Buts et objectifs canadiens pour la biodiversité d'ici 2020

But B. D’ici 2020, les pressions directes et indirectes de même que les effets cumulatifs sur la biodiversité sont réduits et la production et la consommation des ressources biologiques du Canada sont plus durable.

Objectif 6. D’ici 2020, des progrès continus sont réalisés en matière de gestion durable des forêts du Canada.

Indicateurs :

  • Indicateurs pertinents tirés de l’ensemble existant d’indicateurs figurant dans le cadre des critères et indicateurs du Conseil canadien des ministres des forêts

Pourquoi cet objectif est-il important pour le Canada?

Les forêts sont essentielles au bien-être à long terme des collectivités, de l’économie et de l’environnement au Canada. Parce qu’il est responsable de 9 % des forêts au monde, le Canada s’engage à maintenir ses forêts dans un état sain, et à les gérer de manière durable.

Progrès constant dans le secteur de la gestion durable des forêts est important pour le Canada pour plusieurs raisons. Par exemple, le pays doit s’assurer que les forêts canadiennes continuent de procurer un habitat aux espèces, en plus de différents services écosystémiques, y compris la filtration de l’air et de l’eau et le stockage de carbone, surtout en présence de défis écologiques comme les changements climatiques. Les forêts gérées de manière durable proposent d’importants avantages économiques. En outre, elles sont importantes pour les économies et le gagne-pain des collectivités rurales. Les consommateurs nationaux et internationaux s’attendent de plus en plus à disposer de produits forestiers qui viennent de forêts gérées de manière durable, et notre engagement envers la gestion durable des forêts permet le Canada d’accéder à des marchés qui seraient autrement inaccessibles. Le Canada a une excellente feuille de route en ce qui a trait à une gestion durable de ses forêts. Il doit poursuivre dans la même veine pour tirer profit de l’ensemble des avantages économiques, environnementaux et sociaux qu’offrent les forêts.

Liens avec le Plan stratégique de la Convention sur la diversité biologique de 2011-2020.
Cet objectif du Canada est lié aux objectifs mondiaux 4, 5 et 7 d’Aichi.

Atteindre l’objectif

À titre de chef de file mondial dans le domaine de la gestion forestière, le Canada a pris des mesures importantes pour faire la promotion de la gestion durable des forêts, et continuera de le faire. Le gouvernement fédéral a investi grandement dans des programmes qui jettent les bases d’un avenir plus écologique et durable pour le secteur forestier. Il continuera d’appuyer le lancement de technologies transformatrices. Les provinces et territoires, qui sont principalement responsables de la gestion des forêts canadiennes, y compris la récolte et la régénération, prennent des mesures permanentes pour renforcer les pratiques et les règlements en matière de gestion. Chaque province et territoire définit le nombre de coupes annuelles permises selon le taux de croissance durable d’une zone forestière, tout en tenant compte des facteurs économiques, sociaux et écologiques, y compris la biodiversité. Le gouvernement fédéral et d’autres intervenants continueront de fournir le savoir scientifique, afin de gérer les risques et de minimiser l’incidence de l’exploitation des ressources forestières, y compris en créant un Inventaire forestier national qui intègre de nouvelles données économiques et biophysiques sur les forêts canadiennes. Ces mesures et d’autres mesures permettront au Canada de réaliser des progrès en matière de gestion durable des forêts d’ici 2020.

Principaux concepts

Gestion durable des forêts : Gestion axée sur le maintien et l’amélioration de la santé à long terme des écosystèmes forestiers dans l’intérêt du vivant, tout en permettant d’offrir aux générations d’aujourd’hui et de demain des bénéfices environnementaux, économiques, sociaux et culturels (Conseil canadien des ministres des Forêts, 2008).

Comment les progrès seront mesurés?

Le Canada est en bonne position pour faire état de progrès sur le plan de la gestion durable des forêts, grâce à un cadre scientifique complet d’indicateurs qui reçoit le vaste appui d’intervenants canadiens et qui est étroitement harmonisé avec les cadres internationaux d’indicateurs servant à mesurer les progrès en matière de gestion durable des forêts.

On utilise le cadre national des critères et indicateurs de la gestion durable des forêts afin de produire des rapports nationaux et internationaux. Il comprend 6 critères et 46 indicateurs qui décrivent une gamme de valeurs environnementales, économiques, sociales et culturelles. Aucun indicateur unique ne peut décrire avec exactitude les progrès réalisés sur le plan de la durabilité. Grâce au cadre, Forêts Canada fait actuellement état de plusieurs indicateurs pour les critères « biodiversité » et « état et productivité de l’écosystème », ainsi que d’autres associés à l’utilisation durable des ressources forestières. En utilisant les critères et le cadre des indicateurs du CCMF pour faire état des progrès réalisés pour atteindre cet objectif, le Canada verra son fardeau réduit. En outre, on constatera une hausse de l’uniformité des données parmi un certain nombre de rapports. Pour des informations à jour veuillez consultez le Rapport sur l'état des forêts au Canada, 2017.

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Objectif 7. D’ici 2020, les paysages exploités agricoles fournissent un niveau stable ou amélioré de biodiversité et de capacité d’habitat.

Indicateurs :

  • Capacité d’habitat faunique des terres agricoles
  • Planification de ferme agroenvironnementale sur des terres agricoles

Pourquoi cet objectif est-il important pour le Canada?

La production agricole bénéficie des services écosystémiques assurés par la biodiversité, comme le cycle nutritif, la formation du sol, la purification de l’eau et la pollinisation. Du même coup, les paysages agricoles fonctionnels peuvent appuyer la biodiversité, en proposant un habitat important aux espèces sauvages canadiennes. Les régions agricoles au pays comportent souvent plusieurs types différents de paysages, y compris les terres cultivées, les pâturages, les surfaces en herbe, les forêts, les terres humides et les plans d’eau, dont plusieurs aires naturelles non perturbées. Au cours des 20 dernières années, on a observé une baisse de la capacité des terres agricoles à soutenir les besoins des espèces en matière d’habitat. Cette situation est principalement attribuable à la conversion d’aires naturelles en terres cultivées et à l’intensification des récoltes des terres agricoles existantes, en plus d’un risque accru de contamination des éléments nutritifs. Le fait d’améliorer la biodiversité sur les terres agricoles est essentiel pour assurer la durabilité des systèmes naturels, maintenir la qualité et la quantité de l’eau, soutenir les agents pollinisateurs, améliorer l’habitat des espèces sauvages et la connectivité, et permettre aux écosystèmes agricoles de mieux récupérer après un stress environnemental, comme une sécheresse, et de s’y adapter.

Liens avec le Plan stratégique de la Convention sur la diversité biologique de 2011-2020.
Cet objectif du Canada est lié aux objectifs mondiaux 5 et 7 d’Aichi.

Atteindre l’objectif

Pour atteindre l’objectif mentionné en rubrique, il faudra améliorer constamment la gestion des paysages agricoles à différents niveaux. À l'échelle de la ferme, le fermier canadien peut mettre en œuvre des pratiques qui accroissent la diversité, comme la plantation de brise-vents et l'utilisation de zones tampons riveraines. Il peut également introduire des pratiques comme la rotation des cultures, la culture en bandes et l'agrosylviculture. Ces options peuvent aussi avoir des effets positifs sur la production.  Les gouvernements municipaux et provinciaux peuvent influer sur la biodiversité en planifiant l’utilisation des sols dans le paysage agricole, tout en réagissant aux pressions exercées par la conversion des terres agricoles, la prolifération urbaine, le transport, l’industrie et d’autres usages dans ces paysages ayant des effets sur la biodiversité. Le gouvernement fédéral peut continuer à faire la promotion de la conservation de la biodiversité et à offrir de meilleures possibilités aux agriculteurs et à l’ensemble de la population canadienne grâce à la recherche et à l’innovation dans le domaine de l’agriculture. De même, l’industrie peut continuer de créer et de mettre en valeur des technologies et pratiques agroenvironnementales qui appuient la productivité et la biodiversité, comme les pratiques reconnues par le prix annuel d’intendance environnementale remis par la Canadien Cattlemen Association.

Principaux concepts

Paysages agricoles fonctionnels : Terres servant pour les récoltes, les pâturages et l’élevage du bétail; terres non cultivées adjacentes qui appuient d’autres végétations et la faune; l’atmosphère, les terres sous-jacentes, l’eau souterraine et les réseaux de drainage qui y sont associés.

Comment les progrès seront mesurés?

Le premier indicateur sur la Capacité d'habitat faunique des terres agricoles permet d'évaluer les grandes tendances relatives à la capacité des terres agricoles canadiennes à fournir un habitat adéquat aux populations de plusieurs espèces de vertébrés terrestres. Il ne porte pas sur la flore, le sol ni les invertébrés. On tire les données de cet indicateur du Recensement de l’agriculture du Canada. Les utilisations du sol autres qu’à des fins agricoles (soit les régions qui ne sont pas visées par ce recensement), comme les forêts et les régions urbaines, ne sont pas comprises. Le second indicateur comprend le pourcentage de fermes, au Canada, qui disposent d’un Plan agroenvironnemental officiel écrit, ainsi que le pourcentage de fermes qui ont des plans en cours d’élaboration.

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Objectif 8. D’ici 2020, toute forme d’aquaculture au Canada est gérée dans le cadre d’un régime scientifique qui préconise l’utilisation durable des ressources aquatiques (y compris les ressources marines, celles d’eau douce et terrestre) par des moyens qui conservent la biodiversité.

Indicateur :

  • La mesure selon laquelle l’aquaculture est gérée en vertu d’un cadre réglementaire environnemental scientifique

Pourquoi cet objectif est-il important pour le Canada?

Par aquaculture, on entend la culture d’espèces aquatiques, habituellement à des fins de commercialisation, de transformation, de vente et de consommation. Au Canada, l’aquaculture commerciale représente près de 30 % de la valeur totale de la production de poissons et de fruits de mer au Canada. Le saumon est la principale espèce élevée au Canada, soit 70 % de la production totale. On trouve des activités d’aquaculture dans toutes les provinces canadiennes ainsi qu’au Yukon. L’aquaculture au Canada représente plus de 2 milliards de dollars de l’activité économique nationale. Le Canada est en bonne position pour tirer profit de l’aquaculture durable. Une gestion permanente active et adaptée aux besoins s’avère essentielle pour assurer la santé des écosystèmes dans lesquels les activités d’aquaculture sont réalisées. En raison de sa ligne de côte la plus longue au monde et des ressources d’eau marine et douce abondantes, le Canada a la réputation d’offrir des poissons et fruits de mer sécuritaires et de qualité élevée produits d’une manière respectueuse de l’environnement. Les répercussions sur l’environnement sont atténuées grâce à des mesures de gestion et à des règlements s’appuyant sur des données scientifiques sur l’aquaculture afin d’encourager une industrie durable et novatrice concurrentielle à l’échelle mondiale.

Liens avec le Plan stratégique de la Convention sur la diversité biologique de 2011-2020.
Cet objectif du Canada est lié aux objectifs mondiaux 4 et 7 d’Aichi.

Atteindre l’objectif

Au Canada, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux se partagent la responsabilité de la gestion de l’aquaculture. Parmi les initiatives actuelles, mentionnons la réforme réglementaire, afin d’accroître la transparence et la coordination chez les partenaires chargés de la réglementation. Dans ce contexte, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux collaborent avec l’industrie, les collectivités et groupes autochtones et d’autres intervenants afin de faire avancer la gestion durable de l’aquaculture. En outre, l’Initiative nationale pour les plans d’action stratégiques en aquaculture propose une vision stratégique complète pour l’industrie, exigeant que tous les principaux intervenants agissent. Afin d’orienter les progrès sur le plan de l’aquaculture durable au Canada, on a déterminé, dans cette initiative, que l’objectif de protection de l’environnement était de maintenir des écosystèmes aquatiques sains et productifs comme condition de l’expansion de l’aquaculture. Pêches et Océans Canada rend publics des renseignements sur la durabilité du secteur et le régime de gestion de l’environnement en vertu de la Loi sur les pêches. Au moyen de son site Web, Pêches et Océans Canada fait le compte rendu des activités scientifiques en matière d’aquaculture, des résultats de recherche et des conseils approuvés par les pairs liés à l'aquaculture durable.

Principaux concepts

Ressources aquatiques : Animaux et plantes d’eau douce et marine, ainsi que leur habitat.

Zones consacrées à l’aquaculture : Zones et lieux, comme des étangs et des lacs d’eau douce, des baies, des installations de recyclage, des installations d’aquaculture terrestres et des océans ouverts où on élève des organismes aquatiques, y compris des poissons, des mollusques et des crustacés ainsi que des plantes aquatiques.

Utilisation durable : L’utilisation des éléments constitutifs de la diversité biologique d’une manière et à un rythme qui n’entraînent pas leur appauvrissement à long terme, et sauvegardent ainsi leur potentiel pour satisfaire les besoins et les aspirations des générations présentes et futures (Convention sur la diversité biologique).

Comment les progrès seront mesurés?

Le cadre réglementaire de la Loi sur les pêches établit les normes et les exigences de durabilité environnementale pour appuyer l’utilisation durable des ressources aquatiques du Canada. L’indicateur proposé pour cet objectif décrit comment la gestion de l’aquaculture, intégrant des conseils scientifiques, réduit les pressions directes et indirectes sur la biodiversité et appuie l’utilisation durable des ressources aquatiques du Canada. Le fait de s’assurer que les exploitants en aquaculture respectent les normes et les exigences de la Loi sur les pêches aide à protéger l’environnement aquatique du Canada et permet de veiller à ce que les ressources soient disponibles au profit des générations futures. L’indicateur Gestion de l'aquaculture canadienne, qui fait partie du programme des Indicateurs canadiens de durabilité de l'environnement, mesure les niveaux de conformité des exploitants de sites aquacoles avec les règlements environnementaux adoptés en vertu de la Loi sur les pêches. L’approche quant à la production de rapports sur les progrès est adaptative et fait principalement par l’entremise de l’initiative d’établissement de rapports publics en matière d’aquaculture de Pêches et Océans Canada  dans le cadre du programme d’aquaculture durable. L’indicateur est signalé dans le programme des Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement et dans le Rapport d'étape de 2015 sur la Stratégie fédérale de développement durable sur la cible 5.2.

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Objectif 9. D’ici 2020, tous les stocks de poissons et d’invertébrés et toutes les plantes aquatiques sont gérés et récoltés de manière durable, légale et en appliquant des approches fondées sur les écosystèmes.

Indicateurs :

  • État des principaux stocks de poissons
  • Pratiques de pêche durables

Pourquoi cet objectif est-il important pour le Canada?

Les pêches au Canada proposent une variété d’avantages socioéconomiques, comme la subsistance, des emplois, des loisirs et un accès à des aliments traditionnels. Cependant, les pratiques de pêche non durables nuisent à la biodiversité et au bien-être à long terme des pêches. Afin qu’on puisse jouir, à l’avenir, de tels avantages et assurer la durabilité économique des pêches commerciales, sportives et autochtones, il faut protéger les écosystèmes sains et en faire la promotion en évitant toute pratique de pêche destructive, en gérant les prises accessoires, en rétablissant les stocks épuisés et en empêchant la surpêche.

Liens avec le Plan stratégique de la Convention sur la diversité biologique de 2011-2020.
Cet objectif du Canada est l lié à l’objectif mondial 6 d’Aichi.

Atteindre l’objectif

Le Canada prend des mesures pour assurer la durabilité à long terme des pêches gérées à l’échelle nationale, en créant et en mettant en œuvre des plans complets de gestion des pêches qui sont appuyés par de nouveaux outils et politiques, la surveillance, les meilleures données scientifiques existantes et des activités de conformité et d’application de la loi. Parmi les nouveaux outils et politiques, on compte ceux élaborés dans le cadre du Cadre pour la pêche durable (CPD), qui propose un cadre stratégique général de gestion durable de la pêche au Canada à l’aide de données scientifiques. Le Cadre pour la pêche durable est un cadre adaptatif. On y ajoutera de nouveaux outils et politiques au fil du temps afin d’assurer l’utilisation durable des pêches et d’adopter graduellement une approche de gestion écosystémique de toutes les activités de pêche exigeant un permis ou gérées par le Canada, y compris celles réalisées à l’extérieur de la zone économique exclusive du Canada. On pourra ainsi s’assurer que la surpêche est évitée, que des plans et mesures de rétablissement sont en place pour toutes les espèces épuisées, que les pêches n’ont pas d’effets négatifs sur les espèces menacées et les écosystèmes vulnérables, et que les répercussions de la pêche sur les stocks, les espèces et les écosystèmes respectent les limites écologiques sécuritaires. On mesurera les progrès en fonction de la liste nationale de contrôle des pêches.

Principaux concepts

Stocks de poissons et d’invertébrés et plantes aquatiques : Principaux stocks gérés par Pêches et Océans Canada (dans l’ensemble, cela comprend les stocks dont la valeur au débarquement annuelle est supérieure à 1 million de dollars ou le poids de débarquement annuel est supérieur à 2000 tonnes).

Approche écosystémique (pour la gestion des pêches) : Approche de gestion selon laquelle des décisions quant à la gestion des pêches sont prises en prenant en considération l’incidence des pêches sur les espèces cibles, ainsi que sur les espèces non ciblées, les habitats observés dans les fonds marins, et les écosystèmes dans lesquels ces espèces évoluent. Grâce à cette approche, on encourage aussi la prise de décisions de gestion qui tiennent compte des changements sur le plan écosystémique qui pourraient toucher les espèces pêchées. Cela comprend les effets du climat et des changements climatiques, ainsi que les interactions des stocks de poissons ciblés avec les prédateurs, les compétiteurs et les proies. Dans l’approche écosystémique, les décisions en matière de gestion des pêches tiennent compte des besoins et des préoccupations des gens qui dépendent de l’écosystème et qui interagissent avec celui-ci.

Comment les progrès seront mesurés?

Les deux indicateurs pour l’objectif mentionné en rubrique sont actuellement visés par l’initiative des Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement (ICDE). Le premier, État des principaux stocks de poissons, fait état de la classification de 155 principaux stocks de poissons parmi les catégories « zone saine », « zone de prudence » et « zone critique ». Il ne comporte pas d’information sur les plantes aquatiques; le second, Pratiques de pêche durables, se fonde sur le nombre de poissons pêchés provenant des principaux stocks en fonction des niveaux approuvés.

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Objectif 10. D’ici 2020, les niveaux de pollution dans les eaux canadiennes, y compris la pollution provenant d’un excès d’éléments nutritifs, sont réduits ou maintenus à des niveaux qui permettent des écosystèmes aquatiques sains.

Indicateurs :

  • Concentrations de phosphore dans les Grands Lacs
  • Concentrations de phosphore dans le fleuve Saint-Laurent
  • Qualité de l’eau douce régionale dans les rivières canadiennes
  • Modification de l’indicateur de qualité de l’eau douce nationale au fil du temps

Pourquoi cet objectif est-il important pour le Canada?

La qualité de l'eau varie considérablement à l'échelle du Canada en raison de la géographie diverse du pays et des différentes façons dont les peuples ont exploité les terres autour des rivières et des lacs ainsi que sur les côtes. Au Canada, l'eau souterraine et de surface est généralement saine, mais elle est parfois polluée à l'échelle locale ou régionale. La qualité de l'eau est importante pour assurer le maintien d'écosystèmes sains dans les lacs, les rivières et les milieux marins. L'eau saine offre un habitat essentiel aux plantes et animaux aquatiques, appuie de nombreuses utilisations commerciales et industrielles en plus d'être au cœur de nombreuses activités récréatives.

La pollution entre dans les plans d'eau de plusieurs façons, y compris les rejets industriels et municipaux, les eaux de ruissellement, les déversements et le dépôt de polluants atmosphériques. Certains éléments nutritifs sont importants pour la santé de l'écosystème aquatique, mais ils peuvent devenir des polluants à des concentrations élevées.  Par exemple, le phosphore est un élément nutritif essentiel à la croissance des plantes et des algues, ainsi qu'un régulateur clé de l'ensemble de la productivité des écosystèmes aquatiques continentaux et des bassins hydrographiques côtiers, mais des teneurs élevées peuvent nuire à la santé des écosystèmes d'eau douce, et avoir des répercussions négatives sur les poissons et autres espèces sauvages, la qualité de l'eau potable, la sécurité des activités de natation ainsi que l'apparence des lacs. Dans les lacs et les rivières où la teneur en phosphore est élevée, on constate une eutrophisation accélérée et la croissance de plantes aquatiques et d’algues. Cela peut se produire lorsque des substances artificielles ou naturelles, comme des nitrates et des phosphates provenant de sources diverses, comme des détergents et des engrais, sont déversées dans des systèmes aquatiques. Au Canada, entre 1990 et 2006, la teneur en phosphore a augmenté dans plus de 20 % des plans d’eau dans lesquels on a prélevé des échantillons, y compris certains Grands Lacs où, il y a 20 ans, des règlements ont réussi à réduire l’ajout d’éléments nutritifs. Au cours des dernières années, on a observé une prolifération importante d’algues dans le lac Winnipeg et le lac Simcoe. En outre, on a observé la prolifération de cyanobactéries dans les lacs de l’Est du Canada. On constate aussi une réapparition du problème dans les lacs Ontario et Érié, ainsi que dans d’autres plans d’eau au Canada. Il faut agir dès maintenant, car il peut y avoir un écart important entre l'adoption de pratiques améliorées et une réduction de l'eutrophisation, attribuable au fait que les sols peuvent emmagasiner du phosphore et d'autres polluants potentiels pendant des décennies. En plus de mettre en place les conditions requises pour appuyer la biodiversité aquatique, il faut protéger les sources d’eau canadiennes des polluants excessifs afin d’assurer la prestation des services écosystémiques essentiels dont dépendent les gens, tout particulièrement de l’eau propre et sécuritaire à des fins d’utilisation personnelle, ainsi que pour plusieurs activités sociales et économiques.

Liens avec le Plan stratégique de la Convention sur la diversité biologique de 2011-2020.
Cet objectif du Canada est lié à l’objectif mondial 8 d’Aichi.

Atteindre l’objectif

Pour atteindre l’objectif mentionné en rubrique, il faut coordonner les efforts afin de comprendre quelles sont les sources multiples, et réagir à la pollution des plans d’eau. Il faut aussi assurer une coordination bilatérale entre le Canada et les États-Unis, car la pollution et l’eutrophisation de certains cours d’eau canadiens sont grandement influencées par les pratiques américaines. Cet objectif vise à réduire les niveaux de pollution, y compris la pollution attribuable aux éléments nutritifs excessifs, afin de protéger et d’améliorer la qualité de l’eau pour qu’elle soit propre et sécuritaire pour l’ensemble de la population canadienne, et qu’elle appuie les écosystèmes sains.

Principaux concepts

Eutrophisation (ou hypertrophisation) : Aussi désignée par le terme enrichissement en matières nutritives, l’eutrophisation est le résultat de grandes quantités d’éléments nutritifs rejetés dans un plan d’eau, ce qui entraîne une croissance excessive de plantes aquatiques. Au fil du temps, la croissance excessive de plantes peut transformer un lac en un marais qui deviendra, à son tour, une terre. Plus souvent, le phosphore a un effet plus important sur l’eutrophisation, car il a tendance à se limiter aux plans d’eau douce. Cependant, certains milieux manquent d’azote et sont davantage touchés par des teneurs changeantes en azote. Cependant, le rejet d’éléments nutritifs attribuable à l’activité humaine, comme les engrais utilisés en agriculture et sur les pelouses, peut accélérer le processus d’eutrophisation. Cette transition rapide n'est pas bénéfique pour les poissons et les autres organismes qui vivent dans les lacs et qui font face à des niveaux d'oxygène réduits en raison de la décomposition de plantes, ainsi qu'à des changements sur le plan de la biodiversité et de l'abondance des espèces.

Comment les progrès seront mesurés?

Tous les indicateurs proposés pour cet objectif sont actuellement visés par l’initiative des Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement (ICDE). Le premier indicateur compare les teneurs en phosphore totales moyennes dans les quatre Grands Lacs canadiens aux objectifs de qualité de l’eau afin de déterminer la teneur en phosphore dans les eaux du large de chaque lac. Le second indicateur indique à quelle fréquence les teneurs en phosphore dépassent les lignes directrices du Québec en matière de qualité de l’eau afin de protéger la vie aquatique dans le fleuve Saint-Laurent. Les troisième et quatrième indicateurs offrent un aperçu régional de la qualité de l'eau douce et un aperçu national de la qualité de l'eau douce au Canada d'après l'indice de la qualité des eaux du Conseil canadien des ministres de l'environnement.

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Objectif 11. D’ici 2020, les voies d’invasion des espèces exotiques envahissantes sont identifiées, et des plans d’intervention ou de gestion fondés sur les risques sont en place dans le cas des voies d’invasion et des espèces prioritaires.

Indicateurs :

  • Nombre de nouvelles espèces exotiques envahissantes connues au Canada, par situation réglementaire fédérale
  • Pourcentage d’espèces exotiques envahissantes réglementées par le gouvernement fédéral qui ne sont pas établies au Canada
  • Nombre de plans d’intervention ou de gestion en place

Pourquoi cet objectif est-il important pour le Canada?

Selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), les espèces exotiques envahissantes (EEE) représentent la menace la plus importante à la biodiversité, après la perte de l’habitat. Un nombre croissant d’espèces envahissantes arrivent au Canada, créant ainsi des conséquences écologiques et socioéconomiques graves. Au Canada, les espèces exotiques envahissantes représentent au moins 27 % de toutes les plantes vasculaires, 181 insectes, 24 oiseaux, 26 mammifères, 2 reptiles, 4 amphibiens, plusieurs champignons et mollusques, 55 poissons d’eau douce et un nombre inconnu d’espèces qui n’ont pas encore été décelées. Il nous faut accroître notre compréhension des moyens par lesquels ces espèces arrivent au Canada, et prendre des mesures pour empêcher leur entrée, en plus d’atténuer leur incidence lorsqu’elles s’établissent au pays.

Les espèces exotiques envahissantes sont des espèces nuisibles de plantes, d’animaux et de microorganismes qui se sont établies dans des milieux autres que leur aire de répartition naturelle antérieure ou actuelle, et dont l’introduction ou la propagation menace l’environnement, l’économie ou la société. Parmi les exemples les plus connus au Canada, il y a la maladie hollandaise de l’orme, le crabe vert, la moule zébrée et l’agrile du frêne. Puisque les espèces exotiques envahissantes n’ont pas d’ennemis naturels dans le nouvel environnement, leur population augmente sans frein et cause d’importants dommages à l’habitat et aux sources de nourriture des espèces indigènes. Dans le même ordre d’idées, les espèces exotiques envahissantes peuvent avoir des répercussions sur les économies et collectivités régionales dont la survie dépend des écosystèmes et espèces touchées.

Les espèces exotiques envahissantes sont introduites par l’activité humaine, de façon intentionnelle ou non, par des voies aériennes, terrestres ou aquatiques. Pour lutter contre les espèces envahissantes, il faut déterminer la voie d’entrée – c’est-à-dire la route empruntée pour envahir de nouvelles régions – et la bloquer. Il arrive souvent que les Espèces exotiques envahissantes se trouvent sur des biens importés, comme des fruits, qu’elles soient des passagers clandestins durant le transport ou dans la cale de navires, ou qu’elles soient des maladies de la faune. Cet objectif concernant les espèces exotiques envahissantes et la Stratégie nationale sur les espèces exotiques envahissantes ont pour but principal d’empêcher l’introduction et l’établissement de telles espèces à l’avenir.

Liens avec le Plan stratégique de la Convention sur la diversité biologique de 2011-2020.
Cet objectif du Canada est lié à l’objectif mondial 9 d’Aichi.

Atteindre l’objectif

Pour atteindre l’objectif mentionné en rubrique, il faut coordonner les efforts nationaux et régionaux actuellement déployés pour comprendre l’entrée des espèces exotiques et y réagir, en plus de tabler sur ceux-ci. Il serait aussi important de tirer profit des mécanismes de surveillance et de déclaration fédéraux, provinciaux et territoriaux afin de suivre l’élaboration des réponses et leur efficacité. En 2004, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont lancé la Stratégie nationale sur les espèces exotiques envahissantes. Un ensemble de mesures législatives et réglementaires appuient la Stratégie, dont la Loi sur la protection des végétaux, la Loi sur les semences, la Loi sur la santé des animaux, la Loi sur les produits antiparasitaires, la Loi sur la marine marchande du Canada, la Loi sur les pêches, la Loi sur la protection d’espèces animales ou végétales sauvages et la réglementation de leur commerce international et interprovincial et autres. Des mesures et lois provinciales sont aussi en place. Cette stratégie a pour objectif de minimiser le risque que posent les espèces exotiques envahissantes pour l’environnement, l’économie et la société. Parmi les principaux éléments de la Stratégie, il y a la collaboration entre les gouvernements fédéral et provinciaux participants. Les gouvernements autochtones, les municipalités et d’autres intervenants sont donc des joueurs importants afin de surmonter les défis que posent les espèces exotiques envahissantes. Par exemple, des conseils chargés des espèces exotiques envahissantes, qui ont été créés dans 11 des 13 provinces, et territoire sont des organismes regroupant de multiples intervenants qui jouent un rôle important, en collaboration avec leurs partenaires, pour mettre en œuvre les priorités de la Stratégie, plus particulièrement en ce qui a trait à l’élaboration de priorités régionales et à la prise de mesures locales pour lutter contre les espèces exotiques envahissantes.

Principaux concepts

Établissement : Processus par lequel une espèce exotique dans un nouvel habitat produit avec succès une progéniture viable avec la probabilité d’une survie continue.

Espèces exotiques envahissantes : Espèce exotique dont l’introduction ou la propagation menace la diversité biologique, les écosystèmes, les économies ou la santé humaine.

Introduction : Déplacement, par l’homme, indirectement ou directement, d’une espèce exotique hors de son aire de répartition naturelle (passée ou présente). Ce déplacement peut s’opérer soit à l’intérieur d’un pays, soit entre des pays ou des zones situées en dehors d’une compétence nationale.

Voie d’entrée : Tout moyen permettant l’entrée ou la propagation d’un organisme nuisible.

Organisme nuisible : Toute espèce, toute souche ou tout biotype de plante, d’animal ou d’agent pathogène nuisible aux végétaux ou les produits végétaux.

Espèces prioritaires : Espèces ayant d’importantes répercussions sur la biodiversité, présentant un degré élevé de risque et pouvant être traitées de manière rentable.

Voie d’entrée prioritaire : Voies d’entrée ayant d’importantes répercussions sur la biodiversité, présentant un degré élevé de risque et pouvant être traitées de manière rentable.

Comment les progrès seront mesurés?

Les deux premiers indicateurs pour cet objectif font partie des Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement (ICDE), qui proposent des données et de l’information afin de faire le suivi du rendement du Canada en ce qui a trait à des enjeux clés sur le plan de la durabilité de l’environnement. Ils font partie des indicateurs sur les Espèces exotiques envahissantes au Canada.

Le nombre de nouvelles espèces exotiques envahissantes connues comprend toutes les espèces exotiques envahissantes  étrangères (qu’elles soient réglementées ou non par le gouvernement fédéral) dont on a déterminé l’établissement au Canada, chaque année suivant la date de référence de janvier 2012. On indique le type (réglementé, non réglementé et inconnu), ainsi que le nom de la voie d’entrée empruntée pour entrer au Canada, si on la connaît.

Le pourcentage d’espèces exotiques envahissantes étrangères réglementées par le gouvernement fédéral qui ne sont pas établies au Canada fait état du nombre d’espèces exotiques envahissantes étrangères réglementées qui ne sont pas établies au Canada sous forme de pourcentage du nombre total d’espèces exotiques envahissantes étrangères réglementées dès le début de l’année. Cet indicateur permet de voir si on a réussi à empêcher des espèces exotiques envahissantes étrangères réglementées à s’établir au Canada.

L’indicateur du nombre de plans d’intervention ou de gestion vise à cerner des mesures confirmées spécifiques à prendre (p. ex. réglementation, éducation, mesures de contrôle/d’éradication) au niveau fédéral, provincial ou territorial. Cela pourrait comprendre des plans élaborés en partenariat avec d’autres niveaux de gouvernement ou des organisations non gouvernementales.

Les données servant à faire état des deux premiers indicateurs se fondent sur les activités de collecte de données existantes, les connaissances et les réseaux. On recueille les données auprès des ministères et organismes prenant part à la réglementation, identifiant les espèces exotiques envahissantes et faisant des recherches sur celles-ci. Les données des deux indicateurs sont ajoutées à une base de données qui sera mise à jour, chaque année, par chaque ministère participant.

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Objectif 12. D'ici 2020, l'utilisation coutumière des ressources renouvelables par les peuples autochtones est maintenue, de manière compatible avec leur conservation et leur utilisation durable.

Indicateurs :

  • Nombre de ménages participant à des activités traditionnelles
  • Consommation d'aliments traditionnels
  • Études de cas illustrant l'utilisation coutumière des ressources biologiques

Pourquoi cet objectif est-il important pour le Canada?

Depuis des milliers d'années, les peuples autochtones au Canada dépendent des terres et des eaux ainsi que des ressources que fournissent des écosystèmes sains afin de répondre à leurs besoins physiques, sociaux, culturels et spirituels. De nombreux peuples autochtones continuent d'avoir une relation culturelle intime avec le paysage et les ressources découlant des terres et des eaux. L'utilisation coutumière des ressources biologiques, y compris les activités telles que la chasse, la pêche, le piégeage et la cueillette, est un élément important de cette relation. Cette utilisation coutumière des ressources biologiques peut être pratiquée par les collectivités autochtones en vertu de leurs pouvoirs législatifs concernant leurs ressources. Les collectivités qui ont des droits ancestraux et issus de traités à cet effet peuvent aussi exercer ces pratiques. Les droits ancestraux et issus de traités sont reconnus et affirmés à article 35 de la Constitution du Canada.

Au Canada, il existe 26 traités modernes qui portent notamment sur le rôle des signataires de ces traités à l'égard de la gestion des terres, l'exploitation et la gestion des ressources fauniques, l'établissement et la gestion de parcs nationaux et d'aires de conservation, ainsi que la conservation et l'exploitation des ressources naturelles.  Ces traités modernes couvrent plus de la moitié de la masse terrestre du Canada.

Des ententes entre les gouvernements et les peuples autochtones ont mené à la création de régimes de gestion coopérative de la faune. De nombreuses collectivités autochtones détiennent certains pouvoirs de gestion liés à l'utilisation des terres octroyées par des ententes et des réserves et à la gestion des ressources sur ces terres. Grâce à des ententes de coopération négociées, les peuples autochtones assument une responsabilité accrue quant à la gestion des ressources biologiques.

Liens avec le Plan stratégique de la Convention sur la diversité biologique de 2011-2020.
Cet objectif du Canada est lié à l’objectif mondial 18 d’Aichi.

Atteindre l’objectif

L'utilisation coutumière des ressources biologiques par les peuples autochtones est une façon de promouvoir et d'appliquer les connaissances traditionnelles autochtones. Pour atteindre cet objectif, il faut appliquer les connaissances traditionnelles et des processus conduits par les collectivités, afin d'autoriser et d'appuyer, lorsque possible, des activités coutumières continues qui sont compatibles avec la conservation et l'utilisation durable des ressources biologiques.

La détermination des meilleures pratiques, l'application des connaissances traditionnelles autochtones et l'élaboration de directives locales par les collectivités autochtones pour l'utilisation durable de la biodiversité peuvent aussi être bénéfiques pour la planification, la mise en œuvre et la gestion de la biodiversité. Cela peut mener au renforcement des capacités, à des outils et à des réseaux pratiques à l'appui de la conservation dirigée par les collectivités et de l'utilisation durable de la biodiversité à l'échelle locale.

Comment les progrès seront mesurés?

Les données sur le nombre de ménages autochtones participant à des activités traditionnelles, y compris la chasse, la pêche, le piégeage et la cueillette de plantes sauvages, sont disponibles par l'entremise de l'Enquête auprès des peuples autochtones menée par Statistique Canada. Les données sur la consommation d'aliments traditionnels proviennent des enquêtes régionales sur la santé des Premières nations et d'autres études menées par des organisations autochtones de même que de l'Étude sur l'alimentation, la nutrition et l'environnement des Premières nations. Des études de cas illustrant l'utilisation coutumière des ressources biologiques par les peuples autochtones seront recueillies en collaboration avec les organisations autochtones.

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Objectif 13. D’ici 2020, des mécanismes novateurs visant à favoriser la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité sont élaborés et mis en application.

Indicateur :

  • Études de cas illustrant la conservation ou l’utilisation durable de la biodiversité par l’entremise de mécanismes novateurs dans des secteurs et régions à l’échelle du Canada

Pourquoi cet objectif est-il important pour le Canada?

La biodiversité produit et appuie plusieurs services écosystémiques qui procurent un nombre énorme d’avantages sociaux et économiques à la population canadienne. Pour réussir à protéger la biodiversité, il faut étudier et mettre en application une gamme de stratégies et d’outils la plus complète possible. En outre, il faut tirer profit de l’innovation, élargir les partenariats existants et en créer de nouveaux. Les approches de collaboration en matière de gestion écosystémique et des ressources gagnent en popularité. De plus, elles favorisent la constitution de réseaux sociaux plus solides et la découverte de solutions durables. À l’échelle mondiale, on déploie davantage d’efforts pour utiliser les incitatifs économiques, institutionnels et juridiques afin de promouvoir la conservation et le respect de la biodiversité. Par exemple, les instruments économiques peuvent encourager l’adoption de pratiques respectueuses de l’environnement, favoriser la technologie verte et l’innovation, et décourager le gaspillage des ressources et l’inefficacité, sans nuire à la concurrentialité. De plus, ils peuvent être appliqués dans plusieurs contextes écosystémiques, des terres à bois privées et des ranchs aux forêts publiques et aux quartiers urbains. On pourrait réaliser beaucoup de choses en s’inspirant des réussites antérieures, en appliquant les mesures existantes de nouvelles façons et en intégrant les éléments de la biodiversité au processus décisionnel quotidien dans tous les secteurs.

Liens avec le Plan stratégique de la Convention sur la diversité biologique de 2011-2020.
Cet objectif du Canada est lié aux objectifs mondiaux 3 et 4 d’Aichi.

Atteindre l’objectif

Le Canada a déjà une bonne feuille de route quant à l’innovation. Il existe plusieurs exemples illustrant la collaboration des Canadiens pour agrandir la boîte à outils en matière de conservation. Au Canada, on a déjà adopté des mesures pour protéger les terres sensibles sur le plan écologique, allant au-delà de la simple acquisition. Par exemple, le gouvernement fédéral et certains gouvernements provinciaux proposent des incitatifs fiscaux concernant le don de terres, dans le cadre d’initiatives comme le Programme des dons écologiques. En Saskatchewan, Canards Illimités a dirigé une vente aux enchères inversée novatrice afin de rémunérer les propriétaires fonciers qui ont rétabli des terres humides dans leurs champs et prairies. C’est un mécanisme visant à rétablir 56 000 hectares de terres humides sur une période de 20 ans. Un groupe d’organisations non gouvernementales et d’entreprises forestières ont collaboré pour créer l’Entente sur la forêt boréale canadienne. Certaines initiatives, comme les programmes de certification indépendants, peuvent aider à créer des marchés pour des produits respectueux de la biodiversité. Certaines entreprises, comme Sobeys et Unilever, ouvrent la voie pour les fabricants et les détaillants à l’écologisation de leur chaîne d’approvisionnement.

Pour atteindre l’objectif mentionné en rubrique, il faut continuer de déployer des efforts, comme ceux décrits ci-dessus, en plus de travailler à supprimer les obstacles à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité, et d’encourager les investissements dans ces activités. Pour déterminer les pratiques exemplaires et appuyer l’atteinte de cet objectif, il faut évaluer l’efficacité de tels mécanismes novateurs en termes d’effets sur l’environnement.

Principaux concepts

Mécanismes novateurs : Nouvel outil ou nouvelle approche pour obtenir des résultats sur le plan de la biodiversité. Un secteur ou tout ordre du gouvernement peut créer ou mettre en application un mécanisme novateur. Parmi les exemples, on compte notamment :

  • de nouveaux partenariats avec de multiples intervenants ou entre les secteurs public et privé;
  • des instruments économiques, comme des subventions, des mesures fiscales ou des paiements pour des services écosystémiques;
  • une incitation commerciale, comme des programmes de certification;
  • des mesures législatives ou réglementaires améliorées, comme des allocations de conservation;
  • des politiques ou programmes, y compris des politiques opérationnelles, conçues pour offrir de nouveaux avantages sur le plan de la biodiversité.

Comment les progrès seront mesurés?

Pour mesurer les progrès relatifs à cet objectif, on peut documenter des exemples canadiens d’approches et d’outils novateurs utilisés pour conserver la biodiversité. On peut tirer des études de cas de différentes sources dans le cadre du processus de production de rapports nationaux du Canada pour la Convention sur la diversité biologique. Les rapports décrivent un groupe représentatif de nouveaux exemples de différents secteurs et régions au Canada, et reconnaissent et célèbrent les réussites.

Buts et objectifs - Introduction