Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ de la taïga des plaines

Thème : Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé 8
Aires protégées

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
La superficie et la représentativité du réseau d’aires protégées ont augmenté ces dernières années. Dans bon nombre d’endroits, la superficie des aires protégées est bien au-delà de la valeur cible de 10 % qui a été fixée par les Nations Unies. Elle se situe en deçà de la valeur cible dans les zones fortement développées et dans les zones océaniques.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : En 2009, 5,6 % de l’écozone+ était très protégé, la plus grande aire protégée étant de loin le parc national du Canada Wood Buffalo, établi en 1922. De 1922 jusqu’au début des années 2000, peu de changements ont été apportés aux aires protégées; par la suite, plusieurs aires protégées, le plus souvent d’une assez petite superficie, ont été établies. Des aires protégées candidates ont été définies dans la vallée du Mackenzie en réponse au projet de construction d’un pipeline. Le but est de maintenir l’intégrité écologique en protégeant de manière permanente les aires assez peu perturbées et l’habitat important pour les espèces sauvages qui pourraient être gérés comme un réseau pour fournir le plus possible de connectivité entre ces sites.

Dans le nord du Canada, des aires protégées sont prévues et gérées afin de sauvegarder les aires importantes sur le plan culturel et de maintenir la biodiversité et les processus écologiquesRéférence 89. Dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, la superficie des aires protégées a peu changé de 1922 au début des années 2000. Le règlement de certaines revendications territoriales dans l’écozone+ et la sensibilisation de plus en plus grande à l’égard du besoin de protection d’aires protégées en raison de l’exploitation du pétrole et du gaz ont mené à des études et des plans concernant les aires protégées dans la partie de l’écozone+ qui se trouve dans les Territoires du Nord-OuestRéférence 90 Référence 91 ; ainsi, de nouvelles aires protégées ont été établies à compter du début des années 2000. Dans les parties de l’écozone+ qui se trouvent en Colombie-Britannique et en Alberta, la superficie des aires protégées est petite, à l’exception de celle du parc national Wood Buffalo. Par exemple, l’aire protégée de la rivière au Foin, un parc provincial de Colombie-Britannique d’une superficie de 23 km2 (dans le nord-est de la Colombie-Britannique à la figure 19), protège les fondrières et les milieux humides à épinettes noires revêtant une importance culturelle pour les Premières Nations dans la région de Fort Nelson.

En matière de planification des aires protégées dans le nord du Canada au cours des dernières années, l’approche vise l’intégrité écologique par la conception d’aires protégées qui répondent aux besoins d’espèces sensibles et le maintien des processus écologiquesRéférence 89. Dans la vallée du Mackenzie, cette approche nécessite de relier les corridors utilisés par les animaux sauvages pour établir un réseau d’aires protégéesRéférence 91. Les zones tampons y contribuent en partie, car ce sont des zones de transition entre les aires protégées principales et les terres et les eaux qui peuvent faire l’objet de développementRéférence 92, Référence 93.

État

Dans l’ensemble, 5,6 % de l’écozone+ était protégé en 2009 par 28 aires protégées des catégories I-III de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la plus grande aire protégée étant de loin le parc national du Canada Wood Buffalo, qui a été établi en 1922 (figure 19 et figure 20). La deuxième plus grande aire protégée est le Caribou Mountains Wildland Park, réserve naturelle de l’Alberta qui a été établie en 2001 et qui est adjacente au parc national du Canada Wood Buffalo. Les catégories I-III de l’UICN englobent les réserves naturelles, les réserves fauniques nationales, les zones de nature sauvage ainsi que les autres parcs et réserves établis pour la conservation des écosystèmes et du patrimoine naturel et culturelRéférence 94. De plus, 22 km2 de l’écozone+ (< 0,01 %) sont protégés par trois aires protégées de catégories V et VI, qui visent à préserver l’utilisation durable du territoire aux fins des traditions culturelles établiesRéférence 94. Dix-huit aires protégées non classées dans les catégories de l’UICN protègent un autre 1,4 % de l’écozone+. Les aires protégées de Sahyoue et d’Edacho sont les plus récentes; elles ont été établies en 2009.

Figure 19. Aires protégées dans l'écozone+ de la Taïga des plaines.
Carte
Source : Environnement Canada, 2009Référence 95; données provenant du Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC), v.2009.05, 2009Référence 96
Description longue pour la figure 19

Cette carte indique l’emplacement des aires protégées dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. La vaste aire protégée à l’angle sud-est de l’écozone+ est le parc national du Canada Wood Buffalo, qui s’étend à l’extérieur de l’écozone+ jusqu’en Alberta. Les autres grands aires protégées sont les aires d’Edéhzhíe et de Sahyoue et Edacho, dans la partie centrale de l’écozone+, et la zone de conservation du patrimoine du Gwich’in Land Use Plan au nord. Plusieurs zones de conservations plus petites sont dispersées à l’angle sud-ouest de l’écozone+.

Haut de la page

Figure 20. Augmentation de la superficie des aires protégées, écozone+ de la Taïga des plaines, de 1922 à 2009.

Données fournies par les compétences fédérales, territoriales et provinciales, à jour en mai 2009. Seules les aires protégées par la loi sont incluses. Les catégories d’aires protégées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) sont fondées sur les principaux objectifs de gestion (voir le texte pour plus d’informations). Les noms des grandes aires protégées ainsi que l’année de leur établissement sont indiqués. Remarque : la catégorie « non classifié », en jaune, représente les aires protégées pour lesquelles la catégorie de l’UICN n’a pas été fournie.

Graphique
Source : Environnement Canada, 2009Référence 95; données provenant du Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC), v.2009.05, 2009Référence 96
Description longue pour la figure 20

Ce diagramme à bandes indique les informations suivantes :

Augmentation de la superficie des aires protégées, écozone+de la Taïga des plaines, de 1922 à 2009.
Année de l'establissement de la protectionSuperficie protégée cumulative (km2) Catégories I-III de l'UICNNon classifié
1922 - 197223 9370
1973 - 197423 9400
197523 9410
1976-198223 9420
1983 - 198523 9480
1986 - 199324 1810
1994 - 199524 4530
1996 - 199824 5720
1999 - 200025 4060
2001 - 200232 1830
2003 - 200432 1832 763
2005 - 200833 5582 763
200933 5588 263

Le graphique indique l’année de création des parcs nationaux associés à la plus grande partie des augmentations entre 1922 et 2009. Le parc national du Canada Wood Buffalo  a été créé en 1922, la Caribou Mountains Wildland en 2001, l’aire de conservation du lac Travaillant, du fleuve Mackenzie et de la rivière Tree en 2003, l’aire protégée d’Edéhzhíe en 2005 et l’aire protégée de Sahyoue et Edacho en 2009.

Haut de la page

Les valeurs culturelles et les valeurs relatives aux espèces sauvages sont représentées dans les aires protégées de la Taïga des plaines qui sont proposées dans la stratégie des aires protégées des Territoires du Nord-Ouest. Les aires protégées ont été définies dans un plan quinquennal portant sur la vallée du Mackenzie afin d’accélérer la sélection de certaines aires en raison du projet de gazoduc MackenzieRéférence 90. Les aires protégées sont proposées aussi pour atténuer certaines préoccupations en matière de conservation de la biodiversité. Par exemple, la zone de conservation du Grand lac à l’Ours (Edaį́į́la), qui est incluse dans le plan d’utilisation des terres du Sahtu proposé, vise à protéger certaines parties des aires de répartition estivale, automnale et hivernale de la harde de caribous Bluenose-estRéférence 97, alors que la zone de conservation Edéhzhíe vise à protéger un habitat important pour les oiseaux migrateurs{13103}.Référence 91

Haut de la page

Constatation clé 9
Intendance

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Les activités d'intendance au Canada, qu'il s'agisse du nombre et du type d'initiatives ou des taux de participation, sont à la hausse. L'efficacité d'ensemble de ces activités en ce qui a trait à la préservation et à l'amélioration de la biodiversité et de la santé des écosystèmes n'a pas été entièrement évaluée.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : Dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, l’intendance est associée aux valeurs culturelles et spirituelles des Autochtones et intégrée dans la planification de l’utilisation des terres au moyen, notamment, des plans de conservation communautaires. Les partenariats public-privé et les initiatives nationales et internationales contribuent aussi à l’intendance d’écosystèmes.

Planification, cogestion et connaissances traditionnelles

Dans la Taïga des plaines, l’intendance nécessite la participation des Autochtones qui sont engagés dans les activités d’intendance en raison de leurs valeurs culturelles et spirituelles. Ces valeurs sont intégrées dans la planification de l’utilisation des terres qui requiert l’élaboration de plans de conservation communautaires. Dans la vallée du Mackenzie, la planification de l’utilisation des terres vise quatre accords sur les revendications territoriales (Inuvialuit, Gwich’in, Sahtu et Tlicho) ainsi que l’entente sur les mesures provisoires des Deh Cho. La Loi sur la gestion des ressources de la vallée du Mackenzie (LGRVM) s’applique aux Gwich’in, aux Dénés du Sahtu et aux Métis, mais ne s’applique pas à la région désignée des Inuvialuit (RDI). La LGRVM établit le cadre de planification de l’utilisation des terres par le biais des conseils de gestion des terres et des eaux de la région et de l’ensemble de la vallée.

Une caractéristique importante de l’intendance dans l’écozone+ de la Taïga des plaines est l’intégration des connaissances traditionnelles autochtones (CTA) dans les conseils de cogestion et les organismes de réglementation (voir par exemple, Office des ressources renouvelables des Gwich’in [2012]Référence 98), les évaluations environnementales (voir par exemple, Conseil du bassin du Mackenzie [2010]Référence 19), et les activités de recherche et de surveillance (voir par exemple, Eamer [2006]Référence 99 et Woo et al. [2007]Référence 100). Une grande partie des efforts ont porté sur l’élaboration de manières d’intégrer les CTA dans la prise de décisions visant la Taïga des plaines (voir par exemple, Office d’examen des répercussions environnementales de la vallée du Mackenzie [2005]Référence 101). Selon une évaluation de l’efficacité de l’utilisation des CTA menée par l’Office d'examen des répercussions environnementales de la vallée du Mackenzie, même si l’office a fait des efforts substantiels et sincères pour intégrer les CTA dans ses pratiques, sa capacité a été limitée sur le plan de la pleine intégration des connaissances en raison de l’existence de questions réglementaires complexesRéférence 102.

Haut de la page

Partenariats public privé

De plus, des initiatives d’intendance sont menées dans le cadre de partenariats public-privé. À la fin des années 1990, Canards Illimités, organisation internationale sans but lucratif, reconnaissant l’importance de la forêt boréale de l’ouest pour les oiseaux aquatiques, met sur pied un programme d’intendance qui visait à conserver les milieux humidesRéférence 103. Le programme prévoit la cueillette de données de base sur l’habitat des oiseaux aquatiques, y compris des relevés des oiseaux aquatiques, la cartographie de l’habitat et des analyses de la qualité de l’eau, ainsi que des recherches pour combler les lacunes en matière de connaissances. Les données recueillies servent à l’établissement de priorités en matière de conservation, par le biais de la gestion de l’utilisation des terres et des pratiques en la matière et de l’établissement d’aires protégées, avec comme objectif de créer des aires de milieux humides interreliées. Le projet prévoit, le cas échéant, une collaboration avec le secteur industriel afin d’élaborer des pratiques industrielles pour préserver l’habitat des oiseaux aquatiquesRéférence 103.

Quatre initiatives de Canards Illimités visant les milieux humides de la forêt boréale sont menées dans la Taïga des plaines; elles ont été élaborées dans le cadre de partenariats avec l’industrie forestière (en Colombie-Britannique), des organismes gouvernementaux, les conseils de gestion des Premières Nations et des Inuvialuit et les conseils des ressources renouvelables, des universités et des fondations privées. Les projets menés dans la Taïga des plaines sont les suivants (figure 21) :

  • Fort Nelson : 35 000 km2; les partenaires sont l’industrie forestière et le ministère des Forêts de la Colombie-Britannique;
  • Sahtu : 32 000 km2; les rapports ont été complétés en 2003; les partenaires sont le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest et le Conseil des ressources renouvelables du Sahtu;
  • Cours intermédiaire du fleuve Mackenzie : 52 000 km2; les partenaires sont les Conseil des ressources renouvelables des Gwich’in et le Conseil des ressources renouvelables du Sahtu et le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest;
  • Cours inférieur du fleuve Mackenzie : 3,4 millions d’hectares; les partenaires sont les conseils et les comités des ressources renouvelables pour les Inuvialuit et les Gwich’in, ainsi que le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest.
Figure 21. Emplacement de quatre projets d'aménagement de milieux humides dans la forêt boréale de l'ouest menés par Canards Illimités.

L'écozone de la Taïga des plaines (classification de 1995) est indiquée par la couleur grise.

Carte
Source : Canards Illimités Canada (2012)Référence 104.
Description longue pour la figure 21

Cette carte indique l’emplacement de quatre projets d’aménagement de milieux humides dans la forêt boréale menés par Canards Illimités Canada dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. Les projets d’aménagement du cours inférieur et du cours supérieur du fleuve Mackenzie sont situés dans le delta du Mackenzie, dans la partie nord-ouest de l’écozone+. Le projet de Sahtu est situé à l’ouest du Grand lac de l’Ours, tandis que le projet de Fort Nelson est situé à l’angle sud-ouest de l’écozone+, en Colombie-Britannique.

Haut de la page

Initiatives nationales et internationales contribuant à l'intendance dans la Taïga des plaines

À l’échelle nationale et internationale, il existe plusieurs plans de gestion et de conservation de l’habitat qui sont pertinents, en particulier pour les oiseaux. Ces plans servent à définir les aires à désigner comme aires protégées, y compris les sites Ramsar (voir la constatation clé relative aux milieux humides). Wiken et al. (2006)Référence 105 ont estimé qu’environ 6 % des 166 487 km2 de milieux humides de la Taïga des plaines (au moyen de la classification des écozones de 1995Référence 5) est protégé par des parcs nationaux. Le Plan nord-américain de gestion de la sauvagine, signé en 1986 et en 1993 par les gouvernements du Canada, des États-Unis et du Mexique à la suite de la perte de milieux humides et des déclins des populations d’oiseaux aquatiques, a été mis à jour en 2004 et en 2007Référence 106 afin d’y inclure les terres soustraites à l’aliénation de manière provisoire pour les aires protégées dans la vallée du Mackenzie.

Parmi les autres initiatives visant à ralentir les déclins des populations d’oiseaux, des partenariats volontaires tels que Partenaires d’envolRéférence 107 et l’Initiative de conservation des oiseaux de l’Amérique du NordRéférence 108 ont été mis en place et ont permis d’élaborer des ébauches de plans de gestion afin d’établir l’ordre des priorités en matière de conservation et de dresser la liste des mesures à prendre (par exemple, les plans des régions physiographiques de Partenaires d’envol, le Plan nord-américain de conservation des oiseaux terrestres et le Plan-cadre pour la conservation des oiseaux terrestres au Canada). Bien que ces initiatives ne comportent aucune disposition contraignante, elles peuvent contribuer à la détermination et à l’établissement de priorités en matière d’aires de conservation.

En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), l’habitat essentiel doit être défini pour les espèces sauvages en voie de disparition ou menacées dont font partie, dans la Taïga des plaines, le caribou des bois (population boréale). En 2012, l’habitat essentiel du caribou boréal a été défini dans le Programme de rétablissement du caribou des bois (Rangifer tarandus caribou), population boréale, au CanadaRéférence 109.

Constatation clé 10
Espèces non indigènes envahissantes

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Les espèces non indigènes envahissantes sont un facteur de stress important en ce qui concerne le fonctionnement, les processus et la structure des écosystèmes des milieux terrestres, des milieux d'eau douce et d'eau marine. Leurs effets se font sentir de plus en plus à mesure que leur nombre augmente et que leur répartition géographique progresse.

Haut de la page

Constatation clé à l’échelle écozone+ : Il existe un certain envahissement d’espèces de plantes non indigènes, en particulier le long des routes, dans la Taïga des plaines, mais seulement quelques espèces y sont modérément envahissantes. Par ailleurs, la tanthrède du mélèze, insecte forestier non indigène envahissant, s’est répandue dans l’écozone+, et la région a connu d’importantes infestations dans les années 1990. L’accès accru, le développement et les changements climatiques sont responsables de l’augmentation du taux d’introduction et de propagation d’espèces non indigènes dans les milieux terrestres et aquatiques.

Les espèces envahissantes non indigènes ne constituent pas actuellement une menace importante pour la biodiversité dans l’écozone+. Cependant, la situation pourrait changer avec l’introduction et la propagation d’espèces non indigènes associées au développement accru et aux changements climatiquesRéférence 110. Les déplacements routiers sont l’une des voies d’introduction les plus importantes d’espèces non indigènes dans l’écozone+Référence 111. Les espèces non indigènes s’établissent généralement lorsque les écosystèmes ont été perturbés, ce qui crée des niches que les nouvelles espèces peuvent exploiter. Tant un moyen de déplacement que la perturbation des écosystèmes sont habituellement nécessaires pour que les espèces envahissantes s’établissent dans les écosystèmes terrestres continentaux. Dans des milieux isolés, comme les lacs et les îles, un moyen de déplacement peut être suffisant. Les routes demeurent rares dans la majeure partie de l’écozone+, mais le nombre de routes augmentera probablement avec les projets de développement proposés, ce qui fera augmenter le risque associé aux espèces envahissantes non indigènes pour le biote de l’écozone+Référence 111.

Haut de la page

Plantes

Environ 10 % des espèces végétales des Territoires du Nord-Ouest ne sont pas indigènes à la région; cette proportion est comparable à celle d’autres territoires du nord et de l’ouest, et seulement quelques espèces non indigènes sont modérément envahissantesRéférence 110. En 2010, 116 espèces végétales non indigènes ont été identifiées dans les Territoires du Nord-Ouest, la plupart près de collectivités ou le long d’entités linéaires, comme les routes et les bandes défrichées. Le mélilot jaune (Melilotus officinalis) et le mélilot blanc (M. alba), qui se sont propagés le long des cours d’eau de l’Alaska et du YukonRéférence 112, sont présents vers le nord aussi loin qu’Inuvik mais ne semblent pas s’être propagés au delà des collectivités et des routes, du moins dans les Territoires du Nord-Ouest.

En Colombie-Britannique, la zone de gestion des plantes envahissantes de Fort Nelson affiche la plus faible incidence d’espèces de plantes envahissantes dans la province. Les espèces non indigènes ont été identifiées et classées selon leur statut actuel ou selon qu’elles risquent d’entrer dans la région. Il y a 12 espèces ou groupes d’espèces apparentées dans le nord-est de la Colombie-Britannique qui sont classées comme très compétitives et qui ont la capacité de se propager rapidement. Ces espèces comprennent les épervières (Hieracium spp.), la cynoglosse officinale (Cynoglossum officinale) et les centaurées (Centaurea spp.)Référence 113.

Haut de la page

Ravageurs forestiers

Quelques insectes ravageurs forestiers non indigènes ont été introduits dans la Taïga des plaines, y compris la tenthrède du mélèze (Pristiphora erichsonil), une espèce européenne. La présence de la tenthrède du mélèze a été signalée pour la première fois dans l’ouest du Canada dans les années 1930, puis l’insecte s’est propagé vers le nord et a atteint la région de Fort Nelson en 1952Référence 114. Il a continué à se propager vers le nord, s’attaquant aux peuplements de mélèze dans le sud de la partie des T.N.-O. située dans la Taïga des plaines depuis la fin des années 1960Référence 115. L’infestation de tenthrède du mélèze, apparue au milieu des années 1990, a endommagé les mélèzes dans la zone de South Slave et s’est déplacée rapidement vers l’ouest et le nord. L’infestation n’a duré qu’une année dans la région de la rivière au Foin, mais a persisté dans la région de Norman Wells durant environ sept à huit ans, mais le taux de défoliation a été moins élevé dans cette dernière régionRéférence 115. L’infestation qui s’est produite dans le nord-ouest de l’Alberta, de 1996 à 1999, a défolié de grandes parcelles de mélèzesRéférence 114.

Haut de la page

Espèces aquatiques

La structure des communautés d’un plan d’eau influe sur la chance d’établissement d’une espèce non indigèneRéférence 116. Les milieux aquatiques de la Taïga des plaines peuvent être particulièrement vulnérables aux espèces envahissantes car on y trouve relativement peu d’espèces. Dans l’est de l’Amérique du Nord, l’augmentation de la température de l’eau fait déplacer vers le nord l’aire de répartition de certaines espèces de poissons : par exemple, l’achigan à petite bouche (Micropterus dolomieu), une espèce prédatrice qui a changé les assemblages d’espèces et, par conséquent, les réseaux trophiquesRéférence 117. Les eaux plus chaudes de la Taïga des plaines offriront probablement aussi des conditions propices aux espèces non indigènes introduites depuis le sud de l’écozone+, et la répartition des espèces aquatiques sera modifiée, ce qui aura des répercussions sur les réseaux trophiques.

Haut de la page

Constatation clé 11
Contaminants

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Dans l'ensemble, les concentrations d'anciens contaminants dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine ont diminué au cours des 10 à 40 dernières années. Les concentrations de beaucoup de nouveaux contaminants sont en progression dans la faune; les teneurs en mercure sont en train d'augmenter chez certaines espèces sauvages de certaines régions.

Les concentrations de certains anciens contaminants ont diminué dans les poissons de l’écozone+, mais les tendances ne sont ni claires ni régulières; par exemple, au cours des dernières années, les concentrations de DDT ont augmenté dans la lotte du fleuve Mackenzie. D’après certaines données d’échantillonnage limitées, les concentrations de produits ignifuges bromés ont augmenté abruptement dans les poissons jusqu’au milieu des années 2000, puis ont baissé. Les concentrations de mercure sont naturellement élevées dans le bassin du Mackenzie et ont augmenté dans les poissons, y compris dans le fleuve Mackenzie et le Grand lac des Esclaves dans l’écozone+. Des modifications touchant l’écologie aquatique associées aux changements climatiques peuvent soit accentuer soit masquer les tendances de certains contaminants.

Les contaminants sont des substances qui sont introduites dans l’environnement en raison des activités humaines. Certains contaminants, comme le mercure, sont présents à l’état naturel mais, en raison des activités humaines, leurs concentrations peuvent augmenter à des niveaux qui pourraient être nuisibles pour les écosystèmes et les humains. Les contaminants peuvent être nuisibles pour les espèces et les écosystèmes et entraver les services écosystémiques. Lorsque les contaminants sont présents dans les aliments, ils peuvent affecter directement les animaux en nuisant à la reproduction. Ils peuvent aussi devenir un risque pour la santé des humains qui dépendent des animaux qui accumulent des contaminants pour se nourrir – en particulier les Autochtones, dont le régime alimentaire dépend largement de mammifères et de poissons marinsRéférence 118. La présente constatation clé ne porte que sur les contaminants qui persistent dans l’environnement et qui s’accumulent dans les tissus végétaux et animaux.

Les polluants organiques persistants entrent dans l’atmosphère par l’évaporation ou par les émissions industrielles et retournent à la surface de la Terre après avoir parcouru de grandes distances. Ils se déposent ensuite dans les précipitations ou les petites particules de poussière auxquelles ils s’attachent, puis tombent sur la neige, la glace, les roches et la végétation. À la fonte des neiges, l’eau transporte les particules et les polluants jusqu’aux écosystèmes aquatiques.

Les anciens contaminants sont les contaminants dont l’utilisation a été interdite ou limitée mais qui sont encore répandus dans l’environnement. Plusieurs polluants organiques persistants, y compris le pesticide DDT et les produits chimiques industriels BPC et HCH, sont considérés comme des anciens contaminants.

Les nouveaux contaminants sont des contaminants récents, ou des substances qui ont été utilisées durant un certain temps et qui ont été détectées récemment dans l’environnement – habituellement les nouveaux contaminants sont encore utilisés ou seulement partiellement réglementés. Même si l’utilisation de ces substances est interdite ou limitée, certaines d’entre elles persistent à des concentrations qui peuvent nuire à la santé animale dans certaines populations de prédateurs supérieurs vivant longtempsRéférence 3. Les composés ignifuges bromés, par exemple les PBDE, forment une classe de nouveaux contaminants qui ont été détectés dans l’environnement, même dans des endroits éloignés, à des concentrations de plus en plus grandes depuis le milieu des années 1980. Les concentrations de certains composés ignifuges bromés se sont stabilisées ou ont diminué au cours des dernières années en raison de l’adoption de nouveaux règlements et de la réduction de leur utilisationRéférence 118. Parmi les autres nouveaux contaminants, mentionnons certains pesticides et herbicides utilisés actuellement.

Le mercure est un autre contaminant qui peut s’accumuler dans les espèces sauvages. Une grande partie du mercure qui est présent dans les systèmes marins et d’eaux douces provient de sources industrielles comme la combustion du charbon – et les rejets de mercure sont de plus en plus importants dans certaines régions du mondeRéférence 119. Les concentrations de mercure dans les animaux sont très variables et les tendances du mercure sont mélangéesRéférence 118.

Haut de la page

Le mercure dans le bassin du fleuve Mackenzie

Le mercure dans le bassin du fleuve Mackenzie a été au centre d’une étude menée au cours des dernières années en raison notamment des concentrations de plus en plus élevées de mercure qui sont détectées dans les mammifères marins de la mer de Beaufort, ainsi que de la détection de concentrations assez élevées de mercure dans les poissons dans le nord du bassinRéférence 120. Carrie et al. (2012)Référence 120 ont estimé que les sources de mercure dans le fleuve Mackenzie étaient les suivantes :

  • l’altération des minéraux sulfurés dans les montagnes, dans l’ouest du bassin (environ 78 % du flux de mercure total);
  • l’érosion de dépôts de charbon (environ 10 %);
  • les dépôts atmosphériques (environ 6 %);
  • le mercure lié à la matière organique (environ 5 %).

L’ensemble du mercure n’est pas disponible de manière égale pour le biote; cependant, et bien que cela se produise pour des fractions relativement petites, le mercure déposé depuis l’atmosphère et le mercure lié à la matière organique peuvent se déplacer vers le réseau trophique plus rapidement que le mercure provenant d’autres sourcesRéférence 120. Les concentrations de mercure sont amplifiées dans le réseau trophique, et les concentrations détectées dans certains poissons prédateurs dans de nombreux lacs du bassin dépassent parfois les recommandations de Santé CanadaRéférence 59.

Au cours des 35 dernières années, les rejets de mercure dans le fleuve Mackenzie ont augmenté, ce qui a fait augmenter directement la quantité de mercure rejetée dans la mer de Beaufort par une petite fractionRéférence 121, Référence 122. De plus, les hauts niveaux d’eau érodent les berges, ce qui contribue à faire augmenter la sédimentation et les charges de mercure. L’augmentation des feux de forêts, qui constitue l’une des répercussions prévues du réchauffement planétaire, fera probablement augmenter le ruissellement du mercure vers le fleuve Mackenzie, parce que la majeure partie du mercure des dépôts atmosphériques s’accumule dans la matière organique de la couche supérieure du sol qui est exposée à l’érosion après un feuRéférence 122.

Haut de la page

Tendances relatives au mercure et aux polluants organiques persistants dans la Taïga des plaines

Les concentrations de mercure ont augmenté dans le touladi et la lotte de l’est et de l’ouest du Grand lac des Esclaves, de 1992 à 2008 (figure 22). Les concentrations d’anciens contaminants sont généralement à la baisse dans les poissons du Grand lac des Esclaves (représentées par les concentrations de HCH dans la figure 22); cependant, aucune tendance nette des concentrations de BPC n’y a été décelée de 1992 à 2007. Les changements dans l’écologie et la structure trophique des poissons du Grand lac des Esclaves peuvent accentuer ou masquer les tendances des contaminants. Par exemple, les contaminants organiques s’accumulent davantage dans les tissus adipeux, et les concentrations dans les tissus adipeux du touladi ont diminué au cours des dernières années. Cette réduction des concentrations dans les tissus adipeux peut être associée aux changements dans les effectifs relatifs de différentes espèces du lac ou aux changements dans l’écologie du lacRéférence 123.

Figure 22. Tendances des concentrations de mercure, de BPC et de HCH dans le touladi et la lotte du Grand lac des Esclaves, de 1992 à 2008.

Le bras de l’est du Grand lac des Esclaves se trouve dans l’écozone+de la Taïga du bouclier. Le bassin ouest du lac se trouve dans l’écozone+de la Taïga des plaines; les échantillons ont été prélevés dans la région de la rivière au Foin.

Graphiques
Source : fondé sur les données d’Evans (2009)Référence 123.
Description longue pour la figure 22

Ces trois nuages de points montrent les informations suivantes :

Tendances des concentrations de mercure, de BPC et de HCH dans le touladi et la lotte du Grand lac des Esclaves, de 1992 à 2008. Hg (mercure) ng/g
AnnéeTouladi du basin ouestTouladi du bras de l'estLotte du basin ouestLtte du bras de l'est
1993----
1994----
1995-117,50--
1996--82,00-
1997----
1998----
1999108,32143,44108,4883,87
2000-259,90134,82116,30
2001195,90152.84182.13122,04
2002156,60131,46157,40118,07
2003----
2004166,30152,40178,50171,40
2005179,80191,50114,60-
2006206,50160,80158,30-
2007207,00194,45240,40-
2008269,00189,09252,90189,00
Tendances des concentrations de mercure, de BPC et de HCH dans le touladi et la lotte du Grand lac des Esclaves, de 1992 à 2008. ∑PCB (polychlorbiphényles) ng/g
AnnéeTouladi du basin ouestTouladi du bras de l'estLotte du basin ouestLotte du bras de l'est
199313,8525,0974,52138,44
1994----
1995-20,86--
1996--96,43-
1997----
1998----
199927,5714,41118,2780,37
2000-16,68167,50127,50
200111,0125,63180,45125,90
20023,007,3683,43112,25
2003----
200417,3329,42101,06173,79
200515,2349,8671,69-
200617,3017,6464,05-
20077,4625,63--
2008----
Tendances des concentrations de mercure, de BPC et de HCH dans le touladi et la lotte du Grand lac des Esclaves, de 1992 à 2008. ∑HCH (hexachlorocyclohexane) ng/g
AnnéeTouladi du basin ouestTouladi du bras de l'estLotte du basin ouestLotte du bras de l'est
19932,022,626,5410,76
1994----
1995-0,96--
1996--7,07-
1997----
1998----
19993,000,755,063,04
2000-0,856,118,12
20011,641,525,847,37
20020,480,582,686,49
2003----
20040,721,181,342,61
20050,210,482,57-
20060,180,261,56-
20070,180,37--
2008----

Haut de la page

La lotte, qui a tendance à accumuler les contaminants organiques dans son grand foie gras, a fait l’objet d’un échantillonnage à Fort Good Hope, dans la vallée du fleuve Mackenzie, depuis les années 1980. Le foie de lotte est un aliment privilégié pour les Premières Nations et les Inuvialuit de l’écozone+.

Depuis les années 1980, les concentrations de mercure ont presque doublé dans les muscles de la lotte (figure 23) et ont augmenté un peu plus dans le foie (non illustré). Aucune corrélation significative n’ayant été mesurée entre l’âge du poisson ou la longueur du poisson et les concentrations de mercure, les tendances ne sont pas associées aux différences entre les échantillons. La concentration moyenne pour l’ensemble de la période était de 343 ng/g dans les muscles, et la concentration moyenne maximale de l’échantillon était de 420 ng/g en 2007, ce qui s’approche de la concentration maximale recommandée de mercure dans le poisson destiné à des fins commerciales, qui est de 500 ng/g (plus souvent exprimé comme 0,5 partie par million [ppm]), mais ne la dépasse pas. Les concentrations de mercure dans le foie étaient beaucoup plus faibles, atteignant en moyenne 86 ng/g. Alors que les concentrations des anciens contaminants HCH ont diminué durant la période d’échantillonnage (non illustré), les concentrations de DDT ont continué à augmenter, contrairement à la tendance générale observée dans le nord canadien. Aucune tendance nette n’a été détectée en ce qui a trait aux BPC. Les concentrations de PBDE (produits ignifuges bromés) ont augmenté de manière significative au cours de la période de 20 ans, et ont diminué au cours des deux plus récentes années d’échantillonnage.

Figure 23. Concentrations de contaminants dans la lotte, fleuve Mackenzie, à Fort Good Hope.

Renseignements sur les échantillons : tissu musculaire pour le mercure (mâles); tissu hépatique pour les organochlorés (deux sexes combinés, poids de lipides); foie pour les PBDE, sexes combinés, poids net. Congénères des PBDE analysés pour les échantillons 47, 99, 100, 153 et 154.

Graphiques
Source : fondé sur les données de Stern (2009)Référence 124.
Description longue pour la figure 23

Ces deux diagrammes linéaires indiquent les informations suivantes :

Concentrations de contaminants dans la lotte, fleuve Mackenzie, à Fort Good Hope. Concentration (ng/g).
Annéemercure total,
muscle de lotte
somme des BPC,
foie de lotte
DDT total,
foie de lotte
somme des congénères des PBDE,
foie de lotte
1985222---
1986----
1987----
1988-206,0557,340,40
1989----
1990----
1991----
1992----
1993231---
1994-168,861,55-
1995265---
1996----
1997----
1998----
1999286148,8553,581,48
2000345137,552,981,34
2001342138,1927,52-
2002297162,6795,621,57
2003336113,9957,272,60
2004413257,46168,22-
2005301103,4769,121,73
2006389151,22112,75,18
2007420129,2143,952,03
2008410283,38102,710,94
2009----
2010----

Haut de la page

Selon une étude de l’habitat de la lotte dans le fleuve Mackenzie, à proximité de Fort Good HopeRéférence 125, les tendances à l’augmentation des concentrations de mercure dans la lotte sont peut-être associées à l’augmentation de la productivité dans le milieu aquatique en raison des changements climatiques; en effet, les contaminants se déplacent plus rapidement dans les réseaux trophiques lorsque la productivité est élevée. La conclusion est soutenue par les travaux de Sanei et al. (2012)Référence 126, qui ont examiné les tendances à long terme des concentrations de mercure dans les sédiments des lacs du delta du Mackenzie. Les résultats de ces travaux donnent à penser que l’augmentation de la productivité du phytoplancton peut mener à une augmentation des concentrations de mercure dans les sédiments lacustres – ce qui signifie que l’augmentation des concentrations de mercure dans le biote n’est peut-être pas seulement le résultat de l’augmentation des dépôts atmosphériques de mercure.

Constatation clé 14
Changements climatiques

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
L'élévation des températures partout au Canada ainsi que la modification d'autres variables climatiques au cours des 50 dernières années ont eu une incidence directe et indirecte sur la biodiversité dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : L’écozone+de la Taïga des plaines a connu certaines des plus fortes augmentations de température depuis 1950 et ce, pour toute région canadienne – avec une augmentation moyenne annuelle de plus de 2 °C et une augmentation de la température hivernale d’environ 5 °C dans l’ensemble des stations depuis 1950. Le réchauffement s’est traduit par certaines tendances nettes dans les écosystèmes, comme les changements dans les paysages façonnés par le pergélisol et l’augmentation de la productivité primaire terrestre. Selon certaines indications, d’autres nouvelles tendances liées au climat se dessinent, comme le déplacement vers le nord de certains insectes ravageurs forestiers.

Haut de la page

Tendances observées depuis 1950

La température annuelle moyenne a augmenté d’environ 1,4 °C depuis 1950 à l’échelle du pays, mais l’augmentation de la température varie d’une écozone+ à l’autre.Référence 9 Le réchauffement le plus prononcé s’est produit dans l’ouest et le nord-ouest du Canada, et la température annuelle moyenne a augmenté de plus de 2 °C dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. Pour ce qui est des  saisons, il n’y a eu augmentation de la température qu’en hiver et au printemps. La tendance au réchauffement a été accompagnée par des changements touchant la neige et le prolongement de la saison de croissance.

Les résultats concernant l’écozone+ de la Taïga des plaines sont résumés au tableau 4. Les analyses sont fondées sur 6 stations pour les températures, 10 stations pour les précipitations et 4 stations pour les variables liées à la neige. La répartition des stations est biaisée (voir la figure 24), car on trouve un plus grand nombre de stations dans le sud; cela signifie que les moyennes observées dans l’écozone+ devraient être interprétées en tenant compte qu’elles sont davantage représentatives des conditions de la partie sud de l’écozone+.

Tableau 4. Aperçu des tendances climatiques dans l'écozone+ de la Taïga des plaines, de 1950 à 2007.
Variable climatiqueTendances de 1950 à 2007
Température
  • Augmentations significatives en hiver et au printemps dans l’ensemble de l’écozone+ (voir la figure 25 , plus bas). De manière générale, aucune tendance significative en été et en automne; tendance significative décelée à une seule station en été.
  • Forte tendance au réchauffement, en particulier en hiver (même tendance dans l’écozone+ de la Cordillère boréale, où la tendance est la plus forte au Canada) – avec une augmentation moyenne de 5,2 ⁰C (voir la figure 24, plus bas).
  • Augmentation de la durée de la saison de croissance de 9 jours dans l’ensemble de l’écozone+, mais aucun changement significatif dans la date de début ou de fin de la saison de croissance.
Précipitations
  • Aucun changement significatif dans les précipitations, quelle que soit la saison, à l’échelle de l’écozone+, et peu de changements significatifs aux différentes stations.
Couverture nivale
  • Diminution moyenne significative de la durée de la couverture nivale de 11,4 jours (diminution de 13 % par rapport à la moyenne de 1961 à 1990) dans la moitié printanière de la saison neigeuse (fonte hâtive), et aucun changement dans la durée de la couverture nivale au début de la période de couverture nivale, selon les données provenant de 4 stations.
  • Diminution moyenne significative de l’accumulation annuelle de neige maximale de 23,6 cm (diminution de 38 % par rapport à la moyenne de 1961 à 1990), selon les données provenant de 4 stations.
  • Aucune tendance significative dans la fraction des précipitations annuelles tombant sous forme de neige.

Source : Zhang et al. (2011)Référence 9 et données supplémentaires fournies par les auteurs.

Haut de la page

Figure 24. Tendances des températures saisonnières à six stations climatiques, de 1950 à 2007.

Les tendances sont fondées sur les anomalies des températures, qui sont mesurées comme les différences par rapport à la température moyenne de la période de référence (de 1961 à 1990). Les triangles indiquent des tendances à l’augmentation, et la couleur rouge intense indique que la tendance est significative au seuil de 5 %. L’importance du changement (° C) est indiquée pour chaque tendance significative. Il n’y a aucune tendance à la diminution. Les saisons sont les suivantes : printemps (de mars à mai); été (de juin à août); automne (de septembre à novembre); hiver (de décembre à février).

Maps
Source : Zhang et al. (2011)Référence 9 et données supplémentaires fournies par les auteurs.
Description longue pour la figure 24

Cet ensemble de quatre cartes indique l’évolution de la température moyenne annuelle (en degrés Celsius) pour chaque saison dans les villes et villages de l’écozone+ de la Taïga des plaines, de 1950 à 2007. Dans toute l’écozone+, la tendance observée est une élévation de la température moyenne dans toutes les villes; aucun emplacement n’a connu de tendance à la baisse des températures. Les températures hivernales et printanières se sont significativement élevées à Norman Wells(+4.58°C; +2.12 °C), Fort Simpson (+4.50°C; +2.33 °C), Hay River (+5.17°C; +2.44 °C), Fort Nelson (+4.57°C; +2.20 °C) et Fort Smith(+5.63°C; +3.26 °C). Inuvik a également connu une élévation de 5,5 °C des températures en hiver.

Haut de la page

Figure 25. Tendance de la température moyenne en hiver, de 1950 à 2007.

Les anomalies des températures, qui sont mesurées comme les différences par rapport à la température moyenne de la période de référence (de 1961 à 1990), sont représentées. Les données indiquent une augmentation significative (P < 0,05) de 5,2 °C, de 1950 à 2007. L’analyse est fondée sur les données provenant de 6 stations (montrées à la figure 24).

Graphique
Source : Zhang et al. (2011)Référence 9 et données supplémentaires fournies par les auteurs.
Description longue pour la figure 25

Ce diagramme linéaire indique les informations suivantes :

Tendance de la température moyenne en hiver, de 1950 à 2007.
AnnéeAnomalie de la température moyenne en hiver (°C)
1950-2,51
1951-1,42
1952-2,97
19531,56
1954-0,78
19550,06
1956-2,86
1957-0,10
1958-0,68
1959-0,81
19601,84
19611,22
1962-2,25
19630,18
19641,90
1965-4,48
1966-3,79
1967-0,83
19680,33
1969-3,74
19702,30
1971-2,81
1972-3,73
19730,58
1974-1,42
1975-1,02
1976-1,67
19773,20
19781,54
1979-1,81
19803,16
19813,33
1982-2,34
1983-0,71
19840,34
1985-0,79
19863,50
19875,95
19882,70
19892,91
1990-1,76
19910,37
19921,08
19932,74
1994-1,68
19952,99
1996-0,35
19971,86
19983,02
19992,55
20003,74
20013,54
20021,75
20034,03
20041,67
20051,33
20066,21
20074,31

Haut de la page

Influence des oscillations climatiques

Les oscillations de grande envergure du système atmosphérique dans l’océan Pacifique influent sur le régime des précipitations et des températures dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, en particulier sur les températures de la saison froideRéférence 8. De telles oscillations comprennent le phénomène El Niño – oscillation australe (ENSO) qui a lieu en moyenne tous les deux à sept ans et l’oscillation décennale du Pacifique (PDO), qui est caractérisée par des changements abrupts entre les différentes phases tous les vingt à trente ansRéférence 8. Le changement vers une PDO positive et les fréquents phénomènes ENSO qui sont survenus au milieu des années 1970 semblent avoir mené à des phases différentes à l’échelle continentale, ce qui a entraîné un réchauffement en hiver et au printemps plus prononcé dans l’ouest du pays que dans l’est du pays, les tendances étant particulièrement marquées dans l’écozone+ de la Taïga des plainesRéférence 9.

Haut de la page

Tendances climatiques et répercussions fondées sur des observations locales et les connaissances traditionnelles autochtones

Dans l’écozone+ de la Taïga des plaines et, de manière plus générale, dans le bassin du Mackenzie, les connaissances traditionnelles autochtones documentées et les observations locales indiquent une gamme de tendances climatiques et de répercussions écologiques qui y sont associées. Ces connaissances étant particulières aux zones et aux périodes, elles sont mieux interprétées dans le contexte des détenteurs des connaissances (voir les références fournies). La synthèse des données disponibles à ce sujet dépasse la portée du présent rapport. Certains exemples d’observations et d’interprétations documentées sont présentés au tableau 5.

Tableau 5. Connaissances traditionnelles autochtones sélectionnées associées aux changements climatiques et aux répercussions sur les écosystèmes.
Exemples d'observations touchant les tendances climatiquesExemples d’observations touchant les répercussions écologiques, telles que signalées dans le Rapport de l’état de l’écosystème aquatique du bassin du fleuve Mackenzie 2003Référence 59
  • La glace devenue plus mince est dangereuse pour les personnes qui se déplacent ou chassent ainsi que pour les caribous et autres animaux sauvages en migration Référence 138-Référence 140.
  • Les niveaux d’eau ont diminué au cours de deux à trois décennies, et certains petits lacs et ruisseaux ont disparuRéférence 139-Référence 142, ce qui a réduit l’habitat des poissons, des oiseaux aquatiques et du rat musqué, dont les populations ont baissé dans certaines régionsRéférence 141; la pêche a donc été affectée, car les eaux des lieux de pêche traditionnels sont trop peu profondes pour y installer des filetsRéférence 143; les déplacements ont été touchés aussi parce que les eaux dans d’importantes voie de navigation de plaisance deviennent trop peu profondes pour qu’on puisse y naviguerRéférence 141.
  • Certains changements dans la végétation sont observés, et la production de baies diminue; l’augmentation des feux de forêts entraîne une perte d’habitat pour la faune et une perte de secteurs de piégeage; de nouvelles espèces qui n’avaient jamais été observées auparavant dans la région apparaissent (comme le couguar)Référence 138, Référence 139, Référence 142.

Haut de la page

Répercussions des changements climatiques

Les changements dans les indicateurs comme la température de l’air et le pergélisol sont bien documentés en ce qui concerne la Taïga des plaines, et ces changements affichent des tendances nettes qui sont cohérentes avec les changements climatiques. Les répercussions sur les écosystèmes ne sont pas aussi évidentes, en partie parce qu’elles ne sont pas bien documentéesRéférence 19. Certaines indications relatives aux tendances des écosystèmes principalement associées au climat font l’objet d’une discussion dans bon nombre des constatations clés du présent rapport. En voici quelques exemples :

  • Changements dans les communautés végétales à la limite des arbres et modification de la vitesse de croissance de l’épinette blanche (constatation clé relative aux Forêts).
  • Augmentation de la productivité primaire terrestre, notamment dans le nord de la Taïga des plaines (constatation clé relative à la Productivité primaire).
  • Premières indications d’une tendance à la diminution de la fréquence des crues printanières périodiques dans les milieux humides et les lacs de delta (constatation clé relative aux Milieux humides).
  • Tendance généralisée à l’augmentation du débit d’hiver. Indications de débits de pointe hâtifs (en amont du bassin du fleuve Mackenzie) et augmentation de la variabilité du débit (constatation clé relative aux Lacs et cours d’eau).
  • Perte de tourbières gelées (constatation clé relative à La glace dans l’ensemble des biomes) et augmentation des glissements causés par le dégel des glaces de fond dans les lacs de delta, les glissements affectant la qualité de l’eau (constatation clé relative aux Milieux humides).
  • Propagation vers le nord de certains insectes ravageurs forestiers, probablement associée aux températures plus chaudes (constatation clé relative aux Perturbations naturelles).

Haut de la page

Constatation clé 15
Services écosystémiques

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Le Canada est bien pourvu en milieux naturels qui fournissent des services écosystémiques dont dépend notre qualité de vie. Dans certaines régions où les facteurs de stress ont altéré le fonctionnement des écosystèmes, le coût pour maintenir les écoservices est élevé, et la détérioration de la quantité et de la qualité des services écosystémiques ainsi que de leur accès est évidente.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : La fourniture de services de l’écozone+ comprend la récolte de poissons, d’autres animaux sauvages et de plantes d’importance culturelle, spirituelle, nutritionnelle et économique. La dépendance à l’égard de ces services est élevée et ne diminue pas, en particulier dans les collectivités rurales. La qualité des services demeure généralement élevée, à l’exception de certaines baisses des populations de caribou de la toundra, qui ont mené à des restrictions visant la récolte et à une baisse du succès de récolte dans certaines collectivités.

Haut de la page

Attribuer une valeur aux services écosystémiques – la forêt boréale

Habituellement, les biens et services écosystémiques sont décrits au moyen d’analyses économiques qui visent à estimer la valeur du capital naturel. Cependant, il est clair que certains biens et services écosystémiques ne peuvent être exprimés en termes économiques. Par exemple, l’écozone+ de la Taïga des plaines fournit des services en tant que voie migratoire et aire de nidification pour de nombreux oiseaux de la forêt boréale. De plus, il est particulièrement difficile d’attribuer une valeur aux services culturels.

Le Pembina Institute a déterminé le capital naturel de la forêt boréale au Canada et y a attribué une valeur; il a notamment analysé la valeur des forêts, de l’agriculture, des ressources minérales et énergétiques, du poisson et des autres animaux sauvages, des milieux humides, des tourbières et des cours d’eauRéférence 144. Les analyses portaient sur les services écosystémiques comme la stabilisation atmosphérique; la stabilisation climatique; l’évitement des perturbations; la stabilisation de l’eau; l’approvisionnement en eau; la lutte contre l’érosion et la rétention des sédiments; la formation du sol; le cycle des nutriments; le traitement des déchets; la pollinisation; la lutte biologique comme la prédation par les oiseaux des insectes ravageurs; l’habitat; les matières premières; les ressources génétiques; et les utilisations à des fins récréatives et culturelles. La valeur des services écosystémiques de la forêt boréale (93,2 milliards de dollars) est au moins 2,5 fois plus élevée que la valeur commerciale combinée de l’exploitation forestière, de l’exploitation minière, de l’exploitation pétrolière et gazière et de l’hydroélectricité (37,8 milliards de dollars). La valeur commerciale exclut les coûts sociaux ou environnementaux évalués séparément à 11,1 milliards de dollars. La présente analyse n’a pas été effectuée à l’échelle de l’écozone+.

Haut de la page

Fourniture de services

Récolte de poissons, d'autres animaux sauvages et de plantes

Dans la Taïga des plaines, la récolte de poissons, d’oiseaux, de mammifères et de plantes a longtemps répondu aux besoins des Autochtones et soutenu leurs activités culturelles. Dans l’ensemble des Territoires du Nord-Ouest, environ 37 à 45 % des résidents sont allés chasser ou pêcher en 2002, une statistique qui a légèrement changé depuis la première étude menée en 1983Référence 145. Dans la Taïga des plaines, le nombre de chasseurs de subsistance autochtones s’élève à environ 5 800; on ne dispose d’aucune donnée sur les tendances relatives à la chasse pour ce groupe de résidents. Le nombre de chasseurs résidents (chasseurs non autochtones) a diminué d’environ 3 % par année de 1990 à 2004 et s’est stabilisé à environ 1 200 à 1 300 chasseurs par année au cours des dernières annéesRéférence 145.

La chasse et la pêche étant un mode de vie pour bon nombre de résidents de la Taïga des plaines, la rupture des glaces hâtive dans les cours d’eauRéférence 131 est préoccupante. Le moment de la prise des glaces tend à être moins prévisible de nos jours qu’il ne l’était dans le passéRéférence 137, et la glace est plus mince. Les changements dans les tendances touchant la prise des glaces soulèvent des préoccupations en ce qui concerne la sécurité des chasseurs et des pêcheurs, en particulier dans les collectivités des Gwich’in et des Inuvialuit, où les lacs et cours d’eau gelés servent de voie de transport et sont utilisés durant une grande partie de l’année pour les activités traditionnelles comme la pêche blancheRéférence 131.

Dans la partie de la Taïga des plaines qui se trouve dans les T.N.-O., entre 20 et 30 % des ménages dépendent largement des services d’approvisionnement fournis par le poisson et le gibier de la région (figure 26). Le pourcentage serait considérablement plus élevé pour les ménages de la Taïga des plaines à l’extérieur d’Inuvik car, pour l’ensemble des T.N.-O., environ 50 % des ménages des petites collectivités ont mentionné qu’ils avaient obtenu en chassant ou en pêchant dans la région en 2009 une grande partie ou la totalité de leur viande et de leur poisson, par comparaison à 16 % des ménages des collectivités de taille moyenne, notamment InuvikRéférence 145.

Figure 26. Pourcentage des ménages dans la Taïga des plaines et dans la taïga de la Cordillère (T.N. O.) qui mentionnent qu'une grande partie ou la totalité de la viande et du poisson qu'ils ont obtenue a été récoltée dans les T.N. O., de 1994 à 2009.

À noter que ces données représentent principalement les ménages de la Taïga des plaines, car il n’y a qu’une seule petite collectivité (Wrigley) dans la partie de l’écozone+ de la taïga de la Cordillère qui se trouve dans les T.N.-O.

Graphique
Source : données d’Environnement et Ressources naturelles, 2011Référence 145.
Description longue pour la figure 26

Ce diagramme à bandes indique les informations suivantes 

Pourcentage des ménages dans la Taïga des plaines et dans la taïga de la Cordillère (T.N. O.) qui mentionnent qu'une grande partie ou la totalité de la viande et du poisson qu'ils ont obtenue a été récoltée dans les T.N. O., de 1994 à 2009.
AnnéePourcentage des ménages
199421,5
199927,5
200424
200922,5

Haut de la page

Mammifères

Les espèces de mammifères qui sont récoltées au centre-nord de l’écozone+ sont indiquées à la figure 27. Les trois régions visées par des accords sur les revendications territoriales pour lesquelles les données sont présentées ne coïncident pas complètement avec l’écozone+ (par exemple, la faible récolte de bœufs musqués se réaliserait principalement à l’extérieur de l’écozone+); les données fournissent néanmoins une bonne indication des espèces de mammifères importantes pour les humains dans une grande partie de l’écozone+. La récolte de mammifères vise à la fois la viande et la fourrure. Le principal mammifère récolté pour la viande est le caribou de la toundra.

Il y a peu de données sur les tendances relatives à la récolte de caribous – certaines données proviennent d’études portant sur la récolte prévues par les règlements des revendications territorialesRéférence 146. Des données sur la récolte dans les hardes de la partie ouest des Territoires du Nord-Ouest (cap Bathurst, Bluenose-ouest et Bluenose-est) ont été recueillies dans le cadre de l’étude sur les récoltes des Gwich’in Référence 147 et de l’étude sur les récoltes des InuvialuitsRéférence 148 pour la période de 1988 à 1997. Les données de la période de 1998 à 2005 ont été recueillies dans le cadre de l’étude sur les récoltes du SahtuRéférence 149, Référence 150. On sait qu’entre 1999 et 2005 le nombre de caribous abattus dans la harde Bluenose-ouest dans le Sahtu a diminué, passant de 1 022 à 270Référence 151. La harde Bluenose-ouest fait l’objet de restrictions en matière de récolte en raison d’une diminution de la population (voir la section sur le caribou dans la constatation clé relative aux espèces présentant un intérêt particulier en page 69).

Figure 27. Résumé des taux annuels de récolte des principales espèces de mammifères dans les régions désignées des Gwich'in et du Sahtu et dans la région désignée des Inuvialuit (RDI).

Remarque : Quatre des six collectivités faisant partie de la RDI sont situées à l’extérieur de l’écozone+ de la Taïga des plaines.

Graphique
Source : Secrétariat conjoint (2003), tel que présenté in SENES Consultants Ltd. (2005)Référence 152.
Description longue pour la figure 27

Ce diagramme à bandes indique le nombre d’animaux récoltés chaque année dans les régions désignées des Gwich’in et du Sahtu et dans la région désignée des Inuvialuit (RDI); il se compose de deux parties représentant respectivement les données relatives aux grands et aux petits mammifères. Le caribou de la toundra est le grand mammifère le plus souvent récolté dans les trois régions, les récoltes se chiffrant pas milliers d’individus. Le nombre d’orignaux récoltés est faible dans les trois régions, mais c’est dans la région du Sahtu qu’il est le plus élevé, et de loin, soit près de 200 animaux. Le bœuf musqué n’a été récolté que dans la RDI, et le caribou des bois, que dans la région du Sahtu. Dans la RDI, le rat musqué a été récolté en grand nombre (10 000); les récoltes de renard et d’espèces de lièvres ont également été importantes. Dans la région des Gwich’in, les récoltes de rats musqués ont atteint un niveau modéré (>2 000), les récoltes les plus abondantes étant celles d’espèces de lièvres et de martres. Les espèces de lièvres sont les animaux récoltés dans le plus grand nombre dans la région du Sahtu, suivies par la martre et des nombres plus modestes de rats musqués et de castors.

Haut de la page

Oiseaux aquatiques

Dans les Territoires du Nord-Ouest, le nombre d’oiseaux aquatiques abattus dans le cadre de la chasse sportive et de la chasse de subsistance est relativement faible, mais les canards, les oies et les bernaches sont importants dans le régime alimentaire traditionnelRéférence 152. Dans la région des Gwich’in, les trois principaux groupes d’oiseaux aquatiques visés par la chasse de subsistance sont les macreuses, le Canard colvert et l’Oie des neigesRéférence 147.

Poissons

Dans la Taïga des plaines, les pêches sont domestiques, commerciales et récréatives, tant dans les cours d’eau que dans les lacs. Voici des exemples de pêches qui sont importantes dans l’écozone+ :

  • Onze espèces de poisson capturées au moyen de filets dans la pêche domestique de la région désignée des Gwich’in, dans le nord de l’écozone+; les plus importants poissons sont l’inconnu (Stenodus leucichthys), le Dolly Varden (Salvelinus malma malma), la lotte (Lota lota) et le grand corégone (Coregonus autumnali)Référence 19.
  • Il existe certaines pêches commerciales et sportives du touladi, du brochet et de l’inconnu dans le Grand lac des Esclaves; ces pêches sont gérées au moyen de fermetures de zones de pêche, de limites des prises et de restrictions quant à l’engin de pêche utiliséRéférence 19.
  • Le Grand lac de l’Ours, en plus d’être une source de poissons pour les pêches domestiques, soutient une pêche sportive au touladi avec hébergement en pavillonRéférence 153.
Baies et autres produits de la forêt boréale

Les produits forestiers non ligneux comme les champignons, les baies, le sirop de sève de bouleau, les plantes florales, les herbes médicinales et les objets forestiers d’artisanat ont une longue histoire d’utilisation traditionnelle et de commerce dans la Taïga des plainesRéférence 145. Les taux de participation aux activités de cueillette de plantes et de baies en 2002 dans la partie de la Taïga des plaines qui se trouve dans les Territoires du Nord-Ouest sont présentés à la figure 28.

Figure 28. Pourcentage de la population âgée d'au moins 15 ans qui a participé à la cueillette de baies et de plantes en 2002, dans le nord et dans le sud de la Taïga des plaines, T.N. O.
Graphique
Source : Bureau de la statistique des T.N.-O. (2002)Référence 154.
Description longue pour la figure 28

Ce diagramme à bandes montre les informations suivantes :

Pourcentage de la population âgée d'au moins 15 ans qui a participé à la cueillette de baies et de plantes en 2002, dans le nord et dans le sud de la Taïga des plaines, T.N. O.
-Cueillette de baies
(Pourcentage de la population)
Cueillette de plantes
(Pourcentage de la population)
Nord de la Taïga des plaines1910
Sud de la Taïga des plaines2711

Haut de la page

Cependant, lorsqu’on examine la situation par ménage et pour les collectivités de la région désignée des Gwich’in, l’utilisation des baies est beaucoup plus grande – la plupart des ménages cueillant des baies, et 82 % des ménages ramassant des feuilles de thé du Labrador, selon un sondage aléatoire effectué dans des ménages des Gwich’in en 2000 (figure 29). Les noms des plantes à la figure 29 sont les noms français couramment utilisés dans la région. Les noms français, latins et gwich’in de ces plantes sont les suivants, respectivement : canneberge : Vaccinium vitis idaea, natå'at; bleuet : Vaccinium uliginosum, jàk zheii; chicouté (plaquebière) : Rubus chamaemorus, nakàl; thé du Labrador : Ledum palustre et L. groenlandicum, lidii maskeg/maskig.

Figure 29. Utilisation des baies et du thé du Labrador par les ménages de Gwich'in, Fort McPherson, Inuvik, Aklavik et Tsiigehtchic, 2000.

Les barres indiquent le volume moyen estimé de baies et de feuilles de thé du Labrador récoltées par ménage, moyenné sur les quatre collectivités. Le pourcentage indiqué en haut de chaque barre est le pourcentage estimé de ménages des collectivités qui ont participé à la cueillette du produit végétal en particulier en 2000.

Graphique
Source : données du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (2009)Référence 155.
Description longue pour la figure 29

Ce diagramme à bandes présente les informations suivantes :

Utilisation des baies et du thé du Labrador par les ménages de Gwich'in, Fort McPherson, Inuvik, Aklavik et Tsiigehtchic, 2000.
-Litres par ménage% des ménages
Canneberge4396
Bleuet2895
Chicouté5599
Feulles de thé du labrador3782

Haut de la page

Piégeage

Les fourrures d’animaux sauvages des Territoires du Nord-Ouest sont considérées comme étant les meilleures au monde et ont une longue histoire. Dans les années 1960 et 1970, plusieurs espèces (martre, lynx, rat musqué et castor) ont contribué de manière à peu près égale à la capture totale d’animaux à fourrures dans les Territoires du Nord-Ouest. Cependant, durant les 20 dernières années, la martre a représenté la majeure partie de la valeur des fourrures provenant des Territoires du Nord-Ouest. La martre est une bonne espèce indicatrice pour le piégeage, car elle est très répandue, assez facile à capturer, et la valeur toujours élevée de ses peaux incite les trappeurs à viser l’espèce. L’abondance et la disponibilité des animaux à fourrure, les tendances de la mode, la demande du marché international pour les fourrures et l’importance de l’effort de piégeage sont tous des facteurs qui influent sur les ventes de fourruresRéférence 145. Dans les Territoires du Nord-Ouest, le nombre de trappeurs a diminué depuis le début des années 1980, puis s’est stabilisé au cours des dernières annéesRéférence 145. Le piégeage demeure une activité d’importance culturelle et apporte un revenu supplémentaire permanent à environ 500 personnes dans la partie de la Taïga des plaines qui se trouve dans les T.N.-O. (figure 30).

Figure 30. Tendances du nombre de trappeurs dans les collectivités de l'écozone+ de la Taïga des plaines, dans les T.N. O., comparées aux autres écozones des T.N. O.

Il est à remarquer que les deux courbes du haut représentent le piégeage dans la Taïga des plaines.

Graphique
Source : Environnement et Ressources naturelles (2011)Référence 145; données provenant de la base de données sur la capture d’animaux à fourrure du gouvernement des T.N.-O., ministère de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement du gouvernement des T.N.-O.
Description longue pour la figure 30

Ce diagramme linéaire montre que de 2001 à 2008, le nombre de trappeurs dans le nord et le sud de la Taïga des plaines était beaucoup plus élevé que dans les autres écozones+ des T.N.-O.  Dans les écozones+ du Haut-Arctique, du Bas-Arctique et de la Taïga de la cordillère, les trappeurs sont peu nombreux (<50); la Taïga du bouclier en compte légèrement moins que le nord de la Taïga des plaines, soit environ 150 trappeurs. Par comparaison, le nord de la Taïga des plaines comptait environ 200 trappeurs au cours de cette période, tandis que dans le sud de la Taïga des plaines, le nombre de trappeurs variait de 350 à 250.

Haut de la page

Récolte commerciale de bois

La récolte commerciale de bois dans la partie des T.N.-O. qui se trouve dans la Taïga des plaines est une industrie mineure. Le volume de bois abattu durant les projets d’exploration sismique est estimé à au moins un ordre de grandeur supérieur au volume de bois abattu dans le cadre des activités de récolte commerciale de boisRéférence 145. Dans les T.N.-O., le bois est récolté pour servir de billes de sciage et de bois de chauffage. Les activités habituelles de récolte commerciale de bois sont menées par des petites entreprises locales qui prélèvent de 500 à 10 000 m3 par année. La récolte de bois (dans l’ensemble du territoire) a tendu vers l’augmentation durant les années 1990, vers la diminution au début des années 2000 et vers une légère augmentation par la suiteRéférence 145.

Par contre, la récolte de bois commerciale a eu une grande influence dans la partie sud-ouest de l’écozone+. Les produits forestiers ont été importants pour l’économie de la région de Fort Nelson jusqu’à ce que la récente baisse de la demande de matériaux de construction aux États-Unis entraîne la fermeture de l’usine Tackama, à Fort Nelson. Au milieu des années 2000, cette usine était la plus grande usine de contreplaqués de Colombie-BritanniqueRéférence 156.

Haut de la pageu