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Thème : Interactions humains-écosystèms

Constatation clé 8
Aires protégées

Constatation clé à l’échelle nationale
La superficie et la représentativité du réseau d’aires protégées ont augmenté ces dernières années. Dans nombre d’endroits, la superficie des aires protégées est bien supérieure à la valeur cible de 10 % fixée par les Nations Unies. Elle se situe toutefois en deçà de la valeur cible dans les zones fortement développées et dans les océans.

Une analyse des aires protégées des plaines à forêts mixtes a été effectuée pour le RETE au moyen des données du Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC) et des limites de l’écozone+ 6 établies aux fins du projet169. La base de données du SRSAC, gérée par le Conseil canadien des aires écologiques (CCAE), héberge des données sur les aires protégées du Canada, classées dans des catégories normalisées élaborées par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Les catégories font référence à l’objectif principal de gestion des aires protégées.

Avant 1992 (année de la signature de la Convention sur la diversité biologique), 0,7 % de l’écozone+ était protégé. En mai 2009, les aires protégées des plaines à forêts mixtes couvraient 1,6 %Note un i du territoire (Figure 17). Les aires protégées totalisaient 1 887 km2 et comprenaient170 (Figure 18) :

  • 843 km2 dans 172 aires protégées (0,7 % de l’écozone+) classées dans les catégories I à IV de l’UICN, catégories comprenant des réserves naturelles, des régions sauvages et d’autres réserves et parcs gérés aux fins de la conservation des écosystèmes et des caractéristiques naturelles et culturelles, ainsi que des aires gérées principalement pour la conservation de l’habitat et des espèces sauvages104;
  • 1 044 km2 dans 283 aires protégées (3,3 % de l’écozone+) classées dans la catégorie VI de l’UICN, catégorie qui mise sur l’utilisation durable par la tradition culturelle établie104;
  • 0,16 km2 dans 12 aires protégées (toutes établies depuis 2000; moins de 0,01 % de l’écozone+) non classées dans une catégorie de l’UICN.
Figure 17. Répartition des aires protégées de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes, mai 2009.
Carte d'Ontario-sud
Description longue pour la figure 17

Cette carte indique que la majorité des aires protégées dans cette écozone+ se trouve le long du fleuve Saint-Laurent et à la pointe nord de la péninsule Bruce. Quelques aires protégées très petites sont éparpillées dans le reste de l’écozone+.

Source : Environnement Canada (2009)171, d’après les données du SRSAC (2009)172; données fournies par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux.

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Figure 18. Augmentation de la superficie des aires protégées de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes, de 1984 à 2009. Données fournies par les gouvernements fédéral et provinciaux, actualisées en mai 2009. Seules les aires protégées par la loi ont été incluses. Les catégories d’aires protégées de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) sont fondées sur les principaux objectifs de gestion (veuillez consulter le texte pour plus de renseignements).
graphique de bar
Description longue pour la figure 18
Ce graphique à bandes empilées indique les renseignements suivants : Aire protégée cumulative (km2)
Année d’établissement de la protectionAnnée d’établissement de la protectionCatégorie VI de l’UICN
1894-191315,60
1914-191736,90
1918-192050,80
192152,20
1922-193058,30
193162,90
193668,60
193774,80
1938-195075,10
1951-195479,30
1955-195685,10
1957117,60
1958119,50
1959139,30
1960149,70
1961-1962176,40
1963179,30
1964182,50
1965183,10
1966197,70
1967200,40
1968204,90
1969206,30
1970215,20
1971221,40
1972-1973229,10
1974281,30
1975313,30
1976337,30
1977339,10
1978-1979375,30
1979375,30
1980377,127,4
1981380,827,4
1982410,927,4
1983423,727,4
1984431,927,4
1985528,427,4
1986530,627,4
1987680,027,4
1988684,427,4
1989726,827,4
1990-1991750,527,4
1992756,228,9
1993758,428,9
1994765,128,9
1995-1996765,828,9
1997780,628,9
1998781,129,1
1999787,229,1
2000797,975,2
2001798,1113,7
2002798,6113,7
2003808,5197,6
2004818,9197,6
2005824,61 044,4
2006-2007829,81 044,4
2008-2009843,31 044,4

Source : Environnement Canada (2009)171, d’après les données du SRSAC (2009)172; données fournies par les gouvernements fédéral et provinciaux.

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Fondé sur les données du SRSAC, le nombre d’aires protégées dans les plaines à forêts mixtes est le plus faible de toutes les écozones+ terrestres du Canada et est bien inférieur à l’objectif de la Convention sur la diversité biologique, soit de protéger 10 % de chacune des régions écologiques du monde.

Puisque l’écozone+ des plaines à forêts mixtes est principalement constituée de terres privées et que peu de terres publiques sont disponibles aux fins de protection, il est difficile d’accroître la superficie des aires protégées traditionnellement désignées. On a donc eu recours, et continue de recourir, à d’autres approches réglementaires pour protéger les terres importantes sur le plan de la conservation de la biodiversité173. La protection est assurée par plusieurs désignations et mécanismes, et le niveau de protection varie (voir les sections « Éléments probants de l’Ontario » et « Éléments probants du Québec » ci-dessous).

Éléments probants de l’Ontario

Dans la partie ontarienne des plaines à forêts mixtes, seules les aires protégées de catégories I à III de l’UICN ont été classées et soumises à la base de données du SRSAC. Il existe donc un grand nombre d’aires protégées en Ontario qui n’ont pas été classées et qui seraient des candidats probables des catégories IV à VI de l’UICN. Par conséquent, le nombre d’aires protégées de la partie ontarienne de l’écozone+ est actuellement sous-estimé. (Par contre, au Québec, toutes les aires protégées ont été assignées à une catégorie de l’UICN).

Historiquement, la première aire protégée de la partie ontarienne de l’écozone+ était le parc de la Reine Victoria à Niagara Falls, créé en 1887. Le deuxième plus vieux parc provincial de l’Ontario, qui est aussi le plus vieux parc de la partie ontarienne de l’écozone+, est le parc provincial Rondeau, créé en 1894 sur la rive nord du lac Érié. La hausse de la superficie des aires protégées réglementées est lente, et de grands écarts de représentation ou de protection de la biodiversité demeurent. Le taux de protection a commencé à augmenter en Ontario à la fin des années 1960 et s’est poursuivi dans les années 1970. Les fonds au cours de cette période provenaient de deux sources : la Loi sur la remise en valeur et l’aménagement des terres agricoles (qui deviendra plus tard la Loi sur l’aménagement rural et le développement agricole) (LRVATA) du gouvernement fédéral et le Comité Canada-Ontario Rideau-Trent-Severn (CORTS) (Killan, 1993). Conformément à la LRVATA, de 1967 à 1975, le gouvernement fédéral a fourni une aide financière, en fonction d’un partage des coûts, afin d’assumer les coûts liés à l’achat et au démarrage des nouveaux parcs provinciaux dans les régions rurales en crise et en déclin économiqueNote deux ii(Killan, 1993). En 1975, les gouvernements du Canada et de l’Ontario ont accepté les recommandations du CORTS, qui visaient notamment à acquérir les parcs à fréquentation prolongée et à fréquentation diurne le long du canal Rideau et de la voie navigable Trent-Severn. La plupart des acquisitions de terres le long du canal Rideau consistaient à prolonger des parcs et des réserves de parc existants. La deuxième augmentation importante de la superficie des aires protégées en Ontario a été réalisée en réponse au programme de planification stratégique de l’utilisation des terres et aux Directives sur l’aménagement du territoire des districts (DATD), rédigées entre 1980 et 1983 (Killan, 1993). Le programme de planification stratégies de l’utilisation des terres et les DATD constituaient des efforts de planification à grande échelle visant à accommoder des intérêts concurrents (p. ex. foresterie, tourisme, aires protégées, exploitation minière) sur les terres de la Couronne de l’Ontario. Après la prise de décisions dans le cadre du programme et des DATD, environ 26 nouveaux parcs provinciaux ou ajouts aux parcs ont été créés dans la partie ontarienne de l’écozone de 1983 à 1989Note trois iii.

Un résumé des principales désignations et des principaux mécanismes, de même que de leur politique et de leur niveau de protection correspondants, est présenté dans le Tableau 8. Une description plus détaillée figure ci-après.

Tableau 8. Diversité des aires protégées de la partie ontarienne de l’écozone des plaines à forêts mixtes, lois et classification générale de l’UICNNote quatreiv.
SitesDésignation/mécanismeLoi ou politique cléProtection/classification de l’UICN
Sites fédéraux et provinciauxParcs fédéraux *Note cinq vLoi sur les parcs nationaux du Canada (2000)Protection complète – UICN II
Sites fédéraux et provinciauxParcs provinciaux *Loi de 2006 sur les parcs provinciaux et les réserves de conservation (2006)Protection complète –réserve naturelle –UICN Ia; milieu naturel, voie navigable et lieu récréatif – UICN II; patrimoine culturel –UICN III
Sites fédéraux et provinciauxRéserves de conservation*Loi de 2006 sur les parcs provinciaux et les réserves de conservation (2006)Protection complète – UICN II
Sites fédéraux et provinciauxRégions sauvages*Loi sur la protection des régions sauvages(1959)Les régions sauvages de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes bénéficiant d’une protection complète représentent moins de 260 ha – IUCN III.
Sites fédéraux et provinciauxRéserves nationales de faune*Loi sur les espèces sauvages du Canada(1994)Protection complète – UICN Ia, Ib, II, III ou IV
Sites fédéraux et provinciauxRefuges d’oiseaux migrateurs*Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (1994)Protection complète seulement si le refuge fait l’objet d’une désignation réglementaire telle que « réserve nationale de faune ». Le cas échéant, la catégorie de l’UICN peut varier entre Ia, II, III ou IV.
Sites fédéraux et provinciauxAires de gestion de la faune provincialesLoi de 1997 sur la conservation du poisson et de la faune (1997)Protection complète si l’aire est réglementée – UICN IV ou V
Sites fédéraux et provinciauxLieux historiques nationauxLois sur les lieux et monuments historiques (1985) et Loi sur les parcs nationaux du Canada (2000)Protection complète – UICN III
Sites fédéraux et provinciauxCeinture de verdure de la Commission de la capitale nationaleLoi sur la capitale nationaleProtection complète dans la Ceinture de verdure des zones naturelles principales (UICN Ia), des zones tampons naturelles (UICN II) et des liaisons de zones naturelles (UICN II).
Exemples de désignations et de mécanismes provinciaux-municipauxTerres des offices de protection de la natureLoi sur les offices de protection de la nature(1990)Protection complète des terres situées sur les propriétés des offices de protection de la nature qui sont gérés aux fins de la protection de la la biodiversité – UICN Ia, II, III ou IV.
Exemples de désignations et de mécanismes provinciaux-municipauxMilieux humides d’importance provincialeDéclaration de principes provincialeProtection complète prévue par une politique – UICN Ia, III ou IV
Exemples de désignations et de mécanismes provinciaux-municipauxZones d’intérêt naturel et scientifiqueDéclaration de principes provincialeProtection partielle possible en vertu de la politique pour le développement et la modification d’emplacements. Protection complète aux termes des plans officiels des catégories UICN 1a ou III. Protection complète de la zone si elle fait l’objet d’une autre désignation de protection, par exemple si elle fait partie d’un parc provincial.
Selected Provincial-Municipal Designations and MechanismsZones écosensibles, forêts communautaires et/ou autres zonesTelles qu’elles sont définies dans un plan municipal officiel, un plan du MRNO ou un plan d’un office de protection de la natureTrop variable pour fournir le niveau de protection ou la catégorie de l’UICN. Des évaluations des sites au cas par cas seraient nécessaires.

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Sites fédéraux et provinciaux

En Ontario, les aires protégées réglementées incluent les parcs nationaux et provinciaux, les réserves de conservation et les régions sauvages. Les parcs nationaux (3) sont une désignation fédérale conformément à la Loi sur les parcs nationaux du Canada (2000) et couvrent 17 820 ha. Les principales désignations provinciales sont les parcs provinciauxNote six vi (45 597 ha) et les réserves de conservation (2 632 ha), tous deux désignés conformément à la Loi de 2006 sur les parcs provinciaux et les réserves de conservation. Les régions sauvages désignées conformément à la Loi sur la protection des régions sauvages (1959) font l’objet d’une protection complète et comptent seulement un site (39 ha) sur les dix situés à l’extérieur des parcs provinciauxNote sept vii. Cet ensemble d’aires protégées englobe 66 088 ha, soit 0,7 % de l’écozoneNote huit viii, et entrent dans les catégories de l’UICN Ia, II ou III.

Plusieurs autres désignations fédérales et provinciales (2) et un mécanisme de conservation sont destinés à la gestion des espèces et des populations d’espèces à l’intérieur de l’écozone+. À l’échelle fédérale, les réserves nationales de faune (RNF) représentent 5 143 ha, auxquels s’ajoutent 5 026 ha de refuges d’oiseaux migrateurs (ROM). En ajoutant les aires de gestion de la faune provinciales (25 826 ha), le total général pour cette catégorie générale d’aire protégée est de 35 995 ha, soit 0,4 % de l’écozone+. Les aires de gestion de la faune sont des mécanismes de conservation des espèces, des habitats et des écosystèmes. Elles fournissent une protection complète ou partielle par l’intermédiaire de la Loi de 1997 sur la conservation du poisson et de la faune, des directives sur la planification de l’utilisation des terres de la Couronne ou des ententes avec les propriétaires fonciers sur les terres privées. Certaines aires de gestion de la faune se trouvent à l’intérieur des terres d’un office de protection de la nature ou d’un parc provincial et sont assujetties à des lois et à des activités de planification particulières. Les RNF peuvent se qualifier dans les catégories de l’UICN Ia, Ib, II, III ou IV, et les AGPF, dans les catégories IV ou V. Les ROM peuvent entrer dans une catégorie de l’UICN seulement s’ils font partie d’une RNF.

Parmi les lieux historiques et culturels fédéraux figurent les lieux historiques nationaux (LHN) de la Voie-Navigable-Trent-Severn et du Canal-Rideau (site du patrimoine mondial de l’UNESCO). La majorité de ces deux LHN se trouvent à l’intérieur de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes et viennent s’ajouter aux terres entièrement protégées (jusqu’à 0,01 % de l’écozone). La classification des aires protégées de l’UICN n’est toujours pas connue pour ces sites du patrimoine; toutefois, selon la conformité aux critères de l’UICN et l’évaluation, ils peuvent se qualifier comme aires protégées de catégorie III de l’UICN.

Enfin, la Commission de la capitale nationale (environ 10 000 ha) assure une gestion de la biodiversité supplémentaire en protégeant des écosystèmes locaux et régionaux à l’intérieur d’une ceinture de verdure de 20 000 ha. La ceinture de verdure de la Commission de la capitale nationale prévoit des aires naturelles entièrement ou partiellement protégées, selon la zone examinée. Trois types de zones au sein de la ceinture de verdure – zones naturelles principales, zones tampons naturelles et liaisons de zones naturelles – se qualifieraient à titre de terres entièrement protégées. La reconnaissance de la totalité de la ceinture de verdure comme zone de catégorie V de l’UICN pourrait nécessiter la considération d’autres facteurs173.

Désignations et mécanismes provinciaux-municipaux

Parmi les désignations et mécanismes de conservation provinciaux et municipaux de zones du patrimoine naturel propres aux sites figurent les zones d’intérêt naturel et scientifique (ZINS) d’importance provinciale, les milieux humides d’importance provinciale (MHIP), les boisés importants, les propriétés des offices de protection de la nature (OPN), les zones écosensibles (ZES) et les forêts communautaires ou municipales et les espaces ouverts gérés aux fins de conservation. La protection de ce groupe de zones du patrimoine naturel varie énormément, de complète à partielle, et est assurée grâce à plusieurs mécanismes interdépendants et souvent complémentaires. Par exemple, c’est le MRN qui établit (ou confirme) si les milieux humides sont d’importance provinciale (MHIP), mais la protection peut être assurée par un règlement d’un office de protection de la nature ou par une désignation d’une municipalité dans son plan officiel pour la protection. D’autres mécanismes comme des règlements municipaux sur le zonage et l’altération des sites peuvent être requis en vue de la mise en œuvre des politiques du plan officiel et de la gestion de l’utilisation des terres. La Déclaration de principes provinciale (DPP) de l’Ontario, publiée conformément à la Loi sur l’aménagement du territoire, aide les intérêts du patrimoine naturel (parmi un éventail d’intérêts provinciaux) à orienter les politiques sur la planification de l’utilisation des terres. Les ZINS, les MHIP et les propriétés des OPN bénéficient d’une protection complète ou partielle. Quand ils sont entièrement protégés, ils sont classés dans les catégories de l’UICN Ia ou III (ZINS), Ia, II ou IV (MHIP), ou Ia, II, III et IV (propriétés des OPN). Toutefois, il n’existe pas d’évaluation des sites au cas par cas site, et le degré de gestion axée sur la protection n’est pas uniforme dans l’ensemble de l’écozone+. La présence de terres privées vient compliquer davantage la désignation puisque les caractéristiques de ces terres ne sont pas protégées à perpétuité – elles risquent donc de disparaître à moyen ou à long terme. La superficie totale des ZINS, des MHIP et des terres des OPN s’élève à près de 900 000 ha, soit 10,5 % de l’écozone+. Enfin, la DPP offre aux municipalités une occasion de reconnaître les systèmes du patrimoine naturel (p. ex. les principaux lieux du patrimoine naturel avec liaisons) dans leurs processus et produits de planification. À ce jour, la désignation et la protection des LHN dans les plans officiels des municipalités sont encore un concept nouveau et nécessitent un plus grand nombre d’efforts dans l’ensemble de l’écozone+.

Les catégories de l’UICN des ZES, des forêts communautaires ou des aires partiellement protégées sont inconnues puisque ces sites sont désignés au cas par cas. Par exemple, les ZES englobent des désignations telles que les ZINS, mais peuvent également comprendre des zones d’intérêt local (p. ex. des sites de nidification d’oiseaux, des quartiers d’hivernage des cerfs, des zones d’alimentation). Le degré de protection est déterminé par les politiques contenues dans les plans officiels et par des restrictions dans les règlements de zonage qui s’appliquent seulement lorsque les approbations conformément à la Loi sur l’aménagement du territoire sont recherchées; par conséquent, la protection varie grandement dans l’ensemble de l’écozone+. Afin d’établir et de maintenir un certain degré de protection de l’UICN, il faudrait des évaluations périodiques des sites axées sur les valeurs et les politiques, de même que des engagements améliorés de protection de la part des propriétaires fonciers et des gouvernements.

Mécanismes à l’échelle du paysage

Les désignations et les mécanismes de protection décrits ci-dessus sont améliorés par des directives provinciales visant des zones géographiques spécifiques à l’échelle du paysage. Des plans d’utilisation des terres comme le Plan de la ceinture de verdure (couvrant 728 450 ha), le Plan de conservation de la moraine d’Oak Ridges (190 000 ha), des portions portant sur la section sud du Plan de l’escarpement du Niagara et le Plan du bassin versant du lac Simcoe fournissent une orientation à l’échelle du paysage aux municipalités aux fins de planification et de gestion de leurs terres protégées. Dans l’ensemble, ces plans élargis à l’échelle du paysage orientent les politiques sur la protection complète ou partielle d’un plus vaste éventail de lieux et de caractéristiques du patrimoine naturel que les désignations et mécanismes de la DPP susmentionnés. Malheureusement, certaines activités d’utilisation des terres sortent du cadre de la Loi sur l’aménagement du territoire et de la DPP. De telles activités peuvent avoir des effets négatifs sur les lieux et caractéristiques du patrimoine naturel, et ce, quelle que soit la protection offerte dans ces lieux par des mécanismes de planification. Enfin, un partenariat de protection entre les intérêts fédéraux, provinciaux, régionaux et locaux est prévu par l’Alliance du parc de la Rouge. Cette zone géographique, de quelque 4 072 ha, correspond à une échelle du paysage. Elle peut renfermer des terres candidates au statut d’aire protégée des catégories de l’UICN Ia, II, III et IV, et sa superficie totale entre dans la catégorie V.

Mécanismes destinés aux propriétaires fonciers

Les mécanismes destinés aux propriétaires fonciers et les contributions à la protection du patrimoine naturel et de la biodiversité incluent un grand nombre de mesures, par exemple des programmes gouvernementaux visant les propriétaires fonciers (Programme d’encouragement fiscal pour les terres protégées [PEFTP] et Programme d’encouragement fiscal pour les forêts aménagées [PEFFA]), des terres gérées par des organisations non gouvernementales (ONG) telles que Conservation de la nature Canada et Ontario Nature, des programmes d’organisations nationales privées sans but lucratif (Canards illimités) et des propriétés de l’Ontario Heritage Land Trust (organisme gouvernemental sans but lucratif). Il existe également des fiducies foncières individuelles à l’intérieur de l’écozone. Les fiducies foncières sont des organismes de charité qui aident à la réalisation d’ententes sur les terres et la conservation ou qui participent à l’intendance de telles ententes. La protection varie de complète à partielle dans le cas des activités de gestion durable des forêts menées dans le cadre du PEFFA. La diversité des terres privées et des objectifs et mécanismes utilisés rendent difficile la classification dans une catégorie de l’UICN. Lorsque la protection complète est atteinte, les propriétés peuvent être classées dans les catégories de l’UICN Ia, III ou IV. Les mécanismes destinés aux propriétaires fonciers peuvent viser 0,1 % de l’écozone+.

Éléments probants du Québec

Au Québec, d’importantes aires protégées ont été ajoutées en 1993, en 2000 et en 2005. La plupart des augmentations récentes résultent de l’ajout des catégories IV (« aire de gestion des habitats ou des espèces ») et VI (« aire protégée avec une utilisation durable des ressources naturelles ») d’aires protégées. Au Québec, les aires protégées sont classées dans 21 désignations, lesquelles correspondent aux catégories d’aires protégées de l’UICN largement adoptées174. Actuellement, les aires protégées ne sont pas énumérées par écozone+; le registre provincial résume les renseignements par désignation pour l’ensemble du territoire.

L’empreinte humaine dans la partie québécoise de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes est évaluée à 62 %, où l’agriculture occupe à elle seule plus de 50 % du territoire175. Dans un tel contexte, il n’est pas surprenant que le réseau d’aires protégées affiche l’indice de connectivité le plus faible des 13 provinces naturelles; la perte et la fragmentation de l’habitat sont l’un des problèmes les plus importants dans la partie sud du Québec. Le régime foncier empêche la mise en œuvre d’un réseau étendu de conservation des habitats clés. Malgré ces considérations, la proportion d’aires protégées a augmenté de plus de 1 400 km2 de 2002 à 2009175. Plus de 90 % des aires protégées sont des habitats fauniques différents d’une superficie inférieure à 10 km2 qui appartiennent à la catégorie VI de l’UICN. Les parcs nationaux du Québec (5) et le parc de la Gatineau (Commission de la capitale nationale) représentent respectivement 77,8 km2 et 361,5 km2, alors que les ROM (12) et les réserves écologiques (15) protègent plus de 76,6 km2 et plus de 24,5 km2, respectivement. La représentativité des différents habitats dans l’écozone+ serait améliorée par l’ajout de peuplements mixtes tels que la bétulaie jaune à sapin baumier et à érable à sucre, la bétulaie jaune à érable à sucre, l’érablière à sucre à tilleul et la pessière noire175. Une évaluation du réseau actuel d’aires protégées en vue de protéger l’habitat des espèces en péril et d’améliorer le rétablissement des populations végétales et animales est également nécessaire.

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Constatation clé 9
Intendance

Constatation clé à l’échelle nationale
Les activités d’intendance au Canada, qu’il s’agisse du nombre et du type d’initiatives ou des taux de participation, sont à la hausse. L’efficacité globale de ces activités en ce qui a trait à la préservation et à l’amélioration de la biodiversité et de la santé des écosystèmes n’a pas été entièrement évaluée.

Les deux programmes nationaux de conservation les plus complets, le Programme des dons écologiques (PDE) et le Programme de conservation des zones naturelles (PCZN), sont très profitables sur le plan environnemental dans l’écozone+. De 1995 à 2010, le PDE a permis aux fiducies foncières, aux groupes de conservation, aux municipalités ainsi qu’aux ministères provinciaux et fédéraux de protéger 13 057 ha sur 339 propriétés en Ontario et 2 381 ha sur 43 propriétés au Québec, soit intégralement, soit en tant que servitudes de conservation. En juin 2011, Conservation de la nature Canada et des groupes partenaires, comme Canards illimités Canada, protégeaient 7 199 ha grâce à 87 projets de conservation (5 441 ha en Ontario et 1 758 ha au Québec) menés dans le cadre du PCZN de 225 millions de dollars.

Les habitats protégés dans le cadre de ces programmes doivent respecter des critères d’importance écologique stricts176,177. La majorité des terres protégées sont des milieux humides et des terres boisées. Les propriétés acquises par l’intermédiaire du PCZN et du PDE protègent 72 espèces inscrites sur la liste de la LEP, dont le chêne de Shumard (Quercus shumardii; espèce préoccupante), le rosier sétigère (Rosa setigera; espèce préoccupante), le frêne bleu (Fraxinus quadrangulata; espèce préoccupante), le ginseng à cinq folioles (Panax quinquefolius; espèce en voie de disparition), le renard gris (Urocyon cinereoargenteus; espèce menacée), la paruline polyglotte (Icteria virens; espèce en voie de disparition), la pie-grièche migratrice (Lanius ludovicianus; espèce en voie de disparition); le faucon pèlerin (Falco peregrinus; espèce préoccupante), le hibou des marais (Asio flammeus; espèce préoccupante), le petit blongios (Ixobrychus exilis; espèce menacée), la salamandre sombre du nord (Desmognathus fuscus; espèce en voie de disparition), la couleuvre fauve de l’Est (Pantherophis gloydi; espèce en voie de disparition), la couleuvre agile bleue (Coluber constrictor foxii; espèce en voie de disparition), la couleuvre tachetée (Lampropeltis triangulum; espèce préoccupante), la couleuvre d’eau du lac Érié (Nerodia sipedon insularum; espèce en voie de disparition), la tortue molle à épines (Apalone spinifera; espèce menacée) et des espèces endémiques telles que le chevalier cuivré (Moxostoma hubbsi; espèce en voie de disparition) dans la rivière Richelieu et la gentiane de Victorin (Gentianopsis virgata; espèce menacée) ainsi que le cicutaire de Victorin (Cicuta maculata; espèce préoccupante) dans les marais littoraux du Saint-Laurent.

Éléments probants de l’Ontario

Comme une forte proportion de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes est située sur des propriétés privées, les activités d’intendance volontaire sont une composante essentielle de la conservation de la biodiversité. L’intendance comprend les activités de protection comme les programmes de servitude et de protection des terres, les programmes incitatifs et les activités de remise en état (p. ex. la plantation d’arbres). Des activités d’éducation et de sensibilisation, comme celles des centres d’interprétation de la nature et les programmes qui s’adressent aux jeunes peuvent favoriser l’intendance. Les activités d’intendance dans les plaines à forêts mixtes sont organisées par un large éventail d’organismes et de participants provenant du secteur non gouvernemental, du secteur agricole, de l’industrie, des Premières Nations et du gouvernement, de même que par des citoyens.

En règle générale, l’intendance dans la partie ontarienne des plaines à forêts mixtes est le mieux résumée par deux tendances à long terme : augmenter la participation du public et augmenter l’échelle des activités d’intendance.

Les activités d’intendance ont connu une croissance considérable ces dernières années, comme le montrent les tendances récentes des niveaux de participation à de nombreux programmes d’intendance. Le Programme d’encouragement fiscal pour les forêts aménagées (PEFFA) et le Programme d’encouragement fiscal pour les terres protégées (PEFTP) administrés à l’échelle provinciale offrent un allègement fiscal foncier pour les propriétés participantes. Le PEFFA a connu une croissance, passant d’un peu moins de 9 000 propriétés participantes en 1998 à plus de 11 000 propriétés participantes en 2008, et couvre plus de 758 000 ha178. De même, le nombre de propriétés participant au PEFTP a presque doublé au cours de la même période, comptant actuellement 16 000 propriétés et couvrant 216 000 ha (Figure 19).

Figure 19. Croissance du Programme d’encouragement fiscal pour les terres protégées, de 1991 à 2008.
graphique
Description longue pour la figure 19
This line graph shows the following information:
AnnéeTotal parcels of landRégion totale (ha)
19914 89454 202
19925 49963 570
19936 32173 868
19947 31288 621
19957 97393 477
19968 13896 149
19978 44298 796
19989 143134 672
199914 605159 751
200011 844166 864
200112 131168 651
200215 826206 919
200314 730184 989
200414 790178 391
200514 768192 632
200615 237198 274
200716 476215 277
200816 694216 818

Source : adapté de Ontario Ministry of Natural Resources (2008)181.

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L’intendance agricole représente une portion importante des activités d’intendance dans l’écozone+, 65 % de toutes les fermes ontariennes participant au programme agro-environnemental et 12 % des fermes mettant en œuvre des pratiques exemplaires de gestion, comme la gestion des nutriments ou des rives, de 2005 à 2008179. De façon semblable, au cours des 5 dernières années, le nombre de projets menés dans le cadre du programme Intendance environnementale Ontario a augmenté de 15 %; plus de 650 projets ont été réalisés en 200970. Les nouveaux programmes visent également à élargir le secteur de l’intendance. Un des exemples est le programme 50 millions d’arbres, qui favorise les partenariats appuyant la plantation de 50 millions d’arbres d’ici 2020 pour combattre les changements climatiques180.

Parallèlement à cette croissance de la participation à l’intendance, on observe une transition vers des initiatives d’intendance à l’échelle du paysage, lesquelles orientent les activités d’intendance vers les secteurs et les projets prioritaires fondés sur une stratégie de conservation globale. À titre d’exemple, mentionnons le Plan de conservation de la moraine d’Oak Ridges182 et le Plan de protection du lac Simcoe183, qui sont appuyés par des activités d’intendance visant des secteurs prioritaires. De même, l’Accord Canada-Ontario concernant l’écosystème du bassin des Grands Lacs184 appuie les projets d’intendance liés aux bassins versants prioritaires et aux résultats tels que la restauration des milieux côtiers, l’amélioration de la qualité de l’eau, et le maintien et la mise en valeur des populations de poissons. D’autres exemples comprennent l’élaboration d’un plan directeur de conservation des Grands Lacs par Conservation de la nature Canada185 et l’élaboration communautaire de systèmes du patrimoine naturel facilitée par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO).

On a vu au cours de la dernière décennie une croissance de la coordination organisationnelle, dont les objectifs sont de favoriser la collaboration, d’élaborer des cadres d’orientation pour les activités d’intendance, d’assurer l’efficacité de la mise en œuvre et d’accroître le profil du secteur dans son ensemble186. Cette coordination est réalisée à l’échelle locale, avec le soutien d’organismes comme Intendance environnementale Ontario, certains offices de protection de la nature ou des réseaux tels que la Carolinian Canada Coalition. À l’échelle provinciale, le Stewardship Network of Ontario et le Réseau d’éducation-sensibilisation à la biodiversité soutiennent la mise en œuvre d’activités de mobilisation en vue de l’intendance décrites dans la Stratégie de la biodiversité de l’Ontario187.

Bien qu’il y ait de plus en plus de mesures d’intendance, d’efforts de coordination des activités d’intendance et de personnes participant à l’intendance, les résultats cumulatifs de la portée des activités d’intendance ont peu été évalués de manière soutenue186. Le caractère adéquat des mesures d’intendance doit être mesuré par rapport à la santé et à la fonctionnalité de l’écosystème. Les tendances à la baisse de la disponibilité de nombreux types d’habitats et les déclins de la richesse spécifique décrits dans ce rapport donnent à penser que l’échelle des efforts d’intendance actuels est insuffisante pour compenser les pertes historiques de biodiversité de la région et faire face aux facteurs de stress actuels au sein de l’écosystème146,186,188. Malgré les publications telles que Quand l’habitat est-il suffisant?189 d’autres initiatives sont nécessaires pour définir ce qui constitue un degré adéquat de conservation et d’intendance et pour déterminer les outils d’évaluation et de comparaison de l’efficacité des mesures de protection mises en place. L’élaboration d’objectifs pertinents et le suivi des progrès vers l’atteinte de ces objectifs à l’échelle de l’écozone+, des écodistricts et des bassins versants aideraient à évaluer l’efficacité globale des mesures d’intendance dans le temps ainsi qu’à assurer la fonctionnalité future de l’écosystème et la prestation des services écosystémiques.

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Conversion des écosystèmes

La conversion des écosystèmes a été désignée initialement comme une constatation clé récurrente à l’échelle nationale, puis des renseignements ont été compilés et évalués pour l’écozone+ des plaines à forêts mixtes. Dans la version définitive du rapport national3,des données liées à la conversion des écosystèmes ont été intégrées à d’autres constatations clés. Ces données sont conservées en tant que constatation clé distincte pour l’écozone+ des plaines à forêts mixtes.

Les plaines à forêts mixtes ont subi certains des changements de la couverture terrestre les plus marqués parmi toutes les écozones+ du Canada. En 2011, l’écozone+ des plaines à forêts mixtes était composée à 68 % de terres agricoles (elle venait au deuxième rang après l’écozone+ des prairies, qui possède 87 % de terres agricoles8). La plupart des terres dans la partie québécoise de l’écozone+ ont été défrichées entre 1800 et 1880, période associée au premier pic de population dans la région14. En Ontario, la quantité de terres défrichées a atteint son maximum autour de 192018. (Les changements dans les biomes ou les écosystèmes naturels importants sont abordés dans les constatations clés 1 à 7.) La présente section examine les moteurs responsables de ces changements, l’expansion des zones urbaines, la conversion des rives, l’intensification des activités agricoles et la perte de terres agricoles.

Expansion des zones urbaines

Selon le Recensement du Canada de 2006, 53 % de la population canadienne vivait dans l’écozone+ des plaines à forêts mixtes. Le corridor Windsor-Québec, qui s’étend au cœur de l’écozone+, est considéré comme le centre urbain du Canada190,191. De 1971 à 2006, la population des plaines à forêts mixtes a augmenté de 51 %, ce qui était supérieur au taux de croissance démographique du reste du Canada (42 %)192,193. Cette augmentation de la population n’est pas répartie également dans l’ensemble de l’écozone+. Selon les données sur les tendances et les profils démographiques du Recensement du Canada pour la partie ontarienne de l’écozone+ entre 1951 et 2006, en 2006, la superficie des zones peu peuplées (moins de 10 personnes/km2) et agricoles (10 à 25 personnes/km2) a chuté, pour s’établir à 58 % par rapport au niveau de 1951, alors que la superficie terrestre accueillant des densités de population urbaines (60 à 400 personnes/km2) a presque triplé. La croissance la plus importante a été observée dans la catégorie semi-urbaine (25 à 60 personnes/km 2) (Figure 20). Ces tendances sont caractéristiques de la déconcentration urbaine, processus par lequel la diminution de la population des centres-villes coïncide avec une croissance de la population et une expansion des zones suburbaines191.

Figure 20. Tendances de la superficie des terres par catégorie de densité de population dans la partie ontarienne de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes, de 1951 à 2006.
graphique
Description longue pour la figure 20

Ce graphique linéaire indique que, pour cette région entre 1951 et 2006, la superficie des terres a diminué dans les classes de densité de population rurale (passant de 39 000 km2 à 27 000 km2) et faiblement peuplée (passant de 24 000 km2 à 9 000 km2). La plus grande augmentation de superficie des terres s’était produite dans la classe de densité semi-urbaine (passant de 11 000 km2 à 25 000 km2), et de plus petites augmentations dans les classes de densité urbaine (passant de 5 000 km2 à 14 000 km2) et urbaine dense (passant de 1 000 km2 à 5 000 km2). Tous ces chiffres sont approximatifs.

Source des données : Statistics Canada (2010)194. Définitions des catégories191 : population urbaine dense (plus de 400 personnes/km2), population urbaine (60 à 400 personnes/km2), population semi-urbaine (25 à 60 personnes/km2), population rurale (10 à 25 personnes/km2), population clairsemée (moins de 10 personnes/km2).

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L’analyse des données sur la couverture terrestre confirme les données du recensement. En comparant les données Landsat de 1974 à 1990 avec celles de 2005, Ahern et al. (2011)8 ont déterminé que la couverture urbaine a augmenté de 667,1 km2 (62,2 %) dans la région du Golden Horseshoe, en Ontario. Cette augmentation découle de la perte de terres agricoles et, dans une moindre mesure, de la perte du couvert forestier (pour en savoir plus sur les répercussions de la perte d’habitat des oiseaux de la forêt intérieure, veuillez consulter la section « Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulier » à la page 98). La plus grande expansion était concentrée à Toronto. La croissance était relativement faible dans les régions de Hamilton et de Niagara de 1974 à 1990, mais elle semble s’être accélérée de 1990 à 2005. Le taux global d’urbanisation dans la région Toronto-Hamilton-Niagara était de 20,3 km2/an de 1974 à 1990, passant à 22,8 km2/an entre 1990 et 20058. Lorsque la conversion des terres a été examinée uniquement dans la région de Toronto, des constatations semblables ont été réalisées, la plus importante conversion de l’utilisation des terres de 1993 à 2007 étant aux fins urbaines, suivie par la conversion en terrains de golf et en mines et carrières195.

Les analyses du changement du paysage au Québec montrent constamment une hausse de la couverture urbaine entre les années 1950 à 200122,25,38,196. Au Québec, la croissance urbaine est concentrée dans les régions de Montréal et de Québec, la superficie de la zone urbaine ayant augmenté de 227 km2, soit 20 % (passant de 1 153 à 1 380 km2), de 1993 à 2001. Une grande partie de cette expansion s’est produite sur des sols fertiles de grande qualité25 plutôt que sur des terres de cultures annuelles et pérennes ou des terres forestières21,25.

L’expansion urbaine fait généralement diminuer les taux de survie et de reproduction des espèces indigènes près des maisons197, et la richesse en espèces indigènes diminue souvent avec l’augmentation de la densité urbaine198. L’examen des arbres urbains provenant de dix villes du sud de l’Ontario a révélé que ces arbres étaient beaucoup moins colonisés par les champignons mycorhiziens (ils aident les arbres à obtenir les nutriments provenant du sol) que les arbres des milieux ruraux. On n’a toutefois pas trouvé la raison de cette différence199. Certaines espèces, adaptées aux milieux urbains, connaissent des baisses. La perte de couvert forestier est réputée être responsable des diminutions des populations d’oiseaux nicheurs de la forêt intérieure (voir la section « Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulier ») et des populations de grands prédateurs dans de nombreuses régions de l’écozone+ (voir la section « Réseaux trophiques »).

Conversion des rives

La perte des rives naturelles est continue depuis l’arrivée des colons européens puisque le développement dans l’écozone+ était initialement concentré le long des rives15. Toutefois, d’autres conversions des rives se sont également produites plus récemment. L’examen des changements de l’utilisation des terres dans la partie américaine des Grands Lacs a révélé que, entre 1992 et 2001, 2,5 % du bassin versant des Grands Lacs a connu un changement de ses rives. Les changements attribuables aux nouvelles constructions comprenaient une augmentation de 33,5 % du développement à faible intensité et une augmentation de 7,5 % du réseau routier. Les terres agricoles et forestières ont connu une diminution de 2,3 % en superficie, et le développement était concentré en grande partie près des zones côtières200. La majorité des pertes de milieux humides ont eu lieu dans un rayon de 1 km des rives200.

Des données semblables n’étaient pas disponibles pour la partie canadienne des Grands Lacs; toutefois, dans une étude détaillée portant sur 660,8 km de côte le long de la baie Georgienne, l’étendue de l’altération des rives a été cartographiée et évaluée (Figure 21)201. Les degrés d’altération des rives les plus élevés ont été observés dans la ville de Midland (51,7 %), la ville d’Owen Sound (39,1 %) et la ville de Collingwood (34,8 %). L’altération est très faible dans la municipalité de Northern Bruce Peninsula (1,2 %), dont un fort pourcentage de rives se trouve dans des aires protégées (y compris des parcs nationaux et provinciaux, des réserves naturelles de Conservation de la nature Canada et des réserves naturelles provinciales) et qui comprend des terrains rocheux et escarpés limitant l’aménagement des rives. Les degrés d’altération élevés observés dans les villes de Midland et de Collingwood (Figure 22) ont été associés aux plus faibles distances à parcourir les fins de semaine à partir des centres urbains dans la grande région métropolitaine de Toronto, aux sols plus profonds et au terrain plus plat201.

Figure 21. Altération des rives dans le sud de la baie Georgienne.
Carte de la baie Georgienne
Description longue pour la figure 21

Cette carte indique l’emplacement des terres protégées et le type d’altération des rives et leur emplacement le long de la partie sud-ouest de la baie Georgienne. Les plus grandes superficies de terres protégées se trouvent dans la péninsule Bruce, dans la partie centrale du comté Grey, et dans les secteurs de Georgian Bluffs et de Blue Mountains. Le type d’altération des rives le plus important est l’épi, qui se retrouve de manière presque continue le long de la rive, de Port McNicoll jusqu’à l’extrémité est de Wasaga Beach, de l’extrémité ouest de Wasaga Beach jusqu’à Meaford et le long de la rive de la baie d’Owen Sound et de Georgian Bluffs. Les épis sont également présents de façon irrégulière le long de la côte du sud de la péninsule Bruce. Des concentrations de durcissement de la rive se retrouvent aux alentours de Midland, le long de Wasaga Beach et à Collingwood, Owen Sound et Wiarton. Le dragage et les quais sont présents de façon irrégulière le long de la côte et des marinas sont situées à Penetanguishene sur la pointe sud-est de la baie Georgienne, et à Tobermory sur la pointe nord de la péninsule Bruce.

Source : Buck et al. (2010)201.

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Figure 22. Photos montrant le degré d’altération des rives dans la région de Collingwood, en Ontario : à gauche, photo de 2008; à droite, photo de 1954.
Deux photos de Collingwood

Source : Buck et al. (2010)201.

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La perte de rives naturelles a été associée aux changements dans la composition spécifique en poissons202,203,204. Dans une étude de 62 milieux humides côtiers des Grands Lacs, les milieux humides côtiers des lacs Érié et Michigan caractérisés par des bassins versants agricoles, des eaux troubles et peu de végétation submergée étaient dominés par des poissons généralistes et tolérants204. En comparaison, le bassin versant essentiellement naturel du lac Supérieur présentait des eaux claires, une végétation submergée abondante et une grande diversité d’espèces de poissons204. On a également établi un lien entre des conditions perturbées et un nombre élevé d’espèces non indigènes204. Au Minnesota (juste à l’extérieur de l’écozone+), la marigane noire (Pomoxis nigromaculatus) et l’achigan à grande bouche (Micropterus salmoides) étaient plus susceptibles de nicher près de rives peu aménagées que près de rives aménagées203. Une étude des communautés de poissons le long de la rive sud-est du lac Ontario a déterminé que les effectifs de poissons, tout comme la fréquence des espèces de poissons de petite taille, augmentaient significativement avec la superficie du couvert végétal. Les poissons de grande taille, comme la carpe (Cyrinus carpio), étaient associés à des zones abritant moins de végétation submergée205.

Perte de terres agricoles et intensification des activités agricoles

Les sols agricoles les plus productifs du Canada se trouvent au sein de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes. Bien que l’écozone+ ne renferme que 9 % des terres agricoles canadiennes, elle rapporte 38 % de la production agricole du pays206,207. Selon les données de recensement sur la période de 1971 à 2006 pour la partie ontarienne de l’écozone+ (Figure 23), la superficie totale de terres agricoles, le nombre d’animaux d’élevage et la quantité de pâturage amélioré ont diminué, tandis que la superficie des terres cultivables a augmenté208.

Figure 23. Trends in selected agricultural characteristics in the Ontario portion of the Mixedwood Plains Ecozone+, 1971–2006.
graphique
Description longue pour la figure 23
Ce graphique linéaire indique les renseignements suivants :
AnnéeSuperficie de terres agricoles (km2)Superficie cultivable (km2)Superficie de terres fertilisées (km2)Superficie de pâturage bonifié (km2)Nombre de bovins
197175 04839 62914 98211 7303 790 000
197671 81043 02723 0758 6743 830 000
198169 64744 28431 1687 3883 550 000
198666 14042 90132 7874 7783 050 000
199164 06442 31728 9244 0732 850 000
199665 91944 19430 2862 9712 860 000
200164 56545 83628 7422 7372 700 000
200663 92246 05430 3602 9812 550 000

Source : Statistics Canada (2008)208.

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Quand on examine les cultures en production dans l’écozone+, on constate une augmentation importante de la production de soja (Figure 24), qui reflète l’introduction de variétés adaptées à un climat nordique209,210.

Figure 24. Tendances des hectares cultivés dans la partie ontarienne de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes, de 1976 à 2006.
graphique
Description longue pour la figure 24
Ce graphique linéaire indique les renseignements suivants :
Année1976198119861991199620012006
Foin1 175 0001 500 0001 000 0001 500 0001 300 0001 200 0001 600 000
Soya150 000300 000390 000590 000785 000920 000900 000
Maïs (grain)650 000900 000750 000780 000785 000800 000650 000
Blé225 000225 000310 000190 000325 000300 000525 000
Pâturage750 000675 000450 000400 000360 000340 000320 000
Maïs (ensilage)360 000290 000200 000150 000140 000150 000160 000
Orge150 000190 000250 000200 000150 000140 000100 000
Avoine225 000140 000120 00090 00050 00050 00060 000
Pommes de terre25 00025 00025 00025 00025 00025 00025 000

Source : Statistique Canada, 2008208.

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Selon les données sur la couverture terrestre obtenues par imagerie satellite, de 1985 à 2005, la superficie des terres agricoles dans l’écozone+ a diminué de 0,13 %8. Les pertes sont le résultat de l’urbanisation, de l’expansion des résidences rurales non agricoles éparses, de l’abandon des terres agricoles marginales et de la régénération des forêts. À l’intérieur des terres agricoles restantes, l’intensification des activités agricoles réduit la superficie des pâturages et accroît celle des terres cultivables. Lorsque le changement du paysage a été étudié dans la partie québécoise de l’écozone+, une transition à grande échelle des activités agricoles destinées à la production laitière vers des activités agricoles plus intensives a été observée25. La couverture des cultures annuelles a augmenté de 7 % de 1993 à 2001, tandis que la couverture des cultures pérennes a diminué de 6 %25. La forte augmentation de la production porcine expliquerait ce changement de l’utilisation des terres. En effet, le maïs sert de nourriture pour ces animaux, et 98 % de la production de maïs du Québec se trouve dans l’écozone+ des plaines à forêts mixtes25. De plus, de nouveaux hybrides de maïs ont été mis au point et adaptés à cette région. La conversion des cultures pérennes en cultures annuelles a également été observée à long terme (de 1950 à 1997) dans le sud du Québec21,22. Une étude détaillée effectuée dans la région du haut Saint-Laurent de l’écozone+ a montré que les pratiques agricoles se sont intensifiées entre 1958 et 1993 : le nombre de champs a diminué de 1964 à 1998, et la taille moyenne des champs a augmenté, passant de 2,51 à 3,04 ha.

L’intensification des pratiques agricoles a été associée à une diminution globale du caractère convenable des terres agricoles en tant qu’habitat d’espèces sauvages (voir la section « Paysages agricoles servant d’habitat »), à une baisse des populations d’oiseaux des prairies et des terres dégagées/agricoles (voir la section «  Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulier ») et à un déclin des populations de bourdons (voir la section « Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulier »)211.

La perte de végétation naturelle, la fragmentation de l’habitat et la perte d’espèces ont également été associées à la transmission de maladies d’origine faunique. Un lien a été établi entre, d’une part, la transmission du virus du Nil occidental et de la maladie de Lyme et, d’autre part, les pertes d’habitat naturel et de diversité des espèces (voir la section « Conclusion: Bien-être humain et biodiversité »).

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Constatation clé 10
Espèces non indigènes envahissantes

Constatation clé à l’échelle nationale
Les espèces non indigènes envahissantes imposent un stress important sur les fonctions, les processus et la structure écosystémiques des milieux terrestres, marins et d’eau douce. Les effets se font sentir de plus en plus à mesure que le nombre de ces espèces augmente et que leur aire de répartition géographique s’élargit.

La Convention des Nations Unies sur la diversité biologique considère les espèces non indigènes envahissantes comme l’une des plus grandes menaces qui pèsent sur la biodiversité à l’échelle mondiale212. Les espèces envahissantes peuvent prendre de nombreuses formes : plantes aquatiques ou terrestres (p. ex. hydrocharide grenouillette [Hydrocharis morsus-rane] et alliaire officinale [Alliaria petiolata]), invertébrés aquatiques (p. ex. moule zébrée [Dreissena polymorpha], poissons (p. ex. gobie à taches noires [Neogobius melanostomus] et le rotengle [Scardinius erythrophthalmus]), lombric commun (Lumbricus terrestris) ou ravageurs forestiers (p. ex. agrile du frêne [Agrilus planipennis] et sirex européen du pin [Sirex noctilio]). On ne dispose d’aucune donnée exhaustive sur la répartition et les taux d’expansion et d’invasion de nombreux groupes d’espèces (taxons)213. L’information est disponible pour certaines espèces végétales terrestres. En 2008, l’écozone+ des plaines à forêts mixtes comptait 139 espèces végétales non indigènes envahissantes, soit le nombre le plus élevé dans une écozone+ au Canada (les autres écozones+ abritant un nombre très élevé d’espèces non indigènes envahissantes sont l’écozone+ maritime de l’Atlantique [130 espèces], l’écozone+ maritime du Pacifique [124 espèces] et l’écozone+ du bouclier boréal [123 espèces])214.

La colonisation des plaines à forêts mixtes remonte à il y a très longtemps, ce qui a facilité l’introduction et la propagation d’espèces non indigènes. Les peuples autochtones de l’écozone+ transportaient probablement des animaux et des plantes vers la région des Grands Lacs, et cette tendance s’est accélérée avec l’arrivée des Européens215. L’invasion par les espèces non indigènes s’est produite par l’intermédiaire de nombreux processus, notamment les lâchers intentionnels et non intentionnels, l’arrivée à bord de bateaux, par les canaux ou par les dérivations de cours d’eau ainsi que le transport le long des voies ferrées et des routes. L’augmentation de l’activité humaine et du commerce international dans le bassin versant des Grands Lacs a entraîné la hausse du taux d’introduction d’espèces exotiques. Sur les 185 espèces non indigènes connues dans les Grands Lacs, 54 % (c.-à-d. 100) se sont introduites dans les lacs pendant la période de 1959 à 2006216.

Les espèces envahissantes peuvent avoir de nombreuses répercussions : elles peuvent entrer en compétition avec des espèces indigènes pour la nourriture et l’habitat217,218,219,220, être de nouveaux prédateurs221, constituer des proies moins nourrissantes222 et fournir un habitat de qualité moindre aux espèces sauvages223,224. Une analyse préliminaire de la liste des espèces évaluées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) de 1998 indiquait que 25 % de toutes les espèces en voie de disparition, 31 % de toutes les espèces menacées et 16 % de toutes les espèces vulnérables (aujourd’hui appelées « espèces préoccupantes ») au Canada étaient mises en péril d’une façon ou d’une autre par les espèces envahissantes225. Venter et al.(2006)226 ont plus tard indiqué que les espèces exotiques ou introduites menaçaient 22 % des espèces évaluées par le COSEPAC (espèces disparues, disparues du pays, en voie de disparition, menacées ou préoccupantes).

L’alliaire officinale, par exemple, a évincé de nombreuses espèces ligneuses et herbacées indigènes de l’écozone+. Le taux de propagation estimé de cette espèce exotique dans les aires limitrophes des États-Unis est de 64 000 km2par an227. Aucun processus ne peut à lui seul expliquer l’exploit de cette espèce, sauf la combinaison de caractères de la plante, tous légèrement différents de ceux des végétaux indigènes, laquelle lui permet de s’établir sans grande difficulté dans les nouveaux milieux qu’elle envahit227,228.

Les forêts de l’écozone+ se sont développées sans la présence de lombrics. Par conséquent, l’introduction et l’établissement de ces espèces modifient les fonctions naturelles des forêts. L’écozone+ compte 15 espèces de lombricidés considérées comme des espèces envahissantes introduites accidentellement avec l’arrivée des Européens229,230. Ces vers de terre peuvent consommer la litière de feuilles mortes beaucoup plus rapidement que les décomposeurs indigènes, et modifier ainsi le cycle des nutriments (carbone et azote) et les interactions dans le réseau trophique des sols231,232. Les lombrics peuvent également faire augmenter les émissions de N2O (oxyde d’azote) et, par conséquent, contribuer à la production de gaz à effet de serre233.

Les modèles des taux de disparition des espèces dulcicoles nord-américaines prévoient un taux de disparition de 4 % par décennie, compte tenu des diverses menaces, dont la présence d’espèces envahissantes234. La moule zébrée (Dreissena polymorpha) illustre bien le genre de changements que les espèces envahissantes peuvent produire dans les écosystèmes aquatiques. La moule zébrée forme d’immenses colonies et filtre des quantités importantes de plancton dans la colonne d’eau. La colonisation d’un plan d’eau est suivie par un déclin ou une perte totale des espèces de moules indigènes99,235.236. La moule zébrée est une proie du gobie à taches noires dans son aire de répartition naturelle ainsi que dans l’aire qu’elle a envahie. Par conséquent, la propagation de la moule zébrée favorise la propagation du gobie à taches noires221. La moule zébrée bioaccumule des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), le fluoranthène, le pyrène, le chrysène, le benzo[a]anthracène, le polychlorobiphényle (PCB) Aroclor®, l’arsenic, le chrome et le baryum237. On considère que l’accumulation de ces polluants dans les tissus de la moule zébrée ainsi que le botulisme de type E représentent des risques potentiels réels pour les prédateurs (poissons et oiseaux)237. Entre 1989, année de la découverte de la moule zébrée dans le lac St. Clair, et 2004, les dégâts de cette espèce aux installations de traitement de l’eau potable et aux centrales électriques au sein de son aire de répartition nord-américaine s’élevaient à environ à 267 millions de dollars; les coûts annuels étaient d’environ 30 000 dollars par année, par installation238.

La Figure 25 montre l’aire de répartition de la moule zébrée dans la partie ontarienne de l’écozone+ en 2009.

Figure 25. Répartition de la moule zébrée dans la partie ontarienne de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes, 2009. La répartition de l’espèce est très étendue, ce qui pourrait faciliter l’invasion par d’autres espèces envahissantes aquatiques, notamment le gobie à taches noires.
Carte d'Ontario-sud
Description longue pour la figure 25

Cette carte indique la répartition des observations de la moule zébrée partout dans la région, en utilisant les trois catégories suivantes : observation de la moule zébrée; observation de la larve véligère de la moule zébrée; et moule zébrée non détectée. Les plus grandes concentrations d’observations des moules zébrées ont été effectuées le long de la rive nord du lac Ontario, autour du lac Simcoe et des lacs Kawartha, le long de la rive de la baie Georgienne et des deux côtés de la péninsule Bruce. Des nombres plus bas d’observations ont été effectués sur l’île Manitoulin, et le long des rives du lac Huron et du lac Érié. Les observations de la larve véligère de la moule zébrée ont été effectuées le plus souvent au nord-est du lac Ontario, le long du fleuve Saint Laurent; quelques observations ont également été enregistrées sur la rive est de la baie Georgienne, sur l’île Manitoulin et sur la rive nord-est du lac Érié. Les moules zébrées n’ont pas été détectées dans certains emplacements éparpillés dans les parties centrales et de l’est de la région et sur l’île Manitoulin.

Source : Ontario Federation of Anglers and Hunters, 2009239.

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Malgré les énormes répercussions négatives des espèces envahissantes sur l’écozone+, ces dernières ont eu quelques effets positifs. Des études effectuées dans des zones limitrophes de l’État de New York sur les populations de moules de la rivière Hudson indiquent que les populations des quatre espèces de bivalves indigènes communes se sont stabilisées, voire rétablies, et ce, même si la population de moules zébrées n’a pas diminué. On n’arrive pas très bien à expliquer ce phénomène, mais ce cas peut redonner espoir; en effet, même après une infestation, les bivalves indigènes peuvent survivre à des densités de population d’environ un ordre de grandeur plus petites que celles d’avant l’infestation240.
Au début des années 1990, la salicaire pourpre (Lythrum salicaria) étouffait les milieux humides en Ontario. Après une étude approfondie, on a commencé, dès 1992, à relâcher deux espèces de coléoptères du genre Galerucella en tant que moyens de lutte biologique. Même si les coléoptères n’éradiqueront jamais complètement la salicaire pourpre de l’Ontario241,242,243 cette dernière est désormais considérée comme contrôlée. En effet, les densités de la plante ainsi que sa capacité à produire d’importantes quantités de graines ont considérablement diminué. La salicaire pourpre fait désormais partie intégrante d’écosystèmes naturellement fonctionnels224,239,244,245.

Depuis la découverte du longicorne asiatique (Anoplophora glabripennis) dans la région de Toronto-Vaughan en 2003246; des mesures d’éradication ont été prises, et la surveillance se poursuit. Bien que l’espèce ne soit pas considérée comme éradiquée, il n’y a eu aucune nouvelle découverte ni détection de cet insecte en Ontario depuis décembre 2007. Si, après cinq années, aucun longicorne asiatique n’est repéré, alors l’espèce sera considérée comme éradiquée247.

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Constatation clé 11
Contaminants

Constatation clé à l’échelle nationale
Les concentrations de contaminants hérités du passé dans les écosystèmes terrestres, marins et d’eau douce ont, dans l’ensemble, diminué au cours des 10 à 40 dernières années. Les concentrations de nombre de nouveaux contaminants sont à la hausse chez les espèces sauvages; les teneurs en mercure sont en augmentation chez certaines espèces sauvages de certaines régions.

Les substances persistantes, bioaccumulables et toxiques sont longévives et peuvent s’accumuler chez les espèces sauvages et les humains à des concentrations potentiellement nuisibles à la santé des écosystèmes et des humains248. Les règlements pris par les gouvernements dans les années 1970 et 1980, qui interdisent l’utilisation de composés tels que les polychlorobiphényles (PCB), de pesticides tels que le dichlorodiphényltrichloréthane (DDT) et de métaux lourds tels que le plomb et le mercure, et qui en limitent les émissions, ont permis de réduire considérablement les quantités de substances persistantes, bioaccumulables et toxiques dans l’environnement (voir par exemple Hites, 2006248). Des effets négatifs demeurent toutefois, à cause des utilisations passées (sites contaminés connus et non connus), des utilisations actuelles (PCB et mercure) et de la présence de sous-produits d’autres processus (voir par exemple Nizzetto et al. 2010249). Toutefois, des substances chimiques à utilisation plus récente, par exemple les polybromodiphényléthers (PBDE), composés ignifuges utilisés dans des produits de consommation et des matériaux de construction, peuvent se lessiver dans l’air et les eaux usées. Ces substances affichent des concentrations de plus en plus élevées dans l’environnement (voir par exemple Zhu et Hites, 2004250). Certains toxiques bioaccumulables persistants (TBP) sont transportés sur de grandes distances à partir d’autres régions jusqu’en Ontario et semblent contaminer des lacs et des cours d’eau éloignés (voir par exemple Ma et al., 2005251).

Éléments probants de l’Ontario

Le ministère de l’Environnement de l’Ontario surveille les teneurs en substances persistantes, bioaccumulables et toxiques dans différents milieux de l’environnement (air, eau, sédiments et poissons). Les données de surveillance sont utilisées notamment pour déterminer les problèmes de pollution propres à un site, évaluer l’efficacité des politiques de réduction de la pollution et des mesures de gestion de la pollution, et informer le public sur la consommation de poissons provenant d’un endroit précis252.

Les concentrations de mercure (Figure 26) et de PCB chez les poissons visés par la pêche récréative des lacs intérieurs ont généralement diminué grâce à l’application de différentes mesures de réglementation252. Toutefois, selon le lieu, la taille et l’espèce, les teneurs actuelles peuvent obliger l’imposition de certaines restrictions entourant la consommation de poisson252. Pour la majeure partie des zones intérieures en Ontario, le mercure reste une substance préoccupante importante, responsable de 85 % des restrictions de consommation de poisson252.

Figure 26. Concentration de mercure chez les dorés de 50 cm provenant du lac Simcoe, du lac Scugog, du lac Rice, du lac Balsam et de la rivière Grand, de 1975 à 2006.
graphique
Description longue pour la figure 26
Ce graphique de dispersion indique les renseignements suivants : Mercure (µg/g) (chiffres approximatifs)
AnnéeLac SimcoeLac ScugogLac RiceLac BalsamRivière Grand
19750,23----
19760,240,23---
19770,340,080,40,35-
19780,4---0,65
1982--0,35--
19830,29----
1984-0,30,340,55-
1985--0,33-0,17
1987--0,32-0,17
1988-0,48-0,650,25
19890,26-0,22-0,16
1990-0,36---
1991--0,3--
1993-0,32-0,42-
19940,29---0,15
1996--0,27--
1998---0,38-
19990,2-0,27--
2001---0,34-
2002-0,18---
20030,15-0,23--
20040,19---0,12
2005---0,47-
2007-0,17---

Source : Données provenant du Programme de surveillance de la contamination du poisson-gibier du ministère de l’Environnement de l’Ontario253.

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Récemment, le ministère de l’Environnement de l’Ontario a commencé à surveiller les concentrations de nouveaux contaminants préoccupants, dont les PBDE, les naphtalènes polychlorés et les composés perfluorés, dans l’eau et les poissons de certaines zones intérieures. On ne dispose actuellement que de peu de données sur ces composés. Bien que des directives sur la consommation soient toujours en cours d’élaboration, on estime que la prise récente de mesures telles que l’interdiction de certains composés (voir par exemple Environnement Canada, 2006254) éliminera la nécessité d’émettre des avis de consommation de poisson, compte tenu de la concentration relativement faible de ces composés.

Les efforts visant à réduire les répercussions des substances reconnues comme toxiques, bioaccumulables et persistantes se poursuivent dans la région puisque la surveillance de l’eau, des sédiments et des poissons (jeunes de l’année) identifie des zones localisées affichant des concentrations élevées. L’assainissement de plusieurs sites (par exemple, le ruisseau Pottersburg, le lac Clear) est le fruit de ces efforts255.

Bien que l’on ait observé des améliorations quant aux concentrations de certaines substances toxiques telles que le PCB et le mercure chez les poissons ces 10 à 20 dernières années252, les contaminants continuent de nuire à la biodiversité, comme en témoignent les restrictions de consommation de poisson dues aux concentrations de substances toxiques utilisées dans le passé.

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Constatation clé 12
Charge en nutriments et proliférations d’algues

Constatation clé à l’échelle nationale
Les apports de nutriments dans les systèmes marins et d’eau douce et, plus particulièrement, dans les paysages urbains ou dominés par l’agriculture, ont entraîné la prolifération d’algues qui peuvent être désagréables et/ou nocives. Les apports de nutriments sont en hausse dans certaines régions et en baisse dans d’autres.

Dans les lacs et les cours d’eau, le phosphore est un nutriment essentiel à la croissance des plantes aquatiques et des algues qui servent de nourriture aux animaux aquatiques. La présence de phosphore dans l’eau résulte notamment de l’altération naturelle des roches, de l’érosion des sols, de la décomposition des plantes et de l’activité humaine (épandage d’engrais, rejet d’eaux usées traitées et lixiviation à partir des fosses septiques). Des apports excessifs en phosphore peuvent causer l’eutrophisation des plans d’eau où il y a surabondance de plantes et d’algues.

Éléments probants de l’Ontario

La surveillance des concentrations de phosphore et d’autres paramètres en vue de vérifier la qualité de l’eau est menée dans le cadre de plusieurs programmes du ministère de l’Environnement de l’Ontario qui, avec des partenaires, effectue des prélèvements dans les cours d’eau par l’intermédiaire du Réseau provincial de contrôle de la qualité des eaux. En général, les concentrations de phosphore ont diminué depuis les années 1980 dans les cours d’eau de la partie ontarienne dles plaines à forêts mixtes256,257. Toutefois, comme l’illustre la Figure 27, la teneur en phosphore de nombreux cours d’eau de la partie ontarienne des plaines à forêts mixtes dépasse encore l’objectif provincial de qualité de l’eau provisoire de 30 μg/L. C’est le cas notamment de 49 % des 332 stations de surveillance de l’écozone+. Des concentrations élevées de phosphore dans les eaux de surface sont habituellement observées lorsque les sols sont relativement riches en nutriments et que les terres sont aménagées aux fins de diverses utilisations agricoles et urbaines.

Figure 27. Concentrations médianes de phosphore dans les cours d’eau de la partie ontarienne des plaines à forêts mixtes entre 2003 et 2007.
Carte d'Ontario-sud
Description longue pour la figure 27

Cette carte indique les niveaux de concentration de phosphore dans la partie ontarienne de l’écozone+. Les niveaux de concentration sont répartis dans 4 catégories : moins de 30 µg/L; de 30 à 60 µg/L; de 60 à 120 µg/L; et plus de 120 µg/L. La plupart des concentrations de plus de 120 µg/L se trouvent dans la partie à l’extrême ouest de l’écozone+, entre Windsor et London, avec des observations supplémentaires dans la péninsule du Niagara, à Toronto, au sud du lac Simcoe et au nord du comté de Prince Edward. Les concentrations entre 60 et 120 µg/L sont prédominantes dans la partie sud-ouest de l’écozone+ comprenant les régions aux alentours de Kitchener-Waterloo et de Hamilton. Ce niveau de concentration est également retrouvé à l’ouest de Toronto, au sud du lac Simcoe, près d’Oshawa, dans le comté de Prince Edward, près de Kingston, le long du fleuve Saint Laurent et à l’est d’Ottawa. Les concentrations jusqu’à 60 µg/L sont principalement trouvées dans les parties centrales et de l’est de la région; des concentrations plus basses sont habituellement trouvées au nord et à l’est.

Source : Données provenant du Réseau provincial de contrôle de la qualité des eaux, comme cité dans Kaltenecker et Todd (2009)258.

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La prolifération d’algues est définie comme la croissance excessive d’algues dans un lac ou un cours d’eau259. Parmi les conditions favorables à la prolifération d’algues figurent les concentrations élevées en nutriments (en particulier le phosphore), les températures élevées et les eaux peu profondes à faible courant. L’acidification et l’invasion des lacs par les Dreissenidés (moule zébrée [Dreissena polymorpha] et moule quagga [D. rostriformis bugensis]) ont été également mises en cause260,261,262,263. Ces proliférations d’algues nuisibles suscitent des préoccupations, car certaines formes d’algues (les cyanobactéries, également connues sous le nom d’algues bleu-vert) produisent des toxines qui peuvent nuire à la santé humaine et animale et modifier les processus des écosystèmes d’eau douce264.

Le ministère de l’Environnement de l’Ontario compile des rapports d’identification des algues depuis 1994. Les données indiquent que le nombre de proliférations d’algues (surtout des cyanobactéries) rapportées dans les lacs et les réservoirs ontariens a considérablement augmenté de 1994 à 2009 (Figure 28). Bien que les proliférations d’algues puissent être d’origine naturelle dans les lacs de l’Ontario, elles sont associées à l’augmentation des apports en nutriments dans les lacs, les réservoirs et les cours d’eau de certaines zones plus développées, laquelle favorise la croissance des algues. Des facteurs liés au réchauffement climatique, notamment la hausse de la température de l’eau, la réduction du brassage dans la colonne d’eau et la prolongation de la saison sans glace peuvent exacerber les conditions propices à la prolifération265,266.

Figure 28. Nombre total de proliférations d’algues dont la prédominance des cyanobactéries (algue bleu-vert) a été confirmée en Ontario, de 1994 à 2009. Comprend des zones à l’extérieur de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes.
graphique
Description longue pour la figure 28
Ce graphique à bandes indique les renseignements suivants :
AnnéeNombre de rapports (approximatif)
19941
19950
19961
19972
19983
19995
20009
20014
20022
20033
20044
20053
200614
200717
200819

Source : Winter et al. (2011)267

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Constatation clé 13
Acid deposition

Constatation clé à l’échelle nationale
Les seuils d’incidence écologique des dépôts acides, notamment les pluies acides, sont dépassés dans certaines régions, les émissions acidifiantes sont en hausse dans diverses régions, et le rétablissement biologique ne suit pas le rythme de la réduction des émissions dans d’autres régions.

Les pluies acides sont composées de trois éléments principaux : l’acide carbonique faible, formé au cours de la réaction de l’eau avec le dioxyde de carbone de l’atmosphère; l’acide sulfurique, formé au cours de la réaction de l’eau avec le soufre issu soit de la combustion de charbon ou d’huile contenant du soufre, soit de la fusion de minerais sulfurés; l’acide nitrique, formé lorsque l’eau réagit avec les oxydes d’azote issus principalement de la combustion de combustibles fossiles.

Étant donné la géologie sous-jacente des plaines à forêts mixtes, la plupart des lacs de cette écozone+ sont bien protégés contre l’acidité268; c’est pourquoi les recherches sont surtout axées sur les écosystèmes terrestres. Des répercussions directes des pluies acides ont été documentées dans des forêts à haute altitude du nord-est de l’Amérique du Nord ainsi qu’à proximité de sources ponctuelles telles que les fonderies de Sudbury, en Ontario. À basse altitude et dans des régions éloignées des sources ponctuelles, comme c’est le cas de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes, les répercussions indirectes des dépôts acides à la suite de l’acidification des sols sont une source de préoccupation269. Pour maintenir l’électroneutralité des eaux de drainage, les cations basiques, essentiellement le Ca2+, sont consommés. L’acidification qui en résulte transforme l’hydroxyde d’aluminium inorganique (Al3+) et l’ion hydrogène (H+) en solution.

L’ion Al3+ nuit à l’absorption des nutriments, en particulier le phosphore, par les racines de la quasi-totalité des plantes270. Le pouvoir tampon des sols et la tolérance des espèces végétales à l’acidification des sols sont très variables271.
Certaines régions de l’écozone+ contiennent des roches ultramafiques, qui sont pauvres en calcium et en potassium, et riches en magnésium272. Des évaluations récentes des pluies acides268,273 montrent que des régions de l’écozone+ reçoivent des dépôts acides supérieurs à ce que leur charge critique peut supporterNote neuf ix.

Bien qu’en général cette écozone+ ne soit pas très touchée par l’acidification des sols, certaines régions qui s’y trouvent ont des sols sensibles aux émissions acides, compte tenu de leur passé géologique274,275,276. L’arche de Frontenac est l’une des deux zones physiographiques au sein de l’écozone+ dont la surface intacte couverte par la forêt est importante (voir la section « Paysages terrestres et aquatiques intacts »); la zone a également des sols à faible pouvoir tampon, ce qui accroît sa vulnérabilité à la détérioration de la santé des forêts due à l’acidification.

Au cours des 40 dernières années, l’acidification des sols due au transport à grande distance de polluants atmosphériques a réduit les taux de croissance (10 %) et de recrutement (30 %), et doublé le taux de mortalité des peuplements d’érable à sucre (Acer saccharum), tout en favorisant le recrutement du hêtre à grandes feuilles (Fagus grandifolia) dans la partie nord de l’écozone+ 277. L’application de chaux pour améliorer la fertilité et la composition des sols a amoindri le dépérissement (facteur de 4), doublé le taux de croissance, augmenté le recrutement de 30 à 58 % et réduit le recrutement du hêtre de 25 %277.

Les données sur les tendances de l’acidité des sols ne sont pas disponibles pour l’écozone+, mais une étude de Miller et Watmough (2009)276 a examiné l’acidification des sols et la teneur en nutriments des feuilles des forêts de feuillus de l’Ontario en 1986 et en 2005. Ils ont découvert que le pH et les concentrations de cations basiques échangeables des sols minéraux étaient plus faibles en 2005, mais que les teneurs en soufre total et en azote ainsi que la capacité d’échange de cations n’avaient pas changé depuis 1986. Les teneurs en calcium des feuilles, liées aux teneurs en calcium des sols, étaient plus faibles en 2005.

L’impact de l’acidification des sols sur la faune terricole est peu connu, mais des changements dans les organismes terricoles ainsi que des variations du pH des sols ont été rapportés. On a constaté que l’augmentation de l’acidité des sols était associée à des changements dans les communautés de collemboles terricoles. En effet, plus les sols sont acides, plus il y a de collemboles dans l’humus et à la surface des sols. À mesure que l’acidité diminue, les collemboles qui demeurent dans la partie supérieure des sols minéraux deviennent prédominants278. Lorsque l’acidité des sols diminue, la diversité des champignons mycorhiziens à arbuscules symbiotiques diminue également. En général, l’espace colonisé par les mycorhizes augmente avec le pH279.

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Constatation clé 14
Changements climatiques

Constatation clé à l’échelle nationale
L’élévation des températures partout au Canada ainsi que la modification d’autres variables climatiques au cours des 50 dernières années ont une incidence directe et indirecte sur la biodiversité des écosystèmes terrestres, marins et d’eau douce.

Tendances actuelles

Bien des personnes considèrent les changements climatiques comme l’une des menaces les plus graves qui pèsent sur les écosystèmes et la biodiversité à l’échelle mondiale280,281. Les prévisions climatiques reposent sur les changements déjà observés.

Les plaines à forêts mixtes sont bien représentées géographiquement grâce aux stations climatiques. Le Tableau 9 résume les tendances significatives de diverses variables climatiques pour l’écozone+ de 1950 à 2007. Il s’agit d’une des régions du Canada affichant la plus faible augmentation des températures annuelles moyennes au cours de cette période282. De façon générale, plus une région est près du pôle, plus elle connaît un réchauffement important283. Néanmoins, les données climatiques montrent une tendance significative de quelques variables. On a observé une augmentation globale de 1,2 °C des températures estivales, une augmentation de 20 % des précipitations automnales, une augmentation globale du nombre de jours avec précipitations au printemps, en été et en automne, une diminution de 4,7 % du rapport des précipitations de neige sur les précipitations totales, une augmentation du nombre de degrés-jours de croissance dans certaines stations, et une diminution de l’épaisseur de neige dans certaines stations de surveillance (Tableau 9). Les tendances varient selon la saison et la station.

Tableau 9. Aperçu des tendances climatiques dans les plaines à forêts mixtes, de 1950 à 2007.
Variable climatiqueTendances significatives
Température (18 stations)
  • En général, de 1,2 °C en été par rapport à la moyenne de la période de base (1961-1990)
  • Aucune tendance au printemps, en automne ou en hiver
  • Les tendances sont semblables dans toute l’écozone+
Précipitations (29 stations)
  • En général, de 20 % de la quantité totale de précipitations automnales
  • Aucune tendance de la quantité totale de précipitations pendant les autres saisons, bien que des changements importants aient été observés dans quelques stations à certaines saisons
  • En général, du nombre de jours avec précipitations au printemps, en été et en l’automne
  • En général, de 4,7 % du rapport des précipitations de neige sur les précipitations totales
Neige
  • No trend in maximum annual snow depth or duration overall (16 stations)
    • 2 stations in the northeastern part of the ecozone+in Quebec show of over 20 cm in maximum snow depth
  • No trend in number of days with >2cm on ground
    • of  >10 days with >2cm of snow on the ground in 4 stations in southern Ontario from August to January and in 1 station in the St. Lawrence Lowlands February to July
Indice de sévérité de sécheresse
  • No trend from 6 stations
  • No extreme or very wet or severe drought years
  • Stations not evenly distributed across  ecozone+
Saison de croissance
  • No trend in start, end, or length of the growing season overall
    • in number of growing degrees days at some stations

Toutes les tendances rapportées sont significatives à p < 0,05. Source : données et analyses supplémentaires fournies par les auteurs de Zhang et al. (2011)282.

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Des changements dans les périodes de migration des oiseaux ont déjà été enregistrés284,285,286. Une étude menée au Long Point Bird Observatory a révélé que, pour chaque augmentation de 1 °C de la température printanière, la date médiane des captures d’oiseaux migrateurs, déterminée d’après les moyennes pour toutes les espèces, était devancée d’une journée284. Au cours d’une étude sur 78 espèces d’oiseaux chanteurs réalisée de 1961 à 2006 en Pennsylvanie (qui se trouve dans la même écorégion de l’Amérique du Nord287), la migration printanière est survenue beaucoup plus tôt pendant cette période de 46 ans, alors que la migration automnale n’a présenté aucun changement dans l’ensemble285. Une étude sur l’hirondelle bicolore menée à l’échelle de l’Amérique du Nord a révélé qu’elle se reproduisait plus tôt, probablement à cause d’une augmentation à long terme de la température printanière286.

On remarque également des changements chez les populations de mammifères. En effet, les limites septentrionales de l’aire de répartition de nombreuses espèces de l’écozone+ sont restreintes par les conditions hivernales288. La moyenne des températures minimales quotidiennes en janvier et en février a augmenté de plus de 2 °C au cours des 100 dernières années, ce qui peut permettre l’expansion vers le nord d’espèces telles que le petit polatouche (Glaucomys volans), l’opossum de Virginie (Didelphis virginiana) et la petite chauve-souris brune (Myotis lucifugus)289,290,291. L’augmentation de la taille de la population de pékans (Martes pennanti) est peut-être liée à la profondeur réduite de la neige292.

Changement prévu

Les systèmes aquatiques sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques découlant de l’augmentation des températures et de l’évaporation ainsi que de la diminution possible des précipitations293. Les poissons étant incapables de réguler leur température corporelle, ils dépendent fortement de la température de l’eau pour maintenir les importants processus biochimiques, physiologiques et liés au cycle vital. La température de l’eau est une variable essentielle de la croissance, de la survie et de la reproduction des populations de poissons294. Si le réchauffement climatique se produit comme prévu, les eaux de surface seront plus chaudes pendant des périodes plus longues au printemps, en été et en automne, ce qui réduira la durée des conditions hivernales295. En outre, les périodes de stratification augmenteront, ce qui diminuera les concentrations d’oxygène en eaux profondes à la fin de l’été et augmentera le risque de mortalité massive estivale pour de nombreuses espèces aquatiques295. Les plaines à forêts mixtes possèdent la plus grande diversité de poissons d’eau douce du Canada117,161. Dans une étude sur les communautés de poissons de 43 bassins versants répartis dans l’ensemble de la partie ontarienne de l’écozone+ 296, il a été déterminé que les espèces de poissons d’eau froide étaient présentes dans 100 % des bassins versants et que 38 des 43 bassins contenaient des poissons d’eau froide dans plus de 66 % des sites d’échantillonnage (note : même si tous les bassins versants de l’écozone+ contiennent des espèces d’eau froide, l’habitat en eau froide de nombre d’entre eux est limité). L’analyse des répercussions du réchauffement prévu sur ces bassins versants et les 132 espèces de poissons qui y vivent (espèces non indigènes exclues) a montré une contraction de l’aire de répartition des espèces d’eau froide et une expansion de celle des espèces d’eau chaude296. Même selon le scénario de changements climatiques le plus optimiste, les espèces d’eau froide seraient limitées à seulement 67 % des sites d’ici 2025 (soit une diminution de 33 % des sites)296. On a créé un indice correspondant à la probabilité de rétention des espèces d’eau froide de chaque bassin versant du sud de l’Ontario après les changements climatiques en se fondant sur le scénario du pire. La plupart des bassins versants qui, selon le scénario, devraient conserver les espèces d’eau froide se situaient dans la partie nord de l’écozone (péninsule Bruce, le long des rives du lac Huron, ou le long de la bordure du Bouclier canadien). En revanche, les bassins versants du sud-ouest perdraient probablement ces espèces. La modélisation de l’impact des changements climatiques sur l’omble de fontaine (espèce d’eau froide) au Canada prévoit une diminution de 49 % de l’aire de répartition de cette espèce d’ici 2050, de même que des changements d’envergure pour les plaines à forêts mixtes297, où les populations d’ombles de fontaine des lacs plus petits sont considérées comme plus à risque298. De nombreux effets indirects ou domino sont associés à la hausse des températures. On prévoit que la période, l’ampleur et la durée des crues printanières ainsi que la fréquence et la durée des sécheresses dans le sud du Canada changeront299. Certaines espèces d’eau chaude, comme l’achigan à petite bouche (Micropterus dolomieu), sont des prédateurs très efficaces dont leur répartition est actuellement limitée par des effets liés à la température293. La modélisation de l’impact de l’expansion de l’aire de répartition de ces espèces résultant des changements climatiques293 prévoit la disparition de quatre espèces communes de Cyprinidés en Ontario, soit le ventre rouge du nord (Phoxinus eos), le ventre citron (Phoxinus neogaeus), la tête-de-boule (Pimephales promelas) et le mulet perlé (Margariscus margarita).

De nombreuses réponses différentes sont anticipées pour les systèmes terrestres. D’importantes augmentations des maladies des plantes, comme la maladie du rond (Heterobasidion annosum), sont prévues, tout comme la diminution des forêts de chênes, de frênes et d’érables300. En agriculture, on s’attend à ce que le maïs soit plus touché par le charbon du maïs (Ustilaho maydis) et le nématode à kystes (Heterodera glycines), et une augmentation du nombre de cas de mosaïque jaune du haricot, d’enroulement de la pomme de terre et de mosaïque du concombre est également prévue300. Le puceron lanigère de la pruche (Adelges tsugae), insecte nuisible à la pruche actuellement limité par la température, devrait augmenter en nombre de façon importante dans son aire de répartition, alors que les répercussions du pourridié-agaric, maladie déjà très répandue, devraient augmenter à cause du stress accru causé par les changements climatiques301. Les maladies humaines pourraient également augmenter. Par exemple, il devrait y avoir plus de cas de maladie causée par le virus du Nil occidental et de maladie de Lyme au Canada, et l’on devrait observer la première expansion de ces maladies à l’intérieur des plaines à forêts mixtes. Pour ce qui est de la maladie de Lyme, la modélisation prévoit une forte probabilité d’établissement dans les régions du sud de l’Ontario et du Québec302, la limite de propagation en Ontario correspondant à une ligne située à 130 km de North Bay. Dans le cas du virus du Nil occidental, l’arrivée précoce du printemps prolongerait la période à laquelle la maladie peut se propager chez les humains, alors qu’une augmentation des précipitations pourrait augmenter le nombre de sites de reproduction du moustique (vecteur du virus du Nil occidental chez les oiseaux et les humains)303.

Selon les projections climatiques visant les écorégions de l’Ontario, de nouvelles conditions climatiques (combinaisons de températures et de précipitations inexistantes précédemment) pourraient être créées, alors que de nombreuses conditions climatiques existantes disparaîtront de la province304. La plupart des espèces végétales forestières vivant dans des paysages très fragmentés montrent une capacité faible ou nulle de colonisation de nouvelles parcelles d’habitat; elles ne se déplacent que de quelques mètres par année305,306. Dans une étude sur l’aire de répartition des essences d’arbres selon différents scénarios climatiques dans la vallée de la Credit, on a estimé que ces dernières devraient se déplacer à un rythme de 3 000 à 5 000 m/an pour être en mesure de s’adapter aux changements climatiques, or, la plupart des essences sont réputées se déplacer à un taux d’environ 50 à 300 m/an307. Dans une autre étude, qui examinait les changements potentiels des essences d’arbres selon différents scénarios climatiques (modélisations jusqu’en 2100), scénarios qui, outre le climat, prenaient également en compte la topographie, les sols, l’utilisation des terres et la fragmentation, on a constaté que la moitié sud de la province montrait le degré le plus élevé de changement en termes d’essences et de types de forêts et était la plus vulnérable aux effets des changements climatiques308. Dans l’ensemble de l’écozone+, en raison des changements possibles dans la répartition des essences, les types de forêts que nous connaissons aujourd’hui pourraient être moins nombreux et déplacés, tandis qu’un grand nombre de nouvelles combinaisons et de nouveaux assemblages d’essences pourraient faire leur apparition308. Dans cette même étude, lorsque les limites ont été ajustées en fonction du taux de déplacement potentiel d’une essence (jusqu’à 1 000 m/an), les changements dans le couvert forestier étaient encore plus prononcés. Selon tous les scénarios climatiques, la richesse en essences d’arbres était plus faible que celle qui se trouve actuellement dans l’ensemble de la province de l’Ontario, et de grandes régions du nord ainsi que du sud de la province présenteraient des types de forêts qui n’existent pas aujourd’hui dans la province308. Le degré de fragmentation élevé observé dans l’écozone+ (voir les sections « Forêts», « Prairies », « Milieux humides », « Lacs et cours d’eau », « Zones côtières », «Glace dans l’ensemble des biomes » et « Conversion des écosystèmes ») réduira encore plus la capacité des espèces à se déplacer vers le nord et à s’adapter aux changements climatiques. La capacité des populations à établir une nouvelle aire de répartition à la suite d’un changement climatique pourrait être réduite ou annulée dans les paysages fragmentés309,310,311,312. De nombreux exercices de modélisation présument que le déplacement d’espèces est possible en raison de la présence de végétation naturelle. Dans le sud de l’Ontario, où se trouvent de grandes zones urbaines et agricoles, la possibilité que certaines espèces puissent changer leur aire de répartition sera limitée davantage.

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Constatation clé 15
Services écosystémiques

Constatation clé à l’échelle nationale
Le Canada est bien pourvu en milieux naturels qui fournissent des services écosystémiques dont dépend notre qualité de vie. Dans certaines régions où les facteurs de stress perturbent les fonctions écosystémiques, le coût du maintien des écoservices est élevé, et la détérioration de la quantité et de la qualité des services écosystémiques, de même que de l’accès à ces derniers, est évidente.

Éléments probants de l’Ontario

Les services écosystémiques sont des avantages directs et indirects que les humains tirent des écosystèmes sains et fonctionnels. La perte ou la dégradation des aires naturelles menacent le bien-être économique et social futur en diminuant les fondements naturels sur lesquels la société est bâtie. L’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire a regroupé les services écosystémiques dans quatre grandes catégories :

  • les services d’approvisionnement, qui fournissent les matières premières essentielles telles que la nourriture, l’eau et les fibres;
  • les services de régulation, qui maintiennent les services de soutien essentiels à la survie tels que la régulation du climat et la prévention des inondations;
  • les services de soutien tels que la formation des sols, le cycle des nutriments et la pollinisation;
  • les services culturels, qui offrent des avantages récréatifs, esthétiques et spirituels281.

Le concept des services écosystémiques est globalement très intéressant en tant que justification des mesures de conservation et en tant que méthode appuyant la conception de politiques de gestion efficace des ressources313. Les services écosystémiques peuvent être compris en termes biophysiques, par exemple la superficie forestière nécessaire pour séquestrer une quantité précise de carbone. Ils peuvent également être exprimés en termes économiques, par exemple l’avantage économique estimé de la séquestration de carbone d’une superficie forestière donnée.

L’écozone+ des plaines à forêts mixtes subit une altération importante de l’habitat depuis la colonisation par les Européens. Cette altération influe sur le flux des services écosystémiques pouvant être assurés par les caractéristiques naturelles restantes de la région. Les répercussions précises n’ont pas été complètement ou quantitativement mesurées, mais les tendances des services écosystémiques sont fonction des tendances dans la structure, la fonction et la composition des écosystèmes281,314. La transformation de la végétation des forêts, des milieux humides et des plaines de l’écozone+ en zones agricoles et urbaines nuit aux services écosystémiques de soutien naturels tels que la formation des sols, le cycle des nutriments et la pollinisation, de même qu’aux services de régulation tels que la régulation de l’eau et l’approvisionnement en eau.

Par exemple, une étude pilote dans l’est de l’Ontario dans le cadre de l’Initiative nationale d’élaboration de normes agroenvironnementales (INENA) a conclu qu’une forte proportion de la zone d’étude ne contenait pas un couvert naturel suffisant à l’échelle du paysage pour fournir des services complets ou partiels de pollinisation dans les champs agricoles315. Bien qu’il y ait des signes d’amélioration106,017, la perte de couvert naturel, l’urbanisation et l’expansion de l’agriculture touchent les services écosystémiques qui assurent la régulation et la qualité de l’eau ainsi que l’approvisionnement en eau. Cela est dû à la fragmentation et à la canalisation des cours d’eau, à l’aménagement de barrages, à la modification des débits et à l’augmentation des teneurs en sédiments et en nutriments104,105,115,122.

Même si l’écozone+ des plaines à forêts mixtes est grandement perturbée, elle assure d’importants services écosystémiques. L’agriculture est le service d’approvisionnement principal au sein de l’écozone+. Bien qu’elle occupe seulement 9 % de la couverture terrestre du Canada, les plaines à forêts mixtes rapportent 38 % de la production agricole canadienne206,207. Les forêts sont importantes à la fois du point de vue traditionnel de l’économie et du point de vue des services écosystémiques qu’elles offrent316. Le réseau de forêts et d’autres aires naturelles de l’écozone+ est également crucial dans la lutte contre les changements climatiques : il contribue à la séquestration du carbone et permet aux plantes et aux animaux de réagir aux changements environnementaux en colonisant de nouvelles aires. La chasse et la pêche sont des composantes importantes de l’économie du secteur des loisirs reposant sur les ressources. Par exemple, dans la partie ontarienne de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes, la pêche sportive représentait 570 millions de dollars de dépenses liées aux biens et aux services en Ontario en 2005317. D’autres avantages importants des services écosystémiques sont associés aux aires protégées de l’écozone+, y compris des avantages culturels, sociaux et spirituels ainsi que des avantages économiques directs résultant de l’utilisation récréative des parcs318.

Plusieurs études récentes se fondent sur l’évaluation des services écosystémiques pour déterminer la valeur économique indirecte des aires naturelles restantes dans le sud de l’Ontario. Selon ces études, ces aires, qui représentent une partie importante de la valeur économique totale du paysage, sont souvent ignorées319. Par exemple, une étude de 2004 a estimé que les avantages économiques indirects (non considérés) des services écosystémiques du bassin versant de la rivière Grand équivalaient environ aux avantages économiques directs des terres agricoles du bassin, lesquels sont pris en compte320. Deux études achevées en 2008 estimaient la valeur annuelle des services écosystémiques mesurables, mais non considérés, de la ceinture de verdure de l’Ontario et du bassin du lac Simcoe à respectivement 2,6 milliards de dollars et 975 millions de dollars annuellement321,322.

Une étude récente a examiné les services écosystémiques pour l’ensemble de la partie ontarienne de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes au moyen d’une évaluation économique spatialement explicite. Selon les estimations prudentes de l’étude, les services écosystémiques de la région fournissent au moins 84 milliards de dollars par année en avantages économiques, lesquels ne sont pas considérés319. Les milieux humides urbains et suburbains fournissent les services écosystémiques que sont la filtration de l’eau, l’approvisionnement en eau et l’atténuation des inondations, ce qui représente au moins 40 milliards de dollars annuellement319. Les systèmes fluviaux urbains et suburbains fournissent des services écosystémiques estimés à 236 000 dollars par hectare par année, soit parmi les plus grands avantages économiques compte tenu de leur taille, principalement parce qu’ils profitent à de grandes populations humaines319.

L’étude et l’évaluation des services écosystémiques sont encore des domaines de recherche relativement nouveaux, et plusieurs priorités nécessitent un examen approfondi, dont les suivantes :

  • déterminer si des aires naturelles suffisantes existent afin de fournir les services écosystémiques requis par la population grandissante de l’écozone+;
  • établir avec plus de précision l’influence de la perte ou de la remise en état des aires naturelles sur la prestation des services écosystémiques;
  • combler les lacunes dans la littérature traitant de l’évaluation des services écosystémiques et examiner la manière dont des facteurs contextuels tels que les pénuries ou la configuration du paysage influent sur les valeurs313,319.

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Notes

Note i un

Une analyse de l’Ontario a déterminé que 1,8 % de l’écozone était protégé en mai 2009. Les raisons de l’écart entre les résultats de cette analyse et ceux de l’analyse du RETE ne sont pas entièrement connues, mais reflètent possiblement les interprétations divergentes de la limite de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes par les gouvernements fédéral et provinciaux. Néanmoins, les deux valeurs montrent que la superficie des aires protégées de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes est faible comparativement à celle des autres écozones+ du Canada et à l’objectif de la Convention sur la diversité biologique de protéger 10 % de chaque région écologique mondiale.

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Noteii deux

Les parcs provinciaux Carillon, Charleston Lake, Awenda et McRae Point ont été créés en vertu de la LRVATA.

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Note iii trois

Les parcs provinciaux Black Creek, Fish Point, Komoka, Bass Lake, Cabot Head, Stoco Fen, James N. Allan et de nombreux autres ont été créés (OMNR, 1983).

Retour à la note trois iii

Note iv quatre

L’UICN suit les recommandations de Gray et al. (2009) et la version 2009.05 du SRSAC. Il faut noter que le niveau de protection des catégories de l’UICN varie d’une protection complète à une protection partielle, en fonction des politiques en place.

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Note v cinq

Indique que la catégorie d’aire protégée se trouve dans la base de données 2009.05 du SRSAC.

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Note vi six

Le résumé complet se trouve dans le Rapport sur l’état des zones protégées de l’Ontario du MRN. Les données présentées portent sur le patrimoine culturel, l’environnement naturel, les réserves naturelles, les voies navigables et les parcs provinciaux récréatifs renfermant des zones protégées chevauchant les limites de l’écozone.

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Note vii sept

P. Kor, comm. pers. (22 juillet 2010) et SOPAR (2011).

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Note viii huit

Aux fins de ce résumé, « écozone » renvoie à la partie ontarienne seulement.

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Note ix neuf

Charge critique : Estimation quantitative de l’exposition à au moins un polluant au-dessous de laquelle il n’existe apparemment pas d’effets néfastes importants sur des éléments particuliers de l’environnement.

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