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Rapport technique thématique no. 14. - Tendances de la capacité d’habitat faunique des terres agricoles du Canada, 1986-2006

Interprétation à grande échelle

Pour obtenir une interprétation adéquate des résultats, il faut se rappeler que les paysages agricoles sont des ensembles dynamiques et que des changements positifs et négatifs peuvent survenir concurremment dans la couverture des terres, particulièrement lorsqu’on analyse les données sur une grande échelle. La nature de ces changements et la mosaïque de types de couverture qui en résulte ont eu un effet déterminant sur la capacité d’habitat du paysage ainsi que sur la structure des communautés fauniques présentes. Les diverses espèces animales peuvent réagir à ces changements de manière à la fois différente et concurrente. Certaines espèces qui ont besoin d’un milieu particulier peuvent souffrir de la perte de ce milieu, tandis que d’autres pourront tirer parti du nouveau type de couverture ainsi créé. Par ailleurs, lorsqu’il y a expansion du paysage agricole, les terres initialement naturelles ou semi-naturelles ajoutées au paysage agricole finiront, avec le temps, par être mises en culture. Par conséquent, selon une évaluation à grande échelle, les nouvelles terres agricoles (qui incluent forcément une forte proportion de terres naturelles) semblent compenser les pertes de milieux naturels survenant dans les parties du paysage agricole où l’exploitation est plus ancienne. Comme les secteurs connaissant des gains ou des pertes sont spatialement explicites, la proportion constante d’un type particulier de couverture mesurée à l’échelle du pays ou de l’écozone+ ne rend pas compte de l’impact faunique du changement à l’échelle régionale ou locale.

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Valeur comparative des types de couverture utilisés par la faune dans le paysage agricole du Canada

La Figure 1 présente des données sur la valeur comparative, pour la reproduction et l’alimentation, des divers types de couverture des terres retenus pour l’analyse de la capacité d’habitat. La valeur de chaque type de couverture est fondée sur le nombre d’espèces qu’il abrite et sur sa valeur comme habitat pour ces espèces (habitat primaire, secondaire ou tertiaire). À cet égard, le type de couverture « autres terres » (comprenant les terres boisées, humides et riveraines) arrive en premier, suivi du type « pâturages non améliorés » (terres naturelles utilisées comme pâturages), ce qui montre l’importance de ces milieux naturels ou semi-naturels pour la faune. Les types de couverture « pâturages améliorés », « foin cultivé » et « arbres fruitiers » arrivent ensuite, mais leur valeur est nettement inférieure comme habitat de reproduction ou d’alimentation. Les terres en cultureNote 6 ont une valeur relativement faible pour la faune, particulièrement comme habitat de reproduction.

La valeur des « autres terres » est d’autant plus grande que 75 % (440) des espèces qui utilisent les terres agricoles du Canada peuvent entièrement satisfaire à tous leurs besoins en matière d’habitats de reproduction et d’alimentation dans les terres naturelles ou semi-naturelles de cette catégorie. Inversement, seulement 13 % (79) des espèces peuvent satisfaire à tous ces besoins dans les terres cultivéesNote 7. Cependant, lorsque d’autres types de couverture (principalement les « autres terres » et les « pâturages non améliorés ») sont présents dans le paysage agricole, la valeur faunique des terres en culture augmente énormément, puisque 36 % (203) des espèces peuvent alors utiliser les terres cultivées comme habitat soit de reproduction, soit d’alimentation. En tout, 29 % (173) des espèces pourraient utiliser les pâturages non améliorés à la fois pour se reproduire et pour s’alimenter. Si d’autres types de couverture présents dans le paysage peuvent satisfaire à l’un ou l’autre de ces besoins, 48 % (282) des espèces peuvent alors exploiter les pâturages non améliorés. On voit donc que la valeur de certains types de couverture peut varier selon la présence de milieux complémentaires satisfaisant à une partie des besoins vitaux de chaque espèce. Par conséquent, le maintien de paysages agricoles hétérogènes peut souvent profiter à la faune.

Figure 1. Valeur comparative des types de couverture utilisés par la faune comme habitat de reproduction ou d’alimentation dans les terres agricoles du Canada.

graphique

Description longue pour la figure 1

Cette illustration présente deux graphiques à barres comparant la valeur des types de couvertures utilisés par la faune comme habitat de reproduction (en haut) ou d'alimentation (en bas) dans les terres agricoles du Canada. À cet égard, le type de couverture « autres terres » (comprenant les terres boisées, humides et riveraines) arrive en premier, suivi du type « pâturages non améliorés » (terres naturelles utilisées comme pâturages), ce qui montre l'importance de ces milieux naturels ou semi-naturels pour la faune. Les types de couverture « pâturages améliorés », « foin cultivé » et « arbres fruitiers » arrivent ensuite, mais leur valeur est nettement inférieure comme habitat de reproduction ou d'alimentation. Les terres en culture ont une valeur relativement faible pour la faune, particulièrement comme habitat de reproduction.

L’échelle qui figure sur l’axe des x indique la valeur de la capacité d’habitat.

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Notes de bas de page

Note 6

Les terres en culture comprennent les terres en jachère et les cultures annuelles (plantes oléagineuses, légumineuses à grain, sojas, céréales, maïs, foin cultivé, autres cultures, légumes et céréales d’hiver).

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Note 7

Les terres cultivées comprennent toutes les terres agricoles à l’exception de la catégorie « autres terres », des pâturages non améliorés, des pâturages améliorés et des terres en jachère.

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