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Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ de la taïga des plaines

Ce rapport est aussi disponible en version PDF. Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l'écozone+ de la taïga des plaines (PDF, 5.09 Mo)

Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010

Rapport sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés no 13
Publié par les Conseils canadiens des ministres des ressources

Information sur le document

Photo de couverture

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ de la taïga des plaines.

Publ. aussi en anglais sous le titre :
Taiga Plains Ecozone+ evidence for key findings summary.
Monographie électronique en version PDF.
ISBN 978-0-660-20983-8
No de cat. : En14-43/2013F-PDF

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Photo de la page couverture : caribou boréal, région désignée des Gwich’in. Photographie de John Nagy, fournie par le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest.

Ce rapport devrait être cité comme suit :
Secrétariat du RETE. 2013. Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ de la taïga des plaines. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés no 13. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa (Ont.).ix + 128 p. Rapports techniques

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2013
Also available in English

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Préface

Les Conseils canadiens des ministres des ressources ont élaboré un Cadre axé sur les résultats en matière de biodiversitéRéférence 1 en 2006 pour mettre l’accent sur les mesures de conservation et de restauration conformément à la Stratégie canadienne de la biodiversitéRéférence 2. Le rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010Référence 3 a été le premier rapport rédigé suivant ce cadre. Il présente 22 constatations clés issues de la synthèse et de l’analyse de rapports préparés dans le cadre du présent projet. Ces rapports techniques présentent des renseignements et des analyses sur l’état et les tendances pour de nombreux thèmes nationaux intersectoriels (série de rapports techniques thématiques) et pour les écozones+ terrestres et marines du Canada (évaluations de l’état et des tendances des écozones+). Plus de 500 experts ont participé à l’analyse des données ainsi qu’à la rédaction et à l’examen de ces documents de base. Des rapports sommaires ont également été élaborés pour chaque écozone+ terrestre afin de présenter les éléments probants propres à ces écozones relativement à chacune des 22 constatations clés nationales (série de rapports sommaires sur les éléments probants relativement aux constatations clés). Ensemble, l'intégralité du complément de ces produits constitue le rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes en 2010 (RETE).

Le rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes en 2010 (RETE)
Graphic

Ce rapport, Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ de la taïga des plaines, présente des éléments probants concernant l'écozone+ de la taïga de la Cordillère en ce qui concerne les 22 constatations clés nationales, et met en évidence des tendances importantes propres à cette écozone+. Ce rapport n'est donc pas une évaluation exhaustive de tous les renseignements liés à l'écosystème. Le niveau de détails présenté sur chaque constatation clé varie et des enjeux ou des ensembles de données importants peuvent avoir été oubliés. L'accent a été mis sur les renseignements issus de la série de rapports techniques thématiques. Comme dans tous les produits du RETE, les périodes sur lesquelles sont basées les évaluations de l'état et des tendances varient : d'une part, parce que les périodes pertinentes pour les divers aspects des écosystèmes varient, et d'autre part, parce que l'évaluation est fondée sur les meilleurs renseignements disponibles, qui proviennent de diverses périodes.

Des évaluations approfondies de l’impact sur l’environnement des projets d’exploration et de transport du pétrole et du gaz ont été menées dans l’écozone+. Les études préliminaires menées dans le cadre du projet gazier MackenzieRéférence 4 constituent une source de données compilées de recherche et de surveillance pour certaines parties de l’écozone+ de la Taïga des plaines. Certains résultats des travaux ont été inclus dans le présent rapport, mais la portée et le moment de la publication du rapport ont empêché l’utilisation exhaustive de cette ressource.

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Système de classification écologique – écozones+

Une version légèrement modifiée des écozones terrestres du Canada, décrite dans le Cadre écologique national pour le CanadaRéférence 5, a permis de déterminer les zones représentatives d’écosystèmes pour tous les rapports compris dans le présent projet. Les modifications comprennent : un ajustement des limites terrestres pour tenir compte des améliorations résultant des activités de vérification au sol; la fusion des trois écozones de l’Arctique en une seule écozone; l’utilisation de deux écoprovinces, à savoir le bassin intérieur de l’Ouest et la forêt boréale de Terre-Neuve; l’ajout de neuf zones marines représentatives d’écosystèmes; et l’ajout de l’écozone des Grands Lacs. Ce système de classification modifié est appelé « écozones+ » dans ces rapports afin d’éviter toute confusion avec les « écozones » mieux connues du cadre initialRéférence 6. Les modifications apportées à l’écozone de la Taïga des plaines, fondées sur des vérifications au sol sont les suivantes : 1) réduction de la superficie le long de sa limite avec l’écozone+ de la Taïga de la Cordillère; 2) augmentation de la superficie le long de sa limite avec l’écozone+ de l’Arctique; 3) déplacement de la limite sud-est pour inclure des terres qui étaient considérées autrefois comme faisant partie de l’écozone de la Taïga du bouclier.

Système de classification écologique – écozones+
Carte
Description longue pour la système de classification écologique – écozones+

Cette carte du Canada montre le cadre de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes, appelé « écozones+ ». Cette carte illustre la répartition des 15 écozones+ terrestres (Maritime de l'Atlantique; Boréale de Terre-Neuve; Taïga du bouclier; Plaines à forêts mixtes; Bouclier boréal; Plaines hudsoniennes; Prairies; Plaines boréales; Cordillère montagnarde; Bassin intérieur de l'Ouest; Maritime du Pacifique; Cordillère boréale; Taïga de la cordillère; Taïga des plaines; Arctique), deux grandes écozones+ de lacs (Grand Lacs; Lac Winnipeg), et neuf écozones+ marines (Estuaire et golfe du Saint-Laurent; Golfe du Maine et plateau néo-écossais; Plateaux de Terre-Neuve et du Labrador; Baie d'Hudson, baie James et bassin Foxe; Archipel Arctique canadien; Mer de Beaufort; Côte nord et détroit d'Hécate; Côte ouest de l'île de Vancouver; Détroit de Georgia).

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Remerciements

Ce rapport a été rédigé par le Secrétariat du RETE avec une contribution importante de la part d'Anne Gunn et de Joan Eamer. Il porte sur le rapport intitulé Taiga Plains Ecozone+ Status and Trends Assessment.

Des analyses supplémentaires de ce rapport sommaire ont été réalisées par des scientifiques et des gestionnaires de ressources d'organismes gouvernementaux fédéraux et provinciaux concernés, ainsi que par un expert externe. D'autres renseignements sur cette écozone+ sont fournis dans le matériel supplémentaire connexe tiré de la version préliminaire du rapport d'évaluation de l'état et des tendances. Les contributions au rapport Taiga Plains Ecozone+ Status and Trends Assessment sont indiquées ci-dessous.

Remerciements concernant le Taiga Plains Ecozone+ Status and Trends AssessmentRéférence 7 (rapport technique sur l’écozone+)

Auteurs principaux
Anne Gunn, Joan Eamer et Suzanne Carrière
Collaborateurs à la rédaction, pour certains sections ou sujets particuliers
Classification des écozones des Territoires du Nord Ouest : B. Oosenbrug
Zones protégées : Jean Francois Gobeil, Robert Helie et Robert Vanderkam
Auteurs des rapports techniques thématiques du RETE dont proviennent les renseignements
Oscillations climatiques à grande échelle ayant une incidence sur le Canada, de 1900 à 2008 : B. Bonsal et A. ShabbarRéférence 8
Tendances climatiques au Canada, de 1950 à 2007 : X. Zhang, R. Brown, L. Vincent, W. Skinner, Y. Feng et E. MekisRéférence 9
Tendances des grands incendies de forêts au Canada, de 1959 à 2007 : C.C. Krezek-Hanes, F. Ahern, A. Cantin et M.D. FlanniganRéférence 10
Pathogènes et maladies de la faune au Canada : F.A. LeightonRéférence 11
Tendances relatives aux conditions du pergélisol et à l’écologie dans le nord du Canada : S. SmithRéférence 12
Surveillance à distance des écosystèmes : sélection de tendances mesurées à partir d’observations par satellite du Canada : F. Ahern, J. Frisk, R. Latifovic et D. PouliotRéférence 13
Tendances dictées par le climat dans les écoulements fluviaux au Canada, de 1961 à 2003 : A. Cannon, T. Lai et P. WhitfieldRéférence 14
Biodiversité dans les rivières et lacs du Canada : W.A. Monk et D.J. BairdRéférence 15

Révision menée par des scientifiques, des spécialistes des connaissances traditionnelles et des gestionnaires des ressources renouvelables et de la faune des provinces (Colombie-Britannique seulement) et des territoires, par des organismes du gouvernement fédéral et des conseils de cogestion de la faune dans le cadre d’un processus de révision recommandé par le comité directeur du RETE. Le processus a entraîné des modifications majeures au rapport.

Direction assurée par le comité directeur du RETE, composé de représentants des organismes fédéraux, provinciaux et territoriaux.

Édition, synthèse, collaborations techniques, cartes et graphiques, ainsi que production du rapport effectuées par le Secrétariat du RETE.

Les connaissances traditionnelles autochtones ont été compilées par Donna D. Hurlburt à partir de sources disponibles pour le public.

Figure 1. Carte générale de l'écozone+ de la Taïga des plaines.
Carte
Description longue pour la figure 1.

Cette carte générale de l’écozone+ de la Taïga des plaines indique l’emplacement des villes et villages et des plans d’eau mentionnés dans le rapport. L’écozone+ s’étend du delta du fleuve Mackenzie, à la frontière du Yukon, le long du côté ouest des Territoires du Nord-Ouest, jusque dans le coin nord-est de la Colombie-Britannique et le nord-ouest de l’Alberta. Les villes et villages localisés sur la carte sont Aklavik, Inuvik, Fort McPherson et Tsiigehtchic, près du delta du Mackenzie; Fort Good Hope, Norman Wells, Fort Simpson, Fort Providence et Fort Smith, dans les Territoires du Nord-Ouest; Fort Nelson, en Colombie-Britannique; et Hay Lake, en Alberta. Yellowknife et Wrigley (T.N.-O.) sont représentées, mais elles se situent juste à l’extérieur des limites de l’écozone+. La moitié du Grand lac des Esclaves et la totalité du Grand lac de l’Ours se trouvent à l’intérieur des limites de l’écozone+ de la Taïga des plaines. Du nord-ouest au sud-est, les principaux cours d’eau illustrés sur la carte sont la rivière Arctic Red, le fleuve Mackenzie, la rivière Liard, la rivière au Foin et la rivière des Esclaves. Les routes praticables en toute saison illustrées sur la carte sont généralement regroupées dans la moitié sud de l’écozone+; les secteurs du nord sont accessibles par des routes d’hiver, sauf la route de Dempster, qui relie le Yukon à Inuvik et Fort McPherson.

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Liste des figures

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Généralités sur l'écozone+

L’écozone+ de la Taïga des plaines est une grande étendue de la forêt boréale qui s’étend de la côte arctique vers le sud le long du fleuve Mackenzie. Avec ses grandes tourbières, ses milieux humides et ses blocs intacts de forêts, l’écozone+ offre un habitat important pour les espèces animales sauvages, en particulier les oiseaux aquatiques, la Grue blanche (espèce en voie de disparition) et le bison des bois (espèce menacée) et le caribou, y compris le caribou boréal (espèce menacée). L’empreinte des activités humaines est plus importante dans le sud de l’écozone+ (en particulier dans le nord-est de la Colombie-Britannique), le long de certaines parties de la vallée du Mackenzie et aux environs d’Inuvik. Les projets pétroliers et gaziers et les pipelines, existants et éventuels, sont au cœur de l’industrie et du développement économique, mais la chasse, la pêche, le piégeage et la cueillette de baies demeurent néanmoins très importants pour les résidents. Certains changements climatiques sont évidents dans l’écozone+, et l’augmentation moyenne de la température a été de 2 °C à l’année et de plus de 5 °C en hiver depuis 1950. Des changements correspondants ont été observés dans la durée de la saison de croissance, le pergélisol et les glaces de rivière.

Tableau 1. Aperçu de l'écozone+ de la Taïga des plaines.
Superficie604 628 km2 (6,2 % de la superficie du Canada)
TopographieVastes plaines et quelques plateaux isolés de faible altitude.

Le paysage a été modifié par les cours d’eau qui ont creusé des gorges profondes et créé des canaux sinueux et des lacs de méandres morts.
ClimatFort gradient nord-sud, le nombre de degrés-jours de croissance étant deux fois plus élevé dans le sud que dans le nordRéférence 16.

Les précipitations sont relativement faibles tout comme le sont les pluies en été et le taux d’évapotranspiration. La neige s’accumule principalement durant l’automne, et les chutes de neige sont habituellement faibles de décembre à marsRéférence 16.
Bassins fluviauxLes eaux ruissellent vers l’océan Arctique en empruntant le bassin du fleuve Mackenzie, y compris le Grand lac des Esclaves et le Grand lac de l’Ours.
GéologieSubstratum de roches sédimentaires à couches horizontales de grès, de schistes, de conglomérats et de calcaireRéférence 17.

Le retrait des glaciers durant la dernière glaciation a déposé du till sur la majeure partie de l’écozone+ (figure 2).
Couverture terrestre68 % en forêts; 20 % en arbustaies (figure 3).

Au nord : végétation ouverte avec des peuplements d’épinettes blanches rabougries.

Plus au sud : forêts davantage fermées – les espèces comprennent l’épinette noire, l’épinette blanche, le pin gris, le bouleau d’Alaska, le peuplier faux-tremble et le peuplier baumierRéférence 13.
PergélisolAu nord : pergélisol continu sur une mince couche active de sol.

Au centre : vaste étendue de pergélisol discontinu.

Au sud : pergélisol sporadique.
PeuplementLa population a augmenté de 36 % de 1971 à 2006 (Figure 4).

Neuf collectivités comptent plus de 600 personnes (tableau 2); sept collectivités plus petites dans les Territoires du Nord-Ouest et autres petites agglomérations dans les réserves indiennes en Colombie-Britannique.
ÉconomieL’économie passée et actuelle est axée sur : 1) l’abondance des poissons et des autres espèces sauvages; 2) les réserves de pétrole et de gaz; 3) le transport (y compris les pipelines).
DéveloppementLes routes se trouvent dans les parties nord et sud de l’écozone+ (figure 1) D’autres routes peu importantes et des entités linéaires sont principalement liées à l’accès au pétrole et au gaz ou, dans la partie sud de l’écozone+, aux forêts.

Le développement industriel réside surtout dans l’exploration et l’exploitation du pétrole et du gaz, activités qui sont centrées dans le delta du Mackenzie et certaines parties de la vallée du Mackenzie. Des projets de grands pipelines et d’infrastructures associées s’étendant le long de l’écozone+ dans la vallée du Mackenzie ont été proposés et, en 2010, ils ont été approuvés pour procéder à l’étape de la demande de permisRéférence 18.
Importance nationale et/ou mondialeLe cours inférieur du fleuve Mackenzie, le plus long fleuve du Canada, draine 20 % du paysRéférence 19.

Sites Ramsar (milieux humides d’importance internationale) : lacs Hay-Zama et milieux humides utilisés pour la reproduction par la Grue blancheRéférence 20.

Site du patrimoine mondial : parc national du Canada Wood BuffaloRéférence 20.

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Territoire : Principalement dans les Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.); s’étend dans le nord-est de la Colombie-Britannique et le nord-ouest de l’Alberta et comprend une très petite partie du sud-est du Yukon (figure 1). Il existe quatre accords sur des revendications territoriales ayant compétence dans l’écozone+ : Inuvialuit, Gwich’in, Sahtu et Tlicho, ainsi que l’entente sur les mesures provisoires des Deh Cho.

Figure 2. Matériaux de surface, écozone+ de la Taïga des plaines.
Carte
Source : les données sur l'écozone+ ont été fournies par Ahern et al. (2011)Référence 17
Description longue pour la figure 2

Cette carte indique la distribution des matériaux de surface dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. La majeure partie de l’écozone+ est couverte d’un manteau de till; il y a quelques grandes étendues de placage de till dans le nord. Dans les bassins versants des rivières, il tend à y avoir un mélange de dépôts glaciolacustres à grains grossiers et fins, ainsi qu’un vaste dépôt alluvial dans le delta du Mackenzie.

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Figure 3. Couverture terrestre, écozone+ de la Taïga des plaines.
Carte
Source : les données sur l'écozone+ ont été fournies par Ahern et al. (2011)Référence 13
Description longue pour la figure 3

Cette figure représente une carte et un diagramme à bandes empilées de la classification de la couverture terrestre dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. Cette écozone+ est fortement dominée par la forêt (68 %), outre les importantes arbustaies (20 %) dans le delta du fleuve Mackenzie et au sud du Grand lac des Esclaves. Les cicatrices laissées par le feu, qui représentent seulement 6 % de la couverture terrestre, sont concentrées près des zones d’arbustaies du delta du Mackenzie, ainsi qu’au sud et à l’ouest du Grand lac des Esclaves. Une quantité minime de végétation basse et de toundra (6%) se trouve dans la portion du centre et de l’ouest de l’écozone+, et les terres agricoles (<1 %) sont centrées sur Hay Lake, en Alberta. Dans le coin supérieur droit, une petite carte indique l’emplacement de l’écozone+ de la Taïga des plaines au Canada.

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Figure 4. Tendances relatives aux populations humaines, écozone+ de la Taïga des plaines, de 1971 à 2006.
Graphique
Source : les données sur les populations ont été compilées à partir de Statistique Canada 2000Référence 22 et 2008Référence 23 et des rapports du recensement pour Wrigley, Fort Resolution, Fort Smith et Inuvik.
Description longue pour la figure 4

Ce diagramme à bandes décrit les informations suivantes :

Tendances relatives aux populations humaines, écozone+ de la Taïga des plaines, de 1971 à 2006.
AnnéeNombre de personnes
197120 910
197623 641
198124 160
198626 200
199127 456
199630 092
200126 165
200628 435

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Tableau 2. Principales collectivités et leurs populations en 2006.
CollectivitéPopulation
Fort Nelson (C.-B.)4 514
Hay River (T.N.-O.)3 648
Inuvik (Nt)3 484
Fort Smith (Nt)2 364
Fort Simpson (Nt)1 216
Réserve indienne de Hay Lake 209 (Alb.)951
Fort McPherson (Nt)776
Norman Wells (Nt)761
Fort Providence (Nt)727

Source : Statistique Canada, 2009Référence 24

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Coup d'œil sur les constatations clés à l'échelle nationale et de l'écozone+

Le tableau 3 présente les constatations clés nationales tirées du rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010Référence 3 ainsi qu'un résumé des tendances correspondantes dans l'écozone+ de la taïga des plaines. Les numéros de sujet renvoient aux constatations clés nationales tirées du rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. Les sujets grisés ont été désignés comme étant des constatations clés à l’échelle nationale, mais elles n'étaient pas pertinentes ou n'avaient pas été évaluées pour cette écozone+ et n'apparaissent pas dans le corps du présent document. Les éléments probants des énoncés de ce tableau se trouvent dans le texte qui suit et sont organisées par constatation clé. Voir la préface à la page i.

Tableau 3. Aperçu des constatations clés

3.1 Thème : Biomes
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle nationaleConstatations clés : Écozone+ de la taïga des plaines
  1. Forêts
Sur le plan national, la superficie que couvrent les forêts a peu changé depuis 1990; sur le plan régional, la réduction de l’aire des forêts est considérable à certains endroits. La structure de certaines forêts du Canada, y compris la composition des espèces, les classes d’âge et la taille des étendues forestières intactes, a subi des changements sur des périodes de référence plus longues.La forêt boréale est le type d’écosystème dominant dans la Taïga des plaines. La fragmentation causée par les routes et autres entités linéaires, qui entraîne la perte de grands blocs intacts de forêts, est plus évidente dans le nord-est de la Colombie-Britannique. Les changements liés au climat dans la zone de la limite des arbres, dans le nord de l’écozone+, comprennent l’augmentation de la croissance des arbustes, une faible augmentation nette du couvert des arbres attribuable à l’augmentation du couvert de conifères dans la partie nord de la zone de la limite des arbres qui est contrebalancée par la réduction des forêts de conifères dans le sud de la zone (de 1985 à 2006) et la réduction du taux de croissance, probablement causée par le stress associé aux sécheresses, de la plupart des épinettes blanches depuis les années 1930.
2. PrairiesL’étendue des prairies indigènes n’est plus qu’une fraction de ce qu’elle était à l’origine. Bien qu’à un rythme plus lent, la disparition des prairies se poursuit dans certaines régions. La santé de bon nombre de prairies existantes a également été compromise par divers facteurs de stress.Non pertinent
3. Milieux humidesLa perte de milieux humides a été importante dans le sud du Canada; la destruction et la dégradation continuent sous l’influence d’une gamme étendue de facteurs de stress. Certains milieux humides ont été restaurés ou sont en cours de restauration.Les milieux humides sont diversifiés et répandus dans l’écozone+; ils sont vulnérables aux menaces anthropiques, y compris les changements climatiques. Les crues printanières périodiques dans le bassin du fleuve Mackenzie, qui maintiennent la diversité des lacs de delta, ont été davantage associées aux variables climatiques qu’à l’influence du barrage W.A.C. Bennett, en amont. Cependant, certaines indications montrent que les crues printanières sont peut-être moins fréquentes. Les lacs de delta sont affectés par la saison des eaux libres qui est prolongée et par l’érosion accrue causée par les glissements de pergélisol, qui entraînent des changements abrupts dans la qualité de l’eau.
4. Lacs et cours d’eauAu cours des 40 dernières années, parmi les changements influant sur la biodiversité qui ont été observés dans les lacs et les cours d’eau du Canada, on compte des changements saisonniers des débits, des augmentations de la température des cours d’eau et des lacs, la baisse des niveaux d’eau et la perte et la fragmentation d’habitats.Le changement hydrologique le plus répandu est une tendance à une augmentation des débits minimaux et des débits d’hiver, tant dans le fleuve Mackenzie dans son ensemble (y compris certains affluents situés en amont de la Taïga des plaines) et dans plusieurs petits cours d’eau de l’écozone+ qui font l’objet d’une surveillance. Alors que les affluents d’amont du fleuve Mackenzie tendent généralement vers des débits de pointe hâtifs, aucune tendance claire ne se dessine en ce qui concerne le moment de la pointe dans les plus petits cours d’eau à la plupart des sites dans l’écozone+. Certaines indications donnent à penser à une tendance à l’augmentation de la variabilité du débit dans l’écozone+ et à des conséquences pour l’habitat riverain.
5. Zones côtièresLes écosystèmes côtiers, par exemple les estuaires, les marais salés et les vasières, semblent sains dans les zones côtières moins développées, même s’il y a des exceptions. Dans les zones développées, l’étendue des écosystèmes côtiers diminue, et leur qualité se détériore en raison de la modification de l’habitat, de l’érosion et de l’élévation du niveau de la mer.Non pertinent (la région côtière juste au nord de cette écozone+ est l’écozone+ de l’Arctique)
6. Zones marinesLes changements observés sur le plan de la biodiversité marine au cours des 50 dernières années sont le résultat d’une combinaison de facteurs physiques et d’activités humaines comme la variabilité océanographique et climatique et la surexploitation. Bien que les populations de certains mammifères marins se soient rétablies à la suite d’une surexploitation par le passé, de nombreuses espèces de pêche commerciale ne se sont toujours pas rétablies.Non pertinent
7. La glace dans l’ensemble des biomesLa réduction de l’étendue et de l’épaisseur des glaces marines, le réchauffement et le dégel du pergélisol, l’accélération de la perte de masse des glaciers et le raccourcissement de la durée des glaces lacustres sont observés dans tous les biomes du Canada. Les effets sont visibles à l’heure actuelle dans certaines régions et sont susceptibles de s’étendre; ils touchent à la fois les espèces et les réseaux trophiques.Les changements dans le pergélisol, qui sont bien documentés pour cette écozone+, sont notamment l’augmentation de la température du pergélisol, des changements dans l’épaisseur de la couche active, la réduction de la zone de pergélisol continu et le dégel du pergélisol discontinu dans certaines régions. Ces changements ont entraîné des modifications du paysage, y compris la perte des plateaux tourbeux gelés. La rupture des glaces de rivière dans le bassin du Mackenzie a tendance à être plus hâtive; les ensembles de données présentent des lacunes tant pour les glaces de rivière que pour les glaces de lac dans l’écozone+.

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3.2 Thème : Interactions humains-écosystèmes
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle nationaleConstatations clés : Écozone+ de la taïga des plaines
8. Aires protégéesLa superficie et la représentativité du réseau d’aires protégées ont augmenté ces dernières années. Dans bon nombre d’endroits, la superficie des aires protégées est bien au-delà de la valeur cible de 10 % qui a été fixée par les Nations Unies. Elle se situe en deçà de la valeur cible dans les zones fortement développées et dans les zones océaniques.En 2009, 5,6 % de l’écozone+ bénéficiait d’un niveau élevé de protection, l’aire protégée la plus grande étant de loin le parc national du Canada Wood Buffalo, établi en 1922. Les aires protégées ont peu changé entre 1922 et le début des années 2000, lorsque plusieurs aires protégées, la plupart assez petites, ont été établies. Des aires protégées candidates ont été définies pour la vallée du Mackenzie en réponse au projet de construction d’un pipeline. Le but est de maintenir l’intégrité écologique en établissant des zones tampons et en reliant les corridors utilisés par les animaux sauvages au moyen d’un réseau d’aires protégées.
9. IntendanceLes activités d’intendance au Canada, qu’il s’agisse du nombre et du type d’initiatives ou des taux de participation, sont à la hausse. L’efficacité d’ensemble de ces activités en ce qui a trait à la préservation et à l’amélioration de la biodiversité et de la santé des écosystèmes n’a pas été entièrement évaluée.L’intendance dans l’écozone+ est associée aux valeurs culturelles et spirituelles autochtones, qui sont intégrées dans la planification de l’utilisation des terres au moyen, par exemple, de plans de conservation communautaires. Les partenariats public-privé et les initiatives nationales et internationales contribuent aussi à l’intendance d’écosystèmes.
10. Espèces non indigènes envahissantesLes espèces non indigènes envahissantes sont un facteur de stress important en ce qui concerne le fonctionnement, les processus et la structure des écosystèmes des milieux terrestres, des milieux d’eau douce et d’eau marine. Leurs effets se font sentir de plus en plus à mesure que leur nombre augmente et que leur répartition géographique progresse.Il existe un certain envahissement d’espèces de plantes non indigènes, en particulier le long des routes, dans la Taïga des plaines, mais seulement quelques espèces sont modérément envahissantes. La tanthrède du mélèze, insecte forestier non indigène envahissant, s’est répandue dans l’écozone+, et des régions ont connu d’importantes infestations dans les années 1990. L’accès accru, le développement et les changements climatiques sont responsables de l’augmentation du taux d’introduction et de propagation d’espèces non indigènes dans les milieux terrestres et aquatiques.
11. ContaminantsDans l’ensemble, les concentrations d’anciens contaminants dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d’eau douce et d’eau marine ont diminué au cours des 10 à 40 dernières années. Les concentrations de beaucoup de nouveaux contaminants sont en progression dans la faune; les teneurs en mercure sont en train d’augmenter chez certaines espèces sauvages de certaines régions.Les concentrations de certains anciens contaminants ont diminué dans les poissons de l’écozone+, mais les tendances ne sont ni claires ni régulières; par exemple, au cours des dernières années, les concentrations de DDT ont augmenté dans la lotte du fleuve Mackenzie. D’après des données d’échantillonnage limitées, les concentrations de produits ignifuges bromés ont augmenté abruptement dans les poissons jusqu’au milieu des années 2000, puis ont baissé. Les concentrations de mercure sont naturellement élevées dans le bassin du Mackenzie et ont augmenté dans les poissons, y compris dans le fleuve Mackenzie et le Grand lac des Esclaves dans l’écozone+. Des changements dans l’écologie aquatique associés aux changements climatiques peuvent soit accentuer soit masquer les tendances de certains contaminants.
12. Charge en éléments nutritifs et efflorescences algalesLes apports d’éléments nutritifs aux systèmes d’eau douce et marins, et plus particulièrement dans les paysages urbains ou dominés par l’agriculture, ont entraîné la prolifération d’algues qui peuvent être nuisibles ou nocives. Les apports d’éléments nutritifs sont en hausse dans certaines régions et en baisse dans d’autres.Sujet non considéré comme étant une source de préoccupation pour cette écozone+
13. Dépôts acidesLes seuils d’incidence écologique des dépôts acides, notamment ceux des pluies acides, sont dépassés dans certaines régions; les émissions acidifiantes sont en hausse dans diverses parties du pays et la récupération sur le plan biologique ne se déroule pas au même rythme que la réduction des émissions dans d’autres régions.Sujet non considéré comme étant une source de préoccupation pour cette écozone+
14. Changements climatiquesL’élévation des températures partout au Canada ainsi que la modification d’autres variables climatiques au cours des 50 dernières années ont eu une incidence directe et indirecte sur la biodiversité dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d’eau douce et d’eau marine.L’écozone+de la Taïga des plaines a connu certaines des plus fortes augmentations de température depuis 1950 et ce, pour toute région canadienne – avec une augmentation moyenne annuelle de plus de 2 °C et une augmentation de la température hivernale d’environ 5 °C dans l’ensemble des stations depuis 1950. Ce réchauffement s’est traduit par certaines tendances nettes dans les écosystèmes, comme les changements dans les paysages façonnés par le pergélisol et l’augmentation de la productivité primaire terrestre. Selon certaines indications, d’autres nouvelles tendances liées au climat se dessinent, comme le déplacement vers le nord de certains insectes ravageurs forestiers.
15. Services écosystémiquesLe Canada est bien pourvu en milieux naturels qui fournissent des services écosystémiques dont dépend notre qualité de vie. Dans certaines régions où les facteurs de stress ont altéré le fonctionnement des écosystèmes, le coût pour maintenir les écoservices est élevé, et la détérioration de la quantité et de la qualité des services écosystémiques ainsi que de leur accès est évidente.La fourniture de services de l’écozone+ comprend la récolte de poissons, d’autres animaux sauvages et de plantes d’importance culturelle, spirituelle, nutritionnelle et économique. La dépendance à l’égard de ces services est élevée et ne diminue pas, en particulier dans les collectivités rurales. La qualité de ces services demeure généralement élevée, à l’exception de certaines baisses des populations de caribou de la toundra, qui ont mené à des restrictions visant la récolte et à une baisse du succès de récolte dans certaines collectivités.

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3.3 Thème : Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle nationaleConstatations clés : Écozone+ de la taïga des plaines
16. Paysages agricoles servant d’habitatLe potentiel des paysages agricoles à soutenir la faune au Canada a diminué au cours des 20 dernières années, principalement en raison de l’intensification des activités agricoles et de la perte de couverture terrestre naturelle et semi-naturelle.Non pertinent
17. Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulierDe nombreuses espèces d’amphibiens, de poissons, d’oiseaux et de grands mammifères présentent un intérêt économique, culturel ou écologique particulier pour les Canadiens. La population de certaines espèces diminue sur le plan du nombre et de la répartition, tandis que chez d’autres, elle est soit stable ou en pleine santé ou encore en plein redressement.L’écozone+ de la Taïga des plaines est importante à l’échelle nationale pour la population boréale du caribou des bois, qui dépend de blocs intacts de forêts boréales matures. Les tendances sont inconnues dans la moitié des populations; l’effectif des populations dans la partie sud de l’écozone+, qui est plus fragmentée, diminue, mais l’effectif d’une des populations est stable. La harde de caribous de la toundra Bluenose-ouest a diminué de manière précipitée au cours des dernières années. Plusieurs espèces d’oiseaux aquatiques qui nichent dans l’écozone+ sont en déclin; les causes de ces déclins ne sont pas claires. La Taïga des plaines abrite la plupart des populations du monde de deux espèces emblématiques qui ont presque disparu au début du XXe siècle et qui sont encore considérées comme des espèces en péril; il s’agit de la Grue blanche et du bison des bois.
18. Productivité primaireLa productivité primaire a augmenté dans plus de 20 % du territoire végétalisé au Canada au cours des 20 dernières années et elle a également augmenté dans certains écosystèmes d’eau douce. L’ampleur et la période de productivité primaire changent dans tout l’écosystème marin.Dans l’ensemble, la productivité primaire a augmenté dans 22,7 % de la superficie terrestre de la Taïga des plaines et diminué dans 1,5 % de la superficie terrestre, de 1985 à 2006. L’augmentation de la productivité primaire est survenue principalement dans la partie nord de l’écozone+, où des études montrent une croissance accrue des arbustes ainsi qu’une certaine altération de la croissance des lichens et de certaines épinettes blanches. Les grands feux de forêts qui caractérisent l’écozone+ influent sur la productivité primaire mais ne contribuent pas à l’augmentation générale de la productivité.
19. Perturbations naturellesLa dynamique des régimes de perturbations naturelles, notamment les incendies et les vagues d’insectes indigènes, est en train de modifier et de refaçonner le paysage. La nature et le degré du changement varient d’un endroit à l’autre.Dans la Taïga des plaines, les perturbations naturelles montrent des signes de changements associés au climat. À l’échelle décadaire, la superficie de forêts brûlées a augmenté depuis les années 1960, puis a baissé au cours de la dernière décennie; les données sont cependant incomplètes pour cette décennie. Il existe certaines indications d’une tendance à un plus grand nombre de feux plus tôt en saison, et cette tendance est cohérente avec la tendance observée de la température. La tordeuse des bourgeons de l’épinette, principal insecte forestier nuisible, est endémique dans la partie sud de l’écozone+, et il existe certaines indications que l’insecte pourrait se déplacer vers le nord. Tant la livrée des forêts que le dendroctone du pin ponderosa, dont la présence est relativement nouvelle dans l’écozone+, montrent des signes de plus grande abondance et de propagation vers le nord.
Maladies et parasites de la faune
(constatation clé particulière à l’écozone+)
-Les maladies de la faune sont importantes dans l’écozone+ de la Taïga des plaines sur le plan de l’écologie, de l’économie et de la santé humaine. La tuberculose bovine et la brucellose affectent un fort pourcentage des bisons des bois et présentent des risques pour la santé humaine et les activités économiques. Il existe de nouvelles données probantes et une préoccupation de plus en plus grande en ce qui concerne certaines maladies de la faune et certains parasites (y compris le charbon, les parasites des ongulés, et certains virus et champignons affectant les grenouilles) dont la prévalence ou la répartition sont peut-être en train d’augmenter, ou pourraient le faire dans l’avenir, en raison du temps plus chaud et des changements dans la répartition des espèces animales sauvages.
20. Réseaux trophiquesDes changements profonds dans les relations entre les espèces ont été observés dans des milieux terrestres et dans des milieux d’eau douce et d’eau marine. La diminution ou la disparition d’éléments importants des réseaux trophiques a considérablement altéré certains écosystèmes.Il existe peu d’informations sur les changements dans les réseaux trophiques dans la Taïga des plaines. L’abondance de nombreux mammifères dans la Taïga des plaines est cyclique, et régie ou influencée par des effets sur les réseaux trophiques ainsi que par des facteurs tels que le climat. Certains changements dans les cycles des petits mammifères ont été signalés dans d’autres régions nordiques, et un ralentissement des cycles du lièvre d’Amérique et du lynx a été observé récemment dans les T.N.-O. L’abondance du caribou de la toundra du nord qui hiverne dans la Taïga des plaines a diminué, ce qui peut indiquer un creux dans le cycle des populations. La diminution des populations de caribou boréal dans le sud de l’écozone+ peut être affectée par des changements dans la dynamique prédateur-proie associée à l’altération de l’habitat.

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3.4 Thème : Interface science-politique
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle nationaleConstatations clés : Écozone+ de la taïga des plaines
21. Surveillance de la biodiversité, recherche, gestion de l’information et communication des résultatsLes renseignements de surveillance recueillis sur une longue période, normalisés, complets sur le plan spatial et facilement accessibles, complétés par la recherche sur les écosystèmes, fournissent les constatations les plus utiles pour les évaluations de l’état et des tendances par rapport aux politiques. L’absence de ce type d’information dans de nombreux secteurs a gêné l’élaboration de la présente évaluation.Les grands ensembles de données recueillies dans le cadre de programmes de surveillance à grande échelle pour l’écozone+ sont principalement des données autres que biologiques portant sur la surveillance du climat, l’hydrologie et le pergélisol. De plus, les données sur certains groupes d’espèces, notamment certaines populations de caribous, de petits mammifères et d’oiseaux aquatiques, constituent de bonnes informations sur les tendances. La combinaison de la télédétection et de projets d’étude de courte durée, qui portent souvent sur le passé en raison de l’utilisation de relevés climatiques indirects, fournit certaines données sur les changements à l’échelle du paysage. L’amélioration de l’utilisation des connaissances traditionnelles ainsi que des résultats des études scientifiques est une priorité qui a souvent été définie pour la région.
22. Changements rapides et seuilsLa compréhension grandissante des changements rapides et inattendus, des interactions et des seuils, en particulier en lien avec les changements climatiques, indique le besoin d’une politique qui permet de répondre et de s’adapter rapidement aux indices de changements environnementaux afin de prévenir des pertes de biodiversité majeures et irréversibles.On constate certains signes de changements rapides dans l’écosystème de la Taïga des plaines, changements qui sont liés aux changements climatiques. La perte des tourbières gelées survient dans certaines régions, ce qui fait augmenter la température du pergélisol à plusieurs sites; il s’agit d’un premier avertissement que d’autres régions dépasseront le seuil de l’étape des changements, ce qui mènera à la dégradation du pergélisol et à l’altération des écosystèmes terrestres et aquatiques. Parmi les autres changements observés à plus grande échelle au cours des dernières années, mentionnons une augmentation de la productivité primaire, principalement dans le nord de l’écozone+, et l’altération des communautés végétales dans la zone de la limite des arbres.

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Thème : Biomes

Constatation clé 1
Forêts

Thème Biomes

Constatation clé à l'échelle nationale
Sur le plan national, la superficie que couvrent les forêts a peu changé depuis 1990; sur le plan régional, la réduction de l'aire des forêts est considérable à certains endroits. La structure de certaines forêts du Canada, y compris la composition des espèces, les classes d'âge et la taille des étendues forestières intactes, a subi des changements sur des périodes de référence plus longues.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : La forêt boréale est le type d’écosystème dominant de la Taïga des plaines. La fragmentation causée par les routes et autres entités linéaires, qui entraîne la perte de grands blocs intacts de forêts, est plus évidente dans le nord-est de la Colombie-Britannique. Les changements liés au climat dans la zone de la limite des arbres, dans le nord de l’écozone+, comprennent l’augmentation de la croissance des arbustes, une légère augmentation nette du couvert d’arbres, qui fait augmenter le couvert de conifères dans la partie nord de la zone de la limite des arbres, contrebalancée par une réduction de la forêt coniférienne dans le sud de la zone (de 1985 à 2006) et la réduction du taux de croissance, sans doute attribuable au stress associé aux sécheresses, de la majorité des épinettes blanches depuis les années 1930.

Caractéristiques spatiales

La densité du couvert forestier et le degré de fragmentation des forêts varient dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, dont la latitude, l’altitude et le climat sont très variables. La région se caractérise par de grands feux de forêt fréquents et, par conséquent, la végétation est souvent une mosaïque de forêt inéquienne à différents stades de régénérationRéférence 13. La forêt coniférienne couvre principalement les vallées du fleuve Mackenzie et de ses affluents, jusqu’au delta du Mackenzie, bien que les basses terres de la vallée fluviale soient occupées par des forêts mixtes. Les altitudes légèrement plus élevées, comme dans les collines Cameron, et les brûlis en régénération sont couverts d’arbustes, alors que les altitudes les plus élevées, principalement les pentes orientales des monts Mackenzie, sont caractérisées par une végétation de toundra.

Une grande partie de cette écozone+ affiche une proportion de forêts supérieure à 50 %. Les faibles densités de forêts se trouvent immédiatement au sud du Grand lac des Esclaves dans la partie nord du parc national du Canada Wood Buffalo, dans les hautes terres près de Norman Wells, dans une vaste région située à l’ouest de Lac la Martre qui a brûlé au milieu des années 1990, et dans des portions des tronçons inférieurs de la vallée du MackenzieRéférence 13.

Les caractéristiques des régions forestières canadiennes ont été examinées au moyen des données de télédétectionRéférence 13. Les exigences en matière d’habitat pour de nombreuses espèces sont fortement influencées par les caractéristiques spatiales des types de couverture terrestre. Ces caractéristiques spatiales peuvent comprendre la proportion de types de couverture terrestre particuliers dans une région et le degré de fragmentation et de connectivité de certains types particuliers de couverture terrestre. La présence de bordures, qui laisse supposer un certain degré de fragmentation, est importante pour de nombreuses espèces, alors que pour d’autres, notamment le caribou des bois, elle est nuisible.

Deux méthodes ont été utilisées pour examiner les caractéristiques spatiales des forêts, et ces méthodes fournissent une référence pour les futures analyses de tendances; les deux méthodes utilisent les calculs obtenus à partir des ensembles de données de pixels de L’observation de la Terre pour le développement durable espacés de 30 m à l’intérieur de cellules de 1 km2 (de l’année 2000) :

  1. la densité des forêts (proportion de la superficie terrestre qui est boisée); les résultats sont présentés à la figure 5 ;
  2. la densité des bordures (la longueur de l’ensemble des bordures entre les pixels boisés et les pixels non boisés dans chaque cellule de 1 km2); la densité des bordures des forêts dans la Taïga des plaines est supérieure à celle des forêts situées plus au sud, et la valeur typique est de 250 m/km2; cette valeur augmente à 500 à 600 m/km2 dans les régions de toundra avoisinant le contrefort oriental des monts Mackenzie.
Figure 5. Densité des forêts, Taïga des plaines, 2000.

La proportion de pixels de 30 m2 qui sont boisés dans chaque unité de 1 km2 est montrée. La section de couleur blanche dans le nord est un artéfact de la méthode – elle correspond à la limite de l’écozone de la Taïga des plaines selon la classification de 1995. La densité n’est pas le nombre d’arbres, mais plutôt l’apparence de la couverture terrestre depuis l’espace. Les faibles proportions de forêts peuvent représenter des peuplements d’épinette noire ou de pin gris ou de forêts en régénération à couvert épars, et les proportions élevées de forêts peuvent représenter des peuplements matures d’épinette blanche à plus faible densité d’arbres et à couvert dense.

Carte
Source : Ahern et al. (2011)Référence 13
Description longue pour la figure 5

Cette carte illustre la densité des forêts dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. Elle est dérivée d’images de télédétection; chaque unité de 1 km2 est codée en fonction de la proportion de pixels dans l’unité qui sont boisés, et la proportion de forêt est dérivée du couvert forestier. La majeure partie de l’écozone+ est une mosaïque complexe de densités différentes, sauf dans la section sud-ouest de l’écozone+, qui présente généralement une forte densité des forêts. La région du delta du Mackenzie, les secteurs à l’ouest du Grand lac de l’Ours et au sud du Grand lac des Esclaves, ainsi qu’une vaste région du centre de l’écozone+ ont une densité des forêts faible (<30 %). Les secteurs où la proportion de forêt est relativement faible peuvent représenter des peuplements dominés par l’épinette noire ou le pin gris, tandis que les peuplements matures d’épinette blanche, qui comptent moins d’arbres, ont un couvert dense et sont représentés comme des forêts à forte densité. La section de couleur blanche à l’extrémité nord de l’écozone+ est un artefact de la méthode – elle correspond à la limite de l’écozone au moment où la carte a été produite, selon la classification des écozones de 1995.

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Blocs intacts de forêts

La figure 6 montre les zones de blocs intacts de forêts dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. Vous remarquerez que le nord-est de la Colombie-Britannique, où la densité de blocs intacts de forêts est la plus faible, est une région à densité élevée de forêts (figure 5). Cela indique que l’absence de grandes zones de forêts intactes est attribuable à la fragmentation de la forêt, plutôt qu’à la transformation des terres à grande échelle ou à la présence d’autres types de couverture terrestre naturelle.

Figure 6. Blocs intacts de forêts, écozone+ de la Taïga des plaines.

La couleur verte indique les blocs contigus de forêts non perturbés par des entités anthropiques. La superficie minimale d’un bloc est de 10 000 ha. La section de couleur blanche dans le nord est un artéfact de la méthode – elle correspond à la limite de l’écozone de la Taïga des plaines selon la classification de 1995.

map
Source : fondée sur les données compilées par Lee et al. (2006)Référence 25
Description longue pour la figure 6

Cette carte représente la distribution des blocs intacts de forêt dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. Pour être considéré intact, un bloc de forêt doit avoir une superficie d’au moins 10 000 ha et ne pas avoir été perturbé par des entités anthropiques. La majeure partie de l’écozone+ est couverte de blocs de forêt intacts, à l’exception de la région de la rivière de la Paix, à l’angle nord-est de la Colombie-Britannique. Cette région a une forte densité de forêt, comme l’indique la figure 4, mais la faible densité des blocs intacts indique que la fragmentation des forêts est prévalente, car c’est dans ce secteur de l’écozone+ que la conversion des terres est la plus courante.

 

La zone de la limite des arbres

La zone de texte suivante, qui donne une perspective plus large des changements dans la limite des arbres, est extraite du rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010Référence 3.

Changements dans la zone de la limite des arbres

Le terme « limite des arbres » est trompeur – il n’y a pas de limite nette où les arbres ne poussent plus, mais plutôt une zone de transition entre les arbres de plus en plus rares et la toundra. Au Canada, les zones de limite des arbres sont latitudinales, dans le nord du pays, et altitudinales, sur les pentes des collines et des montagnes. L’image qui émerge en est une de changement, et non de prolongement uniforme de la limite des arbres. Dans le nord du Québec, depuis les années 1970, les arbres de la zone forêt-toundra ont poussé plus rapidement et sont plus hautsRéférence 26, mais leur répartition n’a pas changé considérablementRéférence 27. Au Labrador, les limites des arbres ont avancé vers le nord et vers le haut des pentes au cours des 50 dernières années sur la côte, mais pas à l’intérieur des terresRéférence 29. Dans les montagnes du nord-ouest du Canada, la croissance et la densité des arbres ont changé davantage que la position de la limite des arbres en zone alpineRéférence 29.

Une étude de la limite des arbres dans l’ouest du Canada n’a révélé qu’une faible augmentation nette de la couverture des arbres, mais a révélé des changements majeurs dans la végétation à l’intérieur de la zone de la limite des arbres. La couverture des arbres a augmenté dans la moitié nord de la zone, mais cette augmentation était surtout causée par la diminution de la couverture des arbres dans la moitié sud, en particulier à l’ouest du delta du Mackenzie – et était probablement associée à des conditions sèches attribuables à des températures élevéesRéférence 30. Les changements les plus importants ont été l’augmentation des arbustes et, dans le nord-ouest de la zone de la limite des arbres, le remplacement du couvert de lichens et de sol nu par de petites plantes non ligneuses (herbacées).

Figure 7. Les changements dans la végétation dans la zone de la limite des arbres de l'ouest du Canada, entre 1985 et 2006.

Remarque : le changement moyen dans l'ensemble de la zone durant 22 ans est fondé sur l'analyse des images obtenues par satellite au début du printemps et en été.

Graphique
Source : données de Olthof et Pouliot (2010)Référence 31
Description longue pour la figure 7

Ce diagramme illustre le changement moyen dans les diverses catégories de végétation : sol nu, lichen, conifères, herbacées et arbustes, dans la zone de la limite des arbres, sur une période de 22 ans. La carte en médaillon représente la zone d’étude, qui s’étend le long de la zone de la limite des arbres, de la partie nord du Yukon en passant par les Territoires du Nord-Ouest jusque dans le sud-est du Nunavut et le nord du Manitoba. Au cours de cette période de 22 ans, le couvert forestier a très peu varié (<1 %), mais la superficie occupée par les herbacées et les arbustes a augmenté respectivement de 12,5 % et de 15 %. Le sol nu a régressé d’environ 9 % et la couverture de lichen, d’environ 3,5 %. Les données sont fondées sur l’analyse des images obtenues par satellite au début du printemps et en été.

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Perspective mondiale

Depuis 1900, la limite des arbres a avancé à 52 % des 166 sites examinés dans le monde et a reculé à seulement 1 % des sitesRéférence 32.

Plusieurs études ont établi de fortes corrélations entre les températures estivales et la variation des tendances de la végétation à la bordure nord de la zone de la limite des arbres dans la Taïga des plaines, ce qui indique que l’augmentation des températures est susceptible de modifier l’abondance des arbustes, la structure de la végétation et la composition spécifiqueRéférence 33, Référence 34. Selon certaines indications, ce changement serait en cours. Dans une étude menée le long d’un transect allant de la côte de la mer de Beaufort à la région de Fort McPherson dans le sud, Lantz et al. (2010)Référence 35 ont constaté que l’aulne crispé (un grand arbuste), aux sites de la bordure nord de la zone de transition forêt-toundra, affichait des modes de recrutement sensiblement différents de ceux de l’aulne crispé à des sites vers le sud. La proportion de jeunes arbustes était plus élevée dans la zone de transition du nord, ce qui indique une colonisation récente des sites par l’aulne crispé. L’étude a montré aussi que la croissance et la reproduction de l’aulne crispé étaient significativement plus importantes dans les sites brûlés, les grands arbustes dominant les sites brûlés dans l’ensemble des zones de végétation. L’effet combiné de l’augmentation des feux et des saisons de croissance plus chaudes mènera probablement à un déplacement continu des grands arbustes vers le nord.

Tout comme dans d’autres régions du nord-ouest de l’Amérique du Nord, les peuplements d’épinette blanche dans la zone de la limite des arbres ou à proximité de la Taïga des plaines montrent des signes de diminution de la croissance au fur et à mesure que le climat se réchauffe – peut-être en raison du dépassement d’un seuil physiologique pour la température estivale ou au stress associé aux sécheresses des étés chaudsRéférence 36 Référence 37 Référence 38. Une analyse de la croissance annuelle, fondée sur la largeur des anneaux de croissance, de 654 épinettes blanches, menée à 9 sites dans le delta du Mackenzie30, a indiqué un fort degré de similarité dans les taux de croissance des arbres de 1600 à environ 1930, année où les taux de croissance ont divergé. D’environ 1930 à la fin de l’étude en 2003, le taux de croissance d’approximativement 25 % des arbres a augmenté (ce groupe est appelé répondants positifs), alors que le taux de croissance des 75 % d’arbres restants (répondants négatifs) a diminué (figure 8). Le taux de croissance de l’épinette blanche a été comparé aux relevés climatiques provenant d’Inuvik (commençant en 1927) et aux températures de la saison de croissance de l’hémisphère nord (relevés commençant en 1856). La croissance annuelle des répondants négatifs était fortement corrélée avec les températures de juin à Inuvik et avec les températures de la saison de croissance en Amérique du Nord, alors que les faibles taux de croissance annuelle des répondants négatifs étaient inversement proportionnels aux températures de l’été actuel et, en particulier, de l’été précédent. Ce ralentissement apparent de la croissance durant les étés chauds a été quelque peu atténué dans les années où les précipitations ont été élevées en avril – une indication selon laquelle tant le stress associé aux températures que le stress associé aux sécheresses peut affecter l’épinette blanche dans la région.

Figure 8. Croissance de l'épinette blanche dans le delta du Mackenzie, déterminée à partir des anneaux de croissance des arbres, de 1600 à 2003, en fonction des anomalies des températures des saisons de croissance dans l'hémisphère nord, de 1856 à 2003.

La ligne noire qui commence en 1856 correspond à la tendance des anomalies des températures. Les deux groupes d’épinettes blanches sont représentés par les lignes qui commencent en 1600; la ligne rouge représente la croissance annuelle moyenne des répondants négatifs (arbres dont la croissance est inversement proportionnelle aux températures estivales après 1930), et la ligne bleue représente la croissance annuelle des répondants positifs (arbres dont la croissance est corrélée positivement avec les températures estivales). Les coefficients de corrélation montrent la force des relations entre les taux de croissance des deux groupes de 1600 à 1899 (r = 0,91) et de 1900 à 2003 (r = 0,11).

Graphique
Source : adapté de Pisaric et al. (2007)Référence 30. Reproduction autorisée par John Wiley & Sons, Inc.
Description longue pour la figure 8

Ce diagramme linéaire retrace la croissance des épinettes blanches dans le delta du Mackenzie, déterminée à partir des anneaux de croissance des arbres, de 1600 à 2003. À partir de 1856, le diagramme représente aussi les anomalies des températures des saisons de croissance dans l’hémisphère nord. De 1600 au début du XXe siècle, l’évolution des anneaux de croissance des épinettes blanches est relativement stable. Au début du XXe siècle, les anneaux de croissance commencent à présenter des variations accrues : alors que certains (25 %) présentent une croissance accrue en réponse à une hausse significative  des températures estivales dans la seconde moitié du 20e siècle, la majorité (75 %) des arbres ont connu une relation inverse des hausse des températures estivales.

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Constatation clé 3
Milieux humides

Thème Biomes

Constatation clé à l'échelle nationale
La perte de milieux humides a été importante dans le sud du Canada; la destruction et la dégradation continuent sous l'influence d'une gamme étendue de facteurs de stress. Certains milieux humides ont été restaurés ou sont en cours de restauration.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : Les milieux humides sont diversifiés et répandus dans l’écozone+; ils sont vulnérables aux menaces anthropiques, notamment les changements climatiques. Les crues printanières périodiques dans le bassin du fleuve Mackenzie, qui maintiennent la diversité des lacs de delta, ont été davantage associées aux variables climatiques qu’à l’influence du barrage W.A.C. Bennett, en amont. Cependant, certaines indications montrent que les crues printanières sont peut-être moins fréquentes. Les lacs de delta sont affectés par la saison des eaux libres qui est prolongée et par l’érosion accrue causée par les glissements de pergélisol, qui entraînent des changements abrupts dans la qualité de l’eau.

Parmi les types de milieux humides, on compte de vastes deltas de cours d’eau, des lacs et des étangs de plaines inondables, des lits de rivière sinueux bordés de milieux humides, de lacs thermokarstiques, de tourbières et de marais. Les milieux humides de la Taïga des plaines offrent un habitat à des centaines de milliers d’oiseaux aquatiques en migration ou en période de reproduction; ils abritent aussi divers poissons et servent d’habitat à des mammifères comme l’orignal, le caribou, le rat musqué et le castor. Les milieux humides sont des endroits de chasse et de pêche traditionnels et sont importants sur le plan culturel pour les résidents de la Taïga des plaines. La présente section met l’accent sur certains aspects des milieux humides qui subissent actuellement des changements ou qui sont vulnérables aux changements associés aux menaces anthropiques.

Comme c’est le cas dans la forêt boréale en général, les grands blocs de milieux humides non perturbés sont importants pour maintenir la biodiversité de tels milieux. Certaines espèces ne sont pas tolérantes aux perturbations et à la fragmentation de l’habitat – l’exemple extrême pour l’écozone+ étant la Grue blanche, un oiseau aquatique qui a presque disparu en raison de la perte d’habitat. Les perturbations et l’altération de l’habitat dans les lieux de nidification peuvent aussi être liées à la diminution du nombre d’espèces d’oiseaux aquatiques nichant dans la Taïga des plaines (voir la constatation clé relative aux espèces présentant un intérêt particulier en page 65).

Ramsar sites

Deux sites Ramsar (zones humides désignées d’importance internationale) se trouvent dans l’écozone+ de la Taïga des plaines :

  1. Les lacs Hay-Zama, en Alberta. Ce complexe de lacs et de milieux humides d’une superficie de 486 km2, aire de repos pour les oiseaux aquatiques en migration, est protégé en tant que parc de l’Alberta. Cependant, l’exploitation du pétrole et du gaz a précédé la création du parc et est autorisée à se poursuivre jusqu’à l’épuisement des réservesRéférence 39. Les lacs sont une zone de récolte traditionnelle pour la Dene Tha’.
     
  2. Territoire d’été de la Grue blanche, dans les T.N.-O. et en Alberta, à l’intérieur du parc national du Canada Wood Buffalo. Ce territoire d’une superficie de 16 895 km2 est la seule aire de nidification naturelle de la Grue blanche qu’il reste; il renferme des milliers de plans d’eau, y compris des lacs, des tourbières, des marais, des étangs peu profonds et des ruisseauxRéférence 20.

Les milieux humides et les étangs de l’écozone+ sont formés et maintenus par les faibles taux d’évapotranspiration et par les conditions du pergélisol ainsi que par les dépressions physiques laissées par les glaciations; ils sont donc vulnérables aux changements environnementaux. Bien qu’il existe certaines indications de changements dans les étangs de la Taïga des plaines causés par le réchauffement et le dégel du pergélisol (voir la discussion plus bas), aucune réduction générale de la superficie des étangs n’a été observée dans l’écozone+. Les températures élevées, qui ont fait augmenter l’évapotranspiration et changer l’état du pergélisol, ont mené à une tendance régionale à des étangs de plus en plus petits dans les forêts boréales de l’AlaskaRéférence 40, et une certaine réduction de la superficie totale des étangs a été observée dans la plaine Old Crow, dans le nord du Yukon (écozone+ de la Taïga de la Cordillère)Référence 41. Les milieux humides s’asséchant et les feux de forêts augmentant en raison du réchauffement planétaire, la composition des espèces végétales des milieux humides pourrait changer radicalement si le brûlage atteignait les couches profondes de matière organiqueRéférence 42.

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Lacs et milieux humides associés aux deltas et aux cours d'eau

Le vaste delta du fleuve Mackenzie (13 000 km2)Référence 43, avec ses 45 000 lacs, est situé en partie dans les zones de forêts et en partie dans les zones d’arbustaies de l’écozone+ de la Taïga des plaines. Il occupe aussi une partie de la toundra dans l’écozone+ de l’Arctique. Il s’agit d’un écosystème aquatique productif, ce qui est inhabituel à cette latitudeRéférence 44. La productivité élevée du delta est associée tant à la saison sans glace prolongée dans les lacs des plaines inondables (par comparaison à certains lacs avoisinants) qu’à la reconstitution de ces lacs à partir des riches sédiments des cours d’eauRéférence 44. Bon nombre de lacs du delta du Mackenzie et de l’ensemble de la zone de pergélisol sont des milieux humides thermokarstiques, qui se sont formés dans des dépressions au-dessus du pergélisol.

On trouve aussi deux grands deltas d’eau douce dans l’écozone+ : le delta de la rivière des Esclaves (l’embouchure de la rivière des Esclaves, dont les eaux coulent vers le Grand lac des Esclaves) et le lac Mills (un élargissement du fleuve Mackenzie à l’embouchure de la rivière Horn, près de Fort Providence). Le delta de la rivière des Esclaves, qui occupe une superficie de 554 km2Référence 45, est une aire de repos pour les oiseaux migrateurs au printemps et à l’automne et ce, dans les quatre principales voies migratoires continentalesRéférence 45, Référence 46. Le lac Mills (superficie de 381 km2) est une importante aire de repos pour les oiseaux aquatiques durant la migration printanière et automnale, un refuge estival pour les canards plongeurs en période de mueRéférence 45 et une aire de broutage pour le bison des boisRéférence 47.

Régime des crues

Les inondations périodiques associées au débit printanier et aux débâcles printanières créent et maintiennent la diversité d’habitat offerte par les lacs et les milieux humides des deltas des rivières aux Esclaves et du fleuve MackenzieRéférence 48 Référence 49 Référence 50 Référence 51. Selon une étude des lacs et des étangs dans le delta de la rivière aux Esclaves (de 2003 à 2005), le degré et la fréquence des crues dans les cours d’eau constituent les principaux facteurs régissant la chimie de l’eau et les communautés et la biomasse de plantes et de diatomées de chaque plan d’eauRéférence 52.

La rivière aux Esclaves subit l’influence de la régulation des débits au barrage W.A.C. Bennett et dans le réservoir connexe (voir la constatation clé relative aux lacs et aux cours d’eau). Selon une étude dans le cadre de laquelle on a déterminé la fréquence des périodes de crues associées aux débâcles printanières durant plus de 80 ansRéférence 48, les crues ont eu tendance à être cycliques, alternant entre des périodes d’environ une décennie de fortes crues et des périodes d’environ une décennie de faibles crues (figure 9). Les crues printanières semblent davantage associées aux conditions climatiques dans le cours supérieur du bassin du fleuve que la régulation du débit au barrage W.A.C. Bennett (qui a commencé en 1968). Des périodes de faibles crues ont précédé la régulation des débits, et des périodes de fortes crues ont suivi le commencement des activités de régulation. Les auteurs de l’étude ont prédit que les crues deviendraient moins fréquentes en raison du faible enneigement et, par conséquent, que le ruissellement des eaux d’amont serait moins important en raison des changements climatiques. Selon certaines indications, cette tendance à des crues printanières moins fortes a peut-être commencé dans l’écozone+ de la Taïga des plaines et dans d’autres parties du bassin hydrographiqueRéférence 48.

Figure 9. Crues dans le delta de la rivière des Esclaves, de 1925 à 2005.

Les crues ont été déterminées à partir des variations climatiques, tel qu’indiqué (colonnes a à c), et à partir des débits mesurés (colonne d). Les boîtes ombragées indiquent les périodes de fortes crues inférées à partir de chaque série de données indirectes, et les rectangles en pointillé indiquent les principales périodes de fortes crues.

Graphique
Source : Brock et al. (2010)Référence 48. Reproduction autorisée par la Revue canadienne des ressources en eau.
Description longue pour la figure 9

Ce diagramme composite présente trois paramètres géochimiques et biologiques clés liés à la fréquence des crues, mesurés dans des carottes de sédiments du delta de la rivière des Esclaves, de 1925 à 2005. Les données sur le débit de la rivière des Esclaves couvrent la période de 1960 à 2005; elles subissent l’influence de l’achèvement du barrage W.A.C. Bennett en Colombie-Britannique en 1968. La colonne a) présente les rapports du carbone à l’azote (C/N) mesurés dans la carotte de sédiments de 1925 à 2005; l’eau de crue est associée à un rapport C/N élevé, et les niveaux élevés mesurés au début et à la fin de la décennie 1970 ainsi que vers 1995 correspondent aux forts débits mesurés dans la rivière des Esclaves. De même, l’indice des crues fondé sur les diatomées, qui évalue l’abondance relative de diatomées reconnues comme une espèce indicatrice des crues, correspond en gros aux périodes de fort débit; au cours des périodes de faible débit, la valeur de l’indice est nettement différente. La colonne c) présente des données sur le nombre de graines d’une espèce végétale aquatique, la sagittaire cunéaire (Sagittaria cuneata), qui correspond à une période de très faibles débits au cours de la décennie 1950. Les données des carottes de sédiments (rapport C/N et indice des diatomées) laissent supposer qu’un événement de crue est survenu au début des années 1940.

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Dégradation du pergélisol

Cependant, des changements dans la fonte printanière et la rupture des glaces entraînent aussi des changements dans la qualité de l'eau en raison de l'augmentation de l'érosion causée par les glissements de pergélisol Référence 46,Référence 53.

Le dégel et les glissements de pergélisol érodent et modifient la configuration physique des milieux humides ainsi que la qualité de l’eau et les caractéristiques des berges et des fonds de lacRéférence 19. Une analyse de photographies aériennes à 23 sites d’étude dans le delta du MackenzieRéférence 53 a montré une augmentation de l’activité de fonte et de glissement de 1950 à 2004 (figure 10). Un glissement régressif de fonte est une rupture de talus causée par la fonte des glaces au sol et le glissement du sol dégelé, qui forme des murs de têteRéférence 54.

Figure 10. Augmentation des glissements régressifs de fonte, delta du Mackenzie, comparaison des périodes de 1973 à 2004 et de 1950 à 1973.
  • Taux annuels moyens d'augmentation des glissements (fondés sur des changements dans la superficie de la perturbation causée par le glissement de fonte)
  • Taux annuels moyens de recul des murs de tête.

Les barres d'erreur sont +/- écart type.

Graphique
Source : Lantz et Kokelj (2008)Référence 53. Reproduction autorisée par John Wiley & Sons, Inc.
Description longue pour la figure 10

Ces deux diagrammes à bandes présentent des données qui documentent une augmentation des glissements régressifs de fonte dans le delta du Mackenzie au cours de deux périodes : de 1950 à 1973 et de 1973 à 2004. L’augmentation des glissements régressifs de fonte, mesurée par l’augmentation de la superficie des glissements et le recul des murs de tête associés aux glissements, indique une fonte accrue du pergélisol. Le diagramme A indique une augmentation significative des glissements (en mètres carrés par année) au cours de la période de 1973 à 2004 comparativement à la période de 1950 à 1973. Le recul des murs de tête associés aux glissements (en mètres par année) présenté dans le diagramme B est en moyenne le double de ce qu’il était au cours de la période précédente, se situant juste au-delà de 1 m/an entre 1973 et 2004.

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Répercussions des changements sur la biodiversité dans les deltas

La dégradation du pergélisol était le principal facteur environnemental expliquant les différences dans la qualité de l’eau observées dans une étude de 73 lacs, dont environ la moitié était touchée par des glissements régressifs de fonte, dans le delta du Mackenzie (tant dans la région de la toundra, écozone+ de l’Arctique, que dans la région située le long de la limite de l’écozone+ de la Taïga des plaines)Référence 55. Les glissements affectaient davantage la clarté de l’eau et la concentration d’ions que le carbone organique total. Les paramètres de la qualité de l’eau touchés constituent d’importants déterminants des communautés biotiques des lacs. Les auteurs ont conclu que les changements abrupts dans la chimie de l’eau causés par les glissements de fonte pourraient mener à des changements abrupts dans les réseaux trophiques aquatiques.

La diversité de l’étendue et des périodes de connectivité entre les lacs et les cours d’eau des deltas de la rivière des Esclaves et du fleuve Mackenzie est importante pour la création d’un habitat diversifié, qui est capable d’abriter un grand nombre de communautés différentes d’espèces d’invertébrés, d’oiseaux aquatiques, de poissons et de mammifèresRéférence 46, Référence 50. Les changements de débit (crues moins fortes) combinés à l’augmentation du niveau de la mer qui est associée aux changements climatiques pourraient mener à la réduction du nombre de types de milieux humides, réduisant ainsi la diversité de l’habitat dans le delta du MackenzieRéférence 50.

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Constatation clé 4
Lacs et cours d'eau

Thème Biomes

Constatation clé à l'échelle nationale
Au cours des 40 dernières années, parmi les changements influant sur la biodiversité qui ont été observés dans les lacs et les cours d'eau du Canada, on compte des changements saisonniers des débits, des augmentations de la température des cours d'eau et des lacs, la baisse des niveaux d'eau et la perte et la fragmentation d'habitats.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : Le changement hydrologique le plus répandu est une tendance à une augmentation des débits minimaux et des débits hivernaux, tant dans le fleuve Mackenzie dans son ensemble (y compris certains affluents en amont de la Taïga des plaines) que dans plusieurs petits cours d’eau faisant l’objet d’une surveillance dans l’écozone+. Alors que les affluents d’amont du fleuve Mackenzie ont généralement tendance à connaître des débits de pointe hâtifs, aucune tendance claire ne se dessine en ce qui concerne le moment de la pointe à la plupart des sites des plus petits cours d’eau dans l’écozone+. Certaines indications montrent une tendance à une augmentation de la variabilité du débit dans l’écozone+ et à des conséquences pour l’habitat riverain.

Les eaux de l’écozone+ de la Taïga des plaines coulent vers l’océan Arctique en empruntant le bassin hydrographique du fleuve Mackenzie. Ce bassin, qui est le plus grand au Canada (drainant 20 % de la superficie du pays)Référence 56, draine une superficie totale de 1 787 000 km2. Le bassin du fleuve Mackenzie (figure 11) comprend plusieurs autres réseaux fluviaux, notamment ceux de la rivière Athabasca, de la rivière de la Paix, de la rivière Liard, de la rivière des Esclaves, de la rivière Arctic Red et de la rivière PeelRéférence 57, Référence 58. Le vaste delta du fleuve Mackenzie est situé en partie dans l’écozone+ de la Taïga des plaines et en partie dans l’écozone+ de l’Arctique. Le bassin du fleuve Mackenzie comprend trois lacs principaux : le lac Athabasca (à la limite entre l’écozone+ de la Taïga du bouclier et de l’écozone+ du Bouclier boréal), le Grand lac des Esclaves (situé en partie dans l’écozone+ de la Taïga des plaines et en partie dans l’écozone+ de la Taïga du bouclier), et le Grand lac à l’Ours, qui est situé en entier dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. On y trouve deux grands deltas d’eau douce : le delta des rivières de la Paix et Athabasca (dont les eaux coulent vers le lac Athabasca, dans l’écozone+ du Bouclier boréal) et le delta de la rivière des Esclaves (dont les eaux coulent vers le Grand lac des Esclaves, dans l’écozone+ de la Taïga des plaines). Dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, la rivière Horn forme aussi un delta, à sa confluence avec le fleuve Mackenzie. Les lacs et les milieux humides des deltas du fleuve Mackenzie et de la rivière des Esclaves font l’objet d’une discussion dans la constatation clé relative aux milieux humides, plus haut. Les changements associés aux glaces de lac et de rivière font l’objet d’une discussion dans la constatation clé relative à la glace dans l’ensemble des biomes, plus bas.

Figure 11. Sous bassins du bassin du fleuve Mackenzie.

Sous-bassins : 1. rivière Athabasca; 2. rivière de la Paix; 3. rivière Liard; 4. rivière Peel; 5. Grand lac des Esclaves; 6. Mackenzie – Grand lac à l’Ours.

Carte
Source : Conseil du bassin du Mackenzie (2004)Référence 59. Reproduction autorisée par le Conseil du bassin du Mackenzie.
Description longue pour la figure 11

Cette carte illustre les six sous-bassins du bassin du fleuve Mackenzie : la majeure partie de l’écozone+ de la Taïga des plaines se situe dans les quatre sous-bassins les plus au nord, soit ceux de la rivière Liard, de la rivière Peel, du Grand lac des Esclaves et du Mackenzie – Grand lac de l’Ours. Le reste se situe dans les deux sou-bassins du sud, soit ceux de la rivière Athabasca et la rivière de la Paix.

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Tendances relatives à l'hydrologie du fleuve Mackenzie

Le débit annuel total du fleuve Mackenzie n’a pas changé de 1968 à 1999 et ce, malgré la forte augmentation des températures observée dans le bassin hydrographique durant la périodeRéférence 60. Cependant, des changements dans la durée et la répartition saisonnière des débits se sont produits, l’effet simple le plus marqué des changements climatiques étant la tendance à des débits de pointe hâtifs à différents endroits dans le bassin, tendance qui est corrélée avec l’augmentation des températures printanières19. Des tendances relatives à une crue printanière hâtive ont été détectées dans les analyses du fleuve Mackenzie et de ses principaux affluentsRéférence 61Référence 62 Référence 63, et ces tendances ont été corrélées avec l’augmentation de la température de l’airRéférence 62 et des oscillations climatiquesRéférence 61. La figure 12 illustre cette tendance dans la rivière Liard, tendance qui a été mesurée à Upper Crossing (Yukon), en amont de l’écozone+ de la Taïga des plaines.

Figure  12 . Tendance relative à une crue printanière hâtive dans la rivière Liard à Upper Crossing, en amont de l’écozone+de la Taïga des plaines, de 1961 à 2005.
Graphique
Source : Burn (2008)Référence 61. Reproduction autorisée par Elsevier.
Description longue pour la figure 12

Ce diagramme linéaire présente la date de la crue printanière de 1961 à 2005 dans la rivière Liard à Upper Crossing, une station de surveillance de la qualité de l’eau en amont de l’écozone+ de la Taïga des plaines. Les lignes de tendance sur 35, 40 et 45 ans de données sont similaires; elles indiquent une tendance constante vers une crue printanière de plus en plus hâtive, bien que les valeurs observées des données sur la crue printanière varient d’année en année.

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L’analyse des données hydrométriques à l’échelle du bassin hydrographique montre une tendance répandue à une augmentation des débits minimaux et des débits d’hiver dans la rivière Liard (de 1960 à 1999)Référence 62, et dans le fleuve Mackenzie, les rivières Liard, Athabasca, de la Paix, des Esclaves et Peel (de 1960 à 2000)Référence 63. L’augmentation des débits d’hiver dans la rivière Liard (de 1960 à 1999) a été attribuée en partie à l’oscillation décennale du PacifiqueRéférence 62. Elle a aussi été associée au dégel du pergélisol résultant des changements climatiquesRéférence 19.

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Tendances relatives à l'hydrologie dans l'écozone+

Indicateurs de modification des conditions hydrologiques

La présente section est fondée sur les analyses effectuées à l’échelle du Canada par Monk et Baird (2011)Référence 15 pour le rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. Les stations hydrométriques du Réseau hydrométrique de référence (RHR), grâce auquel le Canada participe au programme de surveillance des changements climatiques de l’Organisation météorologique mondialeRéférence 64, ont fait l’objet d’un examen des tendances pour un éventail de caractéristiques hydrologiques. Les variables ont été calculées pour 172 stations hydrométriques dans l’ensemble du Canada pour chaque année hydrologique (de 1970 à 2005). Les variables calculées sont des « indicateurs de modification de l’hydrologie » qui quantifient certains aspects du débit importants sur le plan de l’écologieRéférence 65. Dans l’ensemble du pays, les résultats ont été très variables. Une des principales conclusions des auteurs était que le manque de données hydrométriques continues sur une longue période au Canada (en particulier dans les écozones+ du nord) limite considérablement la capacité nationale à surveiller les tendances actuelles et à prévoir les tendances futures dans les régimes hydrologiques. De nombreuses stations ont été abandonnées, et les données de la plupart des stations de la base de données nationale portent sur moins de 18 années.

Onze stations hydrométriques dont les données convenaient à la présente analyse se trouvaient dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. Les tendances statistiquement significatives concernant les indicateurs de modification des conditions hydrologiques observées à ces stations sont résumées à la figure 13. Les tendances dans les débits mensuels ont varié, et une tendance importante à l’augmentation s’est dessinée durant les mois d’hiver à plusieurs sites. Six stations ont affiché des augmentations statistiquement significatives dans diverses mesures du débit minimal (qui survient en hiver); cinq stations ont connu une augmentation importante du débit de base (le débit minimal sur sept jours divisé par le débit annuel moyen). Peu de changements importants ont été observés dans les débits de pointe ou dans les périodes de débit maximal et de débit minimal.

L’augmentation du débit de base indique qu’une composante plus grande du débit est approvisionnée par l’eau souterraine à plusieurs des stations; cette augmentation est probablement associée à l’augmentation de la dégradation du pergélisol dans l’ensemble de la région. L’une des plus graves conséquences prévues du dégel du pergélisol est une transition entre des cours d’eau dominés par les eaux de surface et des cours d’eau dominés par les eaux souterrainesRéférence 66. Les changements dans la qualité de l’eau accompagnent l’augmentation du débit, y compris l’augmentation des concentrations des principaux ions, parce que les eaux souterraines sont plus riches en minéraux – mais les répercussions globales sur les concentrations de nutriments et sur bon nombre d’autres caractéristiques demeurent incertainesRéférence 66.

Neuf stations ont affiché des tendances à une augmentation importante du nombre de renversements des conditions hydrologiques (changements dans la direction de la tendance du débit), ce qui donne à penser à une augmentation de la variabilité du ruissellement (figure 13). Cette tendance a été observée aussi dans bon nombre des stations avoisinant l’écozone+. Les répercussions écologiques de l’augmentation de la variabilité sont notamment l’échouage d’espèces dans des parcelles d’habitat isolées (niveaux d’eau à la baisse); le piégeage d’animaux sur les îles et dans les plaines d’inondation (niveaux d’eau à la hausse); la sécheresse et le stress lié à la dessiccation pour les organismes vivant sur les bords de cours d’eau65, Référence 67; et l’effet net des changements dans les communautés riveraines.

Figure 13. Nombre de stations affichant d'importantes tendances à l'augmentation et à la diminution dans les tendances des indicateurs de modification des conditions hydrologiques pour l'écozone+ de la Taïga des plaines.

Les tendances affichées sont significatives à P < 0,1. Les paramètres de l’axe vertical renvoient au débit des cours d’eau, à l’exception de date minimale/date maximale (date en diminution signifie date hâtive et date en augmentation signifie date tardive pour le débit annuel minimal et maximal), de nombre de crues de faible intensité / de forte intensité (nombre de crues), de vitesse d’augmentation/de diminution (vitesse de changement de débit), et de renversements (nombre de renversements).

Graphique
Source : Monk et Baird (2011)Référence 15.
Description longue pour la figure 13

Ce diagramme à bandes présente le nombre de stations affichant une tendance significative (p < 0,1) à l’augmentation ou à la diminution des indicateurs de modification des conditions hydrologiques dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. Les barres à gauche de la ligne centrale dénotent des stations où cet indicateur est à la baisse, tandis que celles qui sont à droite dénotent le nombre de stations affichant une augmentation significative. La plupart des indicateurs affichent une tendance à l’augmentation dans un nombre de stations plus important, y compris un débit accru des rivières de novembre à avril et une augmentation des débits minimaux, un débit maximal plus tardif et un nombre accru de renversements. La plupart des paramètres affichent une diminution significative à deux stations ou moins, bien que la durée des crues de faible intensité et la vitesse d’augmentation du débit aient diminué à plusieurs stations.

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Tendances saisonnières observées à deux stations hydrométriques

La présente section est fondée sur les analyses effectuées à l’échelle du Canada par Cannon et al.Référence 14 pour le rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. Les tendances en matière d’hydrologie au cours des saisons (à intervalles de cinq jours) et la relation avec les tendances climatiques ont été examinées pour les écozones+ du Canada. Les analyses sont fondées sur les données climatiques et hydrologiques provenant des réseaux de surveillance d’Environnement Canada de 1961 à 2003 (utilisant par conséquent différents sous-ensembles des mêmes données comme dans l’analyse susmentionnée des indicateurs de modification des conditions hydrologiques).

Seulement deux stations qui se trouvent dans l’écozone+ de la Taïga des plaines ont des enregistrements de données qui respectent les exigences de l’étude pour la période de 1961 à 2003 : 1) la rivière au Foin, à l’endroit où elle coule vers le nord-est dans le Grand lac des Esclaves, dans les T.N.-O.; 2) la rivière Muskwa près de Fort Nelson, en Colombie-Britannique, un affluent principal de la rivière Fort Nelson, qui coule vers la rivière Liard. L’analyse ne portant que sur deux points, les résultats ne peuvent être interprétés comme s’appliquant à l’écozone+ en entier, mais ils montrent les changements hydrologiques et climatiques survenus à ces deux endroits.

La rivière au Foin et la rivière Muskwa sont des cours d’eau régis par les processus de la fonte des neiges, mais les régimes de débit annuel de ces rivières diffèrent. La rivière au Foin connaît un débit de pointe nettement marqué durant la crue printanière, alors que la rivière Muskwa affiche une crue estivale étendue avec des débits élevés durant plusieurs mois. Dans les deux rivières, les changements observés dans les variables climatiques ont été semblables, mais les réponses hydrologiques ont été différentes en raison de l’existence de processus différents de fonte des neiges dans chaque cours d’eau.

Rivière au Foin

À la station de la rivière au Foin, des augmentations de température ont été observées durant toute l’année, à l’exception de l’automne. Les températures estivales sont demeurées relativement inchangées, alors que les températures hivernales et printanières ont augmenté, l’augmentation pouvant atteindre jusqu’à 3 °C, par comparaison aux périodes de 1961 à 1982 et de 1983 à 2003. Les plus fortes précipitations ont été enregistrées en juillet, et une augmentation de 30 % s’est produite entre les deux périodes. Les précipitations ont diminué avant la pointe d’été et augmenté de façon marginale après, à l’exception de décembre. L’hydrographe (figure 14) montre que la crue printanière survient entre avril et mai. L’ampleur du débit de pointe n’a pas changé beaucoup (si on compare les moyennes des périodes de 1961 à 1982 et de 1983 à 2003). Cependant, le moment du débit de pointe est devenu un peu plus hâtif. Les débits estivaux et automnaux élevés résultaient probablement de précipitations plus fortes. Les débits d’hiver ont augmenté entre les deux périodes, en raison des hivers chauds qui ont accéléré la fonte des neiges. Monk et Baird (2011)Référence 15 ont estimé que la dégradation du pergélisol était une cause probable de l’augmentation des débits d’hiver observés dans la plupart des stations situées dans la Taïga des plaines.

Figure 14. Changements dans le débit saisonnier, rivière au Foin, comparaison des périodes de 1961 à 1982 et de 1983 à 2003.

Les mesures proviennent de la station hydrométrique 07OB001.

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Source : Cannon et al. (2011)Référence 14.
Description longue pour la figure 14

Ce diagramme linéaire comparatif des débits de la rivière au Foin indique un débit automnal et hivernal plus élevé de 1983 à 2003 que de 1961 à 1982. La crue printanière d’avril présente le même débit pour les deux périodes; l’augmentation du débit observée dans la période la plus récente se manifeste à partir du milieu de l’été.

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Rivière Muskwa

Entre les périodes de 1961 à 1982 et de 1983 à 2003, le seul changement de débit dans la rivière Muskwa a été un débit supplémentaire de 20 à 25 m3/s qui est survenu de novembre à la fin de mars (figure 15). Le changement était probablement associé à la température moyenne de l’air en hiver qui était beaucoup plus élevée durant la seconde période. À la station de la rivière Muskwa, les précipitations ont diminué en hiver et augmenté durant les autres saisons, en particulier durant le débit de pointe de juillet. Cependant, aucune relation claire n’a été observée entre les changements de précipitations observés et les changements de débit.

Figure  15 . Changements dans le débit saisonnier, rivière Muskwa, comparaison des périodes de 1961 à 1982 et de 1983 à 2003.

Les mesures proviennent de la station hydrométrique 10CD001.

Graphique
Source : Cannon et al. (2011)Référence 14.
Description longue pour la figure 15

Ce diagramme linéaire comparatif des débits de la rivière Muskwa indique une faible variation du débit entre les périodes de 1983 à 2003 et de 1961 à 1982. Le débit hivernal a été plus élevé au cours de la période la plus récente (de 1983 à 2003), de décembre à mars. Le débit de la rivière Muskwa atteint des sommets en juin et juillet, mais il est élevé d’avril à septembre.

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Constatation clé 7
La glace dans l'ensemble des biomes

Thème Biomes

Constatation clé à l'échelle nationale
La réduction de l'étendue et de l'épaisseur des glaces marines, le réchauffement et le dégel du pergélisol, l'accélération de la perte de masse des glaciers et le raccourcissement de la durée des glaces lacustres sont observés dans tous les biomes du Canada. Les effets sont visibles à l'heure actuelle dans certaines régions et sont susceptibles de s'étendre; ils touchent à la fois les espèces et les réseaux trophiques.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : Les changements dans le pergélisol, qui sont bien documentés pour cette écozone+, sont notamment l’augmentation de la température du pergélisol, des changements dans l’épaisseur de la couche active, la réduction de la zone de pergélisol continu et le dégel du pergélisol discontinu dans certaines régions. Ces changements ont entraîné des modifications dans les paysages, notamment la perte des plateaux tourbeux gelés. La rupture des glaces de rivière dans le bassin du Mackenzie a tendance à être plus hâtive; les ensembles de données présentent des lacunes tant pour les glaces de rivière que pour les glaces de lac dans l’écozone+.

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Pergélisol

Les tourbières boisées qui caractérisent une grande partie de la Taïga des plaines reposent sur divers degrés de pergélisol (figure 16) et sont vulnérables au réchauffement climatiqueRéférence 68. On observe à la fois une perte de pergélisol et à la fois un réchauffement de pergélisol. Il en résulte une zone de pergélisol continu de plus en plus petite. Une étude qui a répété, en 1988 et 1989, un relevé de pergélisol mené en 1964 le long de la route du Mackenzie, de la rivière au Foin vers le sud jusqu’en Alberta, a montré que la limite nord du pergélisol discontinu s’était déplacée vers le nord sur une distance d’environ 120 km en 26 ansRéférence 69.

Figure 16. Zones de pergélisol dans la Taïga des plaines.
Carte
Source : Smith (2011)12, fondé sur Heginbottom et al. (1995)Référence 70.
Description longue pour la figure 16

Cette carte présente la distribution des zones de pergélisol dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. La portion sud de l’écozone+ en Colombie-Britannique, en Alberta et dans le sud des T.N.-O. est classée dans la catégorie du pergélisol sporadique. La portion centrale de l’écozone, du nord du Grand lac des Esclaves jusqu’à la rive nord du Grand lac de l’Ours, est couverte de pergélisol discontinu étendu. La portion nord se compose principalement de pergélisol continu, à l’exception du delta du fleuve Mackenzie, qui présente un pergélisol discontinu étendu.

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Un réseau de surveillance du pergélisol dans la vallée du Mackenzie fournit des données sur la température du pergélisol dans la couche supérieure de 20 à 30 m. Le réseau de surveillance est alimenté par les résultats des recherches sur le pergélisol et sur les changements dans les tourbières gelées. Les tendances, du sud au nord, sont les suivantes :

  • La superficie des tourbières gelées diminue dans certaines parties du sud de la vallée du fleuve Mackenzie, la perte moyenne de superficie de tourbières gelées ayant été de 22 % à quatre sites d’étude et ce, durant la seconde moitié du XXe siècleRéférence 71.
  • Cependant, les températures du pergélisol surveillées à d’autres sites dans le centre-sud de la vallée ont peu changé (Fort Simpson et nord de l’Alberta dans la figure 17). À ces endroits, le pergélisol est probablement préservé en raison de la présence d’une couche de tourbe isolanteRéférence 72, Référence 73.
  • Les températures du pergélisol augmentent dans le centre du fleuve Mackenzie (indiqué par Norman Wells et Wrigley dans la figure 17), où le pergélisol est plus profond (pouvant atteindre une profondeur de 50 m) et plus froidRéférence 74, Référence 75.
  • Des augmentations de la température du pergélisol du même ordre, à savoir de 0,1 à 0,2 °C par décennie à une profondeur de 15 m, se sont produites depuis les années 1960 dans le pergélisol plus froid (de -2 à -3 °C) des pessières, dans le delta du Mackenzie, dans le nord de l’écozone+Référence 76, Référence 77.
Figure 17. Températures au sol dans le centre de la vallée du Mackenzie, de 1984 à 2007.

Les mesures ont été prises à des profondeurs de près de 10 m. Remarquez que la fréquence des mesures a diminué au milieu des années 1990 aux deux stations les plus au sud.

Graphique
Source : adapté de Smith et al. (2010)Référence 78.
Description longue pour la figure 17

Ce diagramme linéaire décrit les informations

Températures au sol dans le centre de la vallée du Mackenzie, de 1984 à 2007
Fort Simpson (10m)

Date
Fort Simpson (10m)

Température °C
Nord de l'Alberta (10m)

Date
Nord de l'Alberta (10m)

Température °C
Wrigley (12m)

Date
Wrigley (12m)

Température °C
Norman Wells (10m)

Date
Norman Wells (10m)

Température °C
17/07/1985-0.1519/06/1987-0.1516/07/1985-0.8421/09/1984-1.55
13/01/1986-0.1618/01/1988-0.2315/01/1986-0.8326/01/1985-1.61
15/07/1986-0.1507/07/1988-0.1717/07/1986-0.9015/07/1985-1.57
20/01/1987-0.1720/01/1989-0.2516/01/1987-0.8514/01/1986-1.61
09/07/1987-0.1615/07/1989-0.2212/07/1987-0.8518/07/1986-1.54
20/01/1988-0.1723/03/1990-0.1618/01/1988-0.9508/02/1987-1.58
06/07/1988-0.1631/07/1990-0.2108/07/1988-0.8413/07/1987-1.53
24/01/1989-0.1715/01/1991-0.2124/01/1989-0.8612/01/1988-1.57
29/06/1989-0.1515/07/1991-0.2015/07/1989-0.8709/07/1988-1.51
30/07/1990-0.1515/01/1992-0.2015/01/1990-0.8702/02/1989-1.51
30/01/1991-0.1515/07/1992-0.1715/07/1990-0.8822/08/1989-1.46
29/07/1991-0.1515/01/1993-0.1728/01/1991-0.8420/02/1990-1.42
30/07/1992-0.1615/07/1993-0.1630/07/1991-0.8214/06/1990-1.36
06/09/1994-0.1615/01/1994-0.1927/01/1992-0.8222/01/1991-1.35
17/09/1995-0.1505/09/1994-0.1615/07/1992-0.8631/07/1991-1.31
13/09/1996-0.1415/01/1995-0.1725/01/1993-0.8205/02/1992-1.31
25/09/1997-0.1416/09/1995-0.1528/07/1993-0.8217/06/1992-1.27
05/10/1998-0.1412/09/1996-0.1626/01/1994-0.8102/02/1993-1.30
05/10/1999-0.1323/09/1997-0.1615/07/1994-0.8326/07/1993-1.27
03/10/2000-0.1305/10/1998-0.1515/01/1995-0.8225/01/1994-1.26
27/09/2001-0.1304/10/1999-0.1915/07/1995-0.8230/03/1995-1.25
24/09/2002-0.1302/10/2000-0.1916/01/1996-0.7824/06/1995-1.24
28/09/2003-0.1226/09/2001-0.1916/07/1996-0.7816/01/1996-1.23
28/09/2005-0.1223/09/2002-0.1916/01/1997-0.7827/06/1996-1.24
24/09/2006-0.1227/09/2003-0.1916/07/1997-0.7816/01/1997-1.23
27/09/2007-0.13--16/01/1998-0.7816/06/1997-1.23
----16/07/1998-0.7816/01/1998-1.27
----16/01/1999-0.7616/07/1998-1.23
----16/07/1999-0.7516/01/1999-1.23
----16/01/2000-0.7503/07/1999-1.22
----16/09/2000-0.6903/03/2000-1.21
----16/01/2001-0.7716/07/2000-1.18
----25/06/2001-0.7716/01/2001-1.19
----16/01/2002-0.7516/07/2001-1.16
----16/07/2002-0.7416/01/2002-1.23
----16/01/2003-0.7516/07/2002-1.16
----16/07/2003-0.6616/01/2003-1.12
----16/01/2004-0.6316/07/2003-1.12
----16/07/2004-0.6716/01/2004-1.16
----26/09/2005-0.7216/07/2004-1.19
----16/01/2006-0.7124/09/2005-1.19
----16/07/2006-0.6716/01/2006-1.16
----01/01/2007-0.6616/07/2006-1.16
----01/07/2007-0.6301/01/2007-1.14
------01/07/2007-1.12

Aux stations les plus au nord (Wrigley et Norman Wells), les températures au sol s’élèvent graduellement depuis quelques décennies : on observe une élévation de 0,1 °C par décennie à Wrigley  et une élévation de 0,3 °C par décennie à la station de Norman Wells.

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Alors que les changements sont cohérents avec les tendances des températures de l’air observées au cours des dernières décennies, les changements dans la couverture nivaleRéférence 79, Référence 80 et dans les feuxRéférence 81 affectent aussi la vitesse de réchauffement et de dégel du pergélisol ainsi que les endroits où ces phénomènes se produisent. Il est connu que les feux peuvent déclencher un processus à long terme de décomposition du pergélisolRéférence 82, cependant, dans les tourbières dominées par les sphaignes et les tourbes, les feux soient peu fréquentsRéférence 73 et, dans les autres tourbières, les feux parviennent rarement à brûler sur une assez grande profondeur pour que leurs effets sur le pergélisol durent longtempsRéférence 83. La répartition des tourbières, les feux et l’étendue de la couverture nivale étant interreliés, la dynamique du pergélisol à l’échelle locale varieRéférence 84.

La dégradation du pergélisol a d’importantes répercussions sur les paysages, notamment la perte de plateaux tourbeux gelés. Une étude des tourbières dans le sud de la Taïga du bouclier a montré que les plateaux tourbeux gelés dans la zone actuelle de pergélisol discontinu risquent de disparaître en raison du réchauffement climatique et que les répercussions de la perte de pergélisol à l’échelle des paysages doivent être étudiées en profondeurRéférence 85.

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Glaces de rivière et de lac

Dans l’ensemble du Canada, les périodes de rupture des glaces de lac sont cohérentes avec les tendances hâtives, alors que les dates de prise des glaces affichent des tendances moins nettesRéférence 86. Cependant, peu de données sont disponibles pour les sites des lacs de l’écozone+ de la Taïga des plaines. Dans une analyse des données des mesures in situ et des observations obtenues par télédétection, de grands lacs au Canada ont connu une tendance générale à une rupture des glaces hâtive et à une prise des glaces tardive durant la période de 1970 à 2004Référence 87. Trois sites de l’écozone+ de la Taïga des plaines ont été inclus dans l’analyse. La prise des glaces est survenue beaucoup plus tard à deux des trois sites. Aucune tendance importante n’a été détectée en ce qui concerne la rupture des glaces.

Dix-sept sites de cours d’eau faisant partie du bassin du fleuve Mackenzie ont connu une rupture des glaces hâtive durant la période de 1970 à 2002, à raison d’environ une journée plus tôt par décennie dans le bassin d’amontRéférence 88. L’analyse a été fondée sur des événements hydrologiques qui correspondent à la rupture des glaces.

Le dégel printanier a été mesuré in situ aux sites du fleuve Mackenzie, à Fort Simpson, jusqu’à la fin des années 1980, année durant laquelle le programme de surveillance a été abandonné (figure 18 A). La date moyenne du dégel a progressé d’environ un mois de 1932 à 1988, la date du dégel représentant environ 60 % de la variabilité. La date du dégel printanier étant fortement associée aux températures d’avril, et les températures d’avril ayant continué à augmenter (figure 18 B), il est probable que la tendance se soit dessinée depuis 1988Référence 19. Un tel changement n’a pas été observé à l’automne, les températures automnales enregistrées à Fort Simpson n’affichant aucune tendance importanteRéférence 19.

Figure 18. (A) Date de dégel estimée dans le fleuve Mackenzie, de 1932 à 1988; et (B) moyenne mobile des températures d’avril sur cinq ans, de 1900 à 2005, Fort Simpson.
Graphique
Source : Conseil du bassin du Mackenzie, 2010Référence 19, fondé sur les données d’Environnement Canada.
Description longue pour la figure 18

Ces nuages de points illustrent la date de dégel estimée dans le fleuve Mackenzie, de 1932 à 1988, et la moyenne mobile des températures d’avril sur cinq ans à Fort Simpson de 1900 à 2005. La date de dégel du fleuve Mackenzie (diagramme A) présente une tendance significative à la précocité, l’écart observé étant de près d’un mois. La moyenne mobile sur cinq ans des températures d’avril affiche une hausse significative au cours du dernier siècle, passant de –4 °C à environ –1 °C (diagramme B).

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Thème : Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé 8
Aires protégées

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
La superficie et la représentativité du réseau d’aires protégées ont augmenté ces dernières années. Dans bon nombre d’endroits, la superficie des aires protégées est bien au-delà de la valeur cible de 10 % qui a été fixée par les Nations Unies. Elle se situe en deçà de la valeur cible dans les zones fortement développées et dans les zones océaniques.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : En 2009, 5,6 % de l’écozone+ était très protégé, la plus grande aire protégée étant de loin le parc national du Canada Wood Buffalo, établi en 1922. De 1922 jusqu’au début des années 2000, peu de changements ont été apportés aux aires protégées; par la suite, plusieurs aires protégées, le plus souvent d’une assez petite superficie, ont été établies. Des aires protégées candidates ont été définies dans la vallée du Mackenzie en réponse au projet de construction d’un pipeline. Le but est de maintenir l’intégrité écologique en protégeant de manière permanente les aires assez peu perturbées et l’habitat important pour les espèces sauvages qui pourraient être gérés comme un réseau pour fournir le plus possible de connectivité entre ces sites.

Dans le nord du Canada, des aires protégées sont prévues et gérées afin de sauvegarder les aires importantes sur le plan culturel et de maintenir la biodiversité et les processus écologiquesRéférence 89. Dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, la superficie des aires protégées a peu changé de 1922 au début des années 2000. Le règlement de certaines revendications territoriales dans l’écozone+ et la sensibilisation de plus en plus grande à l’égard du besoin de protection d’aires protégées en raison de l’exploitation du pétrole et du gaz ont mené à des études et des plans concernant les aires protégées dans la partie de l’écozone+ qui se trouve dans les Territoires du Nord-OuestRéférence 90 Référence 91 ; ainsi, de nouvelles aires protégées ont été établies à compter du début des années 2000. Dans les parties de l’écozone+ qui se trouvent en Colombie-Britannique et en Alberta, la superficie des aires protégées est petite, à l’exception de celle du parc national Wood Buffalo. Par exemple, l’aire protégée de la rivière au Foin, un parc provincial de Colombie-Britannique d’une superficie de 23 km2 (dans le nord-est de la Colombie-Britannique à la figure 19), protège les fondrières et les milieux humides à épinettes noires revêtant une importance culturelle pour les Premières Nations dans la région de Fort Nelson.

En matière de planification des aires protégées dans le nord du Canada au cours des dernières années, l’approche vise l’intégrité écologique par la conception d’aires protégées qui répondent aux besoins d’espèces sensibles et le maintien des processus écologiquesRéférence 89. Dans la vallée du Mackenzie, cette approche nécessite de relier les corridors utilisés par les animaux sauvages pour établir un réseau d’aires protégéesRéférence 91. Les zones tampons y contribuent en partie, car ce sont des zones de transition entre les aires protégées principales et les terres et les eaux qui peuvent faire l’objet de développementRéférence 92, Référence 93.

État

Dans l’ensemble, 5,6 % de l’écozone+ était protégé en 2009 par 28 aires protégées des catégories I-III de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la plus grande aire protégée étant de loin le parc national du Canada Wood Buffalo, qui a été établi en 1922 (figure 19 et figure 20). La deuxième plus grande aire protégée est le Caribou Mountains Wildland Park, réserve naturelle de l’Alberta qui a été établie en 2001 et qui est adjacente au parc national du Canada Wood Buffalo. Les catégories I-III de l’UICN englobent les réserves naturelles, les réserves fauniques nationales, les zones de nature sauvage ainsi que les autres parcs et réserves établis pour la conservation des écosystèmes et du patrimoine naturel et culturelRéférence 94. De plus, 22 km2 de l’écozone+ (< 0,01 %) sont protégés par trois aires protégées de catégories V et VI, qui visent à préserver l’utilisation durable du territoire aux fins des traditions culturelles établiesRéférence 94. Dix-huit aires protégées non classées dans les catégories de l’UICN protègent un autre 1,4 % de l’écozone+. Les aires protégées de Sahyoue et d’Edacho sont les plus récentes; elles ont été établies en 2009.

Figure 19. Aires protégées dans l'écozone+ de la Taïga des plaines.
Carte
Source : Environnement Canada, 2009Référence 95; données provenant du Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC), v.2009.05, 2009Référence 96
Description longue pour la figure 19

Cette carte indique l’emplacement des aires protégées dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. La vaste aire protégée à l’angle sud-est de l’écozone+ est le parc national du Canada Wood Buffalo, qui s’étend à l’extérieur de l’écozone+ jusqu’en Alberta. Les autres grands aires protégées sont les aires d’Edéhzhíe et de Sahyoue et Edacho, dans la partie centrale de l’écozone+, et la zone de conservation du patrimoine du Gwich’in Land Use Plan au nord. Plusieurs zones de conservations plus petites sont dispersées à l’angle sud-ouest de l’écozone+.

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Figure 20. Augmentation de la superficie des aires protégées, écozone+ de la Taïga des plaines, de 1922 à 2009.

Données fournies par les compétences fédérales, territoriales et provinciales, à jour en mai 2009. Seules les aires protégées par la loi sont incluses. Les catégories d’aires protégées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) sont fondées sur les principaux objectifs de gestion (voir le texte pour plus d’informations). Les noms des grandes aires protégées ainsi que l’année de leur établissement sont indiqués. Remarque : la catégorie « non classifié », en jaune, représente les aires protégées pour lesquelles la catégorie de l’UICN n’a pas été fournie.

Graphique
Source : Environnement Canada, 2009Référence 95; données provenant du Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (SRSAC), v.2009.05, 2009Référence 96
Description longue pour la figure 20

Ce diagramme à bandes indique les informations suivantes :

Augmentation de la superficie des aires protégées, écozone+de la Taïga des plaines, de 1922 à 2009.
Année de l'establissement de la protectionSuperficie protégée cumulative (km2) Catégories I-III de l'UICNNon classifié
1922 - 197223 9370
1973 - 197423 9400
197523 9410
1976-198223 9420
1983 - 198523 9480
1986 - 199324 1810
1994 - 199524 4530
1996 - 199824 5720
1999 - 200025 4060
2001 - 200232 1830
2003 - 200432 1832 763
2005 - 200833 5582 763
200933 5588 263

Le graphique indique l’année de création des parcs nationaux associés à la plus grande partie des augmentations entre 1922 et 2009. Le parc national du Canada Wood Buffalo  a été créé en 1922, la Caribou Mountains Wildland en 2001, l’aire de conservation du lac Travaillant, du fleuve Mackenzie et de la rivière Tree en 2003, l’aire protégée d’Edéhzhíe en 2005 et l’aire protégée de Sahyoue et Edacho en 2009.

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Les valeurs culturelles et les valeurs relatives aux espèces sauvages sont représentées dans les aires protégées de la Taïga des plaines qui sont proposées dans la stratégie des aires protégées des Territoires du Nord-Ouest. Les aires protégées ont été définies dans un plan quinquennal portant sur la vallée du Mackenzie afin d’accélérer la sélection de certaines aires en raison du projet de gazoduc MackenzieRéférence 90. Les aires protégées sont proposées aussi pour atténuer certaines préoccupations en matière de conservation de la biodiversité. Par exemple, la zone de conservation du Grand lac à l’Ours (Edaį́į́la), qui est incluse dans le plan d’utilisation des terres du Sahtu proposé, vise à protéger certaines parties des aires de répartition estivale, automnale et hivernale de la harde de caribous Bluenose-estRéférence 97, alors que la zone de conservation Edéhzhíe vise à protéger un habitat important pour les oiseaux migrateurs{13103}.Référence 91

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Constatation clé 9
Intendance

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Les activités d'intendance au Canada, qu'il s'agisse du nombre et du type d'initiatives ou des taux de participation, sont à la hausse. L'efficacité d'ensemble de ces activités en ce qui a trait à la préservation et à l'amélioration de la biodiversité et de la santé des écosystèmes n'a pas été entièrement évaluée.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : Dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, l’intendance est associée aux valeurs culturelles et spirituelles des Autochtones et intégrée dans la planification de l’utilisation des terres au moyen, notamment, des plans de conservation communautaires. Les partenariats public-privé et les initiatives nationales et internationales contribuent aussi à l’intendance d’écosystèmes.

Planification, cogestion et connaissances traditionnelles

Dans la Taïga des plaines, l’intendance nécessite la participation des Autochtones qui sont engagés dans les activités d’intendance en raison de leurs valeurs culturelles et spirituelles. Ces valeurs sont intégrées dans la planification de l’utilisation des terres qui requiert l’élaboration de plans de conservation communautaires. Dans la vallée du Mackenzie, la planification de l’utilisation des terres vise quatre accords sur les revendications territoriales (Inuvialuit, Gwich’in, Sahtu et Tlicho) ainsi que l’entente sur les mesures provisoires des Deh Cho. La Loi sur la gestion des ressources de la vallée du Mackenzie (LGRVM) s’applique aux Gwich’in, aux Dénés du Sahtu et aux Métis, mais ne s’applique pas à la région désignée des Inuvialuit (RDI). La LGRVM établit le cadre de planification de l’utilisation des terres par le biais des conseils de gestion des terres et des eaux de la région et de l’ensemble de la vallée.

Une caractéristique importante de l’intendance dans l’écozone+ de la Taïga des plaines est l’intégration des connaissances traditionnelles autochtones (CTA) dans les conseils de cogestion et les organismes de réglementation (voir par exemple, Office des ressources renouvelables des Gwich’in [2012]Référence 98), les évaluations environnementales (voir par exemple, Conseil du bassin du Mackenzie [2010]Référence 19), et les activités de recherche et de surveillance (voir par exemple, Eamer [2006]Référence 99 et Woo et al. [2007]Référence 100). Une grande partie des efforts ont porté sur l’élaboration de manières d’intégrer les CTA dans la prise de décisions visant la Taïga des plaines (voir par exemple, Office d’examen des répercussions environnementales de la vallée du Mackenzie [2005]Référence 101). Selon une évaluation de l’efficacité de l’utilisation des CTA menée par l’Office d'examen des répercussions environnementales de la vallée du Mackenzie, même si l’office a fait des efforts substantiels et sincères pour intégrer les CTA dans ses pratiques, sa capacité a été limitée sur le plan de la pleine intégration des connaissances en raison de l’existence de questions réglementaires complexesRéférence 102.

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Partenariats public privé

De plus, des initiatives d’intendance sont menées dans le cadre de partenariats public-privé. À la fin des années 1990, Canards Illimités, organisation internationale sans but lucratif, reconnaissant l’importance de la forêt boréale de l’ouest pour les oiseaux aquatiques, met sur pied un programme d’intendance qui visait à conserver les milieux humidesRéférence 103. Le programme prévoit la cueillette de données de base sur l’habitat des oiseaux aquatiques, y compris des relevés des oiseaux aquatiques, la cartographie de l’habitat et des analyses de la qualité de l’eau, ainsi que des recherches pour combler les lacunes en matière de connaissances. Les données recueillies servent à l’établissement de priorités en matière de conservation, par le biais de la gestion de l’utilisation des terres et des pratiques en la matière et de l’établissement d’aires protégées, avec comme objectif de créer des aires de milieux humides interreliées. Le projet prévoit, le cas échéant, une collaboration avec le secteur industriel afin d’élaborer des pratiques industrielles pour préserver l’habitat des oiseaux aquatiquesRéférence 103.

Quatre initiatives de Canards Illimités visant les milieux humides de la forêt boréale sont menées dans la Taïga des plaines; elles ont été élaborées dans le cadre de partenariats avec l’industrie forestière (en Colombie-Britannique), des organismes gouvernementaux, les conseils de gestion des Premières Nations et des Inuvialuit et les conseils des ressources renouvelables, des universités et des fondations privées. Les projets menés dans la Taïga des plaines sont les suivants (figure 21) :

  • Fort Nelson : 35 000 km2; les partenaires sont l’industrie forestière et le ministère des Forêts de la Colombie-Britannique;
  • Sahtu : 32 000 km2; les rapports ont été complétés en 2003; les partenaires sont le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest et le Conseil des ressources renouvelables du Sahtu;
  • Cours intermédiaire du fleuve Mackenzie : 52 000 km2; les partenaires sont les Conseil des ressources renouvelables des Gwich’in et le Conseil des ressources renouvelables du Sahtu et le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest;
  • Cours inférieur du fleuve Mackenzie : 3,4 millions d’hectares; les partenaires sont les conseils et les comités des ressources renouvelables pour les Inuvialuit et les Gwich’in, ainsi que le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest.
Figure 21. Emplacement de quatre projets d'aménagement de milieux humides dans la forêt boréale de l'ouest menés par Canards Illimités.

L'écozone de la Taïga des plaines (classification de 1995) est indiquée par la couleur grise.

Carte
Source : Canards Illimités Canada (2012)Référence 104.
Description longue pour la figure 21

Cette carte indique l’emplacement de quatre projets d’aménagement de milieux humides dans la forêt boréale menés par Canards Illimités Canada dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. Les projets d’aménagement du cours inférieur et du cours supérieur du fleuve Mackenzie sont situés dans le delta du Mackenzie, dans la partie nord-ouest de l’écozone+. Le projet de Sahtu est situé à l’ouest du Grand lac de l’Ours, tandis que le projet de Fort Nelson est situé à l’angle sud-ouest de l’écozone+, en Colombie-Britannique.

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Initiatives nationales et internationales contribuant à l'intendance dans la Taïga des plaines

À l’échelle nationale et internationale, il existe plusieurs plans de gestion et de conservation de l’habitat qui sont pertinents, en particulier pour les oiseaux. Ces plans servent à définir les aires à désigner comme aires protégées, y compris les sites Ramsar (voir la constatation clé relative aux milieux humides). Wiken et al. (2006)Référence 105 ont estimé qu’environ 6 % des 166 487 km2 de milieux humides de la Taïga des plaines (au moyen de la classification des écozones de 1995Référence 5) est protégé par des parcs nationaux. Le Plan nord-américain de gestion de la sauvagine, signé en 1986 et en 1993 par les gouvernements du Canada, des États-Unis et du Mexique à la suite de la perte de milieux humides et des déclins des populations d’oiseaux aquatiques, a été mis à jour en 2004 et en 2007Référence 106 afin d’y inclure les terres soustraites à l’aliénation de manière provisoire pour les aires protégées dans la vallée du Mackenzie.

Parmi les autres initiatives visant à ralentir les déclins des populations d’oiseaux, des partenariats volontaires tels que Partenaires d’envolRéférence 107 et l’Initiative de conservation des oiseaux de l’Amérique du NordRéférence 108 ont été mis en place et ont permis d’élaborer des ébauches de plans de gestion afin d’établir l’ordre des priorités en matière de conservation et de dresser la liste des mesures à prendre (par exemple, les plans des régions physiographiques de Partenaires d’envol, le Plan nord-américain de conservation des oiseaux terrestres et le Plan-cadre pour la conservation des oiseaux terrestres au Canada). Bien que ces initiatives ne comportent aucune disposition contraignante, elles peuvent contribuer à la détermination et à l’établissement de priorités en matière d’aires de conservation.

En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), l’habitat essentiel doit être défini pour les espèces sauvages en voie de disparition ou menacées dont font partie, dans la Taïga des plaines, le caribou des bois (population boréale). En 2012, l’habitat essentiel du caribou boréal a été défini dans le Programme de rétablissement du caribou des bois (Rangifer tarandus caribou), population boréale, au CanadaRéférence 109.

Constatation clé 10
Espèces non indigènes envahissantes

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Les espèces non indigènes envahissantes sont un facteur de stress important en ce qui concerne le fonctionnement, les processus et la structure des écosystèmes des milieux terrestres, des milieux d'eau douce et d'eau marine. Leurs effets se font sentir de plus en plus à mesure que leur nombre augmente et que leur répartition géographique progresse.

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Constatation clé à l’échelle écozone+ : Il existe un certain envahissement d’espèces de plantes non indigènes, en particulier le long des routes, dans la Taïga des plaines, mais seulement quelques espèces y sont modérément envahissantes. Par ailleurs, la tanthrède du mélèze, insecte forestier non indigène envahissant, s’est répandue dans l’écozone+, et la région a connu d’importantes infestations dans les années 1990. L’accès accru, le développement et les changements climatiques sont responsables de l’augmentation du taux d’introduction et de propagation d’espèces non indigènes dans les milieux terrestres et aquatiques.

Les espèces envahissantes non indigènes ne constituent pas actuellement une menace importante pour la biodiversité dans l’écozone+. Cependant, la situation pourrait changer avec l’introduction et la propagation d’espèces non indigènes associées au développement accru et aux changements climatiquesRéférence 110. Les déplacements routiers sont l’une des voies d’introduction les plus importantes d’espèces non indigènes dans l’écozone+Référence 111. Les espèces non indigènes s’établissent généralement lorsque les écosystèmes ont été perturbés, ce qui crée des niches que les nouvelles espèces peuvent exploiter. Tant un moyen de déplacement que la perturbation des écosystèmes sont habituellement nécessaires pour que les espèces envahissantes s’établissent dans les écosystèmes terrestres continentaux. Dans des milieux isolés, comme les lacs et les îles, un moyen de déplacement peut être suffisant. Les routes demeurent rares dans la majeure partie de l’écozone+, mais le nombre de routes augmentera probablement avec les projets de développement proposés, ce qui fera augmenter le risque associé aux espèces envahissantes non indigènes pour le biote de l’écozone+Référence 111.

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Plantes

Environ 10 % des espèces végétales des Territoires du Nord-Ouest ne sont pas indigènes à la région; cette proportion est comparable à celle d’autres territoires du nord et de l’ouest, et seulement quelques espèces non indigènes sont modérément envahissantesRéférence 110. En 2010, 116 espèces végétales non indigènes ont été identifiées dans les Territoires du Nord-Ouest, la plupart près de collectivités ou le long d’entités linéaires, comme les routes et les bandes défrichées. Le mélilot jaune (Melilotus officinalis) et le mélilot blanc (M. alba), qui se sont propagés le long des cours d’eau de l’Alaska et du YukonRéférence 112, sont présents vers le nord aussi loin qu’Inuvik mais ne semblent pas s’être propagés au delà des collectivités et des routes, du moins dans les Territoires du Nord-Ouest.

En Colombie-Britannique, la zone de gestion des plantes envahissantes de Fort Nelson affiche la plus faible incidence d’espèces de plantes envahissantes dans la province. Les espèces non indigènes ont été identifiées et classées selon leur statut actuel ou selon qu’elles risquent d’entrer dans la région. Il y a 12 espèces ou groupes d’espèces apparentées dans le nord-est de la Colombie-Britannique qui sont classées comme très compétitives et qui ont la capacité de se propager rapidement. Ces espèces comprennent les épervières (Hieracium spp.), la cynoglosse officinale (Cynoglossum officinale) et les centaurées (Centaurea spp.)Référence 113.

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Ravageurs forestiers

Quelques insectes ravageurs forestiers non indigènes ont été introduits dans la Taïga des plaines, y compris la tenthrède du mélèze (Pristiphora erichsonil), une espèce européenne. La présence de la tenthrède du mélèze a été signalée pour la première fois dans l’ouest du Canada dans les années 1930, puis l’insecte s’est propagé vers le nord et a atteint la région de Fort Nelson en 1952Référence 114. Il a continué à se propager vers le nord, s’attaquant aux peuplements de mélèze dans le sud de la partie des T.N.-O. située dans la Taïga des plaines depuis la fin des années 1960Référence 115. L’infestation de tenthrède du mélèze, apparue au milieu des années 1990, a endommagé les mélèzes dans la zone de South Slave et s’est déplacée rapidement vers l’ouest et le nord. L’infestation n’a duré qu’une année dans la région de la rivière au Foin, mais a persisté dans la région de Norman Wells durant environ sept à huit ans, mais le taux de défoliation a été moins élevé dans cette dernière régionRéférence 115. L’infestation qui s’est produite dans le nord-ouest de l’Alberta, de 1996 à 1999, a défolié de grandes parcelles de mélèzesRéférence 114.

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Espèces aquatiques

La structure des communautés d’un plan d’eau influe sur la chance d’établissement d’une espèce non indigèneRéférence 116. Les milieux aquatiques de la Taïga des plaines peuvent être particulièrement vulnérables aux espèces envahissantes car on y trouve relativement peu d’espèces. Dans l’est de l’Amérique du Nord, l’augmentation de la température de l’eau fait déplacer vers le nord l’aire de répartition de certaines espèces de poissons : par exemple, l’achigan à petite bouche (Micropterus dolomieu), une espèce prédatrice qui a changé les assemblages d’espèces et, par conséquent, les réseaux trophiquesRéférence 117. Les eaux plus chaudes de la Taïga des plaines offriront probablement aussi des conditions propices aux espèces non indigènes introduites depuis le sud de l’écozone+, et la répartition des espèces aquatiques sera modifiée, ce qui aura des répercussions sur les réseaux trophiques.

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Constatation clé 11
Contaminants

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Dans l'ensemble, les concentrations d'anciens contaminants dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine ont diminué au cours des 10 à 40 dernières années. Les concentrations de beaucoup de nouveaux contaminants sont en progression dans la faune; les teneurs en mercure sont en train d'augmenter chez certaines espèces sauvages de certaines régions.

Les concentrations de certains anciens contaminants ont diminué dans les poissons de l’écozone+, mais les tendances ne sont ni claires ni régulières; par exemple, au cours des dernières années, les concentrations de DDT ont augmenté dans la lotte du fleuve Mackenzie. D’après certaines données d’échantillonnage limitées, les concentrations de produits ignifuges bromés ont augmenté abruptement dans les poissons jusqu’au milieu des années 2000, puis ont baissé. Les concentrations de mercure sont naturellement élevées dans le bassin du Mackenzie et ont augmenté dans les poissons, y compris dans le fleuve Mackenzie et le Grand lac des Esclaves dans l’écozone+. Des modifications touchant l’écologie aquatique associées aux changements climatiques peuvent soit accentuer soit masquer les tendances de certains contaminants.

Les contaminants sont des substances qui sont introduites dans l’environnement en raison des activités humaines. Certains contaminants, comme le mercure, sont présents à l’état naturel mais, en raison des activités humaines, leurs concentrations peuvent augmenter à des niveaux qui pourraient être nuisibles pour les écosystèmes et les humains. Les contaminants peuvent être nuisibles pour les espèces et les écosystèmes et entraver les services écosystémiques. Lorsque les contaminants sont présents dans les aliments, ils peuvent affecter directement les animaux en nuisant à la reproduction. Ils peuvent aussi devenir un risque pour la santé des humains qui dépendent des animaux qui accumulent des contaminants pour se nourrir – en particulier les Autochtones, dont le régime alimentaire dépend largement de mammifères et de poissons marinsRéférence 118. La présente constatation clé ne porte que sur les contaminants qui persistent dans l’environnement et qui s’accumulent dans les tissus végétaux et animaux.

Les polluants organiques persistants entrent dans l’atmosphère par l’évaporation ou par les émissions industrielles et retournent à la surface de la Terre après avoir parcouru de grandes distances. Ils se déposent ensuite dans les précipitations ou les petites particules de poussière auxquelles ils s’attachent, puis tombent sur la neige, la glace, les roches et la végétation. À la fonte des neiges, l’eau transporte les particules et les polluants jusqu’aux écosystèmes aquatiques.

Les anciens contaminants sont les contaminants dont l’utilisation a été interdite ou limitée mais qui sont encore répandus dans l’environnement. Plusieurs polluants organiques persistants, y compris le pesticide DDT et les produits chimiques industriels BPC et HCH, sont considérés comme des anciens contaminants.

Les nouveaux contaminants sont des contaminants récents, ou des substances qui ont été utilisées durant un certain temps et qui ont été détectées récemment dans l’environnement – habituellement les nouveaux contaminants sont encore utilisés ou seulement partiellement réglementés. Même si l’utilisation de ces substances est interdite ou limitée, certaines d’entre elles persistent à des concentrations qui peuvent nuire à la santé animale dans certaines populations de prédateurs supérieurs vivant longtempsRéférence 3. Les composés ignifuges bromés, par exemple les PBDE, forment une classe de nouveaux contaminants qui ont été détectés dans l’environnement, même dans des endroits éloignés, à des concentrations de plus en plus grandes depuis le milieu des années 1980. Les concentrations de certains composés ignifuges bromés se sont stabilisées ou ont diminué au cours des dernières années en raison de l’adoption de nouveaux règlements et de la réduction de leur utilisationRéférence 118. Parmi les autres nouveaux contaminants, mentionnons certains pesticides et herbicides utilisés actuellement.

Le mercure est un autre contaminant qui peut s’accumuler dans les espèces sauvages. Une grande partie du mercure qui est présent dans les systèmes marins et d’eaux douces provient de sources industrielles comme la combustion du charbon – et les rejets de mercure sont de plus en plus importants dans certaines régions du mondeRéférence 119. Les concentrations de mercure dans les animaux sont très variables et les tendances du mercure sont mélangéesRéférence 118.

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Le mercure dans le bassin du fleuve Mackenzie

Le mercure dans le bassin du fleuve Mackenzie a été au centre d’une étude menée au cours des dernières années en raison notamment des concentrations de plus en plus élevées de mercure qui sont détectées dans les mammifères marins de la mer de Beaufort, ainsi que de la détection de concentrations assez élevées de mercure dans les poissons dans le nord du bassinRéférence 120. Carrie et al. (2012)Référence 120 ont estimé que les sources de mercure dans le fleuve Mackenzie étaient les suivantes :

  • l’altération des minéraux sulfurés dans les montagnes, dans l’ouest du bassin (environ 78 % du flux de mercure total);
  • l’érosion de dépôts de charbon (environ 10 %);
  • les dépôts atmosphériques (environ 6 %);
  • le mercure lié à la matière organique (environ 5 %).

L’ensemble du mercure n’est pas disponible de manière égale pour le biote; cependant, et bien que cela se produise pour des fractions relativement petites, le mercure déposé depuis l’atmosphère et le mercure lié à la matière organique peuvent se déplacer vers le réseau trophique plus rapidement que le mercure provenant d’autres sourcesRéférence 120. Les concentrations de mercure sont amplifiées dans le réseau trophique, et les concentrations détectées dans certains poissons prédateurs dans de nombreux lacs du bassin dépassent parfois les recommandations de Santé CanadaRéférence 59.

Au cours des 35 dernières années, les rejets de mercure dans le fleuve Mackenzie ont augmenté, ce qui a fait augmenter directement la quantité de mercure rejetée dans la mer de Beaufort par une petite fractionRéférence 121, Référence 122. De plus, les hauts niveaux d’eau érodent les berges, ce qui contribue à faire augmenter la sédimentation et les charges de mercure. L’augmentation des feux de forêts, qui constitue l’une des répercussions prévues du réchauffement planétaire, fera probablement augmenter le ruissellement du mercure vers le fleuve Mackenzie, parce que la majeure partie du mercure des dépôts atmosphériques s’accumule dans la matière organique de la couche supérieure du sol qui est exposée à l’érosion après un feuRéférence 122.

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Tendances relatives au mercure et aux polluants organiques persistants dans la Taïga des plaines

Les concentrations de mercure ont augmenté dans le touladi et la lotte de l’est et de l’ouest du Grand lac des Esclaves, de 1992 à 2008 (figure 22). Les concentrations d’anciens contaminants sont généralement à la baisse dans les poissons du Grand lac des Esclaves (représentées par les concentrations de HCH dans la figure 22); cependant, aucune tendance nette des concentrations de BPC n’y a été décelée de 1992 à 2007. Les changements dans l’écologie et la structure trophique des poissons du Grand lac des Esclaves peuvent accentuer ou masquer les tendances des contaminants. Par exemple, les contaminants organiques s’accumulent davantage dans les tissus adipeux, et les concentrations dans les tissus adipeux du touladi ont diminué au cours des dernières années. Cette réduction des concentrations dans les tissus adipeux peut être associée aux changements dans les effectifs relatifs de différentes espèces du lac ou aux changements dans l’écologie du lacRéférence 123.

Figure 22. Tendances des concentrations de mercure, de BPC et de HCH dans le touladi et la lotte du Grand lac des Esclaves, de 1992 à 2008.

Le bras de l’est du Grand lac des Esclaves se trouve dans l’écozone+de la Taïga du bouclier. Le bassin ouest du lac se trouve dans l’écozone+de la Taïga des plaines; les échantillons ont été prélevés dans la région de la rivière au Foin.

Graphiques
Source : fondé sur les données d’Evans (2009)Référence 123.
Description longue pour la figure 22

Ces trois nuages de points montrent les informations suivantes :

Tendances des concentrations de mercure, de BPC et de HCH dans le touladi et la lotte du Grand lac des Esclaves, de 1992 à 2008. Hg (mercure) ng/g
AnnéeTouladi du basin ouestTouladi du bras de l'estLotte du basin ouestLtte du bras de l'est
1993----
1994----
1995-117,50--
1996--82,00-
1997----
1998----
1999108,32143,44108,4883,87
2000-259,90134,82116,30
2001195,90152.84182.13122,04
2002156,60131,46157,40118,07
2003----
2004166,30152,40178,50171,40
2005179,80191,50114,60-
2006206,50160,80158,30-
2007207,00194,45240,40-
2008269,00189,09252,90189,00
Tendances des concentrations de mercure, de BPC et de HCH dans le touladi et la lotte du Grand lac des Esclaves, de 1992 à 2008. ∑PCB (polychlorbiphényles) ng/g
AnnéeTouladi du basin ouestTouladi du bras de l'estLotte du basin ouestLotte du bras de l'est
199313,8525,0974,52138,44
1994----
1995-20,86--
1996--96,43-
1997----
1998----
199927,5714,41118,2780,37
2000-16,68167,50127,50
200111,0125,63180,45125,90
20023,007,3683,43112,25
2003----
200417,3329,42101,06173,79
200515,2349,8671,69-
200617,3017,6464,05-
20077,4625,63--
2008----
Tendances des concentrations de mercure, de BPC et de HCH dans le touladi et la lotte du Grand lac des Esclaves, de 1992 à 2008. ∑HCH (hexachlorocyclohexane) ng/g
AnnéeTouladi du basin ouestTouladi du bras de l'estLotte du basin ouestLotte du bras de l'est
19932,022,626,5410,76
1994----
1995-0,96--
1996--7,07-
1997----
1998----
19993,000,755,063,04
2000-0,856,118,12
20011,641,525,847,37
20020,480,582,686,49
2003----
20040,721,181,342,61
20050,210,482,57-
20060,180,261,56-
20070,180,37--
2008----

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La lotte, qui a tendance à accumuler les contaminants organiques dans son grand foie gras, a fait l’objet d’un échantillonnage à Fort Good Hope, dans la vallée du fleuve Mackenzie, depuis les années 1980. Le foie de lotte est un aliment privilégié pour les Premières Nations et les Inuvialuit de l’écozone+.

Depuis les années 1980, les concentrations de mercure ont presque doublé dans les muscles de la lotte (figure 23) et ont augmenté un peu plus dans le foie (non illustré). Aucune corrélation significative n’ayant été mesurée entre l’âge du poisson ou la longueur du poisson et les concentrations de mercure, les tendances ne sont pas associées aux différences entre les échantillons. La concentration moyenne pour l’ensemble de la période était de 343 ng/g dans les muscles, et la concentration moyenne maximale de l’échantillon était de 420 ng/g en 2007, ce qui s’approche de la concentration maximale recommandée de mercure dans le poisson destiné à des fins commerciales, qui est de 500 ng/g (plus souvent exprimé comme 0,5 partie par million [ppm]), mais ne la dépasse pas. Les concentrations de mercure dans le foie étaient beaucoup plus faibles, atteignant en moyenne 86 ng/g. Alors que les concentrations des anciens contaminants HCH ont diminué durant la période d’échantillonnage (non illustré), les concentrations de DDT ont continué à augmenter, contrairement à la tendance générale observée dans le nord canadien. Aucune tendance nette n’a été détectée en ce qui a trait aux BPC. Les concentrations de PBDE (produits ignifuges bromés) ont augmenté de manière significative au cours de la période de 20 ans, et ont diminué au cours des deux plus récentes années d’échantillonnage.

Figure 23. Concentrations de contaminants dans la lotte, fleuve Mackenzie, à Fort Good Hope.

Renseignements sur les échantillons : tissu musculaire pour le mercure (mâles); tissu hépatique pour les organochlorés (deux sexes combinés, poids de lipides); foie pour les PBDE, sexes combinés, poids net. Congénères des PBDE analysés pour les échantillons 47, 99, 100, 153 et 154.

Graphiques
Source : fondé sur les données de Stern (2009)Référence 124.
Description longue pour la figure 23

Ces deux diagrammes linéaires indiquent les informations suivantes :

Concentrations de contaminants dans la lotte, fleuve Mackenzie, à Fort Good Hope. Concentration (ng/g).
Annéemercure total,
muscle de lotte
somme des BPC,
foie de lotte
DDT total,
foie de lotte
somme des congénères des PBDE,
foie de lotte
1985222---
1986----
1987----
1988-206,0557,340,40
1989----
1990----
1991----
1992----
1993231---
1994-168,861,55-
1995265---
1996----
1997----
1998----
1999286148,8553,581,48
2000345137,552,981,34
2001342138,1927,52-
2002297162,6795,621,57
2003336113,9957,272,60
2004413257,46168,22-
2005301103,4769,121,73
2006389151,22112,75,18
2007420129,2143,952,03
2008410283,38102,710,94
2009----
2010----

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Selon une étude de l’habitat de la lotte dans le fleuve Mackenzie, à proximité de Fort Good HopeRéférence 125, les tendances à l’augmentation des concentrations de mercure dans la lotte sont peut-être associées à l’augmentation de la productivité dans le milieu aquatique en raison des changements climatiques; en effet, les contaminants se déplacent plus rapidement dans les réseaux trophiques lorsque la productivité est élevée. La conclusion est soutenue par les travaux de Sanei et al. (2012)Référence 126, qui ont examiné les tendances à long terme des concentrations de mercure dans les sédiments des lacs du delta du Mackenzie. Les résultats de ces travaux donnent à penser que l’augmentation de la productivité du phytoplancton peut mener à une augmentation des concentrations de mercure dans les sédiments lacustres – ce qui signifie que l’augmentation des concentrations de mercure dans le biote n’est peut-être pas seulement le résultat de l’augmentation des dépôts atmosphériques de mercure.

Constatation clé 14
Changements climatiques

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
L'élévation des températures partout au Canada ainsi que la modification d'autres variables climatiques au cours des 50 dernières années ont eu une incidence directe et indirecte sur la biodiversité dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : L’écozone+de la Taïga des plaines a connu certaines des plus fortes augmentations de température depuis 1950 et ce, pour toute région canadienne – avec une augmentation moyenne annuelle de plus de 2 °C et une augmentation de la température hivernale d’environ 5 °C dans l’ensemble des stations depuis 1950. Le réchauffement s’est traduit par certaines tendances nettes dans les écosystèmes, comme les changements dans les paysages façonnés par le pergélisol et l’augmentation de la productivité primaire terrestre. Selon certaines indications, d’autres nouvelles tendances liées au climat se dessinent, comme le déplacement vers le nord de certains insectes ravageurs forestiers.

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Tendances observées depuis 1950

La température annuelle moyenne a augmenté d’environ 1,4 °C depuis 1950 à l’échelle du pays, mais l’augmentation de la température varie d’une écozone+ à l’autre.Référence 9 Le réchauffement le plus prononcé s’est produit dans l’ouest et le nord-ouest du Canada, et la température annuelle moyenne a augmenté de plus de 2 °C dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. Pour ce qui est des  saisons, il n’y a eu augmentation de la température qu’en hiver et au printemps. La tendance au réchauffement a été accompagnée par des changements touchant la neige et le prolongement de la saison de croissance.

Les résultats concernant l’écozone+ de la Taïga des plaines sont résumés au tableau 4. Les analyses sont fondées sur 6 stations pour les températures, 10 stations pour les précipitations et 4 stations pour les variables liées à la neige. La répartition des stations est biaisée (voir la figure 24), car on trouve un plus grand nombre de stations dans le sud; cela signifie que les moyennes observées dans l’écozone+ devraient être interprétées en tenant compte qu’elles sont davantage représentatives des conditions de la partie sud de l’écozone+.

Tableau 4. Aperçu des tendances climatiques dans l'écozone+ de la Taïga des plaines, de 1950 à 2007.
Variable climatiqueTendances de 1950 à 2007
Température
  • Augmentations significatives en hiver et au printemps dans l’ensemble de l’écozone+ (voir la figure 25 , plus bas). De manière générale, aucune tendance significative en été et en automne; tendance significative décelée à une seule station en été.
  • Forte tendance au réchauffement, en particulier en hiver (même tendance dans l’écozone+ de la Cordillère boréale, où la tendance est la plus forte au Canada) – avec une augmentation moyenne de 5,2 ⁰C (voir la figure 24, plus bas).
  • Augmentation de la durée de la saison de croissance de 9 jours dans l’ensemble de l’écozone+, mais aucun changement significatif dans la date de début ou de fin de la saison de croissance.
Précipitations
  • Aucun changement significatif dans les précipitations, quelle que soit la saison, à l’échelle de l’écozone+, et peu de changements significatifs aux différentes stations.
Couverture nivale
  • Diminution moyenne significative de la durée de la couverture nivale de 11,4 jours (diminution de 13 % par rapport à la moyenne de 1961 à 1990) dans la moitié printanière de la saison neigeuse (fonte hâtive), et aucun changement dans la durée de la couverture nivale au début de la période de couverture nivale, selon les données provenant de 4 stations.
  • Diminution moyenne significative de l’accumulation annuelle de neige maximale de 23,6 cm (diminution de 38 % par rapport à la moyenne de 1961 à 1990), selon les données provenant de 4 stations.
  • Aucune tendance significative dans la fraction des précipitations annuelles tombant sous forme de neige.

Source : Zhang et al. (2011)Référence 9 et données supplémentaires fournies par les auteurs.

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Figure 24. Tendances des températures saisonnières à six stations climatiques, de 1950 à 2007.

Les tendances sont fondées sur les anomalies des températures, qui sont mesurées comme les différences par rapport à la température moyenne de la période de référence (de 1961 à 1990). Les triangles indiquent des tendances à l’augmentation, et la couleur rouge intense indique que la tendance est significative au seuil de 5 %. L’importance du changement (° C) est indiquée pour chaque tendance significative. Il n’y a aucune tendance à la diminution. Les saisons sont les suivantes : printemps (de mars à mai); été (de juin à août); automne (de septembre à novembre); hiver (de décembre à février).

Maps
Source : Zhang et al. (2011)Référence 9 et données supplémentaires fournies par les auteurs.
Description longue pour la figure 24

Cet ensemble de quatre cartes indique l’évolution de la température moyenne annuelle (en degrés Celsius) pour chaque saison dans les villes et villages de l’écozone+ de la Taïga des plaines, de 1950 à 2007. Dans toute l’écozone+, la tendance observée est une élévation de la température moyenne dans toutes les villes; aucun emplacement n’a connu de tendance à la baisse des températures. Les températures hivernales et printanières se sont significativement élevées à Norman Wells(+4.58°C; +2.12 °C), Fort Simpson (+4.50°C; +2.33 °C), Hay River (+5.17°C; +2.44 °C), Fort Nelson (+4.57°C; +2.20 °C) et Fort Smith(+5.63°C; +3.26 °C). Inuvik a également connu une élévation de 5,5 °C des températures en hiver.

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Figure 25. Tendance de la température moyenne en hiver, de 1950 à 2007.

Les anomalies des températures, qui sont mesurées comme les différences par rapport à la température moyenne de la période de référence (de 1961 à 1990), sont représentées. Les données indiquent une augmentation significative (P < 0,05) de 5,2 °C, de 1950 à 2007. L’analyse est fondée sur les données provenant de 6 stations (montrées à la figure 24).

Graphique
Source : Zhang et al. (2011)Référence 9 et données supplémentaires fournies par les auteurs.
Description longue pour la figure 25

Ce diagramme linéaire indique les informations suivantes :

Tendance de la température moyenne en hiver, de 1950 à 2007.
AnnéeAnomalie de la température moyenne en hiver (°C)
1950-2,51
1951-1,42
1952-2,97
19531,56
1954-0,78
19550,06
1956-2,86
1957-0,10
1958-0,68
1959-0,81
19601,84
19611,22
1962-2,25
19630,18
19641,90
1965-4,48
1966-3,79
1967-0,83
19680,33
1969-3,74
19702,30
1971-2,81
1972-3,73
19730,58
1974-1,42
1975-1,02
1976-1,67
19773,20
19781,54
1979-1,81
19803,16
19813,33
1982-2,34
1983-0,71
19840,34
1985-0,79
19863,50
19875,95
19882,70
19892,91
1990-1,76
19910,37
19921,08
19932,74
1994-1,68
19952,99
1996-0,35
19971,86
19983,02
19992,55
20003,74
20013,54
20021,75
20034,03
20041,67
20051,33
20066,21
20074,31

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Influence des oscillations climatiques

Les oscillations de grande envergure du système atmosphérique dans l’océan Pacifique influent sur le régime des précipitations et des températures dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, en particulier sur les températures de la saison froideRéférence 8. De telles oscillations comprennent le phénomène El Niño – oscillation australe (ENSO) qui a lieu en moyenne tous les deux à sept ans et l’oscillation décennale du Pacifique (PDO), qui est caractérisée par des changements abrupts entre les différentes phases tous les vingt à trente ansRéférence 8. Le changement vers une PDO positive et les fréquents phénomènes ENSO qui sont survenus au milieu des années 1970 semblent avoir mené à des phases différentes à l’échelle continentale, ce qui a entraîné un réchauffement en hiver et au printemps plus prononcé dans l’ouest du pays que dans l’est du pays, les tendances étant particulièrement marquées dans l’écozone+ de la Taïga des plainesRéférence 9.

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Tendances climatiques et répercussions fondées sur des observations locales et les connaissances traditionnelles autochtones

Dans l’écozone+ de la Taïga des plaines et, de manière plus générale, dans le bassin du Mackenzie, les connaissances traditionnelles autochtones documentées et les observations locales indiquent une gamme de tendances climatiques et de répercussions écologiques qui y sont associées. Ces connaissances étant particulières aux zones et aux périodes, elles sont mieux interprétées dans le contexte des détenteurs des connaissances (voir les références fournies). La synthèse des données disponibles à ce sujet dépasse la portée du présent rapport. Certains exemples d’observations et d’interprétations documentées sont présentés au tableau 5.

Tableau 5. Connaissances traditionnelles autochtones sélectionnées associées aux changements climatiques et aux répercussions sur les écosystèmes.
Exemples d'observations touchant les tendances climatiquesExemples d’observations touchant les répercussions écologiques, telles que signalées dans le Rapport de l’état de l’écosystème aquatique du bassin du fleuve Mackenzie 2003Référence 59
  • La glace devenue plus mince est dangereuse pour les personnes qui se déplacent ou chassent ainsi que pour les caribous et autres animaux sauvages en migration Référence 138-Référence 140.
  • Les niveaux d’eau ont diminué au cours de deux à trois décennies, et certains petits lacs et ruisseaux ont disparuRéférence 139-Référence 142, ce qui a réduit l’habitat des poissons, des oiseaux aquatiques et du rat musqué, dont les populations ont baissé dans certaines régionsRéférence 141; la pêche a donc été affectée, car les eaux des lieux de pêche traditionnels sont trop peu profondes pour y installer des filetsRéférence 143; les déplacements ont été touchés aussi parce que les eaux dans d’importantes voie de navigation de plaisance deviennent trop peu profondes pour qu’on puisse y naviguerRéférence 141.
  • Certains changements dans la végétation sont observés, et la production de baies diminue; l’augmentation des feux de forêts entraîne une perte d’habitat pour la faune et une perte de secteurs de piégeage; de nouvelles espèces qui n’avaient jamais été observées auparavant dans la région apparaissent (comme le couguar)Référence 138, Référence 139, Référence 142.

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Répercussions des changements climatiques

Les changements dans les indicateurs comme la température de l’air et le pergélisol sont bien documentés en ce qui concerne la Taïga des plaines, et ces changements affichent des tendances nettes qui sont cohérentes avec les changements climatiques. Les répercussions sur les écosystèmes ne sont pas aussi évidentes, en partie parce qu’elles ne sont pas bien documentéesRéférence 19. Certaines indications relatives aux tendances des écosystèmes principalement associées au climat font l’objet d’une discussion dans bon nombre des constatations clés du présent rapport. En voici quelques exemples :

  • Changements dans les communautés végétales à la limite des arbres et modification de la vitesse de croissance de l’épinette blanche (constatation clé relative aux Forêts).
  • Augmentation de la productivité primaire terrestre, notamment dans le nord de la Taïga des plaines (constatation clé relative à la Productivité primaire).
  • Premières indications d’une tendance à la diminution de la fréquence des crues printanières périodiques dans les milieux humides et les lacs de delta (constatation clé relative aux Milieux humides).
  • Tendance généralisée à l’augmentation du débit d’hiver. Indications de débits de pointe hâtifs (en amont du bassin du fleuve Mackenzie) et augmentation de la variabilité du débit (constatation clé relative aux Lacs et cours d’eau).
  • Perte de tourbières gelées (constatation clé relative à La glace dans l’ensemble des biomes) et augmentation des glissements causés par le dégel des glaces de fond dans les lacs de delta, les glissements affectant la qualité de l’eau (constatation clé relative aux Milieux humides).
  • Propagation vers le nord de certains insectes ravageurs forestiers, probablement associée aux températures plus chaudes (constatation clé relative aux Perturbations naturelles).

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Constatation clé 15
Services écosystémiques

Thème Interactions humains-écosystèmes

Constatation clé à l'échelle nationale
Le Canada est bien pourvu en milieux naturels qui fournissent des services écosystémiques dont dépend notre qualité de vie. Dans certaines régions où les facteurs de stress ont altéré le fonctionnement des écosystèmes, le coût pour maintenir les écoservices est élevé, et la détérioration de la quantité et de la qualité des services écosystémiques ainsi que de leur accès est évidente.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : La fourniture de services de l’écozone+ comprend la récolte de poissons, d’autres animaux sauvages et de plantes d’importance culturelle, spirituelle, nutritionnelle et économique. La dépendance à l’égard de ces services est élevée et ne diminue pas, en particulier dans les collectivités rurales. La qualité des services demeure généralement élevée, à l’exception de certaines baisses des populations de caribou de la toundra, qui ont mené à des restrictions visant la récolte et à une baisse du succès de récolte dans certaines collectivités.

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Attribuer une valeur aux services écosystémiques – la forêt boréale

Habituellement, les biens et services écosystémiques sont décrits au moyen d’analyses économiques qui visent à estimer la valeur du capital naturel. Cependant, il est clair que certains biens et services écosystémiques ne peuvent être exprimés en termes économiques. Par exemple, l’écozone+ de la Taïga des plaines fournit des services en tant que voie migratoire et aire de nidification pour de nombreux oiseaux de la forêt boréale. De plus, il est particulièrement difficile d’attribuer une valeur aux services culturels.

Le Pembina Institute a déterminé le capital naturel de la forêt boréale au Canada et y a attribué une valeur; il a notamment analysé la valeur des forêts, de l’agriculture, des ressources minérales et énergétiques, du poisson et des autres animaux sauvages, des milieux humides, des tourbières et des cours d’eauRéférence 144. Les analyses portaient sur les services écosystémiques comme la stabilisation atmosphérique; la stabilisation climatique; l’évitement des perturbations; la stabilisation de l’eau; l’approvisionnement en eau; la lutte contre l’érosion et la rétention des sédiments; la formation du sol; le cycle des nutriments; le traitement des déchets; la pollinisation; la lutte biologique comme la prédation par les oiseaux des insectes ravageurs; l’habitat; les matières premières; les ressources génétiques; et les utilisations à des fins récréatives et culturelles. La valeur des services écosystémiques de la forêt boréale (93,2 milliards de dollars) est au moins 2,5 fois plus élevée que la valeur commerciale combinée de l’exploitation forestière, de l’exploitation minière, de l’exploitation pétrolière et gazière et de l’hydroélectricité (37,8 milliards de dollars). La valeur commerciale exclut les coûts sociaux ou environnementaux évalués séparément à 11,1 milliards de dollars. La présente analyse n’a pas été effectuée à l’échelle de l’écozone+.

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Fourniture de services

Récolte de poissons, d'autres animaux sauvages et de plantes

Dans la Taïga des plaines, la récolte de poissons, d’oiseaux, de mammifères et de plantes a longtemps répondu aux besoins des Autochtones et soutenu leurs activités culturelles. Dans l’ensemble des Territoires du Nord-Ouest, environ 37 à 45 % des résidents sont allés chasser ou pêcher en 2002, une statistique qui a légèrement changé depuis la première étude menée en 1983Référence 145. Dans la Taïga des plaines, le nombre de chasseurs de subsistance autochtones s’élève à environ 5 800; on ne dispose d’aucune donnée sur les tendances relatives à la chasse pour ce groupe de résidents. Le nombre de chasseurs résidents (chasseurs non autochtones) a diminué d’environ 3 % par année de 1990 à 2004 et s’est stabilisé à environ 1 200 à 1 300 chasseurs par année au cours des dernières annéesRéférence 145.

La chasse et la pêche étant un mode de vie pour bon nombre de résidents de la Taïga des plaines, la rupture des glaces hâtive dans les cours d’eauRéférence 131 est préoccupante. Le moment de la prise des glaces tend à être moins prévisible de nos jours qu’il ne l’était dans le passéRéférence 137, et la glace est plus mince. Les changements dans les tendances touchant la prise des glaces soulèvent des préoccupations en ce qui concerne la sécurité des chasseurs et des pêcheurs, en particulier dans les collectivités des Gwich’in et des Inuvialuit, où les lacs et cours d’eau gelés servent de voie de transport et sont utilisés durant une grande partie de l’année pour les activités traditionnelles comme la pêche blancheRéférence 131.

Dans la partie de la Taïga des plaines qui se trouve dans les T.N.-O., entre 20 et 30 % des ménages dépendent largement des services d’approvisionnement fournis par le poisson et le gibier de la région (figure 26). Le pourcentage serait considérablement plus élevé pour les ménages de la Taïga des plaines à l’extérieur d’Inuvik car, pour l’ensemble des T.N.-O., environ 50 % des ménages des petites collectivités ont mentionné qu’ils avaient obtenu en chassant ou en pêchant dans la région en 2009 une grande partie ou la totalité de leur viande et de leur poisson, par comparaison à 16 % des ménages des collectivités de taille moyenne, notamment InuvikRéférence 145.

Figure 26. Pourcentage des ménages dans la Taïga des plaines et dans la taïga de la Cordillère (T.N. O.) qui mentionnent qu'une grande partie ou la totalité de la viande et du poisson qu'ils ont obtenue a été récoltée dans les T.N. O., de 1994 à 2009.

À noter que ces données représentent principalement les ménages de la Taïga des plaines, car il n’y a qu’une seule petite collectivité (Wrigley) dans la partie de l’écozone+ de la taïga de la Cordillère qui se trouve dans les T.N.-O.

Graphique
Source : données d’Environnement et Ressources naturelles, 2011Référence 145.
Description longue pour la figure 26

Ce diagramme à bandes indique les informations suivantes 

Pourcentage des ménages dans la Taïga des plaines et dans la taïga de la Cordillère (T.N. O.) qui mentionnent qu'une grande partie ou la totalité de la viande et du poisson qu'ils ont obtenue a été récoltée dans les T.N. O., de 1994 à 2009.
AnnéePourcentage des ménages
199421,5
199927,5
200424
200922,5

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Mammifères

Les espèces de mammifères qui sont récoltées au centre-nord de l’écozone+ sont indiquées à la figure 27. Les trois régions visées par des accords sur les revendications territoriales pour lesquelles les données sont présentées ne coïncident pas complètement avec l’écozone+ (par exemple, la faible récolte de bœufs musqués se réaliserait principalement à l’extérieur de l’écozone+); les données fournissent néanmoins une bonne indication des espèces de mammifères importantes pour les humains dans une grande partie de l’écozone+. La récolte de mammifères vise à la fois la viande et la fourrure. Le principal mammifère récolté pour la viande est le caribou de la toundra.

Il y a peu de données sur les tendances relatives à la récolte de caribous – certaines données proviennent d’études portant sur la récolte prévues par les règlements des revendications territorialesRéférence 146. Des données sur la récolte dans les hardes de la partie ouest des Territoires du Nord-Ouest (cap Bathurst, Bluenose-ouest et Bluenose-est) ont été recueillies dans le cadre de l’étude sur les récoltes des Gwich’in Référence 147 et de l’étude sur les récoltes des InuvialuitsRéférence 148 pour la période de 1988 à 1997. Les données de la période de 1998 à 2005 ont été recueillies dans le cadre de l’étude sur les récoltes du SahtuRéférence 149, Référence 150. On sait qu’entre 1999 et 2005 le nombre de caribous abattus dans la harde Bluenose-ouest dans le Sahtu a diminué, passant de 1 022 à 270Référence 151. La harde Bluenose-ouest fait l’objet de restrictions en matière de récolte en raison d’une diminution de la population (voir la section sur le caribou dans la constatation clé relative aux espèces présentant un intérêt particulier en page 69).

Figure 27. Résumé des taux annuels de récolte des principales espèces de mammifères dans les régions désignées des Gwich'in et du Sahtu et dans la région désignée des Inuvialuit (RDI).

Remarque : Quatre des six collectivités faisant partie de la RDI sont situées à l’extérieur de l’écozone+ de la Taïga des plaines.

Graphique
Source : Secrétariat conjoint (2003), tel que présenté in SENES Consultants Ltd. (2005)Référence 152.
Description longue pour la figure 27

Ce diagramme à bandes indique le nombre d’animaux récoltés chaque année dans les régions désignées des Gwich’in et du Sahtu et dans la région désignée des Inuvialuit (RDI); il se compose de deux parties représentant respectivement les données relatives aux grands et aux petits mammifères. Le caribou de la toundra est le grand mammifère le plus souvent récolté dans les trois régions, les récoltes se chiffrant pas milliers d’individus. Le nombre d’orignaux récoltés est faible dans les trois régions, mais c’est dans la région du Sahtu qu’il est le plus élevé, et de loin, soit près de 200 animaux. Le bœuf musqué n’a été récolté que dans la RDI, et le caribou des bois, que dans la région du Sahtu. Dans la RDI, le rat musqué a été récolté en grand nombre (10 000); les récoltes de renard et d’espèces de lièvres ont également été importantes. Dans la région des Gwich’in, les récoltes de rats musqués ont atteint un niveau modéré (>2 000), les récoltes les plus abondantes étant celles d’espèces de lièvres et de martres. Les espèces de lièvres sont les animaux récoltés dans le plus grand nombre dans la région du Sahtu, suivies par la martre et des nombres plus modestes de rats musqués et de castors.

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Oiseaux aquatiques

Dans les Territoires du Nord-Ouest, le nombre d’oiseaux aquatiques abattus dans le cadre de la chasse sportive et de la chasse de subsistance est relativement faible, mais les canards, les oies et les bernaches sont importants dans le régime alimentaire traditionnelRéférence 152. Dans la région des Gwich’in, les trois principaux groupes d’oiseaux aquatiques visés par la chasse de subsistance sont les macreuses, le Canard colvert et l’Oie des neigesRéférence 147.

Poissons

Dans la Taïga des plaines, les pêches sont domestiques, commerciales et récréatives, tant dans les cours d’eau que dans les lacs. Voici des exemples de pêches qui sont importantes dans l’écozone+ :

  • Onze espèces de poisson capturées au moyen de filets dans la pêche domestique de la région désignée des Gwich’in, dans le nord de l’écozone+; les plus importants poissons sont l’inconnu (Stenodus leucichthys), le Dolly Varden (Salvelinus malma malma), la lotte (Lota lota) et le grand corégone (Coregonus autumnali)Référence 19.
  • Il existe certaines pêches commerciales et sportives du touladi, du brochet et de l’inconnu dans le Grand lac des Esclaves; ces pêches sont gérées au moyen de fermetures de zones de pêche, de limites des prises et de restrictions quant à l’engin de pêche utiliséRéférence 19.
  • Le Grand lac de l’Ours, en plus d’être une source de poissons pour les pêches domestiques, soutient une pêche sportive au touladi avec hébergement en pavillonRéférence 153.
Baies et autres produits de la forêt boréale

Les produits forestiers non ligneux comme les champignons, les baies, le sirop de sève de bouleau, les plantes florales, les herbes médicinales et les objets forestiers d’artisanat ont une longue histoire d’utilisation traditionnelle et de commerce dans la Taïga des plainesRéférence 145. Les taux de participation aux activités de cueillette de plantes et de baies en 2002 dans la partie de la Taïga des plaines qui se trouve dans les Territoires du Nord-Ouest sont présentés à la figure 28.

Figure 28. Pourcentage de la population âgée d'au moins 15 ans qui a participé à la cueillette de baies et de plantes en 2002, dans le nord et dans le sud de la Taïga des plaines, T.N. O.
Graphique
Source : Bureau de la statistique des T.N.-O. (2002)Référence 154.
Description longue pour la figure 28

Ce diagramme à bandes montre les informations suivantes :

Pourcentage de la population âgée d'au moins 15 ans qui a participé à la cueillette de baies et de plantes en 2002, dans le nord et dans le sud de la Taïga des plaines, T.N. O.
-Cueillette de baies
(Pourcentage de la population)
Cueillette de plantes
(Pourcentage de la population)
Nord de la Taïga des plaines1910
Sud de la Taïga des plaines2711

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Cependant, lorsqu’on examine la situation par ménage et pour les collectivités de la région désignée des Gwich’in, l’utilisation des baies est beaucoup plus grande – la plupart des ménages cueillant des baies, et 82 % des ménages ramassant des feuilles de thé du Labrador, selon un sondage aléatoire effectué dans des ménages des Gwich’in en 2000 (figure 29). Les noms des plantes à la figure 29 sont les noms français couramment utilisés dans la région. Les noms français, latins et gwich’in de ces plantes sont les suivants, respectivement : canneberge : Vaccinium vitis idaea, natå'at; bleuet : Vaccinium uliginosum, jàk zheii; chicouté (plaquebière) : Rubus chamaemorus, nakàl; thé du Labrador : Ledum palustre et L. groenlandicum, lidii maskeg/maskig.

Figure 29. Utilisation des baies et du thé du Labrador par les ménages de Gwich'in, Fort McPherson, Inuvik, Aklavik et Tsiigehtchic, 2000.

Les barres indiquent le volume moyen estimé de baies et de feuilles de thé du Labrador récoltées par ménage, moyenné sur les quatre collectivités. Le pourcentage indiqué en haut de chaque barre est le pourcentage estimé de ménages des collectivités qui ont participé à la cueillette du produit végétal en particulier en 2000.

Graphique
Source : données du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (2009)Référence 155.
Description longue pour la figure 29

Ce diagramme à bandes présente les informations suivantes :

Utilisation des baies et du thé du Labrador par les ménages de Gwich'in, Fort McPherson, Inuvik, Aklavik et Tsiigehtchic, 2000.
-Litres par ménage% des ménages
Canneberge4396
Bleuet2895
Chicouté5599
Feulles de thé du labrador3782

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Piégeage

Les fourrures d’animaux sauvages des Territoires du Nord-Ouest sont considérées comme étant les meilleures au monde et ont une longue histoire. Dans les années 1960 et 1970, plusieurs espèces (martre, lynx, rat musqué et castor) ont contribué de manière à peu près égale à la capture totale d’animaux à fourrures dans les Territoires du Nord-Ouest. Cependant, durant les 20 dernières années, la martre a représenté la majeure partie de la valeur des fourrures provenant des Territoires du Nord-Ouest. La martre est une bonne espèce indicatrice pour le piégeage, car elle est très répandue, assez facile à capturer, et la valeur toujours élevée de ses peaux incite les trappeurs à viser l’espèce. L’abondance et la disponibilité des animaux à fourrure, les tendances de la mode, la demande du marché international pour les fourrures et l’importance de l’effort de piégeage sont tous des facteurs qui influent sur les ventes de fourruresRéférence 145. Dans les Territoires du Nord-Ouest, le nombre de trappeurs a diminué depuis le début des années 1980, puis s’est stabilisé au cours des dernières annéesRéférence 145. Le piégeage demeure une activité d’importance culturelle et apporte un revenu supplémentaire permanent à environ 500 personnes dans la partie de la Taïga des plaines qui se trouve dans les T.N.-O. (figure 30).

Figure 30. Tendances du nombre de trappeurs dans les collectivités de l'écozone+ de la Taïga des plaines, dans les T.N. O., comparées aux autres écozones des T.N. O.

Il est à remarquer que les deux courbes du haut représentent le piégeage dans la Taïga des plaines.

Graphique
Source : Environnement et Ressources naturelles (2011)Référence 145; données provenant de la base de données sur la capture d’animaux à fourrure du gouvernement des T.N.-O., ministère de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement du gouvernement des T.N.-O.
Description longue pour la figure 30

Ce diagramme linéaire montre que de 2001 à 2008, le nombre de trappeurs dans le nord et le sud de la Taïga des plaines était beaucoup plus élevé que dans les autres écozones+ des T.N.-O.  Dans les écozones+ du Haut-Arctique, du Bas-Arctique et de la Taïga de la cordillère, les trappeurs sont peu nombreux (<50); la Taïga du bouclier en compte légèrement moins que le nord de la Taïga des plaines, soit environ 150 trappeurs. Par comparaison, le nord de la Taïga des plaines comptait environ 200 trappeurs au cours de cette période, tandis que dans le sud de la Taïga des plaines, le nombre de trappeurs variait de 350 à 250.

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Récolte commerciale de bois

La récolte commerciale de bois dans la partie des T.N.-O. qui se trouve dans la Taïga des plaines est une industrie mineure. Le volume de bois abattu durant les projets d’exploration sismique est estimé à au moins un ordre de grandeur supérieur au volume de bois abattu dans le cadre des activités de récolte commerciale de boisRéférence 145. Dans les T.N.-O., le bois est récolté pour servir de billes de sciage et de bois de chauffage. Les activités habituelles de récolte commerciale de bois sont menées par des petites entreprises locales qui prélèvent de 500 à 10 000 m3 par année. La récolte de bois (dans l’ensemble du territoire) a tendu vers l’augmentation durant les années 1990, vers la diminution au début des années 2000 et vers une légère augmentation par la suiteRéférence 145.

Par contre, la récolte de bois commerciale a eu une grande influence dans la partie sud-ouest de l’écozone+. Les produits forestiers ont été importants pour l’économie de la région de Fort Nelson jusqu’à ce que la récente baisse de la demande de matériaux de construction aux États-Unis entraîne la fermeture de l’usine Tackama, à Fort Nelson. Au milieu des années 2000, cette usine était la plus grande usine de contreplaqués de Colombie-BritanniqueRéférence 156.

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Thème : Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé 17
Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulier

Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l’échelle nationale
De nombreuses espèces d’amphibiens, de poissons, d’oiseaux et de grands mammifères présentent un intérêt économique, culturel ou écologique particulier pour les Canadiens. La population de certaines espèces diminue sur le plan du nombre et de la répartition, tandis que chez d’autres, elle est soit stable ou en pleine santé ou encore en plein redressement.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : L’écozone+ de la Taïga des plaines est importante à l’échelle nationale pour la population boréale de caribou des bois, qui dépend de blocs intacts de forêts boréales matures. Les tendances sont inconnues dans la moitié des populations de l’écozone+; l’effectif des populations dans la partie sud de l’écozone+, qui est plus fragmentée, diminue, mais l’effectif d’une des populations est stable. La harde de caribous de la toundra Bluenose-ouest a diminué de manière précipitée au cours des dernières années. Plusieurs espèces d’oiseaux aquatiques qui nichent dans l’écozone+ sont en déclin, et les causes de ces déclins ne sont pas claires. La Taïga des plaines abrite la plupart des populations du monde de deux espèces emblématiques qui ont presque disparu au début du XXe siècle et qui sont encore considérées comme des espèces en péril; il s’agit de la Grue blanche et du bison des bois.

Cette section présente le statut, les tendances et les questions relatives à la conservation touchant des espèces sélectionnées de l’écozone+ de la Taïga des plaines. Il y a eu une augmentation des populations de deux espèces emblématiques qui avaient presque disparu en raison de la présence humaine et de l’exploitation des ressources, à savoir le bison des bois et la Grue blanche; l’augmentation est largement attribuable aux mesures de conservation adoptées dans l’écozone+, mais l’aire de répartition limitée de ces espèces et d’autres aspects préoccupants signifient que des efforts constants sont requis pour maintenir les populations en santé et viables. L’écozone+ de la Taïga des plaines est un habitat important pour le caribou et le grizzli, deux espèces valorisées par les humains qui vivent à l’intérieur et à l’extérieur de l’écozone+; de plus, avec ses nombreux milieux humides de forêt boréale, elle est importante en tant qu’habitat de nidification et en tant qu’habitat de repos durant la migration des oiseaux aquatiques.

Dans la section qui suit, COSEPAC signifie Comité sur la situation des espèces en péril au Canada; il s’agit d’un comité d’experts qui évalue les espèces sauvages et désigne les espèces menacées de disparition au Canada. LEP signifie Loi sur les espèces en péril.

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Bison des bois

La cote de conservation du bison des bois (Bison bison athabascae) s’est améliorée en raison des efforts intenses qui ont été consacrés au rétablissement des populations. En 1978, le COSEPAC a désigné le bison des bois comme une espèce en voie de disparition; en 1988, le bison des bois est passé du statut d’espèce en voie de disparition à celui d’espèce menacée. Ce statut a été confirmé en 2000. Le bison des bois est protégé en vertu de la LEPRéférence 157.

Durant la période historique, le bison des bois, le plus grand mammifère terrestre du Canada et sous-espèce nordique du bison d’Amérique, était répandu dans la majeure partie de la région boréale nord-américaine, à l’ouest du bouclier précambrien. Les estimations historiques sont d’environ 150 000 individusRéférence 157 ou de plus de 168 000 individusRéférence 158. L’abondance a diminué au XIXe siècle en raison de l’invention des armes à feu et de leur utilisation répandue, qui a mené à la surexploitation du bison des boisRéférence 159. En 1893, date à laquelle les premières dispositions législatives visant à contrôler la chasse ont été adoptéesRéférence 160, la population comptait environ 300 individus, qui étaient confinés dans une petite zone, dans le sud-est de la Taïga des plaines. En 1896, les effectifs du bison des bois ont atteint un creux historique d’environ 250 individusRéférence 158. L’habitat qui restait a été protégé par la création, en 1922, du parc national du Canada Wood Buffalo. Un programme de rétablissement national a été établi en 1957. De 80 à 90 % de la population totale de bison des bois se trouve dans l’écozone+ de la Taïga des plaines et dans la section adjacente du parc national du Canada Wood Buffalo (tableau 6).

Les maladies (brucellose et tuberculose, ainsi que les épidémies de charbon – voir aussi la constatation clé relative aux maladies de la faune en page 91), le croisement avec le bison des plaines et la perte d’habitat causée par le développement (agriculture, exploitation forestière et exploitation du pétrole et du gaz) constituent les principales menaces pour le bison des boisRéférence 157. De 1925 à 1928, 6 673 bisons des plaines du parc national Buffalo, près de Wainwright (Alberta), ont été expédiés au parc national du Canada Wood Buffalo. Les bisons des plaines provenaient d’une harde qui devait être éliminée en raison d’une infection tuberculeuse, mais les jeunes individus qui ont été introduits dans le parc national du Canada Wood Buffalo devaient être exempts de maladie. Les bisons des plaines introduits dans le parc national se sont croisés avec des bisons des bois endémiques et ont propagé la tuberculose dans la harde. L’origine de la brucellose est moins claireRéférence 161.

Les activités de conservation comprennent des mesures visant à ce que les populations exemptes de maladie n’entrent pas en contact avec les individus malades. La zone de surveillance des bisons, dans les T.N.-O. (figure 31), qui a été établie en 1987, fait l’objet d’un relevé annuel, et on n’y tolère aucun bison afin de protéger la harde du fleuve Mackenzie contre les maladiesRéférence 162. En 2011 et 2012, des bisons infectés se sont déplacés vers l’ouest du parc national du Canada Wood Buffalo, ce qui a mené à l’intensification des efforts de gestion dans cette partie de l’Alberta. L’objectif est d’éviter le contact entre la harde de Hay-Zama, qui est exempte de maladie, et les individus malades et de réduire le risque de propagation de la tuberculose et de la brucellose au bétailRéférence 163. Le maintien de zones exemptes de bison est coûteux sur le plan de la perte d’habitat. Environ 50 % de l’aire de répartition historique du bison des bois n’est pas disponible pour le rétablissement de l’espèce en raison des mesures qui doivent être prises pour éviter la propagation des maladies de la fauneRéférence 164. Les aires de répartition des populations de bisons des bois dans l’écozone+ de la Taïga des plaines ou à proximité sont indiquées à la figure 31 , et le statut et les tendances des populations de bison des bois sont présentés au tableau 6.

Figure 31. Populations de bison des bois dans l’écozone+ de la Taïga des plaines et aux alentours.
Carte
Source : Environnement et Ressources naturelles (2013)Référence 165.
Description longue pour la figure 31

Cette carte indique les aires de répartition des populations de bisons des bois en liberté dans la portion sud de l’écozone+ de la Taïga des plaines. Plusieurs populations qui vivent aux environs du parc national du Canada Wood Buffalo sont considérées comme des troupeaux en liberté et malades. La population du Mackenzie vit à l’ouest du Grand lac des Esclaves. La population de Nahanni et deux autres populations en liberté qui vivent plus au sud et à l’est (en Alberta et en Colombie-Britannique) se trouvent aussi dans les limites de l’écozone+ de la Taïga des plaines.

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Tableau 6. Statut et tendances des populations de bisons des bois dans la Taïga des plaines.
PopulationÉtat et tendances
Parc national du Canada Wood Buffalo Les effectifs totaux étaient d’environ 12 000 individus dans les années 1960, puis ont diminué à 2 100 en 1999. En 1974-1975, 3 000 bisons ont péri en raison d’une inondation dans le delta des rivières de la Paix et Athabasca. Au cours des dernières années, la population a augmenté et a été estimée à 5 000 individus en 2009Référence 160, Référence 166. La harde a pris de l’expansion vers l’ouest en 2011 et 2012Référence 163.
La population est infectée par la tuberculose bovine et la brucellose (qui ont été introduites lors de l’importation de bisons des plaines infectés à la fin des années 1920)Référence 160; depuis 1962, elle a été touchée par plusieurs graves épidémies de charbonRéférence 167.
Basses terres de la rivière des EsclavesLa population est considérée comme faisant partie de celle du parc national du Canada Wood Buffalo. Elle est affectée aussi par la tuberculose bovine et la brucellose Référence 162 et touchée par les épidémies de charbonRéférence 167.
La population a diminué, passant de 1 300 à 2 500 individus dans les années 1960 à environ 500 individus dans les années 1980; elle est demeurée stable au cours des 20 années suivantes, puis a augmenté à environ 1 700 individus en 2009Référence 162, Référence 166.
NahanniLa population a été établie en 1980 avec le lâcher de 28 bisonsRéférence 162.
Entre 1989 et 1998, 71 autres bisons ont été réintroduits et, en mars 2004, le nombre d’individus était estimé à 400Référence 162. Un relevé mené en 2011 a révélé que les effectifs étaient demeurés stables à environ 400 individusRéférence 166.
Lacs Hay-Zama La population a été établie en 1984 avec l’introduction de 29 bisons; elle a augmenté à 50 individus en 2007Référence 39. Un relevé mené en 2012 a permis de dénombrer 587 bisons, valeur qui se situe à l’intérieur de l’objectif de gestion de 400 à 600 bisonsRéférence 163.
La délivrance de permis de chasse a commencé en 2008, afin notamment d’empêcher la harde de s’accroître et d’entrer en contact avec des individus infectés de la population du parc national du Canada Wood BuffaloRéférence 168. Tous les bisons qui ont fait l’objet d’analyses dans le cadre de la chasse étaient exempts de maladieRéférence 163.
MackenzieIl s’agit de la plus grande population en santé du nord du CanadaRéférence 162, Référence 166.
La population a été établie en 1963 lors du lâcher de 18 bisons près de Fort Providence. La harde a étendu son territoire et a augmenté à 2 400 individus en 1989, puis a diminué à 1 600 individus en 2008. En août 2012, une épidémie de charbon a tué 440 bisons, et la harde a été réduite à moins de 1 000 individusRéférence 166.
Les causes de mortalité des bisons sont les épidémies de charbon en 1993Référence 169 et 2012Référence 166 ainsi que la mort de certains individus attribuable à la minceur des glaces au printemps 1989Référence 162.

Grue blanche

Le COSEPAC a désigné la Grue blanche (Grus Americana) comme espèce en voie de disparition en 1978, et l’espèce est protégée en vertu de la LEPRéférence 170. La population estimée de Grue blanche, qui n’a jamais été une espèce commune, a été réduite à 1 400 individus en 1860, la plupart des oiseaux restants étant disparu au cours des 40 années suivantes en raison de l’empiètement des aménagements humains dans toutes les aires de nidification sauf celle qui était située la plus au nord. L’habitat d’hivernage a aussi été réduit durant la période. Le creux historique de la population a été de 14 adultesRéférence 171. L’aire de nidification, qui s’est étendue dans une bonne partie des prairies du centre et du nord de l’Amérique du Nord, a été réduite à un seul site, dans le parc national du Canada Wood Buffalo.

La seule population naturelle autosuffisante qui reste dans le monde entier se reproduit dans le parc national du Canada Wood Buffalo, dans l’écozone+ de la Taïga des plaines; les grues migrent vers la réserve faunique nationale d’Aransas, sur la côte du golfe du Mexique, au TexasRéférence 171. Deux autres populations qui ne sont pas autosuffisantes ont été établies aux États-Unis. Les individus de l’une d’elles, dont la réintroduction a commencé en 2001, migrent entre le Wisconsin et la Floride.

Au Canada, la population sauvage de Grues blanches a augmenté, passant de 18 individus en 1938 à 283 individus à l’été 2010-2011Référence 172. Les menaces actuelles sont la diversité génétique limitée de l’espèce et la perte et la dégradation de l’habitat de repos utilisé durant la migration et de l’habitat d’hivernage sur les côtes; les déversements de produits chimiques au Texas présentent aussi une menace pour l’espèceRéférence 173.

La Grue blanche niche dans des milieux humides isolés caractérisés par des substrats mous, des quantités substantielles d’eaux libres (qui permettent aux grues de repérer de loin de possibles prédateurs) et une végétation pouvant servir à la construction des nids. Au fil des années, l’espèce a agrandi son aire de nidification à l’échelle locale, et on considère qu’il y a suffisamment d’habitat adéquat aux environs de l’aire de nidification actuelle, dans l’écozone+ de la Taïga des plainesRéférence 171. La croissance de la population sera probablement davantage fonction de l’habitat adéquat limité dans les aires d’hivernage au TexasRéférence 171, Référence 173. Cependant, la prédation dans l’aire de nidification peut influer sur le taux de croissance de la population. Le cycle décennal des prédateurs, en particulier les loups, dans le parc national du Canada Wood Buffalo a été considéré par Boyce et Miller (1985)Référence 174 comme étant responsable de la légère périodicité de l’abondance des populations, la croissance de celles-ci ralentissant et les effectifs baissant légèrement environ tous les dix ans (figure 32). Un programme de rétablissement nationalRéférence 175 et un programme de rétablissement internationalRéférence 173 sont en place; ils servent à coordonner les activités de recherche et de surveillance ainsi que les mesures de conservation visant la Grue blanche.

Figure 32. Croissance de la population de Grue blanche d’Aransas – Wood Buffalo, de 1938 à 2010.

Population totale, fondée sur des dénombrements hivernaux.

Graphique
Source : fondé sur les données du COSEPAC (2010)Référence 171; données de 2010 et 2011 de la Whooping Crane Conservation Society (2011)Référence 172.
Description longue pour la figure 32

Ce diagramme linéaire illustre les informations suivantes :

Croissance de la population de Grue blanche d’Aransas – Wood Buffalo, de 1938 à 2010.
AnnéeDécomptes totauxAnnéeDécomptes totaux
193818197669
193922197772
194026197875
194116197976
194219198078
194321198173
194418198273
194522198375
194625198486
194731198597
1948301986110
1949341987134
1950311988138
1951251989146
1952211990146
1953241991132
1954211992136
1955281993143
1956241994133
1957261995158
1958321996159
1959331997182
1960361998183
1961391999188
1962322000180
1963332001176
1964422002185
1965442003194
1966432004217
1967482005220
1968502006237
1969562007266
1970572008270
1971592009263
1972512010283
197349--
197449--
197557--

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Caribou

Le caribou de la toundra (Rangifer tarandus groenlandicus), qui effectue des migrations, passe l’hiver dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, et le caribou des bois (Rangifer tarandus caribou), qui ne migre pas, occupe une grande partie de l’écozone+ à l’année.

Caribou de la toundra

La présente section, fondée sur le rapport technique thématique Tendances des populations de caribou des zones septentrionales du Canada97, a été préparé pour le Rapport sur l’état et les tendances des écosystèmes de 2010, qui présente les données sur les tendances des populations des deux hardes de caribous de la toundra, à savoir la harde Bluenose-est et la harde Bluenose-ouest. Les individus des deux hardes mettent bas dans le Bas-arctique (écozone+ de l’Arctique) et passent l’hiver dans le Bas-arctique et l’écozone+ de la Taïga des plaines.

Harde Bluenose est

Jusqu’en 1999, la harde Bluenose-est n’a pas été reconnue officiellement comme une harde distincteRéférence 176. Un relevé photographique qui a été mené en 2000 durant la période suivant la mise bas a donné une population estimée à 104 000 ± 22 100 individus (IC à 95 %) (figure 33). Un déclin de la population a suivi, et les effectifs ont été estimés à 70 100 ± 8 100 individus en 2005 et à 66 800 ± 5 200 individus en 2006. Ces valeurs représentent un taux de déclin exponentiel de 10 % de 2000 à 2006. Cependant, en 2010, la harde a été estimée à 98 600 ± 7 100 individus après la mise bas. Il y a certaines lacunes dans les données, car les taux démographiques n’ont pas été suivis et les données sur la répartition fondées sur les caribous munis de colliers n’ont pas été analysées.

Figure 33. Estimations de la population de la harde de caribous Bluenose-est.

Les estimations de la population visent les caribous âgés d’au moins un an. Les relevés ont été effectués en juillet.

Graphique
Source : Gunn et al. (2011)Référence 97.
Description longue pour la figure 33

Ce diagramme à bandes présente les informations suivantes :

Estimations de la population de la harde de caribous Bluenose-est.
Année2000200520062010
Relevé photographique suivant la période de mise bas104 00070 08166 75498 646
Les intervalles de confiance à 95% 22 1008 1205 1827 125

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Les tendances relatives aux indices vitaux sont incertaines, parce que la surveillance a été peu fréquente jusqu’à récemment. Le rapport petits/femelles reproductrices au printemps se situait entre 25 et 52/100, et ce rapport n’a affiché aucune tendance entre 2001 et 2009 (R. Popko, données inédites in Adamczewski et al. [2009])Référence 177.

Harde Bluenose ouest

Bien que la harde Bluenose-ouest n’ait été officiellement reconnue comme harde distincte qu’en 1999Référence 176, son effectif a été estimé pour 1986, 1987 et 1992, à partir des données de localisation des colliers émetteurs recueillies après la période de mise bas chez la harde Bluenose. L’effectif de la harde a atteint un sommet en 1992, avec 112 400 ± 25 600 individus (IC à 95 %), puis a baissé à 76 400 ± 14 300 individus en 2000, et à 20 800 ± 2 040 individus en 2005 (figure 34). L’estimation de 2005 a été confirmée par l’estimation de 2006, selon laquelle l’effectif était de 18 050 ± 530 individus. Depuis, la tendance semble s’être stabilisée, l’estimation préliminaire de l’effectif obtenu lors d’un relevé mené en juillet 2009 étant de 17 900 ± 1 300 individusRéférence 178.

Figure 34. Estimations de la population de la harde de caribous Bluenose ouest.

Les estimations de la population visent les caribous âgés d’au moins un an. Les données obtenues durant les recensements photographiques de la harde Bluenose antérieurs à 2000 ont été analysées à nouveau afin d’estimer les tendances de la population de la harde Bluenose-ouest. Les estimations ne doivent pas être considérées comme étant aussi fiables que les estimations subséquentesRéférence 179.

Graphique
Source : Gunn et al. (2011)Référence 97.
Description longue pour la figure 34

This figure shows the following information:

Estimations de la population de la harde de caribous Bluenose ouest
AnnéeSeconde analyse du relevé photographique <<Bluenose>>Les intervalles de confiance à 95%Relevé photographique suivant la période de mise basLes intervalles de confiance à 95%
198688 3696 899--
1987106 8874 655--
1992112 36025 566--
2000--76 37614 347
2005--20 8002 040
2006--18 050527
2009--17 8971 310

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Conformément aux recommandations du Conseil consultatif de la gestion de la faune (T.N.-O.), l’Office des ressources renouvelables des Gwich’in et l’Office des ressources renouvelables du Sahtu, cogestionnaires dans l’aire de répartition de la harde, tout prélèvement de caribous par des non-Autochtones a été interdit à partir de 2006. Les cogestionnaires ont recommandé également que le prélèvement de caribous de la harde Bluenose-ouest par les Autochtones soit réduit. Les mesures préconisées consistaient à limiter le prélèvement total autorisé et à exiger un permis de prélèvement – mesures qui ont été mises en vigueur en 2007Référence 97.

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Caribou des bois, population boréale

La présente section est fondée sur l’Évaluation scientifique de 2001 et le Programme de rétablissement du caribou des bois (Rangifer tarandus caribou), population boréale, de 2012 109, Référence 180. Il est à mentionner que l’information a été mise à jour depuis la publication du rapport thématique national du RETE intitulé Tendances de la population boréale du caribou des bois au CanadaRéférence 181.

Le caribou des bois est réparti dans la région boréale du CanadaRéférence 182. Il existe deux variétés génétiquement distinctes, ou écotypes, de caribou des bois : 1) le caribou des bois sylvicole, qui ne migre pas et qui vit à l’année longue en assez petits groupes dans la forêt boréale; 2) le caribou des bois de la toundra forestière, qui migre et vit en grandes hardes et qui passe l’hiver dans la forêt boréale. Il y a dix populations géographiquement distinctes de l’écotype sylvicole du caribou des bois – la population boréale (appelée « caribou boréal »), qu’on retrouve dans la majeure partie de l’écozone+  de la Taïga des plaines, est la plus répandue. En 2002, le COSEPAC a désigné le caribou boréal comme espèce menacéeRéférence 183, et le caribou boréal a été ajouté à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du CanadaRéférence 184.

L'aire de répartition du caribou des bois, y compris la population boréale, a beaucoup diminué au fil des ans. Sa limite méridionale a remonté graduellement vers le nord depuis le début des années 1900, tendance qui se poursuit encore aujourd'huiRéférence 109, Référence 183, Référence 185 Référence 186 Référence 187.

État et tendances de l’écozone+ de la Taïga des plaines

Le caribou boréal occupe principalement les écozones+ boréales du Canada, plutôt que les écozones+ de la taïga, à l’exception de l’écozone+ de la Taïga des plaines, qui offre certaines des plus grandes parcelles d’habitat pour ce caribou en péril. Ceci s’explique par la présence de forêts conifériennes matures ou anciennes et de tourbières, l’habitat préféré du caribou boréalRéférence 188. Des études ont montré que les marais arborés et les tourbières étaient essentiels à la survie du caribou boréal dans le nord de l’Alberta. Un tel constat serait également valable pour la zone entière de pergélisol sporadique qui atteint le nord de la Colombie-Britannique et le sud des Territoires du Nord-Ouest (figure 16)Référence 189. Quinze populations de caribou boréalNote * de bas de page (ou certaines de leurs composantes) sont présentes dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. De ce nombre, 33.3 % (n = 5) connaît un déclin; 6.7 % (n = 1) augmentent; et on ne connaît pas le statut de l’autre 60 % (n = 9) (figure 35).

Figure 35. Estimation du nombre d’individus des sous populations de caribou boréal dans l’écozone+ de la Taïga des plaines.
Carte
Source : Callaghan et al. (2011)Référence 181.
Description longue pour la figure 35

Cette carte indique la situation et l’emplacement des sous-populations de caribou boréal dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. Seules trois populations de la région désignée des Gwich’in, à la pointe nord de l’écozone+, sont considérées comme étant en augmentation. Les populations des régions désignées des Inuvialuit et de Sahtu, dont la distribution couvre une grande partie de la portion nord de l’écozone+, ont une situation inconnue, tout comme les populations de North Slave, Maxhamish, Calendar et Steen River/Yates. Les populations de Deh Cho (N./S.-O.), Sout Slave/Deh Cho (S.-E.), Snake Sahtahneh, Bistcho, Chinchaga et des Monts Caribou, qui vivent dans la moitié sud de l’écozone+, sont considérées en déclin.

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Causes des déclins

La diminution à grande échelle du domaine vital du caribou boréal et le déclin de ses populations sont associés aux aménagements humains et à l’extraction des ressources par le secteur industriel qui provoquent la destruction, la dégradation et la fragmentation de l’habitat, à savoir les forêts matures de conifèresRéférence 187, Référence 190 Référence 191 Référence 191. Au nombre des causes possibles du déclin de l’espèce associé aux modifications de l’habitat à l’échelle du paysage figurent l’augmentation de la prédationRéférence 109, Référence 187, Référence 193 Référence 194 Référence 195 Référence 196 Référence 197, l’accès plus facile au territoire pour les chasseursRéférence 190, Référence 194 et les perturbations linéairesRéférence 198, Référence 199. Les conditions météorologiques et les changements climatiques peuvent influer sur plusieurs aspects de l’écologie du caribou boréal, s’ajouter aux autres menaces et exacerber les principales causes du déclin.

Dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, les populations de caribou boréal en déclin ont des aires de répartition assez petites dans le sud de l’écozone+ (figure 35). Le tableau 7 présente une analyse des perturbations, associées tant aux feux qu’aux activités humaines (termes définis dans la légende), dans l’aire de répartition de chaque population, de manière complète ou partielle, dans l’écozone+ de la Taïga des plaines. Selon cette analyse, de 57 à 87 % de l’aire de répartition de chaque population en déclin est classé comme « perturbation », les populations de Colombie-Britannique et d’Alberta étant caractérisées par le plus fort pourcentage de perturbations causées par les activités humaines (voir aussi la figure 6 dans la constatation clé relative au biome des forêts). Pour les populations des T.N.-O., les feux sont la principale cause de perturbation. Le caribou boréal peut changer de territoire pour éviter les zones brûlées à condition qu’il reste assez de forêts anciennes. Bien que les feux puissent avoir des effets indésirables à court terme, les grands feux préparent les conditions propices à l’établissement de grands peuplements équiennes de forêts matures qui sont essentiels au caribou boréal. Dans un écosystème en santé, lorsqu’une grande parcelle d’habitat est perturbée par un feu, une autre parcelle atteint le stade de la maturité.

Tableau 7. Perturbation de l’aire de répartition du caribou boréal.
Staut de la populationSous-population ou unité d’analysePerturbations de l’aire de répartition de la sous-population

Feu (%)
Perturbations de l’aire de répartition de la sous-population

Anthropiques
(%)
Perturbations de l’aire de répartition de la sous-population

Perturbations totales
(%)
Non disponibleT.N.-O.24831
Non disponibleMaxhamish (C.-B.)0,55758
Non disponibleCalendar (C.-B.)85861
DéclinBistcho (Alb.)206171
DéclinSnake Sahtaneh (C.-B.)68687
Non disponibleParker (C.-B.)15758
Non disponibleProphet (C.-B.)17777
StableYates (Alb./T.N.-O.)432161
DéclinChinchaga (Alb./C.-B.)87476
DéclinMonts Caribou (Alb.)442357

Le statut des populations a été tiré de la figure 35. Il est à remarquer que l’aire de répartition de certaines populations s’étend jusque dans les écozones+ avoisinantes.

« Feu (%)» renvoie au pourcentage de la superficie de l’aire brûlée au cours des 50 dernières années (depuis 2010). Les données sur les feux de plus de 2 km2 de la base de données sur les grands feux du Canada, augmentée par la couverture additionnelle visant les Territoires du Nord-Ouest et Parcs Canada, ont été utilisées aussi.

« Anthropiques (%) » renvoie au pourcentage de la superficie de l’aire de répartition touchée par les perturbations anthropiques, d’après la cartographie établie par la Division des sciences et de la technologie du paysage d’Environnement Canada en collaboration avec Global Forest Watch Canada (GFWC). Toutes les perturbations anthropiques linéaires et polygonales ont été numérisées à partir des images de Landsat. Les perturbations linéaires comprenaient des routes, des voies ferrées, des profils sismiques, des pipelines, des lignes de transport d’électricité, des pistes d’atterrissage, des barrages et d’autres perturbations. Les polygones comprenaient les établissements, les mines, les zones agricoles, les blocs de coupe, les activités pétrolières et gazières, les plates-formes d'exploitation et autres perturbations. Tous les éléments de la base de données ont été tamponnés de 500 m afin de créer une « zone d’influence » puis fusionnés pour éviter le chevauchement des perturbations anthropiques.

Source : Environnement Canada (2011)Référence 180 (2012)Référence 109.

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Oiseaux aquatiques

La présente section est tirée du rapport technique thématique Tendances des oiseaux aquatiques nicheurs au CanadaRéférence 200, qui a été préparé pour le Rapport sur l’état et les tendances des écosystèmes de 2010. Dans le rapport portant sur les oiseaux aquatiques, les analyses des tendances par écozone+ incluaient les données jusqu’en 2006, et ces données n’ont pas été actualisées.

La composition et l’abondance des populations d’oiseaux aquatiques dans l’écozone+ de la Taïga des plaines sont étudiées dans le cadre des Relevés des populations nicheuses de sauvagine menés conjointement par le Service canadien de la faune et le Fish and Wildlife Service des États-Unis; ces relevés ont été établis en 1955Référence 201. Les populations de Harelde kakawi (Clangula hyemalis), de macreuses (Macreuse brune [Melanitta fusca], Macreuse à front blanc [M. perspicillata] et Macreuse noire [M. nigra] combinées), de fuligules (Petit Fuligule [Aythya affinis] et Fuligule milouinan [A. marila] combinés), de Canard pilet (Anas acuta), de Canard colvert (A. platyrhynchos) et de Canard d’Amérique (A. Americana) présentent des tendances au déclin (tableau 8 , figure 36 et figure 37). Les aires de nidification de ces espèces se recoupent, mais la plupart des oiseaux ont des aires d’hivernage différentesRéférence 202, ce qui permet de supposer que les causes de leur déclin pourraient être liées à l’écozone+. Les populations d’oiseaux aquatiques sont réparties de manière irrégulière dans l’ensemble de l’écozone+, et les tendances de ces populations varient également d’un endroit à l’autre, comme il est montré dans le cas des fuligules, à la figure 38 Référence 203.

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Tableau 8. Tendances de l’abondance de certaines espèces d’oiseaux aquatiques dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, des années 1970 aux années 2000.
EspèceHabitat de nidificationTendance
(%/année)
PNote 1 du tableau 8Indice annuel d’abondance (en milliers)

Années 1970
Indice annuel d’abondance (en milliers)

Années 1980
Indice annuel d’abondance (en milliers)

Années 1990
Indice annuel d’abondance (en milliers)

Années 2000
Indice annuel d’abondance (en milliers)

Changement
(%)
Petit GarrotCavité0,104-96,396,285,697,41,2
Harelde kakawiSol-4,164*Note 2 du tableau 842,630,612,511,6-72,8
Macreuses (Macreuse brune, Macreuse à front blanc et Macreuse noire)Sol-4,089*Note 2 du tableau 8250,3233,186,487,9-64,9
Fuligules (Petit Fuligule et Fuligule milouinan)Sol-3,273*Note 2 du tableau 8951,8744,5427,6384,3-59,6
Canard piletSol-2,722*Note 2 du tableau 894,569,337,644,7-52,7
Canard colvertSol-2,155*Note 2 du tableau 8232,9237,2168,8131,6-43,5
Canard d’AmériqueSol-2,024*Note 2 du tableau 8194,1185,5119,7121,7-37,3
Sarcelle d’hiverSol0,665-141,7249163,5201,442,2
Bernache du Canada  -0,472-54,768,163,365,419,5

Note du tableau 8

Note 1 of Table 8

P is the statistical significance

Retour à la référence de la note 1 du tableau 8

Note 2 of Table 8

indicates P<0.05;

Retour à la référence de la note 2 du tableau 8

Source : Fast et al. (2011)Référence 200.

 

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Figure 36. Tendances des populations de (A) fuligules et de macreuses et de (B) Bernache du Canada, de Harelde kakawi et de Petit Garrot dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, de 1970 à 2006.
Graphiques
Source : Fast et al. (2011)Référence 200.
Description longue pour la figure 36

Ces deux diagrammes linéaires présentent les informations suivantes :

Tendances des populations de (A) fuligules et de macreuses et de (B) Bernache du Canada, de Harelde kakawi et de Petit Garrot dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, de 1970 à 2006.
AnnéeFuligulesMacreusesPetit GarrotBernache du CanadaHarelde kakawi
1970726 057256 50473 32677 93635 679
1971835 040190 989111 80691 06652 621
19721 959 096338 748116 32381 1276 560
1973951 786240 68566 61041 74727 112
1974769 027207 389104 62226 58331 177
19751 044 060194 66999 25366 64111 167
1976507 857103 98889 12739 30434 404
1977915 746172 81196 82938 01962 284
1978892 921446 38585 34745 93962 588
1979915 991351 226119 44538 707102 224
1980863 425168 676105 51937 43534 806
1981787 820243 83861 77960 01214 843
1982667 246177 30348 37836 12345 061
1983874 096355 42296 77849 0653 722
1984946 801170 466133 89526 39562 279
1985618 909245 41770 04990 4161 861
1986665 211160 367108 09079 3961 861
1987819 018351 538111 207103 28544 655
1988624 056136 901124 020109 06421 390
1989578 222320 824101 95190 24575 370
1990458 48949 51471 97181 04611 343
1991405 65879 49873 10374 8636 481
1992487 854143 73750 01590 51411 553
1993458 569134 18684 63372 9713 975
1994448 34951 987101 81349 01914 820
1995418 12938 638112 69582 49229 749
1996311 55477 26560 13247 6616 023
1997333 949166 36996 89634 27323 987
1998371 31138 26599 42942 52112 387
1999582 25784 178104 97957 8414 678
2000406 11669 76070 13721 0728 506
2001376 72676 705112 56971 07214 849
2002432 82652 36796 698111 0705 560
2003387 882124 928101 34765 7447 311
2004523 568149 839110 51545 16135 201
2005306 55267 35897 77780 0345 569
2006256 35974 48892 66963 3334 057

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Figure 37. Tendances des populations de Canard d’Amérique, de Sarcelle d’hiver, de Canard colvert et de Canard pilet dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, de 1970 à 2006.
Graphique
Source : Fast et al. (2011)Référence 200.
Description longue pour la figure 37

This line graph shows the following information:

Tendances des populations de Canard d’Amérique, de Sarcelle d’hiver, de Canard colvert et de Canard pilet dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, de 1970 à 2006.
AnnéeCanard d’AmériqueSarcelle d’hiverCanard colvertCanard pilet
1970147 747180 683225 29731 511
1971234 724131 167277 50025 100
1972198 356214 436406 820218 244
1973225 238173 903222 891115 451
1974109 48572 291143 20430 529
1975266 091179 581323 449193 438
1976109 83436 50192 92778 673
1977261 646193 556245 906160 162
1978220 363121 398212 18850 364
1979167 700113 038178 93341 509
1980316 872193 649244 02270 765
1981209 794156 943199 38373 165
1982141 701204 309129 93135 989
1983109 894332 044309 70395 549
1984234 438135 102109 59873 733
1985159 122204 644246 49679 380
198698 339277 501481 01158 323
1987168 597347 039191 42086 871
1988237 209313 850247 06160 698
1989179 314324 752212 89348 318
1990112 753187 134123 82227 000
1991107 03591 16088 53843 392
1992131 035176 007127 59265 779
1993123 511193 853220 56576 650
199449 106193 31170 09514 864
1995119 951167 687120 47212 378
199654 879109 41192 4768 668
1997180 88280 884247 14826 922
1998112 270214 231193 67235 227
1999205 881221 064403 83765 036
2000109 349307 124204 48357 982
2001124 252215 439139 24757 045
2002109 876206 216206 68458 332
2003186 525253 167134 57534 119
2004193 771207 964135 15953 285
200551 99265 67754 91412 416
200676 172154 47846 30140 003

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Figure 38. Répartition géographique des fuligules nicheurs et tendances des fuligules, de 1976 à 2003.

Les densités indiquées sur la carte A sont les densités moyennes durant la période d’étude. La carte des changements dans l’abondance des fuligules (B) compare les données de recensement des années 1976 à 1980 à celles de 1999 à 2003. Les cartes ont été établies à partir des résultats des relevés qui sont résumés à la figure 36 , à la figure 37 et au tableau 8.

Graphiques
Source : adapté de Fournier et Hines (2005)Référence 203.
Description longue pour la figure 38

Ces deux cartes présentent les tendances de la répartition géographique des fuligules de 1976 à 2006 : la carte A indique le nombre total d’oiseaux par kilomètre carré, tandis que la carte B présente l’évolution du nombre d’oiseaux par kilomètre carré. En général, les fuligules sont plus nombreux dans la portion nord de l’écozone+ de la Taïga des plaines, soit au moins 2 à 4 oiseaux/km2 dans la plupart des endroits et 4 à 8 oiseaux/km2 dans bien des cas. Une région sur la rive nord du Grand lac des Esclaves présente aussi une forte densité d’oiseaux. Dans la majeure partie du reste de l’écozone+, le nombre de fuligules est inférieur à 4 oiseaux/km2. De 1976 à 2003, la densité des oiseaux a connu d’importants changements dans deux secteurs de l’écozone+: de vastes secteurs de la portion nord de l’écozone+ et les secteurs au nord et à l’ouest du Grand lac des Esclaves ont connu des baisses atteignant parfois 17 oiseaux/km2.

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Malgré leur abondance, les populations totales de Fuligule milouinan et de Petit Fuligule sont en déclin depuis le milieu des années 1980, principalement les populations nicheuses des forêts boréales de l’ouest (figure 39). Le taux de croissance des populations de Petit Fuligule peut être fortement lié à la survie des femelles adultes au cours des saisons de reproduction et internuptiales et, dans une moindre mesure, au succès de la nidification, à la survie des canetons et à la survie des jeunesRéférence 204, ce qui donne à penser que les changements subis par l’habitat de nidification peuvent grandement influer sur la croissance de ces populations.

Figure 39. Déclins des populations de fuligules dans la forêt boréale par comparaison aux tendances observées dans la toundra et la prairie-parc, de 1955 à 1997.

Les estimations des populations nicheuses totales de Fuligule milouinan et de Petit Fuligule sont combinées.

Graphique
Source : Afton et Anderson (2001)Référence 205.
Description longue pour la figure 39

Ce diagramme linéaire illustre l’évolution des populations de fuligules dans la forêt boréale comparativement aux tendances observées dans la toundra et la prairie-parc, de 1955 à 1997. Dans la toundra, les populations de fuligules sont demeurées relativement stables au cours de cette période, contrairement à ce qui s’est produit dans la prairie-parc et la forêt boréale, qui ont toutes les deux connu un déclin des populations. Les populations de fuligules dans la forêt boréale sont variables, mais elles se situent généralement entre 3 et 5 millions d’oiseaux jusqu’au début de la décennie 1990, alors que les populations fléchissent sous les 3 millions. Dans la prairie-parc, les chiffres sont plus faibles dans l’ensemble, mais ils fluctuent moins que ceux des populations de la forêt boréale, se situant généralement entre 1 et 2 millions d’oiseaux. Populations de la toundra sont restés stables au cours de cette période à moins de 1 million d'oiseaux.

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Les causes des déclins des populations d’oiseaux aquatiques ne sont pas bien connues, car très peu d’études à ce sujet ont été menées dans la Taïga des plaines. Les changements climatiques peuvent jouer un rôle important, surtout dans le cas du Harelde kakawi, des macreuses et des fuligules, qui nichent tardRéférence 206, Référence 207. Comme la photopériode est probablement le principal élément déclencheur de la nidification pour ces espèces, il peut se produire de mauvaises associations de dates entre les dates de nidification tardives, qui sont relativement fixes (voir par ailleurs Anteau et Afton[2009]Référence 208), et les stades phénologiques des invertébrés, qui dépendent de la température et qui ont probablement changé récemment à la suite du réchauffement climatiqueRéférence 209. L’hypothèse du mésappariement entre les oiseaux nicheurs et la disponibilité changeante de la nourriture, bien qu’encore non vérifiée dans la taïga, a été montrée ailleurs (voir par exemple Thomas et al. [2001]Référence 210). Cette hypothèse n’en est cependant qu’une parmi d’autres pour expliquer le déclin des populations de fuligules (voir l’examen in Austin et al. [2000]Référence 211).

Les causes des déclins observés du Canard pilet, du Canard colvert et du Canard d’Amérique ne sont toujours pas claires. L’abondance des trois espèces fluctue grandement d’une année à l’autre, et certaines d’entre elles connaissent aussi des déclins dans d’autres régions. Les populations de Bernache du Canada et de Sarcelle d’hiver n’affichent aucune tendance statistiquement significative.

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Poissons

Les trois poissons suivants de l’écozone+ de la Taïga des plaines sont considérés comme des espèces en péril dans les Territoires du Nord-Ouest : le cisco à mâchoires égales (Coregonus zenithicus) est classé parmi les espèces en péril, et l’omble à tête plate (Salvelinus confluentus) et l’inconnu (Stenodus leucichthys; stocks du cours supérieur du fleuve Mackenzie et du Grand lac des Esclaves seulement) sont classés comme des espèces possiblement en périlRéférence 212.

En 1987, le COSEPAC a désigné le cisco à mâchoires égales comme espèce menacée, se fondant sur les populations réduites et le taux d’exploitation de l’habitat dans l’ensemble du Canada. La classification de l’espèce a été confirmée durant une évaluation de la situation de l’espèce menée en 2003Référence 213. Dans les Territoires du Nord-Ouest, le cisco à mâchoires égales se trouve dans le Grand lac des Esclaves, qui est à la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce; il existe aussi certaines mentions non confirmées de l’espèce dans le Grand lac à l’OursRéférence 212. La situation et les tendances des populations dans l’écozone+ sont peu connuesRéférence 213.

La présence de l’omble à tête plate a été confirmée au début des années 2000 dans la région du Sahtu de la Taïga des plaines, ce qui confirme que l’aire de répartition de l’espèce a avancé vers le nord de 4 degrés de latitude par rapport à l’aire de répartition antérieureRéférence 214. L’omble à tête plate, qui est probablement largement répartie dans des cours d’eau à forte déclivité du centre-sud de la vallée du fleuve Mackenzie, est très sensible à diverses répercussions anthropiques individuelles et cumulatives; bon nombre des populations du sud de l’écozone+ ont disparu ou pourraient être menacéesRéférence 214.

Dans le cours supérieur du fleuve Mackenzie et le Grand lac des Esclaves, les populations d’inconnu semblent avoir chuté dans les filets maillants à proximité des cours d’eau où se trouvent les frayères de l’espèce.Référence 215 Les Aînés racontent que l’effondrement des stocks a commencé lorsque le florissant commerce de la fourrure des années 1940 et 1950 a exigé de grandes quantités d’aliments pour les chiens d’attelageRéférence 216. Le déclin s’est poursuivi avec l’arrivée de la pêche commerciale et les prises accidentelles associées à la pêche du grand corégone dans le Grand lac des Esclaves. Les mesures de conservation, qui sont en place depuis de nombreuses années, ont mené seulement à un lent rétablissement de l’espèceRéférence 215.

Les données de base sur les stocks de poissons sont résumées dans le rapport sur le bassin du fleuve Mackenzie portant sur l’état du milieu aquatiqueRéférence 59 et dans la vérification environnementale des Territoires du Nord-Ouest et le Programme de surveillance des impacts cumulatifs dans les Territoires du Nord-OuestRéférence 217. Dans les cas où des données sont disponibles, la plupart des stocks de poissons sont considérés comme stables ou en augmentation. Dans le Grand lac à l’Ours, la population de touladi a diminué entre le début des années 1970 et le milieu des années 1980. Des quotas ont été alloués en 1987. Depuis, la récolte du touladi a été beaucoup moins importante que le rendement maximal soutenu (figure 40). En 1989, les stocks d’ombre arctique dans le cours supérieur du bassin du fleuve Mackenzie ont été affectés par une éclosion de pathogènes d’origine hydrique causée par les eaux chaudes mais, selon les données de la pêche sportive, notamment les données relatives à la rivière Kakisa (au sud-ouest du Grand lac des Esclaves)Référence 217, les stocks semblent s’être rétablis à leurs niveaux antérieurs par la suite.

Figure 40. Récolte de touladis dans le Grand lac à l’Ours, de 1972 à 1990.
Graphique
Source : Conseil du bassin du Mackenzie, 2004Référence 59; données de Pêches et Océans Canada, rivière au Foin.
Description longue pour la figure 40

Ce diagramme linéaire montre que la récolte de touladis dans le Grand lac de l’Ours a fortement décru entre 1975 et 1990. De 1975 à 1987, la récolte dépassait de beaucoup la récolte maximale recommandée de 9 000 poissons : près de 19 000 individus ont été récoltés en 1975, puis ce chiffre a baissé jusqu’à 13 500 en 1985. Après 1987, les récoltes ont diminué rapidement; moins de 4 000 touladis ont été récoltés en 1990.

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Constatation clé 18
Productivité primaire

Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l’échelle nationale
La productivité primaire a augmenté dans plus de 20 % du territoire végétalisé au Canada au cours des 20 dernières années et elle a également augmenté dans certains écosystèmes d’eau douce. L’ampleur et la période de productivité primaire changent dans tout l’écosystème marin.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : De manière globale, la productivité primaire a augmenté dans 22,7 % de la superficie terrestre de la Taïga des plaines et diminué dans 1,5 % de la superficie terrestre, de 1985 à 2006. L’augmentation de la productivité primaire s’est fait surtout sentir dans le nord de l’écozone+, où des études montrent une augmentation du taux de croissance des arbustes, ainsi qu’une altération de la croissance des lichens et de certaines épinettes blanches. Les grands feux qui caractérisent l’écozone+ influent sur la productivité primaire mais ne peuvent en expliquer l’augmentation générale.

La présente section est fondée sur les analyses et les interprétations du rapport Surveillance à distance de la biodiversité : sélection de tendances mesurées à partir d’observations par satellite du CanadaRéférence 13. D’autres informations ont été ajoutées en ce qui concerne la relation avec les feux de forêts, la qualité de la nourriture et la productivité aquatique.

L’indice de végétation par différence normalisée (IVDN) est une mesure de la vigueur de la végétation liée à l’activité chlorophyllienne ou « verdure ». Les changements dans l’IVDN observés durant la période de 1985 à 2006 ont été examinés par Ahern et al. (2011)Référence 13 pour chaque écozone+, d’après les constatations de Pouliot et al. (2009)Référence 218. Les résultats sont présentés à la figure 41. De manière générale, 22,7 % de l’écozone+ de la Taïga des plaines a connu un changement positif statistiquement significatif (limite de confiance à 95 %) de l’IVDN, et 1,5 % a connu un changement négatif significatif de l’IVDN.

Figure 41. Tendance dans l’indice de végétation par différence normalisée, écozone+ de la Taïga des plaines, de 1985 à 2006.
Carte
Source : Ahern et al. (2011)Référence 13.
Description longue pour la figure 41

Cette carte indique la tendance dans l’indice de végétation par différence normalisée (IVDN) de 1985 à 2006. Les valeurs de l’IVDN ont augmenté sur 22,7 % de la superficie de l’écozone+ de la Taïga des plaines, ce qui reflète une augmentation de la productivité primaire, tandis que les valeurs de l’IVDN n’ont diminué que dans 1,5 % de l’écozone+. Les secteurs où l’IVDN a augmenté sont concentrés dans la portion nord de l’écozone+, alors que les secteurs en diminution sont isolés et se trouvent pour la plupart dans une zone à l’ouest du Grand lac des Esclaves.

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Dans le nord de la Taïga des plaines, la vaste région où la forte augmentation de l’IVDN visible sur la carte correspond à une grande superficie de forêt coniférienne située au nord du Grand lac à l’Ours, à l’est de la vallée du Mackenzie. Une parcelle semblable de plus petite superficie se trouve dans la vallée du cours inférieur du Mackenzie. Plus au sud, les zones où l’IVDN augmente sont isolées. La zone où l’IVDN diminue, à l’ouest du Grand lac des Esclaves, ne correspond à aucun brûlis récent. La nappe phréatique est élevée dans la région, et certaines zones dans lesquelles on trouvait autrefois des forêts et de hautes arbustaies ont été inondées durant les années de fortes précipitationsRéférence 216.

Pouliot et al. (2009)Référence 218 ont examiné aussi l’influence du climat et du changement de la couverture terrestre sur les tendances de l’IVDN dans huit régions du Canada. L’influence du climat a été examinée au moyen d’une analyse par quadrillage des corrélations entre les données sur la température mensuelle et les précipitations (Mitchell [2005] in Pouliot et al. [2009]Référence 218) et le maximum annuel de l’IVDN. L’analyse donne à penser que, dans la Taïga des plaines, le climat influe fortement sur l’IVDN, et de manière plus prononcée que dans toute autre région canadienne. Comme dans d’autres régions du nord, l’IVDN a été corrélé négativement avec les précipitations et corrélé positivement avec la températureRéférence 218.

Olthof et al. (2008)Référence 219 ont examiné les tendances de l’IVDN dans une partie de l’écozone+ de la Taïga des plaines (ainsi que dans des zones de toundra au nord) en se servant des mêmes jeux de données que ceux qu’avaient utilisés Ahern (2011)Référence 13 et Pouliot (2009)Référence 218, ainsi que de données Landsat de plus haute résolution. Les auteurs ont constaté que les tendances de l’IVDN étaient toujours moins marquées dans les communautés dominées par les lichens que dans les communautés dominées par les plantes vasculaires, bien que toutes les communautés affichaient des tendances à la hausse de l’IVDN. Les constatations sont conformes aux études menées sur le terrainRéférence 220 Référence 221Référence 222 Référence 223 Référence 224 et ont été attribuées à la vigueur accrue et à la plus grande biomasse des plantes vasculaires ainsi qu’à une certaine altération de la croissance des lichens en raison de l’assèchementRéférence 219. Dans cette région nordique, l’épinette blanche montre également des signes de diminution du taux de croissance, probablement causée par un stress hydrique (voir la constatation clé relative au biome des forêts et la figure 8).

Dans la forêt boréale, il est compliqué d’utiliser des mesures satellitaires pour déterminer la productivité primaire en raison des effets des feux de forêt. La productivité diminue durant environ une dizaine d’années après un feu de forêtRéférence 225, et la succession naturelle et l’âge des arbres peuvent aussi compliquer l’interprétation des tendances de la productivité des végétaux mesurées par télédétectionRéférence 226 Référence 227. Ahern (2011)Référence 13 a analysé les changements dans l’IVDN en rapport avec l’historique des feux dans l’ensemble du Canada : les tendances de l’IVDN étaient négatives dans les zones récemment touchées par les feux (de 1994 à 2004), positives dans les zones touchées par les feux de 1980 à 1990 (où la régénération aurait dominé) et généralement positives ou près de zéro dans les zones affectées par les feux avant 1980 (de 1960 à 1980). Les auteurs ont conclu que, dans le nord de la zone forestière du nord du Canada, bon nombre des changements observés pouvaient résulter du cycle naturel des feux de forêt et de la succession végétale, bien que les tendances des feux de végétation à elles seules ne puissent expliquer l’importance et la répartition des changements observés à l’IVDN au cours de la période de 22 ans.

Les tendances à l’augmentation de la productivité végétale, telles que déterminées par des mesures satellitaires (IVDN), peuvent ne pas se traduire par une augmentation de la qualité de la nourriture pour les insectes herbivores ou les mammifères herbivores. Ainsi, la quantité de rayonnement solaire (ou couverture nuageuse) et la température affectent aussi les concentrations de composés dans les végétaux, comme les tanins, qui affectent la qualité de la nourritureRéférence 228. Par conséquent, les conditions qui favorisent une augmentation de la productivité primaire peuvent faire diminuer aussi la qualité de certains végétaux dont se nourrissent les herbivores.

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Constatation clé 19
Perturbations naturelles

Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l’échelle nationale
La dynamique des régimes de perturbations naturelles, notamment les incendies et les vagues d’insectes indigènes, est en train de modifier et de refaçonner le paysage. La nature et le degré du changement varient d’un endroit à l’autre.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : Dans la Taïga des plaines, les perturbations naturelles montrent des signes de changements associés au climat. À l’échelle décadaire, la superficie de forêts brûlées a augmenté depuis les années 1960, puis a baissé au cours de la dernière décennie; les données sont cependant incomplètes pour cette décennie. Il existe certaines indications d’une tendance à un plus grand nombre de feux plus tôt en saison, et cette tendance est cohérente avec la tendance observée de la température. La tordeuse des bourgeons de l’épinette, principal insecte forestier nuisible, est endémique dans la partie sud de l’écozone+, et il existe certaines indications que l’insecte pourrait se déplacer vers le nord. Tant la livrée des forêts que le dendroctone du pin ponderosa, dont la présence est relativement nouvelle dans l’écozone+, montrent des signes de plus grande abondance et de propagation vers le nord.

Feu

L’intérêt pour la surveillance des tendances des feux de forêt s’est accru récemment en raison de la relation entre le réchauffement climatique, les feux de forêts et les répercussions sur le cycle et le stockage du carbone. Les membres des collectivités ont remarqué une augmentation de la fréquence des feux de forêt associée aux températures chaudes. Cependant, on ne sait pas si la fréquence mentionnée des feux de forêt et leur répartition à l’échelle du paysage diffèrent de ce qu’elles ont déjà été. Ainsi, 90 feux ont été signalés dans la région de Fort McPherson à l’été 2003, qui a été chaud et sec Référence 129, mais il est difficile d’interpréter le phénomène sur le plan des tendances à long terme, parce que le nombre de feux de forêts et la superficie brûlée chaque année varient beaucoup – on peut s’attendre à ce que quelques années connaissent un nombre de feux exceptionnellement élevé. La Taïga des plaines a été touchée par de grands feux dans les années 1940, décennie caractérisée par du temps chaud et sec, tel qu’il a été documenté, notamment dans la région de Fort SmithRéférence 229. Dans une étude de l’historique des feux à Fort Providence au cours du XIXe et du XXe siècle, la proportion la plus élevée de peuplements forestiers a commencé à pousser après les grands feux des années 1940Référence 230. Quelques arbres ont survécu au feu durant plus de 200 ans. Les années 1860, 1880 et 1920 ont été aussi des décennies au cours desquelles de grandes superficies de forêts ont brûlé.

Le rôle joué par les humains dans les feux de forêt a changé avec les établissements humains ainsi qu’avec les pratiques culturelles et économiques, tant en ce qui a trait à l’allumage accidentel ou délibéré des feux qu’au mode de suppression des feux. Ainsi, dans le passé, les Autochtones du centre-sud de l’écozone+ avaient recours au brûlage comme outil de gestion pour améliorer les conditions pour d’importantes sources de nourriture, comme l’orignal, le bison des bois, le lièvre, le castor, le tétras et les baies, qui préfèrent les milieux en début de succession végétaleRéférence 216, Référence 230, Référence 231. Le paysage de prairie qui en a résulté a depuis été remplacé par un paysage forestierRéférence 232.

Dans la forêt boréale, le comportement des feux est en partie associé à l’âge des peuplements Référence 233. Après avoir augmenté durant les premières décennies du peuplement, l’inflammabilité diminue et demeure faible dans le peuplement mature, puis augmente de nouveau lorsque le peuplement se détériore. Les courts intervalles entre les feux favorisent la régénération des arbres feuillus plutôt que des conifères. Les feux intenses qui touchent les jeunes peuplements de conifères dégagent des superficies qui deviennent occupées par des peuplements de feuillus, par l’intermédiaire des graines qui sont transportées par le vent sur de grandes distances. La profondeur du brûlage étant variable, de grandes différences dans la densité des semis sont observées. Un climat chaud et sec, associé à une augmentation de la fréquence des feux, entraîne des feux d’une grande intensité et brûlant en profondeur, détruisant la matière organique et tuant davantage les parties souterraines des végétaux que les feux de surface de faible intensitéRéférence 233.

La discussion qui suit résume les tendances récentes observées quant à l’étendue, la durée et le moment des feux. Elle est fondée sur le rapport technique thématique Tendances des grands incendies de forêts au Canada, de 1959 à 2007Référence 13, qui a été préparé pour le Rapport sur l’état et les tendances des écosystèmes de 2010. Les données utilisées dans les analyses aux fins du rapport étaient à jour en 2007 et n’ont pas été actualisées.

Certains des plus grands incendies du pays se produisent dans l’écozone+ de la Taïga des plainesRéférence 234 Référence 235. Une accumulation de facteurs est en cause, notamment le climat continental secRéférence 236, la situation géographique éloignée, où peu d’efforts de suppression sont déployésRéférence 234, et les types de combustibles qui s’y trouvent, principalement des combustibles présents dans la forêt boréale à des charges moyennes relativement élevées qui entraînent des taux de combustion supérieursRéférence 239, Référence 238. Ainsi, ces facteurs se traduisent par des feux assez graves qui brûlent sur de grandes superficies.

Superficie brûlée

En moyenne, 2 858 km2 brûlent chaque année dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, mais la superficie brûlée peut varier grandement d’une année à l’autre (figure 42). En effet, pour de nombreuses années, la superficie brûlée (par des feux de plus de 2 km2) a été inférieure à 100 km2, tandis que pour d’autres années, elle a été beaucoup plus élevée, notamment en 1995 où elle a atteint 17 354 km2.

Certaines années de faible activité de feu répertoriées au début de la période d’étude pourraient s’expliquer par le fait que la surveillance était limitée dans cette écozone+ nordique. Toutefois, la tendance s’est poursuivie au cours des dernières décennies, ce qui indique qu’il est effectivement possible que seule une très petite superficie soit brûlée au cours de certaines années (voir par exemple, en 1991, en 1997 et en 2002 à la figure 42). Malgré les années de très faible activité de feu10, le pourcentage de la superficie boisée brûlée annuellement pour l’écozone+ de la Taïga des plaines est de 0,71 %, ce qui est élevé par rapport à d’autres écozones+. Il s’agit en fait du deuxième pourcentage le plus élevé – seule l’écozone+ de la taïga du Bouclier compte un pourcentage de superficie boisée brûlée plus grand.

Figure 42. Superficie brûlée chaque année par les grands feux dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, de 1959 à 2007.

Remarque : La tendance a été établie uniquement en fonction des grands feux (d’une superficie de plus de 2 km2, et non de la superficie brûlée totale).

Graphique
Source : Krezek-Hanes et al. (2011)Référence 10.
Description longue pour la figure 42

Ce diagramme à bandes montre les informations suivantes :

Superficie brûlée chaque année par les grands feux dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, de 1959 à 2007.
AnnéeSuperficie brûlée (km2)
1959705
1960112
19611 849
1962200
196351
196454
1965308
19661 124
1967289
19681 852
19694 605
19701 111
19714 358
19722 076
19731 907
1974178
19754 210
19762 944
1977631
1978106
197912 142
198011 144
198113 722
19823 900
1983894
19841 006
1985159
19863 080
19873 574
1988611
19892 049
19901 015
1991128
199221
19937 693
199413 605
199517 354
19961 429
199798
19983 330
19993 737
2000552
200166
200216
20032 269
20044 273
20051 850
2006592
20071 088

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La tendance à long terme de la superficie brûlée pour l’écozone+ de la Taïga des plaines est semblable aux tendances observées à l’échelle nationale. La superficie brûlée est présentée par décennie depuis les années 1960 à la figure 43 , et les feux sont cartographiés à la figure 44. La superficie brûlée a augmenté à partir des années 1960 et jusque dans les années 1990, puis a chuté de façon spectaculaire dans les années 2000. Comme il a été mentionné plus haut, les faibles valeurs obtenues au début de la période d’étude pourraient être attribuables aux techniques de collecte des données, qui se sont améliorées à compter des années 1970Référence 236. Même si les valeurs indiquées pour les années 2000 doivent être considérées avec prudence, puisqu’elles ne comprennent pas les données pour toutes les années de la décennie, la récente baisse pourrait être liée à des changements concernant les oscillations atmosphériques à grande échelle10.

Figure 43. Tendance de la superficie brûlée totale par décennie dans l’écozone+ de la Taïga des plaines.

La valeur pour la décennie 2000 a été répartie proportionnellement sur 10 ans d’après la moyenne pour la période de 2000 à 2007.

Graphique
Source : Krezek-Hanes et al. (2011)Référence 10.
Description longue pour la figure 43

Ce diagramme à bandes montre les informations suivantes :

Tendance de la superficie brûlée totale par décennie dans l’écozone+ de la Taïga des plaines.
DécennieSuperficie brûlée (km2)
1960s10 443
1970s29 663
1980s40 138
1990s48 410
2000s13 383

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Figure 44. Répartition des grands feux dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, des années 1980 aux années 2000.

Les feux indiqués pour les années 2000 ne concernent que la période de 2000 à 2007.

Carte
Source : Krezek-Hanes et al. (2011)Référence 10.
Description longue pour la figure 44

Cette carte présente la distribution des grands feux dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, ventilée par décennie. Pendant les années 1980, plusieurs vastes étendues ont brûlé dans la moitié sud de l’écozone+, ainsi que dans divers secteurs du nord. Au cours des années 1990, c’est dans le milieu et à l’extrémité nord-ouest de l’écozone+ que les grands feux sont survenus. La superficie brûlée a été beaucoup moindre pendant la décennie 2000; les secteurs touchés étaient alors concentrés dans le sud de l’écozone+.

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Durée et moment des feux

La durée moyenne de l’activité des grands feux est de 81 jours (environ 4 mois) et elle n’a pas vraiment varié. L’activité des feux diffère de la durée de la saison des feux, cette dernière étant calculée d’après les indicateurs portant sur les conditions météorologiques propices au feu et étant aussi plus longue, à savoir d’environ 173 joursRéférence 239. La durée de la saison des feux est la période durant laquelle les conditions météorologiques sont propices au feu. Les valeurs documentées dans le présent rapport ont été calculées d’après l’activité réelle des grands feux. Selon l’analyse, les feux sont plus fréquents de juin à août, mais ils peuvent survenir dès avril et jusqu’en septembre (figure 45).

Bien que la durée moyenne de l’activité des feux n’ait pas varié dans le temps, la répartition des feux durant la saison des feux a, pour sa part, légèrement changé au cours des 40 dernières années. La proportion des incendies qui ont lieu en avril est passée de 0 % dans les années 1960 à 1,2 % dans les années 1990. La proportion des incendies qui ont lieu en mai a quant à elle augmenté de façon constante, ce qui constitue un changement statistiquement significatif (R2 = 0,93; P = 0,035). Tous les incendies signalés en avril ont été causés par les humains, tandis que les incendies survenus en mai ont été causés par les humains et par la foudre, à parts égales. Des feux de début de saison peuvent aussi survenir durant les années sèches, lorsque les feux de l’année précédente sont couvants dans les couches profondes de tourbe en hiver, et redeviennent des feux de surface au printempsRéférence 216. Davantage de données sont nécessaires pour déterminer si ces petits changements constituent le début d’un phénomène réel, tel que l’allongement de la saison des feux, ou s’ils traduisent en fait les limites de la base de données sur les grands feux.

Figure 45. Pourcentage de l’ensemble des grands feux pour chaque mois de la saison des feux, par décennie, des années 1960 aux années 1990.

Remarque : Cette tendance des feux est basée sur le nombre de grands feux de plus de 2 km2.

Graphiques
Source : Krezek-Hanes et al. (2011)Référence 10.
Description longue pour la figure 45

Ce diagramme à bandes groupées illustre les informations suivantes :

Percent of all large fires that occur in each month of the fire season by decade, 1960s-1990s.
DécennieAvril
(%)
Mai
(%)
Juin
(%)
Juillet
(%)
Août
(%)
Septembre
(%)
Adurée moyenne
(journées)
1960s02374115370
1970s06274420294
1980s17225118081
1990s19294611282

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La répartition des feux n’a pas varié au cours des derniers mois de la saison des feux, les saisons de feux tardives étant surtout causées par la foudre, qui est responsable de 83 % des grands feux dans l’écozone+ de la Taïga des plaines (figure 46 a). La proportion des feux causés par la foudre comparativement à celle des feux causés par les humains a augmenté des années 1960 aux années 1990 (figure 46 a). La superficie brûlée totale résultant d’allumages par la foudre a augmenté aussi durant la période de 40 ans (figure 46 b). L’augmentation de la superficie brûlée par la foudre est fort probablement due à des températures plus élevées au cours de la saison des incendies dans les années 1990Référence 239, Référence 240.

Figure 46. Tendances A) de la proportion de grands feux en fonction de la cause; et B) de la superficie brûlée totale par la foudre et par allumage par des humains, par décennie, des années 1960 aux années 1990.

Les grands feux sont les feux de plus de 2 km2.

Graphiques
Source : Krezek-Hanes et al. (2011)Référence 10.
Description longue pour la figure 46

Ces deux diagrammes à bandes illustrent les informations suivantes :

Tendances A) de la proportion de grands feux en fonction de la cause; et B) de la superficie brûlée totale par la foudre et par allumage par des humains, par décennie, des années 1960 aux années 1990.
DécennieLes feux causés par les humains
(%)
Les feux causés par la foudre
(%)
Superficie brûlée par les humainsSuperficie brûlée par la foudre
60s63866 987,883 455,59
70s352272 199,292 7463,55
80s13313217,843 9920,39
90s222321 282,615 4691,92

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Infestations d’insectes

Les tendances des infestations d’insectes indigènes à grande échelle sont corrélées avec les conditions météorologiques et les feux de forêts, qui influent tous deux sur la probabilité d’infestations d’insectes. Les infestations d’insectes peuvent défolier régulièrement les arbres, qui deviennent incapables de se reproduire (produire des cônes), et entraînent une réduction de leur croissance et de leur vigueur. De plus, les infestations à plusieurs espèces peuvent aussi endommager les arbres qui sont déjà affaiblis par une première attaque. Les insectes ravageurs importants dans l’écozone+ sont la tordeuse des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana), la tenthrède du mélèze (Pristiphora erichsonii) et la livrée des forêts (Malacosoma disstria).

La tordeuse des bourgeons de l’épinette, de loin l’insecte ravageur le plus important dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, est un petit papillon nocturne qui est responsable de graves infestations qui causent une défoliation importante des sapins et des épinettes, en particulier dans la forêt boréaleRéférence 241. Les infestations peuvent durer de 5 à 15 ans, et les populations peuvent atteindre des densités extrêmement élevéesRéférence 242. Les infestations de tordeuse des bourgeons de l’épinette sont étroitement liées au climat, bien que certains facteurs météorologiques particuliers favorisant les infestations soient peu connusRéférence 243. Les infestations sont déclenchées par la synchronie entre le moment où les larves forment des sites d’alimentation et le moment où les bourgeons des arbres se développent. Les gels printaniers peuvent affecter les bourgeons et causer l’effondrement des populations de tordeuseRéférence 244, et les gels limitent probablement l’aire de répartition vers le nord de l’insecte.

Dans les Territoires du Nord-Ouest, une récente infestation a été grave. Au plus haut point de l’infestation (en 2002), la tordeuse des bourgeons de l’épinette a défolié modérément ou gravement environ 24 000 km2 d’épinette blancheRéférence 243. Bien que la population du ravageur se soit effondrée dans la majeure partie des T.N.-O. entre 2003 et 2005, l’infestation a persisté et s’est déplacée progressivement vers le nord, dans la région du Sahtu (Norman Wells)Référence 46, Référence 115.

Les infestations de tordeuse des bourgeons de l’épinette dans la région de Fort Nelson sont concentrées dans les peuplements matures d’épinette blanche et dans les peuplements matures mélangés de peuplier faux-tremble et d’épinetteRéférence 241. D’après l’analyse des anneaux de croissance, les infestations dans cette partie de l’écozone+ surviennent en moyenne à tous les 26 ans, et cinq ou six infestations se sont produites au XXe siècle. L’infestation la plus récente a duré d’environ 1987 à 2003Référence 245, Référence 246.

La livrée des forêts est un insecte défoliateur des feuillus, qui s’attaque particulièrement au peuplier faux-tremble. Otvos et al. (2010)Référence 247 ont analysé les six infestations qui sont survenues depuis le début de la tenue de dossiers détaillés à ce sujet, en 1944, en Colombie-Britannique. Ils ont constaté que les infestations étaient devenues plus importantes, tant sur le plan de l’étendue que de la durée. Quarante-six pour cent de la défoliation du peuplier faux-tremble dans la province (causée par l’ensemble des six infestations regroupées) a touché la zone biogéoclimatique boréale de l’épinette blanche et de l’épinette noire. L’infestation des années 1990 s’est concentrée autour de Fort NelsonRéférence 246.

Les Territoires du Nord-Ouest ont connu une première infestation de livrée des forêts au milieu des années 1990 dans la vallée de la rivière Liard, dans le sud-ouest de la partie de l’écozone+ qui se trouve dans les Territoires du Nord-OuestRéférence 248. L’infestation a duré deux ou trois ans, atteignant un sommet en 1996Référence 248. Les œufs de la livrée des forêts pouvant mourir durant des vagues de froid hivernalRéférence 249, la tendance marquée à des hivers chauds qu’a connue la Taïga des plaines au cours des 50 dernières années a probablement contribué à l’augmentation des infestations de livrée des forêts dans l’écozone+.

Le dendroctone du pin ponderosa a atteint le district forestier de Fort Nelson en 2010 et s’est répandu le long du corridor de la rivière KéchikaRéférence 250. On trouve de vastes plateaux couverts de pins dans la région qui pourrait être menacée si l’intensité et l’étendue de l’infestation augmentaientRéférence 246.

Le dendroctone du pin ponderosa est présent dans la partie de l’Alberta qui se trouve dans l’écozone+ de la Taïga des plaines, et l’insecte s’est répandu sur quelques kilomètres dans les Territoires du Nord-Ouest à l’été de 2012Référence 251. Les taux d’infestation dans le nord de l’Alberta sont faibles comparativement à ceux du centre de la province, qui est la région la plus affectéeRéférence 252. Cependant, l’examen du rapport entre les nouvelles infestations et les infestations de l’année précédente, mené à l’été 2010 en Alberta, a montré que le dendroctone du pin se répand vers le nordRéférence 252. Selon une étude de la mortalité hivernale réalisée le printemps suivant (2011), le taux de survie des dendroctones était élevé, ce qui a mené à des prévisions d’une nouvelle augmentation des infestationsRéférence 253. Le dendroctone du pin ponderosa a été détecté pour la première fois dans le centre-ouest de l’Alberta en 2006; l’insecte est rapidement devenu abondant et s’est répandu vers l’estRéférence 252. Certaines infestations localisées de pin ponderosa ont eu lieu en Alberta par le passé, y compris de petites pochettes d’infestations dans le nord depuis 2001Référence 254.

Les hôtes préférés du dendroctone du pin ponderosa sont les peuplements équiennes de pins maturesRéférence 250 – les pratiques de gestion des forêts, dont la suppression des feux, ont donc un impact sur la propagation de l’insecte ravageur. Le climat constitue aussi un facteur important : une température de -40 °C est requise pour que la mortalité hivernale soit suffisante pour entraîner des déclins des populations de l’insecteRéférence 254. Bien que, dans les conditions climatiques actuelles, le dendroctone du pin ponderosa soit probablement à l’extrême limite nord de son aire de répartition dans la Taïga des plaines, il existe une possibilité d’infestations plus graves et d’expansion de l’aire de répartition dans des scénarios de changements climatiquesRéférence 255.

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Constatation clé spécifique à l’écozone+
Maladies et parasites de la faune

Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Constatation clé à l’échelle écozone+ : Les maladies de la faune sont importantes dans l’écozone+ de la Taïga des plaines sur le plan de l’écologie, de l’économie et de la santé humaine. La tuberculose bovine et la brucellose affectent un fort pourcentage des bisons des bois et présentent des risques pour la santé humaine et les activités économiques. Il existe de nouvelles données probantes et une préoccupation de plus en plus grande en ce qui concerne certaines maladies de la faune et certains parasites (y compris le charbon, les parasites des ongulés, et certains virus et champignons affectant les grenouilles) dont la prévalence ou la répartition sont peut-être en train d’augmenter, ou pourraient le faire dans l’avenir, en raison du temps plus chaud et des changements dans la répartition des espèces animales sauvages.

L’état de santé de la faune dans la Taïga des plaines n’a presque jamais été décrit, bien que la base des connaissances commence à s’enrichir grâce à la surveillance communautaire, du moins pour les espèces sauvages qui sont importantes pour les personnes. Par exemple, l’état de santé du caribou dans certaines parties de l’écozone+ a été surveillé par des chasseurs qui ont travaillé en collaboration avec des biologistes et des vétérinaires de 2003 à 2008. Les chasseurs et les Aînés ont été interviewés afin de documenter leurs connaissances écologiques locales de la santé de la faune, et des chasseurs de la région ont été formés comme surveillants pour prélever des échantillons de tissus et prendre des mesures afin d’évaluer l’état corporel et l’état de santé des caribous récoltés (n = 69) et des orignaux récoltés (n = 19). En 2007, le programme a été élargi de manière à y inclure la participation à la chasse annuelle au caribou organisée par une collectivitéRéférence 256.

Certains changements peuvent être prévus en ce qui concerne les maladies et les parasites dans l’écozone+ en raison de deux facteurs liés aux changements climatiques :

  1. La dépendance des parasites et des pathogènes à l’égard de la température dans le cas de certaines maladies. Par exemple, les infestations de tique de l’orignal en Alberta coïncident avec des températures chaudes au printemps et avec une fonte des neiges hâtiveRéférence 257.
  2. L’expansion de l’aire de répartition d’espèces endémiques ou la colonisation de certains secteurs de l’écozone+ par des espèces non indigènes. Par exemple, la dispersion du bœuf musqué dans le nord-est de la Taïga des plaines à compter des années 1990; les individus provenaient du nord-est du Grand lac à l’Ours, région où les bœufs musqués étaient infestés par des strongles pulmonaires. Dans ce cas, on craignait que le bœuf musqué ne transmette le parasite au mouflon de Dall. Cependant, certaines études indiquent que tel ne fut pas le cas en conditions expérimentalesRéférence 258.

La présente section est tirée des rapports techniques thématiques Pathogènes et maladies de la faune au CanadaRéférence 11 et Tendances des populations de caribou des zones septentrionales du CanadaRéférence 97, qui ont été préparés pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes en 2010.

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Maladies affectant les ongulés

Tuberculose bovine

La tuberculose bovine (TB) est une maladie infectieuse causée par la bactérie Mycobacterium bovis. La bactérie a pour hôtes habituels les bovins, mais elle peut se transmettre à l’humain, chez qui elle cause une maladie impossible à distinguer de la tuberculose humaine (causée par le M. tuberculosis). Les animaux infectés, les produits carnés et le lait présentent un risque important pour la santé des humains. Afin de protéger la santé publique et d’éradiquer la maladie, les autorités sanitaires canadiennes ont mis en place un programme de longue durée fort coûteux de dépistage de la TB à l’échelle du cheptel bovin qui prévoit l’abattage de troupeaux entiers en cas de détection de la maladie.

Les bisons du parc national du Canada Wood Buffalo et des secteurs avoisinants ont contracté la TB au cours des années 1920 (voir la section sur le bison des bois dans la constatation clé relative aux espèces préoccupantes en page 65). L’infection a persisté dans la harde, et des relevés menés entre 1997 et 1999 ont révélé qu’environ 49 % de ces bisons étaient infectésRéférence 259. Au cours des deux dernières décennies, d’autres populations de bisons sauvages apparemment indemnes de TB se sont établies dans la Taïga des plainesRéférence 260 (figure 31). Les mesures prévues pour éviter la propagation de la TB à ces hardesRéférence 261 n’étant pas complètement efficaces, la maladie s’est propagée au cours des dernières annéesRéférence 163, Référence 261. En conséquence, la propagation potentielle de la TB des bisons sauvages infectés aux bisons non infectés, tous considérés comme menacés de disparition par le COSEPAC, ainsi qu’au bétail, représente une importante source de préoccupation, tant au plan de la conservation de l’espèce qu’au plan socio-économique.

Brucellose

La brucellose est le nom donné à toutes les maladies infectieuses causées par plusieurs bactéries du genre Brucella. Les manifestations cliniques de la brucellose sont nombreuses, mais les plus fréquentes sont l’infection et l’inflammation des voies génitales mâles et femelles, qui entraînent l’avortement et l’infertilité mâle, et l’infection des gaines articulaires et tendineuses, qui provoque une claudication progressive. L’infection persiste, souvent durant toute la vie de l’animal. Les humains sont également sensibles à l’infection à Brucella sp. Les animaux atteints de brucellose en contact avec les humains constituent donc un risque de santé publiqueRéférence 262-Référence 264.

L’infection à Brucella sp. chez le bison constitue une source de préoccupation aux plans écologique et de santé publique dans le parc national du Canada Wood Buffalo et les secteurs avoisinants, où les populations de bisons atteints de tuberculose bovine sont coinfectées par le Brucella abortus, agent de la brucellose bovineRéférence 265. Environ 30 % des bisons de la région du parc national du Canada Wood Buffalo sont infectésRéférence 259.

Le biotype 4 du Brucella suis est présent dans les populations de caribou de la toundra du nord du CanadaRéférence 263 : de 20 à 50 % des individus des diverses hardes sont infectésRéférence 266, Référence 267. Toutefois, l’impact écologique de la maladie sur les populations infectées demeure inconnu, si tant est qu’il existe. Dans les collectivités nordiques, les gens peuvent contracter l’infection en consommant de la viande de caribouRéférence 263, Référence 264. On ignore toutefois si le biotype 4 du B. suis est présent naturellement en Amérique du Nord ou s’il a été introduit d’Europe avec des rennes importés. L’infection n’a jamais été décelée chez le caribou des bois.

Comme dans le cas de la tuberculose bovine, il est communément admis qu’en l’absence d’intervention, la brucellose bovine se propagera progressivement aux hardes de bisons non infectées et à la vaste majorité des bisons du CanadaRéférence 260. La contradiction entre la nécessité de mettre en place des mesures pour assurer le rétablissement du bison et la protection de l’économie cheptelière et la santé publique s’en trouvera amplifiée d’autant. On en sait trop peu sur l’écologie du Brucella chez le caribou pour dégager des tendances ou prévoir l’évolution future de la situation.

Charbon

Le charbon est le nom donné à toutes les formes de la maladie infectieuse causée par la bactérie Bacillus anthracis. La maladie touche généralement les ongulés sauvages et domestiques, chez qui elle est généralement rapidement mortelle. En périodes d’épidémie, la maladie cause également une forte mortalité chez les mammifères prédateurs et détritivores qui se nourrissent d’ongulés. Les humains sont également vulnérables. Chez l’humain, les symptômes varient d’une simple infection cutanée spontanément résolutive à une affection mortelle. Les ongulés contractent généralement l’infection en entrant en contact avec des spores de la bactérie dans le sol. Les conditions environnementales qui favorisent la persistance des spores dans le sol durant des décennies ou même des siècles (p. ex. de fortes concentrations de calcium dans le sol) et leur concentration à la surface du sol (p. ex. une inondation suivie de périodes de sécheresse) semblent jouer un rôle déterminant dans le déclenchement des épidémies chez les ongulés sauvages et domestiques. La transmission interanimale de la bactérie ne joue qu’un rôle négligeable à ce chapitre. Le charbon a probablement été introduit en Amérique du Nord durant l’exploration et la colonisation du continent par les EuropéensRéférence 268-Référence 270.

Chez les animaux sauvages du Canada, le charbon a été détecté le plus souvent chez le bison, à l’intérieur ou autour du parc national du Canada Wood Buffalo. La première épidémie a été signalée en 1962. Depuis, des épidémies souvent espacées de nombreuses années sont survenues de façon sporadique (voir la section sur le bison des bois de la constatation clé relative aux espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulier, page 63). Bien que le nombre total de bisons et d’autres mammifères tués par la maladie demeure inconnu, il est établi qu’au moins 1 309 bisons ont succombé au charbon durant les épidémies qui se sont succédé de 1962 à 1993. L’épidémie de 2012 a tué 440 bisonsRéférence 166. La survenue d’épidémies chez les populations de bisons sauvages ou le bétail semble liée à des facteurs climatiques, plus précisément à des épisodes de précipitations intenses suivies de périodes de sécheresse. À ce jour, aucun modèle prédictif permettant d’associer les futures épidémies de charbon au Canada aux changements climatiques prévus n’a encore été mis au point.

Maladie de Johne

En 2008, on a détecté chez le caribou du Groenland la bactérie causant la maladie de Johne (paratuberculose), qui provoque chez les bovins la diarrhée et la maladie débilitante chronique. Une faible incidence de la bactérie a été détectée également chez la harde Bluenose-ouestRéférence 271. La bactérie a aussi été détectée chez le bison des boisRéférence 272.

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Parasites affectant les ongulés

Besnoitiose

La besnoitiose est une maladie causée par un protozoaire parasite du genre Besnoitia, qui forme des kystes fermes de la grosseur d’une tête d’épingle dans la peau et le tissu conjonctif de son hôte herbivore intermédiaire et des coccidies dans l’intestin de ses hôtes carnivores définitifs. Si le Besnoitia sp. ne semble causer aucune maladie chez ses hôtes définitifs, il provoque parfois, en cas d’infections graves, des pathologies chez ses hôtes intermédiairesRéférence 273. Au Canada, le Besnoitia tarandi infecte le caribou et probablement aussi le bœuf musqué. L’infection est très commune chez le caribou de la toundra, et elle a été décrite chez le caribou des boisRéférence 274, Référence 275. Bien qu’elle provoque occasionnellement de graves manifestations cutanées, l’infection semble n’entraîner généralement aucun effet ou seulement des effets bénins chez ces ongulés.

L’incidence du B. tarandi, estimée chez les caribous récoltés à l’automne 2007 à 2009 dans plusieurs hardes au Canada, est variable, le taux d’infection de la harde Bluenose-ouest se situant entre 30 et 45 %Référence 276.

Tique du wapiti

À la fin de l’hiver, la tique du wapiti (Dermacentor albipictus) cause périodiquement de graves infestations et des épisodes de mortalité élevée chez l’orignal dans la majeure partie de l’aire de répartition de l’espèce. La tique est indigène en Amérique du Nord et infeste un certain nombre d’autres espèces, dont le caribou des bois et le bison. Toutefois, les graves infestations souvent mortelles ne s’observent fréquemment que chez l’orignal. La tique du wapiti se rencontre dans le sud de l’écozone+ de la Taïga des plainesRéférence 277 et a été trouvée récemment plus au nord, dans la vallée du fleuve Mackenzie, entre Tulita et Fort Good HopeRéférence 278, Référence 279.

Les événements météorologiques ont une incidence sur l’abondance des tiques, en particulier en avril, alors que les femelles gravides se laissent choir sur le sol où elles peuvent déposer leurs œufs, et par conséquent sur le nombre de larves capables d’infester les orignaux l’automne suivant. Les conditions environnementales ont également un effet sur la résilience des orignaux, particulièrement à la fin de l’hiver et au début du printemps, lorsque les orignaux infestés doivent endurer les tiques. En raison du manque de données historiques, on ne peut dégager des tendances temporelles relatives aux effets de la tique du wapiti sur les populations d’orignaux.

Les chasseurs des Territoires du Nord-Ouest ont récemment observé au printemps, le long du MacKenzie, des orignaux présentant une importante perte de poils caractéristique d’une infestation par la tique du wapiti. Le phénomène était entièrement nouveau pour les Premières Nations de la régionRéférence 280.

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Maladies affectant les amphibiens

Dans la Taïga des plaines, les grenouilles et les rainettes sont à la limite septentrionale de leur aire de répartition. Certains des pathogènes qui affectent les amphibiens un peu partout dans le monde ont été détectés récemment dans l’écozone+.

  • Les ranavirus, virus mortels causant des mortalités massives chez des amphibiens du monde entierRéférence 281, ont été détectés récemment chez la grenouille des bois, dans la partie de la Taïga des plaines qui se trouve dans les T.N.-O.Référence 282.
  • Le chytridé Batrachochytrium dendrobatidis (Bd), champignon qui infecte la peau des amphibiens, a été associé aux déclins catastrophiques des populations d’amphibiens un peu partout dans le monde et ce, depuis les années 1990Référence 283. Des données probantes incriminent le pathogène dans les déclins d’un certain nombre d’espèces dans l’ouest de l’Amérique du NordRéférence 284, Référence 285. Dans le cadre d’une étude menée en 2007 et 2008, le Bd a été détecté dans des échantillons provenant d’un seul site, dans la Taïga des plainesRéférence 282; il a cependant été détecté chez les trois espèces d’amphibiens présentes dans la zone d’étude (grenouille des bois, rainette faux-criquet du nord et crapaud de l’Ouest).

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Constatation clé 20
Réseaux trophiques

Thème Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

National key finding
Fundamental changes in relationships among species have been observed in marine, freshwater, and terrestrial environments. The loss or reduction of important components of food webs has greatly altered some ecosystems.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : Il existe peu d’informations sur les changements dans les réseaux trophiques dans la Taïga des plaines. L’abondance de nombreux mammifères dans la Taïga des plaines est cyclique, et régie ou influencée par des effets sur les réseaux trophiques ainsi que par des facteurs tels que le climat. Certains changements dans les cycles des petits mammifères ont été signalés dans d’autres régions nordiques, et un ralentissement des cycles du lièvre d’Amérique et du lynx a été observé récemment dans les Territoires du Nord-Ouest. L’abondance du caribou de la toundra du nord qui hiverne dans la Taïga des plaines a diminué, ce qui peut indiquer un creux dans le cycle des populations. La diminution des populations de caribou boréal dans le sud de l’écozone+ peut être affectée par des changements dans la dynamique prédateur-proie associée à l’altération de l’habitat.

Cycles dans l’abondance des populations

L’abondance cyclique est peut-être la caractéristique la mieux connue de la dynamique des communautés et des populations de la Taïga des plaines. L’amplitude et la fréquence de l’abondance cyclique sont fonction de la masse corporelle (cycle plus court chez les espèces de petite taille). Les mammifères de grande taille comme l’orignal, le bœuf musqué, le caribou boréal et le bison des bois ne semblent pas soumis à une dynamique cyclique.

Le caribou migrateur de la toundra, qui hiverne dans le nord de la Taïga des plaines, connaît probablement une abondance cyclique, d’après les informations disponibles sur d’autres hardes ailleursRéférence 127, le temps nécessaire à une diminution de 50 % de l’effectif de la harde étant de 5 à 7 ans (voir la la constatation clé relative aux espèces présentant un intérêt particulier en page 69). La harde Bluenose-ouest a connu un déclin marqué, c’est-à-dire une baisse de l’abondance de 1992 à 2004, l’effectif étant passé de plus de 110 000 individus à environ 18 000 individus; ce faible effectif a ensuite plafonné. Il s’agit peut-être d’un creux dans le cycle d’abondance du caribou nordique. Certaines mesures de gestion ont été mises en place pour réduire la récolte. La surveillance continue permettra d’établir si les modifications des conditions dans l’aire de répartition du caribou (par exemple, les changements dans l’écologie des feux ou l’enneigement dans l’aire d’hivernage)Référence 97 affectent la capacité de la harde à se rétablir après la phase actuelle de faible abondance.

De manière générale, l’abondance maximale et l’abondance minimale des populations de mammifères évoluant selon un cycle peuvent différer d’un ordre de grandeur et varier dans la durée et l’étendue, même dans des régions avoisinantesRéférence 286. Les cycles ou fluctuations observés chez les souris, les campagnols, les lynx et les lièvres d’Amérique sont bien documentés (figure 47 et figure 48 et Danell et al., 1998Référence 287). L’amplitude des cycles du lièvre d’Amérique et du lynx a diminué avec le temps (figure 48). Les fluctuations de l’abondance chez les espèces de tétras et de lagopèdes ont aussi été observées dans l’écozone+ de la Taïga des plaines288. Les cycles chez les espèces proies sont associés aux cycles des prédateurs, surtout pour les prédateurs spécialisés (figure 48). L’abondance des proies influe aussi sur les prédateurs généralistes comme les renards qui, à leur tour, influent sur l’abondance d’autres espèces proiesRéférence 289.

La variabilité du climat joue aussi un rôle dans l’abondance, en favorisant la variabilité spatiale et temporelle de l’abondance dans la forêt boréaleRéférence 290. Cependant, la manière dont le climat interagit avec les effets directs et indirects sur les mécanismes responsables des cycles est à la fois complexe et seulement partiellement compris. En Amérique du Nord, l’amplitude des populations de lièvres durant les années d’abondance maximale est corrélée avec les feux de forêts (superficie brûlée totaleRéférence 291, Référence 292. Certains changements climatiques et certains changements dans l’activité des feux de forêts peuvent affecter tant la synchronie que l’amplitude des cycles des lièvres dans une grande partie de l’écozone+. Murray (2003)Référence 293 a mentionné que la synchronie dans les cycles des populations de lièvres en Amérique du Nord avait diminué récemment, bien que les causes de la rupture de la synchronie soient incertaines. De la même manière, dans le nord de l’Europe, l’abondance cyclique des perdrix, des souris et des campagnols ainsi que celle de la tordeuse grise du mélèze a diminué et, dans certains cas, les populations ont disparu. Ces effondrements de populations sont peut-être associés aux changements climatiquesRéférence 294. À l’exception du ralentissement des cycles du lièvre et du lynx dans les Territoires du Nord-Ouest (figure 48), aucun changement ni effondrement dans les cycles des populations de lièvres et de petits mammifères n’ont été observés dans la Taïga des plaines jusqu’à présent; cependant, des ensembles de données portant sur une plus longue période et issues de programmes de surveillance continue seront nécessaires à la détection de changements dans la synchronie et dans l’amplitude des cycles et ce, dans l’ensemble des écozones+ nordiques.

Figure 47. Tendances de l’abondance des petits mammifères dans le nord, le centre et le sud de l’écozone+ de la Taïga des plaines, de 1990 à 2012.

Il est fondé sur les relevés menés durant 5 nuits en août, à raison de 100 pièges par nuit.

Graph and map
Source : Environnement et Ressources naturelles (2012)Référence 295. Les données ont été coordonnées par le relevé des petits mammifères des T.N.-O., gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. Groupes ayant participé au relevé : Canards Illimités Canada (lac Cardinal); Office des ressources renouvelables du Sahtu (Tulita); Office des ressources renouvelables des Gwich'in (Inuvik); Secrétariat de la Stratégie des aires protégées (Trout Lake); Environnement et Ressources naturelles (autres sites).
Description longue pour la figure 47

Cette figure se compose de trois diagrammes linéaires de l’indice d’abondance des petits mammifères et d’une carte qui indique l’emplacement des sites de prélèvement dans le nord, le centre et le sud de l’écozone+ de la Taïga des plaines. Les trois diagrammes linéaires montrent les informations suivantes :

Tendances de l’abondance des petits mammifères dans le nord, le centre et le sud de l’écozone+ de la Taïga des plaines, de 1990 à 2012.
AnnéeNord

Lac Cardinal
Nord

Inuvik
Centre

Norman Wells
Centre

Tulita
Sud

Fort Smith
Sud

Fort Liard
Sud

Fort Simpson
Sud

Trout Lake
1990-1215-16---
1991-134-5---
1992----11-4-
1993--1-13115-
1994--5-15376-
1995--18-353810-
1996--6-15170-
1997--26-13343-
1998--33-205016-
1999--5-7247-
2000--6-5-1-
2001--4-17---
2002--6-21-5-
20032-10-14-2-
20047-9135-0-
2005162931-8-2-
20069922-16-7-
2007121816-21-215
2008-418-----
2009--------
2010--------
2011--------
2012--------

 

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Figure 48. Densité du lièvre d’Amérique, de 1987 à 2012, et succès du piégeage du lynx, de 1958 à 2012 dans la partie de l’écozone+ de la Taïga des plaines qui se trouve dans les T.N.-O.
Graphique et carte
Source : Ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles (2012)Référence 295.
Description longue pour la figure 48

Ce diagramme à bandes indique la densité estimative du lièvre d’Amérique et le succès du piégeage du lynx dans la portion de l’écozone+ de la Taïga des plaines qui se trouve dans les Territoires du Nord-Ouest. La densité de lièvres est très variable d’une année à l’autre; elle connaît des cycles de crêtes et de creux, les crêtes étant observées au début des décennies 1960 et 1970, à la fin des années 1970, ainsi qu’au début des décennies 1990 et 2000. Les données sur le nombre de peaux de lynx de 1987 à 2009 sont superposées aux données sur les lièvres; elles montrent que le nombre de peaux de lynx vendues à une vente aux enchères a connu des sommets les mêmes années où la densité de lièvres était élevée. Toutefois, après 2005, la densité de lièvres demeure élevée, mais le nombre de peaux de lynx vendues décroît.

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Relations prédateurs-proies – caribou boréal

Dans le sud de l’écozone+ de la Taïga des plaines, certains changements dans les relations prédateurs-proies peuvent avoir des répercussions sur le caribou boréal, et les relations prédateurs-proies sont, en retour, associées aux modifications de l’habitat résultant de certaines pratiques d’exploitation forestière et de la fragmentation de l’habitat, qui peuvent se combiner aussi à l’augmentation des superficies brûlées. L’hypothèse repose sur plusieurs études selon lesquelles la plus importante cause immédiate des déclins du caribou boréal au Canada serait l’augmentation de la prédation résultant des changements dans le paysage qui favorisent des forêts plus jeunes et de plus grandes densités d’autres proies (orignal et cerf, dans cette partie de l’écozone+)Référence 181. Les populations de caribou boréal connaissent des déclins dans le sud de l’écozone+ de la Taïga des plaines (voir la constatation clé relative aux espèces présentant un intérêt particulier – caribou en page 71).

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Réseaux trophiques aquatiques

Les réseaux trophiques sont complexes et constituent la première indication de changements importants pouvant résulter d’effets indirects et imprévisibles. Dans les écosystèmes aquatiques, les changements dans les réseaux trophiques sont une cause présumée de l’augmentation des concentrations de certains contaminants (ou d’une baisse des concentrations moins importante que celle à laquelle on s’attendait, compte tenu des baisses des concentrations d’anciens contaminants observées ailleurs). Cela expliquerait en partie les concentrations de contaminants et leurs tendances observées dans le Grand lac des EsclavesRéférence 123, Référence 296 (voir la constatation clé relative aux contaminants). Dans la Cordillère boréale, un tel effet a été détecté chez le touladi, c’est-à-dire qu’il existe des différences dans le réseau trophique comparativement à certains lacs avoisinants (ces différences étant en partie associées à la pression de la pêche), et ces différences ont entraîné une plus grande bioamplification des composés organochlorés dans le lac Laberge, dans le sud du YukonRéférence 297, Référence 298.

D’autres facteurs susceptibles de modifier les réseaux trophiques aquatiques (et qui les modifient peut-être maintenant) sont les températures élevées de l’eau, qui entraînent certains changements dans la répartition des poissons dans les cours d’eau. L’étendue des glissements de terrain dus au dégel (rupture de versant causée par le dégel de la glace souterraine) augmente dans les lacs du delta du Mackenzie, ce qui modifie certains aspects de la qualité de l’eau qui influent sur les communautés biotiques; des modifications aux réseaux trophiques aquatiques pourraient être une des conséquences attendues de ces changements (constatation clé relative aux milieux humides en page 22).

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Note de bas de page

Note * de bas de page

Une population locale de caribou boréal est un groupe de caribous occupant une région géographique distincte qui semble séparée des autres groupes de caribous. Même si les individus des sous-populations de caribou boréal se mélangent peu ou pas du tout avec les individus d’autres sous-populations, ils ne sont pas nécessairement génétiquement distincts.Référence 109

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Thème : Interface science-politique

Constatation clé 21
Surveillance de la biodiversité, recherche, gestion de l'information et communication des résultats

Thème Interface science-politique

Constatation clé à l'échelle nationale
Les renseignements de surveillance recueillis sur une longue période, normalisés, complets sur le plan spatial et facilement accessibles, complétés par la recherche sur les écosystèmes, fournissent les constatations les plus utiles pour les évaluations de l'état et des tendances par rapport aux politiques. L'absence de ce type d'information dans de nombreux secteurs a gêné l'élaboration de la présente évaluation.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : Les grands ensembles de données recueillies dans le cadre de programmes de surveillance à grande échelle pour l’écozone+ sont principalement des données autres que biologiques portant sur la surveillance du climat, l’hydrologie et le pergélisol. De plus, les données sur certains groupes d’espèces, notamment certaines populations de caribous, de petits mammifères et d’oiseaux aquatiques, constituent de bonnes informations sur les tendances. La combinaison de la télédétection et de projets d’étude de courte durée, qui portent souvent sur le passé en raison de l’utilisation de relevés climatiques indirects, fournit certaines données sur les changements à l’échelle du paysage. L’amélioration de l’utilisation des connaissances traditionnelles ainsi que des résultats des études scientifiques est une priorité qui a souvent été définie pour la région.

Parmi les programmes de surveillance d’une durée relativement longue mis en place dans la Taïga des plaines, mentionnons le programme de surveillance des petits mammifères visant à déceler des tendances dans les réseaux trophiques et les cycles des populations de la forêt boréale, et le programme de surveillance du pergélisol dans la vallée du Mackenzie, qui fournit un transect latitudinal et une série chronologique des tendances temporelles du pergélisol. La plupart des données sur les populations d’animaux sauvages sont sporadiques, et les informations sont particulièrement rares en ce qui concerne plusieurs hardes de caribou boréal, certains oiseaux terrestres et certains prédateurs. Les parasites et maladies de la faune ainsi que les insectes ravageurs forestiers montrent les premiers signes de changements nécessitant un suivi à l’aide de programmes de surveillance et de recherche.

Seule la surveillance de grandes régions permet de détecter les tendances dans les vastes deltas, les vallées boisées des cours d’eau et les plateaux boisés. Les études examinant l’évolution de la végétation et du relief par rapport à la latitude et au climat (voir par exemple, Lantz et al. [2010]Référence 33) fournissent les données de base nécessaires à la conception d’un programme de surveillance qui soit efficace à une telle échelle.

En raison de la nécessité de surveiller les changements qui se produisent à grande échelle dans l’écozone+ et en raison du peu de surveillance terrestre, les relevés et études menés à l’aide de la télédétection semblent prometteurs pour ce qui est de l’amélioration des connaissances sur l’état, les tendances et les processus écosystémiques dans la Taïga des plaines. Dans certains cas, en raison de l’abandon d’activités de surveillance terrestre (par exemple, la surveillance de la phénologie de la glace de lacRéférence 299), la surveillance au moyen de satellites peut être utilisée pour détecter des tendances à court terme ou étudier en profondeur des tendances temporelles. Les résultats d’études menées par télédétection ont fourni des données sur les tendances dont il est question dans le présent rapport – y compris des données sur la productivité primaire, les feux et les changements dans la zone de la limite des arbres.

Pour que la surveillance écologique soit efficace, il faut réaliser des recherches écosystémiques afin de fixer des priorités et d’aider à interpréter les résultats. Les études comme l’Étude GEWEX (Expérience mondiale sur les cycles de l'énergie et de l'eau) du Mackenzie (appelée MAGS) produisent des informations détaillées sur l’état et les tendances des systèmes atmosphériques et hydrologiques dans le bassin du fleuve Mackenzie. MAGS se caractérise par un réseau coordonné de recherches portant sur l’atmosphère, la surface terrestre et l’hydrologie des climats froidsRéférence 300.

Le besoin d’élaborer des méthodes permettant d’utiliser de manière efficace tous les types de connaissances est l’une des priorités en matière de surveillance et de recherche qui est fréquemment définie pour les régionsRéférence 100, Référence 102, Référence 142, Référence 301. Tant le travail scientifique que l’étude des connaissances traditionnelles ont leurs limites lorsqu’ils sont utilisés pour prévoir les conséquences des futurs stresseurs. Les données de référence changent; les connaissances traditionnelles sont profondément enracinées dans le passé et souvent fondées sur des connaissances obtenues dans un environnement moins changeant, qui était caractérisé par des conditions différentes. Le même dilemme se produit avec les études scientifiques, quoique à une échelle de temps comprimée; en effet, il arrive souvent que les résultats d’études plus anciennes ne soient plus utilisables. Il est donc nécessaire de comprendre les conditions naturelles existantes ainsi que les moteurs de changement; il est nécessaire également de regrouper les forces dans un programme coordonné d’études des connaissances traditionnelles et d’études scientifiquesRéférence 19.

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Constatation clé 22
Changements rapides et seuils

Thème Interface science-politique

Constatation clé à l'échelle nationale
La compréhension grandissante des changements rapides et inattendus, des interactions et des seuils, en particulier en lien avec les changements climatiques, indique le besoin d’une politique qui permet de répondre et de s’adapter rapidement aux indices de changements environnementaux afin de prévenir des pertes de biodiversité majeures et irréversibles.

Constatation clé à l’échelle écozone+ : On constate certains signes de changements rapides dans l’écosystème de la Taïga des plaines, changements qui sont liés aux changements climatiques. La perte des tourbières gelées survient dans certaines régions, ce qui fait augmenter la température du pergélisol à plusieurs sites; il s’agit d’un premier avertissement que d’autres régions dépasseront le seuil de l’étape des changements, ce qui mènera à la dégradation du pergélisol et à l’altération des écosystèmes terrestres et aquatiques. Parmi les autres changements observés à plus grande échelle au cours des dernières années, mentionnons une augmentation de la productivité primaire, principalement dans le nord de l’écozone+, et l’altération des communautés végétales dans la zone de la limite des arbres.

La détection précoce des changements nécessite la coordination des activités de recherche et de surveillance visant les écosystèmes (études scientifiques et connaissances locales) afin d’observer et d’interpréter la réponse des écosystèmes au stress. Les signes suivants, décelés dans le cadre d’activités de recherche et de surveillance menées dans la Taïga des plaines, indiquent peut-être un changement rapide ou, du moins, l’approche de certains seuils critiques :

Perte de plateaux tourbeux gelés – La tendance observée dans certaines parties de l’écozone+ a entraîné d’importants changements dans les écosystèmes de l’écozone+ de la Taïga des plaines (dans le nord du Québec), certaines pessières noires riches en lichens étant devenues des milieux humides. La surveillance du pergélisol dans la vallée du Mackenzie a révélé que le pergélisol se réchauffe – ce qui en soi n’a aucune répercussion écologique mais signifie qu’on s’approche d’une période de dégel plus intense du pergélisol, qui aura des conséquences écologiques généraliséesRéférence 12, Référence 19. Le dégel du pergélisol correspond à un changement de phase – qui est abrupt par définition (constatation clé sur la glace dans l’ensemble du biome en page 34).

Signes de changement dans la zone de la limite des arbres – Les signes indiquent une transformation fondamentale des écosystèmes, à savoir une augmentation des arbustes hauts et une diminution du couvert de lichens, les deux se produisant à grande échelle (constatation clé relative aux forêts en page 15).

Taux de croissance annuelle de l’épinette blanche en rapport avec la température printanière – Le rapport a subi changement abrupt (avec une diminution du taux de croissance) dans le cas d’environ 75 % des épinettes blanches de la zone d’étude située dans le nord de l’écozone+; un tel changement indique qu’un seuil critique a été franchiRéférence 30 (constatation clé relative aux forêts en page 15).

Mauvaises associations de dates  Il s’agit d’un nouveau problème à surveiller dans l’écozone+, car des températures élevées au printemps entraînent une rupture des glaces hâtive et des pics de croissance des végétaux atteints rapidement. Une mauvaise correspondance entre la période d’abondance maximale de nourriture et les dates d’éclosion pourrait être une des causes des déclins des populations de fuligules dans la forêt boréale de l’ouest (voir la constatation clé sur les espèces d’intérêt particulier en page 64 et la discussion qui précède sur les tendances climatiques depuis 1950).

Régime des crues des deltas – Une nouvelle tendance possible liée à un important changement rapide éventuel dans les écosystèmes est la modification des régimes de crues dans les deltas de la rivière des Esclaves et du fleuve Mackenzie. Les milliers de petits lacs et de milieux humides offrent un habitat diversifié qui est important pour les espèces sauvages; la productivité et la diversité des milieux humides sont maintenues par la reconstitution périodique à partir des sédiments et des nutriments associés aux fortes crues printanières. Dans les réseaux hydrographiques d’Amérique du Nord dont les eaux coulent vers le nord, les crues moins importantes sont une des conséquences prévues des changements climatiques. Dans le delta de la rivière des Esclaves, la fréquence des fortes crues est peut-être à la baisse (Constatation clé relative aux milieux humides en page 22).

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Conclusion : bien-être humain et biodiversit

L’écozone+ de la Taïga des plaines, avec ses plateaux boisés et ses vallées de cours d’eau dotées de milliers de lacs et de milieux humides, forme un vaste corridor interrompu qui s’étend vers le sud, depuis les écozones de la forêt boréale canadienne presque jusqu’à l’océan Arctique. Elle est bordée à l’ouest par la Taïga de la Cordillère et à l’est, par la Taïga du bouclier, deux régions caractérisées par la prédominance de peuplements forestiers clairsemés, voire épars, et de roche nue. La tendance à l’expansion et à l’intensification des aménagements humains, de l’agriculture et du développement industriel se poursuivant dans le sud de la forêt boréale canadienne, on observe une augmentation de la fragmentation et une transformation de l’utilisation des terres. La récolte forestière et la suppression des feux, qui sont deux activités associées, modifient les caractéristiques liées à l’âge et la structure des forêts dans les parties densément peuplées des écozones+ boréales au Canada. La Taïga des plaines pourrait devenir de plus en plus importante à l’échelle nationale car elle est un refuge et un corridor pour le biote de la forêt boréale qui nécessite de grandes parcelles intactes de forêts conifériennes d’âges mixtes et matures.

La répartition du caribou boréal au Canada l’illustre bien (figure 49). L’aire de répartition du caribou des bois, y compris la population boréale, a beaucoup diminué au fil des ans. Sa limite méridionale a remonté graduellement vers le nord depuis le début du XXe siècle, tendance qui se poursuit encore aujourd’huiRéférence 183, Référence 185-Référence 187. L’écozone+ de la Taïga des plaines est importante aussi comme corridor de migration et comme habitat reliant d’autres espèces, y compris des prédateurs et des oiseaux migrateurs. Le bison des bois et la Grue blanche, deux espèces en péril emblématiques, ont disparu dans presque toute leur aire de répartition nord-américaine en raison des changements subis par leur habitat, et il ne subsiste que quelques populations reliques dans la Taïga des plaines. Les deux espèces ont fait l’objet de mesures de rétablissement durant des décennies, et leur survie dépend encore de grands blocs d’habitat intact et protégé à l’intérieur de l’écozone+.

Figure 49. Aire de répartition actuelle du caribou boréal et aire de répartition historique (début des années 1900) du caribou des bois (Rangifer tarandus caribou) au Canada.
Carte
Source : Environnement Canada (2012)Référence 109
Description longue pour la 49

Cette carte indique l’aire de répartition actuelle et l’extrémité sud de l’aire de répartition historique (début des années 1900) du caribou des bois (Rangifer tarandus caribou) dans le  nord du Canada. L’air de répartition actuelle suit les limites de l’écozone+ de la Taïga des plaines, puis s’étend sur la moitié nord de la Saskatchewan et le centre du Manitoba, de l’Ontario, du Québec et du Labrador. L’extrémité sud de l’aire de répartition historique de l’espèce se situe nettement plus au sud; elle englobe la majeure partie de la Colombie-Britannique et une portion du Montana, puis suit la limite des prairies et couvre la majeure partie de l’Ontario, le Québec et l’est du Canada.

Les gens qui vivent dans la Taïga des plaines connaissent pertinemment la valeur de leurs terres. Pour bon nombre de résidents, la chasse, la pêche, la cueillette de baies et de plantes, et le piégeage demeurent d’importantes activités culturelles et économiques – par exemple, la plupart des ménages des collectivités Gwich’in cueillent des baies, et de 20 à 30 % des ménages de la Taïga des plaines, dans les Territoires du Nord-Ouest, obtiennent une partie ou la totalité de la viande et du poisson qu’ils consomment dans le territoire. L’exploitation forestière dans le sud de l’écozone+, le tourisme en milieu sauvage, les activités récréatives ainsi que la chasse et la pêche guidée sont d’autres secteurs de l’activité économique qui reposent sur des écosystèmes en santé.

En raison du grand attachement des résidents à leurs terres et parce que la Taïga des plaines et les terres et la mer situées au nord renferment de grandes réserves de pétrole et de gaz, l’écozone+ a souvent par le passé été aux prises avec des questions liées au développement durable. L’écozone+ est un centre d’études, de discussion et de travaux menés en collaboration et destinés à atteindre l’équilibre entre l’objectif de conservation et de respect des terres (y compris les écosystèmes et les cultures traditionnelles) et l’objectif de création d’une économie des collectivités qui soit florissante et durable.

Les processus et les initiatives qui sont concentrés dans la Taïga des plaines ont influé sur les règlements de revendications territoriales, les processus de cogestion, et les idées et pratiques entourant les Autochtones et les connaissances écologiques traditionnelles dans une grande partie du nord du Canada. Les projets d’oléoducs et de gazoducs ont mené à des évaluations, à des consultations et à des recommandations, allant de la Commission Berger dans les années 1970Référence 302 The Taiga Plains Ecozone+ à la récente évaluation du projet gazier MackenzieRéférence 303, Référence 304. Les organismes et les offices et conseils de gestion des ressources renouvelables dans l’écozone+ ont soutenu les principaux programmes et projets de recherche et de surveillance portant sur les effets cumulatifs, les indicateurs écologiques, les informations de référence, la planification de l’utilisation des terres et les méthodes; ils ont favorisé aussi l’utilisation des connaissances écologiques traditionnelles dans la planification et la gestion de la surveillance environnementaleRéférence 59. L’Étude d'impact sur le bassin du MackenzieRéférence 305, la West Kitikmeot Slave StudyRéférence 306, le Programme de surveillance des effets cumulatifs dans les Territoires du Nord-OuestRéférence 217 et l’Arctic Borderlands Ecological Knowledge Co-opRéférence 99 sont des exemples de tels processus et initiatives.

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