Coup d'oeil sur les constatations clés

Biomes

Un biome est une vaste communauté de plantes et d’animaux qui occupent un type distinct d’environnement. Cette section décrit six biomes et aborde une septième catégorie particulièrement importante des écosystèmes canadiens : la glace dans l’ensemble des biomes.

Forêts

Sur le plan national, la superficie que couvrent les forêts a peu changé depuis 1990; sur le plan régional, la réduction de l'aire des forêts est considérable à certains endroits. La structure de certaines forêts du Canada, y compris la composition des espèces, les classes d'âge et la taille des étendues forestières intactes, a subi des changements sur des périodes de référence plus longues.

Fôret © istock.com/cathryn155. Cliquez pour la section des Forêts.Les forêts couvrent une superficie de 3,5 millions de km2 (60 %) du paysage terrestre du Canada. De cette superficie, la forêt boréale occupe environ 70 %. La forêt boréale nordique subit relativement peu l’influence humaine, mais la forêt boréale méridionale est fragmentée par les perturbations humaines. Annuellement, seulement entre 0,01 % et 0,02 % de la forêt canadienne fait place à d’autres types de couverture terrestre. Bien que les vieilles forêts se soient renouvelées dans certaines régions, celles–ci occupent encore 40 % de la forêt boréale à Terre–Neuve–et–Labrador et de la forêt pluviale côtière en Colombie–Britannique. On note un changement des écosystèmes près des limites forestières nordique et en montagne. Par exemple, les arbres s’étendent vers le nord le long de la côte du Labrador et on note une augmentation de la croissance et de la densité des arbres près des limites forestières au Yukon et dans le Nord du Québec.

Prairies

L'étendue des prairies indigènes n'est plus qu'une fraction de ce qu'elle était à l'origine. Bien qu'à un rythme plus lent, la disparition des prairies se poursuit dans certaines régions. La santé de bon nombre de prairies existantes a également été compromise par divers facteurs de stress.

Parc national des Prairies © istock.com/4loops. Cliquez pour la section des Prairies.La disparition des prairies dépasse celle des autres principaux biomes en Amérique du Nord. La plupart des pertes au Canada se sont produites avant les années 30 à la suite de la conversion des prairies en terres cultivables. On estime que les pertes totales subies avant les années 90 comptent 97 % d’herbes hautes/savane dans le sud de l’Ontario, 70 % de terres herbeuses des prairies (de loin la plus grande étendue de prairies au Canada) et 19 % de graminées cespiteuses/armoises en Colombie–Britannique. Dans certaines régions, les pertes se poursuivent à des petites parcelles restantes. La santé des prairies est également touchée. À long terme, les changements au régime de perturbations naturelles causés par des facteurs tels que l’extinction des incendies et les pâturages clos pour bestiaux ont eu des répercussions négatives sur les prairies. Des pratiques de saine gestion dans certaines régions contribuent à résoudre le problème. Parmi les autres facteurs de stress, on retrouve les espèces envahissantes non indigènes, l’empiètement des forêts, la fragmentation et l’intensification de l’agriculture.

Milieux humides

La perte de milieux humides a été importante dans le sud du Canada; la destruction et la dégradation continuent sous l’influence d’une gamme étendue de facteurs de stress. Certains milieux humides ont été restaurés ou sont en cours de restauration

Milieux humides © Carline Savage, Environnement Canada. Cliquez pour la section des Milieux humides.Environ 16 % du territoire canadien est couvert par des milieux humides d’eau douce, ce qui rend le pays responsable de près du quart des milieux humides restants à l’échelle mondiale. La conversion des milieux humides a été rapide suivant la période de colonisation dans le sud du Canada avec une perte de territoire estimée à 200 000 km2 avant 1990. Malgré les efforts importants déployés pour conserver et restaurer les milieux humides dans certaines régions, la disparition globale et la dégradation de ceux–ci se poursuivent. Les milieux humides près des zones urbaines sont particulièrement menacés, étant donné qu’on a converti entre 80 % et 98 % de ces milieux originaux afin de les utiliser autrement près ou dans les grands centres urbains du Canada. Parmi les menaces actuelles, on retrouve la conversion de ces milieux pour d’autres utilisations, la réglementation des eaux, la pollution et les espèces envahissantes non indigènes. Les changements climatiques représentent également une importante menace pour les milieux humides. Dans le nord, les changements des milieux humides sont déjà apparents; ils sont causés par le dégel du pergélisol et l’importante évaporation des eaux pendant les étés plus chauds.

Lacs et cours d'eau

Au cours des 40 dernières années, parmi les changements influant sur la biodiversité qui ont été observés dans les lacs et les cours d’eau du Canada, on compte des changements saisonniers des débits, des augmentations de la température des cours d’eau et des lacs, la baisse des niveaux d’eau et la perte et la fragmentation d’habitats.

Archipel des Mille-Îles © Environnement Canada. Cliquez pour la section des Lacs et cours d'eau.Les faibles débits annuels des courants naturels ont diminué dans de nombreux sites du sud du Canada et ils ont augmenté dans des sites des régions de l’ouest et du nord­ouest. Les débits de pointe annuels ont diminué dans de nombreux sites dans l’ensemble du Canada, mais ils ont augmenté dans la région maritime de l’Atlantique. D’autres tendances, telles que les changements des débits moyens saisonniers, étaient également propres aux régions et aux types de courants. Les changements du débit des courants d’eau touchent la vie aquatique. Par exemple, une diminution du débit d’étiage peut causer des problèmes aux poissons frayant tardivement et augmenter le stress thermique, et le nombre de prédateurs pour tous les poissons. Parmi les variations dans les lacs, on retrouve la diminution des fluctuations du niveau de l’eau au fil des saisons et d’année en année pour certains des Grands Lacs. Depuis 1960, on a remarqué une réduction de la diversité végétale et une altération des habitats des animaux vivants le long des rivages en raison de la régulation du niveau de l’eau du Lac Ontario.

Zones côtières

Les écosystèmes côtiers, par exemple les estuaires, les marais salés et les vasières, semblent sains dans les zones côtières moins développées, même s’il y a des exceptions. Dans les zones développées, l’étendue des écosystèmes côtiers diminue et leur qualité se détériore en raison de la modification de l’habitat, de l’érosion et de l’élévation du niveau de la mer.

Zone côtière, parc provincial Lord Selkirk © istock.com/Photowa. Cliquez pour la section des Zones côtières.Sur la côte de l’Atlantique, les milieux humides, les dunes et les plages sont à risque en raison de l’aménagement du littoral et de l’érosion accrue. Ils connaissent déjà un déclin dans certaines régions. L’érosion est issue de plusieurs facteurs interdépendants : les changements causés par l’aménagement rendent le rivage encore plus vulnérable, il en est de même pour l’augmentation du niveau de la mer combinée avec les vagues de tempête encore plus intenses. Au début du 20e siècle, l’aménagement sur la côte du Pacifique a eu pour effet de créer une perte au niveau des milieux humides intertidaux, des vasières et des habitats estuariens. Les pertes se poursuivent encore aujourd’hui avec une population humaine grandissante. Les prés de zostères marines sont reconnus à l’échelle internationale comme des écosystèmes côtiers productifs et à risque. On a constaté un récent déclin rapide des zostères dans les régions de la Baie James, de la côte de l’Atlantique et du golfe du Saint–Laurent.

Zones marines  

Les changements observés sur le plan de la biodiversité marine au cours des 50 dernières années sont le résultat d’une combinaison de facteurs physiques et d’activités humaines comme la variabilité océanographique et climatique et la surexploitation. Bien que les populations de certains mammifères marins se soient rétablies à la suite d’une surexploitation par le passé, de nombreuses espèces de pêche commerciale ne se sont toujours pas rétablies.

Cuvette de marée © istock.com/scareletsnails. Cliquez pour la section des Zones marines.Les efforts de gestion déployés pour renverser le déclin de la pêche à long terme n’ont pas connu le succès escompté. Ils ont été retardés par le revirement des régimes océaniques et la disparition des habitats des poissons frayant et d’élevage. Les réseaux alimentaires des eaux des trois côtes canadiennes sont en pleine évolution. L’exemple le plus saisissant est l’augmentation des invertébrés, notamment les crevettes, à la suite du déclin du poisson de fond de l’Atlantique. Depuis les dernières décennies, on constate, parmi les changements observés du système océanique, un changement par rapport au réchauffement de l’eau de mer et une diminution de la salinité. Tout cela est probablement dû à des oscillations naturelles du climat et possiblement aux changements climatiques. L’acidification des océans, provoquée par l’absorption du gaz carbonique atmosphérique accru par les océans, se produit déjà dans les océans canadiens. On prédit de graves conséquences pour la biodiversité marine d’ici la fin du siècle.

La glace dans l'ensemble des biomes

La réduction de l’étendue et de l’épaisseur des glaces marines, le réchauffement et le dégel du pergélisol, l’accélération de la perte de masse des glaciers et le raccourcissement de la durée des glaces lacustres sont observés dans tous les biomes du Canada. Les effets sont visibles à l’heure actuelle dans certaines régions et sont susceptibles de s’étendre; ils touchent à la fois les espèces et les réseaux trophiques.

Glace de mer © istock.com/jwebb. Cliquez pour la section de la glace dans l'ensemble des biomes.La glace est un élément déterminant d’une grande partie du paysage canadien et de nombreuses espèces de plantes et d’animaux sont adaptées aux environnements gelés en permanence ou selon les saisons. La fonte des glaces altère des biomes entiers. Dans certaines régions, le dégel du pergélisol transforme déjà les écosystèmes des tourbières gelées en terres humides. À long terme, le dégel du pergélisol mènera à des revirements au sein de la communauté animale et végétale dans l’ensemble de la zone de pergélisol actuelle. Les glaces de mer ont déjà subi le plus important déclin à grande échelle, plus particulièrement au cours des dernières années. Il existe des répercussions directes sur certaines espèces comme les phoques, les ours blancs, les morues polaires et les renards arctiques. Parmi les effets indirects, on retrouve les changements du climat côtier et les répercussions sur les réseaux alimentaires arctiques, dont l’expansion de l’aire de répartition des épaulards dans les zones sans glace.