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Sommaire des éléments probants relativement aux constatations clés pour l’écozone+ des plaines boréales

Conclusion : Bien-être humain et biodiversité

L’écozone+ de la Taïga des plaines, avec ses plateaux boisés et ses vallées de cours d’eau dotées de milliers de lacs et de milieux humides, forme un vaste corridor interrompu qui s’étend vers le sud, depuis les écozones de la forêt boréale canadienne presque jusqu’à l’océan Arctique. Elle est bordée à l’ouest par la Taïga de la Cordillère et à l’est, par la Taïga du bouclier, deux régions caractérisées par la prédominance de peuplements forestiers clairsemés, voire épars, et de roche nue. La tendance à l’expansion et à l’intensification des aménagements humains, de l’agriculture et du développement industriel se poursuivant dans le sud de la forêt boréale canadienne, on observe une augmentation de la fragmentation et une transformation de l’utilisation des terres. La récolte forestière et la suppression des feux, qui sont deux activités associées, modifient les caractéristiques liées à l’âge et la structure des forêts dans les parties densément peuplées des écozones+ boréales au Canada. La Taïga des plaines pourrait devenir de plus en plus importante à l’échelle nationale car elle est un refuge et un corridor pour le biote de la forêt boréale qui nécessite de grandes parcelles intactes de forêts conifériennes d’âges mixtes et matures.

La répartition du caribou boréal au Canada l’illustre bien (figure 49). L’aire de répartition du caribou des bois, y compris la population boréale, a beaucoup diminué au fil des ans. Sa limite méridionale a remonté graduellement vers le nord depuis le début du XXe siècle, tendance qui se poursuit encore aujourd’huiReference 183, Reference 185-Reference 187. L’écozone+ de la Taïga des plaines est importante aussi comme corridor de migration et comme habitat reliant d’autres espèces, y compris des prédateurs et des oiseaux migrateurs. Le bison des bois et la Grue blanche, deux espèces en péril emblématiques, ont disparu dans presque toute leur aire de répartition nord-américaine en raison des changements subis par leur habitat, et il ne subsiste que quelques populations reliques dans la Taïga des plaines. Les deux espèces ont fait l’objet de mesures de rétablissement durant des décennies, et leur survie dépend encore de grands blocs d’habitat intact et protégé à l’intérieur de l’écozone+.

Figure 49. Aire de répartition actuelle du caribou boréal et aire de répartition historique (début des années 1900) du caribou des bois (Rangifer tarandus caribou) au Canada.

Carte
Source : Environnement Canada (2012)Reference 109
Description longue pour la 49

Cette carte indique l’aire de répartition actuelle et l’extrémité sud de l’aire de répartition historique (début des années 1900) du caribou des bois (Rangifer tarandus caribou) dans le  nord du Canada. L’air de répartition actuelle suit les limites de l’écozone+ de la Taïga des plaines, puis s’étend sur la moitié nord de la Saskatchewan et le centre du Manitoba, de l’Ontario, du Québec et du Labrador. L’extrémité sud de l’aire de répartition historique de l’espèce se situe nettement plus au sud; elle englobe la majeure partie de la Colombie-Britannique et une portion du Montana, puis suit la limite des prairies et couvre la majeure partie de l’Ontario, le Québec et l’est du Canada.

Les gens qui vivent dans la Taïga des plaines connaissent pertinemment la valeur de leurs terres. Pour bon nombre de résidents, la chasse, la pêche, la cueillette de baies et de plantes, et le piégeage demeurent d’importantes activités culturelles et économiques – par exemple, la plupart des ménages des collectivités Gwich’in cueillent des baies, et de 20 à 30 % des ménages de la Taïga des plaines, dans les Territoires du Nord-Ouest, obtiennent une partie ou la totalité de la viande et du poisson qu’ils consomment dans le territoire. L’exploitation forestière dans le sud de l’écozone+, le tourisme en milieu sauvage, les activités récréatives ainsi que la chasse et la pêche guidée sont d’autres secteurs de l’activité économique qui reposent sur des écosystèmes en santé.

En raison du grand attachement des résidents à leurs terres et parce que la Taïga des plaines et les terres et la mer situées au nord renferment de grandes réserves de pétrole et de gaz, l’écozone+ a souvent par le passé été aux prises avec des questions liées au développement durable. L’écozone+ est un centre d’études, de discussion et de travaux menés en collaboration et destinés à atteindre l’équilibre entre l’objectif de conservation et de respect des terres (y compris les écosystèmes et les cultures traditionnelles) et l’objectif de création d’une économie des collectivités qui soit florissante et durable.

Les processus et les initiatives qui sont concentrés dans la Taïga des plaines ont influé sur les règlements de revendications territoriales, les processus de cogestion, et les idées et pratiques entourant les Autochtones et les connaissances écologiques traditionnelles dans une grande partie du nord du Canada. Les projets d’oléoducs et de gazoducs ont mené à des évaluations, à des consultations et à des recommandations, allant de la Commission Berger dans les années 1970Reference 302 The Taiga Plains Ecozone+ à la récente évaluation du projet gazier MackenzieReference 303, Reference 304. Les organismes et les offices et conseils de gestion des ressources renouvelables dans l’écozone+ ont soutenu les principaux programmes et projets de recherche et de surveillance portant sur les effets cumulatifs, les indicateurs écologiques, les informations de référence, la planification de l’utilisation des terres et les méthodes; ils ont favorisé aussi l’utilisation des connaissances écologiques traditionnelles dans la planification et la gestion de la surveillance environnementaleReference 59. L’Étude d'impact sur le bassin du MackenzieReference 305, la West Kitikmeot Slave StudyReference 306, le Programme de surveillance des effets cumulatifs dans les Territoires du Nord-OuestReference 217 et l’Arctic Borderlands Ecological Knowledge Co-opReference 99 sont des exemples de tels processus et initiatives.

Notes de bas de page

Note de bas 255

Environment Canada. 2013. Bird Conservation Strategy for Bird Conservation Region 6: Boreal Taiga Plains. Canadian Wildlife Service. Edmonton, Alberta. iv + 288.

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Note de bas 327

Herbers, J. 2005. Biodiversity needs in Alberta: a detailed analysis. Alberta Biodiversity Monitoring Program, Alberta Biodiversity Monitoring Institute, University of Alberta. Edmonton, AB. 61 p.

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