmentation, cette tendance étant significative dans cinq cas (p < 0,1). De plus, une tendance à la hausse de la vitesse de diminution s'est dégagée. Cela se reflète pour la plupart des stations qui présentent une tendance à la hausse relative à la variabilité de l'écoulement quantifiée par le nombre d'inversions du débit, cette tendance étant statistiquement significative dans 13 cas (p < 0,1).
Écozone+ maritime du Pacifique (n = 11; Figure 13 et Figure 24)
Les stations ont présenté une tendance à la hausse en ce qui concerne les vitesses d'augmentation et de diminution, en plus du nombre d'inversions. Cela indique une variabilité accrue dans ces rivières, comme en témoignent les autres variables.

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Sommaire des tendances hydroécologiques

L'analyse non paramétrique MannKendall, qui visait à cerner les tendances dans les variables hydroécologiques du réseau hydrométrique de référence du Canada, a permis de relever des profils spatiaux et temporels pour la période 19702005. En utilisant les variables des indicateurs d'altération hydrologique (Richter et al., 1996), la quantification des tendances dans les habitats hydrologiques qui ont une importance sur le plan écologique a été entreprise.

Peu de rivières faisant l'objet d'une surveillance ont montré des tendances significatives pour ce qui est de la valeur médiane de l'écoulement mensuel, sauf en avril et en août. En ce qui a trait à l'écoulement maximal et minimal, très peu de tendances statistiquement significatives se sont dessinées à l'échelle du pays. Cependant, pour ces deux variables, la plupart des tendances significatives étaient à la baisse. En plus des stations importantes, le tiers de celles-ci présentaient une tendance à la baisse des débits minimaux, tandis qu'un peu plus de la moitié des stations ont indiqué une tendance à la baisse des débits maximaux. La diminution de l'écoulement qui en résulte a des répercussions considérables – il suffit de penser, par exemple, aux effets sur la disponibilité des habitats pour les communautés aquatiques. Cependant, une variabilité spatiale a été constatée dans le cas de ces tendances relatives à l'écoulement minimal et à l'écoulement maximal. Par exemple, les stations se trouvant dans l'écozone+ de la taïga des plaines et l'écozone+ maritime du Pacifique affichaient une augmentation de ces variables, tandis que les autres écozones<sup>+</sup> étudiées présentaient une diminution globale.

Une plus grande proportion des stations importantes ont présenté une tendance significative selon laquelle l'écoulement maximal annuel sur un jour surviendrait à une date précoce, et un autre 56 % des stations affichaient cette même tendance. Comme l'écoulement annuel maximal sur un jour survient souvent pendant la crue printanière, cela laisse croire à une débâcle hâtive. Si on tient compte du fait que l'englacement tend à survenir plus tard (voir la section Tendances relatives à la débâcle et à l'englacement des rivières et des lacs cidessous), cela indique un prolongement de la saison des eaux libres, ce qui aura un impact sur l'écosystème aquatique. La majorité des stations ne révèlent pas de tendances significatives en ce qui concerne la fréquence et la durée des épisodes extrêmes de crue et d'étiage. Cependant, la plupart des stations ont indiqué une tendance à la baisse de la vitesse d'augmentation, une tendance à la hausse de la vitesse de diminution et une tendance à l'augmentation du nombre d'in

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Note de bas de page

Note 7 de bas de page

Le nombre d'inversions sur l'hydrogramme quantifie la variabilité du régime d'écoulement en calculant le nombre de fois que le débit passe soit d'une augmentation à une diminution, soit d'une diminution à une augmentation. Ces inversions peuvent avoir un effet direct sur les communautés aquatiques. Par exemple, les macroinvertébrés n'ont souvent pas la mobilité requise pour s'adapter au changement rapide des conditions (The Nature Conservancy, 2007).

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Tendances relatives à la débâcle et à l'englacement des rivières et des lacs

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Contenu de la page

La couverture de glace joue un rôle fondamental dans les processus biologiques, chimiques et physiques qui forment les écosystèmes d'eau douce (par exemple Prowse, 2001a; Prowse, 2001b; Prowse et Culp, 2003; Huusko et al., 2007; Prowse et al., 2007b) et a un impact sur les structures artificielles (par exemple Jasek, 1998; Beltaos et al., 2006). Les régimes hydrologiques de 58 % des rivières de l'hémisphère Nord sont influencés par la couverture de glace saisonnière, 29 % de ces rivières étant caractérisées par une couverture étendue (Prowse, 2005; Bennett et Prowse, 2010). Prowse (2005) a constaté que la glace saisonnière pouvait se former vers le sud jusqu'au 33e degré de latitude nord en Amérique du Nord et jusqu'au 26e degré de latitude nord en Eurasie, influant ainsi sur 7 des 15 plus grandes rivières au monde et 11 des 15 plus grands lacs au monde (Prowse et al., 2007a). Le Canada se situe au nord du 48e degré de latitude nord et les lacs et rivières qu'il renferme (dans l'ensemble des écozones+) sont influencés par la glace, qu'il s'agisse de glace pelliculaire périodique dans les régions tempérées du sud ou de glace de plus de 2 m d'épaisseur dans les régions des hautes latitudes.

La glace de rivière constitue une composante essentielle du régime d'écoulement dans les régions froides en raison de son effet hydraulique sur le niveau d'eau et de sa capacité de limiter ou de 48 modifier l'écoulement et de réduire les échanges de gaz dans les lacs. L'englacement, la couverture de glace et la débâcle peuvent entraîner des effets directs (notamment sur le moment et l'ampleur des événements hydrologiques extrêmes tels que les étiages et les crues d'embâcle – par exemple Beltaos et al., 2006) et indirects sur le régime hydrologique. Ces changements peuvent modifier considérablement la géomorphologie des chenaux (notamment en entraînant l'affouillement du lit), modifier les processus chimiques aquatiques et influer sur les communautés écologiques aquatiques. En outre, la couverture de glace sert de séparation entre l'eau mouvante ou stagnante des rivières et des lacs et l'atmosphère et limite l'apport d'énergie du soleil, ce qui influe sur les processus physicochimiques et biologiques principaux (p. ex. concentration de gaz dissous et capacité photosynthétique). Malgré l'importance évidente des processus liés à la glace pour les écosystèmes d'eau douce, les données de surveillance biologique à long terme se rapportant à la saison des glaces sont limitées et très peu d'ensembles de données qui permettent d'analyser les tendances existent.

Prowse et Culp (2003) présentent en détail les effets de la glace sur les communautés écologiques aquatiques. Les communautés aquatiques sont vulnérables à tout changement dans les régimes hydrologiques, cryosphériques et atmosphériques. En général, le cycle biologique de bon nombre d'organismes aquatiques est touché directement et indirectement par la durée pendant laquelle la couverture de glace demeure en place, la température de l'eau et la variabilité hydrologique (voir les exemples du Tableau 6). En analysant des données de 1991 à 1998 se rapportant à une zone alpine de l'ouest de la Norvège, Borgstrøm (2001) a constaté qu'il y avait une corrélation négative entre les taux de croissance annuels de la truite brune (Salmo trutta) et la profondeur de la neige printanière. Les résultats indiquent que pendant les années caractérisées par une neige profonde (19921995), le taux de croissance annuel moyen pour les poissons des groupes d'âge 6 à 8 était réduit d'environ 50 % par rapport aux années où il y avait moins de neige au printemps (1991 et 1996). Une autre étude menée par Cunjak et al. (1998) a indiqué que la variabilité interannuelle de la survie des saumons atlantiques juvéniles dans le ruisseau Catamaran, au NouveauBrunswick, augmentait plus l'écoulement moyen en hiver était élevé, mais que les plus hauts taux de mortalité étaient associés aux débâcles et aux embâcles déclenchés par la fonte des neiges causée par la pluie.

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Tableau 6. Sommaire de l'analyse documentaire concernant les changements de l'habitat physique et les effets directs et indirects sur la biodiversité et la disponibilité des habitats dans les rivières touchées par la glace

Tableau 6a. Englacement
Changements de l'habitat physiqueImpacts sur la biodiversitéExemples d'étude
Baisse de la température de l'eauRalentissement du métabolisme (−)-
Baisse de la température de l'eauRéduction des besoins alimentaires (−)-
Baisse de la température de l'eauDiminution de l'activité (−)-
Réduction du nombre d'habitats et de leur qualitéDéplacement des poissons juvéniles vers des habitats hivernaux plus propices (−)Rimmer et al. (1984)
Création de nouveaux refuges (p. ex. glace de rive)Protection contre la prédation (+)-
Création de nouveaux refuges (p. ex. glace de rive)Refuges où le débit est plus faible (+)-
Formation de frasilFournit un milieu d'incubation pour le poulamon atlantique (Microgadus tomcod) (+)Power et al. (1993)
Formation de frasilAbrasion des branchies (−)-
Formation de frasilObturation des branchicténies (−)-
Formation de frasilÉloignement des poissons des habitats où le débit est plus favorable (−)-
Eau en surfusion / formation de glace de fondMortalité importante des invertébrés benthiques et des poissons (oeufs/juvéniles) (−)Power et al. (1993)
Eau en surfusion / formation de glace de fondLa glace présente dans les habitats de frai réduit l'apport d'oxygène aux nids de frai (−)Stickler et al. (2008)
Eau en surfusion / formation de glace de fondLa modification du régime d'écoulement entraîne l'échouement et la suffocation (−)-
Eau en surfusion / formation de glace de fondAccroissement de la dérive en aval lorsque la glace de fond se libère (−)-
Eau en surfusion / formation de glace de fondModification de l'utilisation de l'habitat-
Tableau 6b. Hiver
Changements de l'habitat physiqueImpacts sur la biodiversitéExemples d'étude
Accroissement de la glace dans la zone littoraleLes organismes migrent plus en profondeur (−)Li et al. (2007)
Accroissement de la glace dans la zone littoraleEntrent en diapause (−)-
Accroissement de la glace dans la zone littoralePeuvent hiverner dans la glace de fond (−)-
Accroissement de la glace dans la zone littoraleMortalité associée à l'exposition prolongée à de basses températures (−)Finstad et al. (2004)
Accroissement de la glace dans la zone littoraleRalentissement du métabolisme chez les saumons atlantiques juvéniles-
Formation de clairières isolées causant une perturbation de l'habitatFournit un habitat d'hivernation pour certaines espèces de poissons (+>)-
Formation de clairières isolées causant une perturbation de l'habitatUtilisation d'un habitat alimenté par une source pour l'hivernation des oeufs et la fourniture de nourriture (+)-
Formation de clairières isolées causant une perturbation de l'habitatEffet sur les relations prédateur/proie (−)-
Formation de cavités glaciaires servant d'habitatsAccès à la rive pour les mammifères aquatiques (+)-
Formation de cavités glaciaires servant d'habitatsDes cavités d'air bien isolées fournissent un habitat (+)-
Formation de cavités glaciaires servant d'habitatsStress pour la végétation aquatique (−)-
Formation de cavités glaciaires servant d'habitatsLa couverture de glace qui demeure longtemps en place peut réduire les sources alimentaires (p. ex. périphyton) (−)-
Réduction de la teneur en oxygène dissousVulnérabilité accrue au stress, à la prédation et aux contaminants (−)-
Réduction de la teneur en oxygène dissousEffets sublétaux (p. ex. changements dans les fonctions cardiaques et métaboliques, réduction de la croissance et de la capacité de nage) (−)-
Réduction de la teneur en oxygène dissousestruction localisée des poissons par l’hiver associée à la surpopulation dans les habitats (−)-
Tableau 6c. Débâcle
Changements de l'habitat physiqueImpacts sur la biodiversitéExemples d'étude
Affouillement du litFaibles taux de survie des oeufs et des poissons juvéniles (−)Cunjak et al. (1998)
Affouillement du litPerte/modification de la végétation aquatique et riveraine (−)Cameron et Lambert (1971)
Affouillement du litLes larves de macroinvertébrés peuvent présenter un comportement d'évitement en utilisant le substrat comme refuge (−)Scrimgeour et al. (1994)
Transport de gros matériaux de charge de fondPerte d'habitat (−)Cunjak et al. (1998)
Transport de gros matériaux de charge de fondInflue sur le taux de survie des oeufs et des poissons juvéniles (−)-
Transport de gros matériaux de charge de fondL'impact dépend grandement du moment où survient la débâcle (−)-
Crues d'embâcleMaintien du niveau d'eau dans les étangs riverains et les milieux humides (+)Prowse et Culp (2003)
Changements dans le niveau d’eauÉchouement et suffocation des poissons (−)Needham et Jones (1959)
Cottt e al. (2008)
Clague et Evans (1997)
Taux élevés de sédimentsProductivité accrue associée à l'augmentation de la quantité de matière organique (+)-
Taux élevés de sédimentsRéduction de la diversité et de l'abondance des espèces en raison de la perte d'habitat (quantité et qualité) (−)Elwood et Waters (1969)
Taux élevés de sédimentsL'effet est souvent immédiat chez les invertébrés benthiques, mais se manifeste plus tard chez les poissons (−)-

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Les études antérieures sur la variabilité de la couverture de glace sur les lacs et les rivières d'eau douce du Canada sont limitées quant à leur portée géographique; elles portent principalement sur des paramètres phénoménologiques, comme le moment où surviennent l'englacement en automne et la débâcle au printemps (par exemple Williams, 1970; Brimley et Freeman, 1997; Jasek, 1998; Lacroix et al., 2005). La date de l'englacement correspond à la première journée où le plan d'eau est complètement couvert de glace, tandis que la date de la débâcle correspond à la journée où la dernière glace est observée, avant la période des eaux libres. Jusqu'ici, les recherches sur les tendances quant à la débâcle et à l'englacement des lacs et rivières étaient limitées en raison du manque d'observations à long terme de paramètres uniformes et définis de façon objective. Au Canada, la surveillance de la couverture de glace a commencé en 1822 au havre de Toronto, sur le lac Ontario, et d'autres sites se sont ajoutés au réseau au fil des ans (Power et al., 1993; Wania et Mackay, 1993). Même si la Canadian Ice Database (base de données canadienne sur les glaces) contient 63 656 enregistrements couvrant la période de la saison des glaces de 18221823 à celle de 20002001, le réseau a connu une compression considérable au cours des dernières années en raison du manque de financement (Lenormand et al., 2002). À titre d'exemple, le réseau de l'englacement et de la débâcle pour la saison des glaces 20002001 représentait seulement 4 % du réseau de 19851986 (Lenormand et al., 2002). Les récents progrès réalisés dans le domaine de l'analyse par imagerie satellitaire (Brown et O'Neill, 2002) et la mise sur pied de Veille au gel, un programme national de surveillance volontaire des glaces (Environnement Canada et Attention glace, 2008), pourraient permettre d'élargir le réseau actuel et d'accroître la base d'information spatiale pour les zones en grande partie habitées du Canada.

Une étude récente s'est penchée sur les tendances à long terme dans les données sur les glaces des lacs qui remontaient jusqu'à 1822 pour l'ensemble du Canada (Environnement Canada et Attention glace, 2008). Les données de Veille au gel, un programme de surveillance effectuée par des bénévoles, ont été combinées aux données recueillies par le Service météorologique du Canada et le Service canadien des glaces. Parmi les 950 sites dans la base de données, près du tiers n'étaient représentés que par une ou deux années de données (Environnement Canada et Attention glace, 2008).En limitant l'analyse aux sites pour lesquels les données couvraient une période d'au moins 51 huit ans et les dernières observations avaient été effectuées en 1990 ou après, une analyse MannKendall non paramétrique a été réalisée sur des séries chronologiques, laquelle a montré que dans 15 des 195 sites, l'englacement tendait à survenir plus tôt (p &lt; 0,05) et que dans 15 autres sites, l'englacement tendait à survenir plus tard, les tendances étant significatives dans les deux cas (p &lt; 0,05) (Environnement Canada et Attention glace, 2008). Des tendances se sont également dessinées relativement au moment où survient le dégel printanier : selon des tendances significatives, la fonte surviendrait plus tôt à 40 des 258 sites (p &lt; 0,05) et plus tard à seulement cinq sites (p &lt; 0,05) (Environnement Canada et Attention glace, 2008). L'examen des sites présentant des tendances non significatives révèle que 168 des 258 sites démontrent une tendance selon laquelle la fonte printanière surviendrait plus tôt comparativement aux 75 sites affichant une tendance selon laquelle la fonte printanière surviendrait plus tard, bien que ces tendances ne soient pas statistiquement significatives (Environnement Canada et Attention glace, 2008). En étudiant plus en profondeur les résultats, il est clair que les changements dans la fonte des glaces des lacs étaient beaucoup plus rapides de 1950 à aujourd'hui que pendant la première moitié du XXe siècle (Environnement Canada et Attention glace, 2008).

La période d'enregistrements était toutefois variable pour chaque site dans l'analyse, c'est pourquoi les données ont été examinées de nouveau pour fournir une analyse additionnelle en utilisant des quantités et des périodes uniformes. Des données ont été sélectionnées pour deux analyses différentes : 1) période de 19702002, avec des données sur au moins 25 années; 2) période de 19002000, avec des données sur au moins 80 années. Ces périodes ont été choisies pour maximiser le nombre de sites à analyser tout en assurant un contrôle rigoureux de la qualité des données. Soulignons toutefois que les variables n'étaient pas toutes disponibles pour chacune des années, le gauchissement étant plutôt vers les variables relatives à la débâcle. En outre, même si des données plus récentes étaient disponibles (jusqu'à 2007 dans cet ensemble de données), aucune information à long terme n'existait pour les années ultérieures. Pour l'analyse, la stratégie employée est la même que celle utilisée pour produire le rapport de Veille au gel (2008a) en ce qui concerne la sélection et le traitement des variables. Pour la période de 1970 à 2002, un seul des vingtquatre sites pour lesquels des données adéquates existaient présentait un englacement qui tendait à survenir plus tard, cette tendance étant significative (p &lt; 0,05). Les autres sites ne présentaient aucune tendance pour ce qui est du moment où survenait l'englacement. L'analyse des dates de débâcle révèle que dans 8 des 69 sites, la débâcle tendait à survenir plus tôt, cette tendance étant statistiquement significative (p &lt; 0,05). Pour une grande proportion des sites restants (46 sur 69), la débâcle tendait à survenir plus tôt, alors qu'elle tendait à survenir plus tard sur 14 sites, ce qui concorde avec les résultats du rapport initial de Veille au gel. Des 14 sites pour lesquels existaient des données à long terme pour l'analyse (19002000), un seul site présentait une tendance statistiquement significative qui indiquait une débâcle hâtive, ceci au niveau de 10 %. Par contre, 10 des 14 sites montraient une tendance non significative qui indiquait une débâcle hâtive. Les trois sites pour lesquels existaient des données sur l'englacement affichaient une tendance significative (p &lt; 0,01) qui indiquait un englacement tardif.

Malgré le manque de données à long terme provenant d'un réseau étendu, Magnuson et al. (2000) ont constaté des signes constants d'un englacement tardif et d'une débâcle hâtive (voir les exemples de lacs et de rivières du Canada aux Tableau 7 et Tableau 8). L'analyse des données provenant de 39 lacs et rivières dans l'ensemble de l'hémisphère Nord entre 1846 et 1995 a révélé que l'englacement survenait en moyenne 5,8 jours plus tard d'un siècle à l'autre, et que la débâcle
52 survenait en moyenne 6,5 jours plus tôt. Ces résultats étaient sans doute dus en grande partie à la hausse d'environ 1,2 °C par siècle de la température moyenne de l'air. Trois des sites (Russie, Finlande et Japon) possédaient des enregistrements qui remontaient au XVIIIe siècle. Ceuxci indiquent que des tendances étaient déjà présentes à cette époque, mais que les taux tendanciels ont continué d'augmenter après 1850. Sur le lac Suwa (Japon), par exemple, les enregistrements pour une période de 550 ans montraient que l'englacement survenait 2,0 jours plus tard d'un siècle à l'autre (p &lt; 0,0001). Toutefois, sur de plus courtes périodes, la variation de la date de l'englacement passait de 3,2 jours par siècle (14431592) à 20,5 jours par siècle (18971993) (Magnuson et al., 2000). Cependant, l'étude était limitée sur le plan géographique, alors il est déconseillé de tirer des conclusions générales.

Bien que les relations à l'échelle du continent révèlent une diminution importante de la couverture de glace dans l'hémisphère Nord au cours des 300 dernières années, une plus grande variabilité est présente à l'échelle régionale (voir les exemples du Tableau 7 concernant l'englacement et ceux du Tableau 8 concernant la débâcle). À titre d'exemple, dans une étude, Williams (1970) a constaté que la débâcle de la rivière SaintJean, au NouveauBrunswick, survenait 15 jours plus tôt dans les années 1950, comparativement aux années 1870. Au XIXe siècle, les dates médianes de débâcle et d'englacement de la rivière Rouge à Winnipeg, au Manitoba, se situaient 12 jours plus tôt et 10 jours plus tard, respectivement, comparativement au XXe siècle (Rannie, 1983). D'autres études régionales et continentales fondées sur des observations plus détaillées révèlent des profils marqués pour ce qui est de l'englacement et de la débâcle entre les décennies et les régions reflétant des profils atmosphériques à plus grande échelle (voir les exemples fournis aux tableaux 7 et 8). À titre d'exemple, Duguay et al. (2006) se sont penchés sur les tendances relatives à la débâcle et à l'englacement des lacs dans l'ensemble du Canada (la Figure 25 comporte des exemples de débâcle de lacs). Une analyse des tendances non paramétrique MannKendall a permis de comparer les tendances de trois périodes distinctes de 30 ans, soit de 1951 à 1980, de 1961 à 1990 et de 1971 à 2000, en plus d'étudier la période de 1966 à 1995. Les résultats indiquent peu de tendances spatiales claires pour ce qui est de l'englacement des lacs au cours des trois périodes (les exceptions sont présentées au Tableau 7), les quelques grappes spatiales significatives laissant plutôt croire à des effets à l'échelle locale ou régionale. Ces résultats ne concordent pas avec ceux qu'ont obtenus Zhang et al. (2001), qui ont relevé des tendances généralisées indiquant un englacement hâtif dans l'ensemble du pays; cette dissimilitude pourrait toutefois refléter la différence dans la répartition spatiale et temporelle des sites entre les deux études.

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Tableau 7. Sommaire des études scientifiques quantifiant les tendances relatives à l'englacement des lacs et des rivières du Canada, d'après les données jusqu'à l'année 2000 inclusivement
SiteEmplacementHabitatAnnées d'enregistrementNbre d'années d'analyse  
(nbre de sites, le cas échéant)
TendanceSignificativitéRRéférence
Fleuve MackenzieTaïga du bouclier, bouclier boréal, plaines boréales, cordillère montagnarde, taïga des plaines, taïga de la cordillère, cordillère boréaleRivière1868–1978106,1 jours plus tard/100 ans<0,01Magnuson et al. (2000)
Rivière RougeSud du Manitoba (écozone+ incertaine)Rivière1799–19811613,2 jours plus tard/100 ans<0,001Magnuson et al. (2000)
THavre de TorontoPlaines à forêts mixtesRivière1822–19201136,9 jours plus tard/100 ans<0,001Magnuson et al. (2000)
Rivière RougePlaines boréales, prairiesRivièrer1815–198115312 jours plus tard au cours du XXe siècle-Rannie (1983)
Lac FramePlaines boréalesLac1956–1980250,4 jour plus tard/année<0,1Duguay et al. (2006)
Stations du réseau hydrométrique de référence du Canada dans l'enseCanadaRivière(a) 1967–1996
(b) 1957–1996
(c) 1947–1996
(a) 30 Note a du tableau 7 (151) Note b du tableau 7(71)
(c) 50Note b du tableau 7 (47)
a) plus tôt dans 21,4 % des sites b) plus tôt dans 38,2 % des sites c) plus tôt dans 50 % des sites<0,1Zhang et al. (2001)
Grand LacÉcozone+ maritime deLac1952–1980290,58 jour plus tôt/année<0,1Duguay et al. (2006)
Lac AthabascaTaïga du bouclier, bouclier boréal, plaines boréalesLac1965–1990231,25 jour plus tard/année<0,01Duguay et al. (2006)
Deadman's PondÉcozone+ de la forêt boréale de TerreNeuveLac1961–1990280,5 jour plus tôt/année<0,05Duguay et al. (2006)
Lac UtopiaÉcozone+ maritime de l'AtlantiqueLac1971–2000301,23 jour plus tard/année<0,001Duguay et al. (2006)
Lac IslandBouclier boréalLac1971–1998210,42 jour plus tôt/année<0,05Duguay et al. (2006)
Rivières dans l'ensemble du CanadaCanadaRivière(a) 1951–1980
(b) 1961–1990
(c) 1966–1995
(d) 1950–1998
(a) 30Note b du tableau 7(50)
(b) 30Note a du tableau 7 (68)
(c) 30Note a du tableau 7 (60)
(d) 49Note a du tableau 7 (41)
a) 1,0 jour plus tard/décennie
b) 0,1 jour plus tôt/décennie
c) 0,1 jour plus tard/décennie
d) 0,3 jour plus tard/décennie
<0,1Lacroix et al.
(2005)

Note du tableau 7

Note a du tableau 7

Chaque site n'a pas nécessairement des données pour chaque année de l'analyse.

Retour à la référence de la note a du tableau 7

Note b du tableau 7

Tous les sites ont des données pour plus des deux tiers des années de l’analyse.

Retour à la référence de la note b du tableau 7

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Tableau 8. Sommaire des études scientifiques dans lesquelles sont quantifiées les tendances relatives à la débâcle des lacs et des rivières au Canada, d'après les données jusqu'à 2002 inclusivement
SiteÉcozone+HabitatAnnées d'enregistrementNbre d'années avec données
(nbre de sites, le cas échéant) (# sites)
TendanceSignifi-cativitéRéférence
Rivière RougeSud du Manitoba (écozone+ incertaine)Rivière1799–199318010,6 jours plus tôt/100 ans<0,001Magnuson et al. (2000)
Havre de TorontoPlaines à forêts mixtesRivière1822–19851117,4 jours plus tôt/100 ansNon significativeMagnuson et al. (2000)
Rivière MiramichiPlaines à forêts mixtesRivière1822–19551277,3 jours plus tôt/100 ans<0,01Magnuson et al. (2000)
Lac CanoePlaines à forêts mixtesLac1982–200117MannKendall Z = 1,65<0,05Futter (2003)
Lac St. NoraPlaines à forêts mixtesLac1968–199021Mann-Kendall Z = -3,14<0., (2003)-
Lac ScugogPlaines à forêts mixtesLac1872–1995102Mann-Kendall Z = -1,73<0,05Futter (2003)
Lac SimcoePlaines à forêts mixtesLac1853–1995130Mann-Kendall Z = -1,82<0,05Futter (2003)
Lac StoneyPlaines à forêts mixtesLac1956–198830Mann-Kendall Z = -2,30<0,01Futter (2003)
Lac Thirteen IslandsPlaines à forêts mixtesLac1992–200110Mann-Kendall Z = -1,70<0,05Futter (2003)
Rivière RougePrairie,
Boreal Plains
Rivière1815–198115710 jours plus tôt au cours du XXe siècle-Rannie (1983)
Bassin du fleuve MackenzieTaïga du bouclier, bouclier boréal, plaines boréales, cordillère boréale, cordillère montagnarde, taïga des plaines, taïga de la cordillèreRivière1970–200233Notecdu tableau 8(17)~1 jour/décennie en amont<0,1de Rham et al. (2008)
Rivière YukonCordillère boréale,
taïga de la cordillère
Rivière1896–1998-~5 jours plus-Jasek (1998)
Stations du réseau hydro-métrique de référence dans l'ensemble du CanadaCanadaRivière(a) 1967–1996
(b) 1957–1996
(c) 1947–1996
a) 30Notecdu tableau 8 (151)
(b) 40Notecdu tableau 8 (71)
(c) 50Notecdu tableau 8 (47)
a) plus tôt dans 15,1 % des sites
b) plus tôt dans 21,8 % des sites
c) plus tôt dans 30 % des sites
<0,1Zhang et al. (2001)
Baie de Colpoy (lac Huron)Plaines à forêts mixtesLac1951–1980290,5 jour plus tard/année<0,1Duguay et al. (2006)
Brochet Bay (lac Reindeer)Plaines boréalesLac1951–1980300,5 jour plus tôt/année<0,05Duguay et al. (2006)
Lac GullPlaines à forêts mixtesLac1961–1990300,4 jour plus tard/année>0.1Duguay et al. (2006)
Lac UtopiaÉcozone+ maritime de l'AtlantiqueLac1961–1990300,52 jour plus tôt/année<0,01Duguay et al. (2006)
Taïga des plainesPlaines taigaLake1971–19962600,4 jour plus tard/année<0,05Duguay et al. (2006)
Lac DiefenbakerPrairiesLac1971–2000300,33 jour plus tôt/année<0,05Duguay et al. (2006)
Rivières dans l'ensemble du CanadaCanadaRivières(a) 1951–1980
(b) 1961–1990
(c) 1966–1995
(d) 1950–1998
(a) 30Noteddu tableau 8 (61)
(b) 30Noteddu tableau 8 (79)
(c) 30Notecdu tableau 8 (71)
(d) 49Notecdu tableau 8 (45)
a) 1,0 jour plus tard/décennie
b) 2,2 jours plus tôt/décennie
c) 2,0 jours plus tard/décennie
d) 1,6 jour plus tard/décennie
<0.1Lacroix et al. (2005)

Notes du tableau 8

Note c du tableau 8

Chaque site n'a pas nécessairement des données pour chaque année de l'analyse.

Retour à la référence de la note c du tableau 8

Note d du tableau 8

Tous les sites ont des données pour plus des deux tiers des années de l'analyse.

Retour à la référence de la note d du tableau 8

Inversement, les tendances relatives à la débâcle des lacs relevées par Duguay et al. (2006) révèlent une plus grande cohérence spatiale. Selon la période retenue pour l'analyse, les résultats indiquent que la fonte printanière survenait plus tôt dans l'ouest du pays et plus tard dans l'est (19511980). La période de 1961 à 1990 révèle une tendance à l'échelle du pays indiquant que la débâcle survenait plus tôt, ce qui est aussi le cas pour la période de 1971 à 1990. En utilisant la période de 1966 à 1995, les résultats obtenus sont comparables à ceux de la période de 1961 à 1990, soit une tendance générale indiquant une débâcle hâtive et peu de tendances relatives à l'englacement à l'échelle régionale. Des études antérieures (par exemple Bonsal et Prowse, 2003; Bonsal et al., 2006) ont permis de montrer le lien entre la débâcle/l'englacement et la température de l'air ressentie entre un et trois mois avant l'événement. Comme l'illustre la Figure 25, les tendances indiquant une débâcle hâtive des lacs concordent avec l'arrivée hâtive de l'isotherme 0 °C au printemps (Duguay et al., 2006). Les résultats laissent croire à un degré de synchronisation élevé, 78 % des sites montrant une corrélation (r > 0,5) entre la date qui correspond à l'isotherme et celle qui correspond à la débâcle.

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Figure 25. Tendances relatives aux températures printanières et aux dates de la débâcle au Canada, de 1966 à 1995
Cette carte du Canada montre les zones de mesure les tendances relatives à la débâcle et les tendances relatives à l'isotherme 0 °C au printemps entre 1966 et 1995
Source : Programme des Nations Unies pour l'environnement (2007), y compris des données tirées de Duguay et al. (2006)
Description longue pour la figure 25.

Cette carte du Canada montre les zones de mesure les tendances relatives à la débâcle et les tendances relatives à l'isotherme 0 °C au printemps entre 1966 et 1995. La carte est parsemée d'icônes qui disent si l'on a observé une tendance significative indiquant une débâcle survenue plus tôt, une tendance non significative indiquant une débâcle survenue plus tôt, une tendance non significative indiquant une débâcle survenue plus tard ou aucune tendance. La carte montre que la tendance générale indique une débâcle hâtive et peu de tendances relatives à l'englacement à l'échelle régionale.

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Sommaire et orientation future

Les publications scientifiques signalent des tendances indiquant une débâcle et un englacement qui surviennent plus tôt et plus tard partout au Canada, les tendances les plus fréquentes dans l'ensemble du pays étant celles qui indiquent une débâcle hâtive. Les résultats provenant du rapport de Veille au gel (2008b) ont révélé peu de preuves indiquant des tendances d'englacement des lacs, mais signalent des tendances indiquant une débâcle des lacs survenant plus tôt. Ces résultats ont été reflétés dans nos analyses, particulièrement dans le cas de la série de données à long terme. Au sein de chacune des écozones+, une grande variabilité a été décelée. Par exemple, les données provenant des stations dans les écozones+ maritime de l'Atlantique, de la forêt boréale de Terre-Neuve et de la cordillère boréale indiquaient des tendances d'englacement précoce dans ces écozones+, tandis que les données provenant de la majorité des autres régions indiquaient des tendances variées. La plupart des régions ont présenté des tendances de débâcle précoce. Il est nécessaire de tenir à jour les bases de données de surveillance utiles (comme Veille au gel) et d'en tirer profit, en plus d'élaborer des analyses fondées sur le système d'information géographique (SIG) de l'image satellite.

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Tendances relatives à la perte et à la fragmentation de l’habitat

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La modification de l’habitat constitue la menace la plus importante pour les poissons d’eau douce en péril au Canada (Dextrase et Mandrak, 2006). La fragmentation de l’habitat dans les écosystèmes aquatiques se produit lorsque la connectivité de l’habitat d’un lac ou d’une rivière est perturbée en raison de l’ajout ou de la modification des barrières naturelles ou humaines à la dispersion. Les espèces riveraines qui se dispersent de façon active sont particulièrement vulnérables en raison de l’utilisation qu’elles font de l’habitat linéaire. La fragmentation longitudinale et latérale des lacs et des rivières représente l’une des menaces les plus importantes à l’échelle mondiale pour les réseaux d’eau douce et entraîne souvent la dégradation de l’habitat et une perte de biodiversité (Revenga et al., 2000; Jones et Bergey, 2007). La perturbation du régime de l’habitat naturel causée par les barrières longitudinales (comme les barrages, les déversoirs et les routes) et la dégradation de la zone riveraine (p. ex. trouées dans les zones tampons riveraines) nuisent aux communautés aquatiques, notamment en perturbant le passage du poisson et de la faune (par exemple Levesque, 2005; Reid et al., 2008a). À titre d’exemple, les canalisations qui traversent les chenaux des rivières et des cours d’eau perturbent la continuité de l’habitat et nuisent à la nature physique et chimique de l’habitat du poisson (Levesque, 2005). En outre, il a été établi que les retenues favorisaient la dissémination d’espèces non indigènes envahissantes. En utilisant des données recueillies dans la région laurentienne des Grands Lacs, Johnson et al. (2008) ont montré que les espèces non indigènes envahissantes étaient entre 2,4 et 300 fois plus susceptibles d’être présentes dans les retenues que dans les lacs naturels, les retenues comportant souvent de multiples taxons envahissants. Les auteurs semblent indiquer que les systèmes naturels modifiés par des activités anthropiques servent d’habitats de « départ » pour la dispersion continue des espèces envahissantes en raison de la proximité accrue des plans d’eau envahis avec les systèmes naturels suivant l’augmentation du nombre de retenues (Johnson et al., 2008).

À l’échelle mondiale, la dégradation des réseaux d’eau douce découlant de la modification des voies navigables, du drainage des terres humides, de la construction de barrages et de réseaux d’irrigation et des transferts entre bassinsNote de bas de page 8 augmente depuis le début du XXe siècle (Figure 26) (Nilsson et al., 2005). En Amérique du Nord, les transferts et dérivations entre bassins ont provoqué des modifications irréversibles du régime hydrologique (quantité et qualité de l’eau) de bon nombre de grandes rivières (Figure 26). Créées principalement pour la production d’énergie hydroélectrique au Canada, ces dérivations se trouvent surtout dans le nord de la Saskatchewan et du Québec, mais il y en a aussi en Ontario, à Terre-Neuve-et-Labrador et en Colombie-Britannique (Figure 26). Ces changements ont fait en sorte que les rivières et les lacs ne suivent plus le cycle hydrologique normal, entraînant ainsi des effets négatifs sur la disponibilité et la biodiversité des habitats.

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Figure 26. Carte illustrant les dérivations importantes de cours d’eau et les transferts au Canada et aux États-Unis
carte montre les dérivations de cours d'eau entre bassins au Canada et aux États-Unis en 2002
Source: Quinn (2004)
Adapté de Quinn et USGS (1985, 1985)
Description longue pour la Figure .

Cette carte montre les dérivations de cours d'eau entre bassins au Canada et aux États-Unis en 2002. Elles sont classées comme dérivations importantes ou mineures et ont une couleur différente en fonction de leurs utilisations. Voici les quatre catégories d'utilisation : hydroélectricité, irrigation, approvisionnement en milieu urbain, et autres usages multiples. Au Canada, les principales dérivations se trouvent surtout au Québec, en Ontario, à Terre-Neuve-et-Labrador et en Colombie-Britannique. Les plus petites dérivations se produisent à travers le pays, principalement dans le sud avec une concentration dans le sud de l'Alberta. La principale utilisation de cette eau est l'hydroélectricité, sauf dans les Prairies, où elle est dérivée aux fins d'irrigation.

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Les modifications apportées aux réseaux d’eau douce à l’échelle mondiale ont été importantes (Tableau 9). Globalement, Revenga et al. (2000) ont déclaré que le nombre de grands barrages a été multiplié par sept depuis 1950 et ceux-ci retiennent 14 % des écoulements du monde entier. Des 227 rivières les plus grandes au monde, 60 % sont fortement ou modérément fragmentées sous l’action des barrages, des dérivations et des chenaux (Revenga et al., 2000). En outre, l’extraction d’eau s’est accrue de six fois entre 1900 et 1995, malgré le fait que 40 % de la population mondiale vit dans des régions soumises à un stress hydrique élevé. De plus, la modification de l’écoulement provoquée par les barrages peut entraîner l’homogénéisation de l’écoulement, ce qui influe surtout sur l’ampleur des crues et des étiages et le moment où surviennent ces épisodes (Poff et al., 2007). Ceci peut avoir un effet néfaste sur les communautés aquatiques, en particulier chez les espèces indigènes adaptées aux conditions locales (Poff et al., 2007).

Tableau 9. Tendances relatives à la modification des réseaux d’eau douce à l’échelle mondiale, pour la période antérieure à 1900 jusqu’à 1996-1998
ModificationAvant 190019001950–6019851996–98
Cours d’eau modifiés pour la navigation (km)3 1258 750->500 000-
Chenaux (km)8 75021 250-63 125-
Nombre de grands réservoirs (> 0 1 km3)415811 1052 7682 836
Volume des grands réservoirs (> 0 1 km3)145331 6865 8796 385
Nombre de grands barrages (> 15 m en hauteur)--5 749-41 413
Capacité hydroélectrique installée (MW)--<290 000542 000~660 000
Capacité hydroélectrique en voie de construction (MW)----~126 000
Extraction d’eau (km3/année)-5781 984~3 200~3 800
Drainage des terres humides (km2)---160 600-

Source : Revenga et al. (2000), adaptation de Naiman et al. (1995)

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Tendances relatives à la construction de barrages au Canada

La fragmentation de l’habitat découlant de la construction de barrages est surveillée au Canada depuis les années 1830. S’appuyant sur des données de l’Association canadienne des barrages (2003), la Figure 27 fournit un aperçu du nombre de barrages dépassant 10 m de hauteur construits au Canada de 1895 à 2005. Le nombre de barrages a augmenté rapidement à partir de 1910, a culminé de 1950 jusqu’au début des années 1980, et est en déclin depuis lors. Les premiers barrages construits étaient concentrés autour de la région du Saint-Laurent/des Grands Lacs et de la côte du Pacifique (Figure 28). La plupart des barrages se trouvent dans les régions du sud du pays qui présentent les plus fortes densités de population (Figure 28). Les barrages construits récemment sont concentrés dans le nord du Québec. Un examen approfondi des tendances concernant la construction de barrages en fonction de l’écozone+ révèle que la plupart des ouvrages ont été construits dans le bouclier boréal (n = 265) et la taïga du bouclier (n = 177) (Figure 29). L’époque où ont été construits les barrages était variable dans l’ensemble des écozones+, les barrages dans les plaines à forêts mixtes et l’écozone+ maritime du Pacifique ayant été construits pour la plupart avant 1920, alors que les barrages plus récents ont davantage été construits dans la taïga du bouclier, le bouclier boréal et les prairies (Figure 29). De 1930 à 1980, des barrages ont été construits dans la plupart des régions, avec une construction plus marquée dans la taïga du bouclier vers la fin de cette période (Figure 29). Pour certaines régions, la construction fut relativement constante à partir du début des années 1900 et ultérieurement, par exemple, dans l’écozone+ du bouclier boréal, l’écozone+ maritime de l’Atlantique, l’écozone+ du bassin intérieur de l’Ouest et l’écozone+ de la cordillère montagnarde (Figure 29).

Figure 27. Nombre de barrages (hauteur supérieure à 10 m) construits chaque année au Canada, pour la période antérieure à 1900 jusqu’à 2005. Les enregistrements antérieurs à 1900 remontent à 1830. Source : Données provenant de l’Association canadienne des barrages (2003); mise à jour effectuée pour inclure les données jusqu’à 2005.
le graphique montre le nombre de barrages construits chaque année au Canada
Données provenant de l’Association canadienne des barrages (2003); mise à jour effectuée pour inclure les données jusqu’à 2005.
Description longue pour la Figure 27.

Ce graphique à barres présente les informations suivantes :

AnnéeNombre de
barrages construits
Avant 19004
19002
19012
19020
19032
19040
19051
19060
19070
19081
19091
19105
191112
19126
19134
19144
19156
19165
19174
19183
19190
19204
19214
19224
19239
192416
19256
19267
192712
19288
192915
193014
19315
19323
19339
19343
19350
19362
19372
19385
19395
19402
19415
194210
194316
19441
19450
19460
19475
194810
194911
195013
195112
195217
195317
195419
195516
195610
195718
195819
195911
196019
198144
198225
198310
19847
19853
19862
19870
19882
19893
19902
19911
19926
199310
19946
19951
19965
19973
19984
19990
20001
20010
20020
20030
20040
20059

 

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Figure 28. Distribution spatiale des barrages (hauteur supérieure à 10 m) selon l’année de construction, de 1830 à 2005
carte montre l'emplacement des barrages de plus de dix mètres de hauteur construits entre 1830 et 2005
Source : Données provenant de l’Asso
Description longue pour la Figure 28.

Cette carte montre l'emplacement des barrages de plus de dix mètres de hauteur construits entre 1830 et 2005 dans l'ensemble du Canada. Ils sont regroupés par année d'achèvement. La plupart des barrages se trouvent dans les régions du sud du pays qui présentent les plus fortes densités de population. Bien que les groupes d'âge varient selon les régions du pays, les barrages construits au cours de la dernière période, soit entre 2000 et 2005, sont bien moins nombreux.

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Figure 29. Distribution temporelle des barrages (hauteur supérieure à 10 m) selon l’écozone+ pour chaque décennie, pour la période antérieure à 1900 jusqu’à 2005
graphique montre le distribution temporelle des barrages (hauteur supérieure à 10 m) selon l’écozone+
Source : Données provenant de l’Association canadienne des barrages (2003); mise à jour effectuée pour inclure les données jusqu’à 2005
Description longue pour la Figure 29.

Ce graphique à barres empilées indique les informations suivantes :

-Avant 19001900-19091910-19191920-19291930-19391940-19491950-19591960-19691970-19791980-19891990-19992000-2005
Taïga des plaines000000000100
Cordillère boréale000000310000
Taïga du bouclier000001147877151
Pacific Maritime14123241173000
Cordillère montagnarde0145241165100
Plaines boréales000000253400
Bouclier boréal02124025317043173139
Boréale de Terre-Neuve0002117561520
Plaines hudsoniennes0000000110200
Prairies00134728253750
Bassin intérieur de l'Ouest002442231100
Maritime de l'Atlantique0151676101511030
Plaines à forêts mixtes311312347148200

Les barrages entravent les routes migratoires du poisson, détruisent l’habitat riverain, accroissent la sédimentation, réduisent la disponibilité des habitats et provoquent des changements dans la composition chimique et la disponibilité de l’eau (McAllister et al., 2000). La fragmentation des réseaux hydrographiques peut également entraîner la perte de la diversité génétique et accroître la différenciation entre les populations isolées (par exemple Neraas et Spruell, 2001; Meldgaard et al., 2003). Toutefois, ces effets dépendent de la nature des barrages et des caractéristiques écologiques de chaque espèce. Par exemple, Reid et al. (2008b) n’ont trouvé aucune preuve des effets sur la structure de la population liés à la construction de barrages dans le cas du chevalier noir (Moxostoma duquesnei), une espèce de poisson qui se trouve seulement dans les rivières Grand et Thames en Ontario et qui a été désignée par le COSEPAC comme étant une espèce menacée en 1998 (COSEPAC, 2005). Cette situation laisse entendre que les barrages le long de ces rivières ne présentent pas de barrières importantes à la dispersion de cette espèce et que d’autres facteurs, tels que les concentrations élevées d’éléments nutritifs, les régimes de débit modifiés et la dégradation de l’habitat physique, contribuent de façon plus importante à la menace d’extinction de l’espèce.

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Exemples de changements d’affectation des terres

Le fait de modifier l’affectation des terres dans les bassins hydrologiques touche directement les écosystèmes des lacs et des rivières. À titre d’exemple, en changeant la proportion de terres urbaines ou agricoles, la quantité et la qualité de l’eau sont touchées en raison de la modification de l’infiltration, de la transpiration et de l’écoulement. Boyle et al. (1997) ont examiné les données publiées, les photos aériennes et d’autres données antérieures afin d’étudier les changements d’affectation des terres dans le bassin du cours inférieur du Fraser du sud-ouest de la Colombie-Britannique. L’analyse avait permis d’effectuer une estimation quantitative de la couverture terrestre pour les années antérieures à 1827 (début de la colonisation par les Européens), ainsi que pour 1930 et 1990 (Boyle et al., 1997). La superficie totale associée aux terres humides (fen, marécage, tourbière, marais) a diminué, passant de 831 km2 avant 1827 à 163 km2 en 1930, puis à 121 km2 en 1990. Ces baisses coïncident avec une augmentation considérable de la superficie des zones urbaines et agricoles – étant nulle avant 1827, elle s’établissait à 2 184 km2 en 1990 (Boyle et al., 1997). Ces changements ont entraîné une baisse marquée de la population de sauvagine. En effet, selon les estimations, la population se chiffrait en milliards en 1920, alors qu’elle ne s’établissait qu’à 506 600 en 1995 (Boyle et al., 1997).

Timoney et Argus (2006) ont examiné les tendances de la couverture végétale riveraine en réponse à la variabilité des niveaux d’eau dans le delta des rivières de la Paix et Athabasca en se fondant sur cinq espèces de saule courantes. De 1993 à 2001, la couverture globale de saules a diminué, mais une grande variabilité entre les espèces a été notée. Salix bebbiana et Salix discolor, par exemple, semblaient être les plus vulnérables aux inondations. Une forte corrélation a été constatée entre le dépérissement terminal des saules et la profondeur de l’eau, la durée des inondations et le temps qui s’était écoulé depuis la dernière inondation. En outre, l’établissement plus rapide des saules coïncidait avec une période de sécheresse dans le delta, une augmentation des feux de forêt à l’échelle régionale, une baisse du débit des rivières et une baisse du niveau d’eau du lac Athabasca au début des années 1980. La couverture de saules s’est ensuite accrue pour atteindre un sommet autour de 1993. Ensuite, des inondations survenues du milieu à la fin des années 1990 ont provoqué une baisse de la couverture de saules (Timoney et Argus, 2006).


Notes de bas de page

Note de bas de page 8

Par dérivation entre bassins, on entend le transfert plus ou moins continu, sur l’année entière ou une partie de l’année, effectué au moyen d’un fossé, d’un canal ou d’une canalisation, du bassin d’origine à un autre bassin versant.

Retour à la éférence de la note de bas de page 8

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Tendances relatives aux polluants dans les lacs et les rivières

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Contaminants

Les contaminants qui s’introduisent dans l’environnement le font dans des milieux différents (comme l’eau et le biote) selon leurs propriétés chimiques et physiques. Puisque l’environnement en soi est dans un état constant d’échange physicochimique, il n’est pas toujours facile de prédire la voie par laquelle s’accumuleront les substances ou dans quels milieux elles le feront. Par conséquent, l’interprétation spatiale et temporelle des données de surveillance des contaminants est souvent restreinte par un manque d’observations et d’autres facteurs confusionnels, comme la discordance entre les méthodes d’analyse (Braune et al., 1999). En outre, les observations dans un système peuvent ne pas s’appliquer à d’autres systèmes; par exemple, là où la structure du réseau trophique varie d’un lac à un autre, la bioaccumulation des contaminants dans la chaîne alimentaire par les prédateurs de niveau trophique supérieur varie en fonction de la longueur de la chaîne alimentaire et du niveau trophique, même lorsque les taux de contaminants à la base du réseau trophique sont similaires (Baird et al., 2001). Pour cette raison, et compte tenu du manque général de données de séries chronologiques sur les contaminants au Canada, qu’il soit question de concentrations dans l’eau ou dans les tissus ou le biote (voir explications cidessous), il a été 68 impossible de réaliser une analyse crédible sur le plan scientifique des tendances relatives aux contaminants dans les différentes écozones+.

Étant donné les préoccupations du public concernant la pollution de l’environnement associée à l’émission de contaminants causée par l’activité humaine, il est curieux de constater que les données pertinentes permettant d’évaluer les tendances pour ce qui est des substances préoccupantes dans les écosystèmes des rivières et des lacs sont presque inexistantes audelà de la région des Grands Lacs (laquelle est ellemême comprise dans un rapport technique distinct fondé sur l’écozone+). Cette situation s’applique particulièrement à l’Arctique canadien, une région où les contaminants sont considérés comme une menace constante importante pour les écosystèmes d’eau douce. Dans un examen approfondi des données existantes sur les contaminants dans cette région, Braune et al. (1999) font la déclaration suivante :

"[Traduction] « L’examen des données allant jusqu’à 1991 sur les contaminants chez les poissons d’eau douce de l’Arctique et de la région subarctique (Muir et al., 1990; Lockhart et al., 1992) révèle que l’information sur les taux et la variation géographique des composés organochlorés, d’hydrocarbures aromatiques polycycliques et de métaux lourds est limitée, et que les données sur les tendances temporelles sont inexistantes. »

Les rares études sur les contaminants dans l’Arctique canadien portent principalement sur les écosystèmes marins (par exemple Muir et Norstrom, 2000). Les données fournies relatives aux tendances dans les écosystèmes d’eau douce s’appliquent surtout à l’échelle locale, comprennent relativement peu d’observations séquentielles et se rapportent à un passé très récent (par exemple Michelutti et al., 2009). À titre d’exemple, dans le sommaire d’une recherche fourni par le Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord (2008), des tendances sont relevées dans certains groupes de polluants organiques persistants (POP) : les taux d’hexachlorocyclohexane (HCH), de biphényles polychlorés (BPC), de toxaphène et de dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT) dans les tissus des poissons étaient généralement à la baisse dans l’ensemble des sites étudiés, tandis que les tendances relatives au mercure dans les tissus des poissons étaient plus complexes, des augmentations significatives étant observées pour certaines espèces et certains endroits (p. ex. le touladi [Salvelinus namaycush] dans le Grand lac des Esclaves), et aucun changement n’étant signalé pour des espèces dans d’autres endroits (p. ex. l’omble chevalier dans des lacs de Qausuittuq et Quttinirpaaq). Ces mesures ponctuelles, la distribution éparse et le recours à un échantillonnage opportuniste dans le cadre d’initiatives locales ou régionales à court terme sont à l’origine de la situation actuelle, qui fait que dans la majeure partie du Canada, les données de séries chronologiques sur les contaminants dans les écosystèmes d’eau douce sont inexistantes. Malgré le manque de données sur la tendance temporelle, la présence et la persistance de polluants organiques persistants et bioaccumulables dans des régions éloignées comme l’Arctique, qui étaient émis à l’origine dans les régions plus développées du sud du continent nord-américain, sont une toute nouvelle tendance. Ce phénomène est le résultat direct du fractionnement global, un processus qui n’était pas pleinement reconnu jusqu’à récemment (Wania et Mackay, 1993) et dont les répercussions sur le transport d’une quantité de substances depuis des régions industrialisées vers des régions éloignées ne sont pas encore bien comprises.

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Nutriments

Les résultats provenant du rapport de 2008 sur les Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement ont révélé que les concentrations de phosphore dépassaient les limites établies conformément aux recommandations sur la qualité de l’eau dans le cas de 125 des 369 (34 %) sites de surveillance (Environnement Canada, 2009a). Dans le même ordre d’idées, les pourcentages de sites excédant les limites en 2002-2004 et en 2003-2005 étaient de 38 % et de 37 %, respectivement (Environnement Canada, 2006a; Environnement Canada, 2007). En partie pour évaluer ces excédents fréquents, Environnement Canada (2011) a récemment produit un rapport national portant sur les tendances de 1990 à 2006 relatives aux concentrations de phosphore et d’azote dans les réseaux fluviaux et lacustres au Canada. Les analyses sur les tendances fondées sur les données obtenues de 1990 à 2006 ont démontré que 39 des 77 sites de surveillance n’ont affiché aucun changement des concentrations de phosphore, 22 ont indiqué des tendances à la baisse significatives et 16 ont révélé des tendances à la hausse (Figure 30) (Environnement Canada, 2011).

Figure 30. Nombre de sites de surveillance de la qualité de l’eau dans chaque bassin versant océanique important présentant une hausse ou une baisse des taux de phosphore, ou ne présentant aucun changement, de 1990 à 2006. Seuls les sites ayant des résultats statistiquement significatifs sont présentés (p < 0,05).
le graphique montre le nombre de sites de surveillance de la qualité de l’eau dans chaque bassin
Source: Environnement Canada (2011)
Description longue pour la Figure 30

Ce graphique à barres indique les informations suivantes :

Figure 30. Données détaillées
Bassin versant
océanique important
À la baisseAucun changementNÀ la hausse
Océan Pacifique (n = 17)692
Océan Arctique (n = 12)273
Baie d'Hudson (n = 18)3114
Océan Atlantique (n = 30)11127

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Glozier et al. (2004) ont quantifié les tendances à long terme en ce qui concerne la qualité de l’eau dans les parcs nationaux Banff et Jasper afin d’évaluer l’efficacité des usines de traitement des eaux usées. Dans leur rapport, ils ont appliqué l’analyse non paramétrique saisonnière MannKendall pour relever les tendances dans les concentrations de phosphore dans cinq sites de surveillance sur les rivières Bow, Saskatchewan Nord et Athabasca. Les résultats du premier rapport (Glozier et al., 2004) indiquent des améliorations pour ce qui est des concentrations de nutriments et des paramètres bactériologiques dans des sites en aval, notamment dans le cours inférieur de la rivière Bow, après 1989. Ces améliorations découlent principalement de la modernisation de la station de traitement des eaux usées à Banff. Glozier (Glozier, 2009, comm. pers.) a fourni les résultats d’une analyse de suivi visant à analyser l’efficacité d’une modernisation du traitement tertiaire (avec élimination du phosphore) dans les trois municipalités. Les analyses des tendances révèlent que la nouvelle station a permis de réduire considérablement les concentrations de phosphore dans les rivières Bow et Athabasca, les concentrations médianes étant revenues à des niveaux comparables aux concentrations naturelles observées en amont (Figure 31). Les pratiques de gestion ont ainsi permis d’améliorer considérablement la composition chimique de l’eau dans ces rivières. En poursuivant la surveillance, il sera possible d’observer les effets de l’amélioration de la qualité de l’eau sur les communautés aquatiques.

Figure 31. Médiane des concentrations de phosphore total (A) et de phosphore total dissous (B) dans la rivière Bow, de 1975 à 2010
Trois régimes de traitements municipaux différents au cours de la période d’enregistrement : T1 – traitement secondaire, aération et décantation; T2 – usine de traitement des boues à forte charge avec désinfection UV; T3 – traitement tertiaire comprenant l’élimination du phosphore.
Cette figure est constituée de deux graphiques linéaires donnant la médiane des concentrations de phosphore
Source : Glozier et al. (Glozier et al., 2004); mise à jour de Glozier à l’aide de données non publiées
Description longue pour la Figure 31.

Cette figure est constituée de deux graphiques linéaires donnant la médiane des concentrations de phosphore total et de phosphore total dissous dans la rivière Bow, de 1975 à 2010. Le graphique montre qu'après 2003, les concentrations de phosphore dans la rivière Bow ont diminué considérablement, les concentrations médianes ayant été restaurées à des niveaux semblables aux concentrations naturelles en amont. Ce changement coïncide avec la construction d'une nouvelle station de traitement des eaux usées.

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Acidification

Les préoccupations concernant l’acidification des eaux de surface soulevées par les rejets atmosphériques de dioxyde de soufre (SO2) et d’oxyde d’azote (NOx) sont prédominantes depuis les années 1970, lorsque les scientifiques ont constaté pour la première fois le déclin des niveaux de pH, particulièrement dans le sud-est du Canada (Jeffries et al., 2003a). De 1980 à 2006, les émissions de SO2 au Canada et aux États-Unis ont diminué d’environ 45 % et les émissions de NOx, d’environ 19 % (Gouvernements du Canada et des États-Unis d'Amérique, 2008). Bien que des diminutions marquées de la présence de sulfates dans les lacs aient été relevées peu après les réductions d’émissions (Jeffries et al., 2003b; Weeber et al., 2005; Gouvernements du Canada et des États-Unis d'Amérique, 2008), la réaction de l’acidité des lacs (mesurée par le pH) s’est manifestée lentement et de façon moins généralisée (Figure 32), en partie en raison des diminutions de calcium imputables aux dépôts acides (Gouvernements du Canada et des États-Unis d'Amérique, 2008). Les diminutions de calcium menacent aussi les espèces clés de zooplancton (Jeziorski et al., 2008). Des améliorations biologiques encourageantes ont été remarquées dans certains emplacements (Snucins, 2003; Snucins et Gunn, 2003; Weeber et al., 2005; Environnement Canada, 2005; Équipe de rétablissement de l'omble de fontaine auror, 2006; Yan et al., 2008b). Toutefois, même en présence d’un rétablissement chimique, les communautés biologiques risquent de ne pas retrouver leur condition précédant l’acidification, car de nombreux facteurs indépendants à l’acidité influent sur le rétablissement biologique (Yan et al., 2008a; Yan et al., 2008b). La dévastation généralisée causée par le dépôt des polluants transportés dans l’atmosphère (voir également l’exemple des contaminants) présente des défis de taille qui nécessitent plus que de simples objectifs de réduction des émissions et qui mettent à l’épreuve notre connaissance de la reconstitution de l’écosystème et le rétablissement des services écosystémiques.

Figure 32. Tendances relatives aux niveaux de sulfate et à l’acidité (pH) dans les lacs de cinq sites de surveillance intensive dans le sud-est du Canada, de 1972 à 2008
À noter que la forte réaction dans le cas du lac Clearwater (par rapport aux autres) est due à son emplacement à proximité de l’importante source d’émissions de SO2 (fonderie de nickel) à Sudbury.
Les deux graphiques linéaires indiquant les tendances relatives aux niveaux de sulfate et à l'acidité (pH)
Source : Mise à jour de Jeffries et al. (2003b) effectuée par l’auteur
Description longue pour la Figure 32.

Cette figure est constituée de deux graphiques linéaires indiquant les tendances relatives aux niveaux de sulfate et à l'acidité (pH) dans les lacs de cinq sites de surveillance intensive du sud-est du Canada, de 1972 à 2008, et d'une petite carte illustrant l'emplacement de ces sites. Ces graphiques montrent que bien que des diminutions marquées de la présence de sulfates dans les lacs aient été relevées peu après les réductions d'émissions, le rétablissement à un niveau naturel de l'acidité des lacs (mesurée par le pH) a été lent.

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Les écosystèmes possèdent différents niveaux de sensibilité à l’acide selon leur géologie et les sols. Ainsi, le niveau maximal des dépôts acides qu’un terrain peut tolérer sans porter atteinte à son intégrité écologique (« charge critique ») diffère d’un écosystème à l’autre (Figure 33) (Jeffries et Ouimet, 2005). Les terrains sensibles à l’acide reposent généralement sur un substrat rocheux légèrement soluble, recouvert d’une mince couche de sol dérivé de glaciers (L'Atlas national du Canada, 1991), et ils possèdent une moins grande capacité de tampon.

Les charges critiques peuvent être dépassées soit lorsque des terrains extrêmement sensibles reçoivent de faibles niveaux de dépôts acides, soit lorsque des terrains moins sensibles reçoivent des niveaux élevés de dépôts acides. La Figure 34 illustre où les charges critiques ont été dépassées dans l’écozone+ du bouclier boréal.

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Figure 33. Indice combiné de la charge critique des dépôts atmosphériques terrestres et aquatiques pour le Canada, en 2008
la carte du Canada donne l'indice combiné de la charge critique des dépôts atmosphériques terrestres et aquatiques pour le Canada
Source : Jeffries et al. (2010a)
Description longue pour la Figure 33.

Cette carte du Canada donne l'indice combiné de la charge critique des dépôts atmosphériques terrestres et aquatiques pour le Canada, pour l'année 2008. L'indice combiné de la charge critique est classé selon une échelle allant de « supérieur ou égale à 1 000 unités par hectare et par an » à « inférieur ou égal à 100 unités par hectare et par an ». Cette carte montre que les écosystèmes du Canada n'ont pas les mêmes niveaux de sensibilité à l'acidification. De vastes zones sensibles aux dépôts acides sont concentrées dans l'écozone+ maritime de l'Atlantique et à l'extrémité ouest de l'écozone+ du bouclier boréal.

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Figure 34. Areas where the critical load has been exceeded in the Boreal Shield Ecozone+, 2009.
la carte de l'écozone+ du bouclier boréal montre les secteurs où la charge critique a été dépassée en 2009
Source : Jeffries et al. (2010b)
Description longue pour la Figure 34.

Cette carte de l'écozone+ du bouclier boréal montre les secteurs où la charge critique a été dépassée en 2009. La carte montre un vaste secteur dans le sud-est de l'écozone+ où la charge critique a été dépassée. La majeure partie du secteur est classée dans la plus haute catégorie de dépassement, soit plus de 300 unités au-dessus de la charge critique. Cette zone se situe à cheval sur les provinces de l'Ontario et du Québec, autour des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent. D'autres zones de dépassement, plus petites cette fois, existent le long de la frontière ouest de l'écozone+.

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Malgré les plus faibles taux de pluies acides enregistrés dans l’est de l’Amérique du Nord, l’écozone+ maritime de l’Atlantique détient les eaux parmi les plus acides en raison du faible pouvoir tampon du terrain (Clair et al., 2004; Clair et al., 2007). Depuis les années 1980, aucun rétablissement mesurable du pH n’a été constaté malgré le déclin des émissions de dioxyde de soufre. Cet habitat du poisson est donc devenu le plus lourdement touché en Amérique du Nord (Figure 35) (Clair et al., 2007). Le saumon atlantique est extrêmement sensible à l’acidité et, en 1996, 14 migrations de saumon atlantique sur le littoral de la Nouvelle-Écosse ont disparu à cause de l’acidité de l’eau, 20 autres ont subi des répercussions sévères, alors que 15 autres ont été légèrement touchées (Watt et al., 2000). Le rétablissement des propriétés chimiques de l’eau et de 74 l’écologie devrait prendre plusieurs décennies en Nouvelle-Écosse comparativement à d’autres régions du Canada (Watt et al., 2000; Clair et al., 2004; Clair et al., 2007).

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Figure 35. Effets de l’acidification sur le saumon atlantique (1996)
la carte de la Nouvelle-Écosse montre l'état des rivières à saumons de la province en 1996
Source : Adapté de Watt et al. (2000)
Description longue pour la Figure 35.

Cette carte de la Nouvelle-Écosse montre l'état des rivières à saumons de la province en 1996. Voici les trois statuts existants : décroissement dans certains affluents, population relique, et disparition des migrations. La carte montre qu'en 1996, 14 rivières de la côte sud de la Nouvelle -Écosse avait les disparitions des migrations, principalement le long de la côte sud-ouest, 20 rivières, répartis le long de la côte sud et la baie de Fundy, eu populations reliques, et 15 autres , principalement le long de la côte sud-est, avaient les décroissements dans certains affluents.

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Bien que l’acidification des lacs ait largement été considérée comme un problème au sein de l’écozone+ du bouclier boréal et de l’écozone+ maritime de l’Atlantique, des préoccupations sont soulevées quant à la vulnérabilité éventuelle des régions de l’ouest du Canada. En particulier, le potentiel de dépassement des charges critiques dans le nord-ouest de la Saskatchewan est un sujet d’inquiétude en raison du haut niveau de sensibilité à l’acide de nombreux lacs dans cette région (68 % des 259 lacs évalués en 2007-2008) et de leur situation en aval d’émissions acidifiantes provenant des projets d’exploitation de pétrole et de gaz (Scott et al., 2010). De façon similaire, les émissions de soufre liées au transport dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique représentent un enjeu qui prend de l’ampleur en raison du dépassement des charges critiques terrestres de 32 % dans le bassin de Georgia en 2005-2006 (Nasr et al., 2010).

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Impacts futurs du climat sur les lacs et les rivières

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Les ressources en eau en Amérique du Nord sont déjà soumises à des prélèvements excessifs dans de nombreuses régions et, par conséquent, sont très vulnérables aux changements futurs. Bates et al. (2008) ont analysé les répercussions des changements sur le moment, le volume, la qualité et la répartition géographique des ressources en eau douce en Amérique du Nord qui sont prévus à mesure que les taux de réchauffement augmentent. Au Canada, on prévoit une augmentation des précipitations de l’ordre de 20 % pour ce qui est de la moyenne annuelle et de 30 % en hiver dans les scénarios où les émissions sont les plus élevées, de même qu’une hausse généralisée des événements extrêmes de précipitations (Bates et al., 2008). À titre d’exemple, une hausse des précipitations, une intensification des inondations printanières et leur occurrence précoce, et un prolongement des sécheresses en été en ColombieBritannique sont prévus, ce qui aura un impact sur l’écoulement des cours d’eau, et du coup, sur la survie du poisson. Le Groupe d’experts 75 intergouvernemental sur l’évolution du climat (2007) a synthétisé des études scientifiques à l’aide des données de 1970 à 2004 afin d’examiner les changements survenus dans les systèmes physiques (p. ex. neige, glace, sol gelé, hydrologie et processus côtiers) et biologiques (terrestres, marins et d’eau douce) par rapport aux températures de surface changeantes dans tous les continents, y compris en Amérique du Nord (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, 2007). Parmi les études nord-américaines examinées, 334 des 355 (94 %) séries de données traitant des systèmes physiques et 419 des 455 (92 %) séries de données portant sur les systèmes biologiques pouvaient être attribuables au réchauffement (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, 2007). Dans le futur, les changements climatiques risquent très fortement d’exercer des effets directs et indirects sur la structure et la fonction des communautés aquatiques dans les écosystèmes des lacs et des rivières du Canada.

Les changements climatiques auront un impact sur le volume des précipitations et de l’évaporation et sur le moment où surviennent ces phénomènes, et donneront lieu à une augmentation de la variabilité du type de précipitations. Ces changements influeront sur le régime hydrologique des rivières et le niveau d’eau des lacs (Bates et al., 2008). Des variations régionales avec des changements relatifs à grande échelle sont prévues dans l’écoulement annuel pour la période de 2090 à 2099 par rapport à la période de 1980 à 1999. Dans la plupart des régions des hautes latitudes du Canada, une augmentation de 20 % à 40 % de l’écoulement est prévue par rapport au reste du Canada, à l’exception des Prairies, où l’augmentation devrait être de 5 % à 20 % (Milly et al., 2005). Des effets biologiques liés au réchauffement climatique se manifestent déjà, comme des changements dans la composition, l’abondance et la productivité des espèces et des changements phénologiques (p. ex. migration du poisson). L’augmentation de la température de l’eau et des précipitations, de même que le prolongement des étiages auront un effet marqué sur les lacs et les rivières, notamment en raison de l’augmentation des taux de sédiments, de l’écoulement et de la pollution thermique. Les communautés aquatiques seront touchées par les changements du niveau et de la température de l’eau; par exemple, les espèces de salmonidés d’eaux froides devraient subir des effets néfastes, tandis que les espèces d’eaux chaudes devraient bénéficier de ces changements (par exemple Eaton et Scheller, 1996; Wrona et al., 2006).

Selon les scénarios de réchauffement climatique, la couverture de neige et de glace continuera de diminuer, surtout au printemps et en été (Bates et al., 2008). S’appuyant sur des images satellitaires de la période de 1966 à 2005, Bates et al.(2008) ont constaté que la couverture de neige dans l’hémisphère Nord baisse tous les mois, sauf en novembre et en décembre. Pour l’avenir, des réductions généralisées de la couverture de neige sont prévues, de même qu’une augmentation de la profondeur de la fonte dans la majeure partie des régions de pergélisol, ce qui serait imputable à l’augmentation de la température de l’air (Bates et al., 2008). Toutefois, malgré les réductions de la couverture de glace sur les lacs et les rivières, l’effet pourrait être moins important dans les grandes rivières s’écoulant vers le nord étant donné les différences moins importantes à l’échelle régionale en ce qui concerne les gradients thermiques et hydrologiques du sud vers le nord (Bates et al., 2008). Les régimes des glaces des lacs et des rivières continueront de changer en fonction du climat; par exemple, la longueur de la couverture de glace continuera de diminuer. Tout changement futur dans le climat pourrait avoir un impact direct et indirect sur la morphologie du milieu aquatique, et du coup, sur le régime des glaces. À titre d’exemple, les changements à long terme du niveau d’eau des lacs pourraient influer sur le régime des glaces des rivières affluentes (Beltaos et Burrell, 2003).

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Synthèse des données

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La biodiversité est un concept notoirement complexe et souvent mal défini. Si les profils de biodiversité sont définis simplement en utilisant les données existantes sur la présence des espèces et des habitats dans l’ensemble du Canada, des problèmes de comparabilité des données surgiront rapidement. À titre d’exemple, en combinant des relevés d’espèces individuelles (comme ceux qui sont effectués dans le cadre d’une évaluation des stocks halieutiques ou d’un plan de conservation d’une espèce en voie de disparition) sur une carte de répartition, il peut sembler que l’information obtenue soit pertinente, mais la méthode, le moment et l’endroit pour effectuer les observations risquent de varier considérablement selon l’étude. Lorsque les données sont réunies de cette façon, l’absence apparente d’espèces peut souvent être interprétée de plusieurs façons. Ces problèmes sont aggravés lorsque les données sur les espèces recueillies sur le terrain sont combinées pour examiner les profils relatifs à la richesse faunique à plus grande échelle. Ainsi, pour faire une interprétation solide sur le plan scientifique des profils liés à biodiversité, il est préférable de recueillir les données selon la même méthode. Bien entendu, la combinaison des données historiques rend souvent la tâche impossible et les nouvelles initiatives faisant intervenir plusieurs parties compliquent la donne, la normalisation des méthodes étant une question sujette à controverse qui entraîne des coûts de transaction élevés. Ce problème pourrait être contré en élaborant des stratégies axées sur les métadonnées, stratégies qui permettraient de partager les données à l’intérieur d’un réseau, même si ces données étaient recueillies selon des méthodes différentes. Les métadonnées peuvent former la base d’un outil d’évaluation préalable pour extraire les données qui présentent des propriétés communes à des fins précises d’établissement de rapports, tout en permettant le partage de données entre diverses parties.

Les Tableau 10, Tableau 11 et Tableau 12 résument les importantes tendances relatives aux lacs et aux rivières au Canada obtenues à partir d’analyses de données, d’analyses de la documentation et d’études scientifiques publiées, et ce, à l’échelle nationale et pour chaque écozone+. L’une des conclusions principales à tirer de cette analyse indique qu’il y a un manque général d’ensembles de données à long terme prélevées de façon uniforme. En dépit des stratégies de biosurveillance nationale élaborées récemment (voir la section sur le Réseau canadien de biosurveillance aquatique dans Environnement Canada, 2009b), les relevés de surveillance des communautés biologiques sont limités. Notre connaissance de la biodiversité dans les écosystèmes d’eau douce du Canada est hautement fragmentaire et une grande quantité d’information utile est actuellement inaccessible pour la surveillance et l’établissement de rapports. Bien que certains éléments de la biodiversité, en particulier la diversité des habitats, soient pris en considération dans les initiatives en cours, comme les études cartographiques des habitats d’eau douce de Conservation de la nature Canada (Ciruna et al., 2007), d’autres demeurent perdus dans les brumes institutionnelles entourant des îlots de données négligées et fragmentées. Afin d’accroître notre capacité de travailler avec cette ressource non exploitée de données, qui est pour l’instant inaccessible, il faudra des efforts améliorés et stratégiques dans le domaine de l’écoinformatique. Le fait d’associer les sources de données en ligne à l’aide d’outils améliorés de découverte de données et de rendre accessibles les données hors ligne constitue une première étape importante pour la compréhension des profils de la biodiversité aquatique à l’échelle nationale et de la façon dont ces profils changent depuis les dernières années.

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Tableau 10. Sommaire des tendances à l’échelle nationale relevées grâce à la présente analyse de données, à l’analyse de la documentation et à l’étude de recherches scientifiques publiées
Tendances dégagées à partir des données de 1970 à 2005
VariableDescription des tendances
Ampleur des conditions mensuellesPeu de tendances apparentes. Forte ↑ pour ce qui est de l’écoulement en avril et ↓ pour ce qui est de l’écoulement de mai jusqu’en août
Ampleur de l’écoulement – minimumPlupart des sites : ↔ (surtout pour les longues durées); le quart des sites environ présentent une ↓
Ampleur de l’écoulement – maximumPlupart des sites : ↔; un grand nombre de sites présentent toutefois une ↘ (surtout pour les longues durées)
Moment du minimum annuelPeu de sites présentent des tendances significatives; près de la moitié des sites présentent une ↗ pour ce qui est du minimum annuel (minimum annuel survenant plus tard)
Moment du maximum annuelPeu de sites présentent des tendances significatives; la plupart des sites présentent une pour ce qui est du maximum annuel (maximum annuel survenant plus tôt)
Fréquence des étiages extrêmesPlupart des sites : ↔
Fréquence des crues extrêmesPlupart des sites : ↔
Durée des événements extrêmesPlupart des sites : ↔; légère tendance à la ↓ pour ce qui est de la durée des épisodes d’étiage
Caractère soudain des événementsPeu de sites présentent des tendances significatives pour ce qui est de la vitesse d’augmentation et de diminution. ↗ pour ce qui est de la vitesse de diminution et ↘ pour ce qui est de la vitesse d’augmentation pour près de la moitié des sites. ↑ du nombre d’inversions dans le tiers des sites
EnglacementLe rapport de Veille au gel (2008c) fournit peu de preuves de changements dans l’englacement; ce résultat concorde avec l’analyse du présent rapport
DébâcleLe rapport de Veille au gel (2008d) montre que 40 sites sur 285 présentaient une tendance significative (p &lt; 0,05) indiquant une fonte printanière hâtive, 168 autres sites montrant une tendance non significative (p &gt; 0,05) indiquant la même chose; l’analyse pour le présent rapport montre que 8 sites sur 69 présentaient une tendance significative (p &lt; 0,05) indiquant une fonte printanière hâtive, 46 autres sites montrant une tendance non significative (p &gt; 0,05) indiquant la même chose
Connectivité des habitats1971 est l’année où le plus de barrages de plus de 10 m de hauteur ont été construits (57) Année de construction du premier gros barrage : 1830
La plupart des barrages ont été construits entre 1950 et 1990 et une baisse s’est produite au cours des dernières années
Les transferts et dérivations entre bassins (qui servent principalement à la production d’hydroélectricité) ont modifié les régimes hydrologiques, surtout en Saskatchewan, au Québec, en Ontario et à TerreNeuve-etLabrador
Les changements dans l’affectation des terres ont entraîné des modifications des régimes hydrologiques, comme c’est le cas dans le bassin du cours inférieur du Fraser
ContaminantsPeu d’information sur les tendances à long terme ailleurs que dans la région des Grands Lacs; les études dans l’Arctique révèlent des préoccupations soutenues entourant l’augmentation des taux de POP associée au transport de polluants depuis les régions industrialisées du sud
NutrimentsGlozier et al. (2009 – projet de rapport) fournissent un sommaire national des tendances à long terme (19902006) pour ce qui est des taux d’azote et de phosphore dans les milieux aquatiques
AcidificationLes retombées acides dans l’est du Canada ont diminué depuis les années 1970 et le pH dans les lacs touchés de cette région se rétablit; toutefois, il existe peu de signes de rétablissement biologique pour bon nombre de lacs touchés
↑ : hausse significative (p <0.1); ↗: tendance à la hausse (p >0.1); ↓ : baisse significative (p <0.1); =tendance à la baisse (p >0.1); M.D. : manque de données

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Tableau 11. Sommaire des tendances hydrologiques selon l’écozone+, de 1970 à 2005
Écozone+Ampleur des conditions mensuellesAmpleur de l’écoulement – minimumAmpleur de l'écoulement – maximumMoment du minimum annuelMoment du maximum annuelFréquence des étiages extrêmesFréquence des crues extrêmesDurée des événements extrêmesCaractère soudain des événements
ArctiqueMDMDMDMDMDMD.MDMDMD
Écozone+ maritime de l’AtlantiqueForte ↓ pour ce qui est de l’écoulement à la fin du printemps et en été↘ ↗ (plus tard)↘ (plus tôt)↗ ↘ pour la vitesse d’augmen-tation; ↗ pour la vitesse de diminution; ↔ pour les inversions
Cordillère boréaleMDMDMDMDMDMDMDMDMD
Plaines boréalesMDMDMDMDMDMDMDMDMD
Bouclier boréalPeu de sites présentent des tendances↓ et ↘ (sauf pour les longues durées - ↔)↓ et ↘↗ dans les régions du sud; ↘ dans l’ensemble de la région et dans l’ouest↘ dans l’en-semble de la région; ↗ dans le centre et l’ouest de la région↘ ↗ pour ce qui est des étiages et des crues extrêmes↘ pour la vitesse d’augmen-tation; ↗ pour la vitesse de diminution; ↔ pour les inversions
Plaines hudsoniennesMDMDMDMDMDMDMDMDMD
Plaines à forêts mixtesMDMDMDMDMDMDMDMDMD
Cordillère montagnardePeu de tendances claires, mais forte ↑ pour ce qui est de l’écoulement en avril↘ ↘ (plus tôt)↗ ↗ pour la vitesse d’augmen-tation; ↔ pour la vitesse de diminution; ↑ pour les inversions
Écozone+ de la forêt boréale de TerreNeuveAucune tendance claire; légère ↓ pour le mois d’août↓ et ↘↗ (plus tard)↗ (plus tard)
Écozone+ maritime du Pacifique↓ pour ce qui est de l’écoulement à la fin du printemps et en été↓et ↘↑ et ↗↗ (plus tard)↘ (plus tôt)↗ ↗ 
PrairiesMDMDMDMDMDMDMDMDMD
Taïga de la cordillèreMDMDMDMDMD.MDMDMDMD
Taïga des plaines↑ pour ce qui est de l’écoulement en hiver et au début du printemps↔ pour la vitesse d’augmen-tation et la vitesse de diminution; ↑ pour les inversions
Taïga du bouclierMDMDMDMDMDMDMDMDMD
Bassin intérieur de l’OuestMDMDMDMDMDMDMDMDMD
↑ : hausse significative (p < 0.1); ↗ : tendance à la hausse (p >0.1); ↓ : baisse significative(p <0.1); ↘: tendance à la baisse (p > 0.1); ↔ : partage entre les tendances à la hausse et les tendances à la baisse; M.D. : manque de données

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Tableau 12. Sommaire des tendances relevées grâce à la présente analyse de données, à l’analyse de la documentation et à l’étude de recherches scientifiques publiées, selon l’écozone+
Écozone+Englacement (selon les données du
Tableau 7)
Débâcle (selon les données du
Tableau 8)
Connectivité des habitats (selon les données de l’Association canadienne des barrages)ContaminantsNutrimentsAcidification
ArctiqueMDTendance indiquant une débâcle hâtive (c)Aucun barrage signaléPeu d’information sur les tendances à long terme ailleurs que dans la région des Grands Lacs; les études dans l’Arctique révèlent des préoccupa-tions soutenues entourant l’augmenta-tion des taux de POP associée au transport de polluants depuis les régions industrialisées du sudGlozier et al. (2009 – projet de rapport) fournissent un sommaire national des tendances à long terme (19902006) pour ce qui est des taux d’azote et de phosphore dans les milieux aquatiquesLes dépôts acides dans l’est du Canada ont diminué depuis les années 1970 et les niveaux de pH des lacs concernés présents dans cette région se rétablissent. Toutefois, il y a peu de preuves indiquant une récupération biologique dans de nombreux lacs concernés.
Écozone+ maritime de l’AtlantiqueTendance indiquant un englacement hâtif (a)Tendance indiquant une débâcle tardive (b); aucune tendance claire (a)74 barrages construits au cours du XXe sièclePeu d’information sur les tendances à long terme ailleurs que dans la région des Grands Lacs; les études dans l’Arctique révèlent des préoccupa-tions soutenues entourant l’augmenta-tion des taux de POP associée au transport de polluants depuis les régions industrialisées du sudGlozier et al. (2009 – projet de rapport) fournissent un sommaire national des tendances à long terme (19902006) pour ce qui est des taux d’azote et de phosphore dans les milieux aquatiquesLes dépôts acides dans l’est du Canada ont diminué depuis les années 1970 et les niveaux de pH des lacs concernés présents dans cette région se rétablissent. Toutefois, il y a peu de preuves indiquant une récupération biologique dans de nombreux lacs concernés.
Cordillère boréaleTendance indiquant un englacement hâtif (a)Tendance indiquant une débâcle hâtive (a, b et c)4 barrages construits entre 1950 et 1970Peu d’information sur les tendances à long terme ailleurs que dans la région des Grands Lacs; les études dans l’Arctique révèlent des préoccupa-tions soutenues entourant l’augmenta-tion des taux de POP associée au transport de polluants depuis les régions industrialisées du sudGlozier et al. (2009 – projet de rapport) fournissent un sommaire national des tendances à long terme (19902006) pour ce qui est des taux d’azote et de phosphore dans les milieux aquatiquesLes dépôts acides dans l’est du Canada ont diminué depuis les années 1970 et les niveaux de pH des lacs concernés présents dans cette région se rétablissent. Toutefois, il y a peu de preuves indiquant une récupération biologique dans de nombreux lacs concernés.
Plaines boréalesTendance mixte (c)Tendance indiquant une débâcle hâtive (c)14 barrages construits entre 1950 et 1990Peu d’information sur les tendances à long terme ailleurs que dans la région des Grands Lacs; les études dans l’Arctique révèlent des préoccupa-tions soutenues entourant l’augmenta-tion des taux de POP associée au transport de polluants depuis les régions industrialisées du sudGlozier et al. (2009 – projet de rapport) fournissent un sommaire national des tendances à long terme (19902006) pour ce qui est des taux d’azote et de phosphore dans les milieux aquatiquesLes dépôts acides dans l’est du Canada ont diminué depuis les années 1970 et les niveaux de pH des lacs concernés présents dans cette région se rétablissent. Toutefois, il y a peu de preuves indiquant une récupération biologique dans de nombreux lacs concernés.
Bouclier boréalMDMD265 barrages construits au cours du XXe siècle, 42 % ayant été construits entre 1950 et 1980Peu d’information sur les tendances à long terme ailleurs que dans la région des Grands Lacs; les études dans l’Arctique révèlent des préoccupa-tions soutenues entourant l’augmenta-tion des taux de POP associée au transport de polluants depuis les régions industrialisées du sudGlozier et al. (2009 – projet de rapport) fournissent un sommaire national des tendances à long terme (19902006) pour ce qui est des taux d’azote et de phosphore dans les milieux aquatiquesLes dépôts acides dans l’est du Canada ont diminué depuis les années 1970 et les niveaux de pH des lacs concernés présents dans cette région se rétablissent. Toutefois, il y a peu de preuves indiquant une récupération biologique dans de nombreux lacs concernés.
Plaines hudsoniennesMDMD13 barrages construits entre 1960 et 1990,
10 ayant été construits entre 1970 et 1980
Peu d’information sur les tendances à long terme ailleurs que dans la région des Grands Lacs; les études dans l’Arctique révèlent des préoccupa-tions soutenues entourant l’augmenta-tion des taux de POP associée au transport de polluants depuis les régions industrialisées du sudGlozier et al. (2009 – projet de rapport) fournissent un sommaire national des tendances à long terme (19902006) pour ce qui est des taux d’azote et de phosphore dans les milieux aquatiquesLes dépôts acides dans l’est du Canada ont diminué depuis les années 1970 et les niveaux de pH des lacs concernés présents dans cette région se rétablissent. Toutefois, il y a peu de preuves indiquant une récupération biologique dans de nombreux lacs concernés.
Plaines à forêts mixtesTendance mixte (c)Tendance indiquant une débâcle tardive (b); tendance mixte (c)67 barrages construits au cours du XXe sièclePeu d’information sur les tendances à long terme ailleurs que dans la région des Grands Lacs; les études dans l’Arctique révèlent des préoccupa-tions soutenues entourant l’augmenta-tion des taux de POP associée au transport de polluants depuis les régions industrialisées du sudGlozier et al. (2009 – projet de rapport) fournissent un sommaire national des tendances à long terme (19902006) pour ce qui est des taux d’azote et de phosphore dans les milieux aquatiquesLes dépôts acides dans l’est du Canada ont diminué depuis les années 1970 et les niveaux de pH des lacs concernés présents dans cette région se rétablissent. Toutefois, il y a peu de preuves indiquant une récupération biologique dans de nombreux lacs concernés.
Cordillère montagnardeTendance mixte (c)Tendance indiquant une débâcle hâtive (c)39 barrages construits au cours du XXe sièclePeu d’information sur les tendances à long terme ailleurs que dans la région des Grands Lacs; les études dans l’Arctique révèlent des préoccupa-tions soutenues entourant l’augmenta-tion des taux de POP associée au transport de polluants depuis les régions industrialisées du sudGlozier et al. (2009 – projet de rapport) fournissent un sommaire national des tendances à long terme (19902006) pour ce qui est des taux d’azote et de phosphore dans les milieux aquatiquesLes dépôts acides dans l’est du Canada ont diminué depuis les années 1970 et les niveaux de pH des lacs concernés présents dans cette région se rétablissent. Toutefois, il y a peu de preuves indiquant une récupération biologique dans de nombreux lacs concernés.
Écozone+ de la forêt boréale de Terre­NeuveTendance indiquant un englacement hâtif (c)Tendance indiquant une débâcle hâtive (c)39 barrages construits au cours du XXe siècle, 38 % ayant été construits entre 1980 et 1990Peu d’information sur les tendances à long terme ailleurs que dans la région des Grands Lacs; les études dans l’Arctique révèlent des préoccupa-tions soutenues entourant l’augmenta-tion des taux de POP associée au transport de polluants depuis les régions industrialisées du sudGlozier et al. (2009 – projet de rapport) fournissent un sommaire national des tendances à long terme (19902006) pour ce qui est des taux d’azote et de phosphore dans les milieux aquatiquesLes dépôts acides dans l’est du Canada ont diminué depuis les années 1970 et les niveaux de pH des lacs concernés présents dans cette région se rétablissent. Toutefois, il y a peu de preuves indiquant une récupération biologique dans de nombreux lacs concernés.
Écozone+ maritime du PacifiqueMDMD47 barrages construits au cours du XXS,e sièclePeu d’information sur les tendances à long terme ailleurs que dans la région des Grands Lacs; les études dans l’Arctique révèlent des préoccupa-tions soutenues entourant l’augmenta-tion des taux de POP associée au transport de polluants depuis les régions industrialisées du sudGlozier et al. (2009 – projet de rapport) fournissent un sommaire national des tendances à long terme (19902006) pour ce qui est des taux d’azote et de phosphore dans les milieux aquatiquesLes dépôts acides dans l’est du Canada ont diminué depuis les années 1970 et les niveaux de pH des lacs concernés présents dans cette région se rétablissent. Toutefois, il y a peu de preuves indiquant une récupération biologique dans de nombreux lacs concernés.
PrairiesTendance mixte (c)Tendance indiquant une débâcle hâtive (a et b); tendance mixte (c)83 barrages construits pour la plupart (64 %) entre 1950 et 1970Peu d’information sur les tendances à long terme ailleurs que dans la région des Grands Lacs; les études dans l’Arctique révèlent des préoccupa-tions soutenues entourant l’augmenta-tion des taux de POP associée au transport de polluants depuis les régions industrialisées du sudGlozier et al. (2009 – projet de rapport) fournissent un sommaire national des tendances à long terme (19902006) pour ce qui est des taux d’azote et de phosphore dans les milieux aquatiquesLes dépôts acides dans l’est du Canada ont diminué depuis les années 1970 et les niveaux de pH des lacs concernés présents dans cette région se rétablissent. Toutefois, il y a peu de preuves indiquant une récupération biologique dans de nombreux lacs concernés.
Taïga de la cordillèreMDMDAucun barrage signaléPeu d’information sur les tendances à long terme ailleurs que dans la région des Grands Lacs; les études dans l’Arctique révèlent des préoccupa-tions soutenues entourant l’augmenta-tion des taux de POP associée au transport de polluants depuis les régions industrialisées du sudGlozier et al. (2009 – projet de rapport) fournissent un sommaire national des tendances à long terme (19902006) pour ce qui est des taux d’azote et de phosphore dans les milieux aquatiquesLes dépôts acides dans l’est du Canada ont diminué depuis les années 1970 et les niveaux de pH des lacs concernés présents dans cette région se rétablissent. Toutefois, il y a peu de preuves indiquant une récupération biologique dans de nombreux lacs concernés.
Taïga des plainesMDMD1 barrage construit en 1989Peu d’information sur les tendances à long terme ailleurs que dans la région des Grands Lacs; les études dans l’Arctique révèlent des préoccupa-tions soutenues entourant l’augmenta-tion des taux de POP associée au transport de polluants depuis les régions industrialisées du sudGlozier et al. (2009 – projet de rapport) fournissent un sommaire national des tendances à long terme (19902006) pour ce qui est des taux d’azote et de phosphore dans les milieux aquatiquesLes dépôts acides dans l’est du Canada ont diminué depuis les années 1970 et les niveaux de pH des lacs concernés présents dans cette région se rétablissent. Toutefois, il y a peu de preuves indiquant une récupération biologique dans de nombreux lacs concernés.
Taïga du bouclierTendance indiquant un englacement tardif (c)Tendance indiquant une débâcle hâtive (c)177 barrages construits pour la plupart (88 %) entre 1970 et 1990Peu d’information sur les tendances à long terme ailleurs que dans la région des Grands Lacs; les études dans l’Arctique révèlent des préoccupa-tions soutenues entourant l’augmenta-tion des taux de POP associée au transport de polluants depuis les régions industrialisées du sudGlozier et al. (2009 – projet de rapport) fournissent un sommaire national des tendances à long terme (19902006) pour ce qui est des taux d’azote et de phosphore dans les milieux aquatiquesLes dépôts acides dans l’est du Canada ont diminué depuis les années 1970 et les niveaux de pH des lacs concernés présents dans cette région se rétablissent. Toutefois, il y a peu de preuves indiquant une récupération biologique dans de nombreux lacs concernés.
Bassin intérieur de l’OuestMDMD19 barrages construits au cours du XXe sièclePeu d’information sur les tendances à long terme ailleurs que dans la région des Grands Lacs; les études dans l’Arctique révèlent des préoccupa-tions soutenues entourant l’augmenta-tion des taux de POP associée au transport de polluants depuis les régions industrialisées du sudGlozier et al. (2009 – projet de rapport) fournissent un sommaire national des tendances à long terme (19902006) pour ce qui est des taux d’azote et de phosphore dans les milieux aquatiquesLes dépôts acides dans l’est du Canada ont diminué depuis les années 1970 et les niveaux de pH des lacs concernés présents dans cette région se rétablissent. Toutefois, il y a peu de preuves indiquant une récupération biologique dans de nombreux lacs concernés.

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Annexe 1

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Annexe 1a : Sommaire des tendances relatives aux variables des indicateurs d'altération hydrologique selon l'écozone+
Variable
d'IAH
TendanceÉcozone+ maritime de
l'Atlantique
Bouclier
boréal
Plaines
boréales
Cordillère
boréale
Plaines
hudsoniennes
Plaines à
forêts mixtes
Cordillère
montagnarde
Forêt boréale
de Terre-Neuve
Haut-ArctiqueÉcozone+ maritime du PacifiquePrairiesBas-ArctiqueTaïga de la cordillèreTaïga des plainesTaïga du bouclierBassin intérieur de l'Ouest
Nombre
de sites :
-3431692527122114311168
Octobre↓ p < 0,10200000000030120
Octobre↑ p < 0,114520002000000000
OctobreAucune3024492525122114011048
Novembre↓ p < 0,12101100001021420
Novembre↑ p < 0,10320000000000100
NovembreAucune322748152712210410648
Décembre↓ p < 0,10615101001021713
Décembre↑ p < 0,12420001000000110
DécembreAucune322134152512210410345
Janvier↓ p < 0,10514121003011724
Janvier↑ p < 0,14620001000000100
JanvierAucune30203513251228420344
Février↓ p < 0,10414002001021720
Février↑ p < 0,14520002001000100
FévrierAucune30223525231229410348
Mars↓ p < 0,10303003000021711
Mars↑ p < 0,10310000000000100
MarsAucune342556252412211410357

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Annexe 1b : Sommaire des tendances relatives aux variables des indicateurs d’altération hydrologique selon l’écozone+
Variable
d’IAH
TendanceÉcozone+ maritime de
l’Atlantique
Bouclier
boréal
Plaines
boréales
Cordillère
boréale
Plaines
hudsoniennes
Plaines à
forêts mixtes
Cordillère
montagnarde
Forêt boréale
de Terre-Neuve
Haut-ArctiqueÉcozone+ maritime du PacifiquePrairiesBas-ArctiqueTaïga de la cordillèreTaïga des plainesTaïga du bouclierBassin intérieur de l’Ouest
Avril↓ p < 0,175051010003321517
Avril↑ p < 0,10400020000000000
AvrilAucune27226413171228110651
Mai↓ p < 0,10000001002010000
Mai↑ p < 0,119720013003200010
MaiAucune152449242312262211158
Juin↓ p < 0,10302001002010010
Juin↑ p < 0,117712000003000002
JuinAucune172155252612264211156
Juillet↓ p < 0,10411001000020020
Juillet↑ p < 0,19411001005000001
JuilletAucune252347252512264111147
Août↓ p < 0,10111000000020120
Août↑ p < 0,1191012004004100101
AoûtAucune15204625231227311947
Septembre↓ p < 0,10101000001021130
Septembre↑ p < 0,18910012007000102
SeptembreAucune26215824251223410936

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Appendix 1c. Sommaire des tendances relatives aux variables des indicateurs d'altération hydrologique selon l'écozone+
Variable
d'IAH
TendanceÉcozone+ maritime de
l'Atlantique
Bouclier
boréal
Plaines
boréales
Cordillère
boréale
Plaines
hudsoniennes
Plaines à
forêts mixtes
Cordillère
montagnarde
Forêt boréale
de Terre-Neuve
Haut-ArctiqueÉcozone+ maritime du PacifiquePrairiesBas-ArctiqueTaïga de la cordillèreTaïga des plainesTaïga du bouclierBassin intérieur de l'Ouest
Minimum
1 jour
↓ p < 0,10403003000021621
Minimum
1 jour
↑ p < 0,120910004005000100
Minimum
1 jour
Aucune14185625201226410447
Minimum
3 jours
↓ p < 0,10403004000021621
Minimum
3 jours
↑ p < 0,121910003005000000
Minimum
3 jours
Aucune13185625201226410547
Minimum
7 jours
↓ p < 0,10413004000021621
Minimum
7 jours
↑ p < 0,121920002003000001
Minimum
7 jours
Aucune13183625211228410546
Minimum
30 jours
↓ p < 0,10414004002021621
Minimum
30 jours
↑ p < 0,118910012003000100
Minimum
30 jours
Aucune16184524211226410447
Minimum
90 jours
↓ p < 0,10314102001021724
Minimum
90 jours
↑ p < 0,121510001006000100
Minimum
90 jours
Aucune13234515241224410344
Débit
de base
↓ p < 0,10104016000021501
ébit
de base
↑ p < 0,110411001005000010
ébit
de base
Aucune24265424201226410657
Maximum
1 jour
↓ p < 0,12201100001010030
Maximum
1 jour
↑ p < 0,14822054000100202
Maximum
1 jour
Aucune282146102312210321936
Maximum
3 jourms
↓ p < 0,10201100002010030
Maximum
3 jourms
↑ p < 0,15921053000100103
Maximum
3 jourms
Aucune292047102412293211035
Maximum
7 jourms
↓ p < 0,10201100003010030
Maximum
7 jourms
↑ p < 0,161020053000000103
Maximum
7 jourms
Aucune281948102412284211035
Maximum
30 jourms
↓ p < 0,110201100001010030
Maximum
30 jourms
↑p < 0,151221051000000100
Maximum
30 jourms
Aucune2917471026122104211038
Maximum
90 jourms
↑ p < 0,10201001002020030
Maximum
90 jourms
↓ p < 0,17921020000100001
Maximum
90 jourms
Aucune272047232612293111137
Date correspondant
au minimum
sur un jour
↓ p < 0,19501101000011152
Date correspondant
au minimum
sur un jour
↑ p < 0,10212002012020200
Date correspondant
au minimum
sur un jour
Aucune25245615241219400816
Date correspondant
au maximum
sur un jour
↓ p < 0,13110000001010300
Date correspondant
au maximum
sur un jour
↑ p < 0,14302023001000003
Date correspondant
au maximum
sur un jour
Aucune27275723241229421865

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Appendix 1d. Sommaire des tendances relatives aux variables des indicateurs d'altération hydrologique selon l'écozone+
Variable
d'IAH
TendanceÉcozone+ maritime de
l'Atlantique
Bouclier
boréal
Plaines
boréales
Cordillère
boréale
Plaines
hudsoniennes
Plaines à
forêts mixtes
Cordillère
montagnarde
Forêt boréale
de Terre-Neuve
Haut-ArctiqueÉcozone+ maritime du PacifiquePrairiesBas-ArctiqueTaïga de la cordillèreTaïga des plainesTaïga du bouclierBassin intérieur de l'Ouest
Nombre
d'épisodes d'étiage
↓ p < 0,16201015000000000
Nombre
d'épisodes d'étiage
↑ p < 0,11010011000000000
Nombre
d'épisodes d'étiage
Aucune2729582321122114311168
Durée des
épisodes d'étiage
↓ p < 0,17100001000000110
Durée des
épisodes d'étiage
↑ p < 0,10413104001021700
Durée des
épisodes d'étiage
Aucune272656152212210410358
Nombre d'épisodes
de crue
↓ p < 0,10110002001000002
Nombre d'épisodes
de crue
↑ p < 0,15510100000000000
Nombre d'épisodes
de crue
Aucune2925491525122104311166
Durée des
épisodes de crue
↓ p < 0,11200020000020200
Durée des
épisodes de crue
↑ p < 0,13010002012000101
Durée des
épisodes de crue
Aucune30295923251219411867
Vitesse
d'augmentation
↓ p < 0,10014101003020002
Vitesse
d'augmentation
↑ p < 0,111831105010000510
Vitesse
d'augmentation
Aucune23232405211218411656
Vitesse
de diminution
↓ p < 0,110514102001000100
Vitesse
de diminution
↑ p < 0,10000121012000201
Vitesse
de diminution
Aucune24265503241218431867
Nombre
d'inversions
↓ p < 0,178111213012011923
Nombre
d'inversions
↑ p < 0,14404101000100002
Nombre
d'inversions
Aucune23195403131219320243

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