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Tendances relatives aux oiseaux de rivage canadiens

Ce rapport est aussi disponible en version PDF. Rapport technique thématique no. 13. - Tendances relatives aux oiseaux de rivage canadiens (PDF, 981 Ko)

Information sur le document

Tendances relatives aux oiseaux de rivage canadiens

Couverture de la publication

C. Gratto-Trevor, R.I.G. Morrison, B. Collins, J. Rausch, M. Drever et V. JohnstonNote[1]

Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010
Rapport technique thématique no 13
Publié par les Conseils canadiens des ministres des ressources

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

Tendances relatives aux oiseaux de rivage canadiens.

Publ. aussi en anglais sous le titre :
Trends in Canadian shorebirds.
Monographie électronique en version PDF.
ISBN978-1-100-99172-6
No de cat. : En14-43/13-2012F-PDF

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Ce rapport devrait être cité comme suit :
Gratto-Trevor, C., Morrison, R.I.G., Collins, B., Rausch, J., Drever, M. et Johnston, V. 2011. Tendances relatives aux oiseaux de rivage canadiens. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 13. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, (Ont.). iv + 33 p.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2012
Also available in English

Notes

Note 1

Tous les auteurs sont au service d’Environnement Canada

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Préface

Les Conseils canadiens des ministres des ressources ont élaboré un Cadre axé sur les résultats en matière de biodiversitéNote1 en 2006 pour mettre l’accent sur les mesures de conservation et de restauration conformément à la Stratégie canadienne de la biodiversitéNote2. Le rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010Note3 a été le premier rapport rédigé suivant ce cadre. Il permet d’évaluer les progrès réalisés en vue d’atteindre l’objectif du cadre, à savoir des « écosystèmes sains et diversifiés » et obtenir les deux résultats souhaités en matière de conservation : i) des écosystèmes productifs, résilients et diversifiés capables de se rétablir et de s’adapter et ii) la restauration des écosystèmes endommagés.

Les 22 constatations clés récurrentes présentées dans Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010 sont issues de la synthèse et de l’analyse des rapports techniques préparés dans le cadre du présent projet. Plus de 500 experts ont participé à la rédaction et à l’examen de ces documents de base. Le présent document,Tendances relatives aux oiseaux de rivage canadiens, s’inscrit au nombre de plusieurs rapports préparés sur la situation et les tendances de thèmes nationaux intersectoriels. Il a été préparé et révisé par des experts du domaine d’étude et reflète les points de vue des auteurs.

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Remerciements

Nous remercions les coordonnateurs et les centaines de bénévoles qualifiés au Canada qui ont participé au Relevé des oiseaux nicheurs et aux programmes de surveillance de la migration, comme le Relevé des oiseaux de rivage du Canada atlantique, la liste des oiseaux observés au Québec, les relevés des oiseaux de rivage de l'Ontario et le Programme de surveillance régionale et internationale des oiseaux de rivage dans l'Arctique. L’information sur les tendances des  oiseaux de rivage migrateurs en Colombie-Britannique est fondée sur des relevés organisés par R. Butler et M. Lemon. Nous voulons aussi remercier Mme E. Krebs, Direction générale de la science et de la technologie, Environnement Canada, pour ses commentaires sur le présent document.

Système de classification écologique – écozones+

Une version légèrement modifiée des écozones terrestres du Canada, décrite dans le Cadre écologique national pour le CanadaNote4, a permis de déterminer les zones représentatives d’écosystèmes pour tous les rapports compris dans le présent projet. Les modifications comprennent : un ajustement des limites terrestres pour tenir compte des améliorations résultant des activités de vérification au sol; la fusion des trois écozones de l’Arctique en une seule écozone; l’utilisation de deux écoprovinces, à savoir le bassin intérieur de l’Ouest et la forêt boréale de Terre-Neuve; l’ajout de neuf zones marines représentatives d’écosystèmes; et l’ajout de l’écozone des Grands Lacs. Ce système de classification modifié est appelé « écozones+ » dans ces rapports afin d’éviter toute confusion avec les « écozones » mieux connues du cadre initialNote5.

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Cadre de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes du Canada.

carte

Description longue pour la carte de l'écozone+ du Canada

Cette carte du Canada montre le cadre de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes, appelé « écozones+ ». Cette carte illustre la répartition des 15 écozones+ terrestres, deux grandes écozones+ de lacs et neuf écozones+ marines.

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Introduction

Le Canada a une très grande responsabilité à l’égard des oiseaux de rivage, puisqu’il détient une portion considérable de l’habitat de reproduction nord-américain (en particulier dans l’Arctique) et de très importantes aires de rassemblement sur les côtes et à l’intérieur des terres. Quarante-sept espèces se reproduisent ou sont observées régulièrement au Canada, et plus de la moitié de l’aire de reproduction mondiale d’environ un tiers de ces espèces se trouve au Canada (Donaldson et al., 2000). Des données sur les tendances relatives aux oiseaux de rivage sont obtenues à partir de plusieurs mécanismes de surveillance. Les relevés effectués durant la migration tels que les relevés des oiseaux de rivage du Canada atlantique (Morrison et al., 1994), les relevés des oiseaux de rivage de l’Ontario (Ross et al., 2001), ainsi que la liste des oiseaux observés au Québec (Aubry et Cotter, 2007), ont fourni des données sur les tendances des effectifs des oiseaux de rivage, en particulier pour les oiseaux se reproduisant dans l’Arctique et migrant vers l’est. Le Relevé des oiseaux nicheurs (BBS, de l’anglaisBreeding Bird Survey) (Sauer et al., 2008) donne des renseignements sur les tendances relatives à certaines espèces nicheuses du sud ou à certaines espèces nicheuses boréales, mais ces relevés d’oiseaux chanteurs effectués le long des routes ne sont pas conçus de manière optimale pour recenser la plupart des oiseaux de rivage, en particulier pour les oiseaux associés aux milieux humides. Les relevés conviennent davantage à certains oiseaux de rivage comme le Pluvier kildir (Charadrius vociferus) et la Maubèche des champs (Bartramia longicauda). Des espèces comme le Pluvier siffleur (Charadrius melodus) font l’objet de relevés spécialisés dans les aires de reproduction du Canada. Des études menées dans certaines régions précises de l’Arctique ont montré des tendances à certains emplacements (par exemple dans le bassin de Rasmussen), et les relevés effectués durant l’hiver en Amérique du Sud ont été utilisés pour montrer les tendances relatives à certaines espèces comme le Bécasseau maubèche (Calidris canutus). Les relevés effectués dans l’Arctique dans le cadre du programme de surveillance régionale et internationale d’oiseaux de rivage PRISM(Bart et al., 2005) fourniront éventuellement des données sur les tendances dans l’Arctique canadien. La couverture actuelle des relevés pour ce groupe d’oiseaux est plutôt inégale.

Le présent rapport décrit nos connaissances des tendances relatives aux oiseaux de rivageNote6dans les régions canadiennes fortement fréquentées par ces oiseaux. Les tendances relatives à la plupart des oiseaux de rivage du Canada semblent être négatives. Les causes possibles des déclins comprennent la disparition et la dégradation de l’habitat des côtes, des milieux humides et des Prairies (durant la reproduction, les haltes migratoires et l’hivernage), le climat (comme le refroidissement de l’Arctique de l’Est, El Niño et les sécheresses), les changements dans les régimes de prédateurs (par exemple la prédation accrue à cause de la baisse du nombre de renards  piégés ou des concentrations moindres de DDT qui font augmenter le nombre de rapaces), les perturbations causées par l’activité humaine, les contaminants et les maladies (Donaldson et al., 2000). Les tendances au déclin des effectifs d’oiseaux de rivage sont particulièrement préoccupantes, parce que les populations de ces oiseaux prennent souvent du temps à se rétablir en raison de leur taux de reproduction relativement faible (petite couvée de quatre œufs, rare deuxième couvée [en particulier dans l’Arctique] et, habituellement, âge tardif de la première reproduction), de leur longévité et, souvent, de leurs faibles effectifs mondiaux. De plus, les oiseaux de rivage seraient très vulnérables aux changements climatiques, parce la plupart d’entre eux comptent sur les milieux d’eau peu profonde pour s’alimenter durant la reproduction, se reposer durant la migration et hiverner, et parce que bon nombre d’entre eux se reproduisent dans l’Arctique, où il est prévu que les changements climatiques seront les plus extrêmes. De nombreuses espèces effectuent de longues migrations entre les sites de reproduction de l’Arctique et les aires d’hivernage de l’Amérique du Sud et doivent faire concorder les migrations avec les périodes de forte productivité ou de grande disponibilité d’invertébrés aux aires de rassemblement de manière à accumuler assez de ressources en vue de leurs longs vols ininterrompus au-dessus de l’eau. Le fait que de nombreuses espèces se regroupent en grand nombre dans certaines aires de rassemblement et d’hivernage peut rendre un grand pourcentage de la population vulnérable à des catastrophes telles que les déversements d’hydrocarbures ou les tempêtes; de plus, la zone intertidale où elles se nourrissent est vulnérable à la hausse du niveau de la mer et aux activités d’aménagement.


Notes

Note 1

Environnement Canada. 2006. Un cadre axé sur les résultats en matière de biodiversité pour le Canada. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. 8 p.

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Note 2

Groupe de travail fédéral-provincial-territorial sur la biodiversité. 1995. Stratégie canadienne de la biodiversité : réponse du Canada à la Convention sur la diversité écologique. Environnement Canada, Bureau de la Convention sur la biodiversité. Ottawa, ON. 80 p.

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Note 3

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada. 2010. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. vi + 148 p..

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Note 4

Groupe de travail sur la stratification écologique. 1995. Cadre écologique national pour le Canada. Agriculture et Agroalimentaire Canada, Direction générale de la recherche, Centre de recherches sur les terres et les ressources biologiques et Environnement Canada, Direction générale de l’état de l’environnement, Direction de l’analyse des écozones. Ottawa/Hull, ON. 144 p. Rapport et carte nationale 1/7 500 000.

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Note 5

Rankin, R., Austin, M. et Rice, J. 2011. Système de classification écologique pour le Rapport sur l’état et les tendances des écosystèmes. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 1. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON.

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Note 6

Une liste des noms communs et des noms latins des oiseaux de rivage dont il est question dans le présent rapport est présentée à l’Annexe 1.

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Liste des figures, tableaux et annexe

Liste des figures

Liste des tableaux

Liste de annexe

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Tendances liées aux écozones+

Écozone+ maritime de l’Atlantique

L’écozone+ maritime de l’Atlantique fait partie de la zone de conservation des oiseaux de la forêt septentrionale de l’Atlantique (RCO no 14 au Canada). Même si cette écozone+ accueille un certain nombre d’espèces d’oiseaux de rivage nicheurs, elle est encore plus importante pour les oiseaux de rivage migrateurs, à cause de ses milieux côtiers – particulièrement ceux qu’on retrouve dans la partie supérieure de la baie de Fundy – qui sont d’une importance cruciale comme principale halte migratoire et zone de ravitaillement pour diverses espèces, principalement pour les petits bécasseaux (Morrison, 1977; Morrison et Harrington, 1979; Hicklin, 1987). Les estimations des tendances relatives aux oiseaux de rivage migrateurs sont déterminées à partir des relevés des oiseaux de rivage du Canada atlantique (Morrison et al., 1994) (autrefois appelés les relevés des oiseaux de rivage des Maritimes), alors que les tendances relatives aux oiseaux de rivage nicheurs peuvent être estimées à partir des données du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) provenant de sites en sol canadien situés dans la RCO de la forêt septentrionale de l’Atlantique (Sauer et al., 2008).

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Oiseaux migrateurs

Le nombre d’oiseaux de rivage qui passent par les provinces atlantiques du Canada a diminué considérablement depuis qu’on a commencé à effectuer des relevés en 1974 (Morrison et al., 1994; Morrison et al., 2001; Morrison et Hicklin, 2001; Bart et al., 2007). Des analyses à jour des données provenant des relevés des oiseaux de rivage du Canada atlantique confirment ce déclin (Tableau 1). Entre les années 1974 et 2006, parmi 15 espèces d’oiseaux de rivage disposant d’une quantité suffisante de données, cinq espèces présentaient des tendances négatives statistiquement significatives, notamment . le Bécasseau maubèche, le Bécasseau minuscule (Calidris minutilla), le Petit Chevalier (Tringa flavipes), le Pluvier argenté (Pluvialis squatarola) et le Tournepierre à collier (Arenaria interpres). Aucune autre tendance n’était significative du point de vue statistique; seules deux espèces (le Pluvier semipalmé [Charadrius semipalmatus] et le Courlis corlieu [Numenius phaeopus]) présentaient des tendances positives, alors que 13 espèces présentaient des tendances négatives. Ces résultats montrent une tendance au déclin significative (χ2 = 8,07; nu1; P < 0,005) (Morrison et Collins, données non publiées).

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Tableau 1. Tendances relatives à l’abondance des oiseaux de rivage qui migrent le long des zones côtières de l’écozone+ maritime de l’Atlantique, de 1974 à 2006.
EspècesTendance
(% par
année)
PIndice
d’abondance

Années
1970
Indice
d’abondance

Années
1980
Indice
d’abondance

Années
1990
Indice
d’abondance

Années
2000
Changement
(%)
Bécasseau maubèche-10,9P <0,0539,511,29,13,3-97,5
Bécasseau minuscule-6,6P <0,0580,722,29,811,6-88,8
Petit Chevalier-5,0P <0,0529,252,216,49,8-80,6
Bécasseau semipalmé-4,9 5170,948922623,73074,5-80,0
Pluvier argenté-3,0P <0,0551,043,123,026,7-62,3
Bécasseau variable-2,8 26,328,611,415,5-59,7
Tournepierre à collier-2,8P <0,0113,210,911,44,2-59,7
Bécassin roux-2,7 292,8281,739,6141,0-58,4
Bécasseau sanderling-2,3 42,934,719,824,0-52,5
Grand Chevalier-0,9 13,012,89,810,8-25,1
Barge hudsonienne-0,9 5,54,13,52,9-25,1
Chevalier semipalmé-0,8 16,615,911,114,1-22,6
Bécasseau à croupion blanc-0,2 16,115,312,616,4-6,2
Pluvier semipalmé1,9 103,8123,0153,1159,382,6
Courlis corlieu2,5 1,91,53,14,3120,4

Les tendances sont exprimées en pourcentage de changement pour toute la période, calculé à partir de la tendance générale (% par année).
Source : Morrison et Collins, données non publiées

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Généralement, les tendances négatives ont prédominé pendant la période de 32 ans couverte par les relevés. En effet, le nombre de tendances négatives est plus grand que celui des tendances positives pour les années 1970, 1990 et 2000. Dans les années 1990, le nombre de tendances négatives a été particulièrement élevé. Ce n’est qu’au cours des années 1980 que le nombre de tendances positives a dépassé celui des tendances négatives (Morrison et Collins, données non publiées).

Le Bécasseau maubèche est considéré comme une « espèce phare » en matière de conservation des oiseaux de rivage à cause de ses longues migrations entre les aires de reproduction et d’hivernage et de sa tendance à se regrouper en grands nombres dans quelques endroits de prédilection. Les effectifs dans les provinces de l’Atlantique ont atteint un sommet à la fin des années 1970 et au début des années 1980, mais au milieu des années 1990, ils avaient chuté à des niveaux très bas (Figure 1). Ce déclin reflète les diminutions des populations du Bécasseau maubèche de l’hémisphère occidental (Morrison et al., 2004). Les populations qui hivernent à la Terre de Feu et en Floride ont été désignées espèces en voie de disparition et espèces menacées, respectivement, en 2007 (COSEPAC, 2007).

Figure 1. Tendances relatives aux effectifs du Bécasseau maubèche qui migrent par l’écozone+ maritime de l’Atlantique, de 1974 à 2006.

graphique

Description longue pour la figure 1

Ce graphique linéaire montre les tendances des effectifs de bécasseaux maubèches qui migrent par l'écozone+ maritime de l'Atlantique, de 1974 à 2006. Les chiffres ont atteint un pic à la fin des années 1970, au début des années 1980 et au début des années 1990, avec des pics de la valeur de l'indice d'abondance moyen d'environ 55 en 1977, 78 en 1979, 48 en 1981, et 49 en 1991. Toutefois, au milieu des années 1990, l'abondance a chuté à de très faibles niveaux et elle est demeurée inférieure à un indice d'abondance de 8 pendant plus d'une dizaine d'années.

Source : Morrison et Collins, données non publiées

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On ne comprend pas parfaitement les causes du déclin observé chez les oiseaux de rivage dans le Canada atlantique. Il y a eu des changements, comme l’augmentation du nombre de rapaces, dans les milieux côtiers fréquentés par les oiseaux de rivage qui auraient pu affecter l’utilisation des haltes migratoires traditionnelles des oiseaux de rivage ou le temps que ces oiseaux demeurent dans ces zones (durée de séjour), et qui pourraient diminuer le nombre d’oiseaux de rivage dans certaines aires de migration  (Hicklin, 2001), sans que cela signifie une baisse des effectifs totaux des populations. Cependant, il est probable que les tendances négatives pour au moins quelques-unes des espèces sont le reflet d’un déclin réel de la population causé par des facteurs liés à d’autres parties des aires de migration des oiseaux. On pense, par exemple, que le déclin des Bécasseaux maubèches pourrait être causé principalement par le fait que ces oiseaux ne peuvent pas prendre suffisamment de poids pendant la migration printanière dans la baie du Delaware en raison de la surexploitation des limules (Limulus polyphemus), ce qui diminue la quantité d’œufs de limules, qui constituent la principale nourriture des bécasseaux (COSEPAC, 2007). Il en résulte une diminution marquée de la survie des bécasseaux (Baker et al., 2004).

Les causes possibles des déclins comprennent la disparition et la dégradation de l’habitat des côtes, des milieux humides et des prairies durant l’hivernage, le climat (comme le refroidissement de l’Arctique de l’Est), les changements dans les régimes de prédateurs (par exemple la pression de prédation accrue à cause de la baisse du nombre de renards  piégés ou des concentrations moindres de DDT qui font augmenter le nombre de rapaces), les perturbations causées par l’activité humaine, les contaminants et les maladies (Donaldson et al., 2000). Parmi les oiseaux de rivage migrateurs qui voient leur population décroître dans l’est du Canada, on retrouve une grande diversité d’espèces de tailles et de caractéristiques écologiques variées– notamment les pluviers, les bécasseaux, les Petits et Grands Chevaliers, les tournepierres – ce qui semble indiquer l’existence de divers problèmes dans les milieux humides utilisés par les oiseaux.

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Oiseaux nicheurs

Les espèces d’oiseaux de rivage qui se reproduisent dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique sont relativement peu nombreuses. Néanmoins, il est possible de calculer les tendances pour les six espèces d’oiseaux de rivage qui se trouvent sur le territoire couvert par le BBS (Figure 2). Les données sur les six espèces montrent un déclin des populations. Deux espèces font l’objet d’un déclin marqué : le Pluvier kildir (-2,5 % par année, P < 0,001), un oiseau qui migre sur de petites distances et dont la population diminue de façon significative dans toute l’aire de répartition canadienne (-3,2 % par année, P < 0,001), et la Bécassine de Wilson (Gallinago delicata) (-2,6 % par année, P < 0,01), qui se reproduit dans les milieux humides, mais dont les populations présentent une tendance positive partout au Canada (0,5 % par année, non significative), en raison d’augmentations des populations dans la partie occidentale de son aire de reproduction. Le déclin observé pour les quatre autres espèces n’est pas significatif.

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Figure 2. Tendances relatives à l’abondance des oiseaux de rivage qui se reproduisent dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique.

graphique

Description longue pour la figure 2

Ce graphique linéaire indique les tendances relatives à l'abondance des oiseaux de rivage qui se reproduisent dans l'écozone+ maritime de l'Atlantique de 1968 à 2006. Les tendances pour six espèces d'oiseaux de rivage présentes le long des parcours du Relevé des oiseaux nicheurs indiquent tous un déclin de l'abondance, bien que seuls le Pluvier kildir et la Bécassine de Wilson aient connu un déclin important (-2,5 % par an et -2,6 % par an, respectivement). Les totaux des déclins des niveaux d'abondance totale au cours de cette période pour chaque espèce sont les suivants : Pluvier kildir, 62 %, Maubèche des champs, 70 %, Bécasse d'Amérique, 97 %, Chevalier grivel, 64 %, Chevalier semipalmé, 71 % et Bécassine de Wilson, 64 %.

Le changement est exprimé en pourcentage de changement pour la période des relevés (de 1968 à 2006), calculé à partir des tendances. Le Pluvier kildir et la Bécassine de Wilson présentent des déclins significatifs (-2,5 % par année, P < 0,001 et -2,6 % par année, P < 0,01 respectivement).
Le Pluvier kildir est un oiseau qui migre sur de petites distances; la Maubèche des champs est un oiseau des Prairies; la Bécasse d’Amérique (Scolopax minor) est une espèce associée aux zones de régénération arbustive; les autres sont des oiseaux de milieux humides.
Source : Relevé des oiseaux nicheurs (Sauer et al., 2008)

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Écozone+ des plaines à forêts mixtes

L’écozone+ des plaines à forêts mixtes correspond à la RCO de la plaine du Saint-Laurent et des lacs Ontario et Érié (RCO no 13), qui s’étend du sud de l’Ontario au nord des Grands Lacs et jusqu’au Québec, le long des rives du fleuve Saint-Laurent. Les oiseaux de rivage qui migrent profitent des milieux situés le long des rives du fleuve et des lacs et des milieux humides connexes, ainsi que des étangs de stabilisation. Les relevés des oiseaux de rivage de l’Ontario contiennent certaines données sur les tendances. Cinq espèces se reproduisent régulièrement dans divers milieux et sont recensées par le BBS.

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Oiseaux migrateurs

Les seules données disponibles actuellement sur les oiseaux de rivage qui migrent dans cette écozone+ proviennent des relevés des oiseaux de rivage de l’Ontario pour les années 1976 à 1997 (Ross et al., 2001). Le Tableau 2 contient un résumé des résultats obtenus à partir de ces données. Les oiseaux de rivage qui migrent par cette écozone+ forment trois grands groupes : 1) les espèces qui se reproduisent dans l’Arctique et qui s’arrêtent dans de petites haltes migratoires qui sont relativement dispersées dans le sud de l’Ontario, en route vers la côte est de l’Amérique du Nord; 2) les espèces qui se reproduisent dans le Nord, dans toute la forêt boréale; et 3) les espèces dont l’aire de reproduction s’étend à tout l’Ontario, y compris les individus des populations locales et ceux qui se reproduisent plus au nord.

Tableau 2. Tendances relatives aux oiseaux de rivage comptés dans des sites du sud de l’Ontario dans le cadre des relevés des oiseaux de rivage de l’Ontario, de 1976 à 1997.
EspècesNbre
d’emplacements
Tendance
(% par année)
PGuilde
Pluvier argenté114,33 -Arctique
Bécasseau variable101,42 -Arctique
Bécasseau minuscule19-4,19 -Arctique
Bécasseau à poitrine cendrée17-8,34 -Arctique
Bécasseau sanderling10-1,25 -Arctique
Pluvier semipalmé16-1,97 -Arctique
Bécasseau semipalmé18-4,97P = 0,5 < P < 0,1Arctique
Chevalier solitaire11-1,61-Boréale
Bécassin roux10-6,35-Boréale
Petit Chevalier22-7,13-Boréale
Grand Chevalier16-7,65-Boréale
Chevalier grivelé19-2,25-Répandue
Bécassine de Wilson10-15,26P = 0,5 < P < 0,1Répandue
Pluvier kildir23-2,23-Répandue
Nbre de tendances négatives-12--
Nbre de tendances positives-2--
Khi carré; nu-7,14; 1--
P-P = < 0,05--

Source : Adapté de Ross et al. (2001)

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Le déclin touche un grand nombre d’espèces, dans tous les groupes. Le nombre de tendances négatives (14) est considérablement plus grand que celui des tendances positives (2); les valeurs des tendances négatives sont généralement élevées, mais elles ne sont pas significatives, compte tenu de la grande variation dans les dénombrements d’une année à l’autre et de la petite taille des échantillons. Seul le Bécasseau semipalmé a montré une tendance négative significative, un phénomène qui se produit dans beaucoup d’autres régions.

Oiseaux nicheurs

Cinq espèces d’oiseaux de rivage occupant divers habitats ont été repérées sur les parcours du BBS (Figure 3). Exception faite de la Bécassine de Wilson, pour laquelle aucune tendance n’a été détectée, les tendances étaient négatives, un important déclin touchant les populations du Pluvier kildir et du Chevalier grivelé (Actitis macularius). Les deux espèces présentent aussi d’importantes tendances négatives à l’échelle du Canada (-3,2 % par année, P < 0,001; -2,0 % par année, P = 0,005, respectivement), ainsi que des tendances négatives dans les zones de migration (voir le Tableau 2).

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Figure 3. Tendances relatives à l’abondance des oiseaux de rivage qui se reproduisent dans les plaines à forêts mixtes, de 1968 à 2006.

graphique

Description longue pour la figure 3

Ce graphique linéaire montre les tendances relatives à l'abondance des oiseaux de rivage qui se reproduisent dans l'écozone+ des plaines à forêts mixtes de 1968 à 2006. À l'exception de la Bécassine de Wilson, pour laquelle aucune tendance n'a été décelée, les tendances pour les oiseaux de rivage présents le long des parcours du Relevé des oiseaux nicheurs indiquent un déclin de l'abondance, bien que seuls les déclins du Pluvier kildir et du Chevalier grivelé soient importants (-1,8 % par année et -4,0 % par an, respectivement). Le déclin total des niveaux d'abondance au cours de cette période pour les autres espèces sont : Chevalier grivelé 80 %, Bécasse d'Amérique 64 % et Maubèche des champs 58 % et Pluvier kildir 50 %.

Les pourcentages entre parenthèses correspondent aux changements dans l’indice d’abondance entre les années 1970 et 2000-2006.
Guildes : Espèce qui migre sur de petites distances (Pluvier kildir); espèces de milieux humides (Chevalier grivelé et Bécassine de Wilson); espèce des Prairies (Maubèche des champs), espèce associée aux zones de régénération arbustive (Bécasse d’Amérique).
Le déclin du Pluvier kildir (-1,8 % par année) est significatif à P < 0,001; le déclin du Chevalier grivelé (-4,0 % par année) est significatif à P < 0,01; les déclins de la Maubèche des champs (-2,2 % par année), de la Bécasse d’Amérique (-2,6 % par année) et de la Bécassine de Wilson (changement de 0 %) ne sont pas significatifs.
Source : Adapté du Relevé des oiseaux nicheurs (Sauer et al., 2008)

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L’écozone+ des Prairies

L’écozone+ des Prairies fournit un habitat important pour les oiseaux de rivage nicheurs et migrateurs, parmi lesquels on retrouve huit espèces dont l’aire de reproduction, au Canada, est située principalement, voire entièrement, dans les Prairies (Avocette d’Amérique [Recurvirostra Americana], Barge marbrée [Limosa fedoa], Pluvier siffleur, Phalarope de Wilson [Phalaropus tricolor], Échasse d’Amérique [Himantopus mexicanus], Chevalier semipalmé [Tringa semipalmata], Courlis à long bec [Numenius americanus] et Maubèche des champs). De plus, les seuls cas de reproduction signalés (rares) au Canada du Pluvier montagnard (Charadrius montanus) et du Pluvier à collier interrompu (Charadrius alexandrinus) s’y sont produits. Trente-et-une espèces d’oiseaux de rivage migrent régulièrement par les Prairies, qui offrent d’importantes aires de rassemblement au printemps et à l’automne. Pour les oiseaux migrateurs, les Prairies canadiennes sont importantes surtout au printemps. Des espèces comme le Bécasseau sanderling (Calidris alba), le Phalarope à bec étroit (Phalaropus lobatus) et le Bécasseau à croupion blanc (Calidris fuscicollis) s’y arrêtent en grand nombre. À l’automne, cette région revêt une importance particulière pour le Bécasseau de Baird (Calidris bairdii), le Bécasseau à poitrine cendrée (Calidris melanotos), le Bécasseau roussâtre (Tryngites subruficollis) et la Barge hudsonienne (Limosa haemastica); elle se révèle importante au printemps et à l’automne pour le Bécasseau à échasses (Calidris himantopus), le Petit Chevalier et le Bécasseau semipalmé (Gratto-Trevor et al., 2001). Les populations des espèces d’oiseaux de rivage varient normalement de dizaines de milliers jusqu’à des centaines de milliers d’individus et, pour un petit nombre d’espèces, les populations atteignent quelques millions d’individus, par comparaison aux effectifs considérablement plus grands de bon nombre d’espèces d’oiseaux terrestres et aquatiques (Morrison et al., 2006). Les oiseaux de rivage présentent aussi un faible taux de reproduction annuel (quatre œufs et, souvent, peu de seconde ponte) et un taux de survie élevé chez les adultes. C’est pourquoi toute tendance à la baisse est préoccupante, lorsqu’elle reflète un déclin de la productivité ou de la survie, et non pas un changement des profils de déplacement.

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Oiseaux migrateurs

L’écozone+ des Prairies est très importante pour les oiseaux de rivage migrateurs. Un grand nombre d’entre eux se reproduisent dans l’Arctique ou la région boréale (Skagen et al., 1999). D’après les données relatives à l’abondance, cette écozone+ est importante surtout pendant la migration pour les espèces suivantes : Bécasseau sanderling (printemps), Phalarope à bec étroit (printemps), Bécasseau à croupion blanc (printemps), Bécasseau à échasses (printemps et automne), Bécasseau de Baird (automne), Bécasseau à poitrine cendrée (automne), Bécasseau roussâtre (automne), Barge hudsonienne (automne), Petit Chevalier (printemps et automne) et Bécasseau semipalmé (Calidris pusilla) (printemps et automne) (Alexander et Gratto-Trevor, 1997; Gratto-Trevor et al., 2001).

Les milieux humides des Prairies sont propices à de grandes fluctuations des niveaux d’eau, d’une année à l’autre et même durant une même année. Étant donné que les oiseaux de rivage s’alimentent dans les milieux humides peu profonds, qui sont les plus touchés par ces changements de niveaux, on constate une importante variation dans l’utilisation que font les oiseaux de rivage de certains milieux humides en particulier d’une saison et d’une année à l’autre, parce que certains milieux s’assèchent et d’autres deviennent trop inondés (par exemple voir la Figure 4).

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Figure 4. La rive est du lac Big Quill en Saskatchewan : les plages ont plus de 1 km de largeur durant les années sèches (à gauche), alors que, durant l’année humide de 2007, il ne restait à peu près plus de milieu riverain (à droite).

lac Big Quill en Saskatchewan

Description longue pour la figure 4

LONG DESC.

Photos © C. L. Gratto-Trevor 

Certaines années, quelques espèces (comme le Bécasseau à croupion blanc) font une halte, en très grand nombre, dans les Prairies canadiennes au printemps, lorsque les milieux humides des États du Midwest sont trop asséchés. D’autres années, la plupart des Bécasseaux à croupion blanc survolent les Prairies canadiennes si les conditions aux États-Unis sont propices (Harrington et al., 1991). Par conséquent, même si nous avons des données pour certains milieux humides et, certaines années, sur le nombre de certaines espèces d’oiseaux de rivage, nous ne disposons actuellement d’aucune façon de mesurer les tendances relatives aux populations d’oiseaux de rivage qui migrent par les Prairies, et aucun relevé n’est prévu pour mesurer de telles tendances à l’avenir. Il est possible d’obtenir des données sur les tendances dans des relevés effectués ailleurs (dans l’Arctique, par exemple) pour des espèces en particulier, mais il est difficile de déterminer si ces relevés portent sur les mêmes populations qui se déplacent en passant par les Prairies canadiennes. Qui plus est, ce ne sont pas nécessairement les oiseaux d’une même aire de reproduction qui migrent par les Prairies canadiennes au printemps par comparaison à l’automne. Par exemple, les Bécasseaux semipalmés qui passent par les Prairies au printemps proviennent du centre de l’Arctique canadien ainsi que de l’ouest de l’Arctique, alors que les oiseaux de la même espèce qui migrent à l’automne proviennent tous de l’ouest de l’Arctique, et que les oiseaux provenant du centre de l’Arctique se dirigent vers le sud en passant par la côte atlantique (Gratto-Trevor et Dickson, 1994).

Le déclin des populations d’oiseaux de rivage ailleurs au Canada et aux États-Unis semble indiquer qu’il existe un problème (Donaldson et al., 2000; Brown et al., 2001). De plus, les changements climatiques futurs vont probablement réduire le nombre de milieux humides peu profonds des Prairies.

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Oiseaux nicheurs

Bien que la majorité des oiseaux de rivage de l’Amérique du Nord se reproduisent dans l’Arctique, le deuxième plus important nombre d’espèces se reproduisent dans les Prairies intérieures, et la répartition des aires de reproduction de plusieurs espèces au Canada est entièrement limitée aux Prairies. Parmi les sept espèces prioritaires qui se reproduisent dans les Prairies mentionnées dans le plan de conservation des oiseaux limicoles des Prairies canadiennes, soit le Pluvier siffleur, le Courlis à long bec, la Barge marbrée, le Chevalier semipalmé (sous-espèce de l’ouest), l’Avocette d’Amérique, le Phalarope de Wilson et la Maubèche des champs (Gratto-Trevor et al., 2001), toutes, exception faite du Pluvier siffleur, sont recensées, dans une certaine mesure, dans le Relevé des oiseaux nicheurs (BBS). Cependant, ce relevé n’ayant pas été conçu pour les espèces qui ne chantent pas, qui sont souvent associées aux milieux humides, les données sur les tendances issues du BBS conviennent mieux à certaines espèces d’oiseaux de rivage qu’à d’autres. En ce qui concerne les sept espèces nommées ci-dessus, les tendances sur la Maubèche des champs sont probablement les plus exactes, et celles sur le Courlis à long bec (faibles effectifs), l’Avocette d’Amérique et le Phalarope de Wilson (espèces des milieux humides) sont les moins pertinentes. Cela veut dire principalement que les tendances sont peu susceptibles d’être significatives du point de vue statistique. Cependant, comme il n’existe aucun autre relevé qui soit fait régulièrement pour ces espèces, les résultats obtenus à partir du BBS, pour toutes les espèces (sauf le Pluvier siffleur), sont indiqués à la Figure 5.

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Figure 5. Tendances relatives à l’abondance des oiseaux de rivage prioritaires qui se reproduisent dans l’écozone+ des Prairies, des années 1970 aux années 2000.

graphique

Description longue pour la figure 5

Ce graphique linéaire indique les tendances relatives à l'abondance des oiseaux de rivage prioritaires qui se reproduisent dans l'écozone+ des Prairies des années 1970 aux années 2000. À l'exception du Phalarope de Wilson, qui a montré une augmentation de l'abondance de 4 %, les tendances relatives aux oiseaux de rivage présents le long des parcours du Relevé des oiseaux nicheurs indiquent un déclin de l'abondance, même si seuls les déclins de la Barge marbrée sont significatifs (-1,1 % par année). Le déclin total des niveaux d'abondance au cours de cette période pour les autres espèces sont : Maubèche des champs 48 %, Barge marbrée 34 %, Chevalier semipalmé 28 %, Courlis à long bec 19 %, Avocette d'Amérique 13 %.

Les pourcentages indiquent les changements qui se sont produits des années 1970 aux années 2000.
Seule la Barge marbrée a connu un déclin significatif (-1,1 % par année).
Source : Relevé des oiseaux nicheurs (Sauer et al., 2008)

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Le seul déclin statistiquement significatif touche la Barge marbrée, dont environ 60 % de la population mondiale se reproduit dans les Prairies canadiennes (Gratto-Trevor, 2000), d’où l’importance de ce déclin. Toutes les autres espèces qui se reproduisent en milieu sec (Maubèche des champs, Chevalier semipalmé, Courlis à long bec) présentent aussi une diminution de l’indice d’abondance selon le BBS entre les années 1970 et 2000, même si les tendances générales ne sont pas significatives. On pense que ce déclin est lié à la perte continue des milieux humides temporaires, qui sera probablement aggravée par les changements climatiques futurs.

Les tendances chez le Pluvier siffleur (désigné « espèce en voie de disparition » au Canada, par le COSEPAC) ont été déterminées grâce à un recensement qui a été effectué tous les cinq ans dans l’aire de reproduction de l’espèce (É.-U. et Canada), à partir de 1991 (Figure 6). La population des Prairies canadiennes a atteint un minimum lors du recensement de 2001, puis elle a remonté en 2006 pour atteindre le même nombre qu’en 1996. L’augmentation entre 2001 et 2006 semble être attribuable à des améliorations dans les conditions d’habitat (moins de sécheresses, d’inondations et de grêle à l’éclosion, et efforts de gestion visant à protéger les nids au moyen d’exclos à certains endroits). Depuis 2006, les conditions en Saskatchewan (où la majorité de la population des Prairies canadiennes se reproduit) ont été mauvaises, et la productivité, faible. Une importante aire de reproduction, le lac Big Quill, est inondée (le lac a atteint son plus haut niveau en cinquante ans) depuis 2007, et une autre aire, le lac Diefenbaker (réservoir), a débordé pendant quatre années consécutives (de 2005 à 2008) à cause de l’écoulement des eaux et des pluies en Alberta. Une sécheresse a touché de nombreux milieux humides de Missouri Coteau (sud de la Saskatchewan) en 2008. Dans l’Ouest, les oiseaux de rivage sont souvent touchés par les cycles d’inondation et de sécheresse, étant donné que les milieux humides où ils s’alimentent et où ils élèvent leurs oisillons sont habituellement très peu profonds.

Figure 6. Tendances relatives aux effectifs du Pluvier siffleur dans les Prairies canadiennes, de 1991 à 2006.

graphique

Description longue pour la figure 6

Ce graphique linéaire indique les tendances relatives aux effectifs du Pluvier siffleur dans les Prairies canadiennes de 1991 à 2006. L'axe principal montre les pluviers siffleurs sous forme de pourcentage de la population mondiale et de la population de l'ouest, et l'axe secondaire montre la population totale. Les valeurs suivent une tendance similaire, comme la population a augmenté de près de 1 400 à près de 1 700 individus entre 1991 et 1995 pour ensuite diminuer à moins de 1 000 individus en 2001 et retourner à environ 1 700 individus en 2006.

Le changement sur dix ans correspond à une augmentation de 1 % du nombre total d’individus.
L’axe des Y secondaire correspond à la population qui est représentée par une ligne orange pointillée. Sources : Adapté des documents suivants selon les dates indiquées : 1991 (Haig et Plissner, 1993), 1996 (Plissner et Haig, 2000), 2001 (Ferland et Haig, 2002) et 2006 (Elliott-Smith et al., 2009)

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Écozone+ maritime du Pacifique

Un plan de surveillance complet des oiseaux de rivage pour l'écozone maritime du Pacifique est toujours en cours d'élaboration, mais les données existantes semblent indiquer que les effectifs des espèces nicheuses de Colombie­Britannique sont stables ou subissent un déclin et que les tendances démographiques de la plupart des espèces hivernantes ou migratrices sont stables (voir ci­dessous). Cependant, à cause des incertitudes et de la portée limitée de ces relevés, il faudrait interpréter les résultats avec prudence et accorder une attention continue aux espèces d'oiseaux de rivage à l'intérieur de cette écozone+

Des estimations des tendances démographiques pour la période 1999 à 2009 sont disponibles pour certaines espèces en Colombie­Britannique.  Ces estimations des tendances sont établies à partir de données du Relevé des oiseaux nicheurs, du relevé des oiseaux aquatiques des côtes de la Colombie­Britannique et du programme de surveillance de la migration printanière dans le delta du fleuve Fraser et du programme de surveillance de la migration automnale dans le détroit de Georgia. Ces sources de données couvrent différentes zones et séries d'espèces, mais fournissent les meilleures données disponibles sur les tendances de l'abondance des oiseaux de rivage en Colombie­Britannique pendant les périodes de reproduction, d'hivernage et de migration. Même si le Relevé des oiseaux nicheurs et la surveillance de la migration peuvent fournir des données sur les tendances avant 1999, le relevé des oiseaux aquatiques des côtes de la Colombie­Britannique fournit des données seulement pour la période 1999­2009, et nous avons donc limité l'analyse des tendances à cette période afin qu'il soit possible de faire des comparaisons. La migration n'ayant pas fait l'objet de surveillance en 1998, les données sur la surveillance de la migration ont été élargies jusqu'en 1997.

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Oiseaux migrateurs

La surveillance de la migration en Colombie­Britannique s'est concentrée sur le dénombrement printanier à la pointe Brunswick (Roberts Bank) dans le delta du fleuve Fraser et le dénombrement automnal dans les vasières sur l'île Sidney dans le détroit de Georgia. Les effectifs de Bécasseau d'Alaska dénombrés à la pointe Brunswick varient grandement d’une année à l’autre et présentent une tendance non significative (Tableau 1, Figure 7). Le nombre de Bécasseaux variables à la pointe Brunswick a augmenté entre 1997 et 2009.  Le dénombrement à la migration automnale des Bécasseaux d'Alaska et des Bécasseaux minuscules n’a pas permis de dégager une tendance significative entre 1997 et 2009. Malgré que ces résultats doivent être considérés avec prudence, parce que les relevés n’ont porté que sur une petite proportion de tous les sites utilisés pendant la migration, ils semblent indiquer qu’aucun déclin démographique majeur ne s’est produit pendant cette période. 

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Figure 7. Surveillance de la migration des oiseaux de rivage en Colombie-Britannique, 1997-2009.

graphiques

Description longue pour la figure 7

Ce graphique présente quatre diagrammes linéaires illustrant la surveillance de la migration des oiseaux de rivage en Colombie-Britannique de 1997 à 2009. La migration printanière du Bécasseau d'Alaska montre une légère tendance à la baisse et la migration automnale montre une tendance à la hausse, même si les deux sont négligeables. La migration printanière du Bécasseau variable montre une tendance à la hausse importante, d'environ 7 000 individus en 1997 à 23 000 en 2009. La migration automnale du Bécasseau minuscule montre une légère augmentation, mais la tendance n'est pas significative.

La surveillance de la migration printanière est effectuée à la pointe Brunswick dans le delta du fleuve Fraser, près de  Vancouver. La surveillance de la migration automnale est effectuée sur l’île Sidney dans le détroit de Georgia. 
Les lignes verticales indiquent une erreur-type de ± 1 dans le dénombrement moyen. 
La ligne rouge continue indique une tendance significative (P < 0,05), et la ligne pointillée indiquent une tendance non significative. 
Source : Lemon et Drever, données non publiées

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Oiseaux nicheurs

Le Relevé des oiseaux nicheurs convient à quelques espèces d'oiseaux de rivage qui peuvent se reproduire dans les zones accessibles, à proximité des réseaux routiers. Le Relevé des oiseaux nicheurs fournit des données pour les régions de conservation des oiseaux ainsi que pour toute la Colombie­Britannique, mais, comme les tendances dégagées étaient similaires aux tendances provinciales (Environnement Canada, 2010), seules les tendances provinciales sont mentionnées ici. Pour la période 1999-2009, le Relevé des oiseaux nicheurs fournit les tendances de quatre espèces en Colombie-Britannique (Tableau 3), deux d’entre elles ne présentant, en fait, aucune tendance (le Grand Chevalier et le Chevalier grivelé). Deux espèces communes (la Bécassine de Wilson et le Pluvier kildir) présentent des déclins significatifs. La Bécassine de Wilson présente d’importantes fluctuations démographiques, et les tendances temporelles pour cette espèce varient grandement d’un bout à l’autre du pays. Pour sa part, le Pluvier kildir a subi un déclin constant qui reflète le déclin de l’espèce à l’échelle de son aire de répartition partout au Canada.

Tableau 3. Tendances temporelles des dénombrements pour des espèces d’oiseaux de rivage sélectionnées en Colombie-Britannique, pendant les périodes de reproduction, d’hivernage et de migration, 1997-2009.

Source : Environnement Canada (2010); Crewe et al.,(2010); Lemon et Drever, données non publiées.

Reproduction (Relevé des oiseaux nicheurs [BBS],1999-2009)
 EspècesTendancePN (routes)
Pluvier kildir-9,4< 0,0577
Grand Chevalier3,6> 0,1024
Chevalier grivelé0,7> 0,1085
Bécassine de Wilson-3,9< 0,0580
Hivernage (relevé des oiseaux aquatiques des côtes de la Colombie­Britannique, 1999-2009)
 EspècesTendancePN (routes)
Huîtrier de Bachman2,300,310
Pluvier kildir-7,310,000
Pluvier argenté-6,190,22 0
Grand Chevalier-4,420,20 0
Tournepierre noir7,210,08 0
Bécasseau du ressac-12,410,19 0
Bécasseau variable-3,410,57 0
Bécasseau sanderling-12,140,06 0
Migration printanière (delta du fleuve Fraser,
1997-2009)
 EspècesTendancePN (routes)
Bécasseau variable0,090,0002 0
Bécasseau d'Alaska0,010,7 0
Migration automnale (détroit de Georgia, 1997-2009)
 EspècesTendancePN (routes)
Bécasseau d'Alaska0,110,15 0
Bécasseau minuscule0,030,65 0

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Oiseaux hivernants

Le relevé des oiseaux aquatiques des côtes de la Colombie­Britannique permet de surveiller les espèces d’oiseaux aquatiques durant les mois de l’hiver (septembre à avril) dans des zones étendues du littoral de la Colombie­-Britannique et fournit des données sur les tendances pour huit espèces (Crewe et al., 2010), Tableau 3. Parmi ces huit espèces, six ne présentent aucune tendance significative. Le Pluvier kildir présente une tendance fortement négative, et le Tournepierre noir présente une tendance positive. Malgré le manque de tendances significatives, nous avons quand même observé des tendances à la baisse pour cinq des six espèces, ce qui pourrait signifier une vulnérabilité sous-jacente de la situation des populations. La Colombie-Britannique a une grande responsabilité à l’échelle provinciale pour plusieurs espèces des zones rocheuses intertidales (le Tournepierre noir, le Bécasseau du ressac et le Huîtrier de Bachman) ayant une grande partie de leurs aires d’hivernage dans la province, et, par conséquent, une priorité élevée devrait être accordée aux activités de surveillance visant ces espèces.

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Écozones+


Écozones+ boréale et de la taïga

Les données sur les oiseaux de rivage qui se reproduisent dans la région boréale sont limitées, parce que leur habitat de reproduction est éloigné, et qu’il est difficile et coûteux d’y accéder, et que les techniques conçues pour les écozones+ plus ouvertes, comme les Prairies ou l’Arctique, ne peuvent pas être facilement adaptées aux écozones+ densément boisées (Sinclair et al., 2004). Une autre complication s’ajoute à l’évaluation des tendances chez les oiseaux de rivage de la région boréale et de la taïga : ces oiseaux ne se massent ni le long des voies migratoires, ni dans les haltes migratoires, ni dans les aires d’hivernage. Il est donc difficile de les recenser et de les surveiller pendant leur cycle annuel.

Les espèces sélectionnées pour faire l’objet de la présente section sont celles décrites par Sinclair et al. (2004) comme étant des espèces prioritaires pour ces écozones+ (Tableau 4). Les estimations existantes des populations d’oiseaux de rivage de la région boréale et de la taïga ont un degré de confiance faible, voire très faible, pour toutes les espèces concernées (Brown et al., 2001), ce qui complique l’établissement des tendances. L’information sur les tendances tirée des données du BBS indique que le niveau de fiabilité est faible pour tous les oiseaux de rivage des régions de conservation des oiseaux (RCO) de la région boréale et de la taïga : RCO no 4 (écozones+ de la Cordillère boréale et de la taïga de la Cordillère), RCOno 6 (écozones+ des plaines boréales et de la taïga des plaines), RCO no 7 (écozones+ de la taïga du Bouclier et des plaines hudsoniennes) et RCO no 8 (écozone+ du Bouclier boréal). D’après les données du BBS résumées par RCO, pour la période de 1966 à 2007, seul le Petit Chevalier présente une tendance significative (déclin; changement de -8,7 % par année; P &lt; 0,01) (Sauer et al., 2008). Les données sur les tendances des oiseaux de rivage de la région boréale au Québec (Aubry et Cotter, 2007) montrent que les populations de la plupart des espèces sont stables ou en croissance. Seule la Bécassine de Wilson présente une tendance significative à la baisse (Tableau 5). Cependant, lorsqu’on compare les données aux données qualitatives sur les tendances pour les espèces de la région boréale du Canada, il semble que la plupart des espèces subissent un déclin (Tableau 4) (Brown et al., 2001; Morrison, 2001). Une évaluation de divers relevés menés durant la migration séparés en deux grandes régions (RCO de l’Atlantique Nord et RCO du Midwest) a permis d’établir des tendances à la baisse pour les populations du Chevalier solitaire (Tringa solitaria) (-6,3 % par année) dans la région de l’Atlantique Nord (Tableau 6) (Bart et al., 2007).

Tableau 4. Évaluations des tendances relatives aux populations d’oiseaux de rivage qui se reproduisent dans la région boréale et la taïga.
EspècesÉcozones+
l’espèce est prioritaireAllez à la note 11
Plaines
(B)
Écozones+
l’espèce est prioritaireAllez à la note 11
Plaines
(T)
Écozones+
l’espèce est prioritaireAllez à la note 11
Bouclier
(B)
Écozones+
l’espèce est prioritaireAllez à la note 11
Bouclier
(T)
Écozones+

l’espèce
est prioritaireAllez à la note 11
Cordillère
(B)
Écozones+

l’espèce
est prioritaireAllez à la note 11
Cordillère
(T)
Plan de
conser-vation
des
oiseaux de
rivage
(É.-U.)
Comité sur
les oiseaux
de rivage du
Service
canadien de
la faune
SommaireAllez à la note 22
des
tendances
Grand
Chevalier
xxxx  Information
insuffisante
Tendances
variées
Petit
Chevalier
xx xxxDéclin
significatif
Déclin
significatif
↓↓
Chevalier
solitaire
xxx xxTendances
variées
Déclin↓?
Bécassin
roux
xxxx  Déclin
significatif
Déclin
significatif
↓↓
Bécassine de WilsonxxxxxxDéclin
significatif
Déclin
significatif
↓↓

Footnotes

Footnote 1

Tiré de Sinclair et al. (2004).

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Footnote 2

↓↓ tendance significative de la population au déclin; ↓ tendance de la population au déclin ou tendance probable de la population au déclin, non significative du point de vue statistique; ↔ l’information n’est pas suffisante pour déterminer avec certitude la tendance de la population (tendances variées); ↓? ou ↓↓? information contradictoire
B : région boréale; T : taïga
Source : Adapté de Brown et al. (2001) et Morrison (2001). Les tendances sont basées sur plusieurs ensembles de données localisées pour l’Amérique du Nord couvrant la période des années 1970 aux années 2000 ainsi que sur l’opinion d’experts

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Tableau 5. Tendances relatives aux oiseaux de rivage de la région boréale au Québec.
EspècesQuébecAllez à la note 11
Migration
printanière
(r)
QuébecAllez à la note 11
Migration
printanière
(P)
QuébecAllez à la note 11
Migration
printanière
Tendance
QuébecAllez à la note 11
Migration
automnale
(r)
QuébecAllez à la note 11
Migration
automnale
(P)
TendanceCanadaAllez à la note 22
Tendance
Grand Chevalier0,3050,157Stable0,0170,938StableStable
Petit Chevalier0,4430,034À la hausse**-0,0910,679StableÀ la baisse^
Chevalier solitaire0,3440,108Stable-0,1770,419StableÀ la baisse
Bécassine de Wilson-0,3650,087À la baisse*-0,6020,002À la baisse**À la baisse^

Footnotes

Footnote 1

** forte tendance (significative), P &lt; 0,05; * tendance faible, 0,10 &gt; P ≥ 0,05

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Footnote 2

Tiré de Donaldson et al. (2000). La mention « À la baisse^ » signifie qu’il y a principalement des tendances à la baisse avec déclin significatif dans au moins une région du Canada; la mention « À la baisse » signifie qu’il y a principalement des tendances à la baisse; la mention « Stable » signifie qu’on a obtenu des tendances positives et négatives.
Source : Données pour le Québec tirées de Aubry et Cotter (2007) ; données pour le Canada tirées de Donaldson et al. (2000)

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Tableau 6. Tendances estimées des populations des oiseaux de rivage exprimées en taux annuels de changement.
EspècesTendance estimée
Atlantique Nord
Tendance estimée
Midwest
Grand Chevalier0,9921,011
Petit Chevalier0,9640,992
Chevalier solitaire0,937**0,972
Bécassin roux1,0181,110
Bécassine de Wilson0,9661,038

Une valeur inférieure à 1 signifie qu’il y a un déclin de la population, où chaque centième (0,01) correspond à une diminution de 1 % par année (par exemple 0,98 signifie une diminution de 2 % par année).
** valeur P &lt; 0,01; * valeur P : de 0,01 à 0,049
Source : Données tirées de Bart et al. (2007)

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Des études poussées sur les oiseaux de rivage ont été effectuées dans l’écozone+ de la taïga du Bouclier, près de Yellowknife et de Dettah, aux Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) (Johnston, 2000; Johnston et al., 2008a), et dans l’écozone+ de la taïga des plaines, près de Fort Simpson et de Wrigley, aux T.N.-O. (Johnston et al., 2008b), afin de déterminer si les oiseaux de rivage dans les écozones+ de la région boréale et de la taïga peuvent être recensés à bord d’un hélicoptère. L’utilisation de relevés aériens comme outil éventuel de surveillance des oiseaux de rivage de la région boréale et de la taïga (Sinclair et al., 2004) a été recommandée par le comité du PRISMpour la région boréale. Malheureusement, les oiseaux de rivage de la région boréale et de la taïga font rarement des envolées et, lorsqu’ils le font, ne s’envolent que dans les 10 secondes environ qui suivent le passage de l’hélicoptère; il en résulte que le nombre d’oiseaux n’est pas correctement consigné par les observateurs aériens, ce qui donne des rapports de détection très faibles, voire incalculables (nombre estimé d’oiseaux x vus des airs, divisé par le nombre réel d’oiseaux x au sol). Les relevés aériens ne sont donc pas une méthode adéquate pour obtenir des estimations précises des populations (Elliott et Johnston, 2009).

Des études au sol approfondies et coûteuses devront être effectuées à grande échelle afin d’obtenir des estimations fiables des populations et des tendances pour les oiseaux de rivage qui se reproduisent dans la région boréale et la taïga. Cependant, les connaissances sur l’écologie de la reproduction de ces espèces étant très limitées, d’autres travaux de recherche doivent être menés pour qu’on puisse concevoir un programme de surveillance efficace (Howe et al., 2000; Bart et al., 2005). Parmi les travaux de recherche et de surveillance proposés par Sinclair et al. (2004) qui sont en cours, on trouve l’utilisation de combinaisons de protocoles existants, comme celui du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) d’Amérique du Nord, les dénombrements ponctuels en dehors des parcours avec des données modifiées, mais complémentaires à celles du BBS, les relevés au sol pendant la saison de reproduction, ainsi que l’examen poussé des données relatives aux haltes migratoires pour en évaluer l’utilité en matière de surveillance et d’évaluation des tendances des oiseaux de rivage de la région boréale et de la taïga.

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Écozone+ des plaines hudsoniennes

Les vastes basses terres de la baie d’Hudson qui s’étendent derrière les côtes de la baie James et de la baie d’Hudson accueillent un certain nombre d’espèces nicheuses d’oiseaux de rivage. Il existe très peu d’information sur les tendances des populations. Les oiseaux de rivage ont fait l’objet d’études exhaustives à Churchill, au Manitoba, et presque toutes les études ont signalé le déclin généralisé des oiseaux de rivage et d’autres oiseaux (Jehl et Lin, 2001; Jehl, 2004). Le déclin était particulièrement marqué chez le Bécasseau semipalmé, qui était l’oiseau de rivage nicheur le plus abondant dans la région de Churchill jusque dans les années 1940, mais dont la reproduction n’y a plus été observée depuis 2004 (Allen, 1945; Gratto-Trevor, 1994; Jehl, 2007). Une situation semblable a été signalée au cap Henrietta Maria, à l’extrémité nord de la baie James, où l’espèce abondait dans les années 1970, mais qui y est devenue rare depuis 2004/2005 (G. Peck et M. Peck dans Peck et James, 1983; Cadman et al., 1987; Jehl, 2007). Ces résultats semblent concorder avec les déclins signalés du Bécasseau semipalmé en migration dans plusieurs autres régions (par exemple dans Morrison et al., 1994; Morrison et al., 2001; Bart et al., 2007; et dans d’autres travaux résumés dans Jehl, 2007). Des résultats quelque peu irréguliers ont été rapportés par Sammler et al.(2008) pour une zone d’étude située 60 km à l’est de Churchill; les résultats, obtenus à la suite de relevés réalisés le long de transects linéaires, indiquaient une augmentation des populations du Bécasseau semipalmé entre 1984 et 1999, alors que les populations de nombreuses autres espèces d’oiseaux plus grands qui construisent leurs nids au sol avaient diminué. Même si les raisons précises du déclin des populations du Bécasseau semipalmé demeurent incertaines, il ne semble pas que le déclin soit lié aux dommages considérables subis par les milieux côtiers à cause de l’augmentation des populations de la Petite Oie des neiges (Jehl, 2007; Sammler et al., 2008). Il semble plus probable que le déclin soit lié aux conditions régnant à l’extérieur des aires de reproduction (Jehl, 2007).

Les côtes de la baie d’Hudson et de la baie James sont extrêmement importantes comme couloirs migratoires pour de nombreux oiseaux de rivage qui se reproduisent dans le centre de l’Arctique canadien, en route vers les aires de nidification et en provenance de celles-ci (Morrison et Harrington, 1979). On pense qu’un grand nombre de Barges hudsoniennes volent directement de la région de la baie James jusqu’aux haltes migratoires de l’Amérique du Sud (Morrison, 1984). La baie James constitue également une zone clé pour le Bécasseau maubèche qui est en voie de disparition (COSEPAC, 2007). Aucune information n’est disponible sur les tendances relatives aux oiseaux de rivage migrateurs qui passent par la baie d’Hudson et la baie James.

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Écozone+ de l’Arctique

L’écozone+ de l’Arctique se révèle d’une grande importance, à l’échelle mondiale, pour la reproduction des oiseaux de rivage. En effet, 60 % des oiseaux de rivage nord-américains se reproduisent dans l’Arctique. On trouve, dans l’Arctique canadien à lui seul, 75 % des aires de reproduction d’Amérique du Nord pour 15 des 49 espèces d’oiseaux de rivage communes en Amérique du Nord (Donaldson et al., 2000).

À l’échelle mondiale, 44 % des tendances des populations estimées pour les oiseaux de rivage se reproduisant dans l’Arctique indiquent un déclin (Figure 8), ce qui montre que le problème est plus répandu qu’on ne le croyait (Morrison et al., 2001). De façon générale, les oiseaux qui se reproduisent dans l’Arctique, en tant que groupe, subissent un déclin de 1,9 % par année (Bart et al., 2007).

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Figure 8. Sommaire des tendances des populations des oiseaux de rivage qui se reproduisent dans l’Arctique, 2003.

graphique

Description longue pour la figure 8

Ce graphique à barres montre le sommaire des tendances des populations des oiseaux de rivage qui se reproduisent dans l'Arctique en 2003. En ce qui concerne les populations pour lesquelles les tendances sont connues, 12 %, sont à la hausse, 42 % sont stables, 44 % sont en baisse et 2 % ont possiblement disparu.

À l’échelle mondiale, les tendances des populations ont été estimées pour 52 % des oiseaux de rivage qui se reproduisent dans l’Arctique (100 populations biogéographiques de 37 espèces). La population de 12 % de ces espèces est en train de croître, la population de 42 % d’entre elles est stable, la population de 44 % d’entre elles est en train de diminuer, et 2 % de ces espèces sont possiblement disparues.
Source : Delany et Scott (2006)

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On a entrepris une analyse des données de dénombrements effectués pendant la migration automnale afin de déterminer si le nombre décroissant d’oiseaux consigné lors de ces dénombrements pouvait être expliqué par des changements dans les voies migratoires, le facteur temps ou des changements dans les taux de détection (Bart et al., 2007). Les auteurs ont conclu que les dénombrements effectués pendant la migration reflétaient très probablement une diminution réelle de la taille des populations. Ils n’ont pas trouvé d’indications d’une importante variation du nombre d’oiseaux qui migrent en suivant des voies précises, ni de changements majeurs dans les variables liées à la détection. Les taux de changement annuels ont été calculés pour la période de 1974 à 1998 pour cette étude – les résultats sont indiqués à la Figure 9dans le cas des oiseaux de rivage qui se reproduisent dans l’Arctique, et pour lesquels il existe des données de dénombrement suffisantes provenant de relevés effectués durant la migration automnale dans les régions de l’Atlantique Nord du Canada et des États-Unis ou du Midwest américain.

Figure 9. Tendances estimées au moyen des dénombrements effectués pendant la migration automnale pour les oiseaux de rivage qui se reproduisent dans l’Arctique, de 1974 à 1998.

graphique

Description longue pour la figure 9

Ce diagramme à barres montre les tendances estimées au moyen des dénombrements effectués pendant la migration automnale pour les oiseaux de rivage qui se reproduisent dans l'Arctique de 1974 à 1998. On observe des tendances annuelles à la baisse avec une importance élevée notamment chez les espèces suivantes : Pluvier argenté (5 %), Pluvier bronzé (7,2 %) et Bécasseau à poitrine cendrée (4,5 %). Des tendances annuelles à la baisse moins importantes concernent la Barge hudsonienne (3,5 %), le Bécasseau semipalmé (4 %) et le Phalarope à bec étroit (7,6 %). Des tendances annuelles à la baisse non significatives concernent le Courlis corlieu (3,3 %), le Tournepierre à collier (12,3 %), le Bécasseau maubèche (3,3 %), le Bécasseau sanderling, (3,3 %), le Bécasseau à croupion blanc (5,2 %), le Bécasseau de Baird (1 %) et le Bécasseau variable (2,6 %). Une hausse annuelle non significative de 0,4 % a été trouvée pour le Pluvier semipalmé.

AN = Relevé sur la migration dans l’Atlantique Nord; MW = Relevé sur la migration dans la région du Midwest.
Source : Données tirées de Bart
et al. (2007)

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Deux examens importants des tendances relatives aux oiseaux de rivage effectués par le comité du plan de conservation des oiseaux de rivage des É.-U. (en 2001 et en 2004) et le comité sur les oiseaux de rivage du Service canadien de la faune (en 2001) ont permis de comparer 18 espèces d’oiseaux de rivage qui se reproduisent dans l’Arctique. Les résultats obtenus sont très semblables (Tableau 7). Les deux évaluations ont montré que les populations de huit espèces subissaient un déclin significatif (Brown et al., 2001; Morrison et al., 2001; U.S. Shorebird Conservation Plan, 2004).

Tableau 7. Évaluations des tendances des populations des oiseaux de rivage qui se reproduisent dans l’Arctique.
EspècesSommaireAllez à la note 11
des
tendances
Plan de conservation
des oiseaux de
rivage (É.-U.)
Comité sur les
oiseaux de rivage
du Service canadien
de la faune
Pluvier argenté↓↓Déclin significatifDéclin significatif
Pluvier bronzé↓↓Déclin significatifDéclin significatif
Pluvier semipalmé↓?Information insuffisanteDéclin significatif
Courlis esquimau↓↓Déclin significatifEspèce probablement
disparue
Courlis corlieu↓?Déclin significatifTendances variées
Barge hudsonienneInformation insuffisanteDéclin
Tournepierre à collier↓↓DéclinDéclin significatif
Bécasseau maubèche↓↓Déclin significatifDéclin significatif
Bécasseau sanderling↓↓Déclin significatifDéclin significatif
Bécasseau semipalmé↓↓Déclin significatifDéclin significatif
Bécasseau à croupion blancInformation insuffisanteTendances variées
Bécasseau de Baird↓?Information insuffisanteDéclin
Bécasseau à poitrine cendréeInformation insuffisanteTendances variées
Bécasseau violet↓?StableDéclin significatif
Bécasseau variable↓↓Déclin significatifDéclin significatif
Bécasseau roussâtreDéclinDéclin
Phalarope à bec étroit↓↓DéclinDéclin significatif
Phalarope à bec large↓↓Déclin significatifDéclin significatif

Footnotes

Footnote 1

↓↓ tendance significative de la population au déclin; ↓ tendance de la population au déclin ou tendance probable de la population au déclin, non significative du point de vue statistique; ↔ l’information n’est pas suffisante pour déterminer avec certitude la tendance de la population (tendances variées); ↓? information contradictoire
Les tendances sont basées sur plusieurs ensembles de données localisées pour l’Amérique du Nord couvrant la période des années 1970 aux années 2000 ainsi que sur l’opinion d’experts.
Source : extrait du : U.S. Shorebird Conservation Plan (2004) ; Brown et al. (2001) ; et Morrison et al. (2001)

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Le résultat le plus inquiétant est que, au cours des trente dernières années, les tendances sont passées, pour un grand nombre d’espèces, d’un léger déclin à un déclin significatif, ce qui indique que le déclin est en cours et persistant (Morrison et al., 2001; Delany et Scott, 2006). Le déclin est observé chez des espèces ayant des stratégies et des besoins variés en matière de migration, d’habitat et de reproduction. Des recherches préliminaires effectuées par Thomas et al. (2006a) et Bart et al. (2007) n’ont montré aucun facteur commun aux espèces en déclin.

Dans le plan de conservation des oiseaux de rivage des É.-U. (Brown et al., 2001), les données sur les tendances des populations étaient combinées à cinq autres variables (l’abondance relative, les menaces pendant la saison de reproduction, les menaces en dehors de la saison de reproduction, la répartition des aires de reproduction, et la répartition des aires autres que celles de reproduction) pour créer un plan de conservation hiérarchisé. Le plan, adopté dans le Plan canadien de conservation des oiseaux de rivage(Donaldson et al., 2000), est utile parce que les espèces dont la population est stable ou légèrement en déclin, mais dont les aires d’hivernage sont menacées et dont les besoins en matière d’habitat sont très précis pour la reproduction, peuvent être plus en péril que les espèces dont les populations subissent un déclin significatif. Les espèces de première priorité sont celles qui ont été désignées « grandement en péril ». En appliquant ce plan hiérarchisé, on pense que la seule espèce arctique considérée, en 2001, comme étant « grandement en péril » (le Courlis esquimau) est disparue (Environnement Canada, 2007).

En 2004, la situation de diverses espèces a été réévaluée (U.S. Shorebird Conservation Plan, 2004), et le statut de plusieurs d’entre elles a été revu à la hausse (Tableau 8).

Tableau 8. Statut de conservation des oiseaux de rivage qui se reproduisent dans la toundra selon le plan de conservation des oiseaux de rivage des É.-U.
Espèce grandement en péril
(première priorité)
Espèce très préoccupante
(deuxième priorité)
Courlis esquimau (on croit que cette espèce est disparue)
* Bécasseau roussâtre (à l’échelle mondiale)
* Bécasseau maubèche (population de la côte atlantique et de l’Arctique canadien)
Pluvier bronzé (à l’échelle mondiale)
Courlis corlieu (populations de l’Amérique du Nord)
Barge hudsonienne (à l’échelle mondiale)
Tournepierre à collier (populations de l’Amérique du Nord)
Bécasseau maubèche (populations autres que la population de la côte atlantique et de l’Arctique canadien)
Bécasseau sanderling (populations de l’Amérique du Nord)
* Bécasseau variable (populations de l’Alaska et de l’Asie de l’Est et de l’Alaska et de la côte du Pacifique)

Les espèces dont le degré de priorité a été revu à la hausse sont indiquées au moyen d’un astérisque (*).
Source : U.S. Shorebird Conservation Plan (2004)

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Des études locales ont recensé le déclin des populations au cours de plusieurs périodes. L’analyse des haltes migratoires de la côte atlantique de 1972 à 1983 (Howe et al., 1989) a permis de découvrir le déclin significatif du Pluvier argenté (le nombre d’individus diminue de 5,4 % par année), du Courlis corlieu (-8,3 % par année) et du Bécasseau sanderling (-13,7 % par année). Les populations nicheuses du Phalarope à bec large (Phalaropus fulicarius), du Pluvier argenté et du Pluvier bronzé ont diminué de façon significative, soit respectivement de 76 %, de 87 % et de 79 %, dans les basses terres de Rasmussen (centre de l’Arctique) durant une période de 20 ans (Gratto-Trevor et al.,1998). Compte tenu de l’intervalle prolongé qui sépare les études, une fluctuation naturelle des populations résultant d’une série de mauvaises saisons de reproduction, plutôt qu’un déclin persistant et continu des populations, pourrait expliquer les différences existant entre les deux périodes d’étude, mais il peut également s’agir d’un déclin réel au sein de ces espèces (Gratto-Trevor  et al., 1998).

Une étude effectuée au bassin Foxe (îles Air Force et Prince-Charles) a permis de constater le déclin significatif des populations du Bécasseau à croupion blanc (-61 %) et du Phalarope à bec large (-43 %) sur une période de huit ans (de 1989 à 1997) (Johnston et Pepper, 2009). Dans le cas du Phalarope à bec large, le déclin était encore plus marqué dans la baie East (île de Southampton), où l’on a découvert un déclin de 93 % sur une période de six ans (de 1999 à 2005) (Pirie et al., 2012). Au cours de la même période, la population de toutes les espèces d’oiseaux de rivage (n = 5) présentes dans la baie East, a diminué de plus de 90 %. En 2007, on a constaté une légère remontée des populations atteignant environ 33 % des valeurs originales de 1999. La remontée coïncidait avec une année d’abondance des lemmings (par conséquent, un faible taux de prédation) (Pirie et al., 2012).

La comparaison de six études qualitatives de l’abondance des oiseaux réalisées entre 1930 et les années 1990, près de Churchill, au Manitoba, a montré que le Bécasseau semipalmé, le Bécasseau à échasses et le Phalarope à bec étroit avaient subi une « forte décroissance », et que le Bécasseau variable (Calidris alpina)avait subi une « décroissance » (Jehl et Lin, 2001). On a également constaté un grand déclin du Bécasseau semipalmé et du Phalarope à bec étroit dans la baie La Pérouse, au Manitoba (40 km à l’est de Churchill) (Gratto-Trevor, 1994).

Une des principales lacunes actuelles nuisant à l’établissement des tendances des populations pour les espèces d’oiseaux de rivage qui se reproduisent dans l’Arctique est l’absence de deux estimations fiables des populations. Dans de nombreux cas, des relevés exhaustifs des oiseaux de rivage effectués dans les aires de reproduction arctiques ont permis de revoir à la hausse l’estimation de la population mondiale pour une espèce donnée (Johnston et al., 2000; Latour et al., 2005; Johnston et Pepper, 2009). Cette augmentation ne signifie pas qu’il y a eu une réelle croissance de la population mondiale, mais indique plutôt que les estimations initiales des populations étaient probablement à la baisse (Brouwer et al., 2003; Morrison et al., 2006). Dans le cadre du programme de grande envergure PRISM, qui comprend une composante arctique, on a réalisé la première moitié d’un programme pluriannuel de relevés, qui produira des estimations des populations continentales pour 19 espèces d’oiseaux de rivage qui se reproduisent dans l’Arctique nord-américain. Une fois la première série de relevés terminée, une deuxième série sera effectuée pour évaluer les tendances propres à certaines espèces ainsi que celles des populations à l’échelle de l’Arctique nord-américain (Skagen et al., 2003; Bart et Earnst, 2004; Bart et al., 2005; Bart et Johnston (éd.), 2012).

On propose, entre autres, comme causes du déclin des populations d’oiseaux de rivage : la perte des haltes migratoires et de l’habitat d’hivernage et les caractéristiques du cycle biologique (c.-à-d. le comportement migratoire, le cycle biologique, la biogéographie), qui pourraient prédisposer les populations d’oiseaux de rivage au déclin. On s’attend à ce que le déclin des populations soit accéléré par les changements de l’habitat dans les aires de reproduction arctiques.

Étant donné qu’un grand nombre d’oiseaux de rivage migrent sur de longues distances en grands groupes et qu’ils ne s’arrêtent qu’à très peu de haltes migratoires, la perte d’une ou de deux des principales haltes pourrait avoir d’importantes répercussions sur leurs populations. La diminution de la disponibilité de la nourriture dans les haltes qui subsistent peut aussi avoir de grandes conséquences sur les populations, parce que les oiseaux risquent de ne pas pouvoir suffisamment se ravitailler pour être en mesure de se rendre à la prochaine halte, ou de ne pas pouvoir accumuler les réserves corporelles essentielles à leur survie et à la réussite de leur reproduction (Senner et Howe, 1984; Donaldson et al., 2000; Morrison et al., 2001; Baker et al., 2004; Morrison et al., 2004; Morrison et al., 2007). Une analyse des tendances des populations des oiseaux de rivage en Amérique du Nord a montré que les espèces suivant des voies migratoires continentales (par opposition aux voies migratoires côtières ou océaniques) étaient les plus susceptibles de subir un déclin en raison de la modification et de la perte d’écosystèmes (Thomas et al., 2006a; Bart et al., 2007). Les oiseaux qui migrent par le continent utilisent des petits étangs et milieux humides temporaires qui sont répartis sur une grande zone. Il est difficile de délimiter ces milieux humides et étangs aux fins des initiatives de conservation, ce qui rend plus ardue leur protection par comparaison à celle des grandes haltes migratoires (Thomas et al., 2006a). On connaît très peu les haltes de l’Arctique à cause de leur éloignement. Des observations effectuées sur un segment de 200 km le long de la ligne de côte dans la région de Kivalliq (nord-ouest de la baie d’Hudson) au cours de la migration du printemps 2008 ont révélé la présence de centaines d’oiseaux migrateurs, dont l’aire de nidification est située dans l’Extrême-Arctique, qui se nourrissaient d’insectes dans les lignes de varech, en chemin vers le nord (Johnston et Rausch, données non publiées). On ne connaît pas l’importance de telles haltes par rapport à la migration et à la réussite de la reproduction subséquente.

La perte ou la détérioration de l’habitat dans les aires autres que celles de reproduction attribuables aux activités humaines comme la pollution par les hydrocarbures (Harrington et Morrison, 1980), le dragage mécanique ou la pêche (Piersma et al., 2001), la transformation des Prairies et des milieux humides indigènes aux fins d’agriculture (Isacch et Martinez, 2003; Shepherd et al., 2003) et l’exploitation des plages marines et les activités touristiques qu’on y pratique (Blanco et al., 2006), pourraient causer le déclin des populations (Thomas et al., 2006a). Un autre facteur complique l’évaluation de l’importance de l’habitat d’hivernage, à savoir le fait qu’on possède très peu de connaissances sur les ressources alimentaires dans les aires d’hivernage (Morrison et al., 2004). On a toutefois constaté que les menaces qui pèsent sur les aires d’hivernage n’ont qu’une incidence mineure sur la probabilité de déclin de la population d’une espèce (Thomas et al., 2006a).

Il semble que la biologie intrinsèque des espèces d’oiseaux de rivage rende leurs populations plus susceptibles au déclin. On pense que le comportement migratoire (notamment la distance parcourue et les voies choisies) est le facteur intrinsèque le plus déterminant, car un plus grand nombre d’oiseaux qui migrent par le continent, comparé à ceux qui migrent par les côtes ou les océans, sont en déclin (Thomas et al., 2006a). Les caractéristiques phylogénétiques, comme la taille du corps et des couvées, la durée de la vie et la proximité génétique, semblent peu influer sur le déclin des populations, mais lorsque la taille des couvées est petite, le rétablissement d’une population à la suite d’un déclin risque d’être lent (Myers et al., 1987). La sélection sexuelle pourrait avoir une incidence sur le déclin des populations, étant donné que les populations de la plupart des espèces socialement polygames sont en déclin alors que celles des espèces socialement monogames sont stables ou à la hausse. Néanmoins, les données ne sont pas concluantes. Les espèces d’oiseaux de rivage dont les populations présentent une tendance au déclin n’ont pas de facteurs intrinsèques clairs qui leur soient communs, et des facteurs extrinsèques sont probablement la cause principale de leur déclin (Thomas et al., 2006a; Thomas et al., 2006b; Bart et al., 2007).

On s’attend à ce que les changements de l’habitat dans l’Arctique causés par les changements climatiques aient un effet aggravant sur les tendances au déclin des populations des oiseaux de rivage qui se reproduisent dans l’Arctique (Bart et al., 2007). Ces derniers sont adaptés aux conditions météorologiques de l’Arctique qui varient d’une année à l’autre, pendant la saison de reproduction. Toutefois, leur stratégie de cycle biologique classique (taux de reproduction faible et longue durée de vie) rend plus difficile leur adaptation aux changements climatiques accélérés, ce qui rend leurs populations plus vulnérables au déclin que d’autres groupes (Donaldson et al., 2000; Meltofte et al., 2007). Parmi les effets des changements climatiques accélérés sur l’habitat de reproduction, mentionnons l’assèchement des étangs de toundra (Walsh et al., 2005; Smol et Douglas, 2007), l’empiètement des arbustes (Callaghan et al., 2005) et l’asynchronie entre l’éclosion des oisillons et celle des insectes (Tulp et Schekkerman, 2006).

La synchronie entre l’éclosion des oisillons d’espèces d’oiseaux de rivage et le moment culminant de l’émergence des insectes n’est pas aussi cruciale que l’éclosion des oisillons à un moment où les ressources alimentaires sont suffisantes. La disponibilité des ressources alimentaires dépend beaucoup des conditions météorologiques, et des ressources suffisantes ne sont disponibles que pendant 40 % de la saison des insectes (Tulp et Schekkerman, 2008). Le moment culminant de l’émergence des insectes s’est produit entre le 8 juillet et le 23 juillet, 75 % du temps, pendant la période d’étude de 33 ans. La date la plus hâtive et la date la plus tardive du moment culminant de l’émergence des insectes ont été enregistrées au cours d’années consécutives, ce qui montre que la date du moment culminant de l’émergence n’avance pas de façon linéaire dans le temps. En général, la date du moment culminant de l’émergence des insectes ainsi que la plage de dates où la disponibilité des ressources alimentaires est suffisante pour la croissance normale des oisillons surviennent plus tôt dans la saison (Tulp et Schekkerman, 2008). Étant donné que les oiseaux de rivage de l’Arctique synchronisent le début de la nidification avec la fonte des neiges, l’avancement dans le temps du moment de l’émergence des insectes n’est pas critique pour la survie des oisillons issus des premières couvées. Cela pourrait, cependant, devenir un problème grave pour les oisillons issus des dernières couvées, ou des secondes pontes (couvées plus tardives pour remplacer un nid précédent non productif), parce que l’éclosion aura lieu trop tard dans la saison pour que les oisillons aient suffisamment de nourriture (Meltofte et al., 2007). Des études supplémentaires sont nécessaires afin de déterminer si l’avancement dans le temps de la fonte des neiges se produit au même rythme que celui de l’émergence des insectes, ce qui permettrait aux oiseaux de faire leur nid plus tôt. On ne sait pas si les oiseaux de rivage seront en mesure d’adapter leurs stratégies de migration pour arriver plus tôt dans les aires de reproduction, en raison d’une saison sans neige plus hâtive. Les espèces qui font une dernière halte, avant d’arriver à l’aire de reproduction, à des latitudes plus proches de l’Arctique, auront peut-être plus de succès que les espèces qui utilisent des signaux internes liés à la durée du jour pour entamer la migration en provenance d’aires d’hivernage très éloignées (Tulp et Schekkerman, 2008).

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Annexe

Noms communs et scientifiques des oiseaux de rivage
Nom communNom scientifique
Pluvier argentéPluvialis squatarola
Pluvier bronzéPluvialis dominica
Pluvier à collier interrompuCharadrius alexandrinus
Pluvier grand-gravelotCharadrius hiaticula
Pluvier semipalméCharadrius semipalmatus
Pluvier siffleurCharadrius melodus
Pluvier kildirCharadrius vociferus
Pluvier montagnardCharadrius montanus
Huîtrier d’AmériqueHaematopus palliatus
Huîtrier de BachmanHaematopus bachmani
Échasse d’AmériqueHimantopus mexicanus
Avocette d’AmériqueRecurvirostra americana
Chevalier griveléActitis macularius
Chevalier solitaireTringa solitaria
Grand ChevalierTringa melanoleuca
Chevalier semipalméTringa semipalmata
Petit ChevalierTringa flavipes
Maubèche des champsBartramia longicauda
Courlis corlieuNumenius phaeopus
Courlis à long becNumenius americanus
Barge hudsonienneLimosa haemastica
Barge marbréeLimosa fedoa
Tournepierre à collierArenaria interpres
Tournepierre noirArenaria melanocephala
Bécasseau du ressacAphriza virgata
Bécasseau maubècheCalidris canutus
Bécasseau sanderlingCalidris alba
Bécasseau semipalméCalidris pusilla
Bécasseau d’AlaskaCalidris mauri
Bécasseau minusculeCalidris minutilla
Bécasseau à croupion blancCalidris fuscicollis
Bécasseau de BairdCalidris bairdii
Bécasseau à poitrine cendréeCalidris melanotos
Bécasseau violetCalidris maritima
Bécasseau des AléoutiennesCalidris ptilocnemis
Bécasseau variableCalidris alpina
Bécasseau à échassesCalidris himantopus
Bécasseau roussâtreTryngites subruficollis
Bécassin rouxLimnodromus griseus
Bécassin à long becLimnodromus scolopaceus
Bécassine de WilsonGallinago delicata
Bécasse d’AmériqueScolopax minor
Phalarope de WilsonPhalaropus tricolor
Phalarope à bec étroitPhalaropus lobatus
Phalarope à bec largePhalaropus fulicarius

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