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Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ des plaines boréales

Coup d'œil sur les constatations clés à l'échelle nationale et de l'écozone+

Le tableau 2 présente les constatations clés à l'échelle nationale du rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010Référence 6 ainsi qu'un résumé des tendances correspondantes dans l'écozone+ des plaines boréales. Le numéro des sujets fait référence aux constatations clés nationales dans Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. Les sujets en gris ont été désignés comme des constatations clés à l'échelle nationale, mais ils n'étaient pas pertinents ou n'ont pas été évalués pour l'écozone+; ils n'apparaissent pas dans le corps du présent document. Les éléments probants des constatations qui figurent au tableau qui suit sont présentés dans le texte par constatation clé. Voir la préface.

Tableau 2. Aperçu des constatations clés

2.1 Thème : Biomes
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle nationaleConstatations clés : Écozone+ des plaines boréales
1. ForêtsSur le plan national, la superficie que couvrent les forêts a peu changé depuis 1990; sur le plan régional, la réduction de l'aire des forêts est considérable à certains endroits. La structure de certaines forêts du Canada, y compris la composition des espèces, les classes d'âge et la taille des étendues forestières intactes, a subi des changements sur des périodes de référence plus longues.Les forêts, notamment les conifères (42 %), les feuillus (37 %) et la forêt mixte (20 %), couvrent plus de 60 % de l'écozone+. Entre 1985 et 2005, la forêt a diminué de 3 %, surtout en raison d'une augmentation des incendies. Des terrains boisés ont également été convertis en terres agricoles au cours de cette période. Environ 37 % des forêts est demeuré intact, ce qui représente plus de 100 km2. Le morcellement forestier découle du développement industriel, tel que le profil sismique, l'exploitation forestière, les voies d'accès pour la mise en valeur du pétrole et du gaz, et la foresterie. La population des oiseaux forestiers est restée stable entre 1971 et 2006.
2. PrairiesL'étendue des prairies indigènes n'est plus qu'une fraction de ce qu'elle était à l'origine. Bien qu'à un rythme plus lent, la disparition des prairies se poursuit dans certaines régions. La santé de bon nombre de prairies existantes a également été compromise par divers facteurs de stress.Il existe peu de renseignements sur les prairies indigènes; la plupart d'entre elles dans l'écozone+ ont été converties en terres agricoles. De 1986 à 2002, 15 % des prairies indigènes et des grands pâturages des plaines boréales du Manitoba ont été perdus.
3. Milieux humidesLa perte de milieux humides a été importante dans le sud du Canada; la destruction et la dégradation continuent sous l'influence d'une gamme étendue de facteurs de stress. Certains milieux humides ont été restaurés ou sont en cours de restauration.Peu de données étaient disponibles pour l'état et les tendances des milieux humides. Entre 1986 et 2002, 15 % des marais et des tourbières et 10 % des marécages et des tourbières ouvertes des plaines boréales du Manitoba ont disparu.
4. Lacs et cours d'eauAu cours des 40 dernières années, parmi les changements influant sur la biodiversité qui ont été observés dans les lacs et les cours d'eau du Canada, on compte des changements saisonniers des débits, des augmentations de la température des cours d'eau et des lacs, la baisse des niveaux d'eau et la perte et la fragmentation d'habitats.Le débit des cours d'eau a diminué, les niveaux d'eau sont plus bas et le retrait de l'eau a augmenté dans l'écozone+. Les principaux pilotes de ces tendances sont les changements climatiques et la mise en valeur du pétrole et du gaz.
5. Zones côtièresLes écosystèmes côtiers, par exemple les estuaires, les marais salés et les vasières, semblent sains dans les zones côtières moins développées, même s'il y a des exceptions. Dans les zones développées, l'étendue des écosystèmes côtiers diminue, et leur qualité se détériore en raison de la modification de l'habitat, de l'érosion et de l'élévation du niveau de la mer.Non pertinent
6. Zones marinesLes changements observés sur le plan de la biodiversité marine au cours des 50 dernières années sont le résultat d'une combinaison de facteurs physiques et d'activités humaines comme la variabilité océanographique et climatique et la surexploitation. Bien que les populations de certains mammifères marins se soient rétablies à la suite d'une surexploitation par le passé, de nombreuses espèces de pêche commerciale ne se sont toujours pas rétablies.Non pertinent
7. Glace dans l'ensemble des biomesLa réduction de l'étendue et de l'épaisseur des glaces marines, le réchauffement et le dégel du pergélisol, l'accélération de la perte de masse des glaciers et le raccourcissement de la durée des glaces lacustres sont observés dans tous les biomes du Canada. Les effets sont visibles à l'heure actuelle dans certaines régions et sont susceptibles de s'étendre; ils touchent à la fois les espèces et les réseaux trophiques.Les données disponibles limitées suggèrent un gel tardif et une débâcle précoce dans certains lacs et certaines rivières en raison d'une augmentation de la température de l'air, en particulier au printemps. Le pergélisol des tourbières de la partie nord de l'écozone+ a dégelé et s'est détérioré.

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2.2 Thème : Interactions humains-écosystèmes
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle nationaleConstatations clés : Écozone+ des plaines boréales
8. Aires protégéesLa superficie et la représentativité du réseau d'aires protégées ont augmenté ces dernières années. Dans bon nombre d'endroits, la superficie des aires protégées est bien au-delà de la valeur cible de 10 % qui a été fixée par les Nations Unies. Elle se situe en deçà de la valeur cible dans les zones fortement développées et dans les zones océaniques.L'ensemble des aires protégées est passé de 4,0 % en 1992 à 8,0 % en 2009; 7,2 % de l'écozone+ est protégé en vertu des catégories I–IV de l'UICN. Les aires protégées sont menacées par la fragmentation et la perte des habitats des zones environnantes des parcs, les changements climatiques, la surutilisation et les espèces envahissantes.
9. IntendanceLes activités d'intendance au Canada, qu'il s'agisse du nombre et du type d'initiatives ou des taux de participation, sont à la hausse. L'efficacité d'ensemble de ces activités en ce qui a trait à la préservation et à l'amélioration de la biodiversité et de la santé des écosystèmes n'a pas été entièrement évaluée.Les tendances dans les initiatives en intendance manquent de documentation. Les organisations privées, comme Conservation de la nature Canada, ont accru leurs avoirs des aires protégées privées au cours de la dernière décennie. Il y a intérêt accru dans l'utilisation des instruments axés sur les forces du marché tels que les compensations en matière de conservation afin d'atténuer les répercussions du développement industriel, et d'encourager l'intendance des valeurs environnementales des terrains privés.
10. Espèces non indigènes envahissantesLes espèces exotiques envahissantes sont un facteur de stress important en ce qui concerne le fonctionnement, les processus et la structure des écosystèmes des milieux terrestres, des milieux d'eau douce et d'eau marine. Leurs effets se font sentir de plus en plus à mesure que leur nombre augmente et que leur répartition géographique progresse.En ce qui touche les espèces envahissantes, aucune surveillance de près à long terme ne se fait, aucune liste à la grandeur de l'écozone+ n'existe et aucune mesure de contrôle n'est en place. Le Alberta Biodiversity Monitoring Institute a décelé 75 espèces de plantes envahissantes dans l'écozone+ des plaines boréales en Alberta. Aussi, la présence d'espèces de poissons envahissants augmente. Les lombrics non indigènes sont répartis çà et là dans l'écozone+ de l'Alberta, et, au cours des 50 prochaines années, leur habitat est prévu s'agrandir, ce qui mènera à des conséquences inconnues.
11. ContaminantsDans l'ensemble, les concentrations d'anciens contaminants dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine ont diminué au cours des 10 à 40 dernières années. Les concentrations de beaucoup de nouveaux contaminants sont en progression dans la faune; les teneurs en mercure sont en train d'augmenter chez certaines espèces sauvages de certaines régions.Les niveaux de contaminants ont dépassé les niveaux de toxicité dans la région des sables bitumineux de l'Athabasca. L'essor continu des centrales à combustion de charbon près du lac Wabamun en Alberta a entraîné une augmentation du taux de concentration de mercure et de métaux traces dans le bassin hydrologique.
12. Charge en éléments nutritifs et efflorescences algalesLes apports d'éléments nutritifs aux systèmes d'eau douce et marins, et plus particulièrement dans les paysages urbains ou dominés par l'agriculture, ont entraîné la prolifération d'algues qui peuvent être nuisibles ou nocives. Les apports d'éléments nutritifs sont en hausse dans certaines régions et en baisse dans d'autres.Les lacs de l'écozone+ des plaines boréales tendent à être naturellement eutrophes et peu profonds, ce qui hausse la sensibilité à la charge en éléments nutritifs. L'azote résiduel du sol des terres agricoles a triplé entre 1981 et 2006, ce qui représente un risque modéré.

Le phosphore présent dans le lac Winnipeg, au Manitoba, a augmenté de 30 % entre 1969 et 2007, ce qui quintuple le phytoplancton dans la biomasse moyenne, et entraîne un tournant dans la composition taxinomique des cyanobactéries. Ces augmentations du taux de phosphore sont causées par l'intensification de l'agriculture, le défrichement, le drainage des milieux humides et la rapide croissance de la population humaine.
13. Dépôts acidesLes seuils d'incidence écologique des dépôts acides, notamment ceux des pluies acides, sont dépassés dans certaines régions; les émissions acidifiantes sont en hausse dans diverses parties du pays et la récupération sur le plan biologique ne se déroule pas au même rythme que la réduction des émissions dans d'autres régions.Des données sur l'ensemble de l'écozone+ n'étaient pas disponibles, bien que les dépôts acides représentent un nouvel enjeu dans cet écozone+. L'expansion industrielle du pétrole et du gaz menace de faire grimper le taux d'émissions et de dépôts acides, en particulier au nord-ouest de la Saskatchewan, en raison de son emplacement sous le vent et de ses lacs hautement sensibles.
14. Changements climatiquesL'élévation des températures partout au Canada ainsi que la modification d'autres variables climatiques au cours des 50 dernières années ont eu des incidences directe et indirecte sur la biodiversité dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine.La température a augmenté de manière importante dans l'écozone+, en particulier à l'hiver et au printemps. La profondeur de la neige et la durée d'enneigement ont diminué depuis 1950. Les changements touchant les précipitations ont varié. On prévoit des conséquences écologiques à grande échelle à cause du réchauffement continu lié aux changements des régimes hydrologiques, du biome forestier, de la fonte des tourbières gelées et de l'expansion des espèces vers le nord.
15. Services écosystémiquesLe Canada est bien pourvu en milieux naturels qui fournissent des services écosystémiques dont dépend notre qualité de vie. Dans certaines régions où les facteurs de stress ont altéré le fonctionnement des écosystèmes, le coût pour maintenir les écoservices est élevé, et la détérioration de la quantité et de la qualité des services écosystémiques ainsi que de leur accès est évidente.L'écozone+ offre bon nombre de services d'approvisionnement. L'attribution en eau douce augmente, bien qu'elle soit encore très faible dans les bassins fluviaux contrôlés. La cueillette de bois d'œuvre augmente également. Les populations des espèces que l'on chasse ou que l'on capture sont généralement stables, à l'exception du grizzly et du carcajou. La surpêche entraîne l'effondrement des pêches commerciale et sportive en Alberta; aussi, la pêche commerciale du doré jaune au lac Winnipeg en Alberta connaît un essor sans précédent. La superficie que couvrent les terres agricoles demeure stable, à 24 % de l'écozone.

L'écozone+ offre également de nombreux services de réglementation. Avec l'augmentation de la température, la forêt boréale pourrait devenir une source de carbone au lieu d'un puits. Les milieux humides, qui purifient et emmagasinent l'eau, ont connu un déclin. Le nombre de visites dans les parcs nationaux est demeuré constant, ce qui témoigne d'une valeur de l'activité humaine pour l'écozone+. Les efforts de valorisation des services écologiques dans l'écozone+ des plaines boréales ont redoublé.

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2.3 Thème : Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle nationaleConstatations clés : Écozone+ des plaines boréales
16. Paysages agricoles servant d'habitatLe potentiel des paysages agricoles à soutenir la faune au Canada a diminué au cours des 20 dernières années, principalement en raison de l'intensification des activités agricoles et de la perte de couverture terrestre naturelle et semi-naturelle.L'utilisation des terres agricoles, qui couvrent 21 % de l'écozone+, continue de s'accroître et de s'intensifier. La conversion de la couverture des terres naturelles en terres agricoles découle d'une diminution de la capacité d'habitat sauvage.
17. Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulierDe nombreuses espèces d'amphibiens, de poissons, d'oiseaux et de grands mammifères présentent un intérêt économique, culturel ou écologique particulier pour les Canadiens. La population de certaines espèces diminue sur le plan du nombre et de la répartition, tandis que chez d'autres, elle est soit stable soit en pleine santé ou encore en plein redressement.Le nombre d'oiseaux des prairies, de certaines espèces de canards, de caribous boréals, de grizzlys et de bisons a diminué, ainsi que leur aire géographique, dans tout l'écozone+. Les facteurs responsables du déclin comprennent l'altération de l'habitat, les maladies et les changements dans la dynamique prédateur-proie.
18. Productivité primaireLa productivité primaire a augmenté dans plus de 20 % du territoire végétalisé au Canada au cours des 20 dernières années et elle a également augmenté dans certains écosystèmes d'eau douce. L'ampleur et la période de productivité primaire changent dans tout l'écosystème marin.L'indice de végétation par différence normalisée (NDVI) a augmenté de 20,8 % de la superficie entre 1985 et 2006, à la suite d'une augmentation de la production agricole, des changements climatiques (en particulier des précipitations), et des incendies. La charge en éléments nutritifs dans le lac Winnipeg au Manitoba est aussi une conséquence de l'augmentation de la productivité. La productivité a connu un déclin  sur moins de 1 % du territoire, déclin attribué à l'activité industrielle entourant les sables bitumineux près de l'Athabasca.
19. Perturbations naturellesLa dynamique des régimes de perturbations naturelles, notamment les incendies et les vagues d'insectes indigènes, est en train de modifier et de refaçonner le paysage. La nature et le degré du changement varient d'un endroit à l'autre.Les incendies constituent une perturbation naturelle d'envergure dans l'écozone+. La quantité de zones brûlées a atteint un zénith dans les années 1980, puis a diminué. Les tendances sont fortement influencées par les individus par l'extinction et l'allumage d'incendies. Le climat influence également les tendances liées aux incendies.

Les vagues d'insectes indigènes font aussi partie des perturbations importantes. Les zones touchées par la tordeuse des bourgeons de l'épinette pourraient augmenter, bien que des données à long terme soient absentes. Le dendroctone du pin ponderosa accroît également sa portée dans l'écozone+ des plaines boréales.
20. Réseaux trophiquesDes changements profonds dans les relations entre les espèces ont été observés dans des milieux terrestres et dans des milieux d'eau douce et d'eau marine. La diminution ou la disparition d'éléments importants des réseaux trophiques a considérablement altéré certains écosystèmes.Les cycles de population prédateur-proie du lynx et du lièvre sont connus dans l'écozone+, mais on en connaît peu sur le sujet. Les populations de caribous boréals ont connu un déclin à cause de la fragmentation de leur habitat. Plus particulièrement, les caractéristiques linéaires telles que les routes et les profils sismiques associés à la mise en valeur du pétrole et du gaz ont augmenté la vulnérabilité de la prédation du loup envers le caribou.

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2.4 Thème : Interface science-politique
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle nationaleConstatations clés : Écozone+ des plaines boréales
21. Surveillance de la biodiversité, recherche, gestion de l'information et communication des résultatsLes renseignements de surveillance recueillis sur une longue période, normalisés, complets sur le plan spatial et facilement accessibles, complétés par la recherche sur les écosystèmes, fournissent les constatations les plus utiles pour les évaluations de l'état et des tendances par rapport aux politiques. L'absence de ce type d'information dans de nombreux secteurs a gêné l'élaboration de la présente évaluation.Le manque de données sur la surveillance de la biodiversité pangouvernementale est réel en ce qui concerne l'écozone+ des plaines boréales. La cueillette de données faite par le Alberta Biodiversity Monitoring Institute améliorera l'établissement de prochains rapports sur la partie albertaine de l'écozone+. Les couvertures spatiale et taxonomique de l'écozone+ des autres provinces étaient faibles.
22. Changements rapides et seuilsLa compréhension grandissante des changements rapides et inattendus, des interactions et des seuils, en particulier en lien avec les changements climatiques, indique le besoin d'une politique qui permet de répondre et de s'adapter rapidement aux indices de changements environnementaux afin de prévenir des pertes de biodiversité majeures et irréversibles.Il existe de nombreux facteurs de stress pouvant entraîner des changements rapides et irréversibles aux écosystèmes des plaines boréales; par contre, peu d'exemples sont explicites. De ces facteurs, on nomme l'épidémie de choléra aviaire chez les cormorans à aigrette, la poussée de tordeuse de bourgeons à épinette au nord de l'Alberta en 2005, le déclin de caribous boréals et les changements de leur dynamique prédateur-proie causés par le développement industriel, et la fonte du pergélisol.

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Références

Référence 6

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada. 2010. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. vi + 148 p.

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