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Rapport technique thématique no. 14. - Tendances de la capacité d’habitat faunique des terres agricoles du Canada, 1986-2006

Écozone+ des plaines à forêts mixtes

Proportion de terres agricoles

Dans l’écozone+ des plaines à forêts mixtes, les principales productions agricoles étaient le maïs, le soja, les céréales, le foin, les fruits et la production laitière. La superficie totale de paysage agricoleNote11 a augmenté de 1986 à 2006, passant approximativement de 6,0 à 6,5 millions d’hectares, de manière à finalement représenter environ 60 % de l’écozone+ (Figure 8).

La Figure 9 montre la superficie totale des terres agricoles et la superficie occupée par chaque type de couverture en 1986, 1996 et 2006. Au cours de cette période, la part de terres cultivéesNote12 est passée de 61 à 70 %. Cette expansion de l’agriculture est principalement due à l’accroissement substantiel de la culture du soja (7 à 16 %). La part des autres cultures importantes (essentiellement le maïs) est demeurée stable à environ 19 %. Les parts des pâturages non améliorés (10 à 6 %), des pâturages améliorés (8 à 5 %) et de la catégorie « autres terres » (19,9 à 19,6 %) ont diminué, tandis que la part du foin cultivé a augmenté (12 à 19 %).

Figure 8. Pourcentage de terres agricoles dans les polygones pédo-paysages du Canada(PPC) de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes, en 2006.

carte

Description longue pour la figure 8

Cette carte montre le pourcentage de terres agricoles dans les polygones PPC de lécozone+ des plaines à forêts mixtes en 2006. Les paysages agricoles forment environ 60 % de lécozone+, principalement dans les parties sud et nord de lécozone+.

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Figure 9. Superficie totale de terres agricoles et superficie de chaque type de couverture (diagramme) ainsi que proportion relative de chaque type de couverture (tableau) dans l’écozone+ des plaines à forêts mixtes, en 1986, 1996 et 2006.

graphique

Description longue pour la figure 9

Cette illustration présente un graphique à barres empilées qui montre les informations suivantes :

Pourcentage de Terres agricoles (hectares)
Type de couverture198619962006
Oléafineux40,61921,83210,559
Légumineuses à grain56,80848,80473,935
Soja384,266869,9691,036,254
Petits fruits6,7197,9408,566
Pâturages améliorés489,683386,945300,005
Autres terres1,181,2431,183,5261,285,232
Jachère89,90523,19513,465
Pâturages non améliorés581,421629,163382,463
Céréales746,183426,691415,718
Mais1,200,6231,233,8881,182,367
Foin cultivé685,0601,265,5961,228,096
Autres cultures53,06458,62750,336
Arbres frutiers38,16332,04229,307
Légumes92,982101,862105,882
Céréales d'hiver291,965321,219443,418

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Utilisation potentielle des terres agricoles par la faune

En tout, 355 espèces de vertébrés terrestres (252 oiseaux, 58 mammifères, 24 reptiles et 21 amphibiens) utilisaient les terres agricoles des plaines à forêts mixtes. Les types de couverture de la catégorie « autres terres » fournissaient des habitats de reproduction et d’alimentation à 86 % (305) des espèces. Les terres cultivées fournissaient ces deux types d’habitats à seulement 15 % (53) des espèces, mais elles fournissaient un des deux types d’habitats à 26 % (91) des espèces à condition que suffisamment d’un autre type de couverture soit présent pour satisfaire leurs besoins quant à l’autre type d’habitat. De même, 19 % (66) des espèces utilisaient les pâturages non améliorés comme habitats de reproduction et d’alimentation, tandis que 33 % (118) les utilisaient pour un seul de ces deux besoins.

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Capacité d’habitat faunique

La capacité d’habitat faunique moyenne des terres agricoles a connu une baisse significative de 1986 à 2006 (52,5 ± 17,7 à 50,0 ± 14,6) (ANOVA, F = 3,19, p = 0,041) (Figure 10). La répartition spatiale des valeurs de capacité d’habitat en 1986 et en 2006 est indiquée aux Figure 11 et Figure 12. Au cours de cette période, la capacité d’habitat a diminué dans 36 % des terres agricoles, a augmenté dans 20 % de ces terres et est demeurée constante dans 45 % (Figure 13).

La capacité d’habitat des terres agricoles a diminué dans toutes les écorégions des plaines à forêts mixtes. C’était l’écorégion des basses terres du lac Érié qui présentait la capacité d’habitat la plus faible (38,2 ± 14,1 à 37,8 ± 10,3), suivie des écorégions de Manitoulin-lac Simcoe (52,3 ± 12,2 à 47,3 ± 8,3), de l’arche de Frontenac (64,9 ± 4,2 à 50,7 ± 0,7) et des basses terres du Saint-Laurent (56,9 ± 17,1 à 56,7 ± 15,5).

Figure 10. Répartition des terres agricoles selon les classes de capacité d’habitat (axe de gauche) et capacité d’habitat moyenne des terres agricoles (axe de droite) dans l’écozone+ des plaines à forêts mixtes, en 1986, 1996 et 2006.

graphique

Description longue pour la figure 10

Ce graphique à barres empilées (%) indique les informations suivantes :

Classes de capacité d’habitat

  • Très élevée 90->100
  • Élevée 70-90
  • Modérée 50-70
  • Faible 30-50
  • Très faible <20-30
Part de chaque classe de capacité d’habitat (pourcentage)
Classes de
capacité d’habitat
198619962006
<203.592.882.98
20-309.5613.2313.98
30-4028.4831.9227.47
40-5018.0621.3324.79
50-6021.3218.7218.10
60-7012.818.437.03
70-805.212.674.33
80-900.500.630.94
90-1000.060.080.30
>1000.410.110.08

La capacité d’habitat moyenne dans l’ecozone+ des plaines à forêts mixtes était 52.47 en 1986, 50.37 en 1996 et 50.07 en 2006.

Les années associées à des lettres différentes présentent des différences significatives (ANOVA, F = 3,19; test de Tukey, p < 0,05).

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Figure 11. Capacité d’habitat faunique des terres agricoles de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes, en 1986.

carte

Description longue pour la figure 11

Cette carte illustre la capacité d'habitat faunique des terres agricoles de lécozone+ des plaines à forêts mixtes en 1986. La majeure partie de lécozone+ présente une capacité d'habitat modérée, à l'exception de la région sud de lécozone+ et de la région des basses terres du Saint-Laurent où les capacités d'habitat sont principalement très faibles et faibles.

CH signifie la capacité d’habitat moyenne pour l’écorégion. Tous les polygones PPC comportant plus de 5 % de terres agricoles ont été pris en compte dans l’analyse.

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Figure 12. Capacité d’habitat faunique des terres agricoles de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes, en 2006.

carte

Description longue pour la figure 12

Cette carte illustre la capacité d'habitat faunique des terres agricoles de lécozone+ des plaines à forêts mixtes en 2006. La majeure partie de lécozone+ présente une capacité d'habitat modérée et faible, à l'exception de la région sud de lécozone+ et de la région des basses terres du Saint-Laurent où les capacités d'habitat sont principalement très faibles et faibles.

CH signifie la capacité d’habitat moyenne pour l’écorégion. Tous les polygones PPC comportant plus de 5 % de terres agricoles ont été pris en compte dans l’analyse.

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Figure 13. Changements survenus de 1986 à 2006 dans la capacité d’habitat faunique des terres agricoles de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes.

carte

Description longue pour la figure 13

Cette carte montre les changements survenus de 1986 à 2006 dans la capacité d'habitat faunique des terres agricoles de lécozone+ des plaines à forêts mixtes. Au cours de cette période, la capacité d'habitat a diminué dans 35 % des terres agricoles, a augmenté dans 20 % de ces terres et est demeurée constante dans 45 %.

ANOVA; test de Tukey, p < 0,05. Tous les polygones PPC comportant plus de 5 % de terres agricoles ont été pris en compte dans l’analyse.

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Interprétation

Dans les plaines à forêts mixtes, l’état actuel de la capacité d’habitat (faible) est imputable au fait que les terres cultivées représentent près de 70 % du paysage agricole et servent en grande partie à une production agricole intensive, ce qui laisse très peu de terres naturelles ou semi-naturelles pouvant servir d’habitats de reproduction et d’alimentation à la plupart des espèces.

L’intensification de l’agriculture a été la principale cause de la baisse significative de capacité d’habitat survenue de 1986 à 2006. En effet, la part du soja dans l’ensemble des terres agricoles a plus que doublé, passant de 7 à 16 %. En s’ajoutant aux superficies déjà consacrées au maïs (qui ont tout de même diminué au cours de la même période, passant de 20 à 18 %), l’expansion du soja a accru la part des types de couverture ayant peu de valeur comme habitat faunique (27 à 34 %). L’expansion de la production intensive a réduit la part des types de couverture ayant plus de valeur comme habitat, comme la catégorie « autres terres » (19,9 à 19,6 %), les pâturages non améliorés (10 à 6 %) et les pâturages améliorés (8 à 5 %), et elle a été le principal facteur de réduction de la capacité d’habitat dans l’écozone+. La plus grande partie de la diminution des pâturages non améliorés est survenue entre 1996 et 2006; étant donné la part déjà relativement petite de ces terres dans les terres agricoles totales, leur diminution a exercé une pression accrue sur les espèces ayant besoin de prairies. L’expansion du foin cultivé (12 à 19 %) a eu un impact variable sur la capacité d’habitat, selon le type de couverture lui ayant cédé la place. En effet, le passage des céréales au foin cultivé est profitable à la faune, tandis que tout passage des catégories « autres terres », « pâturages non améliorés » ou « pâturages améliorés » au foin cultivé a pour effet de réduire la capacité d’habitat des terres agricoles.

En 2006, dans les plaines à forêts mixtes, les variations de capacité d’habitat selon les écorégions sont principalement liées à la superficie et à la nature des terres cultivées ainsi qu’à la part relative des terres naturelles et semi-naturelles. C’est l’écorégion des basses terres du lac Érié qui présentait la plus faible capacité d’habitat (faible : 37,8 ± 10,3), car les terres cultivées y occupaient plus de 82 % du paysage agricole (dont près de 50 % pour le maïs et le soja), avec seulement 13 % de catégorie « autres terres » et 2 % de pâturages non améliorés. La capacité d’habitat plus élevée des écorégions de l’arche de Frontenac (50,7 ± 0,7), de Manitoulin-lac Simcoe (47,3 ± 8,3) et des basses terres du Saint-Laurent (56,7 ± 15,5) était attribuable à la part plus petite des terres cultivées (52, 66 et 66 %) et à la part plus grande de la catégorie « autres terres » (21, 18 et 26 %). La part supérieure de la catégorie « autres terres » dans les basses terres du Saint-Laurent était la principale raison pour laquelle les terres agricoles de cette écorégion possèdent la capacité d’habitat la plus élevée de toute l’écozone+. Cependant, ces écorégions présentaient d’autres différences d’utilisation des terres agricoles, qui ont eu un impact sur leur capacité d’habitat faunique. La production intensive de maïs et de soja était beaucoup plus répandue dans les basses terres du Saint-Laurent (32 %) et dans l’écorégion Manitoulin-lac Simcoe (30 %) que dans l’arche de Frontenac, dont les terres agricoles comptaient moins de 1 % de soja et 17 % de maïs. La part des pâturages non améliorés (type de couverture arrivant au deuxième rang quant à sa valeur comme habitat faunique) était beaucoup plus importante dans l’arche de Frontenac (20 %) que dans les basses terres du Saint-Laurent (5 %) et dans l’écorégion Manitoulin-lac Simcoe (9 %).

De 1986 à 2006, la capacité d’habitat faunique des terres agricoles a baissé dans toutes les écorégions de l’écozone+ des plaines à forêts mixtes. Dans les écorégions des basses terres du lac Érié, de Manitoulin-lac Simcoe et des basses terres du Saint-Laurent, la principale cause de cette baisse a été l’intensification de l’agriculture, et les écorégions de Manitoulin-lac Simcoe et des basses terres du Saint-Laurent ont également subi des pertes de pâturages non améliorés (10 à 5 % et 14 à 9 % respectivement). Les pâturages non améliorés n’ont diminué que de 1 % dans les basses terres du lac Érié (3 à 2 %), mais cette réduction d’un type de couverture important pour la faune et déjà rare dans l’écorégion a certainement eu un impact sur la valeur des terres agricoles comme habitat faunique. La baisse de capacité d’habitat observée dans l’arche de Frontenac ne résulte pas d’une intensification de l’agriculture, mais plutôt d’une diminution de la catégorie « autres terres » (28 à 21 %) et des pâturages améliorés (13 à 7 %) ainsi que d’une légère diminution des pâturages non améliorés (22 à 20 %).

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Notes de bas de page

Note 11

Le paysage agricole (ou terres agricoles), tel qu’il est indiqué tout au long de ce rapport, comprend la catégorie « autres terres » du Recensement de l’agriculture, composée de zones telles que les terres humides, les zones riveraines, les brise-vent, les terres boisées, les terres incultivées, les anciens champs et les zones anthropiques (bâtiments agricoles, serres et allées).

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Note 12

Les terres cultivées comprennent toutes les terres agricoles à l’exception de la catégorie « autres terres », des pâturages non améliorés, des pâturages améliorés et des terres en jachère.

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