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Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ de la taïga des plaines

Thème : Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé 17
Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulier

Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l’échelle nationale
De nombreuses espèces d’amphibiens, de poissons, d’oiseaux et de grands mammifères présentent un intérêt économique, culturel ou écologique particulier pour les Canadiens. La population de certaines espèces diminue sur le plan du nombre et de la répartition, tandis que chez d’autres, elle est soit stable ou en pleine santé ou encore en plein redressement.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : L’écozone+ de la Taïga des plaines est importante à l’échelle nationale pour la population boréale de caribou des bois, qui dépend de blocs intacts de forêts boréales matures. Les tendances sont inconnues dans la moitié des populations de l’écozone+; l’effectif des populations dans la partie sud de l’écozone+, qui est plus fragmentée, diminue, mais l’effectif d’une des populations est stable. La harde de caribous de la toundra Bluenose-ouest a diminué de manière précipitée au cours des dernières années. Plusieurs espèces d’oiseaux aquatiques qui nichent dans l’écozone+ sont en déclin, et les causes de ces déclins ne sont pas claires. La Taïga des plaines abrite la plupart des populations du monde de deux espèces emblématiques qui ont presque disparu au début du XXe siècle et qui sont encore considérées comme des espèces en péril; il s’agit de la Grue blanche et du bison des bois.

Cette section présente le statut, les tendances et les questions relatives à la conservation touchant des espèces sélectionnées de l’écozone+ de la Taïga des plaines. Il y a eu une augmentation des populations de deux espèces emblématiques qui avaient presque disparu en raison de la présence humaine et de l’exploitation des ressources, à savoir le bison des bois et la Grue blanche; l’augmentation est largement attribuable aux mesures de conservation adoptées dans l’écozone+, mais l’aire de répartition limitée de ces espèces et d’autres aspects préoccupants signifient que des efforts constants sont requis pour maintenir les populations en santé et viables. L’écozone+ de la Taïga des plaines est un habitat important pour le caribou et le grizzli, deux espèces valorisées par les humains qui vivent à l’intérieur et à l’extérieur de l’écozone+; de plus, avec ses nombreux milieux humides de forêt boréale, elle est importante en tant qu’habitat de nidification et en tant qu’habitat de repos durant la migration des oiseaux aquatiques.

Dans la section qui suit, COSEPAC signifie Comité sur la situation des espèces en péril au Canada; il s’agit d’un comité d’experts qui évalue les espèces sauvages et désigne les espèces menacées de disparition au Canada. LEP signifie Loi sur les espèces en péril.

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Bison des bois

La cote de conservation du bison des bois (Bison bison athabascae) s’est améliorée en raison des efforts intenses qui ont été consacrés au rétablissement des populations. En 1978, le COSEPAC a désigné le bison des bois comme une espèce en voie de disparition; en 1988, le bison des bois est passé du statut d’espèce en voie de disparition à celui d’espèce menacée. Ce statut a été confirmé en 2000. Le bison des bois est protégé en vertu de la LEPRéférence 157.

Durant la période historique, le bison des bois, le plus grand mammifère terrestre du Canada et sous-espèce nordique du bison d’Amérique, était répandu dans la majeure partie de la région boréale nord-américaine, à l’ouest du bouclier précambrien. Les estimations historiques sont d’environ 150 000 individusRéférence 157 ou de plus de 168 000 individusRéférence 158. L’abondance a diminué au XIXe siècle en raison de l’invention des armes à feu et de leur utilisation répandue, qui a mené à la surexploitation du bison des boisRéférence 159. En 1893, date à laquelle les premières dispositions législatives visant à contrôler la chasse ont été adoptéesRéférence 160, la population comptait environ 300 individus, qui étaient confinés dans une petite zone, dans le sud-est de la Taïga des plaines. En 1896, les effectifs du bison des bois ont atteint un creux historique d’environ 250 individusRéférence 158. L’habitat qui restait a été protégé par la création, en 1922, du parc national du Canada Wood Buffalo. Un programme de rétablissement national a été établi en 1957. De 80 à 90 % de la population totale de bison des bois se trouve dans l’écozone+ de la Taïga des plaines et dans la section adjacente du parc national du Canada Wood Buffalo (tableau 6).

Les maladies (brucellose et tuberculose, ainsi que les épidémies de charbon – voir aussi la constatation clé relative aux maladies de la faune en page 91), le croisement avec le bison des plaines et la perte d’habitat causée par le développement (agriculture, exploitation forestière et exploitation du pétrole et du gaz) constituent les principales menaces pour le bison des boisRéférence 157. De 1925 à 1928, 6 673 bisons des plaines du parc national Buffalo, près de Wainwright (Alberta), ont été expédiés au parc national du Canada Wood Buffalo. Les bisons des plaines provenaient d’une harde qui devait être éliminée en raison d’une infection tuberculeuse, mais les jeunes individus qui ont été introduits dans le parc national du Canada Wood Buffalo devaient être exempts de maladie. Les bisons des plaines introduits dans le parc national se sont croisés avec des bisons des bois endémiques et ont propagé la tuberculose dans la harde. L’origine de la brucellose est moins claireRéférence 161.

Les activités de conservation comprennent des mesures visant à ce que les populations exemptes de maladie n’entrent pas en contact avec les individus malades. La zone de surveillance des bisons, dans les T.N.-O. (figure 31), qui a été établie en 1987, fait l’objet d’un relevé annuel, et on n’y tolère aucun bison afin de protéger la harde du fleuve Mackenzie contre les maladiesRéférence 162. En 2011 et 2012, des bisons infectés se sont déplacés vers l’ouest du parc national du Canada Wood Buffalo, ce qui a mené à l’intensification des efforts de gestion dans cette partie de l’Alberta. L’objectif est d’éviter le contact entre la harde de Hay-Zama, qui est exempte de maladie, et les individus malades et de réduire le risque de propagation de la tuberculose et de la brucellose au bétailRéférence 163. Le maintien de zones exemptes de bison est coûteux sur le plan de la perte d’habitat. Environ 50 % de l’aire de répartition historique du bison des bois n’est pas disponible pour le rétablissement de l’espèce en raison des mesures qui doivent être prises pour éviter la propagation des maladies de la fauneRéférence 164. Les aires de répartition des populations de bisons des bois dans l’écozone+ de la Taïga des plaines ou à proximité sont indiquées à la figure 31 , et le statut et les tendances des populations de bison des bois sont présentés au tableau 6.

Figure 31. Populations de bison des bois dans l’écozone+ de la Taïga des plaines et aux alentours.
Carte
Source : Environnement et Ressources naturelles (2013)Référence 165.
Description longue pour la figure 31

Cette carte indique les aires de répartition des populations de bisons des bois en liberté dans la portion sud de l’écozone+ de la Taïga des plaines. Plusieurs populations qui vivent aux environs du parc national du Canada Wood Buffalo sont considérées comme des troupeaux en liberté et malades. La population du Mackenzie vit à l’ouest du Grand lac des Esclaves. La population de Nahanni et deux autres populations en liberté qui vivent plus au sud et à l’est (en Alberta et en Colombie-Britannique) se trouvent aussi dans les limites de l’écozone+ de la Taïga des plaines.

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Tableau 6. Statut et tendances des populations de bisons des bois dans la Taïga des plaines.
PopulationÉtat et tendances
Parc national du Canada Wood Buffalo Les effectifs totaux étaient d’environ 12 000 individus dans les années 1960, puis ont diminué à 2 100 en 1999. En 1974-1975, 3 000 bisons ont péri en raison d’une inondation dans le delta des rivières de la Paix et Athabasca. Au cours des dernières années, la population a augmenté et a été estimée à 5 000 individus en 2009Référence 160, Référence 166. La harde a pris de l’expansion vers l’ouest en 2011 et 2012Référence 163.
La population est infectée par la tuberculose bovine et la brucellose (qui ont été introduites lors de l’importation de bisons des plaines infectés à la fin des années 1920)Référence 160; depuis 1962, elle a été touchée par plusieurs graves épidémies de charbonRéférence 167.
Basses terres de la rivière des EsclavesLa population est considérée comme faisant partie de celle du parc national du Canada Wood Buffalo. Elle est affectée aussi par la tuberculose bovine et la brucellose Référence 162 et touchée par les épidémies de charbonRéférence 167.
La population a diminué, passant de 1 300 à 2 500 individus dans les années 1960 à environ 500 individus dans les années 1980; elle est demeurée stable au cours des 20 années suivantes, puis a augmenté à environ 1 700 individus en 2009Référence 162, Référence 166.
NahanniLa population a été établie en 1980 avec le lâcher de 28 bisonsRéférence 162.
Entre 1989 et 1998, 71 autres bisons ont été réintroduits et, en mars 2004, le nombre d’individus était estimé à 400Référence 162. Un relevé mené en 2011 a révélé que les effectifs étaient demeurés stables à environ 400 individusRéférence 166.
Lacs Hay-Zama La population a été établie en 1984 avec l’introduction de 29 bisons; elle a augmenté à 50 individus en 2007Référence 39. Un relevé mené en 2012 a permis de dénombrer 587 bisons, valeur qui se situe à l’intérieur de l’objectif de gestion de 400 à 600 bisonsRéférence 163.
La délivrance de permis de chasse a commencé en 2008, afin notamment d’empêcher la harde de s’accroître et d’entrer en contact avec des individus infectés de la population du parc national du Canada Wood BuffaloRéférence 168. Tous les bisons qui ont fait l’objet d’analyses dans le cadre de la chasse étaient exempts de maladieRéférence 163.
MackenzieIl s’agit de la plus grande population en santé du nord du CanadaRéférence 162, Référence 166.
La population a été établie en 1963 lors du lâcher de 18 bisons près de Fort Providence. La harde a étendu son territoire et a augmenté à 2 400 individus en 1989, puis a diminué à 1 600 individus en 2008. En août 2012, une épidémie de charbon a tué 440 bisons, et la harde a été réduite à moins de 1 000 individusRéférence 166.
Les causes de mortalité des bisons sont les épidémies de charbon en 1993Référence 169 et 2012Référence 166 ainsi que la mort de certains individus attribuable à la minceur des glaces au printemps 1989Référence 162.

Grue blanche

Le COSEPAC a désigné la Grue blanche (Grus Americana) comme espèce en voie de disparition en 1978, et l’espèce est protégée en vertu de la LEPRéférence 170. La population estimée de Grue blanche, qui n’a jamais été une espèce commune, a été réduite à 1 400 individus en 1860, la plupart des oiseaux restants étant disparu au cours des 40 années suivantes en raison de l’empiètement des aménagements humains dans toutes les aires de nidification sauf celle qui était située la plus au nord. L’habitat d’hivernage a aussi été réduit durant la période. Le creux historique de la population a été de 14 adultesRéférence 171. L’aire de nidification, qui s’est étendue dans une bonne partie des prairies du centre et du nord de l’Amérique du Nord, a été réduite à un seul site, dans le parc national du Canada Wood Buffalo.

La seule population naturelle autosuffisante qui reste dans le monde entier se reproduit dans le parc national du Canada Wood Buffalo, dans l’écozone+ de la Taïga des plaines; les grues migrent vers la réserve faunique nationale d’Aransas, sur la côte du golfe du Mexique, au TexasRéférence 171. Deux autres populations qui ne sont pas autosuffisantes ont été établies aux États-Unis. Les individus de l’une d’elles, dont la réintroduction a commencé en 2001, migrent entre le Wisconsin et la Floride.

Au Canada, la population sauvage de Grues blanches a augmenté, passant de 18 individus en 1938 à 283 individus à l’été 2010-2011Référence 172. Les menaces actuelles sont la diversité génétique limitée de l’espèce et la perte et la dégradation de l’habitat de repos utilisé durant la migration et de l’habitat d’hivernage sur les côtes; les déversements de produits chimiques au Texas présentent aussi une menace pour l’espèceRéférence 173.

La Grue blanche niche dans des milieux humides isolés caractérisés par des substrats mous, des quantités substantielles d’eaux libres (qui permettent aux grues de repérer de loin de possibles prédateurs) et une végétation pouvant servir à la construction des nids. Au fil des années, l’espèce a agrandi son aire de nidification à l’échelle locale, et on considère qu’il y a suffisamment d’habitat adéquat aux environs de l’aire de nidification actuelle, dans l’écozone+ de la Taïga des plainesRéférence 171. La croissance de la population sera probablement davantage fonction de l’habitat adéquat limité dans les aires d’hivernage au TexasRéférence 171, Référence 173. Cependant, la prédation dans l’aire de nidification peut influer sur le taux de croissance de la population. Le cycle décennal des prédateurs, en particulier les loups, dans le parc national du Canada Wood Buffalo a été considéré par Boyce et Miller (1985)Référence 174 comme étant responsable de la légère périodicité de l’abondance des populations, la croissance de celles-ci ralentissant et les effectifs baissant légèrement environ tous les dix ans (figure 32). Un programme de rétablissement nationalRéférence 175 et un programme de rétablissement internationalRéférence 173 sont en place; ils servent à coordonner les activités de recherche et de surveillance ainsi que les mesures de conservation visant la Grue blanche.

Figure 32. Croissance de la population de Grue blanche d’Aransas – Wood Buffalo, de 1938 à 2010.

Population totale, fondée sur des dénombrements hivernaux.

Graphique
Source : fondé sur les données du COSEPAC (2010)Référence 171; données de 2010 et 2011 de la Whooping Crane Conservation Society (2011)Référence 172.
Description longue pour la figure 32

Ce diagramme linéaire illustre les informations suivantes :

Croissance de la population de Grue blanche d’Aransas – Wood Buffalo, de 1938 à 2010.
AnnéeDécomptes totauxAnnéeDécomptes totaux
193818197669
193922197772
194026197875
194116197976
194219198078
194321198173
194418198273
194522198375
194625198486
194731198597
1948301986110
1949341987134
1950311988138
1951251989146
1952211990146
1953241991132
1954211992136
1955281993143
1956241994133
1957261995158
1958321996159
1959331997182
1960361998183
1961391999188
1962322000180
1963332001176
1964422002185
1965442003194
1966432004217
1967482005220
1968502006237
1969562007266
1970572008270
1971592009263
1972512010283
197349--
197449--
197557--

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Caribou

Le caribou de la toundra (Rangifer tarandus groenlandicus), qui effectue des migrations, passe l’hiver dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, et le caribou des bois (Rangifer tarandus caribou), qui ne migre pas, occupe une grande partie de l’écozone+ à l’année.

Caribou de la toundra

La présente section, fondée sur le rapport technique thématique Tendances des populations de caribou des zones septentrionales du Canada97, a été préparé pour le Rapport sur l’état et les tendances des écosystèmes de 2010, qui présente les données sur les tendances des populations des deux hardes de caribous de la toundra, à savoir la harde Bluenose-est et la harde Bluenose-ouest. Les individus des deux hardes mettent bas dans le Bas-arctique (écozone+ de l’Arctique) et passent l’hiver dans le Bas-arctique et l’écozone+ de la Taïga des plaines.

Harde Bluenose est

Jusqu’en 1999, la harde Bluenose-est n’a pas été reconnue officiellement comme une harde distincteRéférence 176. Un relevé photographique qui a été mené en 2000 durant la période suivant la mise bas a donné une population estimée à 104 000 ± 22 100 individus (IC à 95 %) (figure 33). Un déclin de la population a suivi, et les effectifs ont été estimés à 70 100 ± 8 100 individus en 2005 et à 66 800 ± 5 200 individus en 2006. Ces valeurs représentent un taux de déclin exponentiel de 10 % de 2000 à 2006. Cependant, en 2010, la harde a été estimée à 98 600 ± 7 100 individus après la mise bas. Il y a certaines lacunes dans les données, car les taux démographiques n’ont pas été suivis et les données sur la répartition fondées sur les caribous munis de colliers n’ont pas été analysées.

Figure 33. Estimations de la population de la harde de caribous Bluenose-est.

Les estimations de la population visent les caribous âgés d’au moins un an. Les relevés ont été effectués en juillet.

Graphique
Source : Gunn et al. (2011)Référence 97.
Description longue pour la figure 33

Ce diagramme à bandes présente les informations suivantes :

Estimations de la population de la harde de caribous Bluenose-est.
Année2000200520062010
Relevé photographique suivant la période de mise bas104 00070 08166 75498 646
Les intervalles de confiance à 95% 22 1008 1205 1827 125

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Les tendances relatives aux indices vitaux sont incertaines, parce que la surveillance a été peu fréquente jusqu’à récemment. Le rapport petits/femelles reproductrices au printemps se situait entre 25 et 52/100, et ce rapport n’a affiché aucune tendance entre 2001 et 2009 (R. Popko, données inédites in Adamczewski et al. [2009])Référence 177.

Harde Bluenose ouest

Bien que la harde Bluenose-ouest n’ait été officiellement reconnue comme harde distincte qu’en 1999Référence 176, son effectif a été estimé pour 1986, 1987 et 1992, à partir des données de localisation des colliers émetteurs recueillies après la période de mise bas chez la harde Bluenose. L’effectif de la harde a atteint un sommet en 1992, avec 112 400 ± 25 600 individus (IC à 95 %), puis a baissé à 76 400 ± 14 300 individus en 2000, et à 20 800 ± 2 040 individus en 2005 (figure 34). L’estimation de 2005 a été confirmée par l’estimation de 2006, selon laquelle l’effectif était de 18 050 ± 530 individus. Depuis, la tendance semble s’être stabilisée, l’estimation préliminaire de l’effectif obtenu lors d’un relevé mené en juillet 2009 étant de 17 900 ± 1 300 individusRéférence 178.

Figure 34. Estimations de la population de la harde de caribous Bluenose ouest.

Les estimations de la population visent les caribous âgés d’au moins un an. Les données obtenues durant les recensements photographiques de la harde Bluenose antérieurs à 2000 ont été analysées à nouveau afin d’estimer les tendances de la population de la harde Bluenose-ouest. Les estimations ne doivent pas être considérées comme étant aussi fiables que les estimations subséquentesRéférence 179.

Graphique
Source : Gunn et al. (2011)Référence 97.
Description longue pour la figure 34

This figure shows the following information:

Estimations de la population de la harde de caribous Bluenose ouest
AnnéeSeconde analyse du relevé photographique <<Bluenose>>Les intervalles de confiance à 95%Relevé photographique suivant la période de mise basLes intervalles de confiance à 95%
198688 3696 899--
1987106 8874 655--
1992112 36025 566--
2000--76 37614 347
2005--20 8002 040
2006--18 050527
2009--17 8971 310

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Conformément aux recommandations du Conseil consultatif de la gestion de la faune (T.N.-O.), l’Office des ressources renouvelables des Gwich’in et l’Office des ressources renouvelables du Sahtu, cogestionnaires dans l’aire de répartition de la harde, tout prélèvement de caribous par des non-Autochtones a été interdit à partir de 2006. Les cogestionnaires ont recommandé également que le prélèvement de caribous de la harde Bluenose-ouest par les Autochtones soit réduit. Les mesures préconisées consistaient à limiter le prélèvement total autorisé et à exiger un permis de prélèvement – mesures qui ont été mises en vigueur en 2007Référence 97.

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Caribou des bois, population boréale

La présente section est fondée sur l’Évaluation scientifique de 2001 et le Programme de rétablissement du caribou des bois (Rangifer tarandus caribou), population boréale, de 2012 109, Référence 180. Il est à mentionner que l’information a été mise à jour depuis la publication du rapport thématique national du RETE intitulé Tendances de la population boréale du caribou des bois au CanadaRéférence 181.

Le caribou des bois est réparti dans la région boréale du CanadaRéférence 182. Il existe deux variétés génétiquement distinctes, ou écotypes, de caribou des bois : 1) le caribou des bois sylvicole, qui ne migre pas et qui vit à l’année longue en assez petits groupes dans la forêt boréale; 2) le caribou des bois de la toundra forestière, qui migre et vit en grandes hardes et qui passe l’hiver dans la forêt boréale. Il y a dix populations géographiquement distinctes de l’écotype sylvicole du caribou des bois – la population boréale (appelée « caribou boréal »), qu’on retrouve dans la majeure partie de l’écozone+  de la Taïga des plaines, est la plus répandue. En 2002, le COSEPAC a désigné le caribou boréal comme espèce menacéeRéférence 183, et le caribou boréal a été ajouté à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du CanadaRéférence 184.

L'aire de répartition du caribou des bois, y compris la population boréale, a beaucoup diminué au fil des ans. Sa limite méridionale a remonté graduellement vers le nord depuis le début des années 1900, tendance qui se poursuit encore aujourd'huiRéférence 109, Référence 183, Référence 185 Référence 186 Référence 187.

État et tendances de l’écozone+ de la Taïga des plaines

Le caribou boréal occupe principalement les écozones+ boréales du Canada, plutôt que les écozones+ de la taïga, à l’exception de l’écozone+ de la Taïga des plaines, qui offre certaines des plus grandes parcelles d’habitat pour ce caribou en péril. Ceci s’explique par la présence de forêts conifériennes matures ou anciennes et de tourbières, l’habitat préféré du caribou boréalRéférence 188. Des études ont montré que les marais arborés et les tourbières étaient essentiels à la survie du caribou boréal dans le nord de l’Alberta. Un tel constat serait également valable pour la zone entière de pergélisol sporadique qui atteint le nord de la Colombie-Britannique et le sud des Territoires du Nord-Ouest (figure 16)Référence 189. Quinze populations de caribou boréalNote * de bas de page (ou certaines de leurs composantes) sont présentes dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. De ce nombre, 33.3 % (n = 5) connaît un déclin; 6.7 % (n = 1) augmentent; et on ne connaît pas le statut de l’autre 60 % (n = 9) (figure 35).

Figure 35. Estimation du nombre d’individus des sous populations de caribou boréal dans l’écozone+ de la Taïga des plaines.
Carte
Source : Callaghan et al. (2011)Référence 181.
Description longue pour la figure 35

Cette carte indique la situation et l’emplacement des sous-populations de caribou boréal dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. Seules trois populations de la région désignée des Gwich’in, à la pointe nord de l’écozone+, sont considérées comme étant en augmentation. Les populations des régions désignées des Inuvialuit et de Sahtu, dont la distribution couvre une grande partie de la portion nord de l’écozone+, ont une situation inconnue, tout comme les populations de North Slave, Maxhamish, Calendar et Steen River/Yates. Les populations de Deh Cho (N./S.-O.), Sout Slave/Deh Cho (S.-E.), Snake Sahtahneh, Bistcho, Chinchaga et des Monts Caribou, qui vivent dans la moitié sud de l’écozone+, sont considérées en déclin.

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Causes des déclins

La diminution à grande échelle du domaine vital du caribou boréal et le déclin de ses populations sont associés aux aménagements humains et à l’extraction des ressources par le secteur industriel qui provoquent la destruction, la dégradation et la fragmentation de l’habitat, à savoir les forêts matures de conifèresRéférence 187, Référence 190 Référence 191 Référence 191. Au nombre des causes possibles du déclin de l’espèce associé aux modifications de l’habitat à l’échelle du paysage figurent l’augmentation de la prédationRéférence 109, Référence 187, Référence 193 Référence 194 Référence 195 Référence 196 Référence 197, l’accès plus facile au territoire pour les chasseursRéférence 190, Référence 194 et les perturbations linéairesRéférence 198, Référence 199. Les conditions météorologiques et les changements climatiques peuvent influer sur plusieurs aspects de l’écologie du caribou boréal, s’ajouter aux autres menaces et exacerber les principales causes du déclin.

Dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, les populations de caribou boréal en déclin ont des aires de répartition assez petites dans le sud de l’écozone+ (figure 35). Le tableau 7 présente une analyse des perturbations, associées tant aux feux qu’aux activités humaines (termes définis dans la légende), dans l’aire de répartition de chaque population, de manière complète ou partielle, dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. Selon cette analyse, de 57 à 87 % de l’aire de répartition de chaque population en déclin est classé comme « perturbation », les populations de Colombie-Britannique et d’Alberta étant caractérisées par le plus fort pourcentage de perturbations causées par les activités humaines (voir aussi la figure 6 dans la constatation clé relative au biome des forêts). Pour les populations des T.N.-O., les feux sont la principale cause de perturbation. Le caribou boréal peut changer de territoire pour éviter les zones brûlées à condition qu’il reste assez de forêts anciennes. Bien que les feux puissent avoir des effets indésirables à court terme, les grands feux préparent les conditions propices à l’établissement de grands peuplements équiennes de forêts matures qui sont essentiels au caribou boréal. Dans un écosystème en santé, lorsqu’une grande parcelle d’habitat est perturbée par un feu, une autre parcelle atteint le stade de la maturité.

Tableau 7. Perturbation de l’aire de répartition du caribou boréal.
Staut de la populationSous-population ou unité d’analysePerturbations de l’aire de répartition de la sous-population

Feu (%)
Perturbations de l’aire de répartition de la sous-population

Anthropiques
(%)
Perturbations de l’aire de répartition de la sous-population

Perturbations totales
(%)
Non disponibleT.N.-O.24831
Non disponibleMaxhamish (C.-B.)0,55758
Non disponibleCalendar (C.-B.)85861
DéclinBistcho (Alb.)206171
DéclinSnake Sahtaneh (C.-B.)68687
Non disponibleParker (C.-B.)15758
Non disponibleProphet (C.-B.)17777
StableYates (Alb./T.N.-O.)432161
DéclinChinchaga (Alb./C.-B.)87476
DéclinMonts Caribou (Alb.)442357

Le statut des populations a été tiré de la figure 35. Il est à remarquer que l’aire de répartition de certaines populations s’étend jusque dans les écozones+ avoisinantes.

« Feu (%)» renvoie au pourcentage de la superficie de l’aire brûlée au cours des 50 dernières années (depuis 2010). Les données sur les feux de plus de 2 km2 de la base de données sur les grands feux du Canada, augmentée par la couverture additionnelle visant les Territoires du Nord-Ouest et Parcs Canada, ont été utilisées aussi.

« Anthropiques (%) » renvoie au pourcentage de la superficie de l’aire de répartition touchée par les perturbations anthropiques, d’après la cartographie établie par la Division des sciences et de la technologie du paysage d’Environnement Canada en collaboration avec Global Forest Watch Canada (GFWC). Toutes les perturbations anthropiques linéaires et polygonales ont été numérisées à partir des images de Landsat. Les perturbations linéaires comprenaient des routes, des voies ferrées, des profils sismiques, des pipelines, des lignes de transport d’électricité, des pistes d’atterrissage, des barrages et d’autres perturbations. Les polygones comprenaient les établissements, les mines, les zones agricoles, les blocs de coupe, les activités pétrolières et gazières, les plates-formes d'exploitation et autres perturbations. Tous les éléments de la base de données ont été tamponnés de 500 m afin de créer une « zone d’influence » puis fusionnés pour éviter le chevauchement des perturbations anthropiques.

Source : Environnement Canada (2011)Référence 180 (2012)Référence 109.

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Oiseaux aquatiques

La présente section est tirée du rapport technique thématique Tendances des oiseaux aquatiques nicheurs au CanadaRéférence 200, qui a été préparé pour le Rapport sur l’état et les tendances des écosystèmes de 2010. Dans le rapport portant sur les oiseaux aquatiques, les analyses des tendances par écozone+ incluaient les données jusqu’en 2006, et ces données n’ont pas été actualisées.

La composition et l’abondance des populations d’oiseaux aquatiques dans l’écozone+ de la Taïga des plaines sont étudiées dans le cadre des Relevés des populations nicheuses de sauvagine menés conjointement par le Service canadien de la faune et le Fish and Wildlife Service des États-Unis; ces relevés ont été établis en 1955Référence 201. Les populations de Harelde kakawi (Clangula hyemalis), de macreuses (Macreuse brune [Melanitta fusca], Macreuse à front blanc [M. perspicillata] et Macreuse noire [M. nigra] combinées), de fuligules (Petit Fuligule [Aythya affinis] et Fuligule milouinan [A. marila] combinés), de Canard pilet (Anas acuta), de Canard colvert (A. platyrhynchos) et de Canard d’Amérique (A. Americana) présentent des tendances au déclin (tableau 8 , figure 36 et figure 37). Les aires de nidification de ces espèces se recoupent, mais la plupart des oiseaux ont des aires d’hivernage différentesRéférence 202, ce qui permet de supposer que les causes de leur déclin pourraient être liées à l’écozone+. Les populations d’oiseaux aquatiques sont réparties de manière irrégulière dans l’ensemble de l’écozone+, et les tendances de ces populations varient également d’un endroit à l’autre, comme il est montré dans le cas des fuligules, à la figure 38 Référence 203.

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Tableau 8. Tendances de l’abondance de certaines espèces d’oiseaux aquatiques dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, des années 1970 aux années 2000.
EspèceHabitat de nidificationTendance
(%/année)
PNote 1 du tableau 8Indice annuel d’abondance (en milliers)

Années 1970
Indice annuel d’abondance (en milliers)

Années 1980
Indice annuel d’abondance (en milliers)

Années 1990
Indice annuel d’abondance (en milliers)

Années 2000
Indice annuel d’abondance (en milliers)

Changement
(%)
Petit GarrotCavité0,104-96,396,285,697,41,2
Harelde kakawiSol-4,164*Note 2 du tableau 842,630,612,511,6-72,8
Macreuses (Macreuse brune, Macreuse à front blanc et Macreuse noire)Sol-4,089*Note 2 du tableau 8250,3233,186,487,9-64,9
Fuligules (Petit Fuligule et Fuligule milouinan)Sol-3,273*Note 2 du tableau 8951,8744,5427,6384,3-59,6
Canard piletSol-2,722*Note 2 du tableau 894,569,337,644,7-52,7
Canard colvertSol-2,155*Note 2 du tableau 8232,9237,2168,8131,6-43,5
Canard d’AmériqueSol-2,024*Note 2 du tableau 8194,1185,5119,7121,7-37,3
Sarcelle d’hiverSol0,665-141,7249163,5201,442,2
Bernache du Canada  -0,472-54,768,163,365,419,5

Note du tableau 8

Note 1 of Table 8

P is the statistical significance

Retour à la référence de la note 1 du tableau 8

Note 2 of Table 8

indicates P<0.05;

Retour à la référence de la note 2 du tableau 8

Source : Fast et al. (2011)Référence 200.

 

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Figure 36. Tendances des populations de (A) fuligules et de macreuses et de (B) Bernache du Canada, de Harelde kakawi et de Petit Garrot dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, de 1970 à 2006.
Graphiques
Source : Fast et al. (2011)Référence 200.
Description longue pour la figure 36

Ces deux diagrammes linéaires présentent les informations suivantes :

Tendances des populations de (A) fuligules et de macreuses et de (B) Bernache du Canada, de Harelde kakawi et de Petit Garrot dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, de 1970 à 2006.
AnnéeFuligulesMacreusesPetit GarrotBernache du CanadaHarelde kakawi
1970726 057256 50473 32677 93635 679
1971835 040190 989111 80691 06652 621
19721 959 096338 748116 32381 1276 560
1973951 786240 68566 61041 74727 112
1974769 027207 389104 62226 58331 177
19751 044 060194 66999 25366 64111 167
1976507 857103 98889 12739 30434 404
1977915 746172 81196 82938 01962 284
1978892 921446 38585 34745 93962 588
1979915 991351 226119 44538 707102 224
1980863 425168 676105 51937 43534 806
1981787 820243 83861 77960 01214 843
1982667 246177 30348 37836 12345 061
1983874 096355 42296 77849 0653 722
1984946 801170 466133 89526 39562 279
1985618 909245 41770 04990 4161 861
1986665 211160 367108 09079 3961 861
1987819 018351 538111 207103 28544 655
1988624 056136 901124 020109 06421 390
1989578 222320 824101 95190 24575 370
1990458 48949 51471 97181 04611 343
1991405 65879 49873 10374 8636 481
1992487 854143 73750 01590 51411 553
1993458 569134 18684 63372 9713 975
1994448 34951 987101 81349 01914 820
1995418 12938 638112 69582 49229 749
1996311 55477 26560 13247 6616 023
1997333 949166 36996 89634 27323 987
1998371 31138 26599 42942 52112 387
1999582 25784 178104 97957 8414 678
2000406 11669 76070 13721 0728 506
2001376 72676 705112 56971 07214 849
2002432 82652 36796 698111 0705 560
2003387 882124 928101 34765 7447 311
2004523 568149 839110 51545 16135 201
2005306 55267 35897 77780 0345 569
2006256 35974 48892 66963 3334 057

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Figure 37. Tendances des populations de Canard d’Amérique, de Sarcelle d’hiver, de Canard colvert et de Canard pilet dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, de 1970 à 2006.
Graphique
Source : Fast et al. (2011)Référence 200.
Description longue pour la figure 37

This line graph shows the following information:

Tendances des populations de Canard d’Amérique, de Sarcelle d’hiver, de Canard colvert et de Canard pilet dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, de 1970 à 2006.
AnnéeCanard d’AmériqueSarcelle d’hiverCanard colvertCanard pilet
1970147 747180 683225 29731 511
1971234 724131 167277 50025 100
1972198 356214 436406 820218 244
1973225 238173 903222 891115 451
1974109 48572 291143 20430 529
1975266 091179 581323 449193 438
1976109 83436 50192 92778 673
1977261 646193 556245 906160 162
1978220 363121 398212 18850 364
1979167 700113 038178 93341 509
1980316 872193 649244 02270 765
1981209 794156 943199 38373 165
1982141 701204 309129 93135 989
1983109 894332 044309 70395 549
1984234 438135 102109 59873 733
1985159 122204 644246 49679 380
198698 339277 501481 01158 323
1987168 597347 039191 42086 871
1988237 209313 850247 06160 698
1989179 314324 752212 89348 318
1990112 753187 134123 82227 000
1991107 03591 16088 53843 392
1992131 035176 007127 59265 779
1993123 511193 853220 56576 650
199449 106193 31170 09514 864
1995119 951167 687120 47212 378
199654 879109 41192 4768 668
1997180 88280 884247 14826 922
1998112 270214 231193 67235 227
1999205 881221 064403 83765 036
2000109 349307 124204 48357 982
2001124 252215 439139 24757 045
2002109 876206 216206 68458 332
2003186 525253 167134 57534 119
2004193 771207 964135 15953 285
200551 99265 67754 91412 416
200676 172154 47846 30140 003

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Figure 38. Répartition géographique des fuligules nicheurs et tendances des fuligules, de 1976 à 2003.

Les densités indiquées sur la carte A sont les densités moyennes durant la période d’étude. La carte des changements dans l’abondance des fuligules (B) compare les données de recensement des années 1976 à 1980 à celles de 1999 à 2003. Les cartes ont été établies à partir des résultats des relevés qui sont résumés à la figure 36 , à la figure 37 et au tableau 8.

Graphiques
Source : adapté de Fournier et Hines (2005)Référence 203.
Description longue pour la figure 38

Ces deux cartes présentent les tendances de la répartition géographique des fuligules de 1976 à 2006 : la carte A indique le nombre total d’oiseaux par kilomètre carré, tandis que la carte B présente l’évolution du nombre d’oiseaux par kilomètre carré. En général, les fuligules sont plus nombreux dans la portion nord de l’écozone+ de la Taïga des plaines, soit au moins 2 à 4 oiseaux/km2 dans la plupart des endroits et 4 à 8 oiseaux/km2 dans bien des cas. Une région sur la rive nord du Grand lac des Esclaves présente aussi une forte densité d’oiseaux. Dans la majeure partie du reste de l’écozone+, le nombre de fuligules est inférieur à 4 oiseaux/km2. De 1976 à 2003, la densité des oiseaux a connu d’importants changements dans deux secteurs de l’écozone+: de vastes secteurs de la portion nord de l’écozone+ et les secteurs au nord et à l’ouest du Grand lac des Esclaves ont connu des baisses atteignant parfois 17 oiseaux/km2.

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Malgré leur abondance, les populations totales de Fuligule milouinan et de Petit Fuligule sont en déclin depuis le milieu des années 1980, principalement les populations nicheuses des forêts boréales de l’ouest (figure 39). Le taux de croissance des populations de Petit Fuligule peut être fortement lié à la survie des femelles adultes au cours des saisons de reproduction et internuptiales et, dans une moindre mesure, au succès de la nidification, à la survie des canetons et à la survie des jeunesRéférence 204, ce qui donne à penser que les changements subis par l’habitat de nidification peuvent grandement influer sur la croissance de ces populations.

Figure 39. Déclins des populations de fuligules dans la forêt boréale par comparaison aux tendances observées dans la toundra et la prairie-parc, de 1955 à 1997.

Les estimations des populations nicheuses totales de Fuligule milouinan et de Petit Fuligule sont combinées.

Graphique
Source : Afton et Anderson (2001)Référence 205.
Description longue pour la figure 39

Ce diagramme linéaire illustre l’évolution des populations de fuligules dans la forêt boréale comparativement aux tendances observées dans la toundra et la prairie-parc, de 1955 à 1997. Dans la toundra, les populations de fuligules sont demeurées relativement stables au cours de cette période, contrairement à ce qui s’est produit dans la prairie-parc et la forêt boréale, qui ont toutes les deux connu un déclin des populations. Les populations de fuligules dans la forêt boréale sont variables, mais elles se situent généralement entre 3 et 5 millions d’oiseaux jusqu’au début de la décennie 1990, alors que les populations fléchissent sous les 3 millions. Dans la prairie-parc, les chiffres sont plus faibles dans l’ensemble, mais ils fluctuent moins que ceux des populations de la forêt boréale, se situant généralement entre 1 et 2 millions d’oiseaux. Populations de la toundra sont restés stables au cours de cette période à moins de 1 million d'oiseaux.

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Les causes des déclins des populations d’oiseaux aquatiques ne sont pas bien connues, car très peu d’études à ce sujet ont été menées dans la Taïga des plaines. Les changements climatiques peuvent jouer un rôle important, surtout dans le cas du Harelde kakawi, des macreuses et des fuligules, qui nichent tardRéférence 206, Référence 207. Comme la photopériode est probablement le principal élément déclencheur de la nidification pour ces espèces, il peut se produire de mauvaises associations de dates entre les dates de nidification tardives, qui sont relativement fixes (voir par ailleurs Anteau et Afton[2009]Référence 208), et les stades phénologiques des invertébrés, qui dépendent de la température et qui ont probablement changé récemment à la suite du réchauffement climatiqueRéférence 209. L’hypothèse du mésappariement entre les oiseaux nicheurs et la disponibilité changeante de la nourriture, bien qu’encore non vérifiée dans la taïga, a été montrée ailleurs (voir par exemple Thomas et al. [2001]Référence 210). Cette hypothèse n’en est cependant qu’une parmi d’autres pour expliquer le déclin des populations de fuligules (voir l’examen in Austin et al. [2000]Référence 211).

Les causes des déclins observés du Canard pilet, du Canard colvert et du Canard d’Amérique ne sont toujours pas claires. L’abondance des trois espèces fluctue grandement d’une année à l’autre, et certaines d’entre elles connaissent aussi des déclins dans d’autres régions. Les populations de Bernache du Canada et de Sarcelle d’hiver n’affichent aucune tendance statistiquement significative.

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Poissons

Les trois poissons suivants de l’écozone+ de la Taïga des plaines sont considérés comme des espèces en péril dans les Territoires du Nord-Ouest : le cisco à mâchoires égales (Coregonus zenithicus) est classé parmi les espèces en péril, et l’omble à tête plate (Salvelinus confluentus) et l’inconnu (Stenodus leucichthys; stocks du cours supérieur du fleuve Mackenzie et du Grand lac des Esclaves seulement) sont classés comme des espèces possiblement en périlRéférence 212.

En 1987, le COSEPAC a désigné le cisco à mâchoires égales comme espèce menacée, se fondant sur les populations réduites et le taux d’exploitation de l’habitat dans l’ensemble du Canada. La classification de l’espèce a été confirmée durant une évaluation de la situation de l’espèce menée en 2003Référence 213. Dans les Territoires du Nord-Ouest, le cisco à mâchoires égales se trouve dans le Grand lac des Esclaves, qui est à la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce; il existe aussi certaines mentions non confirmées de l’espèce dans le Grand lac à l’OursRéférence 212. La situation et les tendances des populations dans l’écozone+ sont peu connuesRéférence 213.

La présence de l’omble à tête plate a été confirmée au début des années 2000 dans la région du Sahtu de la Taïga des plaines, ce qui confirme que l’aire de répartition de l’espèce a avancé vers le nord de 4 degrés de latitude par rapport à l’aire de répartition antérieureRéférence 214. L’omble à tête plate, qui est probablement largement répartie dans des cours d’eau à forte déclivité du centre-sud de la vallée du fleuve Mackenzie, est très sensible à diverses répercussions anthropiques individuelles et cumulatives; bon nombre des populations du sud de l’écozone+ ont disparu ou pourraient être menacéesRéférence 214.

Dans le cours supérieur du fleuve Mackenzie et le Grand lac des Esclaves, les populations d’inconnu semblent avoir chuté dans les filets maillants à proximité des cours d’eau où se trouvent les frayères de l’espèce.Référence 215 Les Aînés racontent que l’effondrement des stocks a commencé lorsque le florissant commerce de la fourrure des années 1940 et 1950 a exigé de grandes quantités d’aliments pour les chiens d’attelageRéférence 216. Le déclin s’est poursuivi avec l’arrivée de la pêche commerciale et les prises accidentelles associées à la pêche du grand corégone dans le Grand lac des Esclaves. Les mesures de conservation, qui sont en place depuis de nombreuses années, ont mené seulement à un lent rétablissement de l’espèceRéférence 215.

Les données de base sur les stocks de poissons sont résumées dans le rapport sur le bassin du fleuve Mackenzie portant sur l’état du milieu aquatiqueRéférence 59 et dans la vérification environnementale des Territoires du Nord-Ouest et le Programme de surveillance des impacts cumulatifs dans les Territoires du Nord-OuestRéférence 217. Dans les cas où des données sont disponibles, la plupart des stocks de poissons sont considérés comme stables ou en augmentation. Dans le Grand lac à l’Ours, la population de touladi a diminué entre le début des années 1970 et le milieu des années 1980. Des quotas ont été alloués en 1987. Depuis, la récolte du touladi a été beaucoup moins importante que le rendement maximal soutenu (figure 40). En 1989, les stocks d’ombre arctique dans le cours supérieur du bassin du fleuve Mackenzie ont été affectés par une éclosion de pathogènes d’origine hydrique causée par les eaux chaudes mais, selon les données de la pêche sportive, notamment les données relatives à la rivière Kakisa (au sud-ouest du Grand lac des Esclaves)Référence 217, les stocks semblent s’être rétablis à leurs niveaux antérieurs par la suite.

Figure 40. Récolte de touladis dans le Grand lac à l’Ours, de 1972 à 1990.
Graphique
Source : Conseil du bassin du Mackenzie, 2004Référence 59; données de Pêches et Océans Canada, rivière au Foin.
Description longue pour la figure 40

Ce diagramme linéaire montre que la récolte de touladis dans le Grand lac de l’Ours a fortement décru entre 1975 et 1990. De 1975 à 1987, la récolte dépassait de beaucoup la récolte maximale recommandée de 9 000 poissons : près de 19 000 individus ont été récoltés en 1975, puis ce chiffre a baissé jusqu’à 13 500 en 1985. Après 1987, les récoltes ont diminué rapidement; moins de 4 000 touladis ont été récoltés en 1990.

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Constatation clé 18
Productivité primaire

Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l’échelle nationale
La productivité primaire a augmenté dans plus de 20 % du territoire végétalisé au Canada au cours des 20 dernières années et elle a également augmenté dans certains écosystèmes d’eau douce. L’ampleur et la période de productivité primaire changent dans tout l’écosystème marin.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : De manière globale, la productivité primaire a augmenté dans 22,7 % de la superficie terrestre de la Taïga des plaines et diminué dans 1,5 % de la superficie terrestre, de 1985 à 2006. L’augmentation de la productivité primaire s’est fait surtout sentir dans le nord de l’écozone+, où des études montrent une augmentation du taux de croissance des arbustes, ainsi qu’une altération de la croissance des lichens et de certaines épinettes blanches. Les grands feux qui caractérisent l’écozone+ influent sur la productivité primaire mais ne peuvent en expliquer l’augmentation générale.

La présente section est fondée sur les analyses et les interprétations du rapport Surveillance à distance de la biodiversité : sélection de tendances mesurées à partir d’observations par satellite du CanadaRéférence 13. D’autres informations ont été ajoutées en ce qui concerne la relation avec les feux de forêts, la qualité de la nourriture et la productivité aquatique.

L’indice de végétation par différence normalisée (IVDN) est une mesure de la vigueur de la végétation liée à l’activité chlorophyllienne ou « verdure ». Les changements dans l’IVDN observés durant la période de 1985 à 2006 ont été examinés par Ahern et al. (2011)Référence 13 pour chaque écozone+, d’après les constatations de Pouliot et al. (2009)Référence 218. Les résultats sont présentés à la figure 41. De manière générale, 22,7 % de l’écozone+ de la Taïga des plaines a connu un changement positif statistiquement significatif (limite de confiance à 95 %) de l’IVDN, et 1,5 % a connu un changement négatif significatif de l’IVDN.

Figure 41. Tendance dans l’indice de végétation par différence normalisée, écozone+ de la Taïga des plaines, de 1985 à 2006.
Carte
Source : Ahern et al. (2011)Référence 13.
Description longue pour la figure 41

Cette carte indique la tendance dans l’indice de végétation par différence normalisée (IVDN) de 1985 à 2006. Les valeurs de l’IVDN ont augmenté sur 22,7 % de la superficie de l’écozone+ de la Taïga des plaines, ce qui reflète une augmentation de la productivité primaire, tandis que les valeurs de l’IVDN n’ont diminué que dans 1,5 % de l’écozone+. Les secteurs où l’IVDN a augmenté sont concentrés dans la portion nord de l’écozone+, alors que les secteurs en diminution sont isolés et se trouvent pour la plupart dans une zone à l’ouest du Grand lac des Esclaves.

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Dans le nord de la Taïga des plaines, la vaste région où la forte augmentation de l’IVDN visible sur la carte correspond à une grande superficie de forêt coniférienne située au nord du Grand lac à l’Ours, à l’est de la vallée du Mackenzie. Une parcelle semblable de plus petite superficie se trouve dans la vallée du cours inférieur du Mackenzie. Plus au sud, les zones où l’IVDN augmente sont isolées. La zone où l’IVDN diminue, à l’ouest du Grand lac des Esclaves, ne correspond à aucun brûlis récent. La nappe phréatique est élevée dans la région, et certaines zones dans lesquelles on trouvait autrefois des forêts et de hautes arbustaies ont été inondées durant les années de fortes précipitationsRéférence 216.

Pouliot et al. (2009)Référence 218 ont examiné aussi l’influence du climat et du changement de la couverture terrestre sur les tendances de l’IVDN dans huit régions du Canada. L’influence du climat a été examinée au moyen d’une analyse par quadrillage des corrélations entre les données sur la température mensuelle et les précipitations (Mitchell [2005] in Pouliot et al. [2009]Référence 218) et le maximum annuel de l’IVDN. L’analyse donne à penser que, dans la Taïga des plaines, le climat influe fortement sur l’IVDN, et de manière plus prononcée que dans toute autre région canadienne. Comme dans d’autres régions du nord, l’IVDN a été corrélé négativement avec les précipitations et corrélé positivement avec la températureRéférence 218.

Olthof et al. (2008)Référence 219 ont examiné les tendances de l’IVDN dans une partie de l’écozone+ de la Taïga des plaines (ainsi que dans des zones de toundra au nord) en se servant des mêmes jeux de données que ceux qu’avaient utilisés Ahern (2011)Référence 13 et Pouliot (2009)Référence 218, ainsi que de données Landsat de plus haute résolution. Les auteurs ont constaté que les tendances de l’IVDN étaient toujours moins marquées dans les communautés dominées par les lichens que dans les communautés dominées par les plantes vasculaires, bien que toutes les communautés affichaient des tendances à la hausse de l’IVDN. Les constatations sont conformes aux études menées sur le terrainRéférence 220 Référence 221Référence 222 Référence 223 Référence 224 et ont été attribuées à la vigueur accrue et à la plus grande biomasse des plantes vasculaires ainsi qu’à une certaine altération de la croissance des lichens en raison de l’assèchementRéférence 219. Dans cette région nordique, l’épinette blanche montre également des signes de diminution du taux de croissance, probablement causée par un stress hydrique (voir la constatation clé relative au biome des forêts et la figure 8).

Dans la forêt boréale, il est compliqué d’utiliser des mesures satellitaires pour déterminer la productivité primaire en raison des effets des feux de forêt. La productivité diminue durant environ une dizaine d’années après un feu de forêtRéférence 225, et la succession naturelle et l’âge des arbres peuvent aussi compliquer l’interprétation des tendances de la productivité des végétaux mesurées par télédétectionRéférence 226 Référence 227. Ahern (2011)Référence 13 a analysé les changements dans l’IVDN en rapport avec l’historique des feux dans l’ensemble du Canada : les tendances de l’IVDN étaient négatives dans les zones récemment touchées par les feux (de 1994 à 2004), positives dans les zones touchées par les feux de 1980 à 1990 (où la régénération aurait dominé) et généralement positives ou près de zéro dans les zones affectées par les feux avant 1980 (de 1960 à 1980). Les auteurs ont conclu que, dans le nord de la zone forestière du nord du Canada, bon nombre des changements observés pouvaient résulter du cycle naturel des feux de forêt et de la succession végétale, bien que les tendances des feux de végétation à elles seules ne puissent expliquer l’importance et la répartition des changements observés à l’IVDN au cours de la période de 22 ans.

Les tendances à l’augmentation de la productivité végétale, telles que déterminées par des mesures satellitaires (IVDN), peuvent ne pas se traduire par une augmentation de la qualité de la nourriture pour les insectes herbivores ou les mammifères herbivores. Ainsi, la quantité de rayonnement solaire (ou couverture nuageuse) et la température affectent aussi les concentrations de composés dans les végétaux, comme les tanins, qui affectent la qualité de la nourritureRéférence 228. Par conséquent, les conditions qui favorisent une augmentation de la productivité primaire peuvent faire diminuer aussi la qualité de certains végétaux dont se nourrissent les herbivores.

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Constatation clé 19
Perturbations naturelles

Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l’échelle nationale
La dynamique des régimes de perturbations naturelles, notamment les incendies et les vagues d’insectes indigènes, est en train de modifier et de refaçonner le paysage. La nature et le degré du changement varient d’un endroit à l’autre.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : Dans la Taïga des plaines, les perturbations naturelles montrent des signes de changements associés au climat. À l’échelle décadaire, la superficie de forêts brûlées a augmenté depuis les années 1960, puis a baissé au cours de la dernière décennie; les données sont cependant incomplètes pour cette décennie. Il existe certaines indications d’une tendance à un plus grand nombre de feux plus tôt en saison, et cette tendance est cohérente avec la tendance observée de la température. La tordeuse des bourgeons de l’épinette, principal insecte forestier nuisible, est endémique dans la partie sud de l’écozone+, et il existe certaines indications que l’insecte pourrait se déplacer vers le nord. Tant la livrée des forêts que le dendroctone du pin ponderosa, dont la présence est relativement nouvelle dans l’écozone+, montrent des signes de plus grande abondance et de propagation vers le nord.

Feu

L’intérêt pour la surveillance des tendances des feux de forêt s’est accru récemment en raison de la relation entre le réchauffement climatique, les feux de forêts et les répercussions sur le cycle et le stockage du carbone. Les membres des collectivités ont remarqué une augmentation de la fréquence des feux de forêt associée aux températures chaudes. Cependant, on ne sait pas si la fréquence mentionnée des feux de forêt et leur répartition à l’échelle du paysage diffèrent de ce qu’elles ont déjà été. Ainsi, 90 feux ont été signalés dans la région de Fort McPherson à l’été 2003, qui a été chaud et sec Référence 129, mais il est difficile d’interpréter le phénomène sur le plan des tendances à long terme, parce que le nombre de feux de forêts et la superficie brûlée chaque année varient beaucoup – on peut s’attendre à ce que quelques années connaissent un nombre de feux exceptionnellement élevé. La Taïga des plaines a été touchée par de grands feux dans les années 1940, décennie caractérisée par du temps chaud et sec, tel qu’il a été documenté, notamment dans la région de Fort SmithRéférence 229. Dans une étude de l’historique des feux à Fort Providence au cours du XIXe et du XXe siècle, la proportion la plus élevée de peuplements forestiers a commencé à pousser après les grands feux des années 1940Référence 230. Quelques arbres ont survécu au feu durant plus de 200 ans. Les années 1860, 1880 et 1920 ont été aussi des décennies au cours desquelles de grandes superficies de forêts ont brûlé.

Le rôle joué par les humains dans les feux de forêt a changé avec les établissements humains ainsi qu’avec les pratiques culturelles et économiques, tant en ce qui a trait à l’allumage accidentel ou délibéré des feux qu’au mode de suppression des feux. Ainsi, dans le passé, les Autochtones du centre-sud de l’écozone+ avaient recours au brûlage comme outil de gestion pour améliorer les conditions pour d’importantes sources de nourriture, comme l’orignal, le bison des bois, le lièvre, le castor, le tétras et les baies, qui préfèrent les milieux en début de succession végétaleRéférence 216, Référence 230, Référence 231. Le paysage de prairie qui en a résulté a depuis été remplacé par un paysage forestierRéférence 232.

Dans la forêt boréale, le comportement des feux est en partie associé à l’âge des peuplements Référence 233. Après avoir augmenté durant les premières décennies du peuplement, l’inflammabilité diminue et demeure faible dans le peuplement mature, puis augmente de nouveau lorsque le peuplement se détériore. Les courts intervalles entre les feux favorisent la régénération des arbres feuillus plutôt que des conifères. Les feux intenses qui touchent les jeunes peuplements de conifères dégagent des superficies qui deviennent occupées par des peuplements de feuillus, par l’intermédiaire des graines qui sont transportées par le vent sur de grandes distances. La profondeur du brûlage étant variable, de grandes différences dans la densité des semis sont observées. Un climat chaud et sec, associé à une augmentation de la fréquence des feux, entraîne des feux d’une grande intensité et brûlant en profondeur, détruisant la matière organique et tuant davantage les parties souterraines des végétaux que les feux de surface de faible intensitéRéférence 233.

La discussion qui suit résume les tendances récentes observées quant à l’étendue, la durée et le moment des feux. Elle est fondée sur le rapport technique thématique Tendances des grands incendies de forêts au Canada, de 1959 à 2007Référence 13, qui a été préparé pour le Rapport sur l’état et les tendances des écosystèmes de 2010. Les données utilisées dans les analyses aux fins du rapport étaient à jour en 2007 et n’ont pas été actualisées.

Certains des plus grands incendies du pays se produisent dans l’écozone+ de la Taïga des plainesRéférence 234 Référence 235. Une accumulation de facteurs est en cause, notamment le climat continental secRéférence 236, la situation géographique éloignée, où peu d’efforts de suppression sont déployésRéférence 234, et les types de combustibles qui s’y trouvent, principalement des combustibles présents dans la forêt boréale à des charges moyennes relativement élevées qui entraînent des taux de combustion supérieursRéférence 239, Référence 238. Ainsi, ces facteurs se traduisent par des feux assez graves qui brûlent sur de grandes superficies.

Superficie brûlée

En moyenne, 2 858 km2 brûlent chaque année dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, mais la superficie brûlée peut varier grandement d’une année à l’autre (figure 42). En effet, pour de nombreuses années, la superficie brûlée (par des feux de plus de 2 km2) a été inférieure à 100 km2, tandis que pour d’autres années, elle a été beaucoup plus élevée, notamment en 1995 où elle a atteint 17 354 km2.

Certaines années de faible activité de feu répertoriées au début de la période d’étude pourraient s’expliquer par le fait que la surveillance était limitée dans cette écozone+ nordique. Toutefois, la tendance s’est poursuivie au cours des dernières décennies, ce qui indique qu’il est effectivement possible que seule une très petite superficie soit brûlée au cours de certaines années (voir par exemple, en 1991, en 1997 et en 2002 à la figure 42). Malgré les années de très faible activité de feu10, le pourcentage de la superficie boisée brûlée annuellement pour l’écozone+ de la Taïga des plaines est de 0,71 %, ce qui est élevé par rapport à d’autres écozones+. Il s’agit en fait du deuxième pourcentage le plus élevé – seule l’écozone+ de la taïga du Bouclier compte un pourcentage de superficie boisée brûlée plus grand.

Figure 42. Superficie brûlée chaque année par les grands feux dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, de 1959 à 2007.

Remarque : La tendance a été établie uniquement en fonction des grands feux (d’une superficie de plus de 2 km2, et non de la superficie brûlée totale).

Graphique
Source : Krezek-Hanes et al. (2011)Référence 10.
Description longue pour la figure 42

Ce diagramme à bandes montre les informations suivantes :

Superficie brûlée chaque année par les grands feux dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, de 1959 à 2007.
AnnéeSuperficie brûlée (km2)
1959705
1960112
19611 849
1962200
196351
196454
1965308
19661 124
1967289
19681 852
19694 605
19701 111
19714 358
19722 076
19731 907
1974178
19754 210
19762 944
1977631
1978106
197912 142
198011 144
198113 722
19823 900
1983894
19841 006
1985159
19863 080
19873 574
1988611
19892 049
19901 015
1991128
199221
19937 693
199413 605
199517 354
19961 429
199798
19983 330
19993 737
2000552
200166
200216
20032 269
20044 273
20051 850
2006592
20071 088

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La tendance à long terme de la superficie brûlée pour l’écozone+ de la Taïga des plaines est semblable aux tendances observées à l’échelle nationale. La superficie brûlée est présentée par décennie depuis les années 1960 à la figure 43 , et les feux sont cartographiés à la figure 44. La superficie brûlée a augmenté à partir des années 1960 et jusque dans les années 1990, puis a chuté de façon spectaculaire dans les années 2000. Comme il a été mentionné plus haut, les faibles valeurs obtenues au début de la période d’étude pourraient être attribuables aux techniques de collecte des données, qui se sont améliorées à compter des années 1970Référence 236. Même si les valeurs indiquées pour les années 2000 doivent être considérées avec prudence, puisqu’elles ne comprennent pas les données pour toutes les années de la décennie, la récente baisse pourrait être liée à des changements concernant les oscillations atmosphériques à grande échelle10.

Figure 43. Tendance de la superficie brûlée totale par décennie dans l’écozone+ de la Taïga des plaines.

La valeur pour la décennie 2000 a été répartie proportionnellement sur 10 ans d’après la moyenne pour la période de 2000 à 2007.

Graphique
Source : Krezek-Hanes et al. (2011)Référence 10.
Description longue pour la figure 43

Ce diagramme à bandes montre les informations suivantes :

Tendance de la superficie brûlée totale par décennie dans l’écozone+ de la Taïga des plaines.
DécennieSuperficie brûlée (km2)
1960s10 443
1970s29 663
1980s40 138
1990s48 410
2000s13 383

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Figure 44. Répartition des grands feux dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, des années 1980 aux années 2000.

Les feux indiqués pour les années 2000 ne concernent que la période de 2000 à 2007.

Carte
Source : Krezek-Hanes et al. (2011)Référence 10.
Description longue pour la figure 44

Cette carte présente la distribution des grands feux dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, ventilée par décennie. Pendant les années 1980, plusieurs vastes étendues ont brûlé dans la moitié sud de l’écozone+, ainsi que dans divers secteurs du nord. Au cours des années 1990, c’est dans le milieu et à l’extrémité nord-ouest de l’écozone+ que les grands feux sont survenus. La superficie brûlée a été beaucoup moindre pendant la décennie 2000; les secteurs touchés étaient alors concentrés dans le sud de l’écozone+.

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Durée et moment des feux

La durée moyenne de l’activité des grands feux est de 81 jours (environ 4 mois) et elle n’a pas vraiment varié. L’activité des feux diffère de la durée de la saison des feux, cette dernière étant calculée d’après les indicateurs portant sur les conditions météorologiques propices au feu et étant aussi plus longue, à savoir d’environ 173 joursRéférence 239. La durée de la saison des feux est la période durant laquelle les conditions météorologiques sont propices au feu. Les valeurs documentées dans le présent rapport ont été calculées d’après l’activité réelle des grands feux. Selon l’analyse, les feux sont plus fréquents de juin à août, mais ils peuvent survenir dès avril et jusqu’en septembre (figure 45).

Bien que la durée moyenne de l’activité des feux n’ait pas varié dans le temps, la répartition des feux durant la saison des feux a, pour sa part, légèrement changé au cours des 40 dernières années. La proportion des incendies qui ont lieu en avril est passée de 0 % dans les années 1960 à 1,2 % dans les années 1990. La proportion des incendies qui ont lieu en mai a quant à elle augmenté de façon constante, ce qui constitue un changement statistiquement significatif (R2 = 0,93; P = 0,035). Tous les incendies signalés en avril ont été causés par les humains, tandis que les incendies survenus en mai ont été causés par les humains et par la foudre, à parts égales. Des feux de début de saison peuvent aussi survenir durant les années sèches, lorsque les feux de l’année précédente sont couvants dans les couches profondes de tourbe en hiver, et redeviennent des feux de surface au printempsRéférence 216. Davantage de données sont nécessaires pour déterminer si ces petits changements constituent le début d’un phénomène réel, tel que l’allongement de la saison des feux, ou s’ils traduisent en fait les limites de la base de données sur les grands feux.

Figure 45. Pourcentage de l’ensemble des grands feux pour chaque mois de la saison des feux, par décennie, des années 1960 aux années 1990.

Remarque : Cette tendance des feux est basée sur le nombre de grands feux de plus de 2 km2.

Graphiques
Source : Krezek-Hanes et al. (2011)Référence 10.
Description longue pour la figure 45

Ce diagramme à bandes groupées illustre les informations suivantes :

Percent of all large fires that occur in each month of the fire season by decade, 1960s-1990s.
DécennieAvril
(%)
Mai
(%)
Juin
(%)
Juillet
(%)
Août
(%)
Septembre
(%)
Adurée moyenne
(journées)
1960s02374115370
1970s06274420294
1980s17225118081
1990s19294611282

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La répartition des feux n’a pas varié au cours des derniers mois de la saison des feux, les saisons de feux tardives étant surtout causées par la foudre, qui est responsable de 83 % des grands feux dans l’écozone+ de la Taïga des plaines (figure 46 a). La proportion des feux causés par la foudre comparativement à celle des feux causés par les humains a augmenté des années 1960 aux années 1990 (figure 46 a). La superficie brûlée totale résultant d’allumages par la foudre a augmenté aussi durant la période de 40 ans (figure 46 b). L’augmentation de la superficie brûlée par la foudre est fort probablement due à des températures plus élevées au cours de la saison des incendies dans les années 1990Référence 239, Référence 240.

Figure 46. Tendances A) de la proportion de grands feux en fonction de la cause; et B) de la superficie brûlée totale par la foudre et par allumage par des humains, par décennie, des années 1960 aux années 1990.

Les grands feux sont les feux de plus de 2 km2.

Graphiques
Source : Krezek-Hanes et al. (2011)Référence 10.
Description longue pour la figure 46

Ces deux diagrammes à bandes illustrent les informations suivantes :

Tendances A) de la proportion de grands feux en fonction de la cause; et B) de la superficie brûlée totale par la foudre et par allumage par des humains, par décennie, des années 1960 aux années 1990.
DécennieLes feux causés par les humains
(%)
Les feux causés par la foudre
(%)
Superficie brûlée par les humainsSuperficie brûlée par la foudre
60s63866 987,883 455,59
70s352272 199,292 7463,55
80s13313217,843 9920,39
90s222321 282,615 4691,92

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Infestations d’insectes

Les tendances des infestations d’insectes indigènes à grande échelle sont corrélées avec les conditions météorologiques et les feux de forêts, qui influent tous deux sur la probabilité d’infestations d’insectes. Les infestations d’insectes peuvent défolier régulièrement les arbres, qui deviennent incapables de se reproduire (produire des cônes), et entraînent une réduction de leur croissance et de leur vigueur. De plus, les infestations à plusieurs espèces peuvent aussi endommager les arbres qui sont déjà affaiblis par une première attaque. Les insectes ravageurs importants dans l’écozone+ sont la tordeuse des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana), la tenthrède du mélèze (Pristiphora erichsonii) et la livrée des forêts (Malacosoma disstria).

La tordeuse des bourgeons de l’épinette, de loin l’insecte ravageur le plus important dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, est un petit papillon nocturne qui est responsable de graves infestations qui causent une défoliation importante des sapins et des épinettes, en particulier dans la forêt boréaleRéférence 241. Les infestations peuvent durer de 5 à 15 ans, et les populations peuvent atteindre des densités extrêmement élevéesRéférence 242. Les infestations de tordeuse des bourgeons de l’épinette sont étroitement liées au climat, bien que certains facteurs météorologiques particuliers favorisant les infestations soient peu connusRéférence 243. Les infestations sont déclenchées par la synchronie entre le moment où les larves forment des sites d’alimentation et le moment où les bourgeons des arbres se développent. Les gels printaniers peuvent affecter les bourgeons et causer l’effondrement des populations de tordeuseRéférence 244, et les gels limitent probablement l’aire de répartition vers le nord de l’insecte.

Dans les Territoires du Nord-Ouest, une récente infestation a été grave. Au plus haut point de l’infestation (en 2002), la tordeuse des bourgeons de l’épinette a défolié modérément ou gravement environ 24 000 km2 d’épinette blancheRéférence 243. Bien que la population du ravageur se soit effondrée dans la majeure partie des T.N.-O. entre 2003 et 2005, l’infestation a persisté et s’est déplacée progressivement vers le nord, dans la région du Sahtu (Norman Wells)Référence 46, Référence 115.

Les infestations de tordeuse des bourgeons de l’épinette dans la région de Fort Nelson sont concentrées dans les peuplements matures d’épinette blanche et dans les peuplements matures mélangés de peuplier faux-tremble et d’épinetteRéférence 241. D’après l’analyse des anneaux de croissance, les infestations dans cette partie de l’écozone+ surviennent en moyenne à tous les 26 ans, et cinq ou six infestations se sont produites au XXe siècle. L’infestation la plus récente a duré d’environ 1987 à 2003Référence 245, Référence 246.

La livrée des forêts est un insecte défoliateur des feuillus, qui s’attaque particulièrement au peuplier faux-tremble. Otvos et al. (2010)Référence 247 ont analysé les six infestations qui sont survenues depuis le début de la tenue de dossiers détaillés à ce sujet, en 1944, en Colombie-Britannique. Ils ont constaté que les infestations étaient devenues plus importantes, tant sur le plan de l’étendue que de la durée. Quarante-six pour cent de la défoliation du peuplier faux-tremble dans la province (causée par l’ensemble des six infestations regroupées) a touché la zone biogéoclimatique boréale de l’épinette blanche et de l’épinette noire. L’infestation des années 1990 s’est concentrée autour de Fort NelsonRéférence 246.

Les Territoires du Nord-Ouest ont connu une première infestation de livrée des forêts au milieu des années 1990 dans la vallée de la rivière Liard, dans le sud-ouest de la partie de l’écozone+ qui se trouve dans les Territoires du Nord-OuestRéférence 248. L’infestation a duré deux ou trois ans, atteignant un sommet en 1996Référence 248. Les œufs de la livrée des forêts pouvant mourir durant des vagues de froid hivernalRéférence 249, la tendance marquée à des hivers chauds qu’a connue la Taïga des plaines au cours des 50 dernières années a probablement contribué à l’augmentation des infestations de livrée des forêts dans l’écozone+.

Le dendroctone du pin ponderosa a atteint le district forestier de Fort Nelson en 2010 et s’est répandu le long du corridor de la rivière KéchikaRéférence 250. On trouve de vastes plateaux couverts de pins dans la région qui pourrait être menacée si l’intensité et l’étendue de l’infestation augmentaientRéférence 246.

Le dendroctone du pin ponderosa est présent dans la partie de l’Alberta qui se trouve dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, et l’insecte s’est répandu sur quelques kilomètres dans les Territoires du Nord-Ouest à l’été de 2012Référence 251. Les taux d’infestation dans le nord de l’Alberta sont faibles comparativement à ceux du centre de la province, qui est la région la plus affectéeRéférence 252. Cependant, l’examen du rapport entre les nouvelles infestations et les infestations de l’année précédente, mené à l’été 2010 en Alberta, a montré que le dendroctone du pin se répand vers le nordRéférence 252. Selon une étude de la mortalité hivernale réalisée le printemps suivant (2011), le taux de survie des dendroctones était élevé, ce qui a mené à des prévisions d’une nouvelle augmentation des infestationsRéférence 253. Le dendroctone du pin ponderosa a été détecté pour la première fois dans le centre-ouest de l’Alberta en 2006; l’insecte est rapidement devenu abondant et s’est répandu vers l’estRéférence 252. Certaines infestations localisées de pin ponderosa ont eu lieu en Alberta par le passé, y compris de petites pochettes d’infestations dans le nord depuis 2001Référence 254.

Les hôtes préférés du dendroctone du pin ponderosa sont les peuplements équiennes de pins maturesRéférence 250 – les pratiques de gestion des forêts, dont la suppression des feux, ont donc un impact sur la propagation de l’insecte ravageur. Le climat constitue aussi un facteur important : une température de -40 °C est requise pour que la mortalité hivernale soit suffisante pour entraîner des déclins des populations de l’insecteRéférence 254. Bien que, dans les conditions climatiques actuelles, le dendroctone du pin ponderosa soit probablement à l’extrême limite nord de son aire de répartition dans la Taïga des plaines, il existe une possibilité d’infestations plus graves et d’expansion de l’aire de répartition dans des scénarios de changements climatiquesRéférence 255.

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Constatation clé spécifique à l’écozone+
Maladies et parasites de la faune

Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l’échelle écozone+ : Les maladies de la faune sont importantes dans l’écozone+ de la Taïga des plaines sur le plan de l’écologie, de l’économie et de la santé humaine. La tuberculose bovine et la brucellose affectent un fort pourcentage des bisons des bois et présentent des risques pour la santé humaine et les activités économiques. Il existe de nouvelles données probantes et une préoccupation de plus en plus grande en ce qui concerne certaines maladies de la faune et certains parasites (y compris le charbon, les parasites des ongulés, et certains virus et champignons affectant les grenouilles) dont la prévalence ou la répartition sont peut-être en train d’augmenter, ou pourraient le faire dans l’avenir, en raison du temps plus chaud et des changements dans la répartition des espèces animales sauvages.

L’état de santé de la faune dans la Taïga des plaines n’a presque jamais été décrit, bien que la base des connaissances commence à s’enrichir grâce à la surveillance communautaire, du moins pour les espèces sauvages qui sont importantes pour les personnes. Par exemple, l’état de santé du caribou dans certaines parties de l’écozone+ a été surveillé par des chasseurs qui ont travaillé en collaboration avec des biologistes et des vétérinaires de 2003 à 2008. Les chasseurs et les Aînés ont été interviewés afin de documenter leurs connaissances écologiques locales de la santé de la faune, et des chasseurs de la région ont été formés comme surveillants pour prélever des échantillons de tissus et prendre des mesures afin d’évaluer l’état corporel et l’état de santé des caribous récoltés (n = 69) et des orignaux récoltés (n = 19). En 2007, le programme a été élargi de manière à y inclure la participation à la chasse annuelle au caribou organisée par une collectivitéRéférence 256.

Certains changements peuvent être prévus en ce qui concerne les maladies et les parasites dans l’écozone+ en raison de deux facteurs liés aux changements climatiques :

  1. La dépendance des parasites et des pathogènes à l’égard de la température dans le cas de certaines maladies. Par exemple, les infestations de tique de l’orignal en Alberta coïncident avec des températures chaudes au printemps et avec une fonte des neiges hâtiveRéférence 257.
  2. L’expansion de l’aire de répartition d’espèces endémiques ou la colonisation de certains secteurs de l’écozone+ par des espèces non indigènes. Par exemple, la dispersion du bœuf musqué dans le nord-est de la Taïga des plaines à compter des années 1990; les individus provenaient du nord-est du Grand lac à l’Ours, région où les bœufs musqués étaient infestés par des strongles pulmonaires. Dans ce cas, on craignait que le bœuf musqué ne transmette le parasite au mouflon de Dall. Cependant, certaines études indiquent que tel ne fut pas le cas en conditions expérimentalesRéférence 258.

La présente section est tirée des rapports techniques thématiques Pathogènes et maladies de la faune au CanadaRéférence 11 et Tendances des populations de caribou des zones septentrionales du CanadaRéférence 97, qui ont été préparés pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes en 2010.

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Maladies affectant les ongulés

Tuberculose bovine

La tuberculose bovine (TB) est une maladie infectieuse causée par la bactérie Mycobacterium bovis. La bactérie a pour hôtes habituels les bovins, mais elle peut se transmettre à l’humain, chez qui elle cause une maladie impossible à distinguer de la tuberculose humaine (causée par le M. tuberculosis). Les animaux infectés, les produits carnés et le lait présentent un risque important pour la santé des humains. Afin de protéger la santé publique et d’éradiquer la maladie, les autorités sanitaires canadiennes ont mis en place un programme de longue durée fort coûteux de dépistage de la TB à l’échelle du cheptel bovin qui prévoit l’abattage de troupeaux entiers en cas de détection de la maladie.

Les bisons du parc national du Canada Wood Buffalo et des secteurs avoisinants ont contracté la TB au cours des années 1920 (voir la section sur le bison des bois dans la constatation clé relative aux espèces préoccupantes en page 65). L’infection a persisté dans la harde, et des relevés menés entre 1997 et 1999 ont révélé qu’environ 49 % de ces bisons étaient infectésRéférence 259. Au cours des deux dernières décennies, d’autres populations de bisons sauvages apparemment indemnes de TB se sont établies dans la Taïga des plainesRéférence 260 (figure 31). Les mesures prévues pour éviter la propagation de la TB à ces hardesRéférence 261 n’étant pas complètement efficaces, la maladie s’est propagée au cours des dernières annéesRéférence 163, Référence 261. En conséquence, la propagation potentielle de la TB des bisons sauvages infectés aux bisons non infectés, tous considérés comme menacés de disparition par le COSEPAC, ainsi qu’au bétail, représente une importante source de préoccupation, tant au plan de la conservation de l’espèce qu’au plan socio-économique.

Brucellose

La brucellose est le nom donné à toutes les maladies infectieuses causées par plusieurs bactéries du genre Brucella. Les manifestations cliniques de la brucellose sont nombreuses, mais les plus fréquentes sont l’infection et l’inflammation des voies génitales mâles et femelles, qui entraînent l’avortement et l’infertilité mâle, et l’infection des gaines articulaires et tendineuses, qui provoque une claudication progressive. L’infection persiste, souvent durant toute la vie de l’animal. Les humains sont également sensibles à l’infection à Brucella sp. Les animaux atteints de brucellose en contact avec les humains constituent donc un risque de santé publiqueRéférence 262-Référence 264.

L’infection à Brucella sp. chez le bison constitue une source de préoccupation aux plans écologique et de santé publique dans le parc national du Canada Wood Buffalo et les secteurs avoisinants, où les populations de bisons atteints de tuberculose bovine sont coinfectées par le Brucella abortus, agent de la brucellose bovineRéférence 265. Environ 30 % des bisons de la région du parc national du Canada Wood Buffalo sont infectésRéférence 259.

Le biotype 4 du Brucella suis est présent dans les populations de caribou de la toundra du nord du CanadaRéférence 263 : de 20 à 50 % des individus des diverses hardes sont infectésRéférence 266, Référence 267. Toutefois, l’impact écologique de la maladie sur les populations infectées demeure inconnu, si tant est qu’il existe. Dans les collectivités nordiques, les gens peuvent contracter l’infection en consommant de la viande de caribouRéférence 263, Référence 264. On ignore toutefois si le biotype 4 du B. suis est présent naturellement en Amérique du Nord ou s’il a été introduit d’Europe avec des rennes importés. L’infection n’a jamais été décelée chez le caribou des bois.

Comme dans le cas de la tuberculose bovine, il est communément admis qu’en l’absence d’intervention, la brucellose bovine se propagera progressivement aux hardes de bisons non infectées et à la vaste majorité des bisons du CanadaRéférence 260. La contradiction entre la nécessité de mettre en place des mesures pour assurer le rétablissement du bison et la protection de l’économie cheptelière et la santé publique s’en trouvera amplifiée d’autant. On en sait trop peu sur l’écologie du Brucella chez le caribou pour dégager des tendances ou prévoir l’évolution future de la situation.

Charbon

Le charbon est le nom donné à toutes les formes de la maladie infectieuse causée par la bactérie Bacillus anthracis. La maladie touche généralement les ongulés sauvages et domestiques, chez qui elle est généralement rapidement mortelle. En périodes d’épidémie, la maladie cause également une forte mortalité chez les mammifères prédateurs et détritivores qui se nourrissent d’ongulés. Les humains sont également vulnérables. Chez l’humain, les symptômes varient d’une simple infection cutanée spontanément résolutive à une affection mortelle. Les ongulés contractent généralement l’infection en entrant en contact avec des spores de la bactérie dans le sol. Les conditions environnementales qui favorisent la persistance des spores dans le sol durant des décennies ou même des siècles (p. ex. de fortes concentrations de calcium dans le sol) et leur concentration à la surface du sol (p. ex. une inondation suivie de périodes de sécheresse) semblent jouer un rôle déterminant dans le déclenchement des épidémies chez les ongulés sauvages et domestiques. La transmission interanimale de la bactérie ne joue qu’un rôle négligeable à ce chapitre. Le charbon a probablement été introduit en Amérique du Nord durant l’exploration et la colonisation du continent par les EuropéensRéférence 268-Référence 270.

Chez les animaux sauvages du Canada, le charbon a été détecté le plus souvent chez le bison, à l’intérieur ou autour du parc national du Canada Wood Buffalo. La première épidémie a été signalée en 1962. Depuis, des épidémies souvent espacées de nombreuses années sont survenues de façon sporadique (voir la section sur le bison des bois de la constatation clé relative aux espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulier, page 63). Bien que le nombre total de bisons et d’autres mammifères tués par la maladie demeure inconnu, il est établi qu’au moins 1 309 bisons ont succombé au charbon durant les épidémies qui se sont succédé de 1962 à 1993. L’épidémie de 2012 a tué 440 bisonsRéférence 166. La survenue d’épidémies chez les populations de bisons sauvages ou le bétail semble liée à des facteurs climatiques, plus précisément à des épisodes de précipitations intenses suivies de périodes de sécheresse. À ce jour, aucun modèle prédictif permettant d’associer les futures épidémies de charbon au Canada aux changements climatiques prévus n’a encore été mis au point.

Maladie de Johne

En 2008, on a détecté chez le caribou du Groenland la bactérie causant la maladie de Johne (paratuberculose), qui provoque chez les bovins la diarrhée et la maladie débilitante chronique. Une faible incidence de la bactérie a été détectée également chez la harde Bluenose-ouestRéférence 271. La bactérie a aussi été détectée chez le bison des boisRéférence 272.

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Parasites affectant les ongulés

Besnoitiose

La besnoitiose est une maladie causée par un protozoaire parasite du genre Besnoitia, qui forme des kystes fermes de la grosseur d’une tête d’épingle dans la peau et le tissu conjonctif de son hôte herbivore intermédiaire et des coccidies dans l’intestin de ses hôtes carnivores définitifs. Si le Besnoitia sp. ne semble causer aucune maladie chez ses hôtes définitifs, il provoque parfois, en cas d’infections graves, des pathologies chez ses hôtes intermédiairesRéférence 273. Au Canada, le Besnoitia tarandi infecte le caribou et probablement aussi le bœuf musqué. L’infection est très commune chez le caribou de la toundra, et elle a été décrite chez le caribou des boisRéférence 274, Référence 275. Bien qu’elle provoque occasionnellement de graves manifestations cutanées, l’infection semble n’entraîner généralement aucun effet ou seulement des effets bénins chez ces ongulés.

L’incidence du B. tarandi, estimée chez les caribous récoltés à l’automne 2007 à 2009 dans plusieurs hardes au Canada, est variable, le taux d’infection de la harde Bluenose-ouest se situant entre 30 et 45 %Référence 276.

Tique du wapiti

À la fin de l’hiver, la tique du wapiti (Dermacentor albipictus) cause périodiquement de graves infestations et des épisodes de mortalité élevée chez l’orignal dans la majeure partie de l’aire de répartition de l’espèce. La tique est indigène en Amérique du Nord et infeste un certain nombre d’autres espèces, dont le caribou des bois et le bison. Toutefois, les graves infestations souvent mortelles ne s’observent fréquemment que chez l’orignal. La tique du wapiti se rencontre dans le sud de l’écozone+ de la Taïga des plainesRéférence 277 et a été trouvée récemment plus au nord, dans la vallée du fleuve Mackenzie, entre Tulita et Fort Good HopeRéférence 278, Référence 279.

Les événements météorologiques ont une incidence sur l’abondance des tiques, en particulier en avril, alors que les femelles gravides se laissent choir sur le sol où elles peuvent déposer leurs œufs, et par conséquent sur le nombre de larves capables d’infester les orignaux l’automne suivant. Les conditions environnementales ont également un effet sur la résilience des orignaux, particulièrement à la fin de l’hiver et au début du printemps, lorsque les orignaux infestés doivent endurer les tiques. En raison du manque de données historiques, on ne peut dégager des tendances temporelles relatives aux effets de la tique du wapiti sur les populations d’orignaux.

Les chasseurs des Territoires du Nord-Ouest ont récemment observé au printemps, le long du MacKenzie, des orignaux présentant une importante perte de poils caractéristique d’une infestation par la tique du wapiti. Le phénomène était entièrement nouveau pour les Premières Nations de la régionRéférence 280.

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Maladies affectant les amphibiens

Dans la Taïga des plaines, les grenouilles et les rainettes sont à la limite septentrionale de leur aire de répartition. Certains des pathogènes qui affectent les amphibiens un peu partout dans le monde ont été détectés récemment dans l’écozone+.

  • Les ranavirus, virus mortels causant des mortalités massives chez des amphibiens du monde entierRéférence 281, ont été détectés récemment chez la grenouille des bois, dans la partie de la Taïga des plaines qui se trouve dans les T.N.-O.Référence 282.
  • Le chytridé Batrachochytrium dendrobatidis (Bd), champignon qui infecte la peau des amphibiens, a été associé aux déclins catastrophiques des populations d’amphibiens un peu partout dans le monde et ce, depuis les années 1990Référence 283. Des données probantes incriminent le pathogène dans les déclins d’un certain nombre d’espèces dans l’ouest de l’Amérique du NordRéférence 284, Référence 285. Dans le cadre d’une étude menée en 2007 et 2008, le Bd a été détecté dans des échantillons provenant d’un seul site, dans la Taïga des plainesRéférence 282; il a cependant été détecté chez les trois espèces d’amphibiens présentes dans la zone d’étude (grenouille des bois, rainette faux-criquet du nord et crapaud de l’Ouest).

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Constatation clé 20
Réseaux trophiques

Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

National key finding
Fundamental changes in relationships among species have been observed in marine, freshwater, and terrestrial environments. The loss or reduction of important components of food webs has greatly altered some ecosystems.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : Il existe peu d’informations sur les changements dans les réseaux trophiques dans la Taïga des plaines. L’abondance de nombreux mammifères dans la Taïga des plaines est cyclique, et régie ou influencée par des effets sur les réseaux trophiques ainsi que par des facteurs tels que le climat. Certains changements dans les cycles des petits mammifères ont été signalés dans d’autres régions nordiques, et un ralentissement des cycles du lièvre d’Amérique et du lynx a été observé récemment dans les Territoires du Nord-Ouest. L’abondance du caribou de la toundra du nord qui hiverne dans la Taïga des plaines a diminué, ce qui peut indiquer un creux dans le cycle des populations. La diminution des populations de caribou boréal dans le sud de l’écozone+ peut être affectée par des changements dans la dynamique prédateur-proie associée à l’altération de l’habitat.

Cycles dans l’abondance des populations

L’abondance cyclique est peut-être la caractéristique la mieux connue de la dynamique des communautés et des populations de la Taïga des plaines. L’amplitude et la fréquence de l’abondance cyclique sont fonction de la masse corporelle (cycle plus court chez les espèces de petite taille). Les mammifères de grande taille comme l’orignal, le bœuf musqué, le caribou boréal et le bison des bois ne semblent pas soumis à une dynamique cyclique.

Le caribou migrateur de la toundra, qui hiverne dans le nord de la Taïga des plaines, connaît probablement une abondance cyclique, d’après les informations disponibles sur d’autres hardes ailleursRéférence 127, le temps nécessaire à une diminution de 50 % de l’effectif de la harde étant de 5 à 7 ans (voir la la constatation clé relative aux espèces présentant un intérêt particulier en page 69). La harde Bluenose-ouest a connu un déclin marqué, c’est-à-dire une baisse de l’abondance de 1992 à 2004, l’effectif étant passé de plus de 110 000 individus à environ 18 000 individus; ce faible effectif a ensuite plafonné. Il s’agit peut-être d’un creux dans le cycle d’abondance du caribou nordique. Certaines mesures de gestion ont été mises en place pour réduire la récolte. La surveillance continue permettra d’établir si les modifications des conditions dans l’aire de répartition du caribou (par exemple, les changements dans l’écologie des feux ou l’enneigement dans l’aire d’hivernage)Référence 97 affectent la capacité de la harde à se rétablir après la phase actuelle de faible abondance.

De manière générale, l’abondance maximale et l’abondance minimale des populations de mammifères évoluant selon un cycle peuvent différer d’un ordre de grandeur et varier dans la durée et l’étendue, même dans des régions avoisinantesRéférence 286. Les cycles ou fluctuations observés chez les souris, les campagnols, les lynx et les lièvres d’Amérique sont bien documentés (figure 47 et figure 48 et Danell et al., 1998Référence 287). L’amplitude des cycles du lièvre d’Amérique et du lynx a diminué avec le temps (figure 48). Les fluctuations de l’abondance chez les espèces de tétras et de lagopèdes ont aussi été observées dans l’écozone+ de la Taïga des plaines288. Les cycles chez les espèces proies sont associés aux cycles des prédateurs, surtout pour les prédateurs spécialisés (figure 48). L’abondance des proies influe aussi sur les prédateurs généralistes comme les renards qui, à leur tour, influent sur l’abondance d’autres espèces proiesRéférence 289.

La variabilité du climat joue aussi un rôle dans l’abondance, en favorisant la variabilité spatiale et temporelle de l’abondance dans la forêt boréaleRéférence 290. Cependant, la manière dont le climat interagit avec les effets directs et indirects sur les mécanismes responsables des cycles est à la fois complexe et seulement partiellement compris. En Amérique du Nord, l’amplitude des populations de lièvres durant les années d’abondance maximale est corrélée avec les feux de forêts (superficie brûlée totaleRéférence 291, Référence 292. Certains changements climatiques et certains changements dans l’activité des feux de forêts peuvent affecter tant la synchronie que l’amplitude des cycles des lièvres dans une grande partie de l’écozone+. Murray (2003)Référence 293 a mentionné que la synchronie dans les cycles des populations de lièvres en Amérique du Nord avait diminué récemment, bien que les causes de la rupture de la synchronie soient incertaines. De la même manière, dans le nord de l’Europe, l’abondance cyclique des perdrix, des souris et des campagnols ainsi que celle de la tordeuse grise du mélèze a diminué et, dans certains cas, les populations ont disparu. Ces effondrements de populations sont peut-être associés aux changements climatiquesRéférence 294. À l’exception du ralentissement des cycles du lièvre et du lynx dans les Territoires du Nord-Ouest (figure 48), aucun changement ni effondrement dans les cycles des populations de lièvres et de petits mammifères n’ont été observés dans la Taïga des plaines jusqu’à présent; cependant, des ensembles de données portant sur une plus longue période et issues de programmes de surveillance continue seront nécessaires à la détection de changements dans la synchronie et dans l’amplitude des cycles et ce, dans l’ensemble des écozones+ nordiques.

Figure 47. Tendances de l’abondance des petits mammifères dans le nord, le centre et le sud de l’écozone+ de la Taïga des plaines, de 1990 à 2012.

Il est fondé sur les relevés menés durant 5 nuits en août, à raison de 100 pièges par nuit.

Graph and map
Source : Environnement et Ressources naturelles (2012)Référence 295. Les données ont été coordonnées par le relevé des petits mammifères des T.N.-O., gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. Groupes ayant participé au relevé : Canards Illimités Canada (lac Cardinal); Office des ressources renouvelables du Sahtu (Tulita); Office des ressources renouvelables des Gwich'in (Inuvik); Secrétariat de la Stratégie des aires protégées (Trout Lake); Environnement et Ressources naturelles (autres sites).
Description longue pour la figure 47

Cette figure se compose de trois diagrammes linéaires de l’indice d’abondance des petits mammifères et d’une carte qui indique l’emplacement des sites de prélèvement dans le nord, le centre et le sud de l’écozone+ de la Taïga des plaines. Les trois diagrammes linéaires montrent les informations suivantes :

Tendances de l’abondance des petits mammifères dans le nord, le centre et le sud de l’écozone+ de la Taïga des plaines, de 1990 à 2012.
AnnéeNord

Lac Cardinal
Nord

Inuvik
Centre

Norman Wells
Centre

Tulita
Sud

Fort Smith
Sud

Fort Liard
Sud

Fort Simpson
Sud

Trout Lake
1990-1215-16---
1991-134-5---
1992----11-4-
1993--1-13115-
1994--5-15376-
1995--18-353810-
1996--6-15170-
1997--26-13343-
1998--33-205016-
1999--5-7247-
2000--6-5-1-
2001--4-17---
2002--6-21-5-
20032-10-14-2-
20047-9135-0-
2005162931-8-2-
20069922-16-7-
2007121816-21-215
2008-418-----
2009--------
2010--------
2011--------
2012--------

 

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Figure 48. Densité du lièvre d’Amérique, de 1987 à 2012, et succès du piégeage du lynx, de 1958 à 2012 dans la partie de l’écozone+ de la Taïga des plaines qui se trouve dans les T.N.-O.
Graphique et carte
Source : Ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles (2012)Référence 295.
Description longue pour la figure 48

Ce diagramme à bandes indique la densité estimative du lièvre d’Amérique et le succès du piégeage du lynx dans la portion de l’écozone+ de la Taïga des plaines qui se trouve dans les Territoires du Nord-Ouest. La densité de lièvres est très variable d’une année à l’autre; elle connaît des cycles de crêtes et de creux, les crêtes étant observées au début des décennies 1960 et 1970, à la fin des années 1970, ainsi qu’au début des décennies 1990 et 2000. Les données sur le nombre de peaux de lynx de 1987 à 2009 sont superposées aux données sur les lièvres; elles montrent que le nombre de peaux de lynx vendues à une vente aux enchères a connu des sommets les mêmes années où la densité de lièvres était élevée. Toutefois, après 2005, la densité de lièvres demeure élevée, mais le nombre de peaux de lynx vendues décroît.

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Relations prédateurs-proies – caribou boréal

Dans le sud de l’écozone+ de la Taïga des plaines, certains changements dans les relations prédateurs-proies peuvent avoir des répercussions sur le caribou boréal, et les relations prédateurs-proies sont, en retour, associées aux modifications de l’habitat résultant de certaines pratiques d’exploitation forestière et de la fragmentation de l’habitat, qui peuvent se combiner aussi à l’augmentation des superficies brûlées. L’hypothèse repose sur plusieurs études selon lesquelles la plus importante cause immédiate des déclins du caribou boréal au Canada serait l’augmentation de la prédation résultant des changements dans le paysage qui favorisent des forêts plus jeunes et de plus grandes densités d’autres proies (orignal et cerf, dans cette partie de l’écozone+)Référence 181. Les populations de caribou boréal connaissent des déclins dans le sud de l’écozone+ de la Taïga des plaines (voir la constatation clé relative aux espèces présentant un intérêt particulier – caribou en page 71).

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Réseaux trophiques aquatiques

Les réseaux trophiques sont complexes et constituent la première indication de changements importants pouvant résulter d’effets indirects et imprévisibles. Dans les écosystèmes aquatiques, les changements dans les réseaux trophiques sont une cause présumée de l’augmentation des concentrations de certains contaminants (ou d’une baisse des concentrations moins importante que celle à laquelle on s’attendait, compte tenu des baisses des concentrations d’anciens contaminants observées ailleurs). Cela expliquerait en partie les concentrations de contaminants et leurs tendances observées dans le Grand lac des EsclavesRéférence 123, Référence 296 (voir la constatation clé relative aux contaminants). Dans la Cordillère boréale, un tel effet a été détecté chez le touladi, c’est-à-dire qu’il existe des différences dans le réseau trophique comparativement à certains lacs avoisinants (ces différences étant en partie associées à la pression de la pêche), et ces différences ont entraîné une plus grande bioamplification des composés organochlorés dans le lac Laberge, dans le sud du YukonRéférence 297, Référence 298.

D’autres facteurs susceptibles de modifier les réseaux trophiques aquatiques (et qui les modifient peut-être maintenant) sont les températures élevées de l’eau, qui entraînent certains changements dans la répartition des poissons dans les cours d’eau. L’étendue des glissements de terrain dus au dégel (rupture de versant causée par le dégel de la glace souterraine) augmente dans les lacs du delta du Mackenzie, ce qui modifie certains aspects de la qualité de l’eau qui influent sur les communautés biotiques; des modifications aux réseaux trophiques aquatiques pourraient être une des conséquences attendues de ces changements (constatation clé relative aux milieux humides en page 22).

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Note de bas de page

Note * de bas de page

Une population locale de caribou boréal est un groupe de caribous occupant une région géographique distincte qui semble séparée des autres groupes de caribous. Même si les individus des sous-populations de caribou boréal se mélangent peu ou pas du tout avec les individus d’autres sous-populations, ils ne sont pas nécessairement génétiquement distincts.Référence 109

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