Buts et objectifs canadiens pour la biodiversité d'ici 2020

But A. D’ici 2020, les terres et les eaux canadiennes sont planifiées et gérées au moyen d’une approche écosystémique pour soutenir les résultats en matière de conservation de la biodiversité dans les contextes locaux, régionaux et nationaux.

Objectif 1. D’ici 2020, au moins 17 % des zones terrestres et d’eaux intérieures et 10 % des zones côtières et marines sont conservées par l’entremise de réseaux d’aires protégées, et d’autres mesures efficaces de conservation dans des superficies clairement définies.

Indicateurs :

  • Pourcentage de territoire terrestre total (y compris les eaux intérieures) conservé dans les aires protégées et autres mesures efficaces de conservation dans des superficies clairement définies
  • Pourcentage de territoire côtier et maritime total conservé dans les aires marines protégées et autres mesures efficaces de conservation dans des superficies clairement définie

Pourquoi cet objectif est-il important pour le Canada?

Les espaces naturels du Canada sont une composante vitale de notre culture, de notre patrimoine, de notre économie et de notre avenir. En outre, ils ont aussi une grande importance à l’échelle mondiale. Les forêts, les terres humides, les prairies, la toundra et les océans canadiens offrent des services écosystémiques essentiels. Nous avons la chance de pouvoir apprécier, protéger et partager environ 30 % de la forêt boréale mondiale, 20 % des ressources en eau douce de la planète, la ligne de côte la plus longue au monde et un des territoires marins les plus vastes au monde. Les aires naturelles au Canada comptent des habitats essentiels pour les espèces en péril sur terre et en mer, des milliers de lacs et de rivières offrant eau potable et énergie, et des forêts et des terres humides qui emmagasinent les gaz à effet de serre, produisent de l’oxygène et régularisent les inondations.

Pour conserver la biodiversité au Canada, nous devons protéger ces aires naturelles de toute dégradation. Il est essentiel de ce faire pour maintenir les services écosystémiques offerts par ces aires. Les parcs et aires protégées du Canada sont un patrimoine vivant pour les générations futures de Canadiens, donnant aux gens l’occasion de se sensibiliser à la nature et d’en apprendre davantage sur celle-ci. Le Canada a réalisé d’importants progrès en créant des parcs nationaux, provinciaux et municipaux ainsi que plusieurs autres types d’aires de conservation qui appuient le rôle des aires protégées dans le cadre de la conservation de la nature. Alors que les menaces de dégradation des aires naturelles ne cessent de croître, on doit déployer davantage d’efforts pour protéger nos terres et notre eau par l’entremise de différentes mesures.

Liens avec le Plan stratégique de la Convention sur la diversité biologique de 2011-2020.
Cet objectif du Canada est lié à l’objectif mondial 11 d’Aichi.

Atteindre l’objectif

En 2013, environ 10 % du territoire terrestre canadien, et environ 1 % du territoire marin du Canada est conservé au sein d’aires protégées. La majorité de cette superficie se trouve dans les réseaux des aires protégées fédéraux, provinciaux et territoriaux. L’expansion de ces réseaux apportera une contribution importante à atteinte de l’objectif national, soit de conserver d’ici 2020 17 % du territoire terrestre et 10 % de la zone marine. De plus, tous les secteurs de la société, y compris les entreprises, le secteur sans but lucratif, les propriétaires fonciers et les citoyens ont un rôle important à jouer dans le cadre de la conservation des aires naturelles dans leur communauté et sur les terres privées. Il faut continuer d’axer les efforts déployés dans des aires qui sont représentatives sur le plan écologique et importantes pour la biodiversité et les services écosystémiques. Il faut aussi s’assurer que ces aires sont bien reliées et qu’elles sont gérées efficacement. En outre, il faut intégrer ces aires aux paysages terrestres et marins plus étendus dans lesquels elles sont situées.

Principaux concepts

Aires terrestres et eaux intérieures : Toutes les terres et l’eau situées au-dessus de la ligne de marée haute, y compris les lacs, les rivières et les ruisseaux.

Aires côtières et marines : La ligne de côte sous la ligne de marée haute, les estuaires côtiers et les marais salés, ainsi que les eaux des océans contenues dans le territoire marin du Canada.

Aires protégées : Une superficie géographique clairement définie qui est reconnue, réservée et gérée, par l’entremise de moyens juridiques ou autres afin d’assurer la conservation à long terme de la nature en association avec les services écosystémiques et les valeurs culturelles connexes (Union internationale pour la conservation de la nature).

Autres mesures efficaces de conservation dans des superficies clairement définies (AMC) : Mesures explicites sur le plan spatial qui sont axées sur la conservation à long terme, qui portent sur les menaces pesant sur la biodiversité et qui proposent un avantage net quant à la conservation, mais qui ne sont pas des aires protégées officiellement désignées. Le Canada participe à des discussions en Canada et à l'étranger portant sur la manière selon laquelle les AMC seront suivies et relatées.

Comment les progrès seront mesurés?

La protection de la superficie des terres et des eaux au Canada est une intervention de l’homme face à la perte de la biodiversité et de l’habitat naturel. Les deux indicateurs pour l’objectif mentionné en rubrique s’appuient sur des données à jour concernant les aires protégées et les autres mesures efficaces de conservation dans des zones terrestres et marines au Canada. On évalue actuellement les progrès réalisés, on en fait le suivi et on en fait état à l’aide de données provenant du Système de rapport et de suivi pour les aires de conservation (sous l’égide du Conseil canadien des aires écologiques), à l’aide des Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement, et de données provenant d’Environnement Canada, de Pêches et Océans Canada et de Parcs Canada. Ces sources permettent non seulement de saisir des renseignements sur les aires de conservation, mais d’en obtenir toujours davantage sur les aires protégées privées ainsi que sur d’autres  mesures efficaces de conservation dans des superficies clairement définies. D’ici 2020, ces données permettent d’obtenir un portrait complet de toutes les aires protégées et autres mesures efficaces de conservation dans des superficies clairement définies au Canada. Pour des informations à jour sur l'étendue des aires protégées au Canada, veuillez consultez les Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement sur les aires protégées et le Rapport sur la situation des aires protégées du Canada de 2012 à 2015. L’objectif 16 (D’ici 2020, le Canada dispose d’un répertoire complet des aires protégées qui comprend les aires de conservation privées) souligne cet effort.

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Objectif 2. D’ici 2020, les espèces en sécurité demeurent en sécurité et les populations des espèces en péril répertoriées en vertu de la loi fédérale présentent des tendances qui sont conformes aux stratégies de rétablissement et aux plans de gestion.

Indicateurs :

  • Tendances des populations d’espèces en péril (p. ex. tendances sur le plan de la taille des populations d’espèces en péril par rapport aux objectifs des stratégies de rétablissement fédérales)
  • Changements du niveau de risque de disparition des espèces sauvages
  • Tendances dans la situation générale des espèces sauvages

Pourquoi cet objectif est-il important pour le Canada?

On retrouve au Canada une variété unique de plantes et d’animaux. Ces espèces ne représentent pas uniquement l’énorme biodiversité canadienne, elles font aussi partie intégrante du patrimoine naturel et culturel du pays. Chaque espèce joue un rôle clé dans le maintien de la santé globale des écosystèmes; le fait d’assurer la santé des populations d’espèces indigènes est essentiel à la préservation de la biodiversité canadienne et des bienfaits que cela procure. Cependant, le bien-être de certaines de ces espèces est menacé. Actuellement, il y a plus de 400 espèces au Canada sur la liste des espèces en péril en vertu de la loi fédérale, principalement à cause de la perturbation et de la perte de leur habitat, de la compétition des espèces exotiques envahissantes, ainsi que des changements environnementaux attribuables aux changements climatiques et à la pollution. Lorsqu’une plante ou un animal est déclaré en péril en vertu de la loi fédérale, il faut préparer un plan de rétablissement ou de gestion. Des efforts concertés des gouvernements municipaux, provinciaux, territoriaux et fédéral s’avèrent essentiels pour améliorer la situation de ces espèces et atteindre les objectifs énoncés dans les plans de rétablissement.

Liens avec le Plan stratégique de la Convention sur la diversité biologique de 2011-2020.
Cet objectif du Canada est lié à l’objectif mondial 12 d’Aichi.

Atteindre l’objectif

L’approche canadienne vise à empêcher la disparition d’espèces sauvages en adoptant des mesures de rétablissement nécessaires, tout en gérant les autres espèces afin d’éviter qu’elles ne deviennent en péril. Pour atteindre l’objectif mentionné en rubrique, il faut poursuivre les consultations et la collaboration avec la population canadienne en ce qui a trait à la protection des espèces au pays. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ainsi que les gouvernements et collectivités autochtones devront collaborer continuellement pour promouvoir les activités de partenariat et d’intendance dans le but de maintenir une population d’espèces saine, protéger les espèces en péril et leur habitat, et pour mettre en œuvre des lois et stratégies nationales et locales. Parmi les principaux mécanismes de la stratégie canadienne de protection des espèces sauvages en péril, on compte l’Accord pour la protection des espèces en péril dans le cadre duquel les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux au Canada s’engagent à adopter une approche commune pour protéger les espèces en péril, la Loi sur les espèces en péril (LEP), ainsi que les activités entreprises dans le cadre de programmes, comme le Programme d’intendance de l’habitat pour les espèces en péril. Tous les territoires et provinces disposent de lois concernant les espèces en péril ou la faune qui exigent la protection des espèces et de leur habitat.

Une collaboration continue dépassant les frontières canadiennes s’avère nécessaire pour s’occuper des nombreuses espèces en péril, dont seule une petite partie de leur aire de répartition mondiale ou continentale se trouve au Canada. Les plans de rétablissement servent à veiller à ce que l’on comble les besoins en matière de rétablissement de ces espèces au pays. Les besoins en matière de rétablissement varient grandement d’une espèce à l’autre, tout comme la période requise pour observer des changements sur le plan du nombre d’individus ou de la répartition. Dans certains cas, il faut compter des centaines d’années. C’est pourquoi il peut être difficile d’observer d’ici 2020 des améliorations chez certaines espèces. L’objectif relatif aux espèces en péril met donc l’accent sur les objectifs établis pour chaque espèce dans sa stratégie de rétablissement ou son plan de gestion au Canada. On mesurera les progrès selon les tendances en matière de rétablissement d’ici 2020 qui auront été observées lors d’exercices de réévaluation réguliers.

Principaux concepts

Espèces en péril inscrites sur la liste fédérale : Espèces mentionnées à la liste de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. Remarque : Les provinces et territoires peuvent évaluer et ajouter des espèces se trouvant dans leur territoire sans égard au processus du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et de la LEP.

Réévaluation nationale : Réalisée par le COSEPAC, un comité d’experts du domaine de la faune évaluant la situation des populations d’espèces sauvages qui pourraient être menacées de disparition au Canada. Le gouvernement du Canada prend en considération la désignation du COSEPAC lorsqu’il met à jour la liste juridique des espèces sauvages en péril.

Tendances quant à la population et à la répartition : Les espèces ajoutées à la liste de la LEP doivent faire l’objet d’un plan de gestion (espèces préoccupantes) ou d’un plan de rétablissement (sauf si l’espèce est disparue). Ces documents doivent contenir des objectifs quant à la population et à la répartition.

Espèces en sécurité : Les espèces dont on ne croit pas qu’elles appartiennent aux catégories des espèces « disparues du Canada », « disparues », « en péril », « possiblement en péril », « sensibles », « occasionnelles » ni « exotiques » telles que décrites dans la série Les espèces sauvages portant sur la situation générale des espèces. Cette catégorie inclut certaines espèces dont le nombre a tendance à diminuer au Canada, mais qui sont encore relativement répandues ou abondantes.

Espèces sauvages : Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animaux, de végétaux ou d’autres organismes d’origine sauvage, sauf une bactérie ou un virus, qui est indigène du Canada ou s’est propagée au Canada sans intervention humaine et qui y est présente depuis au moins 50 ans.

Comment les progrès seront mesurés?

Les indicateurs pour l’objectif mentionné en rubrique font partie de l’initiative des Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement (ICDE), qui propose des données et de l’information afin de faire le suivi du rendement du Canada quant à d’importants enjeux en matière de durabilité de l’environnement.

L’indicateur des Tendances des populations d'espèces en péril présente une évaluation des tendances de rétablissement des espèces en péril qui i) sont inscrites sur la Liste des espèces en péril en vertu de la Loi sur les espèces en péril fédérale (LEP); ii) ont un programme de rétablissement final ou un plan de gestion contenant des objectifs axés sur les populations; iii) sont considérées comme pouvant être rétablies, tant sur le plan biologique que technique et iv) ont fait l'objet d'une réévaluation par le COSEPAC depuis la publication du document de rétablissement final (stratégie de rétablissement ou plan de gestion). Les données pour cet indicateur sont tirées de nombreuses sources. 1) Les buts et objectifs de rétablissement sont tirés de plans de rétablissement finaux d’espèces disparues, en voie de disparition ou menacées qui ont été ajoutées à la liste des espèces sauvages en péril en vertu de la LEP. Il est possible de consulter la version finale et proposer des plans de rétablissement d’espècesNote de bas de page1 depuis le Registre public des espèces en péril. 2) Les plans de gestion contiennent des buts et des objectifs qui visent à prévenir que les espèces préoccupantes ne deviennent menacées ou en voie de disparition. Comme les programmes de rétablissement, les plans de gestion proposés et finaux des espèces sont mis à la disposition du public dans le Registre public des espèces en péril. 3) Les tendances quant à la population sont tirées des évaluations les plus récentes du COSEPAC, aussi accessibles depuis le Registre public des espèces en péril.

L’indicateur des changements concernant la disparition d’espèces sauvages se fonde sur les conclusions du COSEPAC pour faire état des changements quant à l'état des espèces au Canada. Élaboré en collaboration avec le Secrétariat du COSEPAC, qui est logé à Environnement Canada, l’indicateur mesure l’efficacité des mesures de conservation. Les données sont tirées des rapports sur la situation d’espèces sauvages du COSEPAC, accessibles sur le Registre public des espèces en péril.

L’indicateur de la Situation générale des espèces au Canada résume la situation de toutes les espèces comprises dans un ensemble de groupes d’espèces visées. L’indicateur de la situation générale offre une mesure du risque d’extinction potentiel et une indication de la situation globale de la biodiversité au Canada, car la perte d’une espèce est une perte de biodiversité. Les données de l’indicateur sont tirées des rapports Les espèces sauvages (CCCEP 2001; CCCEP 2006, CCCEP 2011), qui sont compilés tous les cinq ans à partir des renseignements et du savoir-faire existants pour établir des classements relatifs à la situation générale pour le plus grand nombre d’espèces possible.

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Objectif 3. D’ici 2020, les terres humides du Canada sont conservées ou améliorées afin de soutenir leurs services écosystémiques grâce à des activités de conservation, de restauration et de gestion.

Indicateur :

  • La superficie des habitats est conservée, gérée et rétablie en vertu du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine

Pourquoi cet objectif est-il important pour le Canada?

On retrouve au Canada 25 % des terres humides à l’échelle mondiale, notamment des tourbières, des fens, des marécages, des marais et des eaux peu profondes/libres. Les terres humides sont directement responsables d’un certain nombre de services écosystémiques utiles pour les Canadiens, comme le contrôle des inondations et des sécheresses, la filtration de l’eau, le contrôle de l’érosion, la protection des collectivités contre les marées de tempête, le stockage d’une grande quantité de gaz à effet de serre, en plus d’offrir un endroit pour réaliser des activités de loisirs à l’extérieur, d’éducation, de chasse et de pêche. En outre, les terres humides sont essentielles au cycle de vie d’un grand nombre de plantes et d’animaux, y compris le tiers des espèces en péril au Canada. Cependant, malgré l’importance des terres humides, la dégradation de celles-ci se poursuit. Les pertes atteignent maintenant des niveaux critiques dans plusieurs régions du pays. Afin de réduire de tels effets négatifs, il faut s’assurer de conserver les terres humides qui restent, et les utiliser d’une manière durable afin de pouvoir continuer à jouir des avantages qu’elles procurent. En assurant la conservation et l’amélioration des terres humides au Canada, les espèces sauvages et les espèces végétales en bénéficieront. En outre, on assurera le maintien de services écosystémiques vitaux, et on contribuera à la santé et au bien-être des Canadiens.

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Cet objectif du Canada est lié aux objectifs mondiaux 4, 5, 14 et 15 d’Aichi.

Atteindre l’objectif

L’objectif mentionné en rubrique souligne le rôle important que jouent les responsables des terres humides canadiennes afin de maintenir la santé et le bien-être d’un écosystème vital dont tous les Canadiens bénéficient. En fait, on déploie actuellement d’importants efforts pour protéger et préserver les terres humides. Par exemple, en collaboration avec des propriétaires fonciers privés et des gouvernements, le Plan de gestion nord-américain de la sauvagine a réduit le taux de perte et de dégradation depuis 1986 en protégeant les terres humides, en créant des accords de conservation, et en influant sur les activités d’intendance des propriétaires fonciers, des agriculteurs, des gestionnaires de terres et d’organismes de conservation. Les aires protégées, créées par les gouvernements, et d’autres types d’aires de conservation créées par des propriétaires fonciers privés, des organismes de conservation et des collectivités locales, ont permis de préserver des millions d’hectares de terres humides. Canards Illimités Canada dirige l’élaboration d’un inventaire des terres humides au Canada, et Environnement Canada crée un indicateur des terres humides dans le cadre de l’initiative des Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement (ICDE). Malgré les efforts déployés, la diminution du nombre de terres humides et leur dégradation se poursuivent. Il est vital d’obtenir l’engagement et la collaboration de plusieurs joueurs, y compris les utilisateurs agricoles, les planificateurs de l’utilisation du sol municipaux et régionaux, les exploitants, l’industrie et les utilisateurs à des fins de loisirs.

Principaux concepts

Services écosystémiques : Les matières que les écosystèmes fournissent (p. ex., la nourriture, le carburant, les fibres, les médicaments); les façons dont les écosystèmes régularisent les conditions environnementales (p. ex., purifier l’air et l’eau, prévenir l’érosion du sol, réduire la propagation des maladies, atténuer les répercussions du climat); leurs contributions à la vie culturelle (p. ex., l’éducation, les loisirs, l’inspiration, la santé physique et mentale, y compris le développement cognitif).

Amélioration : Mesures prises dans des habitats constitués de terres humides ou de zones sèches afin d’accroître leur capacité biotique pour accueillir la faune et pour offrir des services écosystémiques (voir aussi Rétablissement).

Maintien : Protection (ou préservation) de terres humides fonctionnelles pour les services écosystémiques, et fourniture d’un habitat convenable aux espèces sauvages.

Gestion : Activités réalisées dans des habitats constitués de terres humides ou de zones sèches afin de gérer et de maintenir leur capacité biotique pour accueillir la faune et pour offrir des services écosystémiques.

Rétablissement : La création ou l’amélioration des terres humides et des services écosystémiques qu’elles offrent.

Terres humides : Terrain saturé d’eau assez longtemps pour favoriser les processus de terres humides ou aquatiques caractérisés par des sols mal drainés, une végétation hydrophyte et différentes formes d’activités biologiques adaptées à un milieu humide.

Comment les progrès seront mesurés?

L’indicateur pour l’objectif mentionné en rubrique fait état du nombre de terres humides canadiennes et d’habitats en zone sèche connexes qui ont été maintenus, gérés et rétablis dans le cadre du Plan de gestion nord-américain de la sauvagine (PGNAS) afin d’appuyer la sauvagine et d’autres espèces qui dépendent des terres humides. Ces activités sont mesurées dans le cadre des quatre plans conjoints du Plan de gestion nord-américain de la sauvagine, soit celui de la côte du Pacifique (superficie en sol canadien seulement), celui intermontagnard canadien, celui des habitats de l’Est et celui des habitats des Prairies, y compris la région de la forêt boréale de l’Ouest.

L’indicateur sur l'étendue des milieux humides au Canada est un indicateur connexes qui fait partie du programme des Indicateurs canadiens de durabilité de l'environnement. L'indicateur est la mesure de l'étendue des milieux humides au Canada et offre une base à partir de laquelle le changement peut être mesuré.

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Objectif 4. D’ici 2020, les considérations en matière de biodiversité sont intégrées dans la planification municipale et les activités des principales municipalités à travers le Canada.

Indicateurs :

  • Nombre de moyens et de grands centres de population urbains qui ont élaboré des stratégies de conservation de la biodiversité
  • Nombre de moyens et de grands centres de population urbains qui ont des objectifs de biodiversité dans des documents de planification municipale

Pourquoi cet objectif est-il important pour le Canada?

Actuellement, environ 80 % de la population canadienne vit dans des zones urbaines et cette proportion devrait atteindre 90 % d’ici 2050. Entre 1971 et 2001, la superficie totale des terres urbaines au Canada a presque doublé. Même si les régions urbaines occupent une partie relativement petite du territoire canadien, elles se situent souvent à des endroits où la biodiversité est particulièrement abondante, comme les régions côtières, les vallées fluviales ou les rives de nos lacs. Les répercussions de la perte d’habitat attribuable à l’urbanisation peuvent être disproportionnées par rapport à la superficie de la région perturbée. L’expansion urbaine peut aussi altérer des bassins hydrographiques, dégrader la qualité de l’eau de la biodiversité aquatique, et accroître la vulnérabilité aux inondations. Au cours des dernières années, on a commencé à mieux comprendre l’importance des écosystèmes sains en milieu urbain. Certains des avantages pour les résidents urbains d’un nombre accru d’espaces verts, sont un air plus pur, un répit en ce qui a trait aux températures estivales chaudes, les activités de loisirs et autres. Dans les villes, les aires naturalisées ne servent pas uniquement à créer des quartiers attrayants, mais les berges naturelles et la couverture végétale adéquate peuvent aider à contrôler les inondations et à réduire les écoulements d’averse. Les municipalités se trouvent dans une position unique pour jouer un rôle important quant à l’élaboration de solutions locales adaptées à la biodiversité.

Liens avec le Plan stratégique de la Convention sur la diversité biologique de 2011-2020.
Cet objectif du Canada est lié à l’objectif mondial 2 d’Aichi.

Atteindre l’objectif

Un certain nombre de municipalités canadiennes réalisent déjà, de manière directe ou indirecte, des activités relatives à la biodiversité grâce à leurs initiatives de planification, de sensibilisation, de prise de décision et de prestation de services. Par exemple, la Ville d’Edmonton est un chef de file sur le plan de la protection de la biodiversité. Elle a fait de l’éducation sur l’importance de la biodiversité un enjeu local important. La Ville a tenu compte de la biodiversité dans sa conception urbaine, et a reconnu les rôles que différents intervenants et la collectivité peuvent jouer pour faire avancer les efforts en matière de durabilité et de conservation des écosystèmes. En outre, Montréal et Ottawa comptent parmi les villes qui ont contribué à l’élaboration de l’Index sur la biodiversité des villes, un outil d’auto-évaluation international conçu pour aider à évaluer les efforts en matière de conservation urbaine, ainsi que les progrès réalisés pour réduire le taux de perte de la biodiversité dans les écosystèmes urbains. À l’échelle provinciale, la Stratégie de la biodiversité de l’Ontario de 2011 souligne l’importance de la conservation de la diversité biologique en milieu urbain et le Québec a créé un guide sur l’urbanisation et la biodiversité à l’intention des planificateurs et du personnel municipal. Ce guide comporte des outils et des pratiques exemplaires afin de protéger la biodiversité et les services écosystémiques dans les milieux urbains. Des organisations municipales nationales canadiennes, comme la Fédération canadienne des municipalités et ICLEI-Canada, ont aussi mis activement l’accent sur la valeur de la biodiversité dans les régions urbaines, et l’importance d’intégrer les considérations relatives à la biodiversité à l’échelon municipal. À l’échelon fédéral, le projet de loi visant à établir officiellement le Parc urbain national de la Rouge dans la région du Grand Toronto a été déposé en juin 2014, et Parcs Canada a achevé un processus de mobilisation du public à grande échelle pour la rédaction de la première ébauche du plan de gestion du parc. Cependant, pour atteindre l’objectif mentionné en rubrique, il faut déployer des efforts permanents plus systématiques pour intégrer la biodiversité aux politiques, aux plans et aux programmes municipaux. Il faut également constamment mesurer les progrès quant à l’atteinte de cet objectif, au fur et à mesure que les municipalités à l’échelle du pays reconnaissent l’importance de la biodiversité, grâce à l’élaboration de stratégies de conservation de la diversité biologique et à l’intégration d’objectifs en matière de biodiversité à leurs plans et activités.

Principaux concepts

Grandes municipalités : Agglomérations de moyenne et de grande tailles, selon les définitions de Statistique Canada :

  • petite agglomération comptant de 1 000 à 29 999 habitants;
  • agglomération de moyenne taille comptant de 30 000 à 99 999 habitants;
  • grande agglomération comptant au moins 100 000 habitants.

En 2011, Statistique Canada a signalé qu’il y avait 85 agglomérations de moyenne et de grande tailles au Canada, et 857 petites agglomérations.

Comment les progrès seront mesurés?

Les deux indicateurs proposés pour l’objectif mentionné en rubrique se fondent sur des données fournies par des municipalités individuelles, ainsi que des associations et des réseaux de municipalités. Environnement Canada collabore avec des partenaires afin d’interroger les municipalités des 85 agglomérations de moyenne et de grande tailles au Canada, et de recueillir les données pertinentes. On pourrait aussi réaliser des études de cas mettant l’accent sur les activités municipales qui intègrent les considérations relatives à la diversité biologique.

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Objectif 5. D’ici 2020, la capacité des systèmes écologiques canadiens à s’adapter aux changements climatiques est mieux comprise, et des mesures d’adaptation prioritaires sont en cours.

Indicateurs :

  • Réalisation d’évaluations de la vulnérabilité des systèmes écologiques et de la biodiversité à l’égard des changements climatiques dans des secteurs et des régions à l’échelle du Canada qui déterminent des aires prioritaires et des espèces les plus préoccupantes
  • Nombre et étendue des plans de gestion, d’utilisation et d’exploitation des terres réalisés et mis en œuvre qui intègrent des considérations explicites de l’adaptation, afin de faciliter ou d’accroître la résilience et l’utilisation durable des espèces et des aires les plus préoccupantes

Pourquoi cet objectif est-il important pour le Canada?

On remarque les effets des changements climatiques partout sur la planète. Au Canada, les températures augmentent, ce qui a d’importantes répercussions sur les écosystèmes terrestres et marins, y compris des changements sur le plan de l’aire de répartition des écosystèmes, des périodes de migration et de reproduction modifiées, des changements aux régimes de perturbation naturelle, et une modification de la répartition, de la productivité et de l’abondance des espèces. Les changements climatiques peuvent avoir une incidence directe ou non sur la diversité biologique en raison, par exemple, de changements sur le plan des températures et des précipitations, de décalages de saison, et de la fréquence et de l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes et d’autres perturbations naturelles, comme les incendies. En plus de poser de nouveaux défis, les changements climatiques exacerbent plusieurs des menaces existantes les plus importantes pour la biodiversité, comme les changements à l’habitat et les espèces envahissantes.

À l’échelle du pays, les Canadiens observent et continueront d’observer de telles répercussions. Dans les collectivités nordiques, où les changements se produisent le plus rapidement, des températures au sol plus chaudes entraînent le dégel du pergélisol, endommageant les immeubles et les routes. Dans les collectivités côtières, les tempêtes plus fréquentes et plus intenses accélèrent l’érosion des côtes et endommagent les propriétés. Pour une économie comme celle du Canada, où les ressources naturelles jouent un rôle important, les effets des changements climatiques pourraient être significatifs, ayant des répercussions sur la chasse, la pêche, la gestion forestière, océanique et agricole, ainsi que les industries connexes. Toutes les collectivités seront touchées par ces changements.

Afin de créer des mesures d’adaptation efficaces, il faut tout d’abord comprendre la capacité d’adaptation des systèmes biophysiques canadiens. Il faut savoir où, quand et comment intervenir, et être en mesure de surveiller les changements au fil du temps et d’en faire état. En mettant l’accent sur la mise en œuvre des mesures d’adaptation pour les aires prioritaires et les espèces préoccupantes, le Canada pourra commencer à lutter contre les répercussions les plus immédiates des changements climatiques sur la biodiversité et à améliorer la résilience des écosystèmes, tout en reconnaissant qu’il devra en faire davantage à l’avenir.

Liens avec le Plan stratégique de la Convention sur la diversité biologique de 2011-2020.
Cet objectif du Canada est lié à l’objectif mondial 19 d’Aichi.

Atteindre l’objectif

Pour atteindre l’objectif mentionné en rubrique, les gouvernements et les intervenants à l’échelle du Canada doivent travailler ensemble afin de déterminer les principales vulnérabilités des systèmes écologiques et de la biodiversité face aux changements climatiques, et de mieux comprendre et faciliter la capacité des principales aires et espèces à s’adapter aux répercussions les plus immédiates. Différentes organisations réalisent actuellement de telles activités. En outre, diverses universités et organisations non gouvernementales déploient des efforts pour évaluer et surveiller l’acidification des océans. Dans le cadre de son Programme des services d’adaptation aux changements climatiques en milieu aquatique (PSACCMA), Pêches et Océans Canada réalise une série d’évaluations à l’échelle des bassins aquatiques qui tiendront compte, entre autres, des répercussions des changements climatiques sur les écosystèmes et les aspects socioéconomiques, ainsi que les implications évidentes pour la diversité biologique. Par l’entremise du Programme d’adaptation aux changements climatiques (PACC), Affaires autochtones et Développement du Nord Canada soutient les collectivités autochtones et nordiques pour qu’elles puissent faire face aux risques et aux défis que posent les répercussions des changements climatiques et qu’elles deviennent plus résilientes. L’initiative Changements forestiers de Forêts Canada, lorsqu’elle sera terminée, comprendra un système de suivi qui permettra de consigner les tendances passées et les prévisions futures liées aux changements forestiers à l’échelle du Canada pour un ensemble d’indicateurs, une trousse d’outils d’adaptation, y compris des cartes, des outils d’aide a la prise de décisions, une synthèse des renseignements et des options d’adaptation, afin de soutenir la gestion forestière dans l’évolution du climat et une évaluation intégrée des répercussions des changements climatiques sur les forêts et le secteur forestier au Canada. Le groupe de travail sur les changements climatiques du Conseil canadien des ministres des forêts a élaboré un ensemble de rapports et de guides afin d’orienter l’adaptation dans le secteur forestier. Ressources naturelles Canada a publié une nouvelle évaluation scientifique, Vivre avec les changements climatiques au Canada – Perspectives des secteurs relatives aux impacts et à l’adaptable, qui comprend un chapitre sur le biodiversité et les aires protégées. Les gouvernements provinciaux et territoriaux prennent des mesures en matière d’adaptation. La Colombie-Britannique, l’Ontario, le Québec et les Territoires ont émis des stratégies d’adaptation autonomes, et d’autres sont en cours de préparation. L’Alberta a évalué les risques et les occasions liés aux changements climatiques et utilise ces renseignements pour prendre des mesures stratégiques. Certaines municipalités font preuve de leadership dans la planification de l’adaptation. Toronto et Vancouver, par exemple, ont des stratégies d’adaptation en place. Il sera important de surveiller, au fil du temps, les changements sur le plan de la biodiversité et d’en faire état à l’aide de différents mécanismes de suivi. On pourra ainsi identifier les tendances négatives afin de créer des mesures d’adaptation, de les mettre en œuvre et d’en évaluer l’efficacité.

Principaux concepts

Capacité d’adaptation : La capacité des systèmes biophysiques et socioéconomiques de s’adapter aux circonstances changeantes de manière permanente.

Mesures d’adaptation : Mesures qui répondent aux changements réels ou éventuels touchant la biodiversité qui sont attribuables aux changements climatiques. Parmi celles-ci, on compte des activités des institutions, des gouvernements, des entreprises ou du public afin de réagir aux répercussions réelles ou prévues.

Vulnérabilité : Le degré auquel un écosystème ou un système socioéconomique (p. ex., une région peuplée) est susceptible aux répercussions négatives des changements climatiques. La vulnérabilité est une fonction de plusieurs facteurs, y compris la nature des répercussions, le degré d’exposition du système, sa sensibilité aux changements et sa résilience, ou sa capacité à absorber les répercussions.

Comment les progrès seront mesurés?

Les indicateurs proposés pour cet objectif se fondent sur la collaboration de toutes les compétences pour qu’elles examinent les progrès et en fassent état. Parmi les rapports en cours ou récemment achevés en lien avec le premier indicateur, il y a les rapports conjoints fédéraux-provinciaux-territoriaux sur l’état et les tendances des écosystèmes. Le second indicateur comporte plusieurs mesures, y compris le nombre et la portée des plans réalisés, ainsi que le nombre et la portée des plans mis en œuvre.

Notes de bas de page

Note 1

Le Registre public des espèces en péril comporte la version finale et la version proposée de plans de rétablissement d’espèces en péril au Canada. On considère un plan de rétablissement final lorsque tous les processus de consultation et d’approbation sont terminés.

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