Espèces présentant un intérêt particulier

État et tendances
signes de stress dans l’ensemble; amélioration chez certaines espèces, détérioration chez d’autres, et aucun changement chez d’autres


Préoccupations, quelques améliorations, une certaine

données fiables pour certaines espèces à quelques endroits montrant des tendances claires; données médiocres pour d’autres


Fiabilité de la constatation moyenne

déclin des amphibiens et des oiseaux terrestres communs
Drapeau rouge

CONSTATATION CLÉ 17. De nombreuses espèces d’amphibiens, de poissons, d’oiseaux et de grands mammifères présentent un intérêt économique, culturel ou écologique particulier pour les Canadiens. La population de certaines espèces diminue sur le plan du nombre et de la répartition, tandis que chez d’autres, elle est soit stable ou en pleine santé ou encore en plein redressement.

Cette constatation clé est divisée en cinq parties :

Les espèces présentant un intérêt particulier sont celles qui présentent un intérêt économique, culturel ou écologique important pour la population canadienne, en plus de leur valeur sur le plan de la biodiversité. Certains groupes d’espèces, par exemple les poissons, sont importants parce que l’économie d’une région en dépend. D’autres, comme le caribou, ont une grande signification culturelle répandue. Ces espèces ont une importance considérable, car le déclin de leur population signifie souvent la perte d’un mode de vie traditionnel ou le déclin d’une économie durable. Les espèces importantes sur le plan écologique jouent un rôle fondamental dans le façonnement des écosystèmes qui les abritent ou fournissent un avertissement précoce du stress subi par les écosystèmes.

Ces constatations clés offrent un bref aperçu de la situation des espèces sauvages au Canada, puis se concentrent sur les amphibiens, les poissons utilisant des habitats d’eau douce, les oiseaux, et le caribou. Des renseignements additionnels sur la situation des espèces sauvages au Canada sont présentés dans un rapport complémentaire sur la biodiversité canadienne, Les espèces sauvages 2010 : Situation générale des espèces au Canada1. Des renseignements supplémentaires sur les espèces en péril au Canada se trouvent sur le site Internet du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)2, dans le Registre public des espèces en péril3, et sont offerts également par différents comités provinciaux et territoriaux sur la situation des espèces.

Statut des espèces sauvages au Canada

Pourcentage des espèces évaluées en 2010
Il n’y avait pas de données concernant le poisson pour 2010
Graphe : Statut des espéces sauvages au Canada. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
* Les insectes n’ont pas été entièrement évalués. Les groupes d’espèces évalués sont les papillons, les moustiques, les taons, les mouches noires, les bourdons, les coccinelles, les carabes, les dytiques déprédateurs, les odonates et certains macrolépidoptères.
Source: Adapté du Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP), sous presse1.
Photo : Papillon tigré du Canada © iStock.com/SoopySue Photo : Crotale Massasauga de l'Est © iStock.com/RMBolton Photo : Cornouiller du Canada © iStock.com/eppicphotography

Le Canada abrite plus de 70 000 espèces sauvages. Le risque de mise en péril a été déterminé pour 10 332 de ces espèces, dont 8613 espèces indigènes. Parmi les espèces indigènes évaluées, 70 % étaient considérées non en péril en 2010, et 12 % étaient classées espèces en péril ou possiblement en péril. C’est parmi les reptiles, les moules d’eau douce et les amphibiens qu’on observe les pourcentages d’espèces en péril les plus élevés, soit 43, 24 et 20 % respectivement. En plus des 8613 espèces indigènes, le Canada a évalué 5 espèces disparues, 35 espèces disparues du pays, 1426 espèces non indigènes et 253 espèces à l’extérieur de leurs aires de répartition habituelles. Les principales menaces auxquelles les espèces sauvages canadiennes sont exposées sont la perte, la fragmentation et la dégradation des habitats, la pollution et la contamination, la surexploitation, les espèces envahissantes, les maladies, les prises accessoires et les changements climatiques1.

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Amphibiens

Les amphibiens font partie intégrante des réseaux trophiques aquatiques. Ils se nourrissent d’algues et d’insectes à différentes étapes de leur cycle de vie. Ils servent également de nourriture à une grande variété de prédateurs, y compris les libellules, les poissons, les serpents et les oiseaux. Ils sont particulièrement vulnérables aux agents polluants que leur peau absorbe, ce qui en fait d’excellents indicateurs de la contamination et de la dégradation des milieux humides1.

Dans le bassin des Grands Lacs, les populations de quatre espèces d’amphibiens, soit le crapaud d’Amérique, la rainette faux-grillon de l’Ouest, la grenouille verte et la grenouille léopard, ont possiblement connu un déclin depuis le milieu des années 1990. La rainette crucifère est la seule parmi huit espèces d’amphibiens dont la croissance de la population a été observée. Toutefois, la période d’observation est trop brève pour affirmer que ce sont des tendances à long terme et non une variation naturelle1. Dans le fleuve Saint-Laurent, 27 % des amphibiens et des reptiles sont à risque dans la partie hautement urbanisée du corridor fluvial2. Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) considère que le statut de la grenouille léopard est menacé en Alberta, sur la Liste rouge en Colombie-Britannique, en voie de disparition (population de Rocky Mountain), préoccupant (populations de l’ouest de la zone boréale et des Prairies) et non en péril (populations du Manitoba et de l’Est)3.

Batrachochytrium dendrobatids (Bd), un champignon chytride de la peau, a contribué au déclin des amphibiens dans le monde entier4 (voir Espèces non indigènes envahissantes). Les ranavirus sont également une cause de la mortalité massive des amphibiens partout dans le monde5. Au Canada, des cas de ranavirus ont été détectés dans les écozones+ du Bouclier boréal6, des Prairies7, et des plaines à forêts mixtes6, 8.

Amphibiens du bassin des Grands Lacs
Indice annuel des observations (pourcentage des stations de surveillance où des espèces ont été observées) de 1995 à 2007
Graphiques : Amphibiens du bassin des Grands Lacs. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre). Photos d’iStock.com : Rainette faux¬grillon de l’Ouest © rmarnold; Grenouille léopard © maimai; Ouaouaron © Valmol48; Rainette versicolore © HKPNC. Photos de  dreamstime.com : Crapaud d’Amérique © David Anderson; Milieux humides, parc provincial Algonquin © Elena Elisseeva; Rainette crucifère © Jason Ross; Grenouille des bois © Mircea Costina; Grenouille verte © Electrochris.
Source: Archer et al., 20091.
Monde

Tendances mondiales

Depuis 2004, 43 % des populations d’amphibiens ont diminué et 33 % de toutes les espèces d’amphibiens sont menacées à l’échelle planétaire. Les principales causes de la diminution des populations dans le monde entier sont la réduction de l’habitat (Amérique du Nord et Europe), la surexploitation (Asie) et des causes inexpliquées possiblement liées à la maladie (Amérique du Sud, Australie et Nouvelle-Zélande)9.

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Poissons utilisant des habitats d’eau douce

Des poissons sont présents dans presque tous les habitats aquatiques, et ils représentent le plus important groupe de vertébrés au monde1. Bien que l’eau douce soit relativement rare à l’échelle mondiale, couvrant seulement 1 % de la surface de la Terre, environ 43 % des 29 000 à 32 000 espèces de poissons vivent en eau douce pendant au moins une partie de leur vie2, 3. Avec plus de 8500 rivières et deux millions de lacs, couvrant presque 9 % de la superficie totale du territoire4, le Canada a une part disproportionnée des habitats d’eau douce du monde, mais compte seulement environ 200 espèces de poissons d’eau douce et de poissons diadromes indigènes. (Les poissons diadromes effectuent une partie de leur cycle vital en mer et une autre partie en eau douce2.)

Les poissons sont parmi les ressources naturelles les plus importantes du monde, fournissant de nombreux biens et services, y compris une prise mondiale annuelle de 92 millions de tonnes; 10,1 millions de tonnes provenant d’eaux intérieures, dont la majorité est constituée d’eau douce5. La prise commerciale en eau douce au Canada est de plus de 32 000 tonnes, ayant une valeur de près de 68 millions de dollars6.

Cette partie est sous-divisée en fonction des quatre sujets suivants :

Monde

Tendances mondiales

On estime que 37 % des poissons d’eau douce du monde sont menacés d’extinction17.

Poissons d’eau douce et poissons diadromes indigènes en péril

Nombre d’espèces disparues du pays, en péril, menacées ou préoccupantes
Graphe : Poissons d’eau douce et poissons diadromes en péril. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Remarque : Les poissons diadromes fréquentent tant l’eau de mer que l’eau douce. Les tendances tiennent compte de changements dans la situation des espèces ainsi que de l’ajout de nouveaux renseignements.

Sources : Données compilées par Hutchings, 20108, à partir de Hutchings et Festa-Bianchet, 20097 et COSEPAC, 20109.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a évalué 18 % (35 espèces) des poissons d’eau douce et des poissons diadromes comme étant en voie de disparition ou menacés dans l’ensemble de leur aire de répartition ou dans certaines parties de celle-ci. Cinquante-huit espèces (29 %) ont été évaluées comme étant en péril, ce qui comprend les espèces évaluées comme étant disparues du pays et préoccupantes, ainsi que celles qui sont en voie de disparition ou menacées7-9. Le nombre de poissons en péril augmente depuis les années 1980. Les principales causes du déclin des populations de poissons d’eau douce canadiens sont la perte et la fragmentation de leurs habitats – causées par les barrages, les déversoirs, les routes et la dégradation de la zone riveraine – et les espèces aquatiques non indigènes3, 10-12. La surpêche, la pollution, les changements climatiques et les interactions des espèces sauvages et des espèces d’élevage sont également associés au déclin des populations de poissons d’eau douce2

L’esturgeon, une espèce en péril

Photo : L’esturgeon jaune © Traci JensenChacune des 24 espèces d’esturgeons au monde est en péril, quoiqu’il y ait différentes définitions du terme « en péril ». Deux des cinq espèces au Canada sont classées comme étant en voie de disparition ou menacées13. L’esturgeon blanc, le plus grand poisson d’eau douce au Canada, est limité à la côte ouest de l’Amérique du Nord14. Sa taille (une longueur pouvant atteindre six mètres), sa longévité (plus de 100 ans) et son âge de maturité tardif (entre 14 et 30 ans) le rendent particulièrement vulnérable à la surexploitation et à la dégradation de son habitat15. Parmi les six populations d’esturgeon blanc de la Colombie-Britannique, trois sont en déclin (Columbia, Kootenay, Nechako), une est actuellement plus stable avec certaines fluctuations (cours inférieur du Fraser), et deux sont stables (cours moyen et supérieur du Fraser). Le faible taux de survie des juvéniles, lié aux détournements de rivière, aux changements dans la quantité et la qualité des sédiments et à la régularisation du débit d’eau, ainsi que les barrages, constituent les principales raisons de la mise en péril des trois populations en déclin15, 16.

Populations d’esturgeons blancs de la rivière nechako
Production de juvéniles, de 1945 à 1990
Graphe: Production de l’esturgeons blancs juvéniles de la Rivière Nechako.  Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source: McAdam et al., 200516.

L’esturgeon jaune a auparavant fait l’objet de pêche commerciale soutenue à grande échelle. Des réductions de population de 50 à 98 % ont été observées dans les rivières de l’Ouest canadien, et l’esturgeon jaune est disparu de la rivière Rouge, de la rivière Assiniboine et du lac Winnipeg. Les populations des Grands Lacs ont été réduites à une fraction de leur taille originale, et les populations dans la rivière des Outaouais et le fleuve Saint-Laurent indiquent de récents déclins. Avant la fin du siècle dernier, la surpêche constituait la principale menace pour l’esturgeon jaune. Au cours des dernières années, les déclins ont été attribués à la fragmentation et à la dégradation des habitats dans les Grands Lacs, et ailleurs, les causes incluent également la surpêche, les barrages, les contaminants et les espèces envahissantes13.

Anguille d’Amérique

Anguille d’Amérique en Ontario
Nombre (en milliers) moyen d’anguilles par jour au barrage hydroélectrique R.H. Saunders, de 1974 à 2005
Graphe : Anguille d’Amérique en Ontario. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Remarque : Aucune donnée disponible pour 1996.
Source: Adapté de Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, 201034.

L’anguille d’Amérique est un exemple d’espèce auparavant abondante qui est à l’heure actuelle inscrite en tant qu’espèce préoccupante par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Depuis les années 1970, les populations ont connu un déclin de 99 % dans le corridor fluvial du Saint-Laurent34, dans le corridor fluvial du Saint-Laurent34, et des déclins moins extrêmes ont été observés tant dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent que dans le golfe du Saint-Laurent35, 36. La longue durée de vie des anguilles d’Amérique, combinée avec leurs grandes distances de migration pouvant atteindre 4500 km, les rendent vulnérables à un vaste éventail de facteurs de stress, tels que la mortalité dans les turbines hydroélectriques, les obstacles physiques tels que les barrages, la pêche excessive et la modification de leur habitat. Les changements climatiques, donnant lieu à des changements dans les courants océaniques qui transportent les larves d’anguilles à partir des lieux de fraie, peuvent également contribuer aux déclins de population. Auparavant, l’anguille d’Amérique alimentait tant la pêche de subsistance que la pêche commerciale au Canada36.

Poissons-proies dans les Grands Lacs

Tendances des biomasses de poissons-proies en fonction de relevés annuels au chalut de fond
Carte et graphiques : Tendances pour les populations de poissons­proies dans les Grands Lacs. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source: Tendances des biomasses de poissons-proies en fonction de relevés annuels au chalut de fond37.

Le terme « poisson-proie » désigne les espèces de poisson qui constituent les principaux aliments des poissons commerciaux et des poissons de sport populaires. Un poisson est jugé un poisson-proie s’il demeure de petite taille, s’alimente habituellement à partir de zooplancton ou d’espèces de fond, et que sa population est suffisamment abondante pour alimenter une population de poissons prédateurs38. Les poissons-proies constituent la majorité de la biomasse de poissons et constituent le fondement des pêches des Grands Lacs (voir pêche commerciale), puisqu’ils sont mangés par les poissons prédateurs tels que la truite, le doré jaune et l’achigan. Les poissons-proies incluent les espèces indigènes telles que le chabot visqueux, l’omisco, le cisco et le cisco de fumage, ainsi que les espèces non indigènes telles que le gaspareau, l’éperlan arc-en-ciel et le gobie à taches noires. Les déclins de populations de poissons-proies surviennent depuis les années 1980 et 1990. Les causes les plus probables consistent en l’ensemencement du saumon du Pacifique, qui a eu pour but de réduire les populations non indigènes de poissons-proies; la réduction des éléments nutritifs; et la présence des moules zébrées et quaggas, qui sont des espèces non indigènes qui filtrent les éléments nutritifs de la colonne d’eau et réduisent la quantité de nourriture pour les invertébrés mangés par les poissons proies37.

Photo : Saumon rouge  © iStock.com/Rkoopmans
Saumon rouge

Saumon

Les lacs et les rivières du Canada fournissent des habitats de fraie pour cinq espèces de saumon sauvage sur la côte Ouest18 et une espèce sur la côte Est. Le saumon sauvage constitue une denrée de base pour les peuples autochtones, et cette espèce est un fondement de leur culture19, 20. Il est à la base des pêches commerciales et pêches récréatives, ainsi que des activités de pêche pratiquées par les Autochtones à des fins de subsistance ou à des fins cérémoniales ou sociales sur les deux côtes20, 21. Le saumon sauvage est vénéré par la population canadienne, en partie en raison du côté mystique de son cycle de vie : après avoir grandi dans l’océan, il effectue une migration sur de grandes distances pour frayer en eau douce.

Retours du saumon rouge du fleuve Fraser

Nombre de saumons (en millions) durant la montaison, de 1952 à 2009
Quatre graphiques : Quatre cohortes des retours du saumon rouge du fleuve Fraser. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Remarque : Pour la majorité des saumons rouges, il faut quatre ans pour retourner frayer après l’éclosion.
Source: Adapté de Lapointe, 201022.
Retours du saumon rouge du fleuve Fraser
Moyenne courante sur 4 ans de l'indice de productivité (retours/geniteur), de 1952 à 2009
Graphe : Retours du saumon rouge du fleuve Fraser. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source: Adapté de Pêches et Océans Canada (MPO), 201023.

 

Le fleuve Fraser est légendaire pour ses migrations de saumon rouge. Depuis les années 1990, le nombre de saumons rouges de montaison a varié grandement, selon la cohorte (voir les graphiques des quatre cohortes ci-dessus), alors que le taux de survie – la proportion de poissons qui atteignent l’âge adulte et reviennent frayer – a connu un déclin. En 2009, seulement 1,5 million de saumons rouges adultes ont effectué une montaison – le plus petit nombre depuis 1947. Un groupe scientifique étudiant les preuves de déclin du nombre d’adultes de montaison a conclu que la principale cause consiste en des conditions physiques et biologiques défavorables dans le détroit de Georgia, combinées avec des agents pathogènes d’eau douce et d’eau salée23, 24. En 2010, les estimations de mi-été prévoyaient la plus importante migration de saumon rouge du fleuve Fraser depuis 191325.

Certaines années, le réchauffement des eaux et la réduction des débits en raison des changements climatiques ont eu une incidence sur la migration, la fraie et le succès de reproduction du saumon. La survie et la fraie du saumon rouge se détériorent lorsque la température des rivières augmente au-delà des seuils associés aux stocks26, 27. Depuis les années 1950, les températures d’été moyennes dans le fleuve Fraser ont augmenté d’environ 1,5 °C26, 28. Cette tendance est susceptible de se poursuivre, augmentant la probabilité d’exposition du saumon rouge à des températures de l’eau qui nuiront à sa survie29.

Tendances des populations du saumon atlantique

Nombre de poissons (en centaines), de 1970 à 2005
Carte et graphiques: Tendances des populations du saumon Atlantique. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source: Adapté de Gibson et al.,200630

Le retour du saumon atlantique dans bon nombre de rivières en Amérique du Nord a connu un déclin depuis les années 1980 ou 1990, les populations du nord connaissant une hausse et les populations du sud demeurant à des niveaux faibles30. Par exemple, dans les rivières de l’intérieur de la baie de Fundy, des montaisons de 30 000 à 40 000 poissons dans le milieu des années 1980 ont été réduites à quelques centaines de poissons, et dans le sud de la Nouvelle-Écosse, la majorité du saumon existe uniquement en tant que population relique ou est disparu de la région31, 32. Bien que les facteurs contribuant à la faible survie en mer demeurent principalement inconnus, les déclins des populations d’eau douce découlent de l’incidence des barrages, de la perte de frayères, des espèces envahissantes, des augmentations de température des cours d’eau, de l’envasement, des contaminants33, du braconnage20 et, dans le sud de la Nouvelle-Écosse, de dépôts acides20, 32.

Photo : Pêcheurs récréatifs, lac de l’intérieur de la Colombie-Britannique © iStock.com/MarvinBeatty
Lac de l’intérieur de la Colombie-Britannique

Pêche commerciale en eaux douces

Production piscicole commerciale dans le lac Winnipeg
Tonnes (en milliers), de 1883 à 2006
Graphe : Production piscicole commerciale dans le lac Winnipeg. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source: Adapté de Manitoba Water Stewardship Fisheries Branch, cité dans Shipley et Kling, 201039.

Les lacs et les rivières du Canada soutiennent d’importantes pêches commerciales. Le lac Winnipeg soutient la plus importante pêche commerciale au Manitoba, évaluée à environ 20 millions de dollars par an. La production piscicole commerciale a été très variable dans le lac Winnipeg au cours des 125 dernières années, tant en ce qui a trait aux espèces qu’à la quantité de poissons pêchés. Par exemple, un déclin important de la production piscicole des années 1940 jusqu’aux années 1960 a été suivi d’une augmentation depuis les années 1970. La production de doré jaune se situe actuellement à des sommets historiques et représente l’espèce de pêche la plus importante. Le doré noir, par contre, connaît un déclin depuis les années 1970. Le doré jaune profite de l’invasion de l’éperlan arc-en-ciel et de l’enrichissement en éléments nutritifs. On estime que ces mêmes facteurs contribuent au déclin du doré noir39, 40.

La pêche commerciale des Grands Lacs a une valeur au quai, en Ontario, qui varie entre 29 et 37,5 millions de dollars par an de 2004 à 200841, générant ainsi 850 millions de dollars par année en retombées directes et indirectes pour l’économie de l’Ontario. La récolte commerciale globale connaît un déclin depuis les années 1980. Les principales espèces récoltées à l’heure actuelle sont le doré jaune et la perchaude, toutes deux des espèces indigènes, ainsi que l’éperlan arc-en-ciel, une espèce non indigène42. La surpêche et la prédation par la lamproie marine non indigène ont mené à l’effondrement des populations de touladis à la fin des années 1950. La restauration, y compris l’ensemencement, a permis de maintenir une pêche, et le touladi se reproduit à l’heure actuelle dans le lac Supérieur et le lac Huron37, 43.

Pêche récréative en eaux douces

Nombre de poissons (en millions), de 1995 à 2005
Graphe : Pêche récréative en eaux douces. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre). Photo : Pêcheur récréatif © Rob Stenner.
Source: Adapté d’Orok et Johnson, 200544.

Environ 3,2 millions de personnes ont participé à la pêche récréative en eaux douces ou à la pêche à la ligne en 2005, en baisse par rapport à 4,2 millions de personnes en 1995. La réduction du nombre de pêcheurs à la ligne a donné lieu à une réduction du nombre de poissons pris et du nombre de poissons retenus. Elle a également eu une incidence économique. Les dépenses directes sur la pêche à la ligne se chiffraient à environ 2,5 milliards de dollars en 1995, en 2000 et en 2005. Bien que la valeur en dollars des dépenses n’ait pas changé, cela représente une baisse de 19 % en dépenses sur 10 ans lorsque corrigée en fonction de l’inflation. Les pêcheurs à la ligne ciblent certaines des mêmes espèces visées par la pêche commerciale, notamment le doré jaune et la perchaude, bien que d’autres espèces, telles que l’omble de fontaine, la truite arc-en-ciel, l’achigan et le grand brochet, soient également importantes. En 2000, l’Année des volontaires, les pêcheurs à la ligne canadiens ont consacré plus d’un million de jours au nettoyage d’habitats et à d’autres activités liées à l’amélioration de la pêche récréative44, 45.

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Oiseaux

Les oiseaux sont présents partout, il sont facile à observer, ils se nourrissent à différents niveaux trophiques et réagissent aux changements environnementaux, ce qui fait d’eux de bons indicateurs de la santé des écosystèmes. Les oiseaux jouent un rôle écologique important en servant de nourriture à d’autres espèces, en dispersant les graines, en contrôlant les insectes, en pollinisant les plantes et en modifiant l’habitat. Beaucoup d’espèces ont également une importance économique et culturelle. En effet, les oiseaux sont à la fois source de nourriture, de loisir et de plaisir pour les humains, ils font l’objet d’études variées et, enfin, ils jouent un rôle important au sein de nombreuses cultures.

Au cours des 20 dernières années, l’état des oiseaux s’est détérioré dans le monde, de plus en plus d’espèces étant sur le point de disparaître1. Un fait particulièrement préoccupant est le déclin d’espèces autrefois communes1. Au cours des 40 dernières années, la population de 20 espèces d’oiseaux communes de l’Amérique du Nord a diminué de plus de la moitié1, 2. De plus, l’aire de répartition des oiseaux se déplace vers le nord en raison des changements climatiques; près de 60 % des 305 espèces observées en Amérique du Nord durant l’hiver se sont déplacées vers le nord, de 1,4 km par année en moyenne (56 km au cours des 40 dernières années)3, et les aires de reproduction des espèces du sud de l’Amérique du Nord se sont déplacées vers le nord, de 2,4 km par année en moyenne4.

Le Canada fournit des habitats essentiels de reproduction, de migration et d’hivernage à un important pourcentage des populations mondiales de nombreuses espèces. Néanmoins, l’état et les tendances des oiseaux au Canada ne sont que partiellement compris. Il existe des données de qualité pour beaucoup d’espèces, particulièrement dans le sud du Canada, mais pour beaucoup d’autres, seules des données localisées existent, notamment dans le Nord.

Cette partie est sous-divisée en fonction des quatre sujets suivants :

Monde

Tendances Mondiales

À l’échelle planétaire, plus de 150 espèces d’oiseaux ont disparu depuis le 16e siècle, et une espèce sur huit est menacée d’extinction à l’heure actuelle. Au cours des 20 dernières années, on a observé une diminution régulière des espèces d’oiseaux des écosystèmes terrestres, d’eau douce et marins. Entre 1988 et 2008, le statut de 225 espèces d’oiseaux est passé à un niveau de risque supérieur1.

Photo : Bécasseaux d’Alaska  © Jason Puddifoot
Bécasseaux d’Alaska

Oiseaux de rivage

Soixante pour cent (60 %) des oiseaux de rivage de l’Amérique du Nord se reproduisent dans l’Arctique, l’Arctique canadien représentant 75 % de l’aire de reproduction de 15 à 49 espèces communes5. Au Canada se trouvent également des sites de migration qui ont une grande importance, dont trois sont importants à l’échelle de l’hémisphère : la baie de Fundy, l’estuaire du fleuve Fraser et les lacs Chaplin, Old Wives et Reed en Saskatchewan6. Quelques sites de reproduction dans le sud, par exemple les Prairies, ont une importance à l’échelle mondiale pour certaines espèces7.

Au Canada, les données sur les populations d’oiseaux de rivage sont incomplètes, mais la plupart indiquent une tendance à la baisse7-9. Des 35 espèces examinées en 2000, 49 % affichaient une tendance négative significative dans un secteur de leur aire de répartition5. Parmi les ensembles de données les plus complets du Canada, mentionnons le Relevé des oiseaux nicheurs et l’Atlantic Canada Shorebird Survey. Selon les résultats de ces relevés :

  • entre 1976 et 2007, les populations de 4 des 12 espèces d’oiseaux de rivage (33 %) se reproduisant dans le sud du Canada ont diminué de façon significative. Aucune augmentation significative n’a été observée10;
  • entre 1974 et 2006, les populations de 5 des 15 espèces migratrices d’oiseaux de rivage (33 %) sur la côte de l’Atlantique présentaient des déclins significatifs11, 12.

Les causes possibles du déclin des oiseaux de rivage sont entre autres la perte et la dégradation de l’habitat, les changements climatiques, la modification des régimes de prédation (p. ex., l’augmentation du nombre de Faucons pèlerins peut pousser les oiseaux de rivage à se déplacer plus rapidement vers une autre zone, ce qui se traduit par un déclin apparent13), les perturbations anthropiques, les contaminants et les maladies5. On prévoit une accélération de ces changements en raison des modifications prévues dans l’habitat de reproduction dans l’Arctique14 ainsi que des inondations et des sécheresses ailleurs dans l’aire de répartition des oiseaux de rivage7, lesquelles seront provoquées par les changements climatiques.

Photo : Fous de Bassan © John Chardine
Les populations de Fous de Bassan comme celle-ci sur l’île Bonaventure, au Québec, ont augmenté en Amérique du Nord depuis les années 1950

Tendances de l’état des populations d’oiseaux de mer reproductrices au Canada

Nombre de populations dans chaque catégorie
Graphe : Tendances de l’état des populations d’oiseaux de mer reproductrices. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Remarques : Seules les populations dont les populations reproductrices sont importantes, pour lesquelles des ensembles de données à long terme existent et qui ne sont pas touchées par l’activité humaine terrestre sont incluses.
Source: Adapté de Gaston et al., 200915.

 

 

 

Dans le monde entier, la situation des oiseaux de mer se détériore plus rapidement que celle de n’importe quel autre groupe d’oiseaux1. Au Canada, les tendances varient selon la région et sont le résultat d’une variété de facteurs, y compris les changements climatiques, les prises accessoires, l’extraction des ressources, le transport et la pollution15-20. Une tendance à la reproduction plus hâtive ainsi que des modifications de l’alimentation et de l’état de la population21-23 ont été observées chez plusieurs populations24.

  • Pacifique – Les populations du Sud, qui sont influencées par les variations de température à la surface de la mer, lesquelles sont liées à la remontée du courant de Californie, sont en déclin depuis les années 197015. Ce phénomène s’expliquerait en partie par une mauvaise synchronisation entre la période de reproduction et la saison où la nourriture est la plus abondante25. Les populations au nord de l’influence du courant ont cependant généralement augmenté depuis les années 198015.
  • Atlantique – Avant 1990, les populations affichaient généralement une tendance positive. Cependant, un événement important de courant froid survenu en 1990, qui coïncidait avec une période de surpêche, a perturbé les réseaux trophiques26-29, rmodifiant immédiatement l’alimentation, l’état des populations et les populations mêmes, particulièrement chez les goélands24. Les populations de la plupart des oiseaux de mer plongeurs ont augmenté durant cette période, en partie en raison de la fermeture de la pêche au filet maillant, qui causait la noyade d’un nombre important d’oiseaux30.
  • Arctique – À l’exception des populations de Mouettes blanches, qui diminuent rapidement, les changements se produisent lentement au sein des populations d’oiseaux de mer Arctiques et sont possiblement le résultat d’événements qui surviennent dans les aires d’hivernage du nord-ouest de l’Atlantique31, 32. Les changements de l’alimentation et de la croissance observés pourraient être liés à la diminution de la glace de mer dans la baie d’Hudson. Cela pourrait avoir des répercussions négatives sur les populations à long terme32. À l’opposé, dans le Haut-Arctique, la diminution de la glace de mer pourrait présenter des avantages pour les oiseaux33, 34.

Photo : Mouettes blanches © Mark Mallory
Mouettes blanches

 

Photo : Canards © iStock.com/4loops

Sauvagine

Depuis 1948, le Canada et les États-Unis effectuent en coopération le suivi de la sauvagine. Les préoccupations suscitées par le déclin des populations dans les années 1980 ont conduit à l’élaboration d’une grande initiative de coopération internationale, le Plan nord-américain de gestion de la sauvagine, qui vise à s’attaquer à ces déclins. Bien que les populations de canards fluctuent beaucoup d’une année à l’autre et d’une région à l’autre, la tendance générale pour la plupart des canards reproducteurs de l’intérieur indique que les populations ont augmenté ou n’ont pas changé de façon significative entre 1961 et 200943, 44. Néanmoins, les populations de certaines espèces demeurent faibles, par exemple celles du Canard pilet, du Canard d’Amérique et celles du Fuligule milouinan et du Petit fuligule qui ont diminué de façon significative dans les prairies et dans l’ouest de la région boréale43, 44.

Tendances démographiques du Fuligule à collier et du Petit Fuligule et du Fuligule milouinan dans l’ouest de la région boréale

Millions, de 1961 à 2009
Deux graphes montrant les tendances démographiques du fuligule à collier et du petit fuligule et du filigule milouinan de la région boréale. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source : Comité sur la sauvagine du Service canadien de la faune, 200943.

 

 

 

Carte montrant la situation géographique de la région boréale de l'ouest. Cliquez pour obtenir une description du graphique.

 

 

 

 

 

 

Environ 70 % des Fuligues à collier et des Petits Fuligules et des Fuligules milouinans se reproduisent dans l’ouest de la forêt boréale du Canada et beaucoup de caractéristiques du cycle vital de ces espèces sont semblables45. Cependant, les populations de Petits Fuligules et de Fuligules milouinans ont diminué de 1,7 % par année en moyenne entre 1961 et 2009, tandis que celles du Fuligule à collier ont augmenté de 2,5 % par année43. Les raisons du déclin des populations de Petits Fuligules et de Fuligules milouinans ne sont pas claires, mais selon les hypothèses avancées, la contamination ou la modification des ressources alimentaires et la diminution de la survie des femelles ou du succès de reproduction, attribuables à des changements dans la forêt boréale, pourraient être en cause46, 47. Une autre cause possible pour les espèces qui se reproduisent tard dans la saison comme le Petit Fuligule et le Fuligule milouinan est l’absence de synchronisation entre la période de nidification et la disponibilité de la nourriture, causée par une variation des températures45. Un déclin des populations a également été observé chez d’autres espèces qui se reproduisent tard dans la saison comme les macreuses43, 45. Le Fuligule à collier se reproduit plus tôt dans la saison.

Canard noir

Plus de 90 % de la population mondiale de Canards noirs se reproduisent dans l’est du Canada48 et cette population a diminué de près de 50 % entre 1955 et 198549. La population de cette espèce, qui est l’un des canards les plus abondants de l’est du Canada, est stable et se maintient à environ 450 000 individus depuis 1990, bien qu’elle continue de diminuer dans les plaines à forêts mixtes43, 44. Les causes de cette diminution ne sont pas claires, mais comprennent probablement la perte de l’habitat causée par l’aménagement et l’agriculture49, 50 ainsi que le phénomène de déplacement provoqué par la compétition avec le Canard colvert51, dont la population s’accroit et l’aire de répartition s’étend49, 50, ,52. Les augmentations de la population dans d’autres régions pourraient être dues aux changements de pratiques de gestion, comme l’augmentation des restrictions de chasse53.

Canards de mer

Photo : Eider à tête grise © iStock.com/eyebexLes données sur les canards de mer sont plus restreintes, car la plupart se reproduisent dans des zones éloignées et inaccessibles dans le Nord43. D’après les données existantes, les tendances sont variées. Les raisons des déclins des populations sont en grande partie inconnues43, mais la diminution des eiders pourrait être liée à leur récolte et le choléra aviaire est peut-être un nouveau problème54.

Upward green arrow des harles dans les Prairies, la région boréale et la région de l’Atlantique
Upward green arrow du Garrot à oeil d’or dans les Prairies et la région de l’Atlantique
Upward green arrow du Petit Garrot dans les Prairies et la région boréale
Downward red arrow des macreuses dans les Prairies et la région boréale
Upward green arrow de la macreuse à front blanc dans la région de l’Atlantique43
Downward red arrow de l’Harelde kakawi dans la région boréale
Downward red arrow des populations reproductrices d'eiders de l'Arctique54-58

 

Populations d'oiseaux terrestres du Canada

Pourcentage de changement par type d'habitat, de 1970 à 2000
Graphe : Pourcentage de changement des populations d'oiseaux terrestres par type d'habitat au Canada. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Remarque : Les données des années 2000 regroupent seulement les données de 2000 à 2006.
Downes et al., 201035, selon le Relevé des oiseaux nicheurs, 200736.

 

 

 

Les populations d’oiseaux terrestres de tous les types d’habitats, sauf de l’habitat forestier, ont diminué de façon significative entre 1968 et 200635. Aucune tendance positive significative n’a été constatée entre 1968 et 2006 au sein des divers groupes d’oiseaux terrestres, qu’ils soient regroupés par habitat, par mode d’alimentation ou par stratégie de migration, bien que des tendances positives significatives aient été observées chez quelques espèces en particulier35.

  • Les oiseaux des prairies, bqui présentent une réduction de la population totale supérieure à 40 % depuis les années 1970, connaissent de forts déclins significatifs dans toutes les régions du pays, et ce, pour la plupart des espèces. Ce constat correspond aux déclins observés partout en Amérique du Nord10, 37. Ce phénomène serait attribuable à la perte de l’habitat et à l’intensification de l’agriculture35.
  • Les populations d’oiseaux d’autres habitats ouverts hdiminuent depuis la fin des années 1980. L’assemblage comprend plusieurs espèces d’oiseaux insectivores se nourrissant en vol, et nombre d’entre elles montrent des signes de décroissance35.
  • Le groupe urbain est principalement constitué de deux espèces introduites : l’Étourneau sansonnet et le Moineau domestique, qui, même si elles sont encore abondantes, connaissent un déclin au Canada et en Europe35.
  • Le déclin des oiseaux de l’habitat arbustif ou de début de succession est fortement influencé par la diminution des populations plutôt abondantes de bruants35. Des réductions significatives ont été observées dans l’écozone+ maritime de l’Atlantique, dans les plaines boréales et dans l’écozone+ du Bouclier boréal.
  • Comme c’est le cas aux États-Unis37, les populations d’oiseaux forestiers svarient très peu dans l’ensemble, bien que les données indiquent une diminution depuis les années 199035. Les tendances des espèces individuelles varient, certaines espèces montrant un déclin tandis que d’autres sont stables ou en hausse. Des réductions à différents degrés ont été observées dans l’écozone+ maritime du Pacifique, la Cordillère montagnarde et le bassin intérieur de l’Ouest, tandis qu’on a remarqué une augmentation des populations dans les Prairies et les plaines à forêts mixtes, où les oiseaux ont réagi à une augmentation du couvert forestier. Environ 60 % des oiseaux terrestres du Canada se reproduisent dans la forêt boréale38.
  • Les populations d’oiseaux qui se nourrissent en vol et au sol ont diminué de façon significative depuis les années 1970, soit de 35 et 27 % respectivement35 . Les oiseaux insectivores en vol, scomme les hirondelles et les moucherelles, se distinguent comme un groupe présentant d’importants déclins39, 40. Les causes demeurent inconnues, mais incluent probablement des changements liés à la nourriture, au climat, et à l’habitat.
  • Les populations d’espèces migratrices sur de longues et de courtes distances ont diminué de façon significative, soit de 21 et de 24 % respectivement, tandis que les populations d’oiseaux résidants n’ont pas varié35. Les migrateurs sur de courtes distances comprennent de nombreuses espèces des prairies, alors que les espèces migratrices sur de longues distances comptent beaucoup d’insectivores qui se nourrissent en vol. La perte et la fragmentation de l’habitat dans les aires d’hivernage sont une cause probable de ces diminutions41, 42.

Photo : Sturnelle des prés © iStock.com/Canon_Bob
Sturnelle des prés,
oiseau des prairies, déclin de 77 %

Photo : Crécerelle d’Amérique © iStock.com/pollyconn
Crécerelle d’Amérique,
oiseau d’un autre type d’habitat ouvert, diminution de 45 %

Photo : Roselin familier © iStock.com/MichaelStubblefield Roselin familier,
oiseau de milieu urbain, augmentation de plus de 200%

Photo : Paruline triste © iStock.com/PaulTessier Paruline triste,
oiseau des prairies, déclin de 48 %

Photo : Pic mineur © iStock.com/brm1949 Pic mineur,
oiseau forestier, augmentation de 30 %

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Photo : Caribou © Anne Gunn

Caribou

Le caribou est largement réparti dans presque tout le Canada et il joue d’importants rôles écologiques tant comme herbivore, en influant sur la structure des communautés végétales, que comme proie, en assurant la subsistance des populations de grands et moyens prédateurs et de détritivores. Le caribou est également une source d’éléments nutritifs dans les systèmes où ces éléments sont plutôt limités. Les caribous font partie intégrante de nombreuses cultures, particulièrement la culture autochtone, qui s’est développée avec le caribou au cours de milliers d’années1.

Cette partie est sous-divisée en fonction des deux sujets suivants :

Monde

Tendances mondiales

La répartition du caribou et du renne est circumpolaire dans les zones boréales et la toundra du monde entier. Les populations sauvages ont décliné en Russie, et elles sont en grande partie disparues de l’Europe, à l’exception d’une petite population de rennes stable en Norvège et d’une population en croissance en Finlande28. La perte d’habitat et les changements climatiques constituent des menaces à l’échelle mondiale29.

Caribou de l’Arctique et de la taïga

Tendances des populations des caribous de l’Arctique et de la taïga
Selon les renseignements disponibles en août 2010
Carte : Tendances des populations des caribous de l‘Arctique et de la Taïga. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Source: aAdapté de Gunn et Russell, 20102, CARMA, 200910, Magoun et al., 2005,15 Elliot, 199816.

L’abondance du caribou du nord du Canada, comme l’abondance d’autres herbivores nordiques, tels les lemmings et les lièvres, est cyclique. En général, l’abondance des caribous a connu une augmentation, partant des très faibles effectifs du milieu des années 1970 pour atteindre un sommet au milieu des années 1990 ; ce nombre a chuté de nouveau jusqu’en 2009 et, dans certains cas, a atteint des valeurs aussi faibles que celles observées précédemment2. Certaines hardes, notamment celles de Bathurst et de Beverly, qui mettent bas au centre de l’Arctique, ont considérablement diminué au cours des dernières années3, 4. La tendance actuelle à la baisse peut, du moins en partie, être liée aux cycles naturels de l’abondance2.

L’abondance du caribou de Peary, qui vit sur les îles du Haut-Arctique et est désigné espèce en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)5, est grandement influencée par les conditions climatiques. Les hivers rigoureux périodiques entraînent une mortalité à grande échelle et une diminution de la productivité5. Les populations ont diminué jusqu’à 98 % dans plusieurs îles6, 7. Au cours de deux hivers dans les années 1990, plus de 95 % de la population de caribous de Peary dans la moitié ouest de son aire de répartition a été décimée en raison d’une neige abondante et de la formation de couches de glace dans la neige6, des phénomènes qui pourraient devenir plus fréquents et plus largement répandus avec les changements climatiques6, 8, 9.

Les modifications importantes survenues dans l’aire de répartition du caribou depuis les années 1970 pourraient empêcher que certaines hardes de caribous se rétablissent et atteignent les effectifs records antérieurs10. Ces modifications comprennent les effets des changements climatiques, y compris la modification du régime des incendies de forêt11, la présence humaine accrue et l’augmentation des projets d’exploitation, en particulier les activités minière, pétrolière et gazière12-14. La récolte de caribous par les humains ainsi que la prédation sont également connus pour avoir des répercussions sur l’abondance de certaines hardes de caribous5.

Caribou des bois sylvicole

Carte et graphiques : État et étendue des populations de caribous des bois habitant les forêts. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).
Sources : Aire de répartition de la population boréale et limite sud de l’étendue historique adaptées d’Environnement Canada, 200817, raire de répartition des populations des montagnes du Nord et du Sud adaptée de Thomas et Gray, 200218.

Le caribou des bois sylvicole est relativement peu migrateur et vit en plus petits groupes que ses homologues nordiques. Il partage son temps entre la forêt mature riche en lichens et les espaces ouverts, dont la toundra alpine18. Autrefois présent dans la majeure partie du pays, son aire de répartition a diminué, et sa limite sud continue de remonter vers le nord18, 20. Le caribou a disparu de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick depuis 193021.

L’état de nombreuses hardes demeure inconnu. Cependant, lorsque les données existent, elles montrent des déclins évidents, particulièrement de la population boréale17 et de celle des montagnes du Sud22. Les populations de caribous des bois diminuent principalement en raison de la perte et de la dégradation de l’habitat, ainsi que de la fragmentation du paysage causé par les routes et autres aménagements linéaires. Ces facteurs ont entraîné l’isolement des populations et l’augmentation de la vulnérabilité aux prédateurs17, 23-25. Overharvest of the caribou, fire, and climate change are also considered factors in population decline.17, 18, 26 En général, les populations qui sont stables ou en augmentation se trouvent en régions éloignées, où l’activité industrielle est minime ou absente, et où la lutte contre les prédateurs a été utilisée comme outil de gestion27.

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