Espèces présentant un intérêt particulier

Photo : Caribou © Anne Gunn

Caribou

Le caribou est largement réparti dans presque tout le Canada et il joue d’importants rôles écologiques tant comme herbivore, en influant sur la structure des communautés végétales, que comme proie, en assurant la subsistance des populations de grands et moyens prédateurs et de détritivores. Le caribou est également une source d’éléments nutritifs dans les systèmes où ces éléments sont plutôt limités. Les caribous font partie intégrante de nombreuses cultures, particulièrement la culture autochtone, qui s’est développée avec le caribou au cours de milliers d’années1.

Cette partie est sous-divisée en fonction des deux sujets suivants :

Monde

Tendances mondiales

La répartition du caribou et du renne est circumpolaire dans les zones boréales et la toundra du monde entier. Les populations sauvages ont décliné en Russie, et elles sont en grande partie disparues de l’Europe, à l’exception d’une petite population de rennes stable en Norvège et d’une population en croissance en Finlande28. La perte d’habitat et les changements climatiques constituent des menaces à l’échelle mondiale29.

Caribou de l’Arctique et de la taïga

Tendances des populations des caribous de l’Arctique et de la taïga
Selon les renseignements disponibles en août 2010
Carte : Tendances des populations des caribous de l‘Arctique et de la Taïga. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source: aAdapté de Gunn et Russell, 20102, CARMA, 200910, Magoun et al., 2005,15 Elliot, 199816.

L’abondance du caribou du nord du Canada, comme l’abondance d’autres herbivores nordiques, tels les lemmings et les lièvres, est cyclique. En général, l’abondance des caribous a connu une augmentation, partant des très faibles effectifs du milieu des années 1970 pour atteindre un sommet au milieu des années 1990 ; ce nombre a chuté de nouveau jusqu’en 2009 et, dans certains cas, a atteint des valeurs aussi faibles que celles observées précédemment2. Certaines hardes, notamment celles de Bathurst et de Beverly, qui mettent bas au centre de l’Arctique, ont considérablement diminué au cours des dernières années3, 4. La tendance actuelle à la baisse peut, du moins en partie, être liée aux cycles naturels de l’abondance2.

L’abondance du caribou de Peary, qui vit sur les îles du Haut-Arctique et est désigné espèce en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)5, est grandement influencée par les conditions climatiques. Les hivers rigoureux périodiques entraînent une mortalité à grande échelle et une diminution de la productivité5. Les populations ont diminué jusqu’à 98 % dans plusieurs îles6, 7. Au cours de deux hivers dans les années 1990, plus de 95 % de la population de caribous de Peary dans la moitié ouest de son aire de répartition a été décimée en raison d’une neige abondante et de la formation de couches de glace dans la neige6, des phénomènes qui pourraient devenir plus fréquents et plus largement répandus avec les changements climatiques6, 8, 9.

Les modifications importantes survenues dans l’aire de répartition du caribou depuis les années 1970 pourraient empêcher que certaines hardes de caribous se rétablissent et atteignent les effectifs records antérieurs10. Ces modifications comprennent les effets des changements climatiques, y compris la modification du régime des incendies de forêt11, la présence humaine accrue et l’augmentation des projets d’exploitation, en particulier les activités minière, pétrolière et gazière12-14. La récolte de caribous par les humains ainsi que la prédation sont également connus pour avoir des répercussions sur l’abondance de certaines hardes de caribous5.

Caribou des bois sylvicole

Carte et graphiques : État et étendue des populations de caribous des bois habitant les forêts. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Sources : Aire de répartition de la population boréale et limite sud de l’étendue historique adaptées d’Environnement Canada, 200817, raire de répartition des populations des montagnes du Nord et du Sud adaptée de Thomas et Gray, 200218.

Le caribou des bois sylvicole est relativement peu migrateur et vit en plus petits groupes que ses homologues nordiques. Il partage son temps entre la forêt mature riche en lichens et les espaces ouverts, dont la toundra alpine18. Autrefois présent dans la majeure partie du pays, son aire de répartition a diminué, et sa limite sud continue de remonter vers le nord18, 20. Le caribou a disparu de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick depuis 193021.

L’état de nombreuses hardes demeure inconnu. Cependant, lorsque les données existent, elles montrent des déclins évidents, particulièrement de la population boréale17 et de celle des montagnes du Sud22. Les populations de caribous des bois diminuent principalement en raison de la perte et de la dégradation de l’habitat, ainsi que de la fragmentation du paysage causé par les routes et autres aménagements linéaires. Ces facteurs ont entraîné l’isolement des populations et l’augmentation de la vulnérabilité aux prédateurs17, 23-25. Overharvest of the caribou, fire, and climate change are also considered factors in population decline.17, 18, 26 En général, les populations qui sont stables ou en augmentation se trouvent en régions éloignées, où l’activité industrielle est minime ou absente, et où la lutte contre les prédateurs a été utilisée comme outil de gestion27.