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Thème : interface science-politique

Constatation clé 21
Surveillance de la biodiversité, recherche, gestion de l’information et communication

Constatation clé à l’échelle nationale
Les données de surveillance à long terme, normalisées, spatialement détaillées et facilement accessibles, complétées par des recherches sur les écosystèmes, fournissent les constatations les plus utiles pour les évaluations de l’état et des tendances par rapport aux politiques. Le manque de ce type d’information dans de nombreux secteurs a nui à l’élaboration de la présente évaluation.

Éléments probants de l’Ontario

Malgré qu’elles accueillent 53 % de la population du Canada444 et qu’elles présentent la plus grande accessibilité, les plaines à forêts mixtes font l’objet de données limitées, ce qui empêche la réalisation d’une évaluation pertinente de l’écosystème. La plupart des données disponibles pour cette écozone+ont été produites pour répondre à des questions de recherche ou de gestion précises et ne faisaient pas partie d’un programme de surveillance à long terme. Généralement, les programmes de surveillance à grande échelle et à long terme qui pourraient fournir des données visant à appuyer des initiatives comme le RETE n’ont pas été conçus, financés ou mis en œuvre pour la partie ontarienne de cette écozone+.

À l’échelle du paysage de la partie ontarienne des plaines à forêts mixtes, l’établissement de rapports est limité par l’inexistence d’un inventaire forestier (qui permettrait la surveillance des changements dans les essences d’arbres) et par l’absence d’engagements quant à la mise à jour du Système d’information sur les terres du sud de l’Ontario (SOLRIS), lequel constitue une couche de couverture terrestre à échelle grossière qui permettrait un suivi des changements à grande échelle du paysage au fil du temps. Outre le fait que les données sur la couverture terrestre sont grossières et non actualisées, on en sait peu sur la quantité et la configuration de la végétation naturelle nécessaires à la protection de la biodiversité et des services écologiques. Le récent rapport sur l’état de la biodiversité de l’Ontario de 2010 présentait 25 indicateurs concernant l’écozone+ des plaines à forêts mixtes. De ces indicateurs, 8 présentaient des données d’une grande fiabilité, 15 présentaient des données de fiabilité moyenne, et 2 n’ont pas été évalués en raison soit d’un manque de données, soit d’un manque d’analyse des données à long terme213. À l’heure actuelle, seulement 16 de ces indicateurs auront des données disponibles dans le futur, ce qui permettra leur réexamen213.

Pour les espèces terrestres, la plupart des données sur les tendances à long terme proviennent de la « science citoyenne ». Les données sur les oiseaux et les amphibiens, comme celles recueillies pour les Atlas d’oiseaux nicheurs, les Relevés d’oiseaux nicheurs, le Recensement des oiseaux de Noël, le Programme de surveillance des marais, le Relevé des amphibiens en bordure de chemin et Attention Grenouilles, sont des exemples de science citoyenne. En partenariat avec le MRNO, l’Ontario Federation of Anglers and Hunters dirige deux programmes de science citoyenne liés aux espèces envahissantes : l’Invading Species Watch Program, qui vise spécifiquement à analyser des échantillons d’eau en vue d’y repérer le cladocère épineux (Bythotrephes longimanus) et des larves véligères de moule zébrée (Dreissena polymorpha), et l’Invading Species Awareness Program, qui permet aux citoyens de rapporter leurs observations d’espèces envahissantes239. Ces programmes et d’autres programmes semblables peuvent fournir des données scientifiquement fiables, à long terme et à grande échelle445,446, tout en permettant aux citoyens de participer à la conservation de la biodiversité de leur région447. Toutefois, ils ne couvrent pas l’étendue entière de la surveillance nécessaire puisqu’ils ont recours à des protocoles de collecte de données adaptés à des non-scientifiques445. En plus des données de surveillance citoyenne, de nombreuses espèces en péril profitent également des données obtenues par l’entremise des activités dirigées par les équipes de rétablissement. La plupart des données de surveillances des espèces en péril recueillies en Ontario sont stockées au Centre d’information sur le patrimoine naturel du MRNO; toutefois, il n’existe aucune exigence spécifique en matière de protocoles de surveillance normalisés ou de stockage des données dans un répertoire centralisé448. Puisque la majorité des espèces qui se trouvent en Ontario ne sont pas des espèces en péril, des espèces envahissantes ou des espèces propices à la surveillance par les citoyens, les données qui permettent l’examen des tendances à long terme et à grande échelle ne sont pas disponibles dans leur cas.

Très peu d’activités de surveillance et d’inventaire normalisées des espèces aquatiques ont été réalisées dans la partie ontarienne de l’écozone+ depuis les années 1980161. Selon l’examen des données hydrométriques dans l’ensemble du Canada449, dans le cours inférieur du Saint-Laurent (dans le sud de l’Ontario, à l’ouest du lac Simcoe), les stations hydrométriques étaient grandement lacunaires dans 25 % de la région et lacunaires dans 50 % de la région. De plus, bien que le réseau semble dense, la vaste étendue des zones présentant ces lacunes donne à penser que le réseau était mal conçu. Seulement 27 % du cours moyen du Saint-Laurent, qui s’étend des environs du lac Simcoe à la région de Montréal, étaient dépourvus de stations hydrométriques, ce qui indiquait que la situation était relativement mieux dans cette région449.

Nos connaissances sur le fonctionnement des écosystèmes sont également très limitées. Les données de base sur le flux du carbone, la productivité primaire, le cycle et la charge des nutriments, les relations entre les eaux souterraines et de surface, et l’écoulement et la qualité des eaux souterraines sont toutes insuffisantes. Les épizooties (par exemple, syndrome du museau blanc chez les chauves-souris; veuillez consulter la section « Changements rapides et seuils ») et les répercussions cumulatives des activités humaines et des contaminants ont peu de données de base et sont mal comprises161.

Le manque de données écologiques de base limite également notre capacité à évaluer les écosystèmes. Pour de nombreux auteurs, le manque de données est un obstacle d’envergure à la création d’estimations précises des valeurs des biens et des services écosystémiques319,321,450,451,452. Le manque de données est général, mais les écosystèmes des prairies (prairies, alvars, savanes) sont encore plus pauvres en renseignements accessibles que les autres types d’écosystèmes319.

Pour compliquer davantage les choses, les données sur un sujet unique peuvent être recueillies au moyen de protocoles différents d’une instance à l’autre, ce qui rend les analyses transfrontalières hautement problématiques, voire impossibles. À l’intérieur de la partie ontarienne de l’écozone+, il y a trois ministères fédéraux, six districts du MRNO, une trentaine d’offices de protection de la nature, plus de 200 municipalités et un nombre inconnu d’organisations non gouvernementales, tous participant d’une manière ou d’une autre à la surveillance environnementale161.

Actuellement, la plupart des organismes surveillent seulement les tendances des écosystèmes qui font partie de leur mandat et de leur secteur géographique. Et parfois, ils ne surveillent que ce qu’ils peuvent se permettre de surveiller161. Un cadre d’évaluation stratégique des écosystèmes intégrant les programmes de surveillance à grande échelle et d’inventaire à échelle grossière et fine est nécessaire. La surveillance à long terme nécessite un financement à long terme. Le commissaire à l’environnement de l’Ontario a récemment indiqué que la partie du budget provincial alloué à l’environnement (0,36 % du budget total) ne correspond pas aux attentes du public en matière de dépenses454. Ces questions de compétence, combinées à un manque de fonds, expliquent pourquoi peu de données de surveillance sont disponibles dans la partie ontarienne de l’écozone+.

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Constatation clé 22
Changements rapides et seuils

Constatation clé à l’échelle nationale
À mesure que l’on comprend de plus en plus les changements rapides et inattendus, les interactions et les seuils, en particulier en lien avec les changements climatiques, on voit naître le besoin d’établir une politique qui permet de répondre et de s’adapter rapidement aux indices de changements environnementaux, et ce, afin d’éviter des pertes de biodiversité graves et irréversibles.

Trois maladies, soit le syndrome du museau blanc (SMB; causé par le Geomyces destructans sp. nov)455, la chytridiomycose (causée par le Batrachochytrium dendrobatidis) et la septicémie hémorragique virale (SHV; causée par le génotype IVb du virus de la SHV), qui sévissent actuellement dans l’écozone+ des plaines à forêts mixtes, offrent des exemples frappants de la propagation rapide de certaines menaces pesant sur la fonction écologique et la biodiversité de l’écozone+, menaces qui demeurent malgré tout mal comprises.

Le SMB (Figure 40) est une maladie s’attaquant aux chauves-souris en hibernation, perchées dans des grottes. Sa présence en Ontario a été confirmée en mars 2010456. Le premier cas de SMB a été documenté à l’hiver 2006 dans une grotte près d’Albany, dans l’État de New York457. Depuis, la maladie s’est propagée (Figure 41) et a causé la mort de plus de un million de chauves-souris dans le nord-est des États-Unis458. Les taux de mortalité liés au SMB dépassent souvent les 75 % chez les chauves-souris des hibernacles infectés et, dans certains d’entre eux, les taux s’élèvent à près de 100 %458,459. Les chauves-souris atteintes du SMB peuvent présenter des anneaux de champignons blancs autour de leur museau, sur les membranes de leurs ailes et sur leurs oreilles. Les champignons pénètrent dans les tissus et remplissent les follicules pileux et les glandes sébacées455. Les individus infectés souffrent de perte de poids sévère; des chauves-souris émaciées ont été trouvées à l’extérieur de grands hibernacles au cours de l’hiver; ils étaient probablement à la recherche de nourriture (normalement, les chauves-souris hibernent)459. Parmi les espèces touchées figurent la petite chauve-souris brune (Myotis lucifugus), la chauve-souris nordique (Myotis septentrionalis), la grande chauve-souris brune (Eptesicus fuscus) et la pipistrelle de l’Est (Perimyotis subflavus)455.

Les scientifiques ne sont pas sûrs de l’origine du SMB, mais le champignon responsable de la maladie a récemment été détecté chez une chauve-souris en France458, qui ne présentait cependant aucun symptôme de la maladie. Les chercheurs en sont donc venus à penser que la présence du champignon en Europe remonte à il y a longtemps et que les chauves-souris sont immunisées contre le SMB. Si cette hypothèse s’avère, le champignon a sans doute été introduit aux États-Unis d’une façon ou d’une autre, et s’est maintenant propagé aux plaines à forêts mixtes. Les conséquences du SMB sont considérables puisque les chauves-souris représentent 13,5 % de la diversité des mammifères de l’écozone+ 459 et 20 % de la diversité des mammifères à l’échelle mondiale458. Les chauves-souris jouent un rôle écologique important dans l’écozone+. Une petite chauve-souris brune, par exemple, consomme environ l’équivalent de sa masse corporelle en insectes chaque nuit. S’il y a mortalité massive de chauves-souris, la biomasse d’insectes normalement consommée restera intacte, ce qui aura des effets sur les cultures et d’autres répercussions écologiques et économiques459.

Figure 40. Chauves-souris atteintes du syndrome du museau blanc, mine Craigmont, Ontario
Chauves-souris

Photographe : Lesley Hale, MRNO, Peterborough. Reproduit avec permission.

Figure 41. Propagation du syndrome du museau blanc chez les chauves-souris.
Carte du nord-Amerique est
Long description for Figure 41

Cette carte de la région des Grands Lacs et de l’est des États Unis indique l’étendue du syndrome du museau blanc et les zones d’hibernation des chauves-souris en date du 19 avril 2010. Les régions touchées par le syndrome du museau blanc (SMB) sont catégorisées de la façon suivante : Mortalité – Hiver 2006-2007; Confirmé – Hiver 2007-2008; Possible – Hiver 2008-2009; Confirmé – Hiver 2008-2009; Possible – Hiver 2009-2010 et Confirmé – Hiver 2009-2010. La carte indique également les zones d’hibernation des chauves-souris et les voies de transmission possibles. La catégorie Mortalité – Hiver 2006-2007 est confinée à une région unique dans l’État de New York. À l’hiver 2007-2008, le SMB a été confirmé au New Hampshire, dans l’ouest du Massachusetts, au Connecticut, dans l’est de l’État de New York et à l’est du lac Ontario près de la frontière canadienne. Lors de l’hiver 2008-2009, le SMB a été confirmé dans les régions supplémentaires du New Hampshire, du Connecticut et de New York, et a également été confirmé au Vermont, au New Jersey, en Pennsylvanie, en Virginie et en Virginie-Occidentale et est possiblement dans l’est du Massachusetts et au centre de l’État de New York. Lors de l’hiver 2009-2010, le SMB a également été confirmé au Tennessee et est considéré comme possible au Missouri. Il s’est également déplacé au nord de la frontière canadienne et a été confirmé à deux endroits au Québec, à l’est d’Ottawa et au nord du Vermont, et en Ontario à l’ouest de la rivière des Outaouais, au nord du lac Ontario et au sud-ouest de la baie Georgienne. La carte indique également une portion des zones d’hibernation des chauves-souris reliées à partir de l’est des Grands Lacs, vers le littoral est et déviant vers l’ouest au Missouri et en Arkansas. Les voies de transition du SMB possibles sont identifiées comme se déplaçant vers l’extérieur de la zone de mortalité de 2006-2007 dans l’État de New York, au sud-ouest de ces zones d’hibernation et vers le nord, vers le Maine, le Québec et l’Ontario. Les zones d’hibernation isolées dans le Midwest américain et au sud-ouest ontarien ne semblent pas avoir été touchées par le SMB en date d’avril 2010.

Source : Szymanski et al. (2009)460. Carte de base de Bat Conservation International.

La chytridiomycose, détectée chez plus de 200 espèces d’amphibiens sur cinq continents461,462, est considérée comme un grave problème pour la conservation de la biodiversité. La maladie est présente chez 12 amphibiens communs de cinq provinces canadiennes et de sept États américains, notamment dans 30 des 69 localités examinées dans la vallée du Saint-Laurent, au Québec394. On estime que le champignon provient d’Afrique et qu’il s’est propagé grâce au commerce international de la dactylèthre (Xenopus laevis)461,463. Certains éléments probants indiquent que le ouaouaron (Rana catesbeiana), une de nos espèces indigènes, est un porteur potentiel de l’infection, laquelle est mortelle chez de nombreuses autres espèces d’amphibiens464.

La SHV, identifiée dans les années 1960, était initialement connue comme la maladie de la truite arc-en-ciel d’eau douce en Europe465. Le virus (VSHV) a été détecté dans la région du Pacifique Nord-Ouest d’Amérique du Nord à la fin des années 1980, où il a été trouvé chez des saumons quinnats et cohos anadromes. Il a depuis été détecté dans une variété d’espèces de poissons marins466. La SHV a été reconnue comme maladie grave dans le lac Ontario en 2005, et le VSHV a été mis en cause dans la mortalité massive (environ 100 tonnes métriques) de malachigans (Aplodinotus grunniens) dans la baie de Quinte467. Le virus a par la suite été trouvé dans des échantillons archivés de maskinongés (Esox masquinongy) du lac St. Clair en 2003468, ce qui indique qu’il est présent dans les Grands Lacs depuis plusieurs années. Le VSHV est maintenant connu dans de multiples localités de l’ensemble des Grands Lacs (bien que les détections dans le lac Supérieur ne soient pas confirmées au moment de la rédaction du présent rapport469) et a été détecté chez une trentaine d’espèces de poissons des Grands Lacs. Un grand nombre, mais pas la totalité, des détections ont été réalisées lors d’épisodes de mortalité importants au sein des Grands Lacs (Figure 42)466.

La chytridiomycose, détectée chez plus de 200 espèces d’amphibiens sur cinq continents461,462, est considérée comme un grave problème pour la conservation de la biodiversité. La maladie est présente chez 12 amphibiens communs de cinq provinces canadiennes et de sept États américains, notamment dans 30 des 69 localités examinées dans la vallée du Saint-Laurent, au Québec394. On estime que le champignon provient d’Afrique et qu’il s’est propagé grâce au commerce international de la dactylèthre (Xenopus laevis)461,463. Certains éléments probants indiquent que le ouaouaron (Rana catesbeiana), une de nos espèces indigènes, est un porteur potentiel de l’infection, laquelle est mortelle chez de nombreuses autres espèces d’amphibiens464.

La SHV, identifiée dans les années 1960, était initialement connue comme la maladie de la truite arc-en-ciel d’eau douce en Europe465. Le virus (VSHV) a été détecté dans la région du Pacifique Nord-Ouest d’Amérique du Nord à la fin des années 1980, où il a été trouvé chez des saumons quinnats et cohos anadromes. Il a depuis été détecté dans une variété d’espèces de poissons marins466. La SHV a été reconnue comme maladie grave dans le lac Ontario en 2005, et le VSHV a été mis en cause dans la mortalité massive (environ 100 tonnes métriques) de malachigans (Aplodinotus grunniens) dans la baie de Quinte467. Le virus a par la suite été trouvé dans des échantillons archivés de maskinongés (Esox masquinongy) du lac St. Clair en 2003468, ce qui indique qu’il est présent dans les Grands Lacs depuis plusieurs années. Le VSHV est maintenant connu dans de multiples localités de l’ensemble des Grands Lacs (bien que les détections dans le lac Supérieur ne soient pas confirmées au moment de la rédaction du présent rapport469) et a été détecté chez une trentaine d’espèces de poissons des Grands Lacs. Un grand nombre, mais pas la totalité, des détections ont été réalisées lors d’épisodes de mortalité importants au sein des Grands Lacs (Figure 42)466.

Figure 42. Répartition des poissons infectés par le virus de la septicémie hémorragique virale (VSHV) dans les Grands Lacs, de 2003 à 2008.
Carte des Grands Lacs
Long description for Figure 42

La carte indique les emplacements où le VSHV a été détecté chez les poissons infectés ou morts chaque année et identifie quatre points chauds de l’invasion. En 2003 et 2004, le VSHV a été détecté chaque année dans le lac St. Clair, au nord de Détroit. En 2005, il a été détecté dans le lac St. Clair et dans le lac Ontario, près de Kingston. En 2006, le VSHV a été détecté dans le lac St. Clair, à 3 endroits le long de l’extrémité nord-est du lac Huron, dans 4 endroits le long de la rive sud du lac Érié et à 4 endroits le long de la rive sud du lac Ontario et en amont du fleuve Saint Laurent. En 2007, il a été détecté à un endroit à Green Bay, à 3 endroits le long de la rive sud du lac Érié, et à 4 endroits le long de la rive sud du lac Ontario. En 2008, le VSHV a été détecté à 2 endroits le long de la rive sud-ouest du lac Michigan entre Milwaukee et Chicago. Les points chauds d’invasion sont identifiés à la pointe la plus à l’ouest du lac Supérieur; du côté est du lac Supérieur dans la baie Whitefish et la rivière St. Mary’s; de la pointe sud du lac Huron par la rivière St. Clair; le lac St. Clair et la rivière Detroit jusqu’à la pointe ouest du lac Érié; et de la pointe est du lac Érié jusqu’à la pointe ouest du lac Ontario.

Source : Bain et al. (2010)466

Les poissons de pêche sportive ne sont pas le seul groupe de poissons porteurs du virus. Ce dernier a également été détecté chez des poissons-appâts, comme la queue à tache noire (Notropis hudsonius)466; c’est pourquoi l’on craint que le virus puisse se propager par l’entremise du transport de poissons-appâts. Le virus détruit les cellules endothéliales, qui recouvrent la paroi interne des vaisseaux sanguins, faisant en sorte que les vaisseaux ne parviennent plus à contenir le sang. Une hémorragie s’ensuit. D’autres symptômes de la SHV sont notamment l’exophtalmie, la distension de l’abdomen, la décoloration et la présence de plaies sur le corps. Le VSHV figure sur la liste des agents pathogènes à déclarer de l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale), et la détection de la SHV dans un nouvel endroit a des conséquences importantes sur le commerce national et international465. Des questions demeurent à propos de la voie d’entrée du virus dans les Grands Lacs et de la manière dont il se propage. Le transport maritime est un vecteur possible de la propagation du VSHV, mais un document récent466 n’a établi aucune relation entre les centres de transport maritime ou les activités nautiques, les points chauds d’invasion (pour les espèces non indigènes envahissantes) et la présence du VSHV (Figure 43). 

Figure 43. Répartition des poissons et des eaux infectés par le VSHV, des sites associés aux activités de transport et de navigation, et des rives à découvert.
Carte de Grands Lacs
Long description for Figure 43

Cette carte indique l’emplacement des ports de marchandises, des centres de navigation et les rives à découvert le long des rives du lac Huron, du lac St. Clair, de la rivière Detroit, le lac Érié, le lac Ontario et en amont du fleuve Saint-Laurent ainsi que la répartition du VSHV liés à ces emplacements.

Quatre ports de marchandises, deux centres de navigation et deux rives à découvert sont situés le long de la rive nord-ouest du lac Huron et sur la rivière St. Mary’s. De ces lieux, le VSHV a été retrouvé dans les poissons à un port de marchandises, à un centre de navigation et sur une rive à découvert, les autres lieux n’ont pas présenté de symptômes du VSHV.

Sur la rive ouest du lac St. Clair et le long de la rivière Detroit, deux ports de marchandises et une rive à découvert sont présents. La rive à découvert et un des ports de marchandises présentent des occurrences du VSHV chez les poissons et dans l’eau, et le deuxième port présente le virus chez les poissons.

Le long de la rive sud du lac Érié, huit ports de marchandises sont présents : le VSHV est présent chez les poissons dans trois d’entre eux, chez les poissons et dans l’eau dans trois autres et deux ne présentent aucun signe du virus. Quatre centres de navigation sont également présents : un dont les poissons présentent le VSHV, deux dont le VSHV est présent chez les poissons et dans l’eau, et un sans aucun signe du virus. Des quatre rives à découvert, une présente le VSHV chez les poissons, deux présentent le VSHV chez les poissons et dans l’eau et une ne présente aucun signe du virus. Les quatre sites qui ne présentent aucune trace du VSHV se trouvent entre Cleveland et Érié.

Le long de la rive sud du lac Ontario, deux ports de marchandises présentent les symptômes du VSHV chez les poissons et dans l’eau et un chez les poissons; un centre de navigation présente les symptômes du VSHV chez les poissons et deux rives à découvert les présentent chez les poissons. Aucun site ne présentant aucune trace du VSHV n’a été identifié.

En amont du Saint-Laurent, une rive à découvert présente les symptômes du VSHV chez les poissons et dans l’eau, un port de marchandises et un centre de navigation ne présentent aucune trace du VSHV.

Quatre ports de marchandises, deux centres de navigation et deux rives à découvert sont situés le long de la rive nord-ouest du lac Huron et sur la rivière St. Mary’s. De ces lieux, le VSHV a été retrouvé dans les poissons à un port de marchandises, à un centre de navigation et sur une rive à découvert, les autres lieux n’ont pas présenté de symptômes du VSHV.

Sur la rive ouest du lac St. Clair et le long de la rivière Detroit, deux ports de marchandises et une rive à découvert sont présents. La rive à découvert et un des ports de marchandises présentent des occurrences du VSHV chez les poissons et dans l’eau, et le deuxième port présente le virus chez les poissons.

Le long de la rive sud du lac Érié, huit ports de marchandises sont présents : le VSHV est présent chez les poissons dans trois d’entre eux, chez les poissons et dans l’eau dans trois autres et deux ne présentent aucun signe du virus. Quatre centres de navigation sont également présents : un dont les poissons présentent le VSHV, deux dont le VSHV est présent chez les poissons et dans l’eau, et un sans aucun signe du virus. Des quatre rives à découvert, une présente le VSHV chez les poissons, deux présentent le VSHV chez les poissons et dans l’eau et une ne présente aucun signe du virus. Les quatre sites qui ne présentent aucune trace du VSHV se trouvent entre Cleveland et Érié.

Le long de la rive sud du lac Ontario, deux ports de marchandises présentent les symptômes du VSHV chez les poissons et dans l’eau et un chez les poissons; un centre de navigation présente les symptômes du VSHV chez les poissons et deux rives à découvert les présentent chez les poissons. Aucun site ne présentant aucune trace du VSHV n’a été identifié.

En amont du Saint-Laurent, une rive à découvert présente les symptômes du VSHV chez les poissons et dans l’eau, un port de marchandises et un centre de navigation ne présentent aucune trace du VSHV.

Source Bain et al., 2010466

Baine et al. (2010)466 ont conclu que le VSHV était enzootique (présence continue dans les populations de poissons, mais dans un petit nombre de cas) et épizootique (épidémie parmi les populations d’une espèce unique dans une région en particulier), bien que les infections trouvées au cours de leur vaste enquête dans les Grands Lacs aient souvent été subcliniques (les poissons ne paraissaient pas malades). Faisal et Schulz (2010)470 ont déterminé que le VSHV était présent chez la sangsue (Myzobdella lugubris), espèce répandue dans les lacs Érié et St. Clair, et ont laissé entendre qu’elle pouvait jouer un rôle dans la transmission du virus. De récents essais ont montré que la désinfection aux iodophores des œufs de doré et de grand brochet (Esox lucius) élimine le VSHV, mais les auteurs ont signalé que certains régimes réduisaient l’éclosion des œufs471. La désinfection aux iodophores lors de la récolte de gamètes de salmonidés et de non-salmonidés immédiatement après la fécondation peut réduire la transmission du VSHV471.

La propagation rapide et le nombre élevé d’espèces touchées par ces trois maladies, qui touchent les populations de chauve-souris, de grenouilles et de poissons des plaines à forêts mixtes, font ressortir le genre de surprises, de répercussions imprévues et d’interactions que les gestionnaires de la faune et les décideurs ont du mal à traiter.

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