Coup d'oeil sur les constatations clés

Interface science–politique

Bien que l’interface entre la science et la politique ne soit pas le centre d’intérêt de la présente évaluation, on a soulevé des thèmes et des idées pendant tout le processus de rédaction et d’examen et on les a regroupés en deux catégories. La première catégorie décrit la nature et la qualité des renseignements disponibles pour évaluer l’état de l’écosystème et les tendances au Canada. La deuxième catégorie décrit les répercussions des politiques issues de changements rapides et imprévus et du dépassement des seuils écologiques, plus particulièrement dans le contexte des changements climatiques.

Surveillance de la biodiversité, recherche, gestion de l'information et production de rapports

Les renseignements de surveillance recueillis sur une longue période, normalisés, complets sur le plan spatial et facilement accessibles, complétés par la recherche sur les écosystèmes, fournissent les constatations les plus utiles pour les évaluations de l’état et des tendances par rapport aux politiques. L’absence de ce type d'information dans de nombreux secteurs a gêné l'élaboration de la présente évaluation.

Une personne effectue la surveillance des oies © Jim Leafloor. Cliquez pour la section de la Surveillance de la biodiversité, recherche, gestion de l'information et production de rapports. Relier des renseignements provenant de sources disparates est actuellement la seule façon d’évaluer l’état et les tendances des écosystèmes au Canada. Dans certains cas, nous avons de bons ensembles de données justifiés par des programmes de surveillance à long terme. Les renseignements sont parfois disponibles pour l’état et non pour les tendances, ou les renseignements sur les tendances sont limités à une petite superficie pendant un court intervalle de temps. Il arrive souvent que les renseignements essentiels à l’évaluation de la santé des écosystèmes soient manquants. L’établissement de rapports sur l’état et les tendances exige plus d’un résultat de surveillance. Le contexte, les liens de cause à effet et la connaissance du fonctionnement de l’écosystème permettront de tirer des histoires cohérentes de la recherche écologique. Une meilleure collaboration entre la recherche écologique, la surveillance et les communautés et institutions de politique au Canada, axée sur la détermination et le traitement des questions relatives à la politique, permettraient d’améliorer les éventuelles évaluations de l’état et des tendances.

Changements rapides et seuils

La compréhension grandissante des changements rapides et inattendus, des interactions et des seuils, en particulier en lien avec les changements climatiques, indique le besoin d'une politique qui permet de répondre et de s'adapter rapidement aux indices de changements environnementaux afin de prévenir des pertes de biodiversité majeures et irréversibles.

Coucher de soleil sur la banquise © istock.com/graphicjackson. Cliquez pour la section des Changements rapides et seuils.Lorsqu’on traverse des seuils, les écosystèmes passent de façon irrévocable d’un état à l’autre. Les options de mesure sont habituellement limitées, dispendieuses et ont une faible probabilité de réussite. Des mesures hâtives, prises au moment de la détection des changements au niveau de l’écosystème sans que l’on ait encore traversé les seuils permettent de créer plus d’options et d’avoir une plus grande probabilité de renverser ou de stabiliser ces répercussions. Dans certains cas, les premiers signes d’avertissement apparaissent dans quelques emplacements ou chez quelques membres au sein d’une population. Lorsqu’il est possible de prendre des mesures préventives à la suite des premiers signes, la probabilité de réussite est plus élevée et les coûts à long terme sont habituellement moins élevés.