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Points saillants et sommaire des constatations clés pour l’écozone+ de l'Arctique

Tableau sommaire des constatations clés relatives

Coup d’œil sur les constatations clés à l’échelle nationale et à l’échelle de l’écozone+

Ces tableaux présentent les constations clés à l’échelle  nationale du rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010Note be bas de page1 ainsi qu’un résumé des tendances correspondantes dans l'écozone+ de l'Arctique. Les numéros des sujets renvoient aux constatations clés à l’échelle nationale en Biodiversité canadienne: état et tendances des écosystèmes  en 2010. Les sujets qui sont grisés ont été désignés comme constations clés à l’échelle  nationale, mais ils n’étaient pas pertinents ou n’ont pas évalués pour l’écozone+. Tout le contenu relatif aux tendances dans l'écozone+ de l'Arctique est tiré directement du document intitulé Évaluation de l'état et des tendances l'écozone+ de l'ArctiqueFootnote2 sauf lorsque d’autres références figurant en fin de document sont indiquées par des renvois.

Thème : Biomes

Thème : Biomes
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle nationaleConstatations clés : Écozone+ de la taïga des plaines
1. ForêtsSur le plan national, la superficie que couvrent les forêts a peu changé depuis 1990; sur le plan régional, la réduction de l’aire des forêts est considérable à certains endroits. La structure de certaines forêts du Canada, y compris la composition des espèces, les classes d’âge et la taille des étendues forestières intactes, a subi des changements sur des périodes de référence plus longues.Comme la limite des arbres marque la frontière sud de l’écozone+ de l’Arctique, le couvert forestier est restreint à la zone de transition entre la forêt et la toundra. La limite septentrionale de la distribution des arbres est souvent dictée par la température, et on s’attend à ce que la tendance générale accompagnant le changement climatique soit une expansion des forêts vers le nord. Les tendances actuelles sont variables : par exemple, la limite des arbres se déplace vers le nord dans les régions côtières du nord du Québec et du Labrador, mais pas dans les régions intérieures. Une couverture arbustive dont la croissance et l’étendue seront accrues, parsemée d’arbres, pourrait remplacer la toundra à la lisière sud de celle-ci, dans l’écotone forêt-toundra.
2. PrairiesL’étendue des prairies indigènes n’est plus qu’une fraction de ce qu’elle était à l’origine. Bien qu’à un rythme plus lent, la disparition des prairies se poursuit dans certaines régions. La santé de bon nombre de prairies existantes a également été compromise par divers facteurs de stress.Sans objet
3. Milieux humidesLa perte de milieux humides a été importante dans le sud du Canada; la destruction et la dégradation continuent sous l’influence d’une gamme étendue de facteurs de stress. Certains milieux humides ont été restaurés ou sont en cours de restauration.Les milieux humides couvrent approximativement 10 % de l’écozone+ de l’Arctique. Ils sont plus nombreux dans le Bas-Arctique. Une vaste proportion des milieux humides de l’Arctique présentent une végétation composée de cypéracées, de graminées ou de mousses. Dans les régions humides de l’écozone+, le nombre et l’étendue des lacs et des mares thermokarstiques ont augmenté, de toute évidence à cause de la fonte du pergélisol et de l’accroissement des précipitations. Cependant, dans les régions plus sèches du Haut-Arctique et de la Cordillère arctique, l’étendue des mares a diminué, et certaines d’entre elles ont disparu. Sur l’île d’Ellesmere, certaines étangs qui étaient des plans d’eau permanents depuis des millénaires se sont complètement asséchées au cours des étés de 2005 et de 2006, qui ont été chauds. Les milieux humides avoisinants, avec leur végétation de mousses et de graminées, se sont eux aussi asséchés, et les plans d’eau saisonniers y ont connu un recul. On peut s’attendre à voir disparaître par assèchement d’autres mares permanentes de même que des mares saisonnières et des milieux humides, à mesure que le réchauffement climatique s’accentuera. En Arctique, les mares temporaires et les milieux humides sont des haltes importantes pour les oiseaux migrateurs, et ce sont des sites de nidification importants pour les oiseaux de rivage et les oies sur les plaines côtières.
4. Lacs et cours d’eauAu cours des 40 dernières années, parmi les changements influant sur la biodiversité qui ont été observés dans les lacs et les cours d’eau du Canada, on compte des changements saisonniers des débits, des augmentations de la température des cours d’eau et des lacs, la baisse des niveaux d’eau et la perte et la fragmentation d’habitats.Environ les trois quarts du Canada sont drainés par des cours d’eau qui traversent l’écozone+ de l’Arctique pour aller se jeter dans les eaux marines arctiques, ce qui représente presque la moitié (48 %) des rejets totaux des cours d’eau au Canada. Les régimes d’écoulement de même que les conditions écosystémiques des grands cours d’eau qui, sur une petite portion à l’extrémité nord de leur cours, traversent l’écozone+ de l’Arctique subissent fortement l’influence des conditions climatiques, du relief et des stresseurs existant au sud. Peu de stations hydrométriques ont enregistré des ensembles de données à long terme; les renseignements sur les tendances relatives aux débits des cours d’eau sont donc limités. Les rejets annuels totaux vers les eaux marines arctiques à partir de l’écozone+ ont diminué entre le milieu des années 1960 et le début des années 2000, mais le phénomène s’est accompagné de fortes variations régionales : on a enregistré un fort déclin des rejets dans la baie d’Hudson et la mer du Labrador, mais aucune tendance significative dans le cas des cours d’eau se jetant directement dans l’océan Arctique. Les analyses qui englobent des données plus récentes révèlent un renversement de ce déclin, y compris pour les rejets dans la baie d’Hudson, et une augmentation significative des débits annuels moyens depuis 1989. D’après les données de télédétection, la superficie totale des lacs dans l’écozone+ a diminué de 2000 à 2009, probablement parce que l’allongement des périodes sans glace a entraîné un accroissement de l’évapotranspiration. À l’inverse, la superficie des lacs a augmenté au cours de la même période dans les régions où la fonte du pergélisol a accru l’inondation des terres; par exemple, dans le delta du Mackenzie, on a enregistré une hausse de 3 % de cette superficie. Les effets du changement climatique sur les processus écologiques dans les lacs et les cours d’eau sont complexes; on constate notamment un raccourcissement de la durée de la couverture de glace, un réchauffement de l’eau, une modification des régimes de mélange dans les lacs, et des changements quant à la distribution des éléments nutritifs et de l’oxygène. Le réchauffement climatique a été relié à des modifications des assemblages d’espèces d’algues et d’invertébrés, de la disponibilité de nourriture pour les poissons et de la productivité globale des écosystèmes d’eau douce.
5. Zones côtièresLes écosystèmes côtiers, par exemple les estuaires, les marais salés et les vasières, semblent sains dans les zones côtières moins développées, même s’il y a des exceptions. Dans les zones développées, l’étendue des écosystèmes côtiers diminue, et leur qualité se détériore en raison de la modification de l’habitat, de l’érosion et de l’élévation du niveau de la mer.Les biomes côtiers sont évalués dans les rapports sur les écozones+ marines faisant partie du RETE.
6. Zones marinesLes changements observés sur le plan de la biodiversité marine au cours des 50 dernières années sont le résultat d’une combinaison de facteurs physiques et d’activités humaines comme la variabilité océanographique et climatique et la surexploitation. Bien que les populations de certains mammifères marins se soient rétablies à la suite d’une surexploitation par le passé, de nombreuses espèces de pêche commerciale ne se sont toujours pas rétablies.Les écozones+ marines sont évaluées dans d’autres rapports faisant partie du RETE.
ToundraNote be bas de pagea

 

Constatation clé propre à l’écozone+

Les régions polaires stériles (« barrens »; moins de 50 % de végétation) et la toundra polaire (plus de 50 % de végétation de toundra) représentent ensemble 80 % de l’écozone+. En phase avec la tendance au réchauffement qui touche l’ensemble de l’écozone+, la superficie de terres où les conditions climatiques sont propices au maintien de la toundra à long terme a diminué de 20 % depuis 1982. Les communautés végétales de la toundra évoluent dans l’ensemble du biome d’une manière qui concorde avec les réponses qui ont été enregistrées dans un contexte de réchauffement artificiel. À des fins d’analyse, on a combiné les données relevées entre 1980 et 2010 à des sites d’étude au Canada avec les résultats obtenus à d’autres sites de surveillance au sol de la toundra répartis dans l’Arctique circumpolaire. Les principales tendances comprennent une augmentation de la hauteur moyenne de la végétation, un accroissement de la végétation arbustive, et une diminution de la superficie de sol nu. Des parcelles expérimentales de toundra (réchauffées de 1 à 2 °C dans de petites serres ouvertes) ont donné un aperçu des réponses de la toundra à un changement climatique soutenu. Parmi ces réponses figuraient un accroissement de la végétation arbustive, une perte de diversité des espèces, une augmentation de la hauteur de la plupart des plantes vasculaires, et un déclin des mousses, des lichens et de la superficie de sol nu.
7. La glace dans l’ensemble des biomesLa réduction de l’étendue et de l’épaisseur des glaces marines, le réchauffement et le dégel du pergélisol, l’accélération de la perte de masse des glaciers et le raccourcissement de la durée des glaces lacustres sont observés dans tous les biomes du Canada. Les effets sont visibles à l’heure actuelle dans certaines régions et sont susceptibles de s’étendre; ils touchent à la fois les espèces et les réseaux trophiques.

Toutes les formes de glace dans les biomes de l’Arctique ont connu un déclin rapide au cours des 30 dernières années, surtout durant la dernière décennie.

Le pergélisol se réchauffe, et l’épaisseur de sol qui dégèle annuellement est en hausse aux sites de surveillance partout dans l’écozone+ (telle que mesurée sur diverses périodes, dans certains cas depuis les années 1980). La disparition de pergélisol entraîne des changements à grande échelle, dont des modifications de la structure de la végétation et des communautés végétales, et produit des rétroactions positives qui accroissent la vitesse du réchauffement (par exemple, la diminution de l’albédo a une incidence sur les températures de l’air à l’échelle régionale, et les changements touchant le bilan du carbone dans le paysage de l’Arctique contribuent à l’effet de serre, ce qui accélère le réchauffement planétaire). L’étendue de la glace de mer tout au long de l’année a diminué de manière significative entre 1979 et 2013, selon les données de télédétection. La fonte accrue de glace durant l’été a causé la disparition de glace pluriannuelle, et la glace fond plus tôt au printemps. Ces changements de la glace de mer n’affectent pas seulement les écosystèmes marins et les espèces tributaires de la glace comme les ours blancs : ils perturbent le climat et la végétation des régions côtières et certaines espèces sauvages terrestres. On a enregistré une tendance générale à la fonte en ce qui concerne les glaciers et les calottes glaciaires de l’archipel arctique canadien depuis la fin du XIXe siècle; la tendance s’est atténuée pendant un certain temps au milieu du XXe siècle, mais le recul de la glace s’est accéléré depuis 25 ans. Pour la période de 2003 à 2009, la perte de masse des glaciers dans l’Arctique canadien a représenté 28 % de la perte de masse des glaciers à l’échelle planétaire, à l’exclusion de l’Antarctique et du Groenland, et a été responsable d’environ 29 % de l’élévation du niveau de la mer à

l’échelle du globe. Des superficies croissantes de terres sont exposées à mesure que les glaciers fondent, et cela entraînera une certaine augmentation de l’étendue de toundra.

On dispose de peu de renseignements sur les tendances relatives à la glace de lac. D’après les données de télédétection, la longueur de la période annuelle sans glace a augmenté significativement entre 1985 et 2004 pour sept lacs de l’Arctique.

Footnotes

Footnote a

This key finding is not numbered because it does not correspond to a key finding in the national report

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Thème : Interactions hamain-écosystèmes

Thème : Interactions hamain-écosystème
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle nationaleConstatations clés : Écozone+ de la taïga des plaines
8. Aires protégéesLa superficie et la représentativité du réseau d’aires protégées ont augmenté ces dernières années. Dans bon nombre d’endroits, la superficie des aires protégées est bien au-delà de la valeur cible de 10 % qui a été fixée par les Nations Unies. Elle se situe en deçà de la valeur cible dans les zones fortement développées et dans les zones océaniques.En 2009, presque 11,3 % de l’écozone+ de l’Arctique était protégée, ce qui représente une augmentation par rapport aux 7,4 % d’aires protégées en 1992. Ces terres sont en quasi-totalité classées dans les catégories I à III de l’IUCN et protégées à ce titre. En mai 2009, c’est dans l’archipel arctique que l’on trouvait la plus forte proportion d’aires protégées, soit 24,0 % des terres, réparties dans 10 aires protégées; venait ensuite à cet égard le Bas-Arctique (15,9 % des terres réparties dans 21 aires protégées). Dans le Haut-Arctique, 6,7 % des terres étaient protégées (22 aires protégées). Une grande partie de l’expansion des aires protégées est liée à des ententes sur des revendications territoriales.
9. IntendanceLes activités d’intendance au Canada, qu’il s’agisse du nombre et du type d’initiatives ou des taux de participation, sont à la hausse. L’efficacité d’ensemble de ces activités en ce qui a trait à la préservation et à l’amélioration de la biodiversité et de la santé des écosystèmes n’a pas été entièrement évaluée.Les activités d’intendance liées à la conservation des écosystèmes dans l’écozone+ de l’Arctique sont importantes à l’échelle communautaire, régionale, circumpolaire et planétaire. Dans l’écozone+, les initiatives d’intendance s’inscrivent souvent dans le cadre des systèmes de gestion des ressources naturelles, qui bénéficient d’un solide engagement communautaire. Les pêches, la faune et la flore de même que l’habitat sont cogérés ou gérés avec une participation importante des Inuits, par l’intermédiaire de conseils de gestion des ressources créés conformément aux ententes sur les revendications territoriales. Ces conseils font appel tant aux connaissances scientifiques qu’au savoir autochtone traditionnel pour fonder leurs décisions, et ils sont appuyés par des associations de chasseurs et de trappeurs et par d’autres organisations communautaires. À l’échelle circumpolaire, le Conseil de l’Arctique, organisme intergouvernemental regroupant les huit pays de la région circumpolaire, fournit une plate-forme pour la collaboration et la supervision de nombreuses initiatives internationales liées aux sciences écologiques, à la conservation des écosystèmes et au développement durable dans l’Arctique. Des organisations internationales de peuples autochtones siègent au Conseil à titre de participants permanents. La responsabilité à l’égard de l’une des activités d’intendance les plus importantes en Arctique, c’est-à-dire la réduction des émissions de gaz à effet de serre, est partagée à l’échelle internationale.   
10. Espèces non indigènes envahissantesLes espèces exotiques envahissantes sont un facteur de stress important en ce qui concerne le fonctionnement, les processus et la structure des écosystèmes des milieux terrestres, des milieux d’eau douce et d’eau marine. Leurs effets se font sentir de plus en plus à mesure que leur nombre augmente et que leur répartition géographique progresse.Peu d’espèces envahissantes ont été répertoriées en Arctique, par rapport au nombre que l’on trouve dans d’autres écozones+, mais les effets de ces espèces sur la biodiversité peuvent tout de même être graves, la plupart des plantes indigènes occupant des niches spécialisées dans les régions nordiquesNote be bas de page3. Le risque d’introduction de plantes envahissantes augmentera avec le réchauffement du climat et avec les changements de l’exploitation de la région par les humains, notamment l’intensification de la navigation, le développement énergétique, la prospection minière et les aménagements côtiers connexes, comme les ports, les routes et les pipelinesNote be bas de page4.
11. ContaminantsDans l’ensemble, les concentrations d’anciens contaminants dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d’eau douce et d’eau marine ont diminué au cours des 10 à 40 dernières années. Les concentrations de beaucoup de nouveaux contaminants sont en progression dans la faune; les teneurs en mercure sont en train d’augmenter chez certaines espèces sauvages de certaines régions.La contamination des espèces sauvages de l’Arctique constitue une inquiétude depuis les années 1970, surtout du point de vue de ses possibles effets sur la santé des peuples autochtones de l’Arctique. Trois catégories de contaminants sont particulièrement préoccupantes en Arctique : les contaminants hérités du passé (polluants organiques persistants comme le DDT, les PCB et le toxaphène), les contaminants toxiques plus récents, comme les produits ignifuges bromés, et le mercure. Les tendances enregistrées en Arctique concordent avec les tendances relatives aux constatations clés à l’échelle nationale. Les concentrations de contaminants dans les poissons et les autres espèces sauvages de l’Arctique sont considérées comme inférieures aux concentrations qui auraient des effets largement répandus sur la santé de ces organismes, à quelques possibles exceptions près, notamment certaines populations d’ours blancs.
12. Charge en éléments nutritifs et efflorescences algalesLes apports d’éléments nutritifs aux systèmes d’eau douce et marins, et plus particulièrement dans les paysages urbains ou dominés par l’agriculture, ont entraîné la prolifération d’algues qui peuvent être nuisibles ou nocives. Les apports d’éléments nutritifs sont en hausse dans certaines régions et en baisse dans d’autres.Sans objet
13. Dépôts acidesLes seuils d’incidence écologique des dépôts acides, notamment ceux des pluies acides, sont dépassés dans certaines régions; les émissions acidifiantes sont en hausse dans diverses parties du pays et la récupération sur le plan biologique ne se déroule pas au même rythme que la réduction des émissions dans d’autres régions.Malgré la présence de polluants pouvant être acidifiants dans l’atmosphère, les éléments indiquant une acidification des sols ou des eaux de surface dans l’écozone+ de l’Arctique sont rares, à ce jourNote be bas de page5, Note be bas de page6. La plupart des sols de l’Arctique sont peu vulnérables aux dépôts acides, sauf dans certaines régions des Territoires du Nord-Ouest, du Yukon et de l’île de Baffin, où la capacité des sols et de l’assise rocheuse à réduire l’acidité produite par les dépôts atmosphériques est faibleNote be bas de page7. Parmi les lacs échantillonnés dans l’Arctique canadien, les seuls lacs extrêmement vulnérables aux dépôts acides que l’on a recensés jusqu’ici se trouvent sur l’île de Baffin et dans les terres continentales centrales à cheval entre le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest.
14. Changements climatiquesL’élévation des températures partout au Canada ainsi que la modification d’autres variables climatiques au cours des 50 dernières années ont eu une incidence directe et indirecte sur la biodiversité dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d’eau douce et d’eau marine.Les températures estivales et automnales ont augmenté de manière significative à la grandeur de l’écozone+ au cours des 50 dernières années, et des hausses des températures ont été relevées pour  toutes les saisons à de nombreuses stations climatologiques. On n’a noté de tendance significative au refroidissement à aucune des stations et pour aucune des saisons. Les précipitations annuelles ont connu une hausse partout dans l’écozone+, le changement le plus notable ayant été enregistré à l’hiver; les précipitations pendant la saison estivale n’ont pas beaucoup ou pas du tout changé. Dans l’ensemble de l’écozone+, la durée de la couverture de neige a diminué tant à l’automne qu’au printemps au cours des 50 dernières années. L’épaisseur annuelle maximale de neige a également diminué. Au Canada, comme à l’échelle planétaire, le climat se réchauffe plus vite en Arctique qu’aux plus basses latitudes. À cause de cette amplification du changement climatique, les effets directs et indirects du phénomène sont particulièrement évidents dans cette écozone+. La perte rapide de neige et de glace dans tous les biomes, notamment, provoque des changements importants de la structure et du fonctionnement des écosystèmes.
15. Services écosystémiquesLe Canada est bien pourvu en milieux naturels qui fournissent des services écosystémiques dont dépend notre qualité de vie. Dans certaines régions où les facteurs de stress ont altéré le fonctionnement des écosystèmes, le coût pour maintenir les écoservices est élevé, et la détérioration de la quantité et de la qualité des services écosystémiques ainsi que de leur accès est évidente.

Les écosystèmes de l’Arctique fournissent d’importants services en matière d’approvisionnement, de culture et de régulation. Ils produisent de la nourriture, des combustibles et des fibres essentielles aux cultures et aux économies traditionnelles de l’Arctique, de même qu’aux industries de la chasse, de la cueillette et de la pêche commerciales à petite échelle. De plus, les poissons et les autres espèces sauvages de l’Arctique font l’objet d’une chasse et d’une pêche sportives. Pour ce qui est des services liés à la culture, on peut mentionner l’importance des poissons et des espèces sauvages pour la culture inuite et le tourisme. Les services de régulation comprennent la séquestration du carbone et la régulation du climat, qui sont de plus en plus compromises par le réchauffement du climat et par les rétroactions positives associées au changement de l’albédo causé par la diminution de la couverture de neige et de glace. 

Des études menées depuis les années 1970 montrent que, pour les Inuits et les Inuvialuits, les sources de nourriture traditionnelles (aliments prélevés dans la nature) assurent toujours une portion importante de l’apport en calories et en éléments nutritifs, et demeurent un élément central de la culture de ces peuples. Une étude exhaustive effectuée en 2001 dans les collectivités réparties depuis le Labrador jusque dans l’ouest de l’Arctique donne un aperçu de l’utilisation des écosystèmes à des fins de subsistance : plus de 60 % des Inuits et des Inuvialuits exercent des activités de pêche, tandis qu’environ 50 % chassent le caribou, l’orignal ou le mouflon (le caribou étant particulièrement important). Le piégeage est moins répandu : 10 à 20 % ou moins des Inuits et des Inuvialuits le pratiquent, selon les régions. Le taux de pratique des activités de subsistance était plus élevé pour les personnes vivant hors des principales agglomérations.

Thème : Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques

Thème : Habitats, espèces sauvages et processus écosystémiques
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle nationaleConstatations clés : Écozone+ de la taïga des plaines
16. Paysages agricoles servant d’habitatLe potentiel des paysages agricoles à soutenir la faune au Canada a diminué au cours des 20 dernières années, principalement en raison de l’intensification des activités agricoles et de la perte de couverture terrestre naturelle et semi-naturelle.Sans objet
17. Espèces présentant un intérêt économique, culturel ou écologique particulierDe nombreuses espèces d’amphibiens, de poissons, d’oiseaux et de grands mammifères présentent un intérêt économique, culturel ou écologique particulier pour les Canadiens. La population de certaines espèces diminue sur le plan du nombre et de la répartition, tandis que chez d’autres, elle est soit stable ou en pleine santé ou encore en plein redressement.

Ours blancs : En 2013, la population canadienne d’ours blancs a été estimée à environ 16 200 individus. Même si la taille totale de la population mondiale est inconnue, c’est probablement plus de la moitié des ours blancs du monde qui vit au Canada. L’état et les tendances varient parmi les sous-populations. En 2013, deux sous-populations étaient considérées en croissance ou en croissance probable, six étaient stables et quatre étaient en déclin ou en déclin probable. Il manquait de données pour établir une tendance pour une sous-population. Les ours blancs, qui sont adaptés pour chasser le phoque à partir de la glace, ne peuvent pas survivre sans la glace de mer saisonnière, et le recul rapide de celle-ci est la plus grave menace pesant sur l’espèce. La débâcle hâtive dans l’ouest de la baie d’Hudson a affecté l’état physique et le succès de reproduction des ours blancs de la région. La chasse excessive, la perturbation et la perte d’habitat liées à l’intensification de l’activité humaine, de même que la présence de contaminants, dont le mercure et divers polluants organiques persistants, constituent d’autres menaces. 

Caribous : Au cours des 50 dernières années, la population de caribous de Peary est passée de 44 000 individus à environ 11 000 à 12 000 individus. Les analyses des tendances sont limitées par le caractère peu fréquent des relevés et par le fait qu’on ne dispose pas de relevés plus anciens. Les facteurs ayant une incidence sur l’abondance des caribous comprennent les conditions météorologiques, la chasse et la prédation. Les rudes hivers, qui surviennent de manière périodique, provoquent une mortalité à grande échelle et une réduction de la productivité.
D’après les relevés des hardes, le nombre de caribous migrateurs de la toundra a de manière générale augmenté dans l’ensemble de l’Arctique, passant d’un faible nombre, autour de 1975, à un pic, autour de 1995, avant de se mettre à décliner; aujourd’hui, certains éléments indiquent que ce déclin est en train de s’atténuer ou de se renverser. Cependant, l’état et les tendances varient selon les hardes. Les tendances actuelles reflètent probablement des cycles naturels des effectifs de caribous, accentués par les effets cumulatifs de la présence humaine accrue dans l’aire de répartition du caribou, qui interagissent peut-être avec les répercussions du changement climatique.

Bœufs musqués : En 2012, on comptait environ 115 000 bœufs musqués au Canada, ce qui représente approximativement les trois quarts de la population mondiale de l’espèce. Au début du XXe siècle, le bœuf musqué a frôlé l’extinction dans les régions continentales et dans certaines îles de l’Arctique à cause de la chasse. Depuis, l’espèce s’est rétablie grâce à la croissance naturelle de la population et à l’expansion de son aire de répartition, qui ont en outre été favorisées par une interdiction de la chasse de 1924 à 1969, après quoi l’espèce a recommencé à faire l’objet d’une chasse réglementée, à mesure que sa population augmentait.


Oiseaux : On manque de données sur de nombreuses espèces d’oiseaux de l’Arctique, et il est souvent difficile d’expliquer les tendances qu’indiquent les quelques données dont on dispose. On sait que bien des espèces d’oiseaux de rivage et d’oiseaux terrestres se reproduisant en Arctique sont en déclin dans les régions continentales, tout comme le sont certains canards de mer (p. ex. l’Eider à tête grise, l’Eider à duvet). D’autres groupes d’oiseaux de l’Arctique, comme les oies et les cygnes, sont demeurées stables ou sont en croissance (en raison des changements apportés aux pratiques agricoles dans leurs aires d’hivernage du sud) à l’échelle des quelques dernières décennies. Les oiseaux se reproduisant en Arctique hivernent dans diverses parties du monde, où ils peuvent être vulnérables à des facteurs de stress comme la perte de source de nourriture et d’habitat, la pollution, les perturbations, et la chasse excessive aussi bien durant l’hiver que pendant la migration. En Arctique, ils peuvent être vulnérables à des changements de leur habitat et de leurs sources de nourriture et, dans certains cas, à une chasse excessive.

18. Productivité primaireLa productivité primaire a augmenté dans plus de 20 % du territoire végétalisé au Canada au cours des 20 dernières années et elle a également augmenté dans certains écosystèmes d’eau douce. L’ampleur et la période de productivité primaire changent dans tout l’écosystème marin.En Arctique, la productivité primaire est faible, comparativement à celle des autres écozones+. On a de plus en plus d’éléments probants indiquant que l’Arctique devient plus vert et que la productivité des écosystèmes de l’Arctique augmente. De 1985 à 2006, la productivité primaire, telle que mesurée par l’indice de végétation par différence normalisée (IVDN), a crû dans 12,2 % de la superficie terrestre de l’écozone+ de l’Arctique, et a diminué dans seulement 0,1 %. Les terres où l’IVDN a connu une forte hausse appartenaient toutes à la classe de couverture terrestre de la toundra (plus de 50 % de végétation de toundra); elles comprenaient des secteurs de l’île Banks, de l’île Melville, de la baie Bowman (île de Baffin), du littoral nord-ouest de la baie d’Hudson, et du nord de la péninsule du Labrador, surtout dans les zones de basse altitude bordant la baie d’Ungava. C’est dans le Bas-Arctique que la proportion de terres dont l’IVDN montrait une tendance à la hausse était la plus élevée. Les accroissements de la productivité végétale sont dus à des hausses de la productivité maximale et à l’allongement de la saison de croissance. Des études à long terme menées sur l’île d’Ellesmere et l’île Bylot révèlent de fortes augmentations de la biomasse (productivité nette) dans la toundra du Haut-Arctique canadien au cours des 20 dernières années ou plus, en réponse au changement climatique. D’après les données tirées de carottes de sédiments lacustres, la productivité primaire a également connu une croissance rapide dans six lacs de l’île de Baffin depuis la fin du XIXe siècle, alors qu’elle avait été stable pendant des millénaires, ce qui a entraîné des changements des assemblages d’espèces d’algues. Des résultats similaires ont été obtenus dans d’autres études sur les sédiments lacustres dans l’Arctique canadien.
19. Perturbations naturellesLa dynamique des régimes de perturbations naturelles, notamment les incendies et les vagues d’insectes indigènes, est en train de modifier et de refaçonner le paysage. La nature et le degré du changement varient d’un endroit à l’autre.La perturbation du pergélisol et le dégel de celui-ci à cause de l’élévation des températures ont fait augmenter la fréquence et l’ampleur des glissements de talus, ainsi que de la conversion de zones de toundra en mares thermokarstiques. En plus de modifier la nature du paysage s’offrant aux espèces végétales et animales, les glissements de talus peuvent exposer du carbone auparavant gelé à l’oxydation et modifier la biogéochimie des lacs, ce qui entraîne une perturbation des relations entre les éléments nutritifs, la lumière et le phytoplancton. Les incendies ne constituent pas un type de perturbation naturelle important dans les écosystèmes de l’Arctique. Entre 1960 et 2007, on n’a signalé que cinq grands incendies (sur plus de 2 km2) dans la toundra de l’écozone+ de l’Arctique. Lorsqu’ils se produisent, les incendies de toundra détruisent la couverture végétale, font que la couche active devient plus profonde, et peuvent libérer de grandes quantités de carbone dans l’atmosphère. Les étés plus chauds et l’accroissement de la couverture arbustive induit par la hausse des températures s’accompagneront probablement d’une augmentation des incendies de toundra, comme on l’a observé ces dernières années dans le nord de l’Alaska.Les phénomènes météorologiques extrêmes ayant une incidence sur le moment où la neige tombe, la quantité de neige qui tombe ou la qualité de la neige peuvent avoir de profondes répercussions écologiques sur la végétation, les petits mammifères et les ongulés. Par exemple, la présence d’une épaisse couche de neige et de couches de neige gelée rend les sources de nourriture difficiles à atteindre pour les ongulés et les petits mammifères, ce qui accroît le risque de mortalité et d’échec de la reproduction. Les tendances relatives aux phénomènes météorologiques extrêmes sont inconnues et sont difficiles à mesurer.
20. Réseaux trophiquesDes changements profonds dans les relations entre les espèces ont été observés dans des milieux terrestres et dans des milieux d’eau douce et d’eau marine. La diminution ou la disparition d’éléments importants des réseaux trophiques a considérablement altéré certains écosystèmes.Les réseaux trophiques de l’Arctique sont relativement intacts; ils comprennent un groupe diversifié de prédateurs, dont les renards, les loups, les ours bruns, les carcajous, les belettes et les oiseaux de proie. Dans la plupart des régions, la dynamique prédateurs-proies repose sur les lemmings et les autres petits rongeurs; les années où l’abondance de ceux-ci est faible, certains prédateurs se rabattent sur des proies de rechange, comme les oies et les oiseaux de rivage. Si l’on compare la présence des grands prédateurs dans les écosystèmes boréaux et dans la toundra de l’Arctique, ces animaux sont peu abondants dans celle-ci, et les effets de la prédation sur les ongulés y sont habituellement faibles, à moins que la densité de ces derniers soit peu élevée. Les loups et les ours bruns de la toundra utilisent les caribous comme proies; cependant, le rôle de la prédation dans la régulation de la dynamique des caribous est incertain.

Thème : Interface science-politique

Thème : Interface science-politique
Thèmes et sujetsConstatations clés : Échelle nationaleConstatations clés : Écozone+ de la taïga des plaines
21. Surveillance de la biodiversité, recherche, gestion de l’information et communication des résultatsLes renseignements de surveillance recueillis sur une longue période, normalisés, complets sur le plan spatial et facilement accessibles, complétés par la recherche sur les écosystèmes, fournissent les constatations les plus utiles pour les évaluations de l’état et des tendances par rapport aux politiques. L’absence de ce type d’information dans de nombreux secteurs a gêné l’élaboration de la présente évaluation.L’écozone+ de l’Arctique s’étend sur un vaste territoire peu peuplé, englobant trois écozones distinctes selon le système de classification canadien; il est donc difficile d’y effectuer une surveillance et des recherches adéquates et représentatives, et d’y obtenir des renseignements pertinents. Les programmes de surveillance qui ont été particulièrement utiles pour évaluer l’état et les tendances de l’écozone+ de l’Arctique comprennent ceux qui combinent la surveillance et la recherche à des sites donnés (notamment à l’île Bylot) et ceux qui assurent une surveillance à l’aide de réseaux en faisant appel à des protocoles de surveillance uniformes et à une approche écosystémique basée sur l’intégration de la surveillance et de la recherche relatives à des éléments précis des écosystèmes avec la surveillance et la recherche sur les facteurs déterminants, les processus et les stresseurs (en particulier les réseaux de surveillance de la végétation de la toundra et des caribous). Cependant, ces sites et ces réseaux fondés sur un cadre écologique sont rares. Dans bien des cas, l’état et les tendances doivent être reconstitués à partir des données issues de programmes de surveillance précis, souvent de courte durée, mis en place à des fins de réglementation de la chasse, d’évaluation des répercussions des aménagements ou dans le cadre de projets de recherche universitaire à court terme. Les stations de surveillance de paramètres cruciaux pour suivre et comprendre les tendances relatives aux facteurs déterminants et aux processus, comme le climat, le pergélisol et le débit des cours d’eau, sont peu nombreuses et sont souvent regroupées dans quelques sites, et leurs relevés sont dans bien des cas terminés, ou portent sur des périodes courtes ou discontinues. Néanmoins, il existe de bons ensembles de données de surveillance dans l’écozone+, qui sont complétés par des images à grande échelle générées par télédétection. La mise en œuvre des plans de surveillance des biomes canadiens élaborés dans le cadre du Programme de surveillance de la biodiversité circumpolaire du Conseil de l’Arctique aura des avantages énormes pour l’évaluation de l’état et des tendances dans le futur.
22. Changements rapides et seuilsLa compréhension grandissante des changements rapides et inattendus, des interactions et des seuils, en particulier en lien avec les changements climatiques, indique le besoin d’une politique qui permet de répondre et de s’adapter rapidement aux indices de changements environnementaux afin de prévenir des pertes de biodiversité majeures et irréversibles.Pour l’écozone+ de l’Arctique, le changement climatique constitue une grande préoccupation pour ce qui est des interactions, des changements rapides et des seuils. Les changements rapides qui ont été observés et qui se poursuivront, d’après les prévisions, surtout en ce qui concerne la glace et la neige, provoquent des changements écologiques rapides. Par exemple, la diminution de la durée et de l’étendue de la glace de mer entraîne la perte rapide d’habitat essentiel pour les ours blancs, et cela se manifeste actuellement par une détérioration de l’état physique des sujets dans certaines populations. Le pergélisol connaît un réchauffement généralisé; lorsque les températures franchissent le seuil du point de congélation à faible profondeur dans le pergélisol, on voit se produire des transformations rapides du paysage, par exemple des glissements dus au dégel et des inondations, ce qui a des répercussions sur la couverture terrestre et les habitats aquatiques. Lorsque, à cause des étés plus chauds, le taux d’évaporation des mares et des lacs peu profonds atteint un certain seuil, ces plans d’eau productifs disparaissent, comme on l’a vu dans le Haut-Arctique. Le changement des conditions hivernales a des effets rapides sur la santé et l’abondance des populations d’espèces sauvages – par exemple, le nombre accru d’épisodes d’alternance de gel et de dégel crée des couches de glace qui peuvent causer des famines ou empêcher la reproduction. Parmi les autres changements inattendus que certains signes laissent présager dans l’écozone+ figure un décalage temporel entre les conditions environnementales et les besoins des espèces; par exemple, si le printemps arrive plus tôt, le moment où les œufs des oiseaux éclosent ne correspond plus nécessairement avec les périodes où la nourriture est abondante pour les oisillons. Ces types de changements écologiques en cascade, qui ne sont souvent pas très bien compris, gagneront vraisemblablement en importance à mesure que le changement climatique progressera dans l’Arctique canadien, ce qui souligne la nécessité de se doter de mécanismes de détection et d’une capacité

References

Footnotes

Footnote 1

Federal, Provincial and Territorial Governments of Canada. 2010. Canadian biodiversity: ecosystem status and trends 2010. Canadian Councils of Resource Ministers. Ottawa, ON. vi + 142 p.

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Footnote 2

Eamer, J., Gunn, A. and Harding, L. In Prep. 2013. Arctic Ecozone+ Status and Trends Assessment. Technical Background Reports: Ecosystem Status and Trends Report for Canada. Canadian Councils of Resource Ministers.

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Footnote 3

CAFF. 2010. Arctic biodiversity trends 2010 - selected indicators of change. Conservation of Arctic Flora and Fauna International Secretariat. Akureyri, Iceland. 121 p.

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Footnote 4

CAFF. 2013. Arctic biodiversity assessment: status and trends in Arctic biodiversity. Conservation of Arctic Flora and Fauna. Akureyri, Iceland.

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Footnote 5

AMAP. 1998. Acidifying pollutants, Arctic haze, and acidification in the Arctic. In AMAP assessment report: Arctic pollution issues. Arctic Monitoring and Assessment Programme. Oslo, Norway. Chapter 9. pp. 621-659.

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Footnote 6

AMAP. 2006. AMAP assessment 2006: acidifying pollutants, arctic haze, and acidification in the Arctic. Arctic Monitoring and Assessment Programme. Oslo, Norway. xii + 112 p.

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Footnote 7

Environment Canada. 1988. Acid rain: a national sensitivity assessment. Environmental Fact Sheet No. 88-1. Inland Waters and Lands Directorate. Ottawa, ON. 6 p. (+ map).

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