Coup d'oeil sur les constatations clés

Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Les principales constatations présentées dans cette section concernent les aspects relatifs à l'abondance et à la diversité de la faune. D'abord, la capacité des terres agricoles à soutenir la faune est étudiée. Les tendances sont ensuite évaluées concernant les groupes d'espèces sélectionnés qui revêtent une grande importance économique, culturelle ou écologique. Trois aspects des processus écosystémiques sont ensuite examinés : la productivité primaire; les relations entre les prédateurs et les proies grâce aux réseaux trophiques et aux cycles démographiques; et le rôle des perturbations naturelles dans les écosystèmes forestiers.

Paysages agricoles servant d'habitat

Le potentiel des paysages agricoles à soutenir la faune au Canada a diminué au cours des 20 dernières années, principalement en raison de l'intensification des activités agricoles et de la perte de couverture terrestre naturelle et semi–naturelle.

Champ de colza © istock.com/graphicjackson. Cliquez pour la section des Paysages agricoles servant d'habitat.Les paysages agricoles couvrent 7 % du territoire canadien et offrent un habitat important pour plus de 550 espèces de vertébrés terrestres, dont près de la moitié sont évaluées comme en péril à l’échelle nationale. Les espaces naturelles, dont les milieux humides, les régions boisées et le pâturage en friche, offrent les plus grandes valeurs de biodiversité, tandis que les terres cultivées offrent les moins grandes. Entre 1986 et 2006, la capacité des paysages agricoles à offrir un habitat aux espèces sauvages a chuté de façon importante dans l’ensemble du Canada. La conversion des espaces naturels en terres cultivées et l’utilisation accrue des terres agricoles sont les principales causes. La proportion de terres agricoles classées comme terres cultivées a augmenté de 46 % à 53 % au cours de cette période

Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulier:

De nombreuses espèces d'amphibiens, de poissons, d'oiseaux et de grands mammifères présentent un intérêt économique, culturel ou écologique particulier pour les Canadiens. La population de certaines espèces diminue sur le plan du nombre et de la répartition, tandis que chez d'autres elle est soit stable ou en pleine santé ou encore en plein redressement.

Grenouille léopard © istock.com/maimai. Cliquez pour la section des Amphibiens.Amphibiens : On considère que 20 % de la population des amphibiens indigènes, dont les grenouilles, les crapauds et les salamandres, sont à risque d’extinction au Canada. On a documenté le déclin de nombreuses populations d’amphibiens depuis le milieu des années 90 dans le bassin des Grands Lacs et le corridor du fleuve Saint–Laurent. Les tendances pour l’ouest du Canada ne sont pas bien documentées. La dégradation et la disparition de l’habitat sont les principales causes du déclin des amphibiens au Canada.

Saumons reproducteurs  © istock.com/R_Koopmans. Cliquez pour la section des Poissons utilisant des habitats d'eau douce.Poissons utilisant des habitats d'eau douce : Les espèces d’eau douce connaissent un risque élevé d’extinction à l’échelle internationale. Au Canada, 18 % des poissons d’eau douce et diadromes sont en voie de disparition ou menacés dans toutes les parties de leur aire de répartition. Le nombre de poissons en voie de disparition ou menacés augmente de façon constante depuis les années 80. Les causes de ce déclin peuvent varier d’un bout à l’autre du pays et sont principalement attribuables aux espèces envahissantes non indigènes, à la perte d’habitats, à la dégradation et à la fragmentation, à la pêche excessive, à la pollution et aux changements climatiques.

Le fou de Bassan © John Chardine. Cliquez pour la section des Oiseaux.Oiseaux : Depuis les années 70, le déclin global de la population a touché tous les groupes d’oiseaux terrestres à l’exception des oiseaux forestiers. Les oiseaux des prairies et des autres habitats ouverts affichent le déclin le plus important, avec une perte de plus de 40 % de leur population. On observe également un déclin chez certaines espèces d’oiseaux terrestres communs. Près de la moitié des 35 espèces d’oiseaux de rivage évaluées en 2000 affichent un déclin dans leur aire de répartition. Les tendances pour les oiseaux marins sont mixtes, mais le nombre des populations en déclin a augmenté depuis les années 80. Les sauvagines sont généralement en santé, bien que certaines espèces sont en déclin.

Caribou © Anne Gunn. Cliquez pour la section du Caribou.Caribou : L’aire de répartition du caribou a diminué. La population de la plupart des hardes du Nord a chuté, dont certaines abruptement. On ne comprend pas très bien les causes et celles–ci peuvent comprendre les cycles naturels de population, les changements climatiques, les répercussions accrues issues de l’activité humaine, les changements sur le plan des prédateurs et la surexploitation. Les caribous sylvicoles des bois sont menacés dans la forêt boréale, dont de nombreuses hardes sont en déclin. On ne comprend pas très bien le statut de la plupart des hardes dans les populations des montagnes du Nord, tandis que les populations des montagnes du Sud connaissent un déclin. Le déclin de la population du caribou des bois est principalement causé par la disparition et la fragmentation de leur habitat

Productivité primaire

La productivité primaire a augmenté dans plus de 20 % du territoire végétalisé au Canada au cours des 20 dernières années et elle a également augmenté dans certains écosystèmes d'eau douce. L'ampleur et la période de productivité primaire changent dans tout l'écosystème marin.

Feuille ©  dreamstime.com/Leif Algotsson. Cliquez pour la section de la Productivité primaire. Le Nord, où la hausse de la température est la plus importante, a connu la plus grande augmentation de production de la végétation riche. L’augmentation de la productivité dans le sud du Canada est probablement plus liée aux changements de l’utilisation du sol qu’aux changements climatiques. Les changements de végétation qui correspondent aux tendances écologiques du nord du Canada comprennent un déplacement vers des arbustes et des herbages graminés aux endroits où dominaient les lichens et la mousse. Dans les lacs et les étangs de l’Arctique, on considère que la saison de croissance plus longue pour les algues, en raison de la glace des lacs qui fond plus tôt au printemps, est le principal facteur menant à l’augmentation observée de la productivité. Cependant, la productivité primaire affiche des diminutions à long terme dans la plupart des régions océaniques du monde, y compris l’Arctique et les océans du Pacifique Nord et de l’Atlantique Nord.

Perturbations naturelles

La dynamique des régimes de perturbations naturelles, notamment les incendies et les vagues d'insectes indigènes, est en train de modifier et de refaçonner le paysage. La nature et le degré du changement varient d'un endroit à l'autre.

Feu © istock.com/cfarish. Cliquez pour la section des Perturbations naturelles. La dynamique des perturbations naturelles, telles que les incendies et les vagues d’insectes indigènes, est un important facteur de biodiversité dans les écosystèmes des forêts et des prairies. Les grands incendies, c’est­à–dire plus de 2 km2, représentent plus de 95 % de la surface brûlée et plus de 90 % de ces incendies se produisent dans la forêt boréale. Bien que les données annuelles sur les surfaces brûlées soient très variables, elles ont augmenté depuis les années 60. En même temps, les incendies ne représentent plus un agent de perturbation important dans certaines régions du pays comme le sud de l’Ontario et les Prairies. Il n’y a aucune tendance marquée dans les vagues d’insectes indigènes, bien qu’on observe d’importants changements sur certains insectes comme le dendroctone du pin ponderosa. L’infestation du dendroctone du pin ponderosa au cours de la dernière décennie était d’une intensité sans précédent, endommageant plus de 163 000 km2 de forêt. Les incendies et les insectes ont des répercussions sur l’un et l’autre et les deux sont influencés par le climat et les pratiques de gestion.

Réseaux trophiques

Des changements profonds dans les relations entre les espèces ont été observés dans des milieux terrestres et dans des milieux d'eau douce et d'eau marine. La diminution ou la disparition d'éléments importants des réseaux trophiques a considérablement altéré certains écosystèmes.

coyote © istock.com/4loops. Cliquez pour la section des Réseaux trophiques.Un exemple des répercussions issues d’une réduction importante dans l’un des composants du réseau alimentaire est le déclin de la Diporeia, un petit membre de la famille des crevettes et invertébré dominant dans la plupart des Grands Lacs. Ce déclin a d’importantes conséquences pour les populations de poissons des Grands Lacs et la pêche commerciale. La réduction des prédateurs touche également tout le réseau alimentaire. On a observé un important déclin de la plus grande population de carnivores indigènes dans le sud et l’est du Canada, touchant l’abondance et la diversité des espèces proies et des petits prédateurs. Les cycles de population représentent des éléments importants des écosystèmes de la forêt boréale et de la toundra. Les herbivores, plus particulièrement le lièvre d’Amérique dans les forêts et les petits rongeurs dans la toundra, se trouvent au cœur de ces cycles. Il existe de nouvelles preuves que ces cycles de population sont fragiles à de nombreux endroits au nord du Canada.